Le travers et le renvers comptent parmi les mouvements latéraux les plus déroutants en dressage. À première vue, ils peuvent sembler presque identiques, puisque le cheval se déplace à la fois de côté et vers l’avant en restant incurvé, croise les membres et maintient un rythme rassemblé.
Ces deux exercices constituent essentiellement le même mouvement observé depuis des côtés opposés du mur du manège. Dans le travers, les hanches se déplacent vers l’intérieur tandis que l’avant-main reste sur la piste. Dans le renvers, l’arrière-main reste près de la piste tandis que l’avant-main se déplace vers l’intérieur.
Malgré leur ressemblance, la distinction demeure importante. Les deux exercices contribuent à développer le rassembler et la symétrie, mais un cavalier qui les confond peut compromettre l’équilibre et la rectitude au lieu de les améliorer. Lorsqu’ils sont exécutés correctement, le travers et le renvers apprennent au cheval à s’incurver dans tout son corps, à porter davantage de poids sur l’arrière-main et à répondre avec plus de précision à la jambe intérieure, à la rêne extérieure et à l’assiette du cavalier.
Poursuivez votre lecture pour découvrir ce qui distingue le travers du renvers, pourquoi ces deux exercices ont leur place dans l’entraînement de tout cheval de dressage et comment exécuter chacun d’eux correctement.
Que sont le travers et le renvers en dressage?
Le travers et le renvers font partie d’une famille de mouvements latéraux utilisés dans l’entraînement classique et compétitif en dressage.
Contrairement à la cession à la jambe, les deux mouvements sont considérés comme des exercices de rassembler. Dans chacun d’eux, le cheval s’incurve dans la direction du déplacement et évolue sur quatre pistes selon un angle d’environ 35 degrés par rapport au mur.
La principale distinction réside dans la partie du cheval qui reste sur la piste et celle qui se déplace vers l’intérieur.
Travers (tête au mur)
Le travers est également appelé tête au mur.
Dans le travers, l’avant-main du cheval reste sur la piste tandis que les hanches sont déplacées vers l’intérieur, loin du mur. Le cheval s’incurve uniformément autour de la jambe intérieure du cavalier et regarde dans la direction du déplacement. [1] Vu depuis l’une ou l’autre extrémité du manège, quatre pistes distinctes laissées par les sabots sont visibles. Les membres extérieurs croisent devant les membres intérieurs.
L’angle par rapport au grand côté doit demeurer constant pendant tout le mouvement, généralement autour de 35 degrés, les deux pistes intérieures étant plus rapprochées que les deux pistes extérieures. [4]
Le travers apparaît pour la première fois au deuxième niveau de l’USDF, où il doit être exécuté au trot rassemblé. Les cavaliers peuvent également travailler ce mouvement au pas et au galop, l’exécution au galop servant de base à la préparation de la pirouette. [1]
Renvers (croupe au mur)
Le renvers est également appelé hanches en dehors.
Dans le renvers, l’arrière-main reste sur la piste tandis que l’avant-main est déplacée vers l’intérieur. Le cheval demeure incurvé dans la direction du déplacement, évolue sur quatre pistes selon un angle d’environ 35 degrés et conserve le même schéma de croisement des membres que dans le travers. [4]
Ce qui donne au renvers une sensation différente, c’est l’orientation du cheval par rapport au mur. Sans le mur pour guider l’avant-main, le cavalier doit contrôler entièrement les épaules au moyen des rênes et de l’assiette. Cette exigence rend le renvers plus difficile à exécuter que le travers pour de nombreux cavaliers. Le renvers figure au troisième niveau de l’USDF. [2]
L’École espagnole d’équitation préfère le renvers au travers pour le travail de rassembler, considérant que le travers est plus susceptible d’encourager les chevaux à se déplacer de façon désalignée en laissant leurs hanches dériver vers le centre du manège. Le renvers évite cette tendance tout en offrant les mêmes bienfaits gymniques. [5]
Tableau 1. Travers et renvers en un coup d’œil
| Mouvement | Position sur la piste | Incurvation et pistes | Valeur pour l’entraînement | Principale difficulté |
|---|---|---|---|---|
| Travers |
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| Renvers |
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Développer le travail latéral avec le travers et le renvers
Les mouvements latéraux en dressage suivent une progression délibérée qui reflète l’ensemble de la pyramide d’entraînement en dressage. Chaque exercice s’appuie sur le précédent et augmente progressivement les exigences en matière d’incurvation, de rassembler et de réactivité aux aides du cavalier.

