Les ulcères gastriques équins sont extrêmement fréquents et touchent jusqu’à 93 % des chevaux. Il s’agit de lésions douloureuses qui se forment dans la muqueuse du tractus gastro-intestinal et qui peuvent nuire à l’assimilation des nutriments, causer de la douleur et de l’inconfort, engendrer des complications digestives et mener à de mauvaises performances chez votre cheval.
Traditionnellement, les vétérinaires et les propriétaires de chevaux soignaient et géraient tous les ulcères d’estomac de la même manière. Cependant, leur étiologique et leur physiologie diffèrent selon la partie de l’estomac où ils se forment. [1][5]
- Le syndrome d’ulcération gastrique non glandulaire équin (ESGUS en anglais) désigne les ulcères qui se forment dans le tissu épidermoïde ou squameux qui se trouve dans la partie supérieure de l’estomac.
- Le syndrome d’ulcération gastrique glandulaire équin (EGGUS en anglais) fait référence aux ulcères qui apparaissent dans le tissu glandulaire de la partie inférieure de l’estomac.
Quelles sont les différences entre les ulcères non glandulaires et glandulaires chez les chevaux?
Les études révèlent que les facteurs de risque et les causes d’ulcération non glandulaire diffèrent de ceux de l’ulcération glandulaire. De plus, il existe différentes stratégies de traitement et de gestion recommandées pour l’ESGUS et l’EGGUS.
Une bonne compréhension des différences entre ces deux syndromes d’ulcération peut aider à identifier, à prévenir et à gérer les ulcères gastriques chez votre cheval.
Un survol des ulcères gastriques
Les ulcères gastriques équins sont des plaies ou des lésions qui se forment dans la muqueuse de l’estomac. Il s’agit de l’un des troubles de santé les plus fréquemment diagnostiqués chez les chevaux.
Le syndrome d’ulcération gastrique équin (equine gastric ulcer syndrome/EGUS en anglais) est l’appellation générique qui désigne habituellement ce diagnostic. Ce syndrome peut inclure des ulcères dans les régions non glandulaire et glandulaire.
Les ulcères qui apparaissent dans la région non glandulaire de la partie supérieure de l’estomac sont plus fréquents que ceux qui se développent dans la région glandulaire de la partie inférieure. Cela est dû en grande partie aux différents systèmes de défense naturelle contre l’ulcération de ces deux parties de l’estomac.
Nous examinons plus bas d’autres différences concernant les facteurs de risque, la causalité, le diagnostic, le traitement et la prévention des ulcères non glandulaires par rapport aux ulcères glandulaires. [1]

diagramme gracieuseté du Dr Raymond J. Geor
Légende
Squamous areaRégion non glandulaire (squameuse ou épidermoïde)
| Anglais | Français |
|---|---|
| Glandular area | Région glandulaire |
| Esophagus | Œsophage |
| Pylorus | Pylore |
| Duodenum | Duodénum |
Le syndrome d’ulcération gastrique non glandulaire équin (ESGUS en anglais)
Jusqu’à 80 % de tous les ulcères équins se développent dans la région non glandulaire de l’estomac, située dans le tiers supérieur de cet organe. [2] Les causes et les facteurs de risque de l’ESGUS sont bien connus.
L’estomac est un environnement hostile. L’acide gastrique (HCl) a un pH très bas, ce qui le rend corrosif et potentiellement dommageable pour les cellules qui tapissent l’intérieur de l’estomac. Cette muqueuse gastrique est composée de cellules épithéliales.
L’acide gastrique est sécrété en continu par les cellules productrices d’acide de la région glandulaire de l’estomac. Par conséquent, les cellules épithéliales de la région glandulaire sont bien adaptées au contact constant avec l’acide gastrique et disposent de deux mécanismes de défense distincts pour se protéger de la dégradation et des dommages :
- La production de mucus, qui tapisse l’épithélium glandulaire.
- La production de bicarbonate, qui tamponne l’acide gastrique entrant en contact direct avec la paroi de l’estomac.
