Avez-vous remarqué des changements chez votre cheval comme une perte de poids, un pelage terne ou un appétit capricieux ? Ces changements se sont-ils également résulté par des performances médiocres ? Votre cheval souffre peut-être de maux d’estomac, très probablement causés par des ulcères gastriques.
Le syndrome de l’ulcère gastrique équin se produit lorsque des plaies se développent sur la paroi de l’estomac du cheval. La barrière physicochimique qui protège habituellement les tissus de l’estomac s’est détériorée et les acides digestifs ont provoqué des lésions douloureuses dans la paroi de l’estomac.
En plus de causer de l’inconfort chez votre cheval, les ulcères gastriques peuvent être accompagnés d’ulcères du gros intestin, ce qui peut nuire à l’absorption des nutriments et entraîner un large éventail de problèmes de santé et de comportement.
On sait que cette condition affecte 60 à 90 % des chevaux de performance, en particulier lors du transport, dans un programme d’exercice intensif et de longues périodes sans fourrage. Elle est également fréquente chez les chevaux de loisir et les poulains.
Les recherches montrent que le confinement au box, un accès irrégulier à la nourriture, une alimentation à haute teneur en céréales ou en concentrés, ou des transports en remorque sont des facteurs de risque pour le développement des ulcères.
Cet article vous guidera à travers les différents types d’ulcères gastriques, leurs causes, leurs signes et comment traiter et prévenir les ulcères chez les chevaux.
Que sont les ulcères gastriques ?
Les ulcères sont des plaies douloureuses qui peuvent se produire tout au long du tube digestif des chevaux, mais apparaissent le plus souvent dans l’estomac et, parfois, dans le gros intestin. Le syndrome de l’ulcère gastrique équin est un terme scientifique qui décrit les chevaux qui présentent des ulcères dans l’estomac.
L’estomac se compose de deux parties principales, la région squameuse en haut et la région glandulaire en bas. La région squameuse est particulièrement sujette aux ulcères.
La région glandulaire produit l’acide gastrique, mais aussi du bicarbonate et du mucus pour protéger les tissus de cette zone contre l’acide. Ces substances forment une barrière qui rend la muqueuse de la région glandulaire moins sujette aux ulcères.
La région squameuse ne dispose pas de ces défenses naturelles contre l’acide gastrique et donc 80 % des ulcères gastriques se trouvent dans celle-ci.
L’estomac du cheval produit de l’acide constamment. Cela les expose naturellement à un risque élevé de développer des ulcères gastriques, en particulier pendant les périodes où l’estomac est vide vu que les aliments aident à tamponner l’acide.
Dans la nature, les chevaux broutent jusqu’à 16 heures par jour. Ils sont normalement protégés des ulcères grâce à la présence continue d’aliments riches en fibres dans leur estomac.
Cependant, les chevaux aux boxes avec des sorties au pré limitées peuvent passer de longues périodes sans manger. Un estomac vide augmente le risque de former des ulcères.
De nombreux autres facteurs contribuent aux taux élevés d’ulcération gastrique chez les chevaux. Cet article abordera les facteurs, ainsi que les stratégies permettant d’atténuer le risque d’ulcère, comme l’utilisation du supplément Visceral+ de Mad Barn.
Signes des ulcères gastriques équins
Comment savoir si votre cheval a des ulcères ? La seule façon définitive de diagnostiquer les ulcères gastriques chez votre cheval est d’effectuer une gastroscopie lors d’un examen vétérinaire.
Votre vétérinaire examinera l’estomac et de l’intestin proximal de votre cheval à l’aide d’un endoscope pour déterminer la présence, la gravité et l’emplacement des ulcères.
Mais même sans examen par votre vétérinaire, il y a des signes courants à observer chez votre cheval qui peuvent suggérer des ulcères. Si vous pensez que votre cheval en est atteint, une visite du vétérinaire pour effectuer une gastroscopie est justifiée.
Les signes des ulcères gastriques chez les chevaux sont généralement non spécifiques et peuvent varier considérablement d’un cheval à l’autre. De nombreux propriétaires de chevaux remarquent que leur cheval n’a « pas l’air bien ».
