L’ivraie ou ray-grass est un fourrage populaire à travers le monde. En effet, il s’agit d’une source nutritive de protéines et de calories pour les chevaux et autres animaux qui pâturent. Il existe deux types d’ivraie ou de ray-grass : vivace et annuel.
Bien que les deux espèces de ray-grass soient une bonne source de nutrition et ne soient pas toxiques en soi, elles sont toutes deux sujettes aux infestations bactériennes et fongiques. L’ingestion de ces agents pathogènes peut provoquer une intoxication chez les chevaux appelée le tournis ou la tétanie du ray-grass (« staggers » en anglais).
Les chevaux sont plus ou moins à risque pour certaines formes de tournis du ray-grass selon l’espèce d’ivraie trouvée dans la région. On rapporte la majorité des cas de tournis du ray-grass annuel en Australie, ainsi qu’un petit nombre en Afrique du Sud. En revanche, la forme associée à la plante vivace touche les chevaux dans tous les pays.
Puisqu’il n’existe aucun test diagnostique spécifique pour cette pathologie, les vétérinaires se fient à l’historique d’exposition, aux signes cliniques et à l’analyse du fourrage. Une fois le diagnostic confirmé, on peut seulement soulager les symptômes des chevaux touchés, car il n’existe actuellement aucun antidote.
Nous vous invitons à poursuivre votre lecture pour apprendre tout ce qu’il faut savoir sur le tournis du ray-grass et vous assurer que les pâturages de votre troupeau sont sûrs et en bonne santé toute l’année.
L’ivraie ou le ray-grass pour les chevaux
Le ray-grass ou l’ivraie, dont le nom scientifique est Lolium spp., est un genre de graminée qui pousse en touffes. Il englobe un certain nombre d’espèces différentes. Les deux espèces suivantes sont liées au tournis du ray-grass chez les chevaux : [1][2]
- le ray-grass vivace (Lolium perenne);
- le ray-grass annuel (Lolium rigidum).
Ces deux espèces d’ivraie poussent fréquemment dans les pâturages. Le ray-grass est un fourrage populaire pour de multiples raisons, notamment celles qui suivent : [3]
- Il a une teneur élevée en protéines, en fibres et en glucides.
- Il est très digestible et les chevaux apprécient son goût.
- Il est peu coûteux.
- Il aide à contrôler l’érosion des sols.
La répartition du ray-grass vivace
Le ray-grass vivace (Lolium perenne) est une graminée qui pousse sous les climats tempérés. Cette plante est native d’Europe, du Moyen-Orient et d’Asie centrale. De nos jours, on retrouve le ray-grass vivace sur tous les continents. On le cultive beaucoup pour le pâturage et le fourrage.
En plus d’être nutritif et apprécié des chevaux, L. perenne est une culture utile pour améliorer les pâturages et stabiliser les sols. Il s’agit du ray-grass que l’on retrouve le plus souvent dans les pâturages d’Afrique du Sud, du Royaume-Uni, de Nouvelle-Zélande et des deux Amériques. [4]
Le ray-grass est un fourrage populaire pour les animaux nourris au pâturage ou au foin. Pour ces raisons, il est impératif de limiter les risques d’apparition du tournis du ray-grass dans les exploitations où cette espèce est une composante importante du régime alimentaire des chevaux.
La répartition du ray-grass annuel
Le ray-grass annuel (Lolium rigidum) est une graminée qui pousse en touffes sous les climats tempérés. Il peut atteindre un mètre (trois pieds) de haut. Cette espèce est moins répandue que L. perenne. Elle pousse en petites grappes en Amérique du Sud, dans l’ouest de l’Amérique du Nord et dans le sud de l’Afrique. [5]
La plupart des populations de L. rigidum se trouvent en Océanie et dans le sud-ouest de l’Europe. Cette répartition est en corrélation avec la fréquence plus élevée de tournis du ray-grass lié à la variété annuelle que l’on rapporte en Australie comparativement au reste du monde. [5]
Le contenu nutritionnel du ray-grass
Le foin et les pâturages de ray-grass ont une teneur en éléments nutritifs comparable à celle des autres graminées de saison fraîche. Comme ces dernières, les pâturages et le foin de ray-grass fauché à mi-maturité sont une bonne source de calories, de protéines et de fibres pour les chevaux.