La hiérarchie du travail latéral
Pour entraîner efficacement le travail latéral, le cheval doit suivre une progression logique d’exercices latéraux de difficulté croissante.
La cession à la jambe est le premier exercice latéral. Le cheval se déplace latéralement et vers l’avant, avec seulement une légère déviation par rapport à la direction du déplacement et une incurvation minimale. Cet exercice lui enseigne le principe de base qui consiste à s’éloigner de la jambe sans exiger de rassembler. [1]
Une fois que la cession à la jambe est exécutée de façon constante et bien comprise, vient l’épaule en dedans. Le cheval s’incurve à l’opposé de la direction du déplacement et se déplace sur trois pistes.
Il s’agit du premier véritable exercice de rassembler, qui demande au postérieur intérieur de s’engager sous la masse du cheval et de porter davantage de poids. Les cavaliers découvrent généralement l’épaule en dedans pour la première fois au deuxième niveau.
Le travers et le renvers viennent ensuite. Pour la première fois, ces deux exercices exigent que le cheval se déplace dans le sens de l’incurvation, ce qui augmente considérablement les exigences en matière de rassembler. Puisque les deux postérieurs doivent demeurer actifs sous le corps du cheval pendant tout le mouvement, ces exercices demandent davantage d’engagement que l’épaule en dedans. [1]
L’appuyer découle directement du travers. Ce mouvement est essentiellement un travers exécuté en diagonale dans la carrière. La préparation à la pirouette repose sur le même principe, le cheval maintenant une position semblable à celle du travers tandis que l’avant-main tourne autour de l’arrière-main.
Les recherches sur la cinématique de la colonne vertébrale équine confirment que le travail sur des lignes courbes produit une flexion latérale mesurable dans la région thoracolombaire, et que cette flexion augmente lorsque le cheval suit un cercle. [6] Le travail latéral progressif développe et équilibre cette capacité de flexion au fil du temps, ce qui explique en partie pourquoi des exercices comme le travers et le renvers constituent des outils de gymnastique efficaces.
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Pourquoi le travers précède le renvers
Les entraîneurs enseignent d’abord le travers parce que la paroi de la carrière offre une aide passive.
Lorsque l’avant-main se trouve sur la piste, la paroi aide à empêcher les épaules du cheval de dériver vers l’extérieur. Le cavalier peut se concentrer sur le déplacement des hanches vers l’intérieur et le maintien de l’incurvation, sans devoir également contrôler une avant-main qui ne bénéficie d’aucun appui.
Le renvers élimine complètement cette aide. Le cavalier doit maintenir l’avant-main sur la piste intérieure grâce à une action active des rênes et de l’assiette, sans paroi pour retenir une épaule extérieure qui dérive. Pour le cheval comme pour le cavalier, les exigences de coordination sont nettement plus élevées. [2]
Le renvers révèle aussi rapidement si le cavalier a appris les aides nécessaires à l’exécution du mouvement ou s’il s’est fié au mur pour maintenir le cheval en position. Il constitue ainsi un exercice diagnostique.
La biomécanique du rassembler dans le travers et le renvers
Le travers et le renvers sont tous deux des exercices de rassembler. Leur objectif principal est de développer la capacité du cheval à porter davantage de poids sur l’arrière-main et à engager les membres postérieurs avec plus de flexion et de puissance.
Ce qu’exige le rassembler
Le rassembler déplace le poids du cheval vers l’arrière-main. Les articulations des membres postérieurs, particulièrement la hanche, le grasset et le jarret, doivent fléchir davantage et supporter une plus grande part de la charge.
Des recherches sur la classification biomécanique des allures chez des chevaux de dressage très entraînés montrent que ce transfert de poids est progressif et devient de plus en plus marqué dans les mouvements qui exigent un degré supérieur de rassembler. Au piaffer, les membres postérieurs agissent comme des ressorts, absorbant et générant de la force avec une compression beaucoup plus importante qu’au trot rassemblé. [8]
Pour les chevaux qui en sont aux premières étapes du travail de rassembler, cela signifie que les membres postérieurs doivent s’engager davantage sous le corps que lors d’un mouvement ordinaire vers l’avant. Le dos doit rester souple et mobile afin que l’énergie produite par l’arrière-main puisse se transmettre jusqu’à un contact stable à l’avant.
