Les chevaux sont des animaux intelligents et perceptifs. Avec un entraînement adéquat, il est possible de leur apprendre toutes sortes de choses incroyables. Qu’il s’agisse de tours amusants ou de mouvements complexes de dressage, les possibilités sont presque infinies.
Le cerveau du cheval est très différent du nôtre, ce qui peut parfois rendre l’entraînement difficile. Pour enseigner efficacement une nouvelle compétence à notre cheval, nous devons comprendre comment celui-ci apprend.
Il existe de nombreuses méthodes d’entraînement, mais plusieurs d’entre elles vont à l’encontre des principes de la théorie de l’apprentissage équin, qui décrivent comment fonctionne le cerveau du cheval pendant l’apprentissage. Étant donné les nombreuses controverses entourant certaines méthodes, il peut être difficile de savoir par où commencer.
Dans l’article qui suit, nous explorons le cadre mental de l’apprentissage chez les chevaux, ainsi que la façon dont vous pouvez appliquer ces connaissances à vos propres pratiques d’entraînement. En comprenant comment le cheval assimile de nouvelles informations et prend ses décisions, vous pouvez créer un environnement harmonieux qui rend l’apprentissage agréable autant pour vous que pour votre compagnon équin.
Qu’est-ce que la théorie de l’apprentissage chez le cheval?
Nos chevaux apprennent constamment à travers chaque interaction qu’ils ont avec nous, même lorsqu’on ne cherche pas activement à les entraîner.
La théorie de l’apprentissage est un cadre qui décrit comment les chevaux absorbent, traitent et retiennent l’information lorsqu’ils apprennent. Ces processus peuvent être influencés par des facteurs cognitifs, émotionnels et environnementaux, ainsi que par les expériences antérieures du cheval en matière d’apprentissage et d’entraînement.
Les principes fondamentaux de la théorie de l’apprentissage s’appliquent à tous les êtres vivants, petits ou grands; même des organismes unicellulaires ont démontré des capacités d’apprentissage de base. [1]
Motivation, stress et détresse dans l’apprentissage
La motivation a un impact significatif sur la rapidité et l’efficacité avec lesquelles un cheval apprend. Par exemple, un cheval affamé sera plus motivé à apprendre une tâche si la récompense est de la nourriture comparativement à un cheval qui vient tout juste de manger.
Lorsque le niveau de motivation est trop élevé, le cheval peut devenir stressé ou frustré s’il n’arrive pas à trouver la réponse rapidement, ce qui peut nuire à son apprentissage. En revanche, un cheval qui n’a aucune motivation apprendra mal, puisqu’il n’aura aucun intérêt à s’investir dans la tâche proposée. [2]
Un cheval très motivé mais frustré peut montrer des signes tels que gratter le sol, se crisper ou proposer divers comportements dans l’espoir de trouver la bonne réponse, tandis qu’un cheval peu motivé semblera peu impliqué ou réagira lentement.
L’apprentissage optimal survient souvent lorsque le niveau de motivation est équilibré; il est suffisant pour que le cheval s’implique, mais pas au point de générer de la détresse. Dans certains cas, cet état peut inclure un eustress, ou « stress positif », qui favorise la concentration et la résolution de problèmes sans que le cheval se sente dépassé. Un léger stress positif peut inciter le cheval à essayer d’offrir des nouveaux comportements et à chercher des réponses aux requêtes de son entraîneur, ce qui renforce l’apprentissage.
Toutefois, les entraîneurs doivent éviter de dépasser le seuil de stress de leur cheval, au-delà duquel celui-ci entre dans un état de détresse (stress négatif). La détresse engendre de la peur et de l’anxiété, et nuit aux capacités d’apprentissage.
