Le tic déambulatoire, le fait de tourner en rond au box ainsi que le tic de l’ours sont des exemples de comportements stéréotypés locomoteurs chez les chevaux. On pense qu’ils sont causés par un manque de liberté d’exprimer les comportements naturels équins.
Au fil du temps, ces comportements peuvent avoir des conséquences physiques négatives telles que des problèmes de sabots, l’usure des articulations, la perte de poids, des ulcères et un développement musculaire inégal. [1]
Les comportements stéréotypés sont des schémas de mouvement répétitifs et habituels sans fonction ou bienfait évident pour l’animal. [1] Ces comportements sont souvent observés chez les chevaux confinés ou domestiqués qui n’ont pas accès au même mode de vie que leurs homologues sauvages.
Le tic déambulatoire, le fait de tourner en rond au box et le tic de l’ours sont courants et difficiles à arrêter complètement. Cependant, des changements dans la gestion et la routine peuvent réduire la compulsion du cheval à effectuer ces actions.
Augmenter le temps passé à l’extérieur, offrir un régime à base de fourrage, fournir un compagnon à votre cheval, combattre le stress et éviter les déclencheurs connus peuvent réduire la gravité et la fréquence des comportements.
Comportements stéréotypés chez les chevaux
Le tic de l’ours, le tic déambulatoire et le fait de tourner en rond sont des comportements répétitifs indésirables que les chevaux manifestent couramment lorsqu’ils sont confinés, frustrés, stressés ou qu’ils s’ennuient.
Les comportements stéréotypés sont rarement observés chez les chevaux sauvages, mais environ 10 à 40 % des chevaux gardés au box présentent une certaine forme de stéréotypie. [2]
D’autres exemples de comportements stéréotypés incluent: [3]
- Le tic à l’appui et le tic d’éructation
- La mastication du bois
- Les piaffements
- L’automutilation
- Les ruades au mur du box
- Un cheval qui lèche ou mâchouille de manière répétitive
- Des mouvements de tête répétitifs
- Des allers-retours le long de la clôture
Certains chevaux n’expriment que l’un de ces comportements tandis que d’autres expriment plusieurs stéréotypies à la fois.
Ces comportements peuvent être divisés en deux catégories: les stéréotypies locomotrices (c’est-à-dire le tic déambulatoire, le fait de tourner en rond ou le tic de l’ours) et les stéréotypies orales (c’est-à-dire le tic à l’appui ou la mastication du bois).
La plupart des comportements stéréotypés se développent en raison de conditions environnementales stressantes, telles que des périodes de confinement prolongées ou un manque de fourrage dans l’alimentation. [2] La personnalité, la génétique et le dysfonctionnement du système nerveux peuvent également jouer un rôle. [4][5]
Les chevaux ne choisissent pas consciemment d’effectuer des comportements stéréotypés. Ces comportements sont des réponses automatiques ou des mécanismes d’adaptation visant à aider le cheval à soulager ses sentiments de détresse. [6]
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Le tic déambulatoire, le fait de tourner en rond et le tic de l’ours
Le tic déambulatoire ou le fait de tourner en rond au box se produisent lorsque le cheval tourne en rond ou fait des allers-retours dans son box ou une autre petite zone confinée.
Parfois, le cheval peut faire un ou deux tours avant de se calmer pour manger. D’autres fois, le cheval peut tourner en rond frénétiquement pendant des périodes prolongées, ne s’arrêtant que pour prendre des bouchées de foin.
Le tic de l’ours est caractérisé par un cheval qui balance sa tête et son cou de gauche à droite en déplaçant son poids entre ses pieds avant. Le comportement est généralement effectué tout près d’une zone de sortie, comme la porte de son box ou une barrière à la sortie de son enclos.
Les versions moins sévères du tic de l’ours impliquent que le cheval bouge doucement sa tête et son cou de gauche à droite. Dans les cas plus graves, le cheval peut déplacer violemment son poids corporel complètement sur un pied puis sur l’autre.
Le tic de l’ours et le tic déambulatoire sont des habitudes ennuyeuses, contribuant potentiellement à des box sales ou à une usure excessive dans l’écurie. S’ils ne sont pas traités, ces comportements pourraient également avoir un impact sérieux sur le bien-être psychologique et physique du cheval.
