La période entourant la mise bas (période périnatale) représente une période à haut risque pour les juments, car leur organisme subit de nombreux changements associés au poulinage. Les éleveurs doivent surveiller leurs juments de près afin de détecter tout signe d’urgence médicale avant, pendant et après la mise bas.
L’une des urgences périnatales les plus fréquentes est la dystocie, ou la difficulté à mettre bas. La rétention placentaire (des membranes fœtales) est également courante suite au poulinage et peut rapidement entraîner une laminite.
L’article qui suit se concentre sur d’autres urgences moins courantes qui requièrent une intervention vétérinaire immédiate pour assurer la sécurité de la jument et du poulain. Ces urgences incluent entre autres l’hémorragie périnatale, les coliques postpartum et le prolapsus utérin.
Si vous prenez soin d’une jument gestante, la préparation, la planification en cas d’urgence et une bonne communication avec votre vétérinaire sont essentielles. Poursuivez votre lecture pour en apprendre plus sur les urgences reproductrices chez les juments, les symptômes s’y rattachant ainsi les différentes approches utilisées pour les prendre en charge.
Urgences reproductrices chez les juments
Les juments poulinières doivent être gérées et surveillées avec soin en raison des potentielles urgences reproductrices qui peuvent survenir durant la saillie, la gestation et le poulinage. Le risque de complications est particulièrement élevé pendant la période périnatale.
La période périnatale désigne le moment entourant la parturition, ou processus de mise bas. Chez les juments, cette période englobe généralement les semaines précédant et suivant immédiatement le poulinage.
Il s’agit d’une phase critique pour la jument et le poulain, caractérisée par d’importants changements physiologiques en préparation à la mise bas et au déclenchement de la lactation.
Durant cette période, les juments peuvent être à risque de diverses complications, notamment :
- La dystocie (mise bas difficile)
- La rétention placentaire
- L’hémorragie périnatale
- La rupture du tendon prépubien
- Les coliques postpartum
- L’hydropisie des membranes fœtales
- Le prolapsus utérin
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Hémorragie périnatale
L’hémorragie périnatale est une affection potentiellement mortelle caractérisée par un saignement excessif survenant autour du moment de la parturition et qui est souvent dû la rupture d’un gros vaisseau sanguin. Une intervention vétérinaire rapide est essentielle pour contrôler le saignement et stabiliser l’état de la jument.
Plusieurs artères situées à proximité de l’appareil reproducteur peuvent être compromises en raison des changements physiques, hormonaux et physiologiques associés à la mise bas. Des études montrent qu’environ 2 à 3 % des juments poulinières subissent une hémorragie périnatale au niveau de l’une de ces artères, entraînant souvent la mort de la jument. [1]
L’artère la plus souvent rompue est l’artère utérine droite, qui longe la surface supérieure de la corne utérine droite. [1] On pense que cette artère est particulièrement à risque de se rompre en raison de sa proximité avec le cæcum, qui peut la comprimer et augmenter la pression sanguine localement. [1]
Facteurs de risque
La cause exacte de l’hémorragie périnatale chez les juments gestantes demeure inconnue. Des facteurs de risque possibles incluent : [1][2]
- Les juments âgées dont les parois vasculaires sont plus fragiles
- Les juments multipares (ayant eu plusieurs poulains)
- Une carence en cuivre entraînant une élasticité anormale des parois vasculaires
Symptômes
Le principal symptôme de l’hémorragie périnatale est la présence de signes vagues de coliques, comme une agitation ou le fait de gratter le sol avec les sabots. [1] En général, l’artère saigne dans les tissus entourant l’utérus, de sorte qu’aucun saignement externe évident n’est visible. [1]
Les symptômes de l’hémorragie périnatale peuvent inclure :
- Un cheval qui se tourne pour regarder ses flancs
- Des roulements au sol
- La réaction de Flehmen
La réaction de Flehmen désigne le comportement où le cheval qui retrousse sa lèvre supérieure, expose ses dents de devant et inspire.