Lorsque vous évaluez le niveau de stress de votre cheval, rappelez-vous que ce ne sont pas tous les chevaux qui expriment leur stress de manière visible. Un cheval qui semble calme peut tout de même être en difficulté. Des recherches montrent que des chevaux paraissant calmes et obéissants présentaient un niveau de stress interne comparable à ceux de chevaux s’étant montrés réactifs et craintifs lors de tâches effrayantes. [3]
Les entraîneurs devraient tenir compte de la personnalité et des besoins individuels de leur cheval lors de l’élaboration d’un programme d’entraînement, et prévoir d’apporter des ajustements au besoin.
Capacités d’apprentissage chez le cheval
Les capacités d’apprentissage des chevaux peuvent être divisées en huit « niveaux », classés du plus simple au plus complexe : [4]
| Niveau de complexité | Description | Exemple |
|---|---|---|
| 1. Habituation | Apprendre à ne plus réagir à un stimulus répété et non menaçant | Un cheval cesse de réagir au bruit d’un tracteur qui passe après l’avoir entendu plusieurs fois |
| 2. Conditionnement classique | Réagir à un nouveau stimulus associé à un stimulus familier | Les chevaux s’excitent à l’heure du repas lorsqu’ils entendent la porte de la pièce d’entreposage des aliments s’ouvrir |
| 3. Conditionnement opérant | Effectuer un comportement pour obtenir un résultat souhaité ou éviter un résultat indésirable | Le cheval fait un tour pour recevoir une friandise |
| 4. Enchaînement de comportements | Enchaîner une série de comportements pour obtenir un renforcement ou une récompense | Le cheval exécute une séquence de mouvements pour obtenir une récompense |
| 5. Discrimination simultanée | Identifier la ou les différences entre deux objets similaires ou plus | Les chevaux distinguent un triangle d’un carré |
| 6. Apprentissage de concepts | Identifier et catégoriser des stimuli ou objets selon des caractéristiques communes | Regrouper des objets sans lien apparent selon leur couleur |
| 7. Concepts conditionnels | Comprendre qu’une situation dépend d’une autre, même si elles ne sont pas directement liées dans le temps ou l’espace (Si XYZ… alors ABC) | Comprendre que si on oublie de mettre de la crème solaire par temps ensoleillé, on risque d’avoir un coup de soleil en fin de journée |
| 8. Concepts biconditionnels | Raisonnement logique et compréhension que l’inverse d’une situation peut aussi être vrai | Comprendre un raisonnement tel que « un triangle est une forme à trois côtés, et une forme à trois côtés est un triangle » |
Les chevaux ont démontré de façon fiable des capacités d’apprentissage allant jusqu’au niveau de discrimination simultanée (niveau 5 sur 8). [5] Certaines recherches préliminaires suggèrent que les chevaux pourraient être capables d’apprendre des concepts (niveau 6 sur 8), bien que d’autres études indiquent qu’ils utilisent plutôt des processus mentaux plus simples pour parvenir au même résultat final. [6][7][8]
Aucune donnée scientifique ne démontre que les chevaux peuvent comprendre des concepts conditionnels ou bi-conditionnels (niveaux 7 et 8). Ces types d’apprentissage sont trop complexes pour que les chevaux puissent les assimiler, puisque leur cerveau n’est pas conçu pour le raisonnement avancé.
Types d’apprentissage
Les façons dont les chevaux apprennent peuvent être divisées en deux catégories : l’apprentissage non associatif et l’apprentissage associatif. Ces deux types peuvent se produire activement ou passivement.
L’apprentissage non associatif modifie le niveau de réaction d’un cheval à un stimulus (c’est-à-dire une image, un son, un objet ou une expérience). Cette catégorie comprend l’habituation et la sensibilisation.
L’apprentissage associatif établit des liens mentaux entre des stimuli et des réactions comportementales. Cette catégorie comprend le conditionnement classique et le conditionnement opérant, définis comme suit : [5]
- Conditionnement opérant : les comportements sont influencés par les conséquences qui en découlent, comme les récompenses ou les punitions.
- Conditionnement classique : un stimulus neutre devient associé à un stimulus naturellement présent, déclenchant éventuellement une réponse similaire par lui-même. L’exemple le plus célèbre de conditionnement classique est « le chien de Pavlov », où le chercheur (Pavlov) a conditionné des chiens à saliver au son d’une cloche.