Bien que le tableau ci-dessous donne une bonne image d’ensemble de la teneur moyenne en éléments nutritifs des fourrages de ray-grass, il est important de noter que de nombreuses variables telles que la saison de croissance, les conditions météorologiques et l’heure de la coupe ont une incidence sur la teneur en éléments nutritifs de foins et de pâturages spécifiques.
La meilleure façon de connaître la teneur en éléments nutritifs d’un foin ou d’un pâturage donné est de procéder à une analyse de fourrage.
Tableau 1: le contenu nutritionnel (% de matière sèche) des pâturages et du foin de ray-grass [6]
| Nutriment | Pâturage | Foin |
|---|---|---|
| Protéine brute | 20,6 % | 11,1 % |
| Énergie digestible | 2,59 Mcal/kg | 2,01 Mcal/kg |
| Fibres au détergent neutre | 49,0 % | 58,5 % |
| Sucre | 9,7 % | 8,6 % |
| Amidon | 1,8 % | 1,8 % |
| Matières grasses | 4,0 % | 2,2 % |
Les caractéristiques physiques
Les variétés annuelle et vivace d’ivraie sont toutes deux des graminées qui poussent en touffes, mais leur apparence diffère légèrement.
Tableau 3: comparaison des phénotypes du ray-grass annuel et vivace
| Caractéristique | Rye-grass annuel | Rye-grass vivace |
|---|---|---|
| Hauteur | De 0,5 à 1,5 mètre (de 2 à 4 pieds) | De 0,5 à 1,5 mètre (de 2 à 4 pieds) |
| Limbes | Limbes minces, luisants et plats qui se rétrécissent aux extrémités, proéminentes |
Limbes glabres, plats et larges qui se rétrécissent aux extrémités, face inférieure luisante |
| Préfoliation des limbes | Enroulée | Pliée |
| Schéma de croissance | Plante annuelle (le cycle de vie dure une seule saison) | Plante vivace (repousse chaque année) |
| Tiges | Jaune vert à la base, entrenœuds creux | Dressées et groupées |
| Graines | Glumelle aristée, plus grosse | Glumelle mutique, plus petite |
| Arêtes (poils fins qui prolongent l’extrémité des graines) |
Présentes | Absentes |
La toxicité du ray-grass vivace
La toxine Lolitrem B est responsable de la toxicose par le ray-grass vivace. Le champignon Epichloë festucae, autrefois désigné Neotyphodium lolii, sécrète cette mycotoxine neurotoxique. Ce champignon est un endophyte. Il entretient une relation symbiotique avec les plantes qu’il utilise comme substrat de croissance. [7][8]
E. festucae peut infecter toutes les parties de la plante de ray-grass. [7][8] Ces micro-organismes jouent un rôle crucial dans la survie écologique de cette végétation en procurant des avantages aux graminées « infectées », notamment ceux qui suivent : [8]
- une tolérance accrue à la sécheresse;
- une tolérance accrue aux inondations;
- une protection contre les herbivores;
- une meilleure absorption des nutriment
E .festucae se propage à d’autres plantes par les graines de graminées infectées. Il ne se transmet pas d’une plante mature à une autre. [4]
Bien que E. festucae offre des avantages biologiques au ray-grass, sa production de Lolitrem B constitue une menace importante pour les animaux qui pâturent, y compris les chevaux. La toxine Lolitrem B agit sur le système nerveux central des manières suivantes : [10]
- Elle interfère avec les canaux potassiques activés par le calcium (les canaux BK).
- Elle bloque l’action des récepteurs de l’acide gamma-aminobutyrique (GABA). Les récepteurs GABA sont des neurotransmetteurs fondamentaux. Lorsque les effets toxiques de la toxine Lolitrem B les bloquent, le déclenchement des neurones dans tout le corps augmente, ce qui provoque une hausse des symptômes neurologiques.
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La toxicité du ray-grass annuel
Semblable à la tétanie du ray-grass vivace, la toxicose par le ray-grass annuel est liée à des toxines sécrétées par un autre organisme que la plante héberge. Toutefois, dans ce cas, l’agent pathogène est bactérien plutôt que fongique.