Voici quelques signes courants : [1]
- Un manque d’appétit ou un appétit capricieux
- Mauvaise condition physique ou perte de poids
- Diarrhée chronique
- Pelage terne
- Bruxisme ou grincement de dents
- Un tempérament plus agressif ou nerveux
- L’augmentation des comportements stéréotypés, comme le « tic du rot » (aérophagie)
- Coliques aiguës ou récurrentes
- Performances pauvres à l’effort
- Sensibilité dans la région de la sangle
- Se couche souvent
- S’étire pour uriner
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Quelles sont les causes des ulcères gastriques équins ?
1. Gestion de l’alimentation
La composition des aliments n’est pas le seul risque pour les ulcères, mais également la fréquence et le mode d’alimentation. Les chevaux ont évolué pour brouter dans des pâturages, en consommant de petits repas fréquents de fourrage tout au long de la journée.
Les pratiques de gestion équine actuelles font que de nombreux chevaux n’ont pas d’accès régulier aux pâturages et peuvent passer de longues périodes sans nourriture dans leur estomac.
En cas d’alimentation intermittente (c’est-à-dire avec de longs intervalles entre les repas), l’estomac du cheval est vide et la production continue d’acide irrite la paroi de l’estomac et peut provoquer des ulcères.
Lorsqu’un cheval mange, la nourriture elle-même et le bicarbonate dans la salive neutralisent l’acidité de l’estomac, ce qui atténue la formation d’ulcères.
2. Consommation élevée de céréales
La composition des aliments peut avoir un effet important sur le risque d’ulcère. Les céréales sont plus faciles à mâcher que le foin et ne produisent donc pas autant de salive pour neutraliser l’acidité. La production de salive lors de la consommation de foin est environ le double de celle produite lors de l’ingestion d’une quantité équivalente de céréales. [2]
De plus, les céréales passent plus rapidement hors de l’estomac que le foin, ce qui laisse des périodes plus longues avec un estomac vide, propices à la formation d’ulcères.
Une consommation élevée d’amidon ou de céréales peut entraîner une production locale d’acides gras volatils dans l’estomac, ce qui abaisse davantage le pH et augmente le risque d’ulcère. [3]
Donner plus de 2 kilogrammes de céréales par jour double le risque de provoquer des ulcères gastriques.
3. Exercice intensif
Environ 95 % des chevaux d’endurance et de course souffrent d’ulcères gastriques. Ce chiffre passe à 100 % si l’on considère uniquement les chevaux qui participent activement aux courses. Les chevaux de course présentent une augmentation de la prévalence, de la gravité et du nombre de lésions dans la muqueuse squameuse associée à de longues durées d’exercice intensif. [4]
Plusieurs raisons expliquent pourquoi les chevaux de course présentent des taux si élevés d’ulcères gastriques.
La raison principale est l’augmentation de la pression abdominale pendant l’exercice qui comprime l’estomac, poussant le contenu acide vers les zones sensibles de l’estomac qui sont susceptibles de développer des ulcères.
De plus, si des ulcères sont déjà présents, la réduction du flux sanguin vers l’estomac pendant l’exercice entrave leur guérison.
Les chevaux à l’entraînement ou en compétition passent souvent de longues périodes sans accès à la nourriture, ce qui augmente le temps passé avec un estomac vide dans lequel l’acide n’est pas tamponné par son contenu.
En plus, le stress du transport, les changements fréquents d’environnement et la charge de travail contribuent à leur risque élevé d’ulcères.
Selon l’American Association of Equine Practitioners, même les entraînements typiques et des compétitions amateurs peuvent provoquer des ulcères en dedans d’une période de cinq à sept jours. [5]
4. Accès intermittent à l’eau
Pendant l’entraînement et la compétition, il peut y avoir de longues périodes sans accès à l’eau, en particulier pendant le transport.
L’accès intermittent à l’eau augmente les chances de développer des ulcères gastriques dans toutes les parties de l’estomac.
Les sorties sans accès constant à l’eau ou l’eau gelée en hiver peuvent également augmenter le risque d’ulcères.