Apprentissage social chez les chevaux
L’apprentissage social survient lorsqu’un animal apprend quelque chose en observant un congénère. Cela peut constituer une stratégie de survie chez de nombreuses espèces. Les interactions sociales peuvent influencer le comportement animal de plusieurs façons : [5]
- Facilitation sociale du comportement : un cheval commence à exécuter un comportement naturel et inné après qu’un autre cheval à proximité l’ait fait. Par exemple, lorsqu’un cheval commence à galoper dans l’enclos et que le reste du troupeau se met à courir avec lui.
- Amélioration du stimulus (locale) : un cheval attire l’attention d’un autre sur une opportunité. Par exemple, le bruit d’un cheval mangeant dans un seau alerte les autres chevaux à la présence d’un seau de nourriture à proximité, les incitant à venir manger à leur tour.
- Apprentissage social véritable : ce phénomène se produit lorsqu’un animal apprend une nouvelle tâche simplement en observant un autre animal l’exécuter.
Les scientifiques sont divisés quant à la capacité des chevaux à réellement apprendre grâce à l’observation sociale. La majorité des chercheurs n’ont pas trouvé de preuve claire de cette capacité d’apprentissage chez les chevaux. [15][16][17]
Il se pourrait que l’apprentissage social chez les chevaux ne se manifeste que dans des situations biologiquement pertinentes, comme la gestion de situations effrayantes en présence d’autres chevaux, ou l’apprentissage par les poulains des interactions avec les humains via l’observation de leur mère. [5] Toutefois, il existe encore très peu de recherches concluantes à ce sujet.
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Facteurs influençant l’apprentissage et l’entraînement
Tout comme les humains, chaque cheval est unique. Plusieurs facteurs individuels influencent la facilité avec laquelle un cheval apprend ou la rapidité à laquelle il peut acquérir une nouvelle compétence, notamment : [4][5][9][11][12][13]
- Les capacités d’apprentissage individuelles : comme chez les humains, certains chevaux apprennent naturellement plus rapidement que d’autres. La génétique pourrait jouer un rôle dans les capacités cognitives et l’intelligence globale des chevaux.
- Les connaissances et compétences de l’entraîneur : un cheval ne peut apprendre que dans la mesure où son entraîneur est capable d’enseigner efficacement. Des signaux clairs, constants et bien synchronisés offrent un environnement d’apprentissage optimal. Les cavaliers ou entraîneurs dont les signaux sont imprécis ou mal synchronisés auront plus de difficulté à enseigner de nouvelles compétences à leur cheval.
- La personnalité du cheval : les personnalités équines peuvent varier considérablement selon des facteurs tels que la race et l’âge. Des études récentes suggèrent que la personnalité d’un cheval peut influencer à la fois la qualité de son apprentissage et les processus mentaux qu’il utilise pour apprendre. Elle peut aussi moduler l’impact du stress externe sur sa capacité d’apprentissage.
- La conformation et les capacités physiques du cheval : le niveau d’entraînement maximal qu’un cheval peut atteindre est souvent déterminé par ses caractéristiques physiques. Il est possible qu’un cheval présentant une atrophie musculaire ou une très mauvaise conformation ne soit jamais en mesure d’exécuter des mouvements physiquement exigeants comme le piaffer ou la pirouette, peu importe son niveau d’intelligence ou sa capacité d’apprentissage.
- La santé générale et locomotrice du cheval : tout comme chez l’humain, l’état de santé et le niveau de confort d’un cheval influencent sa perception et son comportement. La maladie et les blessures peuvent entraîner de l’inconfort, du stress et des distractions, ce qui peut nuire à la concentration et à l’apprentissage. Des problèmes de santé locomotrice peuvent aussi limiter les capacités physiques, affectant ainsi certaines opportunités d’entraînements.