Impact psychologique
Le tic déambulatoire et le tic de l’ours peuvent résulter d’un stress psychologique et de l’anticipation de l’heure du repas ou du moment de sortir dehors. [1]
Ces comportements d’auto-apaisement impulsifs peuvent se développer en raison d’environnements sous-optimaux, de l’alimentation, de conditions relatives aux soins, de l’ennui ou d’un manque d’activité. Le tic déambulatoire, le fait de tourner en rond et le tic de l’ours sont associés à un temps limité passé à l’extérieur, à de longues périodes de confinement et à l’isolement social.
Les chevaux qui expriment des stéréotypies locomotrices sont généralement plus stressés et ont un caractère nerveux. Cela peut être en partie attribué à des différences génétiques, à la neurologie ou aux traits de personnalité, mais d’autres facteurs sont attribuables au mode de vie et à la gestion.
Si votre cheval souffre du tic déambulatoire ou du tic de l’ours, c’est un signe que quelque chose dans sa routine quotidienne doit changer pour favoriser un niveau de stress plus faible.
Impact physique
Les épisodes de tic déambulatoire ou de tic de l’ours de courte durée sont assez courants et il est peu probable qu’ils aient des effets négatifs à long terme sur le bien-être de votre cheval.
Cependant, le caractère répétitif de ces mouvements pourrait augmenter la susceptibilité à certains problèmes physiques si votre cheval effectue ces comportements pendant de plus longues périodes.
L’AAEP note qu’à l’heure actuelle, la recherche sur les conséquences négatives du tic déambulatoire et du tic de l’ours est limitée, et il n’est pas clair si ces comportements entraînent des conséquences néfastes. [7]
Toutefois, il a été suggéré que le mouvement de va-et-vient répétitif impliqué dans du tic de l’ours pourrait causer une usure anormale des articulations et des sabots ainsi qu’un développement musculaire anormal au niveau des membres antérieurs. Le fait de tourner en rond dans le box peut également affecter les performances athlétiques. [6]
Problèmes de sabots, articulaires et musculaires
Les chevaux sont naturellement conçus pour avancer et reculer, plutôt que de se déplacer latéralement. Chez les chevaux présentant un tic de l’ours, les muscles impliqués dans le mouvement vers l’extérieur et vers l’intérieur des membres antérieurs (les abducteurs et les adducteurs) peuvent se développer de manière anormale, provoquant une raideur. [1]
Les chevaux souffrant du tic déambulatoire ont souvent tendance à tourner en rond dans une seule et même direction. Cela peut entraîner un développement musculaire déséquilibré, ainsi qu’une usure des sabots et des articulations d’un côté.
Imaginez une personne qui s’entraîne et fait de la musculation d’un seul côté du corps. Les muscles de ce côté se développent tandis que les autres demeurent sous-développés. [1]
Arthrite
Dans les cas extrêmes, le tic déambulatoire peut mener à de l’arthrite au cou et au dos, en raison de l’action de flexion presque constante de la colonne vertébrale lorsque les chevaux tournent en rond.
Une pression excessive sur ces articulations peut provoquer une inflammation et une détérioration du cartilage, entraînant une arthrite et une croissance osseuse anormale. [3]
Perte de poids
Les chevaux qui présentent un tic déambulatoire ou de l’ours sont plus susceptibles de perdre du poids, à la fois en raison de l’énergie supplémentaire dépensée pour exécuter le comportement et de l’interférence potentielle avec l’apport alimentaire. [1]
Les chevaux qui ressentent un niveau élevé de stress renonceront souvent à manger leur foin ou leur céréales pour effectuer des comportements stéréotypés. Cela peut entraîner une diminution de l’apport alimentaire et contribuer à un bilan énergétique négatif. [1]
Ulcères gastriques
Les chevaux qui manifestent des stéréotypies sont plus susceptibles d’avoir des ulcères gastriques. [8]
Dans certains cas, on pense que les ulcères gastriques contribuent aux comportements stéréotypés. [9] Dans d’autres cas, on pense que les stéréotypies contribuent à la formation des ulcères, ou que les deux découlent d’une cause commune.
Les chevaux ayant le tic déambulatoire ou de l’ours ont tendance à avoir des niveaux de stress plus élevés – un facteur de risque connu des ulcères. [10] Ces deux tics peuvent également influencer l’appétit et interférer avec le comportement de recherche de nourriture, conduisant potentiellement à des ulcères.