Comment le travers et le renvers développent le rassembler
Selon les lignes directrices de la Fédération américaine de dressage, le principal avantage du travers est l’engagement accru du membre postérieur intérieur, qui doit fléchir davantage et porter plus de poids pendant que le cheval exécute le mouvement. [1]
Le membre postérieur extérieur croise activement devant le membre intérieur, mais l’effet de rassembler provient du travail de soutien du membre postérieur intérieur.
Le renvers produit le même engagement tout en ajoutant une exigence supplémentaire. Le cavalier doit maintenir l’épaule sans l’aide du mur, ce qui exige une rêne extérieure plus active et une assiette équilibrée de façon indépendante.
Les cavaliers qui travaillent régulièrement le renvers ont tendance à développer une perception plus fine de l’épaule du cheval, et cette sensibilité se transfère directement au travail de l’appuyer.
Les chevaux présentent des asymétries naturelles et des préférences directionnelles. Des recherches menées auprès de chevaux et de cavaliers de dressage de haut niveau montrent que ces asymétries structurelles et fonctionnelles sont répandues et multifactorielles.
Une étude souligne que le manque d’uniformité de la terminologie entourant la latéralité a rendu ces différences difficiles à caractériser pleinement, ce qui montre pourquoi un entraînement individualisé et attentif est important. [10]
La pratique du travers et du renvers aux deux mains, en portant une attention particulière à la qualité du mouvement du côté le plus raide du cheval, aide à corriger l’asymétrie naturelle et à développer une force plus équilibrée au fil du temps.
Rectitude grâce au travail latéral
Utiliser des mouvements latéraux pour développer la rectitude peut sembler contradictoire, mais le travail latéral agit comme un outil d’assouplissement. En demandant au cheval de s’incurver uniformément dans les deux directions et d’engager activement chaque postérieur sous son corps, le cavalier réduit progressivement le manque de rectitude que la plupart des chevaux présentent naturellement.
Une étude mesurant la cinématique de la colonne vertébrale équine a révélé que la flexion latérale de la colonne thoracolombaire augmentait de façon mesurable lorsque les chevaux se déplaçaient sur des cercles plutôt qu’en ligne droite. La flexion n’était pas toujours symétrique entre les cercles à gauche et à droite, ce qui reflète les asymétries courantes chez les chevaux entraînés. [6]
Un travail régulier aux deux mains, comprenant des exercices comme le travers et le renvers, vise à développer une plus grande symétrie de cette flexion au fil du temps.
Le renvers convient particulièrement bien aux chevaux dont les mouvements manquent constamment de rectitude et dont les hanches dérivent vers le centre du manège. Les postérieurs étant soutenus par le mur et l’avant-main dirigée vers l’intérieur, le cavalier peut isoler et corriger cette dérive de façon contrôlée sans recourir à des aides fortes. [5]
Comment exécuter le travers
Le travers exige une préparation soigneuse. Se précipiter dans le mouvement sans avoir le bon angle, la bonne incurvation ou l’impulsion nécessaire tend à produire, au mieux, une cession à la jambe et, au pire, un cheval tendu et confus.
Quelques étapes de préparation bien réfléchies rendent le mouvement accessible à la plupart des chevaux qui maîtrisent l’épaule en dedans.
Préparation du travers
Commencer par un cercle de 10 mètres dans le coin ou sur le petit côté constitue l’approche la plus fiable. Le cercle crée naturellement l’incurvation et place le corps du cheval au bon angle. Lorsque le cheval termine le cercle et s’engage sur le grand côté, le cavalier maintient l’incurvation et utilise sa jambe extérieure pour guider les hanches vers l’intérieur. [1]
La jambe intérieure se place à la sangle et demande une impulsion vers l’avant et une incurvation. La jambe extérieure recule derrière la sangle, déplaçant les hanches vers l’intérieur. La rêne intérieure maintient la flexion dans la direction du déplacement. [1]
La rêne extérieure règle le degré d’incurvation de l’encolure et empêche l’épaule extérieure de dévier vers l’extérieur. Le buste du cavalier pivote légèrement vers l’intérieur, tandis que la hanche extérieure reste reculée pour reproduire la position de l’arrière-main du cheval. [1]
Commencez le travers au pas. Une fois que le cheval comprend le positionnement et répond aux aides avec décontraction et constance, passez au trot rassemblé. Le travers au galop rassemblé vient ensuite, à mesure que le rassembler s’accentue.
Erreurs courantes dans le travers
L’erreur la plus fréquente est une incurvation excessive de l’encolure accompagnée d’une incurvation insuffisante du corps.