Il a également été démontré que l’administration orale répétitive de solutions d’électrolytes aux chevaux en compétition augmente le nombre et la gravité des ulcères. [6]
5. Le stress physique
De légers changements dans la routine et les conditions de vie d’un cheval peuvent induire un stress qui contribue au risque d’ulcère. Lorsque les hormones de stress sont élevées chez votre cheval, cela peut entraîner une cascade de changements hormonaux qui rendent votre cheval plus sensible à la formation d’ulcères. [7]
La principale hormone du stress est le cortisol. Lorsque cette hormone est sécrétée, elle entraîne une baisse de la production de prostaglandine. Cela entraîne une diminution du pH dans l’estomac du cheval, ce qui affaiblit la barrière protectrice de l’estomac. Avec le temps, la paroi de l’estomac s’érode et des ulcères peuvent apparaître.
Les événements stressants, comme le transport, les changements d’environnement et les maladies, peuvent prédisposer les chevaux à des taux de cortisol plus élevés et à un risque accru d’ulcères. Les chevaux qui se remettent d’une blessure développent souvent des ulcères lorsqu’ils sont au repos en box.
Le confinement au box peut également induire un stress et entraîner des ulcères, même avec du foin à volonté. Être enfermé au box peut entraîner des comportements stéréotypés, comme le tic du rot, qui peuvent empêcher les chevaux de se nourrir correctement. En général, les chevaux logés au box reçoivent deux gros repas par jour, riches en céréales, ce qui augmente le risque d’ulcères. [8]
6. L’environnement social
Un facteur important qui peut contribuer à la formation d’ulcères chez votre cheval est son environnement social. Les chevaux sont des créatures sociales et sont affectés par leur entourage.
Les chevaux qui subissent un changement dans leur troupeau ont un risque élevé de développer des ulcères.
Le fait d’être introduit dans un nouveau groupe, l’arrivée d’un nouveau cheval ou le départ d’un cheval familier, ou encore un changement de l’état d’un cheval voisin peuvent tous influencer le niveau de stress de votre cheval.
Les recherches montrent également que garder un cheval seul augmente le risque d’ulcération gastrique.
7. Les anti-inflammatoires
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) utilisés pour traiter les boiteries ou d’autres maladies peuvent contribuer au risque d’ulcère. Si votre cheval a pris de la phénylbutazone ou d’autres AINS pendant plus d’une semaine, il présente un risque élevé d’ulcération gastrique.
Les AINS peuvent provoquer des ulcères en diminuant la production de prostaglandines qui contribuent normalement à la circulation sanguine à l’estomac et à la production des défenses muqueuses.
La plupart des AINS utilisés pour améliorer le confort des chevaux atteints de fourbure agissent en inhibant les effets de la prostaglandine inflammatoire COX-2. Cependant, ces médicaments bloquent également les effets d’une autre prostaglandine, la COX-1, qui a un effet protecteur sur l’estomac.
Alors que de nouveaux anti-inflammatoires utilisés chez les chevaux ciblent spécifiquement la COX-2 sans bloquer la COX-1, de nombreux propriétaires de chevaux continuent d’utiliser les AINS traditionnels.
Si votre vétérinaire prescrit un régime d’AINS à votre cheval, demandez-lui comment réduire le risque d’ulcères.
Diagnostic des ulcères gastriques
Les ulcères gastriques peuvent être difficiles à diagnostiquer chez les chevaux en raison de signes subtils et inconstants. Des tests indirects et non invasifs, comme la mesure de la perméabilité au saccharose, ont été proposés, mais ne sont actuellement pas fiables.
La gastroscopie, qui consiste à inspecter visuellement toutes les zones de l’estomac et de l’intestin proximal, est la seule méthode fiable pour identifier les ulcères.
La gastroscopie fournit également des informations sur la gravité (taille et profondeur) et le nombre de lésions afin de mieux orienter le traitement.
Cependant, la gravité et les signes cliniques ne correspondent pas toujours. Dans certains cas, les chevaux présentant des lésions mineures peuvent démontrer plus de signes cliniques que les chevaux présentant des lésions sévères et vice versa. [9]
La gastroscopie n’est pas non plus accessible à tous les propriétaires de chevaux en raison de son coût élevé. Étant donné la prévalence très élevée des ulcères chez les chevaux de performance et même chez les chevaux de loisir, il peut être prudent de supposer que votre cheval est susceptible aux ulcères et de prendre des mesures pour atténuer ce risque à l’avenir.
Comment traiter et prévenir les ulcères équins
Stratégies nutritionnelles
Pour diminuer le risque de développer des ulcères, les chevaux en box doivent avoir accès à du foin et de l’eau à volonté. Cela augmentera la fréquence des repas et le temps passé avec du foin dans l’estomac.