En revanche, les cellules épithéliales de la région non glandulaire de l’estomac ne dispose pas de ces mécanismes de défense. Cela s’explique par le fait que ces cellules ne sont pas régulièrement exposées à l’acide gastrique pendant de longues périodes. C’est pourquoi l’ESGUS est nettement plus répandu que l’EGGUS. [3]
L’épithélium non glandulaire peut être surexposé aux acides gastriques lorsque l’estomac est vide pendant de longues périodes ou lorsque l’acide éclabousse la partie non glandulaire, en particulier durant les séances d’exercice.
La consommation d’aliments aide à prévenir une partie des dommages causés par les acides gastriques à la muqueuse non glandulaire. La nourriture, la salive et l’eau travaillent tous à tamponner une partie de ces acides. En donnant de nombreux petits repas tout au long de la journée à votre cheval, vous contribuez à diminuer le risque de formation d’ulcères.
Le syndrome d’ulcération gastrique glandulaire équin (EGGUS en anglais)
Contrairement aux ulcères non glandulaires, on connaît très peu de choses sur le syndrome d’ulcération gastrique glandulaire équin et la physiopathologie de cette maladie.
La région glandulaire représente les deux tiers inférieurs de l’estomac. [2] C’est dans cette partie que la sécrétion de l’acide se produit.
Le principal acide gastrique sécrété est l’acide chlorhydrique (HCl). Cette région sécrète également de la pepsine et de la gastrine. Ces acides activent les enzymes digestives qui entament la décomposition des aliments.
Comme mentionné précédemment, la région glandulaire produit du bicarbonate et du mucus. Ces composés tamponnent les sucs gastriques et tapissent la paroi de la région glandulaire de l’estomac. Ils la protègent ainsi des dommages causés par les acides.
Par conséquent, les dommages causés par l’acide sont rarement la cause du syndrome d’ulcération gastrique glandulaire équin. Il est plutôt probable qu’une interférence avec ces mécanismes de défense ou la perturbation de l’intégrité de la muqueuse soient à l’origine de la formation d’ulcères dans cette partie de l’estomac. [3]
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La prévalence des ulcères gastriques chez les chevaux
Les ulcères équins sont extrêmement fréquents, mais la prévalence des ulcères gastriques non glandulaires est beaucoup plus élevée que celle des ulcères glandulaires.
Elle dépend du mode de vie, de l’alimentation et de facteurs environnementaux. Elle diffère considérablement entre les ulcères non glandulaires et glandulaires.
La prévalence du syndrome d’ulcération gastrique non glandulaire équin (ESGUS en anglais)
Les ulcères non glandulaires semblent plus fréquents chez les chevaux de course et de performance. Plus précisément, la prévalence est à son maximum chez les chevaux de course de race Thoroughbred.
La prévalence chez les chevaux Thoroughbred qui ne sont pas entraînés est estimée à 37 %. On rapporte que la prévalence chez les chevaux Thoroughbred à l’entraînement depuis plus de deux mois se situe entre 80 et 100 %. [11][12][13]
La prévalence des ulcères non glandulaires chez les chevaux de course de race Standardbred est comparable, quoique légèrement inférieure. La prévalence rapportée chez les chevaux Standardbred non entraînés est de seulement 44 %. En revanche, jusqu’à 87 % des chevaux de course Standardbred entraînés souffrent d’ulcères non glandulaires. [14][15]
Quarante-huit pour cent des chevaux d’endurance qui ne participent pas aux compétitions souffrent du syndrome d’ulcération gastrique non glandulaire équin. [8] Cette prévalence s’élève à 93 % chez ceux qui prennent part aux raids. [16]
De plus, jusqu’à 58 % des chevaux de concours et de loisir sont atteints d’ulcères non glandulaires. [17][18]
La prévalence du syndrome d’ulcération gastrique glandulaire équin (EGGUS en anglais)
Il y a peu d’études qui portent sur la prévalence du syndrome d’ulcération gastrique glandulaire équin. Jusqu’à 65 % des chevaux de course de race Thoroughbred pourraient souffrir d’ulcères gastriques glandulaires. [6]
On pense que de 27 à 33 % des chevaux d’endurance qui font de la compétition souffrent d’ulcères glandulaires. La prévalence des ulcères glandulaires est d’environ 16 % lorsque les chevaux ne prennent pas part aux raids. [7][8]
Les données préliminaires suggèrent que les chevaux Warmblood sont les plus susceptibles de développer le syndrome d’ulcération gastrique glandulaire équin. [9] Cependant, une seule étude a constaté ce lien comparativement à d’autres races de chevaux.