Perte de sang importante
Lorsque le saignement dépasse la capacité des tissus entourant l’utérus à le contenir, la jument peut perdre du sang dans sa cavité abdominale. Les symptômes associés à une hémorragie grave incluent : [1][3]
- Une fréquence cardiaque élevée
- Une faiblesse
- Des tremblements musculaires
- Une transpiration
- Des gencives pâles
- Des extrémités froides
Diagnostic
Comme il n’y a pas de saignement externe évident chez les juments souffrant d’hémorragie périnatale, une expertise vétérinaire est requise pour établir un diagnostic.
Les examens diagnostiques peuvent inclure :
- Une échographie de l’abdomen pour identifier la présence de liquide
- Une palpation rectale pour repérer la présence de caillots sanguins ou de liquide dans les tissus
- Une abdominocentèse, c’est-à-dire un prélèvement de liquide abdominal
- Des analyses sanguines indiquant un faible pourcentage de globules rouges (hématocrite) et des niveaux de lactate élevé
Traitement et pronostic
Malgré l’absence de saignement visible, les juments touchées subissent tout de même une importante perte de sang interne. Le traitement vise à maintenir le volume sanguin et à favoriser la coagulation du sang pour arrêter l’hémorragie.
Les traitements de l’hémorragie périnatale peuvent inclure : [1][3]
- Un traitement avec une solution intraveineuse
- Des transfusions sanguines
- Le contrôle de la douleur (p. ex. flunixine méglumine)
- Des médicaments favorisant la coagulation sanguine, tels que l’acide aminocaproïque
Pendant le traitement, il est essentiel que la jument reste aussi calme que possible. Le stress ou l’excitation peuvent augmenter la pression artérielle de la jument, ce qui risque de perturber les caillots sanguins déjà formés ou d’aggraver une hémorragie en cours. [3] Pour cette raison, de nombreux vétérinaires administrent des sédatifs à la jument afin de réduire son stress.
Lorsque le traitement est administré rapidement et de manière appropriée, le taux de survie global des juments souffrant d’hémorragie périnatale est de 84 % . [1] Chez les juments qui survivent, le caillot sanguin se résorbera progressivement avec le temps. Ces juments sont souvent capables de concevoir et de mettre bas sans connaître de nouveaux épisodes hémorragiques. [3]
Dans les cas très graves, il est possible que des caillots de grande taille ne se résorbent pas complètement et qu’ils forment plutôt du tissu cicatriciel qui pourrait empêcher toute gestation future. [3]
Rupture du tendon prépubien et de la paroi abdominale
Pendant la gestation, l’abdomen de la jument doit se dilater considérablement pour accueillir à la fois ses organes internes et le poulain en croissance. La forme de l’abdomen est principalement soutenue par le tendon prépubien, qui s’étend du bassin à la ligne médiane de l’abdomen. [1]
Au cours des deux derniers mois de gestation, le tendon prépubien subit une forte tension et peut se rompre. Cela provoque une hypertrophie ou une distension de l’abdomen importante, car les organes abdominaux, qui ne sont plus soutenus, s’affaissent vers le sol. [1]
En l’absence de traitement, il y a un risque d’éviscération complète, ce qui signifie que les organes internes de la jument pourraient sortir par une déchirure au niveau de la peau et des muscles de la paroi abdominale. [1] Il s’agit d’une urgence potentiellement mortelle qui nécessite une intervention chirurgicale vétérinaire immédiate.