Le foin ou les cubes de luzerne peuvent également être bénéfiques pour diminuer le nombre et la gravité des ulcères. Ce fourrage est riche en calcium, ce qui peut réduire la production d’acide gastrique par les cellules de l’estomac. Cependant, il s’agit probablement d’un effet transitoire immédiatement après le repas, qui pourrait entraîner une production d’acide plus élevée par la suite. La teneur plus élevée en protéines du foin de luzerne peut également tamponner l’acide gastrique et donc augmenter le pH gastrique. [10]
Il est généralement recommandé d’inclure le foin de luzerne à une proportion maximale de 10 à 20 % du fourrage de l’alimentation.
Une étude a comparé un régime composé de foin de luzerne et de céréales (alimentation commune des chevaux à l’entrainement) à un régime composé uniquement de foin de brome (alimentation commune des chevaux au repos). Malgré la présence de céréales dans la diète, le foin de luzerne a entraîné un pH gastrique plus élevé au cours des 5 premières heures après le repas que le foin de brome seul. [10]
La diète avec le foin de luzerne a également diminué le nombre et la gravité des ulcères. [10]
Les céréales et les amidons doivent être divisés en plusieurs petits repas lorsque possible afin de minimiser la fermentation bactérienne dans l’estomac qui contribue à la production d’acide.
Produits pharmaceutiques
Le traitement le plus courant des ulcères consiste à prescrire de l’oméprazole (Gastrogard ou Ulcergard), un inhibiteur de la pompe à protons qui bloque la production d’acide par l’estomac.
Le sucralfate est souvent utilisé comme traitement d’appoint aux inhibiteurs de la pompe à protons. Lorsqu’il entre dans l’environnement acide de l’estomac, il forme une pâte visqueuse qui peut se lier aux ulcères et former une barrière protectrice qui empêche la détérioration supplémentaire.
La diminution de la production d’acide dans l’estomac permet à l’estomac de guérir pendant le traitement. Cependant, les récidives sont fréquentes lorsque le traitement s’arrête et que la production d’acide reprend, ce qui expose à nouveau le cheval à un risque.
Il peut également y avoir une augmentation compensatoire de la production d’acide après la fin du traitement, ce qui augmente davantage les récidives.
Ces approches pharmaceutiques du traitement des ulcères sont confrontées à plusieurs autres problèmes :
- Ils ne traitent pas la cause des ulcères.
- Ils peuvent diminuer l’activité des enzymes digestives, ce qui augmente le niveau de protéines qui atteint le gros intestin.
- Les protéines dans le gros intestin peuvent entraîner un dysfonctionnement secondaire de celui-ci dû à une fermentation excessive.
- Ils peuvent réduire la protection contre les agents pathogènes présents dans l’intestin du cheval.
Effet tampon
Le carbonate de calcium ou l’hydroxyde de calcium sont des tampons couramment utilisés qui aident à neutraliser temporairement l’acide gastrique. Cependant, ils n’apportent qu’un soulagement temporaire et, s’ils sont utilisés de manière excessive, ils peuvent entraîner une augmentation de la production d’acide.
Les inhibiteurs de la pompe à protons, comme l’oméprazole ou d’autres réducteurs d’acide/tampons, soulagent pendant le traitement et peuvent permettre aux ulcères de guérir. Cependant, les risques de réapparition des ulcères après l’arrêt de ces traitements sont très élevés.
Visceral+
Visceral+ de Mad Barn est un supplément équin naturel qui a fait l’objet d’études cliniques sur les ulcères et qui a fonctionné pour des milliers de chevaux. Il est formulé avec des ingrédients naturels qui fonctionnent avec la biologie de votre cheval pour aborder le problème des ulcères gastriques sous différents angles.
Visceral+ est conçu pour apporter un soutien nutritionnel aux chevaux souffrant d’ulcères et soutenir les mécanismes naturels de guérison de l’organisme en nourrissant le microbiote et en diminuant la charge pathogène.
Initialement, il a été développé pour être utilisé après un traitement GastroGard. Cependant, une étude clinique a révélé que Visceral+ pouvait être utilisé seul pour les chevaux souffrant d’ulcères ou comme mesure préventive.
Visceral+ fonctionne des cinq façons suivantes :
- Aide au soulagement de la douleur et au confort digestif de votre cheval.