Causes du tic déambulatoire et du tic de l’ours
Le tic déambulatoire et le tic de l’ours en box sont des comportements similaires qui résultent de nombreuses causes communes, notamment le stress dû au confinement, la prédisposition génétique et les dysfonctionnements du système nerveux.
Isolement et confinement
De longues périodes de confinement solitaire dans un box peuvent contribuer au tic déambulatoire ou de l’ours, surtout si votre cheval est gardé dans un box où il ne lui est pas possible de voir ou toucher d’autres chevaux. [11]
Les chevaux sont des animaux grégaires qui ont évolué pour vivre dans de grands groupes sociaux stables avec un accès constant à des membres de leur propre espèce. La plupart des chevaux ressentent du stress lorsqu’ils sont séparés des autres chevaux, même pendant de brèves périodes.
Dans une étude, les marqueurs de stress étaient significativement plus élevés chez les chevaux isolés et confinés aux box par rapport aux chevaux sortis à l’extérieur dans des enclos. Cette étude a mesuré les niveaux de cortisol et le rapport neutrophiles/lymphocytes chez les chevaux, deux marqueurs de stress fiables. [12]
Manque de sorties à l’extérieur
Les stéréotypies locomotrices s’améliorent également lorsque le temps de sortie augmente, ce qui suggère qu’un manque de sortie à l’extérieur peut contribuer à leur développement. [5]
Le mode de vie naturel du cheval implique la recherche continue de nourriture tout en parcourant de vastes distances. On a observé que les chevaux sauvages marchent en moyenne 19 km par jour, faisant 10 000 pas quotidiennement. [5][10]
En comparaison, le cheval domestiqué parcourt en moyenne 7,2 km par jour. [8] Cette distance peut être beaucoup moindre pour les chevaux dont le temps de sortie à l’extérieur est limité.
Les chevaux au box ne connaissent pas le même mouvement naturel ainsi que l’approvisionnement alimentaire continu qu’ils expérimenteraient dans la nature, ce qui augmente le risque de stéréotypies. [7]
Il est peu probable que de courtes périodes de confinement déclenchent le tic de l’ours ou déambulatoire, mais un confinement à long terme pourrait contribuer à leur développement.
Une étude évaluant des chevaux passant 5 jours dans 4 conditions d’hébergement différentes a révélé que le cortisol fécal était plus élevé chez les chevaux logés seuls sans accès à d’autres chevaux. Ces chevaux étaient également considérés comme les plus difficiles à manipuler. [24] Bien que l’étude n’ait pas évalué les stéréotypies, une durée d’étude plus longue aurait pu montrer des différences.
Les 5 libertés du bien-être animal
Limiter les sorties et restreindre la liberté de mouvement va à l’encontre des 5 libertés du bien-être animal. [13]
Les 5 libertés ont été développées par le Farm Animal Welfare Council pour établir des principes de soins et de gestion qui devraient s’appliquer à tous les animaux captifs, qu’ils soient domestiqués ou sauvages. [14]
Toutes ces libertés doivent être respectées pour soutenir le bien-être physique et mental du cheval: [13]
- L’absence de faim et de soif en fournissant un accès à une alimentation et une eau adéquates
- L’absence de douleur, de blessures et de maladies par la prévention ou le diagnostic et le traitement rapides
- L’absence d’inconfort en fournissant un environnement approprié, y compris un abri et une aire de repos confortable
- La liberté d’exprimer des comportements normaux en fournissant suffisamment d’espace, des installations adéquates et la compagnie d’autres animaux de sa propre espèce
- L’absence de peur et détresse en fournissant un environnement sûr et un traitement pour éviter la souffrance psychologique
Le cheval éprouve du stress mental ou physique si ces libertés ne sont pas respectées, ce qui peut mener à l’apparition de comportements stéréotypés.
Les chevaux sont des animaux de proies qui peuvent être stressés dans des espaces confinés empêchant l’autonomie de mouvement ou inhibant le galop. En fait, les problèmes comportementaux sont plus probables lorsque les chevaux sont gardés dans des enclos de moins de 1,5 hectare ou 3,7 acres. Les enclos de forme carrée sont également préférables aux enclos rectangulaires. [25][26]
Sans la liberté de mouvement, les chevaux peuvent percevoir leur box ou leur petit enclos comme un environnement vulnérable. C’est peut-être pourquoi les chevaux expriment des comportements de tic de l’ours ou déambulatoire près des portes de sortie.