Les cavaliers qui comptent sur la rêne intérieure pour donner une apparence d’incurvation obtiennent un cheval trop fléchi à la nuque et droit dans le tronc. La véritable incurvation dans le travers vient du cheval qui s’enroule autour de la jambe intérieure, et non de l’encolure qui se tord vers l’intérieur.
Un deuxième problème courant est l’arrière-main qui précède l’avant-main. Cela se produit généralement lorsque la jambe extérieure agit trop fortement par rapport à l’impulsion vers l’avant produite par la jambe intérieure. Le cheval doit donner l’impression d’avancer tout en croisant ses membres, et non de glisser latéralement.
La perte de rythme est un signe d’avertissement clair. Le mouvement doit être actif, en avant et régulier. Lorsque le tempo ralentit ou que les poser de pieds deviennent irréguliers, l’angle ou le degré d’incurvation dépasse ce que le cheval peut actuellement maintenir.
Réduisez l’angle, revenez à un exercice plus simple et rétablissez le rythme avant d’en demander davantage.
Tableau 2. Erreurs courantes dans le travers et façons de les corriger
| Erreur | À quoi elle ressemble | Cause probable | Correction |
|---|---|---|---|
| Flexion excessive de l’encolure |
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| Arrière-main en avance |
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| Perte de rythme |
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| Angle excessif |
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Comment exécuter le renvers
Le renvers utilise les mêmes aides que le travers. La confusion que ressentent la plupart des cavaliers est généralement liée au positionnement. Le cheval se place différemment par rapport au mur, et cette inversion exige de bien comprendre où chaque partie du cheval doit se trouver.
Mise en place du renvers
L’aborder à partir de l’épaule en dedans sur le grand côté est la méthode la plus efficace. Dans l’épaule en dedans, le cheval est déjà positionné avec les épaules à l’intérieur de la piste et incurvé autour de la jambe intérieure du cavalier.
Le cavalier change ensuite le pli. Au lieu de regarder dans la direction opposée au mouvement, le cheval est réorienté pour regarder dans la direction du déplacement. L’angle reste constant, les hanches demeurent sur la piste et l’avant-main reste à l’intérieur. [2]
Ce changement de pli est la partie la plus exigeante sur le plan technique de l’exercice. Le cavalier doit augmenter l’angle de trois pistes à quatre tout en réorientant simultanément l’incurvation, sans perdre le rythme ni l’impulsion vers l’avant.
Une épaule en dedans bien préparée rend cette transition plus facile à exécuter.
Les aides pour le renvers
La jambe intérieure à la sangle maintient l’incurvation, l’énergie et le mouvement vers l’avant. La jambe extérieure derrière la sangle empêche les hanches de quitter la piste.
La rêne intérieure positionne la tête et l’encolure dans la direction du déplacement. La rêne extérieure est particulièrement importante dans le renvers. Sans l’aide du mur, elle contrôle la direction de l’épaule extérieure. [2]
De nombreux cavaliers décrivent le renvers comme donnant une impression de déséquilibre au début. Cette sensation s’estompe à mesure que le cheval et le cavalier apprennent à remplacer le soutien passif du mur par une rêne extérieure active et stable.
Utiliser le renvers pour corriger le manque de rectitude
Pour les chevaux qui ont l’habitude de porter leurs hanches vers l’intérieur le long du grand côté, le renvers peut constituer une correction efficace. Le mur soutient l’arrière-main et l’empêche de glisser davantage vers l’intérieur, ce qui permet au cavalier de se concentrer sur le repositionnement de l’avant-main.
Dans cette position, le cavalier peut corriger la partie du cheval qui s’échappe, généralement l’épaule, sans avoir recours à des aides fortes. [5]
Les chevaux qui travaillent le renvers dans les deux directions démontrent un degré de maîtrise que le travers seul ne peut pas évaluer pleinement. L’exercice montre clairement où chaque rêne remplit son rôle et où elle ne le fait pas.
Erreurs courantes dans le renvers
De nombreuses erreurs dans le renvers viennent du fait que le cavalier tente de créer le mouvement avec les rênes au lieu d’organiser l’ensemble du corps du cheval. Comme l’avant-main est déplacée vers l’intérieur et que les hanches restent sur la piste, le cavalier doit contrôler les épaules sans utiliser le mur comme soutien.
Une erreur courante est un changement d’incurvation imprécis entre l’épaule en dedans et le renvers. Si le cavalier modifie uniquement la position de l’encolure, le cheval peut perdre l’incurvation du corps, le rythme ou l’alignement sur quatre pistes. Le changement doit venir de l’assiette, de la jambe intérieure et de la rêne extérieure, et non d’une traction sur la tête pour la mettre en position.