On ne cerne pas bien la prévalence des ulcères glandulaires chez les chevaux de concours. On rapporte que jusqu’à 54 % des chevaux de loisir seraient atteints d’ulcères gastriques glandulaires. [10]
Les facteurs de risque d’ulcération gastrique non glandulaire et glandulaire
Les recherches en cours sur les facteurs de risque d’ulcération équine tendent à se concentrer sur l’ensemble des ulcères gastriques. Au fur et à mesure que de nouveaux résultats émergent, ils révèlent des différences claires entre les profils de risque d’ulcération gastrique non glandulaire et glandulaire.
Le risque d’ulcération non glandulaire est lié à une exposition accrue aux acides nocifs le long de la muqueuse de l’estomac. [3][4]
La formation des ulcères glandulaires implique une altération des mécanismes de défense qui compromet la barrière protectrice de l’estomac. [3][4]
Les facteurs de risque de l’ulcération gastrique non glandulaire
Les facteurs communs de risque de formation des ulcères non glandulaires incluent : [3][4][5]
- l’entraînement intense;
- un apport élevé en céréales ou en concentrés;
- une consommation de fourrage restreinte ou une dépendance aux repas rationnés à des moments fixes;
- des sorties à l’extérieur en liberté limitées;
- les changements de milieu social;
- l’absence de routine;
- les déplacements et la compétition.
Les facteurs de risque d’ulcération gastrique glandulaire
Les facteurs de risque d’ulcération gastrique glandulaire englobent des facteurs qui affaiblissent ou compromettent l’intégrité des fonctions protectrices dans la région glandulaire de l’estomac.
La recherche a corrélé les éléments suivants à un risque accru d’ulcération gastrique glandulaire : [3][4][5]
- l’usage à long terme d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS);
- les sorties à l’extérieur en liberté limitées;
- les séances d’exercice courtes et intenses;
- la race (c.-à-d. les chevaux Warmblood);
- la présence de bactéries pathogènes;
- une faible consommation de foin;
- une consommation élevée de céréales non transformées;
- une alimentation incomplète ou mal équilibrée.
Le diagnostic des ulcères gastriques
Pour diagnostiquer indéniablement les ulcères équins, le vétérinaire effectue une gastroscopie.
Cette intervention est généralement effectuée sous sédation en position debout après une période de jeûne, afin que l’estomac soit vide. Le gastroscope est un tube flexible de 3 mètres équipé d’une caméra. Il est introduit par la naseau de votre cheval, puis descend dans l’œsophage jusqu’à l’intérieur l’estomac.
Le vétérinaire peut ainsi voir l’œsophage, l’estomac et la partie proximale de l’intestin grêle (duodénum). Il évaluera le nombre et la gravité des ulcères présents, ainsi que la région touchée, soit la muqueuse non glandulaire ou glandulaire.
La gastroscopie est la seule façon définitive de diagnostiquer les ulcères gastriques. Malheureusement, elle peut être coûteuse et n’est pas toujours accessible à tous les propriétaires de chevaux. En raison de la forte prévalence des ulcères, il est courant de supposer qu’un cheval souffre de ce problème de santé s’il présente certains signes ou symptômes caractéristiques.
Toutefois, il est important de se rappeler que les ulcères non glandulaires et les ulcères glandulaires sont traités différemment. De plus, le traitement est coûteux et chronophage, d’où l’importance d’un diagnostic définitif via une gastroscopie.