Prédisposition génétique
Des études menées sur des chevaux chiliens ainsi que des pur-sang offrent un aperçu de l’héritabilité du tic de l’ours et du tic déambulatoire.
Pur-sang
Une étude italienne de 1986 a indiqué pour la première fois une composante génétique dans les comportements stéréotypés tels que le tic de l’ours et le tic déambulatoire. [15]
Plus de mille purs-sangs de course actifs âgés entre 3 et 8 ans ont été observés pour mesurer l’incidence des stéréotypies au sein des lignées familiales.
La prévalence du tic déambulatoire et du tic de l’ours dans le groupe global a été mesurée à 2,5%. Cependant, en examinant les lignées familiales, la prévalence était beaucoup plus élevée chez les chevaux descendants de chevaux présentant ces comportements. [15]
Parmi les parents des chevaux souffrant du tic de l’ours, 26% des chevaux présentaient le même tic. Parmi les parents des chevaux montrant un tic déambulatoire, 13% des chevaux affichaient ce comportement. [15]
Les chercheurs ont conclu que la prédisposition génétique joue un rôle contributif dans le développement des tics déambulatoire et de l’ours. [15]
Chevaux chiliens
Une étude similaire sur l’héritabilité des stéréotypies locomotrices a examiné les données d’une enquête auprès de propriétaires de 2 098 chevaux chiliens. [16]
Les propriétaires de chevaux chiliens enregistrés au stud-book ont été invités à indiquer si leur cheval avait été gardés au box pendant au moins un an et si leur cheval présentait un tic déambulatoire ou un tic de l’ours.
On a ensuite retracés l’étalon géniteur et la jument poulinière des chevaux des propriétaires ayant répondu oui aux deux questions. Les chevaux issus de la lignée génétique d’un cheval ayant un de ces tics étaient plus susceptibles de développer le comportement, mais cela était fortement influencé par des facteurs environnementaux. [16]
Dysfonctionnement du système nerveux
Des traits neurologiques, tels que des niveaux de dopamine et de sérotonine plus faibles, peuvent également influencer le développement du tic déambulatoire ou du tic de l’ours. [17]
La dopamine et la sérotonine sont des neurotransmetteurs du bien-être dans le cerveau. Les chercheurs émettent l’hypothèse que les chevaux présentant des stéréotypies peuvent avoir de faibles niveaux de base de sérotonine et de dopamine.
L’expression des stéréotypies peut déclencher la libération de sérotonine et de dopamine, récompensant le cheval pour l’exécution de ces actions. [17]
Mettre un terme au tic déambulatoire et au tic de l’ours
Une fois qu’un cheval adopte l’un de ces comportements, il est très difficile de l’arrêter. Le cheval apprend que ces séquences de mouvements répétitifs aident à atténuer le stress et commence à exécuter le comportement chaque fois qu’il se sent anxieux ou frustré.
Il est beaucoup plus facile d’empêcher un cheval de développer une stéréotypie que d’essayer d’éliminer la compulsion à effectuer l’action une fois que le comportement est établi.
Cependant, il existe des moyens de traiter les déclencheurs du comportement en modifiant les soins et la routine.
Identifier les déclencheurs comportementaux
Les chevaux sont plus susceptibles d’exprimer des stéréotypies locomotrices lorsqu’ils anticipent l’heure du repas ou juste avant une sortie à l’extérieur lorsque l’activité dans l’écurie est plus importante.
Une façon de réduire l’exécution du tic déambulatoire et du tic de l’ours est de prêter attention à ces déclencheurs et de changer la routine de votre cheval pour lutter contre l’anxiété.
Fournir un accès constant au fourrage peut éliminer le tic de l’ours survenant en anticipation à l’heure des repas. Si vous donnez des céréales ou des concentrés, supprimez les signaux indiquant qu’un repas est en cours de préparation en nourrissant le cheval avant les autres chevaux dans l’écurie.
Si un cheval commence à exprimer l’un de ces tics alors que d’autres chevaux sont amenés dehors pour une sortie, envisagez de faire sortir ce cheval en premier à l’avenir. [3]
Augmenter les sorties à l’extérieur avec des compagnons
La meilleure façon de réduire le tic déambulatoire et le tic de l’ours est de laisser le cheval vivre à l’extérieur en tout temps, mais cela n’est pas toujours possible.