Un autre problème fréquent est le déplacement latéral des épaules. Dans le renvers, la rêne extérieure doit organiser l’avant-main et empêcher l’épaule extérieure de s’échapper. Lorsque ce contact fait défaut, le cheval peut dévier de la ligne prévue ou perdre la relation nette entre l’avant-main et l’arrière-main.
Comme dans le travers, un angle trop prononcé ou une incurvation excessive de l’encolure réduit la valeur rassemblante du mouvement. Le cheval doit rester actif, souple et en avant, avec le postérieur intérieur qui s’engage sous le corps plutôt que de s’échapper sur le côté. Si le rythme, l’équilibre ou la décontraction se perdent, réduisez l’angle ou revenez à l’épaule en dedans avant de demander de nouveau le mouvement.
Tableau 3. Erreurs courantes dans le renvers et façons de les corriger
| Erreur | À quoi elle ressemble | Cause probable | Correction |
|---|---|---|---|
| Déviation des épaules |
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| Changement de flexion imprécis |
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| Hanches qui quittent la piste |
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| Perte de rythme |
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| Utilisation excessive de la rêne intérieure |
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Applications à l’entraînement et compétition
Le travers et le renvers ne sont pas des mouvements réservés uniquement aux concours. Lorsqu’ils sont intégrés de façon réfléchie au travail quotidien, ils sont liés à presque tous les mouvements de niveau supérieur en dressage et deviennent deux des outils les plus utiles qu’un cavalier puisse employer à l’entraînement.
Intégrer le travers et le renvers au travail quotidien
L’un des exercices les plus productifs consiste à alterner l’épaule en dedans et le renvers sur le même grand côté, en passant de l’un à l’autre sans revenir à une position neutre.
Cet exercice demande au cheval de changer d’incurvation avec fluidité tout en maintenant l’angle, le rythme et l’énergie. Il met à l’épreuve l’élasticité du contact et l’indépendance des aides d’une manière que le travail isolé de chaque mouvement ne permet pas. [2]
Le travers et l’appuyer sont étroitement liés. Un travers exécuté sur le grand côté, puis poursuivi sur la diagonale, devient un appuyer. Lorsque le travers est bien établi, l’appuyer est plus facile à développer, puisque le positionnement et la coordination des aides sont déjà acquis.
De nombreux cavaliers constatent qu’en améliorant leur travers, ils corrigent des problèmes qu’ils croyaient propres au travail sur la diagonale.
Le travers au galop constitue une préparation fondamentale à la pirouette. Il développe la capacité de portance des membres postérieurs ainsi que l’équilibre comprimé et montant exigé par la pirouette. Les recherches sur les allures rassemblées montrent que le transfert de la charge vers les membres postérieurs augmente progressivement à mesure que le cheval progresse vers des degrés de rassembler plus élevés. [8]
Développer cette capacité au moyen du travers au galop donne au cheval une base physique plus solide avant l’introduction du travail de pirouette. Dans le cadre d’un programme de conditionnement plus vaste, ce travail peut contribuer à développer la force et la coordination nécessaires aux mouvements de dressage plus avancés.
Le travers et le renvers en compétition
Au deuxième niveau, le travers est exigé au trot rassemblé. Les juges évaluent l’angle, l’incurvation, le rythme, le croisement, la soumission et le rassembler tout au long du mouvement. [2]
Un travers bien exécuté obtient de bonnes notes pour l’engagement et l’harmonie. Les commentaires les plus fréquents des juges à ce niveau concernent un angle insuffisant, une perte de rassembler ou une dépendance excessive à la rêne intérieure.
Le renvers apparaît au Troisième niveau, le plus souvent dans un enchaînement avec une épaule en dedans sur le même grand côté. Le juge recherche un changement d’incurvation clair et correct, tout en maintenant l’angle, le rythme et la qualité du mouvement pendant la transition. [2]
Les cavaliers qui pratiquent régulièrement le renvers à l’entraînement trouvent souvent cette exigence de la reprise relativement simple. Ceux qui ont beaucoup travaillé l’épaule en dedans, mais négligé le renvers, peuvent avoir de la difficulté à changer l’incurvation sous la pression de la compétition.