L’intoxication au ray-grass annuel provient de l’ingestion de corynétoxines bactériennes sécrétées par Rathayibacter toxicus, une bactérie que l’on trouve dans les têtes de graine de la plante. R. toxicus est une espèce à Gram positif qui a besoin d’un vecteur nématode pour infecter les plantes. [1][11] Les autres graminées que cette bactérie peut infecter comprennent l’agrostide fausse-avoine (Lachnagrostis filiformis), le polypogon de Montpellier annuel (Polypogon monspeliensis) et l’ehrharta à fleurs longues (Ehrharta longiflora).
La bactérie R. toxicus exploite principalement le nématode Anguina spp. Ce dernier récupère les bactéries présentes dans le sol et les transporte dans la plante de ray-grass en croissance. La présence de nématodes Anguina porteurs de la bactérie provoque la formation d’un gonflement anormal des tissus végétaux (les galles) autour de la tête de graine. Les galles finissent par prendre la place des têtes de graine. [1][11] Le nématode peut également se trouver dans les têtes de graine elles-mêmes.
Une fois dans la tête de graine, à condition d’être en présence de conditions environnementales favorables, la bactérie R. toxicus prolifère. À mesure que la population de bactéries croît, elle sécrète des corynétoxines. Ces substances toxiques déclenchent le tournis du ray-grass annuel. [1][11]
Une fois ingérées, les corynétoxines inhibent une enzyme appelée glutamate pyruvate transaminase (GPT). L’inhibition de cette enzyme perturbe un certain nombre d’activités cellulaires qui entraînent des lésions tissulaires et cumulent l’effet des corynétoxines.
Plus précisément, les chevaux qui broutent de petites quantités de ray-grass infecté sur une longue période courent le même risque de souffrir du tournis du ray-grass que ceux qui ingèrent une seule grosse dose de la toxine. [1][11]
Les symptômes
Les deux formes de toxicose engendrent des symptômes comparables chez les chevaux, notamment les suivants : [10][12]
- des tremblements et des contractions musculaires;
- des trébuchements;
- une démarche raide ou spastique;
- l’ataxie (le manque de coordination);
- l’opisthotonos (des spasmes de l’encolure);
- le nystagmus (des mouvements involontaires des yeux);
- la rigidité des extenseurs;
- le décubitus;
- l’effondrement;
- le stress thermique;
- la déshydratation.
Les symptômes de la tétanie du ray-grass annuel et vivace tendent à s’aggraver lorsque l’animal subit des stimuli externes comme les bruits forts, l’exercice et d’autres facteurs de stress. [10][12]
Bien que les deux pathologies présentent les mêmes symptômes, le moment de leur apparition diffère. Les signes cliniques de la tétanie du ray-grass annuel se manifestent de deux à six jours environ après l’ingestion de la toxine. Le tournis du ray-grass vivace se déclare habituellement dans les deux à trois jours qui suivent la consommation des graminées infestées. [1][2]
Le diagnostique
Le vétérinaire fonde son diagnostic de tournis du ray-grass annuel et vivace chez les chevaux sur les éléments suivants :
- les antécédents connus d’exposition;
- la présence de signes cliniques;
- l’analyse du fourrage.
À l’heure actuelle, il n’existe pas de test définitif pour diagnostiquer la tétanie du ray-grass. Cependant, en combinant l’évaluation vétérinaire et les antécédents du cheval, et en excluant d’autres possibilités, on parvient normalement à confirmer le diagnostic. [10]
Les analyses de fourrage sont les suivantes : [10]
- le test ELISA pour détecter la corynétoxine (ray-grass annuel);
- l’analyse au microscope du ray-grass pour détecter les champignons (ray-grass vivace) ou les galles (ray-grass annuel).
Le diagnostic différentiel
Plusieurs autres toxines et affections peuvent provoquer des symptômes qui ressemblent à ceux du tournis du ray-grass. Ces toxicoses incluent les suivantes : [10]
- le locoïsme (Astragalus spp.);
- la toxicose due à l’eupatoire rugueuse (Eupatorium rugosum);
- l’encéphalopathie;
- le tournis du paspalum;
- l’intoxication par la fétuque;
- l’ergotisme.
La nécropsie
Malheureusement, le taux de mortalité des chevaux atteints du tournis du ray-grass annuel est élevé. Ils meurent souvent avant que le vétérinaire puisse confirmer le diagnostic. Dans ce cas, on peut faire une nécropsie pour confirmer la cause du décès.