L’évaluation des ulcères
Pour décrire la gravité des ulcères gastriques de votre cheval, votre vétérinaire leur attribuera un degré ou un score. À l’heure actuelle, il n’existe qu’un système de notation standardisé pour les ulcères non glandulaires. [3]
Tout score attribué aux ulcères glandulaires doit être accompagné d’une description détaillée, car aucune grille de notation n’a encore été établie. Les lésions peuvent être décrites par leur nombre, leur répartition, leur apparence et leur degré subjectif de gravité. [3]
| Degré/Score | Ulcères non glandulaires |
|---|---|
| 0 | L’épithélium est intact. Aucun signe d’hyperkératose (épaississement de la muqueuse). |
| 1 | La muqueuse est intacte. Zones d’hyperkératose. |
| 2 | Lésions superficielles petites, isolées ou multifocales (moins de 5). |
| 3 | Lésions superficielles importantes, isolées et profondes ou multifocales (plus de 5). |
| 4 | Lésions étendues. Zones d’ulcération profonde apparentes. |
Les signes et symptômes des syndromes d’ulcération gastrique non glandulaire et glandulaire équins
Il y a de nombreuses différences entre les ulcères gastriques non glandulaires et non glandulaires. Cependant, les signes et symptômes sont relativement similaires.
Toutefois, il est important de noter que chaque cheval présente des symptômes différents en matière d’ulcères gastriques. La gravité des signes cliniques n’est pas toujours corrélée à la gravité des ulcères diagnostiqués par la gastroscopie : certains chevaux sont plus stoïques alors que d’autres sont plus expressifs lorsqu’il s’agit d’exprimer leur inconfort.
Si le cheval présente l’un ou plusieurs des signes et symptômes suivants d’ulcères équins, il faut contacter le vétérinaire : [3][4][5]
- un manque d’appétit ou d’intérêt pour la nourriture;
- une diarrhée chronique;
- une perte de poids ou un mauvais état de chair;
- l’étirement des membres pour uriner;
- une agressivité ou une irritabilité accrues;
- de mauvaises performances athlétiques ou des changements de comportement sous la selle;
- des poils/un pelage en mauvais état;
- des crises de colique récurrentes;
- des changements de comportement (par exemple, l’anxiété);
- une sensibilité au passage de sangle;
- le tic à l’appui ou en l’air, le grincement de dents (bruxisme) et autres comportements stéréotypés;
- une salivation excessive;
- un décubitus (position couchée) excessif.
Le traitement des ulcères gastriques non glandulaires et glandulaires
Une fois le diagnostic confirmé, le vétérinaire peut élaborer le meilleur plan de traitement pour le cheval concerné. Les stratégies de traitement sont différentes selon qu’il s’agit d’ulcères non glandulaires ou glandulaires.
Les traitements du syndrome d’ulcération gastrique non glandulaire équin
1. L’oméprazole
Ce médicament est un inhibiteur de la pompe à protons. Il bloque de manière irréversible la sécrétion d’acide gastrique pour hausser le niveau de pH (diminuer l’acidité) dans l’estomac.
Dans l’estomac, les pompes à protons utilisent une enzyme pour échanger des ions hydrogène contre des ions potassium. Une fois absorbé, l’oméprazole se lie à cette enzyme et empêche la pompe de fonctionner correctement, ce qui diminue la production de chlorure d’hydrogène. [19]
Les vétérinaires prescrivent souvent un traitement à l’oméprazole aux chevaux atteints d’ulcères non glandulaires. Il s’agit du seul médicament approuvé par la FDA pour le traitement des ulcères gastriques équins, vendu sous les noms commerciaux GastroGard ou UlcerGard.
On administre l’oméprazole par voie orale une fois par jour. La dose est de 4 mg/kg de poids corporel, soit 2 000 mg d’oméprazole pour un cheval de 500 kilogrammes. [20] Le traitement est généralement long et dure quatre semaines ou 28 jours.
2. La ranitidine et la cimétidine
Ces deux médicaments sont des inhibiteurs des récepteurs H2 de l’histamine qui diminuent également la sécrétion d’acide gastrique. Ils sont souvent moins dispendieux que l’oméprazole.
