L’intoxication par Cannabis sativa est peu fréquente chez les chevaux, mais l’augmentation de la culture du cannabis et de la disponibilité des produits qui en contiennent a accru le risque d’exposition accidentelle chez les animaux domestiques.
Cannabis sativa est une plante herbacée annuelle de la famille des Cannabaceae qui possède une longue histoire d’utilisation industrielle, médicinale, religieuse et récréative. Également connue sous les noms de marijuana, chanvre, herbe, pot, haschisch, chanvre indien et cannabis, la plante est maintenant largement naturalisée dans de nombreuses régions, notamment aux États-Unis et au Canada.
Les chevaux peuvent entrer en contact avec du cannabis dans les pâturages, les aliments contaminés, les matières végétales jetées, la fumée, les préparations comestibles ou d’autres environnements humains. Les signes cliniques de toxicose au cannabis chez les chevaux touchent le plus souvent le système nerveux central et peuvent comprendre de la léthargie, une altération de l’état mental, de l’incoordination, un comportement anormal et parfois des signes gastro-intestinaux comme des coliques.
Le pronostic est généralement favorable avec des soins de soutien, mais les chevaux atteints peuvent présenter des risques pour la sécurité puisque les signes neurologiques peuvent être imprévisibles. L’exposition au cannabis peut également avoir des répercussions pour les chevaux de performance en raison du risque de résultats positifs aux tests antidopage. Découvrez comment une intoxication au cannabis peut survenir chez les chevaux, quels signes surveiller et comment les vétérinaires abordent généralement le diagnostic et les soins.
Intoxication au cannabis chez les chevaux
Cannabis sativa est une plante herbacée annuelle aromatique appartenant à la famille des Cannabaceae. On croit que l’espèce est originaire d’Asie centrale et elle est maintenant largement répandue et naturalisée dans une grande partie du monde, notamment en Amérique du Nord. [1][2]
L’espèce de cannabis est très adaptable et peut pousser dans diverses conditions environnementales et différents types de sols. En Amérique du Nord, le cannabis peut pousser comme culture, plante ornementale, mauvaise herbe en bordure de route, population sauvage échappée de culture ou plante cultivée à domicile pour un usage personnel. [1][2]
On trouve couramment des populations dans les sols perturbés, les terrains abandonnés, les bordures de route, les terres agricoles et les milieux non entretenus. Dans certaines régions des États-Unis et du Canada, le chanvre est devenu une espèce relativement courante en bordure de route. [1][2]
La terminologie entourant Cannabis sativa peut varier considérablement selon le contexte juridique, culturel et agricole. Le terme chanvre est généralement utilisé pour désigner les variétés à faible teneur en THC cultivées pour leurs fibres ou à des fins industrielles, tandis que le terme marijuana désigne couramment les préparations cultivées pour obtenir des concentrations plus élevées de cannabinoïdes psychoactifs.
Malgré ces distinctions, toutes les formes appartiennent au même complexe d’espèces et peuvent contenir des cannabinoïdes biologiquement actifs. [1]
Le cannabis est désigné par de nombreux noms, avec d’importantes variations régionales et culturelles. Les termes couramment utilisés en Amérique du Nord pour désigner le cannabis comprennent :
- Marijuana
- Herbe
- Chanvre
- Pot
- Marie-Jeanne
- Herbe
- Cocotte
- Ganja
Cannabinoïdes
Le cannabis contient plus de 60 cannabinoïdes identifiés, notamment : [1][3]
- Delta-9-tétrahydrocannabinol (THC)
- Cannabidiol (CBD)
- Cannabinol
- Cannabigérol
- Cannabicyclol
Le THC est considéré comme le principal composant psychoactif et toxicologiquement important associé à l’intoxication chez les chevaux et les autres animaux. [1][3]
La concentration de THC dans une plante varie considérablement selon la génétique, les conditions environnementales, les pratiques de culture, la partie de la plante, les méthodes d’entreposage, la transformation après la récolte et le temps écoulé entre la récolte et l’utilisation.
