Peut-on utiliser Tylenol® chez les chevaux? L’acétaminophène, aussi appelé paracétamol et vendu sous la marque Tylenol®, est un médicament analgésique et antipyrétique (qui réduit la fièvre).
Bien que l’acétaminophène soit largement utilisé en médecine humaine, son utilisation chez les chevaux demeure hors indication et ne devrait se faire que sous la supervision d’un vétérinaire autorisé.
L’acétaminophène diffère des AINS traditionnels, car il semble agir principalement par les voies du système nerveux central plutôt que d’exercer des effets anti-inflammatoires périphériques. La recherche équine sur ce médicament est toujours en développement, les études portant sur la pharmacocinétique, l’innocuité, les voies d’administration et les applications possibles.
Poursuivez votre lecture pour découvrir comment l’acétaminophène agit chez les chevaux, dans quelles circonstances les vétérinaires peuvent envisager son utilisation, ce que l’on sait de son innocuité et de sa surveillance, ainsi que les considérations réglementaires qui s’appliquent aux chevaux de compétition.
Tylenol® (acétaminophène) pour les chevaux
Tylenol® (acétaminophène, paracétamol) est un médicament analgésique (qui supprime la douleur)et antipyrétique (qui réduit la fièvre) faisant l’objet d’études comme option pour prendre en charge la douleur chez les chevaux. [1]
La maîtrise de la douleur est un aspect important des soins équins, car une douleur non traitée peut nuire au confort, à la récupération, aux déplacements, à la performance et au bien-être.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont couramment utilisés pour prendre en charge la douleur chez les chevaux, particulièrement lorsque celle-ci est associée à une inflammation. Toutefois, les préoccupations concernant les effets indésirables liés à une utilisation prolongée ou excessive des AINS ont favorisé l’étude d’autres options analgésiques. [2][3]
Bien que l’acétaminophène partage certaines utilisations thérapeutiques avec les AINS, il n’est pas classé comme un AINS traditionnel. L’acétaminophène se distingue des AINS classiques parce que ses effets analgésiques semblent dépendre davantage de l’activité du système nerveux central que d’une forte action anti-inflammatoire périphérique. [4][5][6]

Formes offertes
Il n’existe actuellement aucune formulation d’acétaminophène homologuée pour les chevaux. Les vétérinaires utilisent des formulations destinées aux humains hors indication.
En médecine humaine, l’acétaminophène est commercialisé sous des noms de marque tels que :
- Tylenol® (États-Unis et Canada)
- Panadol® (Europe, Australie, Asie et Amérique latine)
- Tempra® (Amérique du Nord)
- Ofirmev®
- Mapap® (États-Unis)
- Calpol® (Royaume-Uni et autres pays)
Les études menées chez les chevaux ont principalement évalué l’administration orale et intraveineuse. [1][3][5][7]
Quelle est votre priorite numero un pour la sante de votre cheval?
Classe de médicaments : analgésiques et antipyrétiques
L’acétaminophène est classé comme un médicament analgésique (qui atténue la douleur) et antipyrétique (qui réduit la fièvre). [6]
Il agit sur certaines des mêmes voies liées à la douleur que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), notamment celles qui font intervenir les enzymes cyclooxygénases.
Toutefois, ses effets anti-inflammatoires sont faibles, et il semble soulager la douleur principalement en agissant dans le système nerveux central plutôt que directement sur les tissus lésés ou enflammés. [2][4][6]
Mécanisme d’action
Le mécanisme d’action précis de l’acétaminophène n’a pas encore été entièrement défini.