En revanche, les études montrent que la ranitidine et la cimétidine sont moins efficaces pour guérir les ulcères que l’oméprazole. [21]
3. Les antiacides
On utilise depuis longtemps les antiacides pour soigner les ulcères gastriques. Ils neutralisent les acides gastriques au lieu d’inhiber leur sécrétion. [22]
La science a démontré que les antiacides haussent le niveau de pH de l’estomac équin pendant de courtes périodes (de 2 à 4 heures maximum). [23]
Les vétérinaires sont moins susceptibles de les recommander en raison de leur efficacité de courte durée et de leurs effets indésirables éventuels sur la digestion. [24]
Les traitements du syndrome d’ulcération gastrique glandulaire équin
1. Le misoprostol
Le misoprostol est une prostaglandine synthétique, un composé immunitaire qui inhibe la sécrétion d’acides et stimule la sécrétion de mucus dans l’estomac glandulaire.
En tant qu’analogue des prostaglandines, le misoprostol peut améliorer la fonction et l’intégrité de la barrière muqueuse glandulaire.
Les études ont constaté chez les chevaux traités au misoprostol une augmentation de la production de mucus et de bicarbonate. De plus, le misoprostol a montré des effets anti-inflammatoires. [25]
Un essai clinique chez des chevaux atteints d’ulcères glandulaires a révélé que le misoprostol était plus efficace que l’oméprazole. [26]
2. Le sucralfate
Le sucralfate est un agent protecteur des muqueuses. Il forme une barrière physique qui protège la muqueuse gastrique de la dégradation par les acides gastriques. Il aide à faciliter la guérison et à soulager la douleur associée aux ulcères. [27]
L’administration de sucralfate chez les chevaux améliore aussi la sécrétion de mucus et de bicarbonate. Cela permet de mieux protéger la muqueuse gastrique.
On administre souvent le sucralfate conjointement à d’autres options de traitement comme l’oméprazole pour en accroître l’efficacité. Il faut gérer minutieusement l’horaire d’administration et d’alimentation du cheval pour éviter de nuire à l’absorption du médicament. [3]
3. L’oméprazole
Le traitement des ulcères glandulaires peut d’autre part inclure l’oméprazole. Cela dit, les études indiquent que l’oméprazole n’est efficace que dans 25 % des cas d’ulcération de la région glandulaire. [6]
La prévention et la prise en charge des ulcères
Les propriétaires de chevaux peuvent mettre en œuvre de nombreux changements d’alimentation et de gestion pour prévenir les ulcères gastriques.
Certaines stratégies fonctionnent pour prévenir à la fois les ulcères glandulaires et non glandulaires. En revanche, certaines stratégies peuvent être plus adaptées aux ulcères non glandulaires et d’autres ciblent mieux les ulcères glandulaires.
Les stratégies liées au mode de vie
L’incorporation de quelques-uns des changements suivants à la routine quotidienne du cheval peut naturellement diminuer le risque de formation d’ulcères :
- éviter l’alimentation intermittente;
- fournir un accès à l’eau en tout temps;
- augmenter la durée et la fréquence des sorties à l’extérieur en liberté;
- réduire la consommation de céréales;
- augmenter la quantité et la qualité du foin et des fourrages;
- minimiser l’utilisation des AINS;
- intégrer le cheval à un groupe social approprié.
Les stratégies alimentaires
On sait que certains types de foin diminuent le risque de formation d’ulcères, notamment le foin de luzerne riche en protéines. L’ajout d’huile pour diminuer la consommation de céréales peut aussi atténuer les facteurs de risque qui mènent à un certain nombre de troubles intestinaux.
Il faut de plus veiller à donner au cheval accès à du sel en vrac à volonté et ajouter une à deux onces de sel à sa ration quotidienne.
L’apport de sel aide à encourager la consommation d’eau, ce qui peut aider à tamponner les acides gastriques. L’hydratation favorise également le transit des aliments dans le tractus gastro-intestinal.
Les suppléments contre les ulcères peuvent soutenir le fonctionnement de la barrière intestinale, promouvoir la santé de l’ensemble du système digestif ou stimuler la réparation des tissus.