Dans de tels cas, essayez d’augmenter le temps passé à l’extérieur avec du fourrage (soit au pâturage, soit avec du foin à volonté). [3] De plus grands enclos sont préférables aux plus petits espaces de sortie.
Augmenter le temps passé à l’extérieur avec des congénères peut réduire le stress et permettre au cheval d’exprimer des comportements adaptés à son espèce. Sortir les chevaux dans des enclos adjacents à des compagnons peut également aider si les chevaux peuvent se toucher physiquement.
Fournir du fourrage à volonté
Fournissez du fourrage à volonté à votre cheval en tout temps pour permettre l’expression de comportements naturels de recherche de nourriture, pour lutter contre l’ennui ainsi que pour réduire le tic de l’ours à cause de l’anticipation de l’heure des repas. [3]
Le fait de donner plus de 6,8 kg (15 lb) de fourrage par jour est associé à un risque plus faible de stéréotypies, telles que le tic de l’ours et la mastication du bois. [3][18]
Envisagez d’utiliser un filet à foin, une mangeoire à alimentation lente ou des stations de recherche de nourriture situés à différents endroits dans l’environnement de votre cheval pour prolonger le temps passé à s’alimenter et pour fournir de l’enrichissement.
Une étude a rapporté le cas d’un cheval souffrant du tic de l’ours ayant été soumis à un régime alimentaire composé uniquement de fourrage et ayant reçu des galettes de foin dans des stations de recherche de nourriture à divers endroits dans son box. Ce placement de foin a permis d’imiter le mouvement de broutage naturel d’un cheval dans la nature et a amélioré le comportement stéréotypé. [19]
Un accès constant au fourrage a également un effet protecteur contre les ulcères gastriques et d’autres problèmes gastro-intestinaux courants. [9]
Héberger votre cheval avec des compagnons
Les chevaux sauvages vivent au sein de hiérarchies sociales bien formées pour les protéger des prédateurs. Un cheval seul est exposé au risque de prédation sans protection du reste du troupeau. [3]
Les chevaux sont plus heureux lorsqu’ils sont entourés de membres de leur propre espèce et peuvent s’adonner au toilettage mutuel et au jeu. Les comportements sociaux positifs sont également associés à des niveaux de stress plus faibles, tels que mesuré par les niveaux de cortisol. [20]
Fournir à un cheval au box un compagnon qu’il peut voir et toucher en tout temps à côté de lui peut réduire le tic déambulatoire et le tic de l’ours. [18]
D’autres animaux tels que les chèvres peuvent fournir de la compagnie si vous ne pouvez pas héberger votre cheval avec un compagnon équin. Le contact avec les humains peut également aider à réduire les niveaux de stress. [21]
Accrocher un miroir incassable dans le box
Accrocher un miroir dans le box de votre cheval peut imiter la présence visuelle d’un autre cheval et réduire les comportements de tic de l’ours chez les chevaux solitaires. [22][23]
Assurez-vous d’utiliser un miroir incassable pour assurer la sécurité de votre cheval. Il est recommandé de placer le miroir à l’avant du box ou à la hauteur de l’épaule à l’extérieur du box du cheval afin qu’il puisse voir sa propre tête mais ne puisse pas toucher le miroir.
Accrocher des affiches représentant le visage d’un cheval dans ou à proximité du box peut également réduire considérablement l’incidence du tic de l’ours en faisant croire au cheval au box qu’un autre cheval est présent avec lui. [22]
Une autre stratégie consiste à fournir à votre cheval au box une fenêtre par laquelle il peut voir, sentir et entendre d’autres chevaux.
Tous les chevaux ne réagissent pas de manière positive à ce type d’interventions. Certains chevaux sont plus sociables et réagissent mieux aux imitations de compagnons. [7]
Assurez-vous que votre cheval ne perçoit pas les stimuli visuels comme une menace. Retirer l’affiche ou le miroir, ou fermer la fenêtre pendant les heures de repas peut réduire l’agressivité alimentaire.
Modifier la conception de la porte du box
Une méthode pour prévenir le tic de l’ours consiste à installer une grille anti-tic de l’ours sur le dessus de la porte du box. Cette grille spéciale permet au cheval de sortir la tête au-dessus du haut de la porte de le box, augmentant la perception de liberté et les occasions d’interagir avec les animaux à l’extérieur de leur box.