Cette variabilité rend difficile la prédiction de la toxicité uniquement en fonction de la quantité de matière végétale consommée. [1][3]
Tableau 1. L’intoxication au cannabis chez les chevaux en bref
| Catégorie | Renseignements clés |
|---|---|
| Définition |
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| Cause principale |
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| Causes courantes |
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| Apparition |
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| Symptômes |
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| Gravité |
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| Traitement |
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| Temps de rétablissement |
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| Pronostic |
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| Prévention |
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Identification
Cannabis sativa est une plante herbacée annuelle grossière et dressée, dotée d’une forte odeur aromatique et de tiges rugueuses et fibreuses. La hauteur des plants matures varie considérablement selon les conditions environnementales, les pratiques culturales et la génétique de la plante, mais ils peuvent devenir grands et bien visibles dans les milieux de culture ouverts.
L’espèce est dioïque, ce qui signifie que les fleurs mâles et femelles se développent sur des plants distincts. Les plants mâles produisent généralement des structures florales plus lâches et ramifiées, tandis que les plants femelles développent des grappes plus denses associées à des tissus reproducteurs riches en cannabinoïdes. [4][5][6]
Les feuilles de cannabis constituent la caractéristique d’identification la plus distinctive de la plante. Elles sont palmées (plates), composées et comptent généralement de cinq à sept folioles longues et étroites, bien que leur nombre puisse varier selon les cultivars.
Les folioles ont des marges fortement dentelées et des extrémités pointues, ce qui donne aux feuilles une apparence caractéristique en forme d’étoile. Les feuilles inférieures sont disposées de façon opposée sur la tige, tandis que les feuilles supérieures deviennent davantage alternes à mesure que la plante mûrit. [1][4]
Les tiges sont rugueuses, fibreuses et herbacées, ce qui a historiquement contribué à l’utilisation de la plante dans la fabrication de cordes et de textiles. La plante dégage une forte odeur caractéristique, particulièrement pendant la floraison et lorsque le feuillage est écrasé ou manipulé. [4][5]
Les fleurs sont relativement petites et vertes. Les fleurs mâles sont regroupées en inflorescences lâches ressemblant à des panicules, adaptées à la pollinisation par le vent, tandis que les fleurs femelles sont regroupées en épis plus denses ou en grappes sous-tendues par des bractées foliacées. Les fruits sont de petits achènes ovales enfermés dans des structures florales persistantes et contiennent la plus forte concentration de cannabinoïdes psychoactifs. [4][5]
Le cannabis est le plus souvent rencontré dans des milieux non entretenus, notamment le long des routes, dans des zones agricoles abandonnées, des champs non cultivés, des sites de culture illégale, des tas de compost et, à l’occasion, dans du foin ou des aliments contaminés.
Tableau 2. Caractéristiques facilement identifiables de Cannabis sativa
| Partie de la plante | Caractéristiques d’identification |
|---|---|
| Plante entière |
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| Feuilles |
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| Disposition des feuilles |
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| Tiges |
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| Fleurs mâles |
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| Fleurs femelles |
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| Fruits |
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| Milieux de croissance courants |
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Toxicologie du cannabis
Le cannabis contient de nombreux composés biologiquement actifs appelés cannabinoïdes, le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) étant considéré comme le composé le plus pertinent associé à l’intoxication chez les chevaux. [3][7]
Les autres cannabinoïdes présents dans la plante comprennent : [3][7]
- Cannabidiol (CBD)
- Cannabinol
- Acide cannabinolique
- Cannabigérol
- Isomères du tétrahydrocannabinol
Bien que l’intérêt pour les utilisations potentielles de ces composés soit croissant, le THC demeure le principal composé associé aux effets sur le système nerveux central.
Le mécanisme exact de toxicité n’a pas été entièrement caractérisé chez les chevaux. D’après les données provenant d’autres espèces, le THC interagit principalement avec les récepteurs cannabinoïdes, particulièrement les récepteurs CB1 situés dans l’ensemble du système nerveux central. L’activation de ces récepteurs modifie la neurotransmission et peut perturber la signalisation neurologique normale, entraînant des changements de l’état mental, de la coordination, du comportement et de l’état de conscience. [3][7]
Chez les chevaux, les effets cliniques seraient principalement attribuables à une dépression du système nerveux central, bien qu’une stimulation et des comportements d’excitation anormaux puissent également survenir dans certains cas. Une irritation gastro-intestinale suivant l’ingestion peut contribuer à l’apparition de signes d’inconfort abdominal ou de coliques. [3]
Les cannabinoïdes peuvent être absorbés à la suite de l’ingestion de matière végétale, de produits comestibles ou d’aliments contaminés, ou encore par l’inhalation de fumée. La plupart des expositions chez les chevaux surviennent par ingestion. Il existe peu de données sur la façon dont les cannabinoïdes circulent dans l’organisme des chevaux. D’après ce que l’on sait chez d’autres animaux, les cannabinoïdes se distribueraient largement dans les tissus adipeux et les organes, notamment le cerveau, le foie, les reins et les tissus adipeux. [3]
Les cannabinoïdes seraient principalement métabolisés par le foie, et certains sous-produits pourraient pénétrer dans le cerveau. L’organisme du cheval élimine probablement ces composés dans l’urine et le fumier, bien que les données sur le fonctionnement exact de ce processus chez les chevaux demeurent limitées.