Ses effets analgésiques mettent probablement en jeu plusieurs voies, notamment la signalisation de la douleur dans le système nerveux central, l’activité des prostaglandines, les voies liées à la sérotonine et d’autres systèmes de signalisation chimique qui influencent la façon dont l’organisme détecte et interprète la douleur. [3][5][6]
Signalisation de la douleur dans l’organisme
La douleur se développe par une série de processus physiologiques qui suivent une voie prévisible :
- Une lésion tissulaire ou un autre facteur déclencheur active la signalisation inflammatoire
- Les médiateurs inflammatoires sensibilisent les récepteurs locaux de la douleur
- Les terminaisons nerveuses sensitives convertissent le stimulus douloureux en signaux nerveux
- Les signaux de douleur se déplacent du tissu touché vers la moelle épinière
- Les signaux sont transmis de la moelle épinière aux centres supérieurs du système nerveux central
- Le cerveau traite ces signaux et la sensation de douleur est perçue
- Les voies centrales de modulation de la douleur peuvent ensuite amplifier ou atténuer la signalisation de la douleur
À la suite d’une lésion tissulaire ou d’autres facteurs déclencheurs, des médiateurs inflammatoires appelés prostaglandines sont libérés dans les tissus environnants.
Ces molécules abaissent les seuils d’activation des récepteurs de la douleur dans la région, ce qui augmente la sensibilité aux stimuli douloureux. Ce processus contribue à la sensibilisation périphérique et à l’amplification de la signalisation de la douleur. [8][9]
Les enzymes cyclooxygénases contribuent à la production de prostaglandines, ce qui explique pourquoi ces voies sont des cibles importantes des médicaments contre la douleur. Les AINS traditionnels agissent principalement en bloquant l’activité des cyclooxygénases dans les tissus touchés.
Cela réduit la production de prostaglandines, aide à calmer l’inflammation locale et diminue la sensibilité des récepteurs de la douleur dans la région lésée. [8][9]
Mode d’action de l’acétaminophène
L’acétaminophène semble agir sur les voies liées aux cyclooxygénases différemment des AINS traditionnels. Il pourrait influencer les enzymes qui participent à la production de prostaglandines dans le système nerveux central, plutôt qu’au site de l’inflammation.
Comparativement aux AINS conventionnels, l’acétaminophène a moins d’effet sur l’activité des cyclooxygénases dans les tissus périphériques. Cela pourrait contribuer à expliquer pourquoi ses effets anti-inflammatoires sont plus faibles. [4][6][9]
Après que les signaux de douleur atteignent la moelle épinière, le système nerveux peut amplifier ou atténuer ces signaux avant qu’ils soient perçus comme de la douleur. Une partie de ce contrôle provient de voies qui prennent naissance dans le cerveau et descendent dans la moelle épinière.
Les données disponibles indiquent que l’acétaminophène pourrait influencer certaines de ces voies centrales de modulation de la douleur, contribuant ainsi à réduire l’intensité des signaux de douleur lors de leur transmission. [8][9]
Le métabolisme de l’acétaminophène peut également produire un composé appelé AM404. Ce composé pourrait contribuer au soulagement de la douleur en agissant sur les voies de signalisation qui interviennent dans la façon dont le système nerveux régule la perception de la douleur. [5]
Ensemble, ces effets centraux aident à expliquer comment l’acétaminophène peut exercer une activité analgésique et antipyrétique, même s’il a une action anti-inflammatoire relativement limitée dans les tissus périphériques.
En termes plus simples, l’acétaminophène semble agir davantage en modifiant la façon dont le corps traite les signaux de douleur et de température qu’en réduisant fortement l’inflammation au site de la blessure. [2][5]
Utilisations chez les chevaux
Il n’existe actuellement aucune formulation de Tylenol® ou d’acétaminophène générique approuvée pour une utilisation chez les chevaux. Son utilisation en médecine équine est hors indication, ce qui signifie qu’il est utilisé chez une espèce, par une voie d’administration, à une dose ou pour une affection qui ne figure pas précisément sur l’étiquette du produit.