- L’historique du cheval : les chevaux traumatisés ou peu familiers avec les humains peuvent trouver l’entraînement stressant ou effrayant, ce qui nuit à leur apprentissage. À l’inverse, un cheval ayant vécu des expériences positives avec les humains et l’entraînement sera plus disposé à relever de nouveaux défis et essayer de nouvelles tâches, ce qui facilite et accélère son apprentissage.
- La gestion globale : les besoins fondamentaux du cheval en matière de bien-être incluent la liberté de mouvement, des opportunités de recherche de la nourriture et les interactions sociales. Collectivement ces trois besoins sont souvent appelés les 3 F (pour Friends, Forage and Freedom). Un cheval privé de ces éléments essentiels risque d’apprendre moins efficacement qu’un cheval qui bénéficie d’une gestion plus appropriée à son espèce.
- L’état émotionnel du cheval : la peur, la frustration ou l’excitation peuvent avoir un impact considérable sur la capacité d’un cheval à apprendre. Par exemple, un cheval anxieux aura plus de difficulté à se concentrer sur une tâche, tandis qu’un cheval calme et détendu sera plus disposé à apprendre.
- Le contrôle et la prévisibilité : les chevaux se sentent plus en sécurité et plus concentrés lorsqu’ils peuvent anticiper les résultats, ce qui aide à réduire le stress et la frustration en plus d’accroître la motivation. Des signaux clairs et constants ainsi qu’un environnement stable favorisent une participation accrue et un apprentissage efficace.
Enfin, l’environnement physique dans lequel vous entraînez un cheval peut également influencer son apprentissage. L’entraînement dans un lieu inconnu, isolé, où le cheval ne peut pas voir ses congénères, peut le rendre craintif ou réactif, ce qui nuit à son apprentissage. À l’inverse, s’entraîner dans un endroit familier et ouvert, où le cheval peut voir ses amis, peut favoriser la détente et avoir un impact positif sur l’apprentissage.
D’autres facteurs environnementaux comme la surface du sol, les conditions météorologiques et la température ambiante peuvent également influencer le niveau de stress et le confort physique du cheval, ce qui affecte directement sa capacité d’apprentissage.
Apprentissage, entraînement et bien-être équin
Lorsque vous entraînez votre cheval, il est essentiel de ne pas surestimer ni sous-estimer son intelligence et ses capacités d’apprentissage.
Les personnes qui sous-estiment l’intelligence de leur cheval risquent de le percevoir négativement. Cela peut engendrer de la frustration et du ressentiment durant l’entraînement, augmentant ainsi les risques de comportements injustes ou abusifs envers le cheval.
À l’inverse, les personnes qui surestiment l’intelligence de leur cheval risquent d’avoir des attentes irréalistes. Si le cheval n’apprend pas assez rapidement, l’entraîneur peut croire à tort qu’il désobéit volontairement.
Surestimer l’intelligence peut également entraîner des punitions différées si l’entraîneur pense à tort que le cheval comprend pourquoi il est réprimandé. Cela peut générer de la peur, nuire au bien-être et freiner l’apprentissage.
Éviter l’anthropomorphisme
L’anthropomorphisme survient lorsque nous attribuons des caractéristiques et un raisonnement humains aux animaux. Anthropomorphiser les intentions, les pensées et les comportements d’un cheval complique la communication efficace entre l’entraîneur et le cheval.
Une règle générale pour éviter l’anthropomorphisme est de ne jamais utiliser une explication plus complexe que nécessaire pour le comportement de votre cheval lorsqu’il existe une explication plus simple et raisonnable. [14]
Par exemple, si un cheval rue lorsqu’on lui demande de trotter au petit galop, une interprétation anthropomorphique pourrait consister à prêter au cheval des intentions similaires à celles d’un humain. Le cavalier pourrait dire quelque chose comme : « Elle est tellement paresseuse aujourd’hui ! Elle essaie de me convaincre d’arrêter de la monter pour pouvoir aller faire une sieste. »
Cette explication suppose que le cheval est capable de se projeter dans l’avenir et de planifier afin d’influencer le résultat. Un tel raisonnement implique des capacités d’apprentissage incluant des concepts conditionnels et biconditionnels (niveaux d’apprentissage 7 et 8). Comme mentionné précédemment, les chevaux n’ont pas démontré ce niveau de capacité.