Les directives techniques concernant ces mouvements indiquent qu’un angle excessif ou une flexion excessive de l’encolure compromet les bienfaits pour le rassembler, car le postérieur intérieur peut alors s’échapper latéralement au lieu de s’engager sous le corps et de porter. [5]
Développement des habiletés de dressage avec le travers et le renvers
Le travers et le renvers sont faciles à confondre, car ils exigent presque la même incurvation, le même angle et le même croisement des membres. La différence réside dans l’orientation du cheval par rapport au mur. Dans le travers, l’avant-main reste sur la piste tandis que les hanches se déplacent vers l’intérieur; dans le renvers, l’arrière-main reste sur la piste tandis que l’avant-main se déplace vers l’intérieur.
La véritable valeur de ces exercices va au-delà de l’apprentissage de l’emplacement des épaules et des hanches. Lorsqu’ils sont exécutés correctement, le travers et le renvers améliorent le rassembler en demandant aux postérieurs de s’engager activement sous le corps tandis que le cheval demeure souple, rythmé et connecté. Ils aident également le cavalier à sentir si le cheval s’incurve réellement dans tout son corps ou s’il se contente de tourner l’encolure.
Le travers constitue souvent un point de départ plus accessible, car le mur aide à soutenir les épaules. Le renvers augmente le niveau de difficulté en demandant au cavalier de contrôler l’avant-main sans ce soutien, ce qui le rend particulièrement utile pour améliorer la rêne extérieure, corriger les défauts de rectitude et préparer le cheval à des mouvements latéraux plus avancés.
Pratiqués avec attention aux deux mains, le travers et le renvers deviennent plus que des mouvements de reprise; ils deviennent des outils fiables pour développer la rectitude, la force, le rassembler et la coordination nécessaires à l’appuyer, aux pirouettes et à un entraînement de dressage plus avancé.
Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées sur le travers et le renvers en dressage :
La différence entre le travers et le renvers réside dans la partie du cheval qui reste sur la piste. Dans le travers, ou hanches en dedans, l’avant-main reste sur la piste tandis que les hanches se déplacent vers l’intérieur. Dans le renvers, ou hanches en dehors, l’arrière-main reste sur la piste tandis que l’avant-main se déplace vers l’intérieur. Les deux mouvements utilisent la même incurvation, le même angle et la même direction de déplacement, ce qui explique pourquoi ils peuvent sembler difficiles à distinguer et à exécuter au début.
La façon la plus simple de retenir la différence entre le travers et le renvers est de se concentrer sur la position du cheval par rapport au mur. Dans le travers, les épaules restent près du mur tandis que les hanches se déplacent vers l’intérieur. Dans le renvers, les hanches restent près du mur tandis que les épaules se déplacent vers l’intérieur. Le mouvement lui-même est très semblable, mais le mur soutient une partie différente du cheval.
Le travers et le renvers sont essentiellement le même mouvement de gymnastique observé depuis des positions opposées le long du mur du manège. Dans les deux exercices, le cheval est incurvé dans la direction du déplacement, évolue sur quatre pistes et se déplace selon un angle d’environ 35 degrés par rapport au grand côté. La principale différence est que l’avant-main ou l’arrière-main demeure sur la piste. Ce changement influence la façon dont le cavalier gère l’équilibre, particulièrement avec la rêne extérieure et l’assiette.
Le renvers est généralement plus difficile à monter que le travers parce que le mur ne contribue plus à contrôler l’avant-main. Dans le travers, le mur aide à empêcher les épaules de dévier vers l’extérieur, ce qui permet au cavalier de se concentrer davantage sur le positionnement des hanches. Dans le renvers, le cavalier doit maintenir l’épaule à l’aide de la rêne extérieure, de l’assiette et d’un contact équilibré. Le renvers constitue donc un bon moyen de vérifier si le cheval et le cavalier comprennent réellement les aides.
L’angle correct pour le travers et le renvers est d’environ 35 degrés par rapport au grand côté. Vu de l’avant ou de l’arrière, le cheval doit présenter quatre pistes distinctes formées par ses sabots. L’angle doit demeurer constant tout au long du mouvement, sans que les hanches ou les épaules prennent trop d’avance. Si le rythme, l’équilibre ou l’incurvation se détériorent, l’angle est probablement plus prononcé que ce que le cheval est actuellement capable de maintenir.
Le travers et le renvers doivent tous deux montrer quatre pistes sur le sol. Cela signifie que chaque sabot se déplace sur une ligne distincte lorsqu’on observe le cheval de face ou de derrière. Le tracé à quatre pistes distingue ces mouvements de l’épaule en dedans, qui s’exécute sur trois pistes. Des pistes nettes sont importantes, car elles indiquent si le cheval est correctement positionné dans l’ensemble de son corps plutôt que simplement incurvé dans l’encolure.