Facteurs de risque
Le principal facteur de risque pour la rupture du tendon prépubien est un poids utérin excessif, dû à la taille du poulain ou à une accumulation de liquide. Les causes principales d’un poids utérin excessif comprennent : [1]
- L’hydropisie des membranes fœtales (décrite plus loin)
- Des gestations gémellaires
- Des poulains de trop grande taille
Certains facteurs peuvent affaiblir le tendon prépubien et ainsi accroître le risque de rupture. Ces facteurs incluent :
- Les juments de races de trait
- Les juments âgées
- Les juments atteintes de dysfonctionnement de la pars intermedia de la glande pituitaire (DPIP)
Symptômes
Le premier symptôme d’une rupture imminente du tendon prépubien est une enflure de la partie inférieure de l’abdomen. Dans la plupart des cas, l’enflure est œdémateuse, c’est-à-dire qu’elle est causée par une accumulation de liquide dans les tissus. Généralement, l’œdème « prend le godet », c’est-à-dire que lorsqu’on applique une pression, une marque reste visible. [1][3]
Cette enflure peut être extrêmement douloureuse pour la jument. D’autres symptômes pouvant indiquer une rupture du tendon prépubien incluent :
- Un affaissement du profil de la paroi abdominale
- Une production de lait rosé ou teinté de sang
- Une réticence à marcher
- Une fréquence cardiaque élevée
- Des symptômes de coliques
- Une posture « de chevalet », où la jument se tient avec les antérieurs étendus vers l’avant et les postérieurs basculés vers l’arrière
Illustration de la posture de « chevalet » : Dr. Ana Mesa, PhD Légende:
Relaxed/alert ears: Oreilles détendues/alertes
Comfortable movement: Mouvement confortable
Straight posture: Posture droite
Even weight distribution: Distribution égale du poids
Pain-free stance: Position du corps en l’absence de douleur
Pinned ears: Oreilles plaquées vers l’arrière
Rocked back: Arrière-main penché vers l’arrière
Forward leaning: Antérieurs avancés
Increased weight on hind legs: Poids accru sur les postérieurs
Bilateral front pain stance: Position du corps basculée vers l’arrière en présence de douleur
Le diagnostic repose sur une échographie abdominale permettant d’identifier une enflure et une hémorragie au niveau de la paroi abdominale.
Traitement et pronostic
Dans les cas légers, une prise en charge adaptée peut permettre à la jument de mettre bas. Les stratégies de gestion incluent : [1]
- Le contrôle de la douleur, avec des médicaments tels que la flunixine méglumine (banamine)
- Le repos au box
- Un bandage abdominal de soutien
Dans les cas plus graves, la césarienne (intervention pour extraire le poulain) ou l’euthanasie de la jument sont les seules options possibles. [1][4] La survie du poulain après une césarienne dépendra de la durée de la gestation au moment de l’intervention. [4]
Les juments qui survivent à la mise bas doivent être retirées de la reproduction, car leur tendon prépubien affaibli présente un risque de rupture catastrophique en cas de nouvelle gestation. [1][3]
Rupture de la paroi abdominale
La rupture de la paroi abdominale est une affection similaire à la rupture du tendon prébubien. Elle implique un affaiblissement et une déchirure des muscles abdominaux, sans atteinte du tendon prépubien. [3] Ce problème médical est moins grave et, dans de nombreux cas, grâce à une gestion adéquate, la naissance du poulain se déroule avec succès. [3]
Une réparation chirurgicale de la lésion musculaire est nécessaire après la mise bas, mais de nombreuses juments peuvent retourner à l’élevage après le traitement. [3]
Coliques postpartum
Lors de la période postpartum, les juments présentent une forte prédisposition au volvulus du gros côlon, une affection où le côlon se tord sur lui-même, empêchant le passage des matières fécales. [1][5]
On ne connaît pas la raison exacte pour laquelle les juments en postpartum sont plus à risque de volvulus du gros côlon. Cependant, plusieurs explications possibles ont été proposées : [5]
- L’augmentation de la taille de l’abdomen après la mise bas pourrait conférer une plus grande mobilité au côlon, lui permettant ainsi de se tordre.
- Une augmentation de la consommation de céréales dans l’alimentation de la jument visant à soutenir la lactation pourrait contribuer à des troubles digestifs.
- Une prédisposition génétique pourrait rendre certaines juments plus sensibles à cette affection.