- Il fournit des nutriments qui stimulent le renouvellement des cellules de l’intestin, ce qui accélère la guérison des lésions.
- Favorise la production de mucine pour aider à former une barrière protectrice dans le tube digestif qui empêche l’acide de détériorer la paroi de l’estomac.
- Il contient des nutriments qui permettent l’adhésion à l’ulcère afin que les ingrédients atteignent plus efficacement le site ciblé
- Assure une protection totale du tube digestif en fournissant également des nutriments qui aideront les chevaux souffrant d’ulcères du gros intestin.
Visceral+ peut être utilisé seul ou avec l’oméprazole. Pour en savoir plus sur l’étude clinique de Visceral+, cliquez sur ce lien.
Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées sur les causes des ulcères gastriques chez les chevaux :
Les ulcères gastriques surviennent lorsque la muqueuse protectrice de l’estomac est endommagée, permettant à l’acide d’éroder les tissus et de former des lésions douloureuses. Les ulcères se développent le plus souvent dans la région squameuse de l’estomac, qui ne possède pas de défenses naturelles de tamponnement et représente 80 % de tous les ulcères gastriques. Les chevaux sont à haut risque parce qu’ils produisent de l’acide gastrique en continu, surtout lorsqu’ils sont privés de fourrage pendant de longues périodes.
Les signes courants d’ulcères gastriques chez les chevaux comprennent une baisse d’appétit, une perte de poids, de la diarrhée, un poil terne, une sensibilité au sanglage, des coliques, le grincement des dents, un comportement nerveux et des stéréotypies comme l’aérophagie. Plusieurs chevaux semblent simplement « pas tout à fait eux-mêmes », car les symptômes sont non spécifiques et varient largement. Un examen gastroscopique est la seule méthode de diagnostic définitive, bien que les profils de symptômes puissent fortement suggérer l’EGUS.
Les chevaux développent des ulcères gastriques parce que leur estomac produit de l’acide en continu, même en l’absence d’aliments ou de fourrage. En conditions naturelles de pâturage, une prise fréquente de fourrage et la salive aident à tamponner cet acide et à protéger la muqueuse de l’estomac. Cependant, les pratiques de gestion domestique font en sorte que les chevaux consomment souvent des rations à base de grains et connaissent de longues périodes entre les repas avec l’estomac vide. La vie au box, l’exercice intense, les déplacements vers des compétitions, le stress et certains médicaments compromettent aussi les défenses naturelles du cheval contre les ulcères d’estomac, augmentant l’exposition à l’acide. Lorsque l’acide entre à répétition en contact avec des zones non protégées de l’estomac, particulièrement la région squameuse, la muqueuse est endommagée et des ulcères peuvent se former.
Les ulcères gastriques peuvent résulter d’une alimentation peu fréquente, de régimes riches en grains, d’un exercice intense, du stress, de la vie au box, du transport et d’un accès intermittent à l’eau. Les aliments riches en amidon réduisent la production de salive et augmentent l’acidité de l’estomac, tandis que l’exercice pousse le contenu acide vers le haut dans des zones non protégées de l’estomac. L’utilisation à long terme d’AINS peut aussi nuire aux mécanismes protecteurs de la muqueuse gastrique et augmenter le risque d’ulcères.
Les chevaux de performance sont plus à risque d’EGUS parce que l’exercice intense, les déplacements fréquents, la vie au box et le stress augmentent tous l’exposition à l’acide dans l’estomac. L’exercice comprime l’estomac et peut forcer le contenu acide dans la région squameuse non protégée, tandis que les horaires d’entraînement comportent souvent de longs intervalles entre les repas, ce qui réduit le tamponnement naturel des sucs gastriques.
Les régimes à base de grains contribuent aux ulcères gastriques chez les chevaux parce que les grains nécessitent moins de mastication que le fourrage, ce qui entraîne une diminution de la production de salive et un moindre tamponnement de l’acide gastrique. Les grains se vident aussi de l’estomac plus rapidement que le foin et peuvent augmenter la production d’acides gras volatils, deux facteurs qui augmentent l’acidité et le risque d’ulcères. Lorsque des concentrés sont donnés, les fractionner en plusieurs petits repas tout au long de la journée peut aider à minimiser le temps avec l’estomac vide; toutefois, la stratégie la plus efficace pour réduire le risque d’ulcères est de fournir un accès à volonté au foin ou à d’autres fourrages.