Cependant, la forme en V de la grille empêche le cheval de se déplacer de gauche à droite sans se cogner contre le métal.
La conception de cette porte ne réduit ou n’élimine pas la cause sous-jacente du comportement et peut amener le cheval à présenter d’autres comportements stéréotypés tels que le tic à l’appui.
L’inhibition du mouvement du tic de l’ours interfère avec la réponse automatique d’adaptation du cheval et pourrait entraîner une détresse et une frustration accrues.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur le déplacement en rond dans le box, le fait de tourner en cercle et le tic à l’ours chez les chevaux :
Le fait de marcher ou de tourner en rond dans un box est souvent associé au stress, à la frustration, à l’ennui ou au confinement chez les chevaux. Ces comportements répétitifs sont fréquemment liés à un accès limité au pâturage, à l’isolement social ou à l’anticipation des horaires d’alimentation et de sortie. Avec le temps, le déplacement dans le box et le fait de tourner en rond peuvent devenir des comportements d’adaptation automatiques plutôt que des choix conscients. Plusieurs chevaux deviennent plus calmes lorsque leur routine quotidienne comprend davantage de mouvement, de fourrage et de contact avec des compagnons.
Le tic à l’ours chez les chevaux se manifeste par un mouvement répétitif de va-et-vient de la tête, du cou et des membres antérieurs alors que le cheval reste au même endroit. Plusieurs chevaux présentent ce comportement près des portes de box, des barrières ou d’autres ouvertures où l’activité extérieure est visible. Un tic à l’ours léger peut seulement inclure un léger balancement, tandis que les cas graves peuvent comprendre un transfert de poids prononcé entre les membres antérieurs. Le mouvement suit habituellement le même schéma répétitif chaque fois qu’il se produit.
Certains chevaux développent plus facilement des comportements stéréotypés parce que la génétique, le tempérament et les différences du système nerveux peuvent influencer leur réaction au stress et au confinement. Des recherches menées chez les Thoroughbreds et les chevaux chiliens ont révélé des taux plus élevés de tic à l’ours et de déplacement dans le box dans certaines lignées familiales. Les conditions environnementales jouent tout de même un rôle majeur, particulièrement lorsque les chevaux vivent de l’isolement, un accès restreint au pâturage ou des possibilités limitées d’exprimer des comportements naturels de pâturage et d’interaction sociale.
Le déplacement dans le box peut contribuer à des problèmes physiques lorsque les mouvements répétitifs se poursuivent pendant de longues périodes chaque jour. Les chevaux qui tournent continuellement dans une seule direction peuvent développer une croissance musculaire inégale, une usure anormale des sabots et une surcharge des articulations. Certains chevaux perdent également du poids parce que les mouvements constants augmentent la dépense énergétique et perturbent le comportement alimentaire. Le fait de tourner en rond de façon sévère et prolongée peut aussi exercer une pression supplémentaire sur le cou, le dos et les membres.
Le tic à l’ours peut affecter les articulations et les sabots parce que les chevaux déplacent leur poids de gauche à droite de façon répétitive dans un schéma de mouvement non naturel. Avec le temps, ce mouvement répétitif peut contribuer à une usure inégale des sabots, à de la raideur et à un développement musculaire anormal des membres antérieurs. Certains chevaux exercent également une pression excessive sur les articulations et les tissus de soutien pendant les épisodes sévères de tic à l’ours. Les effets physiques sont plus probables lorsque le comportement se produit fréquemment tout au long de la journée.
Les chevaux présentant des stéréotypies sont plus susceptibles d’avoir des ulcères gastriques, surtout lorsque le stress et les perturbations de l’alimentation sont en cause. Le déplacement dans le box et le tic à l’ours peuvent nuire à une consommation normale de fourrage tout en augmentant les niveaux d’anxiété, deux facteurs reconnus de risque d’ulcères. Les chercheurs croient que les ulcères et les comportements stéréotypés peuvent parfois s’influencer mutuellement, tandis que dans d’autres cas, les deux conditions découlent du même environnement de gestion stressant.