L’utilisation hors indication de tout médicament devrait se faire uniquement sous la supervision d’un vétérinaire afin d’assurer une posologie appropriée et de réduire au minimum le risque d’effets secondaires. [1][2][6]
Les recherches équines ont principalement évalué l’acétaminophène pour la prise en charge de la douleur, surtout dans le cadre d’affections musculosquelettiques, notamment la fourbure. L’acétaminophène a également suscité de l’intérêt dans le cadre de stratégies multimodales de prise en charge de la douleur, où des médicaments ayant différents mécanismes sont combinés afin d’améliorer le contrôle de la douleur. [2][4][5][10]
En plus de ses applications pour le contrôle de la douleur, l’acétaminophène a été utilisé dans la recherche équine comme méthode indirecte d’évaluation de la vidange gastrique, qui désigne le passage du contenu de l’estomac vers l’intestin grêle. [3]
L’acétaminophène peut être utilisé à cette fin parce qu’il est principalement absorbé après avoir quitté l’estomac et atteint l’intestin grêle, son absorption dans l’estomac lui-même étant minime. [3] Après que l’acétaminophène a été administré par voie orale, le fait de mesurer le moment où il apparaît dans la circulation sanguine peut aider les chercheurs à estimer à quelle vitesse le contenu de l’estomac passe dans l’intestin grêle. [3]
Utilisation chez les poulains
La pharmacocinétique de l’acétaminophène a été évaluée chez des poulains nouveau-nés et en croissance, ce qui signifie que les chercheurs ont étudié la façon dont les poulains absorbent, métabolisent et éliminent le médicament à différents stades du début de leur vie. [1][7]
Les poulains ne sont pas simplement des chevaux adultes de plus petite taille. Leur physiologie évolue continuellement à mesure qu’ils grandissent. Ces différences liées à l’âge peuvent influer sur la durée pendant laquelle un médicament demeure dans l’organisme, la vitesse à laquelle il est éliminé et la prévisibilité des effets produits par une même dose à différents âges.
Pour cette raison, l’utilisation de l’acétaminophène chez les poulains exige une prudence accrue. Une dose appropriée pour un groupe d’âge peut ne pas convenir à un autre, et les poulains malades peuvent métaboliser les médicaments différemment des poulains en bonne santé.
Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour préciser l’innocuité de l’acétaminophène selon les différents âges, les doses, les durées de traitement et les états cliniques. [1][7]
Voies d’administration
L’acétaminophène peut être administré aux chevaux par la bouche (voie orale) ou directement dans une veine (voie intraveineuse). [1][3][5][7]
Comme l’utilisation de l’acétaminophène chez les chevaux est hors indication, il n’existe actuellement aucun protocole posologique établi pour les chevaux. Les propriétaires ne doivent administrer de l’acétaminophène que lorsqu’il est prescrit par un vétérinaire et doivent suivre les directives propres au cheval traité.
Entreposage
Les produits d’acétaminophène à administration orale doivent être entreposés à une température inférieure à 40 °C (104 °F). Les solutions ou suspensions orales doivent être protégées du gel.
La solution intraveineuse doit être entreposée à une température ambiante contrôlée, généralement de 20 à 25 °C (68 à 77 °F), et doit être utilisée dans les 6 heures suivant son ouverture. [6]
Avertissements de sécurité et précautions
Les études publiées sur l’acétaminophène chez les chevaux demeurent limitées, et son profil d’innocuité global chez les chevaux n’a pas été entièrement caractérisé.
Les données sont particulièrement insuffisantes pour les chevaux atteints d’une maladie systémique, d’une maladie du foie, d’une maladie gastro-intestinale ou de plusieurs affections concomitantes complexes. [1][2][3][7]
Considérations hépatiques (foie)
L’acétaminophène est principalement métabolisé par le foie. Dans la plupart des cas, le médicament est transformé en formes qui peuvent être éliminées de l’organisme en toute sécurité par des voies appelées glucuronidation et sulfatation. Une petite quantité peut également être transformée en sous-produits plus réactifs, qui sont généralement neutralisés par les voies de détoxification avant de pouvoir causer des dommages. [4][5]
Si la capacité de détoxification du foie est dépassée, ces sous-produits réactifs peuvent s’accumuler et contribuer à des lésions hépatiques ou à des changements touchant le sang. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’acétaminophène doit être utilisé avec prudence et uniquement sous la supervision d’un vétérinaire, surtout lorsque la dose, la durée du traitement, d’autres médicaments ou des problèmes de santé sous-jacents peuvent influencer la façon dont le cheval métabolise le médicament. [4]
Les recherches menées chez les poulains soulignent également que l’innocuité hépatique doit faire l’objet d’une évaluation plus approfondie. Davantage de données sont nécessaires pour comprendre comment l’âge, la maturité du foie, la dose et la durée du traitement peuvent influencer le métabolisme et l’innocuité de l’acétaminophène chez les jeunes chevaux. [7]
Considérations gastro-intestinales et rénales
Les AINS non sélectifs traditionnels réduisent la douleur et l’inflammation en bloquant les enzymes cyclooxygénases. Ces enzymes participent également à la production de prostaglandines qui aident à maintenir une circulation sanguine normale vers les reins et à protéger la paroi de l’estomac et des intestins. Pour cette raison, l’utilisation prolongée ou excessive d’AINS peut parfois augmenter le risque d’irritation gastro-intestinale, d’ulcères, de colite dorsale droite ou de stress rénal, surtout chez les chevaux déshydratés, malades ou recevant de nombreux traitements.