Parmi les ingrédients aux propriétés démontrées scientifiquement qui peuvent être utiles, on retrouve :
- Le complexe pectine-lécithine: il exerce un effet protecteur sur la muqueuse qui peut être bénéfique pour lutter contre les ulcères non glandulaires et glandulaires. [28][29]
- La levure: il s’agit d’un probiotique qui peut aider à réduire le risque d’ulcères non glandulaires. [30]
- Les acides aminés: les acides aminés comme la glycine et la glutamine jouent un rôle dans la formation et la réparation des tissus de la muqueuse de l’estomac. [31][32]
- L’extrait de baies d’argousier: sa teneur élevée en antioxydants peut être bénéfique pour soulager les ulcères glandulaires. [33]
Visceral+
Visceral+ de Mad Barn est un supplément en granulés qui fournit un soutien nutritionnel pour le système digestif des chevaux, y compris pour la santé de l’estomac et de l’intestin postérieur.
Nous vous invitons à discuter de tout changement d’alimentation avec nos nutritionnistes équins qualifiés. Vous pouvez nous transmettre le régime alimentaire de votre cheval pour obtenir des recommandations personnalisées.
Si vous soupçonnez que votre cheval souffre d’ulcères non glandulaires ou glandulaires, veuillez contacter votre vétérinaire pour décider du meilleur plan de traitement.
Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées sur les ulcères gastriques chez les chevaux :
Les ulcères gastriques équins sont des lésions douloureuses qui se forment dans la paroi de l’estomac du cheval. Ils peuvent nuire à la digestion, à l’absorption des nutriments, au confort et aux performances. Les ulcères gastriques sont très fréquents et touchent jusqu’à 93 % de certaines populations équines selon la charge de travail, l’alimentation et les pratiques de gestion. Les ulcères peuvent se développer dans la région squameuse ou glandulaire de l’estomac.
Les ulcères squameux et glandulaires touchent différentes parties de l’estomac du cheval et se développent pour différentes raisons. Les ulcères squameux surviennent dans la partie supérieure de l’estomac, où les tissus sont moins naturellement protégés contre l’acide. Les ulcères glandulaires surviennent dans la partie inférieure de l’estomac, où le mucus et le bicarbonate protègent normalement les tissus. Le traitement et la gestion diffèrent souvent selon la région touchée.
Les ulcères squameux sont principalement associés à une exposition excessive à l’acide dans la partie supérieure de l’estomac. Cela peut se produire lorsqu’un cheval passe trop de temps sans fourrage, consomme de gros repas de grains, voyage, participe à des compétitions ou fait de l’exercice l’estomac vide. Comme les tissus squameux produisent peu de mucus ou de bicarbonate, les éclaboussures d’acide pendant l’exercice peuvent irriter cette région et entraîner la formation d’ulcères.
Les ulcères glandulaires sont généralement associés à un affaiblissement des mécanismes de protection de la partie inférieure de la paroi de l’estomac. Cette région produit normalement du mucus et du bicarbonate pour se protéger contre les dommages causés par l’acide; les ulcères se développent donc souvent lorsque ces défenses sont perturbées. Les facteurs de risque peuvent inclure l’utilisation prolongée d’AINS, un accès limité au pâturage, un exercice intense, une faible consommation de foin, une consommation élevée de grains, le stress et une alimentation déséquilibrée.
Les signes d’ulcères gastriques peuvent inclure une diminution de l’appétit, une alimentation difficile, une perte de poids, des coliques récurrentes, une sensibilité à la sangle, des crottins mous, un pelage de mauvaise qualité, de l’irritabilité, de l’anxiété, une baisse des performances, le grincement des dents, l’appui au tic et le fait de se coucher plus souvent qu’à l’habitude. Certains chevaux ne présentent que des changements subtils. La gravité des symptômes ne correspond pas toujours à la gravité des ulcères; une évaluation vétérinaire est donc importante lorsque les signes persistent.
Les ulcères gastriques sont diagnostiqués de façon définitive au moyen d’un examen gastroscopique. Pendant cette procédure, un vétérinaire fait passer une caméra de 3 mètres, ou 9,8 pieds, de long par la narine du cheval jusqu’à l’estomac alors que l’animal est sous sédation. La gastroscopie permet au vétérinaire de voir l’emplacement, le nombre et la gravité des ulcères, ce qui est important puisque les ulcères squameux et glandulaires sont traités différemment.