Les juments Pur-sang présentent le risque le plus élevé de ce problème médical et pourraient avoir une prédisposition génétique aux coliques après le poulinage. [5]
Symptômes
Les chevaux atteints de volvulus du gros côlon ont des symptômes de colique sévère, tels que : [5]
- Un cheval qui se roule, se débat ou refuse de se lever
- Un rythme cardiaque rapide
- Une respiration rapide
- Des gencives rouge vif, bleutées ou très pâles
Si vous observez ces signes chez votre jument lors de la période postpartum, contactez immédiatement votre vétérinaire. Un vétérinaire peut rapidement identifier un volvulus grâce à un examen rectal.
Traitement et pronostic
Le volvulus du gros côlon requiert une intervention chirurgicale. Un transfert rapide vers un centre chirurgical est essentiel pour un bon pronostic.
Le vétérinaire examinant la jument peut utiliser un trocart pour évacuer les gaz accumulés dans le côlon afin d’aider à stabiliser la jument pour le transport vers le centre de référence. [5] L’administration de liquides par voie intraveineuse, le contrôle de la douleur et la sédation font aussi partie des protocoles de stabilisation couramment utilisés. [5]
Le pronostic est favorable pour les juments envoyées rapidement en chirurgie des coliques après l’apparition des symptômes.
Certaines juments peuvent souffrir de volvulus du gros côlon à répétition après le poulinage. [5] Ces juments peuvent être des candidates pour une colopexie, une procédure qui consiste à suturer la paroi du côlon à la paroi abdominale afin d’empêcher toute rotation future. [5]
Le volvulus du gros côlon n’affecte généralement pas la fertilité future de la jument. [1][5]
Hydropisie des membranes fœtales
L’hydropisie des membranes fœtales chez les juments désignent deux affections distinctes mais liées qui surviennent pendant la période périnatale : l’hydramnios (hydropisie de l’amnios) et l’hydroallantoïde (hydropisie de l’allantoïde). Ces problèmes de santé se caractérisent par une accumulation excessive de liquide dans les deux membranes fœtales — l’amnios et l’allantoïde — qui entourent le poulain en développement. [1]
- L’hydropisie de l’amnios (hydramnios) : il s’agit de la forme la moins fréquente, qui se caractérise par une augmentation anormale du liquide amniotique, le liquide qui entoure directement le fœtus. Elle tend à se développer lentement au fil du temps et à court terme, elle n’est pas toujours aussi dangereuse pour la vie du cheval. [1]
- L’hydropisie de l’allantoïde (hydroallantoïde) : cette affection, plus fréquente chez les chevaux, se caractérise par une accumulation excessive de liquide allantoïdien, contenu dans le sac allantoïdien, une partie du placenta qui est en charge de l’échange des nutriments et des déchets entre la jument et le poulain. L’hydropisie de l’allantoïde se manifeste généralement de façon soudaine et peut être plus dangereuse en raison de la distension rapide de l’abdomen de la jument, causant une détresse respiratoire et circulatoire. [1]
Les cas d’hydropisie des membranes fœtales se développent généralement durant le dernier trimestre de la gestation. En l’absence de traitement, le poids du liquide accumulé peut entraîner des complications comme une rupture du tendon prépubien chez la jument. [1]
Facteurs de risque
Les facteurs de risque de l’hydropisie ne sont pas bien établis. Toutefois, certains facteurs proposés incluent : [6]
- Une prédisposition génétique
- Les juments de race de trait
Certaines données suggèrent que l’hydropisie des membranes fœtales pourrait être associée à des infections à Leptospira. [6][7] Les juments gestantes qui partagent des pâturages avec des chevaux souffrant d’uvéite récurrente ou ayant subi un avortement causé par une leptospirose pourraient être plus à risque de développer une hydropisie. [6]
Symptômes
Les symptômes de l’hydropisie résultent de la pression exercée par le liquide accumulé. Les signes cliniques incluent :
- Une augmentation progressive du volume de l’abdomen
- Une enflure et un œdème de la partie inférieure de l’abdomen
- Des signes de colique
- Une diminution de l’appétit
- Un rythme cardiaque rapide
Contactez votre vétérinaire pour obtenir un diagnostic précis. Une échographie abdominale permet de détecter rapidement un excès de liquide et de confirmer le diagnostic.