L’acétaminophène présente un profil pharmacologique différent de celui des AINS traditionnels. Ses effets analgésiques semblent reposer davantage sur l’activité du système nerveux central et moins sur une forte inhibition périphérique des cyclooxygénases.
C’est l’une des raisons pour lesquelles l’acétaminophène a été étudié comme analgésique de remplacement ou d’appoint chez les chevaux, particulièrement lorsque les vétérinaires cherchent à soulager la douleur tout en tenant compte des effets gastro-intestinaux ou rénaux potentiels des AINS. [2][3]
Bien que l’acétaminophène puisse avoir moins d’effets sur ces systèmes que les AINS, les risques associés à son utilisation chez les chevaux ne sont pas entièrement compris. Les données sur l’innocuité chez les chevaux demeurent limitées, et d’autres recherches sont nécessaires avant de pouvoir tirer des conclusions générales sur son innocuité.
Les chevaux présentant des problèmes rénaux connus ou soupçonnés, une déshydratation, une maladie systémique ou d’autres complications de santé peuvent nécessiter une surveillance vétérinaire supplémentaire si de l’acétaminophène est utilisé pour gérer la douleur. [2]
Un vétérinaire peut tenir compte du diagnostic du cheval, de son état d’hydratation, de sa fonction rénale, des autres médicaments qu’il reçoit et de son état de santé général avant de déterminer si l’acétaminophène est approprié.
Surveillance
Si votre vétérinaire prescrit de l’acétaminophène à votre cheval, il peut recommander de surveiller son état de santé général et, dans certains cas, certaines valeurs de laboratoire pendant le traitement.
Les recommandations en matière de surveillance peuvent varier selon l’âge de votre cheval, ses antécédents médicaux, la durée du traitement et l’utilisation éventuelle d’autres médicaments. [1][3][7]
Les propriétaires doivent surveiller tout changement de l’état de santé général, notamment : [1]
- Appétit
- Production de crottin
- Miction
- Comportement ou attitude
- Niveau de confort
- Signes de troubles digestifs
- Bien-être général
Les vétérinaires peuvent également surveiller les résultats de l’examen physique, notamment la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, la température corporelle, la couleur des gencives et la fonction gastro-intestinale pendant le traitement. [1]
Des analyses sanguines peuvent parfois être recommandées pour évaluer l’état de santé général et surveiller le fonctionnement des organes, particulièrement lors d’un traitement prolongé ou en présence d’autres problèmes de santé. [1][3][7]
Comme l’acétaminophène est principalement métabolisé par le foie, les vétérinaires peuvent porter une attention particulière aux marqueurs de la fonction hépatique lors du suivi des chevaux recevant ce traitement. [3]
Contre-indications
Les contre-indications désignent les situations dans lesquelles un médicament doit être évité ou utilisé avec prudence. Les contre-indications à l’utilisation de l’acétaminophène chez les chevaux n’ont pas été établies.
Comme l’acétaminophène est en grande partie métabolisé par les voies hépatiques, la prudence est de mise chez les chevaux présentant un dysfonctionnement hépatique connu ou soupçonné. [4][5]
Effets secondaires
Les études équines disponibles indiquent que l’acétaminophène a généralement été bien toléré dans les conditions évaluées, mais les données sur son innocuité chez les chevaux demeurent limitées. [1][2][3]
Toxicité aiguë (surdose)
Les recherches sur la surdose et la toxicité de l’acétaminophène chez les chevaux sont limitées.