Le délai d’apparition et la gravité des signes cliniques dépendent de plusieurs facteurs, notamment :
- La concentration de THC
- La génétique de la plante
- Le fait que la matière végétale soit fraîche ou séchée
- La voie d’exposition
- La quantité consommée
- Les méthodes de transformation
- La présence de produits comestibles ou de concentrés
Comme la puissance varie considérablement d’un produit ou d’une préparation de cannabis à l’autre, il peut être difficile de prévoir la gravité clinique uniquement à partir des antécédents d’exposition.
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Symptômes d’intoxication au cannabis chez les chevaux
Les signes cliniques associés à l’intoxication au cannabis chez les chevaux touchent principalement le système nerveux central, bien que des anomalies gastro-intestinales puissent également survenir. Les signes varient et dépendent de la puissance du produit, de la quantité consommée, de la voie d’exposition et de la sensibilité individuelle.
Les signes cliniques signalés comprennent : [1][3][8]
- Léthargie
- Ataxie et incoordination
- Comportement anormal ou imprévisible
- Dépression du système nerveux central
- Hyperexcitabilité ou agitation
- Coliques
- Diminution de la conscience de l’environnement
- Faiblesse
Le délai d’apparition des signes cliniques n’est pas bien établi chez les chevaux. Selon les données recueillies chez les humains et les petits animaux, les effets suivant l’ingestion apparaissent généralement entre environ 30 minutes et plusieurs heures après l’exposition, selon la forme du produit. [1][3][8]
Bien que l’intoxication au cannabis soit rarement mortelle chez les animaux, une léthargie grave ou un comportement neurologique dangereux peut nécessiter une intervention vétérinaire et une surveillance de soutien.
Tableau 3. Signes d’intoxication au cannabis chez les chevaux
| Signe clinique | À quoi il peut ressembler | Pourquoi il est important |
|---|---|---|
| Abattement |
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| Altération de l’état mental |
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| Léthargie |
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| Ataxie ou manque de coordination |
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| Comportement anormal |
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| Hyperexcitabilité ou agitation |
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| Diminution de la perception de l’environnement |
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| Faiblesse |
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| Coliques |
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Quand appeler le vétérinaire
Communiquez rapidement avec votre vétérinaire si vous soupçonnez une exposition au cannabis ou si un cheval présente des signes neurologiques ou gastro-intestinaux inexpliqués. L’intoxication au cannabis peut ressembler à plusieurs autres affections, et une évaluation vétérinaire permet de déterminer si une surveillance de soutien, des examens diagnostiques ou un traitement sont nécessaires.
Appelez un vétérinaire si votre cheval présente des signes de :
- Abattement, léthargie ou diminution de la réactivité
- Ataxie, trébuchements, faiblesse ou difficulté à rester debout
- Désorientation ou diminution de la conscience de son environnement
- Agitation, hyperexcitabilité ou comportement imprévisible présentant un risque pour la sécurité
- Coliques, notamment le fait de gratter le sol, de regarder ses flancs, l’agitation ou une diminution de l’appétit
Un vétérinaire peut évaluer l’état neurologique du cheval, son hydratation, sa fonction cardiovasculaire, son confort gastro-intestinal et ses antécédents d’exposition. Dans certains cas, des analyses toxicologiques spécialisées peuvent être utiles, particulièrement chez les chevaux soumis à des contrôles antidopage réglementaires ou en compétition.
Demandez des soins vétérinaires d’urgence si votre cheval est incapable de se tenir debout, est extrêmement agité, semble dangereux à manipuler, présente des signes de coliques persistants ou qui s’aggravent, ou pourrait avoir consommé un produit comestible ou un concentré à forte teneur.