Nourrir votre cheval avec un régime à base de fourrages est la meilleure façon de le protéger contre le syndrome des ulcères gastriques équins. Un accès à volonté ou quasi continu au foin ou au pâturage aide à maintenir l’estomac plein, à stimuler la production de salive et à tamponner l’acide gastrique. La gestion de l’apport en amidon, la division des concentrés en plus petits repas et l’incorporation d’un peu de luzerne peuvent aussi soutenir la santé gastrique et aider à réduire le risque d’ulcères.
Le syndrome des ulcères gastriques équins est le plus souvent traité avec des médicaments qui suppriment l’acidité, comme l’oméprazole (GastroGard® ou UlcerGard®). Des thérapies additionnelles, notamment le sucralfate ou le misoprostol, peuvent être utilisées selon le type d’ulcère et sa gravité. Toutefois, les ulcères gastriques réapparaissent fréquemment après l’arrêt du traitement, car la production d’acide reprend tandis que les facteurs de risque sous-jacents demeurent souvent inchangés. Sans ajustements aux pratiques d’alimentation, au logement, aux routines d’exercice et à la gestion du stress, la muqueuse de l’estomac est de nouveau exposée à des conditions qui favorisent la formation d’ulcères. Pour cette raison, des stratégies de gestion et d’alimentation à long terme sont nécessaires pour réduire les récidives après l’arrêt du médicament.
Certains chevaux ayant des ulcères gastriques peuvent être montés, mais un exercice de plus forte intensité peut aggraver l’ulcération ou l’inconfort, особенно si le cheval travaille l’estomac vide. Les chevaux présentant des signes tels qu’une sensibilité au sanglage, de l’irritabilité, une réticence au travail ou des changements de comportement peuvent être inconfortables et, dans certains cas, dangereux à monter en raison du risque de ruades ou d’autres réactions imprévisibles à la douleur gastrique. Les décisions concernant la charge de travail de votre cheval doivent être prises en consultation avec votre vétérinaire, en tenant compte de la gravité des ulcères, des signes cliniques et de la réponse du cheval au traitement. Votre vétérinaire peut aussi recommander des stratégies d’alimentation et de gestion afin de réduire le risque d’ulcères pendant l’exercice.
Les ulcères gastriques chez les chevaux sont notés lors d’une gastroscopie à l’aide d’un système de classification de 0 à 4. Le grade 0 indique une muqueuse gastrique normale, tandis que les grades 1 à 4 reflètent un nombre, une taille et une profondeur croissants des lésions ulcératives, le grade 4 représentant une ulcération étendue et profonde.
Le temps de guérison chez les chevaux atteints du syndrome des ulcères gastriques équins varie selon le type d’ulcère, sa gravité et la gestion. Beaucoup d’ulcères squameux s’améliorent en 3 à 4 semaines avec un traitement approprié, tandis que les ulcères glandulaires nécessitent souvent des périodes de traitement plus longues. Une gastroscopie de suivi est la façon la plus fiable de confirmer la guérison. Gardez à l’esprit que les chevaux atteints d’ulcères gastriques sont sujets aux rechutes après l’arrêt du traitement, à moins que les facteurs sous-jacents contribuant au risque d’ulcères ne soient adéquatement pris en charge.
Les chevaux ayant des ulcères à l’estomac présentent souvent des signes subtils et non spécifiques, comme une baisse d’appétit, une sensibilité au sanglage, des changements d’attitude, une baisse de performance, une perte de poids ou des coliques légères récurrentes. Certains chevaux peuvent simplement sembler inconfortables ou « pas eux-mêmes », tandis que d’autres montrent peu de signes externes et ne sont diagnostiqués qu’à la gastroscopie.
La meilleure approche alimentaire pour les chevaux ayant des ulcères gastriques privilégie des régimes axés d’abord sur le fourrage, avec un accès fréquent au foin ou au pâturage. Le foin de graminées constitue la base, tandis que de petites quantités de luzerne peuvent aider à tamponner l’acide gastrique. L’apport en grains devrait être limité et divisé en plus petits repas, avec des sources d’énergie alternatives utilisées lorsque possible. Des suppléments de santé digestive, tels que Visceral+ de Mad Barn, peuvent être ajoutés à la ration afin de soutenir la santé gastrique et d’aider à maintenir une muqueuse gastrique saine et une production normale de mucine.