Les résultats de la nécropsie en cas de tétanie du ray-grass peuvent inclure ceux qui suivent : [1][2]
- l’hépatomégalie;
- l’œdème du poumon;
- la congestion pulmonaire;
- des hémorragies dans plusieurs tissus.
Le traitement
Les options de traitement sont limitées, car aucun antidote contre l’une ou l’autre forme d’intoxication au ray-grass n’est actuellement disponible. Le traitement est axé sur une réduction maximale des expositions ultérieures, les soins de soutien généraux et la diminution au maximum des facteurs de stress externes.
Les soins généraux prodigués aux chevaux qui souffrent de l’une des deux formes de tournis du ray-grass peuvent inclure les suivants : [1][2]
- une alimentation d’excellente qualité;
- beaucoup d’eau pour prévenir la déshydratation;
- le repos;
- une exposition limitée au soleil et à la chaleur;
- des anticonvulsivants.
Le pronostic
Le pronostic du tournis du ray-grass varie en fonction du type de toxine impliquée, de la grosseur relative de la dose de toxine ingérée et de l’état de santé du cheval au moment de l’exposition. De plus, la rapidité avec laquelle on élimine l’exposition et une intervention vétérinaire sans attendre sont des facteurs vitaux.
Le tournis du ray-grass vivace
Le pronostic en cas de tournis du ray-grass vivace varie de bon à réservé. Avec un traitement rapide et adapté, les chevaux moindrement atteints se rétablissent complètement en quelques jours une fois qu’on les a retirés du pâturage infecté. [1][2]
Les animaux qui développent des symptômes graves peuvent avoir besoin de plus de temps pour se remettre. Ceux qui présentent des convulsions et d’autres symptômes neurologiques sévères courent un plus grand risque de se blesser sérieusement, ce qui entraîne d’autres complications de santé. [1][2]
Le tournis du ray-grass annuel
Le pronostic est sombre. En effet, la plupart des chevaux atteints meurent dans les 24 heures qui suivent l’apparition des signes cliniques.
Ceux qui présentent les symptômes les plus graves ont de plus grandes chances de succomber. Les chevaux dont les symptômes sont plus légers peuvent éventuellement se rétablir s’ils bénéficient d’un traitement agressif. Ils peuvent néanmoins conserver des séquelles neurologiques à long terme ou permanentes. [1][2][10][12]
La prévention
En raison de l’absence d’antidote et des options de traitement limitées, la prévention est le meilleur moyen d’assurer le bien-être et la sécurité des chevaux.
Étant donné que les ray-grass annuels et vivaces sont une bonne source de nutrition, une gestion robuste des pâturages et l’identification précoce des infections offrent les meilleures conditions pour limiter le risque sans compromettre la qualité des herbages. [1][2][10][12]
La prévention du tournis du ray-grass vivace
Il existe un certain nombre de stratégies pour prévenir le tournis du ray-grass vivace, notamment celles qui suivent : [1][2]
- Minimiser le surpâturage: l’introduction d’autres cultures et le pâturage en rotation peuvent limiter la quantité de graminées infectées que mangent les chevaux et minimiser les concentrations de toxines dans le ray-grass.
- Ensemencer avec des graines exemptes d’endophytes: lors de l’ensemencement de nouveaux pâturages, l’achat de graines de ray-grass exemptes d’endophytes, c.-à-d. des graines entreposées pendant au moins 18 à 24 mois qui sont moins susceptibles de contenir des endophytes viables, est une stratégie fiable pour diminuer le risque de toxines dans les pâturages.
- Choisir du ray-grass qui contient de nouvelles souches d’endophytes: des souches spécifiques d’endophytes incapables de produire la toxine Lolitrem B infestent un certain nombre de graminées vivaces. On n’évalue que ces souches ne sont pas efficaces à 100 %, mais elles augmentent l’innocuité des pâturages où pousse du ray-grass.
La prévention du tournis du ray-grass annuel
On peut diminuer le risque de tournis du ray-grass annuel en reconnaissant de manière précoce les graminées annuelles infectées dans les pâturages ou le foin. L’identification des plantes infectées est simple. Elle ne nécessite pas de formation ou d’équipement spécial.