Facteurs de risque d’exposition
Chez les chevaux, l’exposition survient le plus souvent par l’ingestion accidentelle de matière végétale de cannabis, d’aliments contaminés, de produits jetés ou par l’accès à des zones de culture. À mesure que la légalisation et l’offre commerciale de produits du cannabis augmentent dans certaines régions, les possibilités d’exposition accidentelle chez les chevaux peuvent également augmenter.
Les sources potentielles d’exposition comprennent :
- Matière végétale de marijuana jetée
- Foin ou aliments contaminés
- Sites de culture légaux ou illégaux
- Tas de compost
- Produits comestibles à base de cannabis ou produits transformés
- Inhalation de fumée dans des espaces clos
Les concentrations de THC varient considérablement entre les variétés de chanvre, les produits médicinaux, le cannabis récréatif et les préparations transformées, ce qui complique l’évaluation du risque. Les variétés cultivées modernes peuvent contenir des concentrations de THC nettement plus élevées que les plantes cultivées autrefois.
Une considération supplémentaire chez les chevaux concerne le contrôle antidopage. Les cannabinoïdes et leurs métabolites peuvent persister dans l’organisme pendant des périodes variables et pourraient être détectés chez les chevaux de performance après la disparition des signes cliniques. Cela a des conséquences importantes pour les courses, les concours et les autres disciplines équestres, puisque les cannabinoïdes figurent sur la liste des substances interdites et contrôlées dans la plupart des sports réglementés.
Les composés du cannabis peuvent également interagir avec d’autres médicaments, bien que les données précises sur les interactions médicamenteuses chez les chevaux soient mal définies.
Diagnostic
L’intoxication au cannabis est principalement diagnostiquée en déterminant si le cheval a pu être exposé au cannabis, s’il présente des signes neurologiques typiques et ce qui se trouve dans son environnement. Les vétérinaires doivent également exclure les autres causes possibles de comportement anormal ou de mauvaise coordination.
L’inspection de l’environnement du cheval, de son pâturage, de sa réserve de foin ou de la propriété environnante peut permettre de repérer des sources probables d’exposition. Les signes observés lors d’un examen physique peuvent varier selon la gravité de l’atteinte, mais comprennent souvent de l’abattement, un comportement inhabituel, une mauvaise coordination et des signes d’inconfort digestif. [3]
Les analyses de laboratoire peuvent détecter le THC ou les métabolites des cannabinoïdes au moyen de méthodes d’analyse toxicologique spécialisées, comme la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse (CL-SM). Comme les signes d’intoxication au cannabis peuvent également se manifester dans le cadre d’autres affections, les vétérinaires peuvent envisager plusieurs causes possibles, notamment : [3]
- Ingestion de plantes toxiques
- Encéphalopathie hépatique
- Myéloencéphalite protozoaire équine
- Exposition à des sédatifs ou à des médicaments
- Traumatisme crânien
- Maladie métabolique
- Troubles neurologiques
- Abattement associé aux coliques
Un diagnostic aide à orienter le traitement, et les soins de soutien sont prioritaires lorsqu’une exposition au cannabis est soupçonnée et que le cheval présente un comportement anormal, une mauvaise coordination ou des signes de détresse.
Traitement et gestion
Il n’existe aucun antidote spécifique à l’intoxication au cannabis chez les chevaux, et le traitement repose principalement sur des soins de soutien.
La première priorité du traitement consiste à éliminer la source d’exposition et à prévenir toute ingestion supplémentaire. Les aliments contaminés, les matières végétales, les produits comestibles ou les sites de culture accessibles doivent être sécurisés immédiatement.
Si un cheval a récemment ingéré une grande quantité de cannabis, un vétérinaire peut envisager un lavage gastrique ou l’administration de charbon activé afin de réduire l’absorption par le tube digestif. La plupart des chevaux touchés ont surtout besoin d’une surveillance étroite et de soins de soutien pendant que l’organisme dégrade et élimine les cannabinoïdes.