L’acétaminophène est principalement dégradé par le foie. Au cours de ce processus, de petites quantités peuvent être transformées en sous-produits pouvant être nocifs s’ils s’accumulent.
L’organisme neutralise normalement ces sous-produits, mais une toxicité peut survenir si une quantité excessive d’acétaminophène est administrée ou si le foie ne parvient pas à le métaboliser suffisamment rapidement. [4][5]
Les risques potentiels de toxicité comprennent : [4]
- Lésion hépatique : Dommages au foie causés par l’accumulation de métabolites réactifs lorsque les voies de détoxification sont dépassées
- Insuffisance hépatocellulaire : Dommages graves aux cellules du foie pouvant nuire à la capacité du foie à métaboliser les toxines, à réguler le métabolisme et à soutenir le fonctionnement normal de l’organisme
- Méthémoglobinémie : Trouble sanguin dans lequel l’hémoglobine des globules rouges ne peut pas transporter l’oxygène normalement, ce qui réduit l’apport d’oxygène aux tissus
- Hémolyse : Destruction des globules rouges pouvant réduire la capacité de transport de l’oxygène et contribuer à une faiblesse, à une anémie ou à d’autres effets systémiques
Une consultation vétérinaire est indiquée si une surdose est soupçonnée ou si un cheval présente des signes cliniques préoccupants après l’administration d’acétaminophène.
Interactions médicamenteuses
Les renseignements propres aux chevaux concernant les interactions médicamenteuses de l’acétaminophène demeurent limités. Certaines interactions ont été signalées ou proposées chez les humains et les animaux et pourraient également être pertinentes chez les patients vétérinaires. [6]
L’acétaminophène a suscité de l’intérêt en raison de son utilisation potentielle dans le cadre d’approches de gestion multimodale de la douleur, puisqu’il agit différemment des AINS conventionnels. [3][5] Toutefois, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux définir les risques d’interactions médicamenteuses cliniquement importantes chez les chevaux. [2]
Statut réglementaire et considérations juridiques
Il n’existe actuellement aucune formulation d’acétaminophène approuvée pour les chevaux. [6]
Les vétérinaires utilisent des formulations destinées aux humains de façon hors indication. Cela signifie que les sociétés pharmaceutiques ne peuvent pas garantir l’innocuité et l’efficacité du produit chez les chevaux et qu’il est peu probable qu’elles offrent une garantie sur le produit en cas de réactions indésirables.
L’utilisation hors indication est permise en vertu des règlements encadrant la prescription vétérinaire lorsqu’aucune solution de rechange approuvée pour les chevaux n’est disponible. Dans ces cas, les vétérinaires s’appuient sur les recherches publiées, leur expérience clinique et les protocoles de traitement établis pour déterminer la posologie et la surveillance appropriées.
Statut en compétition
L’utilisation de l’acétaminophène chez les chevaux de sport est réglementée par la plupart des organisations de compétition, y compris la Fédération Équestre Internationale (FEI). La FEI régit des disciplines internationales comme le dressage, le saut d’obstacles, le concours complet, l’endurance, l’attelage, la voltige et le sport paraéquestre. [11]
Selon les règles de la FEI, les substances sont classées soit comme substances interdites ou médicaments contrôlés.
L’acétaminophène est considéré comme un médicament contrôlé, à l’instar d’autres médicaments antidouleur pouvant modifier la condition physique normale d’un cheval ou affecter ses performances.
Son utilisation thérapeutique peut être permise hors compétition, mais l’acétaminophène est interdit pendant les compétitions, sauf s’il est correctement déclaré et autorisé conformément aux règles applicables. Aucun délai de détection officiel de la FEI n’est actuellement indiqué pour ce médicament. [11]
Travaillez avec votre vétérinaire pour déterminer combien de temps votre cheval doit attendre avant de reprendre la compétition après avoir reçu de l’acétaminophène. Vérifiez toujours les règles relatives aux médicaments de votre sport ou de votre organisme directeur avant de commencer tout nouveau traitement antidouleur.
Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées au sujet de l’acétaminophène chez les chevaux :
Les chevaux peuvent prendre de l’acétaminophène lorsqu’il est prescrit par un vétérinaire. L’acétaminophène n’est pas approuvé spécifiquement pour les chevaux; son utilisation est donc considérée comme étant hors indication. Une utilisation hors indication signifie que le médicament est utilisé chez une espèce, par une voie d’administration, à une dose ou pour une affection qui ne figure pas sur l’étiquette du produit. Comme un dosage inadéquat peut causer de graves effets nocifs, l’acétaminophène ne doit être administré que sous la supervision d’un vétérinaire. [1][2][6]
L’acétaminophène est principalement étudié chez les chevaux comme option pour la gestion de la douleur. Les recherches équines actuelles portent sur des affections musculosquelettiques douloureuses, notamment la fourbure, ainsi que sur son utilisation possible dans le cadre de stratégies multimodales de gestion de la douleur. La gestion multimodale de la douleur combine des médicaments ayant différents mécanismes d’action afin d’améliorer le confort tout en permettant au vétérinaire d’adapter le traitement à chaque cheval. L’acétaminophène a également été étudié comme méthode indirecte d’évaluation de la vidange gastrique. [2][3][4][5][10]
L’acétaminophène n’est pas classé comme un anti-inflammatoire non stéroïdien traditionnel, ou AINS. Il est considéré comme un médicament analgésique et antipyrétique, ce qui signifie qu’il est utilisé pour réduire la douleur et la fièvre. Bien que certaines utilisations de l’acétaminophène chevauchent celles des AINS, il semble agir davantage par l’intermédiaire des voies du système nerveux central et avoir des effets anti-inflammatoires plus faibles que les AINS conventionnels. Cette différence explique en partie pourquoi il a été étudié comme option de remplacement ou traitement complémentaire pour maîtriser la douleur chez les chevaux. [2][4][6]
L’acétaminophène agit chez les chevaux en influençant les voies de traitement de la douleur, bien que son mécanisme exact ne soit pas entièrement défini. Les données disponibles indiquent que ses effets analgésiques reposent principalement sur l’activité du système nerveux central plutôt que sur de puissants effets anti-inflammatoires dans les tissus périphériques. Il pourrait agir sur la signalisation liée aux prostaglandines, les voies liées à la sérotonine et d’autres systèmes intervenant dans la façon dont le système nerveux détecte et module la douleur. Son métabolisme pourrait également produire de l’AM404, un composé susceptible de contribuer au soulagement de la douleur. [3][4][5][6]
L’acétaminophène a été étudié pour traiter des affections musculosquelettiques douloureuses chez les chevaux, notamment la fourbure. La douleur associée à la fourbure peut être complexe et intense; les décisions thérapeutiques doivent donc être prises par un vétérinaire en fonction des signes cliniques, des antécédents médicaux et de la réponse du cheval au traitement. L’acétaminophène peut être envisagé dans le cadre d’un plan plus vaste de gestion de la douleur plutôt que comme une solution utilisée seule pour tous les chevaux. Tout cheval chez qui une fourbure est soupçonnée doit recevoir rapidement des soins vétérinaires. [2][4][5][10]
L’acétaminophène peut être envisagé avec des AINS chez certains chevaux dans le cadre d’une prise en charge multimodale de la douleur. Cette approche suscite de l’intérêt parce que l’acétaminophène agit différemment des AINS conventionnels et exerce des effets anti-inflammatoires périphériques plus faibles. Toutefois, l’association de médicaments n’est pas automatiquement sécuritaire ni appropriée pour tous les chevaux. Un vétérinaire doit déterminer si l’acétaminophène et un AINS peuvent être utilisés ensemble en fonction de l’état du cheval, des autres médicaments, du fonctionnement de ses organes et des objectifs du traitement. [2][3][5]