Le travers et le renvers sont considérés comme des exercices de rassembler parce qu’ils demandent au cheval de porter davantage de poids sur l’arrière-main tout en maintenant l’incurvation, le rythme et l’énergie vers l’avant. Le postérieur intérieur doit s’engager sous le corps et assumer une plus grande part du port du poids. Le postérieur extérieur croise activement, mais le principal effet de rassembler provient de l’engagement et de la flexion de l’arrière-main. Lorsqu’ils sont exécutés correctement, ces mouvements aident à développer la force, l’équilibre et la préparation à un travail plus avancé.
Le travers et le renvers aident à redresser un cheval en développant une incurvation, un engagement et un contrôle du corps plus égaux aux deux mains. La plupart des chevaux présentent des asymétries naturelles, et le travail latéral offre au cavalier une méthode structurée pour améliorer la souplesse et la force du côté le plus faible. Le renvers est particulièrement utile pour les chevaux qui ont tendance à porter les hanches vers l’intérieur, car le mur soutient l’arrière-main pendant que le cavalier repositionne l’avant-main. La pratique réfléchie des deux mouvements peut réduire le manque de rectitude avec le temps.
Pour exécuter le travers, commencez avec une incurvation bien équilibrée, souvent après un cercle de 10 mètres dans le coin ou sur le petit côté. Lorsque le cheval arrive sur le grand côté, gardez l’avant-main sur la piste et utilisez la jambe extérieure derrière la sangle pour guider les hanches vers l’intérieur. La jambe intérieure maintient l’incurvation et l’énergie vers l’avant, tandis que la rêne extérieure régule l’épaule et empêche une flexion excessive de l’encolure. Le cheval doit donner l’impression de se déplacer vers l’avant et de côté, plutôt que latéralement ou de travers.
Pour exécuter le renvers, commencez par une épaule en dedans correcte sur le grand côté, puis redirigez la flexion afin que le cheval regarde dans la direction du déplacement. Les hanches restent sur la piste tandis que l’avant-main demeure à l’intérieur. La jambe intérieure maintient l’incurvation et l’énergie, la jambe extérieure empêche l’arrière-main de dériver, et la rêne extérieure contrôle l’épaule. La transition doit préserver le rythme, l’angle et l’activité vers l’avant.
Pour effectuer une transition de l’épaule en dedans au renvers, gardez le cheval sur le grand côté et changez la flexion tout en maintenant l’angle et le rythme. Dans l’épaule en dedans, le cheval est incurvé dans la direction opposée à celle du déplacement; dans le renvers, il est incurvé dans la direction du déplacement. Les hanches doivent rester sur la piste tandis que les épaules demeurent vers l’intérieur. Cette transition est exigeante, car le cavalier doit changer l’incurvation sans perdre l’impulsion, l’équilibre ni la qualité du contact.
Les erreurs courantes dans le travers comprennent une flexion excessive de l’encolure, une incurvation insuffisante du corps, des hanches qui précèdent les épaules et une perte de rythme. Les cavaliers essaient souvent de créer la position avec la rêne intérieure, ce qui entraîne une flexion excessive de l’encolure sans produire une véritable incurvation du tronc. Si la jambe extérieure agit trop fortement, les hanches peuvent précéder les épaules au lieu de suivre la ligne de déplacement vers l’avant. Un travers correct doit demeurer actif, régulier et connecté de la jambe intérieure à la rêne extérieure.
Les erreurs courantes dans le renvers comprennent la perte de contrôle de l’épaule extérieure, un changement d’incurvation trop brusque et un affaiblissement du rythme. Comme le mur ne soutient pas l’avant-main, le cavalier doit être précis avec la rêne extérieure et son assiette. Si le cheval tombe vers l’intérieur, dévie ou se contracte dans l’encolure, l’exercice perd sa valeur gymnastique. Revenir à une épaule en dedans plus claire ou réduire l’angle peut aider à rétablir l’équilibre.
La différence entre le travers et l’appuyer réside dans la ligne de déplacement. Le travers est exécuté le long du grand côté du manège, parallèlement au mur. L’appuyer utilise la même incurvation générale et le même positionnement du corps, mais se déplace en diagonale dans le manège. C’est pourquoi un travail solide au travers facilite souvent le développement de l’appuyer.