Le traitement de soutien peut comprendre : [3]
- Surveiller le comportement, l’état de vigilance et la coordination
- Maintenir une bonne hydratation
- Administrer une fluidothérapie intraveineuse
- Fournir un environnement calme et sécuritaire
- Prévenir les traumatismes auto-infligés ou les blessures
- Administrer une sédation en cas d’agitation dangereuse
La dépression, caractérisée par une léthargie grave et une réactivité diminuée, est le signe neurologique le plus fréquemment signalé et ne nécessite souvent aucun traitement intensif au-delà d’une surveillance étroite et du maintien du cheval dans un environnement calme et sécuritaire. Les chevaux qui deviennent dangereusement excités, agités ou difficiles à manipuler peuvent nécessiter une sédation afin d’assurer la sécurité du manipulateur et du patient.
Les liquides intraveineux peuvent être bénéfiques chez les chevaux présentant une déshydratation, une consommation d’eau réduite ou un décubitus prolongé. Comme les cannabinoïdes peuvent interagir avec les médicaments anesthésiques ou sédatifs, les interventions non urgentes nécessitant une anesthésie peuvent être reportées chez les chevaux présentant des anomalies neurologiques persistantes. [3]
Pronostic
Le pronostic des chevaux atteints de toxicose au cannabis est généralement favorable, et la plupart se rétablissent complètement avec des soins de soutien. Le temps de rétablissement dépend de la voie d’exposition, de la dose, de la puissance du produit et de la réponse individuelle. L’intoxication au cannabis est rarement mortelle chez les animaux. [8]
Prévention
La prévention de l’intoxication au cannabis chez les chevaux repose principalement sur la limitation de l’accès aux plants de cannabis, aux produits qui en contiennent, aux aliments contaminés et aux environnements où ont lieu la culture ou la transformation. Bien que l’exposition équine demeure peu fréquente, la disponibilité croissante et la légalisation des produits du cannabis dans de nombreuses régions ont augmenté le risque d’intoxication accidentelle chez les animaux domestiques, y compris les chevaux.
Les chevaux ne doivent pas avoir accès aux zones de culture du cannabis, aux installations de séchage, aux tas de compost, aux résidus de taille jetés ni aux zones d’entreposage des aliments où une contamination pourrait se produire. Les pâturages, les réserves de foin et les zones d’entreposage des aliments doivent être inspectés afin de détecter toute contamination par du matériel végétal, puisque le Cannabis sativa sauvage ou échappé de culture peut pousser dans de nombreux environnements.
La prévention est particulièrement importante chez les chevaux de performance, car les cannabinoïdes et leurs métabolites peuvent être détectés lors des contrôles antidopage en concours, même après le rétablissement du cheval. Même une exposition relativement légère ou passagère peut entraîner des conséquences réglementaires en compétition.
Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées sur l'intoxication au cannabis chez les chevaux :
Le cannabis peut être toxique pour les chevaux parce qu'il contient des cannabinoïdes biologiquement actifs, notamment le delta-9-tétrahydrocannabinol, ou THC. Le THC peut affecter le système nerveux central et provoquer un abattement, une altération de l'état mental, un manque de coordination, un comportement anormal, une sédation, de l'agitation et parfois des signes gastro-intestinaux comme des coliques. Une intoxication peut survenir après qu'un cheval a consommé du matériel végétal, des aliments contaminés, des produits comestibles, des huiles, des concentrés, des déchets compostés ou des résidus de taille de cannabis jetés. La gravité dépend de la puissance du produit, de la quantité consommée, de la voie d'exposition et de la réaction individuelle du cheval.
Si un cheval mange de la marijuana, il peut présenter des signes neurologiques comme un abattement, une léthargie, une ataxie, une faiblesse, une altération de l'état de conscience, un comportement anormal, une diminution de la réactivité, de l'agitation ou des tremblements. Certains chevaux semblent anormalement calmes ou sous sédation, tandis que d'autres deviennent désorientés, réactifs ou imprévisibles. Un léger inconfort gastro-intestinal ou des signes ressemblant à des coliques peuvent également survenir après l'ingestion. La plupart des chevaux atteints se rétablissent grâce à des soins vétérinaires de soutien, mais une intoxication grave peut nécessiter une surveillance étroite afin de protéger à la fois le cheval et les personnes qui le manipulent.
Le chanvre et la marijuana peuvent tous deux présenter des risques pour les chevaux parce qu'ils appartiennent au même complexe d'espèces Cannabis sativa et peuvent contenir des cannabinoïdes biologiquement actifs. Le terme chanvre désigne généralement des variétés à fibres ou industrielles à faible teneur en THC, tandis que le terme marijuana désigne habituellement des préparations à teneur plus élevée en THC, mais la teneur en cannabinoïdes peut varier considérablement. La concentration de THC dépend de la génétique, de la partie de la plante, des conditions de culture, de la transformation, de l'entreposage et du temps écoulé depuis la récolte. Les chevaux ne doivent pas avoir accès aux plantes ou aux produits de cannabis, qu'ils soient décrits comme du chanvre ou de la marijuana.