Les entraîneurs devraient plutôt chercher une explication plus simple, qui ne relève pas de l’anthropomorphisme. Une réponse plus pertinente à ce comportement pourrait être : « Elle réagit instinctivement à une douleur ou à une frustration. Peut-être que sa selle ne lui convient pas, ou qu’elle est courbaturée après avoir joué au pâturage. »
Cette explication suppose un lien direct entre un événement et une réponse comportementale, sans intention cachée ni planification. Il est également important que les manieurs ou les entraîneurs de chevaux cherchent à identifier la cause réelle du comportement avant de tirer des conclusions ou de faire des hypothèses anthropomorphiques. Dans certains cas, les propriétaires de chevaux auront peut-être besoin de l’aide d’un professionnel qualifié, comme un vétérinaire ou un spécialiste en comportement équin, pour déterminer la cause sous-jacente de certains comportements.
Défis éthologiques en entraînement équin
Pendant l’entraînement, votre cheval peut présenter de la résistance, du stress ou des comportements problématiques dont vous n’arrivez pas à identifier la cause. Lorsque cela se produit, il est important de prendre en compte le fait que l’entraînement et l’équitation obligent souvent les chevaux à agir contre plusieurs de leurs instincts naturels. [5]
Pendant l’entraînement, on demande aux chevaux de quitter leur groupe social pour entrer dans un espace isolé comme un manège ou une écurie. Cela les éloigne de la sécurité que leur procure leur troupeau ainsi que de leur accès à la nourriture, à l’eau et à un abri, ce qui peut être une expérience stressante.
On leur demande aussi de franchir des obstacles, de s’adapter à des environnements artificiels ou d’entrer dans de petits endroits sombres, tels que les remorques ou les box, qu’ils éviteraient en temps normal. L’utilisation de harnachement et d’équipements comme les mors, les muserolles, les éperons et les cravaches représente également un défi physique et émotionnel auquel les chevaux ne sont pas naturellement préparés.
En réalité, le simple fait de tolérer un cavalier sur leur dos va à l’encontre de leurs instincts fondamentaux de survie, car les humains sont des prédateurs, alors que les chevaux sont des proies.
Un entraînement empreint de compassion et une bonne compréhension de la complexité émotionnelle vécue par les chevaux durant l’entraînement permet de les aider à surmonter ces défis et à se sentir en confiance dans de nouvelles situations. Cela favorise un climat de confiance entre le cheval et l’entraîneur, réduit le stress et l’anxiété chez les chevaux, et améliore leur capacité d’apprentissage ainsi que leurs futures aptitudes à l’entraînement.
Évolution des mentalités dans l’entraînement équin
De nombreux entraîneurs font la promotion des notions de « dominance » ou de « chef de troupeau » lorsqu’ils parlent des méthodes d’entraînement des chevaux. Or, ces concepts supposent une capacité d’apprentissage et un traitement cognitif bien supérieurs à ce que les chevaux sont capables de faire.
L’approche basée sur la dominance repose sur une hypothèse dépassée et inexacte selon laquelle les chevaux possèdent une hiérarchie sociale fixe, plutôt qu’une hiérarchie dynamique et flexible communément reconnue par les chercheurs aujourd’hui. [5]
L’International Society for Equitation Science déconseille de conceptualiser les méthodes d’entraînement équin en s’appuyant sur des notions de dominance ou de leadership, et recommande plutôt des méthodes fondées sur la théorie de l’apprentissage, qui prennent en compte la manière naturelle de penser et d’apprendre du cheval. [18]
Plutôt que d’amener le cheval à vous considérer comme un membre de son troupeau, essayez de reconnaître les différences entre vous et lui en termes de comportement et de capacités cognitives. Ce type d’approche peut favoriser une communication claire et efficace entre le cheval et l’entraîneur.