Traitement et pronostic
Malheureusement, le traitement de l’hydropisie des membranes fœtales entraîne souvent la perte du poulain. Le traitement principal consiste à provoquer un avortement chez la jument, suivi d’une prise en charge attentive pour s’assurer que le poulain soit expulsé en toute sécurité. [1]
Après la mise bas, les juments atteintes d’hydropisie présentent presque toujours une rétention placentaire, justifiant des soins vétérinaires supplémentaires. [1]
Des études montrent que 95 % des juments guéries d’hydropisie arrivent à pouliner lors de gestations ultérieures, à condition qu’aucun dommage important n’ait été causé à l’appareil reproducteur ou à la paroi abdominale. [1] Certaines juments peuvent souffrir d’hydropisie lors de gestations suivantes. [6]
Prolapsus utérin
Le prolapsus utérin chez la jument est une affection postpartum grave caractérisée par une protrusion de l’utérus à travers l’orifice vaginal après la mise bas. Ce problème survient généralement peu de temps après le poulinage, et peut être déclenché par une naissance difficile ou des efforts excessifs de la jument.
Le prolapsus utérin est causé par le relâchement des ligaments et des structures de soutien de la jument pendant la mise bas. Ce relâchement permet à l’utérus de se déplacer plus librement à l’intérieur de l’abdomen. Combiné à des efforts excessifs pendant la mise bas, ce relâchement peut provoquer l’éversion de l’utérus ainsi qu’une protrusion par la vulve de la jument. [5]
Le prolapsus utérin par la vulve exerce une tension sur des ligaments et des vaisseaux importants. Dans certains cas, des vaisseaux peuvent se rompre, entraînant une hémorragie importante. [5] Sans traitement, les efforts continus de la jument peuvent aussi causer un prolapsus de la vessie. [5]
Facteurs de risque
Le prolapsus utérin est souvent associé à d’autres problèmes reproductifs, tels que : [5]
- La dystocie (mise bas difficile)
- La rétention placentaire
- Une administration excessive d’ocytocine
- Des coliques
- L’avortement
Tous ces facteurs peuvent amener la jument à forcer de façon excessive pendant la mise bas, entraînant un prolapsus utérin.
Symptômes
Le principal symptôme d’un prolapsus utérin est la présence d’un amas de tissus rouges, souvent ensanglantés, dépassant de la vulve. L’examen de ces tissus par un vétérinaire permet d’identifier leur origine et de déterminer la gravité des lésions éventuelles.
Traitement et pronostic
Le traitement consiste à replacer l’utérus dans l’abdomen de la jument. Le vétérinaire administre un sédatif pour calmer la jument et peut effectuer une anesthésie péridurale afin d’engourdir la zone et de réduire les contractions tissulaires. [5][8]
Les tissus saillants sont soigneusement lavés afin d’éliminer toute contamination et réduire le risque d’infection. [5][8]
Pour replacer l’utérus, le vétérinaire le surélève au-dessus du niveau de la vulve, puis masse délicatement les tissus pour les réintroduire dans l’abdomen. [5][8] Une fois l’utérus replacé, il peut être distendu à l’aide d’un liquide stérile pour s’assurer que toutes les parties de l’organe retrouvent leur position normale. [8] Certains vétérinaires ajoutent des antibiotiques à ce liquide pour réduire les risques d’infection. [8]
Le traitement comprend souvent une fluidothérapie pour corriger les déséquilibres calciques et l’administration de faibles doses d’ocytocine pour maintenir le tonus utérin. [2] Certaines juments peuvent avoir besoin de sutures pour éviter une récidive du prolapsus. [2] La plupart des juments souffrant de prolapsus utérin présentent également une rétention placentaire, qui requiert des soins vétérinaires supplémentaires.