Les signes d'une intoxication au cannabis chez les chevaux comprennent le plus souvent des changements de l'état mental, de la coordination et du comportement. Les chevaux atteints peuvent présenter un abattement, une léthargie, un manque de coordination, une faiblesse, une diminution de la perception de leur environnement, un comportement anormal, une hyperexcitabilité, de l'agitation ou des coliques. Les signes cliniques varient selon la concentration de THC, la quantité consommée, la voie d'exposition, le type de produit et la sensibilité individuelle. Tout changement neurologique soudain doit être considéré comme une préoccupation vétérinaire, car ces signes ne sont pas propres à l'exposition au cannabis.
Les signes suivant une exposition au cannabis chez les chevaux peuvent apparaître dans un délai d'environ 30 minutes à plusieurs heures après l'ingestion, bien que le moment exact de leur apparition ne soit pas bien établi chez les chevaux. Le délai peut varier selon le type de produit, la voie d'exposition, la quantité consommée et la concentration en cannabinoïdes. Les produits comestibles, les huiles et les concentrés peuvent présenter des risques différents de ceux du matériel végétal frais ou séché, car la puissance et l'absorption peuvent varier. Un cheval dont l'exposition est soupçonnée doit être surveillé attentivement et évalué par un vétérinaire, même si les signes sont légers au début.
La durée des effets du cannabis chez les chevaux n’est pas bien définie, car les recherches contrôlées chez les équidés sont limitées. Le temps de récupération dépend probablement de la quantité consommée, de la concentration en THC, de la voie d’exposition, du type de produit et de la réaction individuelle du cheval. Les signes légers peuvent disparaître plus rapidement, tandis qu’une exposition à des produits comestibles très concentrés, à des concentrés, à des huiles ou à de grandes quantités de matière végétale pourrait entraîner une dépression neurologique plus prolongée. Les cannabinoïdes et leurs métabolites peuvent également demeurer dans l’organisme après l’amélioration des signes cliniques visibles.
Une intoxication au cannabis peut provoquer des signes semblables à ceux des coliques chez les chevaux lorsque l’ingestion irrite le tractus gastro-intestinal. Les chevaux touchés peuvent présenter un inconfort abdominal, de l’agitation, une diminution de l’appétit ou d’autres signes qui ressemblent à des coliques. Ces signes ne sont pas propres au cannabis et peuvent survenir avec de nombreux autres problèmes médicaux, de sorte que les antécédents d’exposition sont importants. Communiquez avec un vétérinaire si des coliques surviennent après un accès connu ou soupçonné à des plants de cannabis, à des produits, à des aliments contaminés ou à des matières jetées.
Une intoxication au cannabis chez les chevaux est rarement considérée comme mortelle, mais elle peut tout de même être importante sur le plan médical. Une dépression grave, un décubitus prolongé, une déshydratation, de l’agitation, un comportement neurologique dangereux ou une mauvaise coordination peuvent nécessiter un traitement vétérinaire et une surveillance attentive. Les principaux risques immédiats sont souvent les blessures, la sécurité des personnes qui manipulent le cheval et les complications liées à une altération de la conscience ou à une mobilité réduite. Le pronostic est généralement favorable lorsque toute exposition supplémentaire est empêchée et que des soins de soutien sont prodigués.
Si votre cheval a mangé du cannabis, éloignez-le de la source d’exposition et communiquez avec un vétérinaire pour obtenir des conseils. Mettez hors de portée toute matière végétale, tout aliment contaminé, tout produit comestible, toute huile, tout concentré, toute retaille, tout compost ou tout déchet jeté afin que le cheval ne puisse pas en consommer davantage. Gardez le cheval dans un endroit calme et sécuritaire et évitez de le manipuler inutilement s’il est désorienté, instable, sous sédation ou agité. Le fait de signaler rapidement une possible exposition au cannabis aide le vétérinaire à choisir une surveillance appropriée et à écarter d’autres causes graves de signes neurologiques.