Les têtes de graines normales ont des graines arrondies presque aussi larges que les enveloppes. Les têtes de graines infectées ont des galles deux fois moins larges que les enveloppes et un sommet pointu. [1][2]
En résumé
On ensemence largement le ray-grass annuel et vivace dans les pâturages pour sa valeur nutritive. Cette plante peut toutefois poser un risque en cas de contamination fongique ou bactérienne. La consommation de graminées contaminées peut causer le tournis ou la tétanie du ray-grass chez les chevaux.
- Le ray-grass vivace (Lolium perenne) est présent dans le monde entier, tandis que le ray-grass annuel (Lolium rigidum) pousse principalement dans les pâturages australiens.
- Le tournis du ray-grass vivace provient de la toxine Lolitrem B que sécrète le champignon Epichloë, tandis que les bactéries Rathayibacter toxicus provoquent le tournis du ray-grass annuel.
- Les deux pathologies ont les mêmes symptômes, y compris une démarche raide ou spastique qui manque de coordination, le décubitus et des tremblements musculaires. La tétanie du ray-grass annuel enregistre un taux de mortalité plus élevé.
- Il n’existe aucun test spécifique pour diagnostiquer cette intoxication. Le diagnostic consiste à discuter des antécédents d’exposition potentielle du cheval, à observer les signes cliniques et à analyser le fourrage.
- Le traitement se concentre sur les soins de soutien.
- Le pronostic est sombre pour les chevaux chez qui on a diagnostiqué la tétanie du ray-grass annuel. Il est réservé en cas de tournis du ray-grass vivace.
- Les principales mesures de prévention comprennent la gestion des pâturages, l’utilisation de semences sans endophytes et l’identification précoce des pâturages infectés afin de minimiser les risques d’exposition.
Questions Fréquemment Posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur le syndrome du tournis du ray-grass chez les chevaux :
Le syndrome du tournis du ray-grass regroupe des syndromes d'intoxication neurologique pouvant affecter les chevaux après l'ingestion de ray-grass contaminé. Le syndrome du tournis du ray-grass vivace est associé au lolitrème B, une toxine fongique présente dans le ray-grass vivace infecté. Le syndrome du tournis du ray-grass annuel est causé par des corynétoxines bactériennes présentes dans les épis de ray-grass annuel infectés. Les deux formes peuvent provoquer des tremblements, des trébuchements, une mauvaise coordination, un effondrement et d'autres signes neurologiques graves.
Les toxines produites par des organismes vivant sur le ray-grass causent le syndrome du tournis du ray-grass. Le syndrome du tournis du ray-grass vivace est causé par le lolitrème B produit par un champignon endophyte pouvant infecter le ray-grass vivace. Le syndrome du tournis du ray-grass annuel est causé par des corynétoxines produites par la bactérie Rathayibacter toxicus, qui infecte les épis de ray-grass annuel avec l'aide de nématodes. Les chevaux sont affectés lorsqu'ils broutent un pâturage contaminé ou consomment du fourrage contaminé.
Les signes courants du syndrome du tournis du ray-grass comprennent des tremblements musculaires, des contractions involontaires, des trébuchements, de la raideur, une mauvaise coordination, des mouvements oculaires anormaux, des spasmes du cou, un effondrement, un stress thermique et une déshydratation. Les signes s'aggravent souvent après des bruits forts, l'exercice, la manipulation ou d'autres sources de stress. Tout cheval présentant soudainement des signes neurologiques après avoir brouté du ray-grass devrait être retiré du pâturage et évalué par un vétérinaire dès que possible.
Le syndrome du tournis du ray-grass peut se développer en quelques jours après qu'un cheval a consommé du ray-grass contaminé. Le syndrome du tournis du ray-grass vivace apparaît généralement dans les deux à trois jours suivant l'exposition. Le syndrome du tournis du ray-grass annuel apparaît souvent deux à six jours après l'ingestion. Une fois les signes apparus, l'état des chevaux affectés peut se détériorer rapidement, surtout s'ils continuent à brouter le pâturage contaminé ou s'ils subissent du stress.
Le ray-grass peut être sécuritaire et nutritif pour les chevaux lorsqu'il n'est pas contaminé par des champignons ou des bactéries produisant des toxines. Le ray-grass annuel et le ray-grass vivace sont tous deux appréciés pour leur teneur en protéines, en énergie, en fibres, leur digestibilité et leur appétence. Le risque augmente lorsque le ray-grass infecté constitue une part importante de l'alimentation, particulièrement pendant les périodes où des épis toxiques ou du matériel végétal contaminé sont présents.