La majorité des juments se rétablissent complètement après un prolapsus utérin. Toutefois, leur fertilité future peut être compromise en cas de dommages importants à la paroi utérine. [8] Les juments traitées rapidement ont de meilleures chances de demeurer fertiles. [8]
Questions Fréquemment Posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur les urgences reproductives chez les juments :
Le poulinage est une période à haut risque pour les juments parce que la gestation, la mise bas et le début de la lactation exercent un stress important sur l’appareil reproducteur, l’abdomen et la circulation. Des urgences peuvent survenir avant, pendant ou après la naissance, notamment une dystocie, une rétention des membranes fœtales, une hémorragie, une colique post-partum, des affections hydropiques et un prolapsus utérin. Une surveillance étroite aide les propriétaires à remarquer les signes avant-coureurs et à contacter rapidement un vétérinaire.
Les urgences reproductives courantes chez les juments comprennent la dystocie, la rétention des membranes fœtales, l’hémorragie périparturiente, la rupture du tendon prépubien, la colique post-partum, les affections hydropiques et le prolapsus utérin. Certaines affections surviennent avant le poulinage, tandis que d’autres apparaissent pendant la mise bas ou peu après. Plusieurs mettent la vie en danger sans soins vétérinaires rapides, surtout lorsqu’il y a une perte de sang, une torsion intestinale, une rupture abdominale ou des lésions des tissus utérins.
Les signes avant-coureurs à l’approche du poulinage comprennent des comportements de colique, une fréquence cardiaque rapide, de la faiblesse, de la transpiration, des gencives pâles, des membres froids, un abdomen soudainement distendu, du lait teinté de sang ou rosé, une réticence à marcher ou une posture en tréteaux. Après le poulinage, une douleur intense, une couleur anormale des gencives ou du tissu rouge qui protrude de la vulve doivent être considérés comme une urgence. Tout changement rapide dans le confort ou le comportement de la jument justifie un appel au vétérinaire.
L’hémorragie périparturiente chez les juments est un saignement interne qui survient autour du poulinage, généralement après la rupture d’un important vaisseau sanguin près de l’appareil reproducteur. Un saignement visible est souvent absent parce que le sang s’accumule autour de l’utérus ou dans l’abdomen. Les juments atteintes peuvent présenter des signes vagues de colique, de la faiblesse, de la transpiration, des gencives pâles ou des membres froids. Un traitement rapide aide à stabiliser le volume sanguin et à soutenir la coagulation.
Les juments présentant un risque plus élevé d’hémorragie périparturiente comprennent les juments âgées, les juments ayant eu plusieurs poulains et les juments dont les parois vasculaires sont plus fragiles. Une carence en cuivre peut aussi affecter l’élasticité des vaisseaux et augmenter le risque. Les causes exactes ne sont pas entièrement comprises, mais l’artère utérine droite est souvent impliquée en raison de sa position près du cæcum et des changements de pression autour du poulinage.
La rupture du tendon prépubien chez les juments gestantes survient lorsque la principale structure soutenant l’abdomen se déchire sous le poids de la fin de la gestation. Les juments atteintes peuvent développer un gonflement douloureux sous le ventre, un abdomen plus bas, du lait sanguinolent ou rosé, une réticence à marcher, des signes de colique ou une posture en tréteaux. Les cas graves peuvent mettre en danger la jument et le poulain et nécessiter une intervention chirurgicale pour faire naître le poulain ou l’euthanasie.
La colique post-partum chez les juments peut survenir lorsque le gros côlon se tord sur lui-même après le poulinage, une affection appelée volvulus du gros côlon. Le risque peut augmenter parce que l’abdomen offre plus d’espace après la mise bas, que le côlon peut se déplacer plus librement et que les changements alimentaires liés à la lactation peuvent affecter la digestion. Les juments Thoroughbred semblent présenter un risque plus élevé, possiblement en raison de facteurs génétiques.