Un accès accru au pâturage réduit souvent le déplacement dans le box et le tic à l’ours parce que les chevaux bénéficient d’une plus grande liberté pour se déplacer, brouter et interagir socialement. Les chevaux ont évolué pour parcourir de longues distances chaque jour tout en broutant continuellement, ce qui est difficile à reproduire en confinement. De plus grands espaces de sortie avec des compagnons de troupeau peuvent réduire les niveaux de stress et diminuer les comportements répétitifs liés à la frustration. Plusieurs chevaux deviennent plus calmes lorsque le temps passé au pâturage augmente de façon constante.
Le foin à volonté peut réduire le tic à l’ours en permettant aux chevaux de passer plus de temps à manger et à exprimer leurs comportements naturels de pâturage. Un accès constant au fourrage peut diminuer l’ennui, réduire le stress autour des repas et diminuer les comportements d’anticipation avant l’alimentation. Les filets à foin, les mangeoires lentes et les multiples stations d’alimentation peuvent également augmenter l’enrichissement dans les boxes ou les paddocks. Les chevaux recevant plus de 15 livres ou 6,8 kilogrammes de fourrage par jour présentent des taux plus faibles de certaines stéréotypies.
Un autre cheval peut réduire le tic à l’ours dans le box parce que le contact social réduit le stress chez plusieurs animaux vivant en troupeau. Les chevaux deviennent souvent plus calmes lorsqu’ils peuvent voir, toucher et interagir avec des compagnons tout au long de la journée. Les sorties adjacentes, les clôtures partagées ou les boxes voisins peuvent améliorer la détente et réduire les schémas de mouvements répétitifs. Certains chevaux réagissent également positivement à des animaux compagnons comme les chèvres lorsqu’aucune compagnie équine n’est disponible.
Les miroirs peuvent réduire le tic à l’ours chez certains chevaux parce que les surfaces réfléchissantes imitent la présence visuelle d’un autre cheval à proximité. Des études ont révélé que les miroirs incassables et même des affiches montrant des visages de chevaux réduisaient le tic à l’ours chez certains chevaux vivant seuls. Ces outils semblent surtout utiles pour les chevaux motivés socialement qui deviennent anxieux lorsqu’ils sont isolés. Les résultats varient d’un individu à l’autre et certains chevaux ne réagissent pas positivement aux substituts visuels de compagnons.
Les petits paddocks peuvent augmenter les comportements stéréotypés lorsque les chevaux n’ont pas suffisamment d’espace pour des mouvements normaux et des activités de pâturage. Les chevaux sont naturellement des animaux actifs qui se déplacent et broutent tout au long de la journée, de sorte que les environnements restreints peuvent accroître la frustration et le stress. Les recherches suggèrent également que les problèmes comportementaux surviennent plus souvent dans les paddocks de moins de 3,7 acres ou 1,5 hectare. Les espaces plus grands favorisent généralement des schémas de mouvement plus naturels et davantage d’interactions sociales.
Les grilles anti-tic peuvent interrompre physiquement les mouvements de tic à l’ours, mais elles ne traitent pas la cause sous-jacente du comportement. Les chevaux peuvent continuer à ressentir le même stress, la même frustration ou le même confinement qui a déclenché la stéréotypie au départ. Certains chevaux développent également d’autres comportements répétitifs lorsque les mouvements de tic à l’ours sont bloqués. Des changements de gestion à long terme, incluant davantage de sortie et un meilleur accès au fourrage, sont généralement plus efficaces pour réduire les comportements liés au stress.
Résumé
Le tic déambulatoire, le fait de tourner en rond et le tic de l'ours sont des comportements répétitifs anormaux qui sont exprimés en réponse à des conditions environnementales sous-optimales. Ces comportements stéréotypés peuvent aider le cheval à faire face à des circonstances stressantes, telles que l'isolement social, les sorties extérieures limitées et le manque de liberté pour exprimer ses comportements équins naturels. Pour arrêter un cheval d'exhiber ces stéréotypies, il est crucial de découvrir pourquoi le cheval présente ce comportement. Profitez de cette opportunité pour revoir la gestion de votre cheval, sa routine, son environnement, son plan alimentaire et son programme d'exercice pour identifier des moyens de mieux soutenir son bien-être. De simples changements peuvent conduire à un cheval plus heureux et en meilleure santé. Si vous êtes préoccupé par la santé de votre cheval en raison de comportements stéréotypés, consultez votre vétérinaire. Vous pouvez également soumettre les informations de votre cheval en ligne pour une évaluation gratuite de son régime alimentaire par nos nutritionnistes équins qualifiés.
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