Vous devriez appeler un vétérinaire en cas d’exposition soupçonnée au cannabis si un cheval présente une dépression, de la léthargie, un manque de coordination, de la faiblesse, un comportement anormal, de l’agitation, des coliques, une diminution de l’état de conscience ou tout changement neurologique soudain. Les conseils d’un vétérinaire sont particulièrement importants si le cheval peut avoir consommé des produits comestibles, des huiles, des concentrés ou une quantité inconnue de matière végétale. Demandez une aide urgente si le cheval est incapable de se tenir debout, est très agité, semble dangereux à manipuler, présente des coliques persistantes ou qui s’aggravent, ou peut avoir consommé un produit très concentré. Même des signes légers peuvent poser des risques pour la sécurité, car les chevaux touchés peuvent se comporter de façon imprévisible.
Une intoxication au cannabis chez les chevaux est diagnostiquée à l’aide des antécédents d’exposition, des signes cliniques, de l’évaluation de l’environnement et de l’exclusion d’autres causes d’altération de l’état mental ou d’ataxie. Un vétérinaire peut poser des questions sur l’accès à des plants de cannabis, à des produits jetés, à des aliments contaminés, à de la fumée, à des zones de culture, à des installations de séchage, à des tas de compost ou à des produits comestibles. Des analyses toxicologiques spécialisées peuvent détecter le THC ou les métabolites des cannabinoïdes lorsqu’une confirmation est nécessaire, particulièrement chez les chevaux de performance. Comme les signes peuvent ressembler à ceux d’une ingestion de plantes toxiques, d’une exposition à des sédatifs, d’un traumatisme crânien, d’une maladie métabolique, de troubles neurologiques ou d’une dépression associée aux coliques, une évaluation vétérinaire est importante.
L’intoxication au cannabis chez les chevaux est traitée par des soins de soutien, puisqu’il n’existe aucun antidote précis. La priorité consiste à éliminer la source d’exposition et à prévenir toute ingestion supplémentaire de matière végétale, d’aliments contaminés, de produits comestibles, d’huiles, de concentrés ou de déchets. Selon le cas, les soins vétérinaires peuvent comprendre une surveillance neurologique, un soutien à l’hydratation, l’administration de liquides intraveineux, le maintien du cheval dans un environnement calme et sécuritaire, un lavage gastrique ou l’administration de charbon activé après une ingestion importante récente, ainsi qu’une sédation en cas d’agitation dangereuse. La plupart des chevaux se rétablissent complètement avec une surveillance et des soins de soutien appropriés.
Les chevaux peuvent être exposés au cannabis par des aliments, du foin, de la litière, du compost ou des matières végétales jetées contaminés, ainsi que par l’accès à des zones de culture et de séchage. L’incorporation accidentelle de matière végétale au fourrage est possible, particulièrement dans les régions où la production de cannabis ou de chanvre est courante. Les salles d’entreposage des aliments, les aires d’entreposage du foin, les pâturages, les tas de compost et les bordures non entretenues doivent être inspectés afin de détecter toute matière végétale suspecte ou contamination. Il est important de sécuriser les sources d’aliments, puisque la concentration en substances actives varie considérablement entre les plants de cannabis et les produits transformés.
La fumée de cannabis peut exposer les chevaux aux cannabinoïdes, mais on estime que la plupart des cas d’exposition signalés chez les chevaux sont liés à l’ingestion plutôt qu’à l’inhalation. L’exposition à la fumée peut être préoccupante dans les espaces clos où la ventilation est insuffisante ou lorsque les chevaux se trouvent à proximité de lieux où du cannabis est consommé ou transformé. Toutefois, il ne faut pas présumer qu’un cheval présentant des signes neurologiques a simplement été exposé à la fumée sans obtenir une évaluation vétérinaire. L’abattement, l’ataxie, les comportements anormaux ou les signes semblables à ceux des coliques peuvent avoir de nombreuses causes et doivent être évalués rapidement.
Le cannabis peut affecter les chevaux de performance en altérant leur coordination, leur réactivité, leur état mental et leur fonctionnement neurologique normal. Ces effets peuvent réduire les performances athlétiques et poser des risques pour la sécurité des cavaliers, des personnes qui manipulent les chevaux et des autres chevaux. Les cannabinoïdes et leurs métabolites peuvent demeurer détectables dans le sang ou l’urine après la disparition des signes cliniques. Cela peut soulever des préoccupations réglementaires dans les courses, les concours et les autres événements équestres réglementés où l’exposition aux cannabinoïdes est interdite.