La colique après le poulinage peut être très grave parce qu’un volvulus du gros côlon bloque le passage normal des matières fécales et peut rapidement endommager l’intestin. Les signes comprennent souvent une douleur intense, des roulades, des mouvements violents, une respiration rapide, une fréquence cardiaque rapide et des gencives rouges, bleues ou pâles. Une chirurgie est généralement nécessaire, et les juments ont le meilleur pronostic lorsqu’elles arrivent rapidement dans un centre chirurgical.
Les affections hydropiques chez les juments gestantes impliquent une accumulation excessive de liquide dans les membranes fœtales à la fin de la gestation. L’hydrops de l’allantoïde est plus fréquent et peut provoquer une augmentation rapide du volume abdominal, tandis que l’hydrops de l’amnios se développe généralement plus lentement. La pression exercée par l’excès de liquide peut entraîner des signes de colique, une baisse de l’appétit, de l’enflure, une fréquence cardiaque rapide et des complications comme la rupture du tendon prépubien.
Plusieurs juments peuvent se rétablir d’affections hydropiques, mais le traitement entraîne souvent la perte du poulain. Les soins vétérinaires consistent généralement à provoquer un avortement et à gérer soigneusement la mise bas. La rétention des membranes fœtales est très fréquente par la suite et nécessite un traitement supplémentaire. Lorsque l’appareil reproducteur et la paroi abdominale ne sont pas gravement endommagés, plusieurs juments rétablies peuvent mener avec succès de futures gestations.
Le prolapsus utérin chez les juments survient lorsque l’utérus se retourne et protrude par la vulve après le poulinage. Il est généralement associé à des efforts expulsifs excessifs, à une mise bas difficile, à une rétention des membranes fœtales, à une colique, à un avortement ou à une utilisation importante d’ocytocine. Les propriétaires peuvent observer une masse rouge et sanguinolente à l’extérieur de la jument. Un traitement vétérinaire rapide est nécessaire pour nettoyer, protéger et remettre l’utérus en place.
La fertilité future après un prolapsus utérin dépend de la rapidité du traitement et de l’ampleur des dommages subis par la paroi utérine. Plusieurs juments se rétablissent bien lorsque l’utérus est remis en place rapidement et que l’infection est contrôlée. La fertilité peut être réduite si des vaisseaux sanguins se rompent, si les tissus sont gravement endommagés ou si une rétention des membranes fœtales entraîne d’autres complications après le traitement.
Les propriétaires peuvent se préparer aux urgences reproductives chez les juments en assurant une surveillance étroite avant et après le poulinage, en connaissant les principaux signes avant-coureurs et en ayant un plan d’urgence avec leur vétérinaire. Une communication claire, des options de transport rapides et une manipulation calme sont importantes. Comme plusieurs urgences évoluent rapidement, une bonne préparation aide à réduire les délais lorsque la jument a besoin d’une évaluation urgente, d’une stabilisation ou de soins en centre de référence.
Résumé
- La période périnatale est une période à haut risque pour les juments, durant laquelle elles sont exposées à un risque de plusieurs urgences médicales potentielles
- Les urgences périnatales les plus fréquentes sont la dystocie et la rétention placentaire
- D’autres urgences, plus rares, incluent l’hémorragie périnatale, le prolapsus utérin, l'hydropisie, la rupture du tendon prépubien et le volvulus du gros côlon
- Travaillez en étroite collaboration avec votre vétérinaire pour établir un plan d’urgence en cas d'urgences reproductrices
Références
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- Lu, K. G. and Sprayberry, K. A., Managing Reproduction Emergencies in the Field: Part 2: Parturient and Periparturient Conditions. Veterinary Clinics of North America: Equine Practice. 2021. View Summary
- Diel de Amorim, M. et al., Treatment of Hydropsical Conditions Using Transcervical Gradual Fetal Fluid Drainage in Mares With or Without Concurrent Abdominal Wall Disease. Journal of Equine Veterinary Science. 2018. View Summary
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