Théorie de l’apprentissage et équitation moderne
Bien que la compréhension de la théorie de l’apprentissage soit essentielle à une équitation et un entraînement efficaces, la majorité des cavaliers en ont une connaissance limitée. Par conséquent, beaucoup ont de la difficulté à l’appliquer correctement, y compris les professionnels.
Des études ont démontré que les cavaliers professionnels, les entraîneurs et les cavaliers amateurs éprouvent tous de la difficulté à décrire les concepts de base de la théorie de l’apprentissage. [19][20][21] Une étude a révélé que seulement 2,8 % des répondants ont donné des réponses correctes. [19]
L’incapacité à définir la théorie de l’apprentissage ne signifie pas nécessairement que les répondants ne l’appliquent pas correctement. Toutefois, si les cavaliers sont incapables d’expliquer comment les chevaux apprennent et réfléchissent, cela peut soulever une préoccupation en matière de bien-être au sein de l’industrie en général.
Lorsque nous travaillons avec un cheval, chaque moment passé ensemble peut amplifier ou atténuer ses réactions face au monde qui l’entoure. Une bonne compréhension de la théorie de l’apprentissage permet aux cavaliers de mieux cerner l’influence qu’ils exercent sur leur cheval et d’avoir un certain contrôle sur ce qu’il apprendra par la suite.
Foire aux questions
La théorie de l’apprentissage est un cadre utilisé pour expliquer comment les chevaux apprennent et traitent l’information. Elle est fondée sur les travaux de psychologues humains et de chercheurs en comportement animal.
Les chevaux devraient être entraînés à l’aide d’indications claires et constantes, accompagnées d’un renforcement ou d’un relâchement de la pression au bon moment. En comprenant la théorie de l’apprentissage, les entraîneurs peuvent définir des attentes réalistes quant au développement de leur cheval, sans surestimer ni sous-estimer ses capacités.
La théorie de l’apprentissage n’est pas un outil d’entraînement en soi, mais un ensemble de principes permettant de comprendre comment le cheval réfléchit et assimile l’information. Elle regroupe des types d’apprentissage spécifiques qui peuvent être considérés comme des « outils d’entraînement », tels que l’habituation, la sensibilisation, le conditionnement classique et le conditionnement opérant.
Un entraîneur ou un cavalier ayant une bonne compréhension de la théorie de l’apprentissage peut offrir à son cheval une expérience d’entraînement réussie et peu stressante, grâce à une compréhension globale de son mode de pensée. En retour, cela peut contribuer à améliorer le bien-être équin des chevaux sous sa responsabilité.
Les humains et les chevaux ne parlent pas le même langage, en plus d'avoir des expressions faciales et un langage corporel très différents. Toutefois, un entraîneur ayant une solide compréhension de la théorie de l’apprentissage peut réussir à communiquer très efficacement avec son cheval, d’une manière qui leur convient à tous les deux.
Résumé
La théorie de l’apprentissage est un cadre que les entraîneurs et les cavaliers peuvent utiliser pour comprendre comment leur cheval assimile et traite les nouvelles informations. Les capacités d’apprentissage d’un cheval sont influencées par ses aptitudes mentales et physiques, son entraîneur, ses expériences passées et son environnement d’apprentissage.
- Chaque cheval peut réagir différemment à l’entraînement en raison de facteurs physiques, émotionnels et environnementaux qui influencent son apprentissage
- Un certain niveau de stress positif peut favoriser l'apprentissage en améliorant la motivation, mais il est important d’éviter que ce stress ne se transforme en détresse ou en frustration
- Les chevaux peuvent différencier des objets similaires, mais ne possèdent pas les capacités d’apprentissage de niveau supérieur qui nécessitent la logique, le raisonnement ou la compréhension de concepts abstraits
- Évitez de surestimer ou de sous-estimer l’intelligence de votre cheval, car cela peut entraîner un traitement injuste ou des abus
- Évitez de simplifier excessivement un comportement et envisagez toujours de consulter un professionnel pour obtenir une évaluation plus précise
Références
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