Il n’est pas sécuritaire de donner du cannabis ou des produits à base de CBD aux chevaux, à moins qu’ils soient expressément prescrits et administrés sous la supervision d’un vétérinaire et permis par la réglementation applicable. La concentration en cannabinoïdes des produits à base de cannabis varie considérablement, et certains peuvent contenir du THC ou d’autres composés ayant des effets neurologiques. Les interactions médicamenteuses et les préoccupations liées aux contrôles antidopage ne sont pas non plus entièrement établies chez les chevaux. Il ne faut pas présumer que le cannabis, le chanvre, le CBD ou les produits comestibles sont inoffensifs simplement parce qu’ils sont d’origine végétale.
Le cannabis peut pousser autour des propriétés équestres dans les sols perturbés, en bordure des routes, sur les terrains abandonnés, les terres agricoles, les champs non entretenus, les tas de compost et les zones situées près de sites de culture. Dans certaines régions des États-Unis et du Canada, le chanvre peut pousser en bordure des routes ou se retrouver à l’état sauvage après s’être échappé de cultures. Les chevaux peuvent également entrer en contact avec du cannabis par des matières végétales jetées, des résidus de taille, du foin contaminé ou des aliments entreposés près de zones de culture et de séchage. L’inspection régulière des bordures de pâturage, des clôtures, des aires d’entreposage des aliments et des espaces accidentés non entretenus peut réduire le risque d’exposition accidentelle.
Les propriétaires de chevaux peuvent reconnaître les plants de cannabis en recherchant une plante herbacée annuelle grossière et dressée, dégageant une forte odeur caractéristique et dotée de tiges rugueuses et fibreuses. Les feuilles constituent généralement la caractéristique la plus facilement reconnaissable : elles sont composées-palmées, souvent formées de cinq à sept folioles longues et étroites, avec des marges fortement dentelées et des extrémités pointues qui leur donnent une apparence étoilée. Les plants femelles développent des structures florales groupées plus denses, associées à des tissus reproducteurs riches en cannabinoïdes, tandis que les fleurs mâles sont plus lâches et davantage ramifiées. Toute matière végétale suspecte dans les aires de sortie, le foin, les aliments, le compost ou les espaces d’entreposage doit être retirée de l’accès des chevaux et identifiée avec soin.
Vous pouvez contribuer à prévenir l’intoxication au cannabis chez les chevaux en limitant l’accès aux plants de cannabis, aux produits comestibles, aux huiles, aux concentrés, aux suppléments, aux déchets jetés, aux aliments contaminés et aux zones de culture. Entreposez les produits du cannabis de façon sécuritaire et gardez les salles d’alimentation, les aires de sellerie, les écuries, les tas de compost, les pâturages et les installations de séchage exempts de matières végétales jetées ou échappées. Les chevaux ne doivent pas avoir accès aux produits de boulangerie, aux concentrés, aux résidus de taille ou aux déchets susceptibles de contenir des concentrations élevées de THC. L’inspection régulière du fourrage, des aires d’entreposage et des espaces de sortie est particulièrement importante dans les régions où la production de cannabis ou de chanvre est courante.
Résumé
L’intoxication au cannabis chez les chevaux est une réaction toxique qui peut survenir lorsqu’un cheval ingère des plantes de Cannabis sativa ou des produits contenant du cannabis, ou y est exposé.
- L’intoxication au cannabis chez les chevaux est peu fréquente, mais elle pourrait devenir plus probable à mesure que la culture du cannabis et la disponibilité des produits augmentent
- Les chevaux peuvent être exposés par l’intermédiaire de plantes de cannabis, d’aliments contaminés, de matières jetées, de produits comestibles, de concentrés, de fumée ou de zones de culture
- Le THC est le principal composé toxique et affecte surtout le système nerveux central
- Les signes peuvent comprendre de la léthargie, une altération de l’état mental, un manque de coordination, de la faiblesse, un comportement anormal, de l’agitation ou des coliques
- Le traitement est principalement un traitement de soutien et vise à éliminer la source d’exposition, à surveiller le cheval, à maintenir son hydratation et à lui fournir un environnement sécuritaire
Références
- Thal. D. Hemp Poisoning in Horses. HorseDVM. 2018.
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