Les effets secondaires de l’acétaminophène chez les chevaux ne sont pas entièrement définis, car les données sur son innocuité chez cette espèce demeurent limitées. Les études disponibles indiquent que l’acétaminophène était généralement bien toléré dans les conditions évaluées, mais cela ne prouve pas qu’il est sécuritaire pour tous les chevaux ni dans toutes les situations de traitement. Les risques potentiels de toxicité comprennent les lésions hépatiques, l’insuffisance hépatocellulaire, la méthémoglobinémie et l’hémolyse, surtout si les voies normales de détoxification sont dépassées. Les chevaux recevant de l’acétaminophène doivent être surveillés conformément aux directives d’un vétérinaire. [1][2][3][4]
L’acétaminophène peut affecter le foie des chevaux parce qu’il est principalement métabolisé par les voies hépatiques. L’organisme neutralise normalement les métabolites potentiellement nocifs à l’aide de mécanismes de protection, notamment les voies liées au glutathion. Si la capacité de détoxification est dépassée, des métabolites réactifs peuvent contribuer à des lésions hépatiques ou hématologiques. Une prudence particulière est nécessaire chez les chevaux présentant un dysfonctionnement hépatique connu ou soupçonné, et les vétérinaires peuvent surveiller les valeurs de laboratoire liées au foie pendant le traitement. [3][4][5]
Les propriétaires doivent surveiller les changements dans l’appétit, la production de crottins, la miction, le comportement, le niveau de confort, les signes digestifs et le bien-être général d’un cheval prenant de l’acétaminophène. Les vétérinaires peuvent également évaluer les résultats de l’examen physique, notamment la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, la température corporelle, la couleur des gencives et la fonction gastro-intestinale. Des analyses sanguines peuvent être recommandées dans certains cas afin d’évaluer les mesures des cellules sanguines, la biochimie sérique, les marqueurs liés au foie et ceux liés aux reins. Les besoins en matière de surveillance varient selon l’âge du cheval, son état de santé, la durée du traitement et les autres médicaments utilisés. [1][3][7]
Il n’existe aucune dose approuvée d’acétaminophène pour les chevaux, car l’acétaminophène n’est pas un médicament homologué pour cette espèce. Aucune recommandation posologique établie pour les chevaux n’a été publiée pour un usage clinique général. Les vétérinaires qui prescrivent de l’acétaminophène se fondent sur les recherches disponibles, leur jugement clinique, les objectifs du traitement et les considérations propres au patient. Les propriétaires doivent suivre exactement les directives figurant sur l’étiquette de l’ordonnance et ne jamais modifier la dose sans l’avis d’un professionnel. [1][2][6]
L’acétaminophène ne doit être administré aux poulains que lorsqu’un vétérinaire juge ce traitement approprié. La pharmacocinétique de l’acétaminophène a été évaluée chez des poulains nouveau-nés et en croissance, mais les changements physiologiques liés à l’âge peuvent modifier la façon dont les médicaments sont métabolisés pendant le développement. Les recherches menées chez les poulains ont également souligné que l’innocuité hépatique doit faire l’objet d’évaluations supplémentaires. Une prudence accrue est de mise, car l’innocuité du médicament selon l’âge et les différentes affections cliniques n’a pas été entièrement établie. [1][7]
Dans les études menées chez les chevaux, l’acétaminophène a été administré par voie orale ou intraveineuse. Aucun produit contenant de l’acétaminophène n’est homologué pour les chevaux, alors les vétérinaires utilisent des préparations destinées aux humains hors homologation. Les produits oraux et intraveineux présentent des considérations différentes en matière de manipulation, d’entreposage et d’administration. La voie d’administration doit être choisie par un vétérinaire en fonction de l’état du cheval et du plan de traitement. [1][3][5][7]
Si votre cheval reçoit trop d’acétaminophène, communiquez immédiatement avec un vétérinaire. Les données sur le surdosage chez les chevaux sont limitées, mais une toxicité peut survenir si les voies métaboliques protectrices du foie sont débordées. Les complications possibles comprennent des lésions hépatiques, une insuffisance hépatocellulaire, une méthémoglobinémie et une hémolyse. Une consultation vétérinaire est également nécessaire si un cheval présente des signes cliniques préoccupants après l’administration d’acétaminophène. [4][5]