Une infection du ray-grass annuel peut souvent être identifiée en examinant les épis pour repérer des galles à la place des graines normales. Les épis normaux contiennent des graines arrondies presque aussi larges que les enveloppes, tandis que les épis infectés contiennent des galles plus étroites et pointues. L'infection du ray-grass vivace est plus difficile à détecter visuellement; une analyse du fourrage ou du pâturage est donc généralement nécessaire pour confirmer la contamination fongique.
Le rétablissement dépend du type de toxine, de la dose, de la gravité des signes et de la rapidité avec laquelle l'exposition cesse. Les cas légers de syndrome du tournis du ray-grass vivace s'améliorent souvent en quelques jours après le retrait du cheval du pâturage infecté et la mise en place de soins de soutien. Le syndrome du tournis du ray-grass annuel présente un pronostic beaucoup plus réservé, et les cas graves peuvent entraîner la mort ou des problèmes neurologiques à long terme.
Les vétérinaires diagnostiquent le syndrome du tournis du ray-grass en se basant sur l'historique d'exposition, les signes cliniques et l'analyse du fourrage ou du pâturage. Aucun test diagnostique unique et définitif n'est actuellement disponible chez les chevaux affectés. Les analyses peuvent inclure un examen microscopique visant à détecter une infection fongique ou des galles dans les épis, ainsi que d'autres méthodes d'analyse du fourrage. Les vétérinaires excluent également d'autres causes de tremblements, de faiblesse, de mauvaise coordination et de maladies neurologiques.
Le traitement du syndrome du tournis du ray-grass vise à arrêter toute exposition supplémentaire et à soutenir le cheval pendant que les toxines sont éliminées ou que les signes cliniques sont pris en charge. Aucun antidote n'est actuellement disponible pour l'intoxication au ray-grass annuel ou vivace. Les soins peuvent comprendre le retrait du cheval du pâturage contaminé, l'accès à de l'eau et à du fourrage de bonne qualité, la réduction de l'exposition à la chaleur et au soleil, la limitation du stress, le repos et l'utilisation de médicaments comme des anticonvulsivants au besoin.
Le risque de syndrome du tournis du ray-grass peut être réduit grâce à une gestion rigoureuse des pâturages et à l'identification précoce du fourrage contaminé. Le pâturage en rotation, l'évitement du surpâturage, l'implantation de ray-grass sans endophytes ou avec des endophytes novateurs plus sécuritaires, ainsi que l'inspection des épis de ray-grass annuel pour détecter des galles peuvent tous contribuer à réduire le risque. Les chevaux devraient être retirés rapidement d'un pâturage suspect, surtout si des tremblements, des trébuchements, de la raideur ou d'autres signes neurologiques apparaissent.
Résumé
Le ray-grass annuel et le ray-grass vivace sont largement utilisés dans les pâturages pour leur valeur nutritive, mais peuvent présenter des risques en raison d’une contamination fongique ou bactérienne. La consommation d’herbes contaminées peut entraîner le staggers du ray-grass chez les chevaux.
- Le ray-grass vivace (Lolium perenne) se trouve partout dans le monde, tandis que le ray-grass annuel (Lolium rigidum) se trouve principalement dans les pâturages australiens.
- Le staggers du ray-grass vivace résulte de la toxine Lolitrem B produite par le champignon Epichloë, tandis que la bactérie Rathayibacter toxicus cause le staggers du ray-grass annuel.
- Les deux affections partagent des symptômes, notamment une démarche raide ou spastique non coordonnée, le décubitus et des tremblements musculaires; le staggers du ray-grass annuel présente un taux de mortalité plus élevé.
- Aucun test diagnostique spécifique n’est disponible. Le diagnostic consiste à discuter de l’historique potentiel d’exposition du cheval, des signes cliniques et d’une analyse des aliments.
- Le traitement est axé sur les soins de soutien.
- Les chevaux diagnostiqués avec le staggers du ray-grass annuel ont un mauvais pronostic, tandis que ceux atteints du staggers du ray-grass vivace ont un pronostic réservé.
- Les principales mesures de prévention comprennent la gestion des pâturages, l’utilisation de semences sans endophytes et l’identification précoce des pâturages infectés afin de réduire au minimum les risques d’exposition
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