Les ulcères squameux sont plus fréquents que les ulcères glandulaires parce que la partie supérieure de l’estomac possède moins de mécanismes naturels de défense contre l’acide. Jusqu’à 80 % des ulcères équins sont observés dans la région squameuse. Les taux sont particulièrement élevés chez les chevaux de performance, avec une prévalence rapportée de 80 à 100 % chez les Pur-sang à l’entraînement et jusqu’à 93 % chez les chevaux d’endurance en compétition.
Les ulcères squameux sont généralement traités avec un médicament qui réduit la production d’acide, comme l’oméprazole. L’oméprazole diminue la production d’acide gastrique et est le seul médicament approuvé par la FDA pour le traitement des ulcères gastriques équins. Un traitement typique dure 28 jours. Des changements alimentaires et de gestion, comme l’augmentation de l’accès au fourrage et la réduction de la quantité de grains, sont également importants pour diminuer l’exposition à l’acide.
Les ulcères glandulaires nécessitent souvent un traitement qui soutient la paroi protectrice de l’estomac, et non seulement une réduction de l’acidité. Le misoprostol peut améliorer la production de mucus et de bicarbonate, tandis que le sucralfate forme une barrière protectrice sur les tissus irrités. L’oméprazole peut également être utilisé, mais les recherches indiquent qu’il est moins efficace contre les ulcères glandulaires que contre les ulcères squameux.
L’alimentation peut réduire le risque d’ulcères gastriques en maintenant un apport continu de fourrage dans l’estomac et en limitant les longues périodes sans nourriture. Un accès fréquent au fourrage, une consommation réduite de grains, du foin ou de l’ensilage de bonne qualité ainsi que du foin de luzerne peuvent diminuer l’irritation causée par l’acide. L’ajout quotidien de 1 à 2 onces, ou 28 à 57 grammes, de sel peut encourager la consommation d’eau et favoriser un transit digestif normal.
Les suppléments peuvent soutenir la santé de l’estomac, mais ils ne remplacent pas un traitement vétérinaire lorsqu’un ulcère a été diagnostiqué. Les ingrédients appuyés par la recherche comprennent le complexe pectine-lécithine, les levures, des acides aminés comme la glycine et la glutamine, ainsi que l’extrait de baies d’argousier. Visceral+ de Mad Barn offre un soutien nutritionnel pour la santé de l’estomac et de l’intestin postérieur dans le cadre d’un plan global d’alimentation et de gestion.
Les signes d’ulcères gastriques justifient une consultation vétérinaire lorsqu’un cheval présente des changements persistants de l’appétit, une perte de poids, des coliques récurrentes, une sensibilité à la sangle, des changements de comportement ou une baisse des performances. Comme les ulcères squameux et glandulaires peuvent sembler similaires de l’extérieur, tenter de deviner le diagnostic à partir des seuls symptômes peut mener à un traitement inapproprié. La gastroscopie fournit la réponse la plus claire et permet d’établir un plan de traitement ciblé.
Résumé
Les ulcères gastriques sont très fréquents chez les chevaux (souvent 50–90 % et plus), causant de la douleur, une baisse de performance et une digestion altérée.
- Il existe deux syndromes gastriques distincts chez les chevaux : l’ESGUS touche la partie supérieure squameuse de l’estomac, tandis que l’EGGUS touche la partie inférieure glandulaire de l’estomac.
- L’ESGUS provient principalement des éclaboussures d’acide et de l’exposition de l’estomac vide lors de l’alimentation par repas ou de l’exercice.
- L’EGGUS découle d’une défaillance des défenses de la région glandulaire (mucus/bicarbonate), avec des facteurs contributifs comme l’utilisation d’AINS et le stress.
- Une alimentation riche en céréales, un fourrage restreint, un entraînement intensif, les déplacements et un accès limité au pâturage augmentent le risque d’ESGUS, tandis que l’utilisation prolongée d’AINS, une faible consommation de foin, des rations déséquilibrées et un travail court et intense augmentent le risque d’EGGUS.
- La gastroscopie est le seul diagnostic définitif et permet de distinguer les lésions squameuses des lésions glandulaires.
- L’ESGUS répond le mieux à l’oméprazole, tandis qu’un cheval atteint d’EGGUS a souvent besoin de misoprostol et de sucralfate.
Références
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