Les chevaux de compétition peuvent être assujettis à des règlements sur les médicaments s’ils reçoivent de l’acétaminophène. Selon les règlements de la Fédération Équestre Internationale décrits ici, l’acétaminophène est considéré comme un médicament contrôlé, puisqu’il peut modifier l’état physique normal du cheval. Son utilisation thérapeutique est permise hors compétition, mais interdite en compétition à moins d’être dûment déclarée, et aucun délai de détection officiel de la FEI n’est indiqué pour ce médicament. Les propriétaires doivent consulter leur vétérinaire et vérifier les règlements propres à leur discipline avant d’entreprendre le traitement. [11]
L’acétaminophène est utilisé hors homologation chez les chevaux parce qu’aucune préparation approuvée pour les chevaux n’est actuellement offerte. La prescription hors homologation est permise par la réglementation vétérinaire lorsqu’aucune solution de rechange approuvée pour les chevaux n’est disponible et que le vétérinaire juge le traitement approprié. Dans ces situations, les vétérinaires s’appuient sur les recherches publiées, leur expérience clinique et les protocoles de traitement établis pour déterminer la dose et la surveillance nécessaires. Le statut hors homologation signifie également que les fabricants ne garantissent ni l’innocuité ni l’efficacité du médicament chez les chevaux. [1][2][6]
Résumé
L’acétaminophène, aussi appelé paracétamol, est un médicament analgésique et antipyrétique qui peut être utilisé hors indication chez les chevaux sous supervision vétérinaire. Bien qu’il partage certaines utilisations avec les AINS, l’acétaminophène semble agir principalement par les voies du système nerveux central et possède une activité anti-inflammatoire limitée.
- L’acétaminophène n’est pas spécifiquement approuvé pour les chevaux; son utilisation doit donc être supervisée par un vétérinaire autorisé.
- Le médicament est principalement métabolisé par le foie, ce qui fait de la santé hépatique un facteur important à considérer pendant le traitement
- Les données disponibles sur son innocuité chez les chevaux sont limitées, particulièrement chez les poulains, les chevaux malades et les chevaux présentant des problèmes hépatiques, rénaux ou gastro-intestinaux
- Les vétérinaires peuvent recommander de surveiller l’appétit, la production de crottins, le comportement, le confort, les résultats de l’examen physique et les analyses sanguines pendant le traitement
- L’acétaminophène est réglementé chez les chevaux de compétition, et les propriétaires doivent consulter les règlements sportifs applicables avant de l’utiliser
Références
- Faivre. C. et al. Pharmacokinetics of Multiple Oral Doses of Acetaminophen in Equine Neonates. American Journal of Veterinary Research. 2023. View Summary
- Mercer. M. A. et al. Pharmacokinetics and Clinical Efficacy of Acetaminophen (Paracetamol) in Adult Horses with Mechanically Induced Lameness. Equine Veterinary Journal. 2023. View Summary
- Mercer. M. A. et al. Pharmacokinetics and Safety of Repeated Oral Dosing of Acetaminophen in Adult Horses. Equine Veterinary Journal. 2020. View Summary
- West. E. et al. Use of Acetaminophen (Paracetamol) as a Short-Term Adjunctive Analgesic in a Laminitic Pony. Veterinary Anaesthesia and Analgesia. 2011. View Summary
- Granados. M. M. et al. Population Pharmacokinetics and Clinical Evaluation of Intravenous Acetaminophen and Its Metabolites in Andalusian Horses. The Veterinary Journal. 2025. View Summary
- Budde. J. A. et al. Eds. Plumb’s Veterinary Drug Handbook. 10th edition. Educational Concepts, LLC, dba VetMedux, Tulsa, OK. 2023.
- Gold. J. R. et al. Pharmacokinetics of Single Dose Administration of Three Increasing Doses of Acetaminophen per Os in 1–3‐month‐old Foals. Equine Veterinary Journal. 2023. View Summary
- Cole. C. et al. Eds. Equine Pharmacology. Wiley Blackwell. 2015.
- Reed. S. M. et al. Equine Internal Medicine. 3rd ed. Saunders Elsevier. 2010.
- Foreman. J. H. et al. Acetaminophen/Paracetamol Efficacy in a Reversible Model of Equine Foot Pain [Abstract]. AAEP Proceedings. 2017.
- 2026 Equine Prohibited Substances List. FEI. 2025.