Le travers et le renvers peuvent être exécutés au galop rassemblé lorsque le cheval possède suffisamment d’équilibre, de force et de compréhension. Le travers au galop est particulièrement utile pour préparer le travail des pirouettes, car il développe la capacité de soutien et un équilibre plus comprimé de l’arrière-main. Le renvers au galop est plus avancé, car il exige un contrôle encore plus précis des épaules et de la rectitude. Ces variantes ne devraient être introduites que lorsque le cheval est détendu et exécute le mouvement de façon constante aux allures plus faciles.
Le travers apparaît au deuxième niveau de l’USDF, où il doit être exécuté au trot rassemblé. Le renvers apparaît au troisième niveau de l’USDF, souvent en combinaison avec l’épaule en dedans sur le même grand côté. Les juges évaluent l’exactitude de l’angle, l’uniformité de l’incurvation, le rythme, le croisement des membres, le rassembler et la fluidité des transitions entre les mouvements latéraux connexes. Les exigences en compétition reflètent la progression de l’entraînement, qui passe de l’épaule en dedans au travers, au renvers, à l’appuyer et au travail rassemblé plus avancé.
Résumé
Le travers et le renvers sont des mouvements de dressage étroitement liés qui développent le rassembler, la rectitude et le contrôle du corps. Comprendre quelle partie du cheval reste sur la piste aide les cavaliers à utiliser correctement chaque exercice.
- Dans le travers, l’avant-main reste sur la piste tandis que les hanches se déplacent vers l’intérieur
- Dans le renvers, l’arrière-main reste sur la piste tandis que l’avant-main se déplace vers l’intérieur
- Dans les deux exercices, le cheval est incurvé dans le sens du déplacement et évolue sur quatre pistes
- Le travers est généralement enseigné en premier, car le mur du manège aide à soutenir les épaules
- Le renvers sollicite davantage la rêne extérieure, l’assiette et le contrôle des épaules du cavalier
- Une pratique correcte aux deux mains peut améliorer le rassembler, la symétrie et la préparation aux appuyers et aux pirouettes
Références
- Lateral Movements Definition. USDF Education Documents. 2024.
- Renvers Lesson Topic. USDF Education Documents. 2024.
- FEI Dressage Rules. FEI. 2024.
- Shoulder In, Renvers and Travers. British Dressage. 2024.
- EADJC Directive re Travers and Renvers Movements. EADJC. 2021.
- Byström. A. et al. Differences in Equine Spinal Kinematics Between Straight Line and Circle in Trot. Scientific Reports. 2021.
- MacKechnie-Guire. R. and Pfau. T. Differential Rotational Movement and Symmetry Values of the Thoracolumbosacral Region in High-Level Dressage Horses When Trotting. PLOS ONE. 2021.
- Clayton. H. and Hobbs. S. A Review of Biomechanical Gait Classification with Reference to Collected Trot, Passage and Piaffe in Dressage Horses. Animals. 2019.
- Coelho. C. et al. Training Effects on the Stress Predictors for Young Lusitano Horses Used in Dressage. Animals. 2022.
- Haussler. K. et al. The Challenge of Defining Laterality in Horses: Is It Laterality or Just Asymmetry? Animals. 2025.
À propos des contributeurs
Caroline Cochran BSc.
Caroline Cochran is a professional writer with an honors degree in Biological Science from Colorado State University and over a decade of experience working in the equine industry as a veterinary technician, international groom, dressage rider, and barn manager.
Dr. Emily Gilbert, PhD
Dr. Emily Gilbert (Toronto, ON) is a Regenerative Neurobiologist and passionate equestrian. Her research focuses on understanding the molecular underpinnings of spontaneous central nervous system regeneration with the goal of develop novel approaches to improve regeneration and repair following injury to the brain and spinal cord in mammals (including humans). Emily completed a Bachelors of Art and Science with a focus on Cognitive Neuropsychology and Neuroscience at the University of Guelph. She then completed her M.Sc. and Ph.D. at the Ontario Veterinary College, where her studies explored both the development and regeneration of the brain and spinal cord. Emily completed a post-doctoral fellowship in neural stem cell biology and translational neuroscience at the prestigious Donnelly Centre for Cellular and Biomolecular Research at the University of Toronto. In addition to her academic training, she is a passionate equestrian and previously competed in the sport of Three-Day-Eventing and remains active as a Dressage competitor. Emily also chairs the Canadian Eventing High-Performance program and actively supports our Canadian Eventing Teams at International Competitions. Emily works closely with Mad Barn’s Nutrition and Sales Teams, and leads our growing High Performance and Sport Science Initiatives.