Les ulcères pyloriques sont des ulcères qui se développent dans la région pylorique de l’estomac, soit la zone qui contrôle le passage du contenu gastrique vers l’intestin grêle. Ces ulcères sont considérés comme une forme de maladie gastrique glandulaire équine (EGGD) et peuvent nuire à la vidange gastrique normale, entraînant parfois un retard de vidange de l’estomac, de l’inconfort ou des coliques récurrentes. Les ulcères pyloriques sont souvent plus difficiles à traiter que les ulcères squameux et nécessitent généralement une thérapie ciblée et des changements de gestion.
Les ulcères gastriques ne causent pas directement la boiterie, mais ils peuvent contribuer à une baisse de performance, à des mouvements modifiés et à une réticence au travail, ce qui peut être confondu avec une douleur musculosquelettique. Les chevaux ayant un inconfort gastrique peuvent présenter une longueur de foulée réduite, une résistance à la flexion ou des changements d’allure en raison de la douleur, de la tension ou de réponses comportementales plutôt que d’une véritable boiterie orthopédique. Une évaluation vétérinaire est importante pour distinguer l’inconfort gastrique des autres causes de boiterie.
Le carbonate de calcium ne prévient pas les ulcères gastriques chez les chevaux. Il peut neutraliser temporairement l’acide gastrique et offrir un soulagement à court terme, mais ses effets sont brefs et ne s’attaquent pas aux causes sous-jacentes de la formation d’ulcères. La prévention à long terme des ulcères repose sur des pratiques d’alimentation et de gestion appropriées, comme fournir un accès continu au fourrage, minimiser les périodes de jeûne, réduire l’amidon alimentaire et gérer le stress, plutôt que de compter sur des suppléments tamponnant l’acide.
Résumé
Le syndrome des ulcères gastriques équins (EGUS) est une affection courante causée par une exposition prolongée de la muqueuse de l’estomac à l’acide gastrique et par la perturbation des mécanismes naturels de protection du cheval. Les ulcères sont fortement associés aux pratiques modernes de gestion, et bien que le traitement pharmaceutique puisse favoriser la guérison, la prévention à long terme dépend de la prise en charge des facteurs de risque sous-jacents.
- L’EGUS se développe le plus souvent chez les chevaux exposés à une alimentation intermittente, au confinement en stalle, à des régimes riches en céréales ou pauvres en fourrage, à un exercice intense, au transport, au stress, et à certains médicaments tels que les AINS.
- Les signes cliniques sont souvent subtils ou non spécifiques, et la gastroscopie demeure la seule méthode définitive pour diagnostiquer et classer la gravité des ulcères gastriques.
- Le traitement comprend généralement des inhibiteurs de la pompe à protons tels que l’oméprazole, mais les ulcères réapparaissent fréquemment si les facteurs liés à l’alimentation, au logement et au stress ne sont pas pris en charge.
- Le soutien de la santé gastrique met l’accent sur une alimentation axée d’abord sur le fourrage avec un jeûne minimal, la limitation de l’apport en amidon, le maintien de routines constantes, la réduction du stress lorsque possible, et l’utilisation de stratégies nutritionnelles pour aider à soutenir les défenses naturelles de l’estomac.
Références
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- Meyer, H et al. Investigations of saliva production and chewing in horses fed various feeds, in Proceedings of the Equine Nutrition and Physiology Society, East Lansing, MI, pp.38-41.
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- Murray, MJ et al.Factors Associated With Gastric Lesions in Thoroughbred Racehorses.Equine Vet J. 1996.
- McClure, Scott.Equine Gastric Ulcers: Special Care and Nutrition.AAEP. 2016.
- Holbrook, TC et al.Effect of Repeated Oral Administration of Hypertonic Electrolyte Solution on Equine Gastric Mucosa.Equine Vet J. 2005.
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- Videla, R and Andrews, FM.New Perspectives in Equine Gastric Ulcer Syndrome.Vet Clin N Am-Equine. 2009.
- Murray, MJ et al.Gastric Ulcers in Horses: A Comparison of Endoscopic Findings in Horses With and Without Clinical Signs.Equine Vet J Suppl. 1989.
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