La perméabilité intestinale est un trouble digestif qui affecte le plus souvent les chevaux de performance. Elle peut accroître le risque de colique et provoquer une inflammation systémique.

On dit que 70 % du système immunitaire du cheval réside dans son intestin. Le tractus gastro-intestinal des équidés décompose les aliments et absorbe les nutriments tout en empêchant les toxines et les microbes de pénétrer dans l’organisme.

Chez les chevaux atteints de perméabilité de l’intestin, le tractus gastro-intestinal ne retient pas adéquatement son contenu en raison de l’altération de la barrière intestinale.

Les toxines et les agents pathogènes peuvent traverser la paroi intestinale et circuler dans le sang vers le reste du corps. Cela peut déclencher une réaction immunitaire agressive et une inflammation systémique. [1]

L’inflammation chronique peut augmenter le risque d’apparition d’autres troubles tels que la laminite et l’insulinorésistance.

Les chevaux de performance courent un risque accru de contracter cette pathologie en raison des effets de l’exercice à haute intensité et d’une alimentation riche en amidon.

Consultez votre médecin vétérinaire si vous soupçonnez que votre cheval souffre de problèmes de santé intestinale. Transmettez le régime alimentaire de votre cheval en ligne pour obtenir une évaluation gratuite par nos nutritionnistes qui vous aideront à optimiser sa nutrition en vue de soutenir la santé de son système digestif.

Qu’est-ce que le syndrome de perméabilité intestinale (leaky gut en anglais)?

La perméabilité intestinale chez les équidés est rarement une pathologie isolée. Il s’agit plutôt d’un symptôme qui signale une maladie sous-jacente ou un trouble de santé intestinale plus vaste tel que la dysbiose (un déséquilibre microbien) ou l’acidose de l’intestin postérieur.

Le syndrome de perméabilité intestinale est le terme ordinairement employé pour décrire la détérioration du mécanisme de la barrière intestinale. Normalement, la barrière muqueuse intestinale empêche les toxines et les microbes de pénétrer dans l’organisme tout en permettant l’absorption des nutriments.

Chez les équidés atteints de perméabilité intestinale, la paroi des intestins est semi-poreuse et permet aux substances étrangères de pénétrer dans le sang. Celles-ci incluent des molécules pro-inflammatoires, notamment certains micro-organismes pathogènes comme E. coli, Salmonella et Clostridrium, des toxines et des antigènes.

Ces substances peuvent déclencher une violente réaction immunitaire dans l’organisme. Plus précisément, les lipopolysaccharides (LPS) qui composent la structure des parois cellulaires bactériennes sont parmi les molécules les plus pro-inflammatoires retrouvées dans l’intestin.

La pénétration de ces substances à travers la paroi intestinale peut causer des problèmes localisés dans l’intestin, notamment l’inflammation du tissu intestinal, les coliques chroniques minimes et la diarrhée[1] [3]

L’inflammation systémique déclenchée par les microbes et les autres toxines qui entrent dans l’organisme peut avoir un large éventail d’effets. L’inflammation peut mener à une mauvaise santé des articulations, à des réactions allergiques, à la laminite et à l’insulinorésistance[1] [2]

Les signes et symptômes fréquents de perméabilité intestinale

Les chevaux qui souffrent de troubles intestinaux présentent un large éventail de symptômes, notamment des problèmes de comportement et un dysfonctionnement digestif.

La cause première peut être difficile à identifier, car plusieurs troubles intestinaux présentent des signes et des symptômes qui se ressemblent. Les chevaux atteints de perméabilité intestinale peuvent manifester des symptômes similaires à ceux des équidés qui ont des ulcères gastriques et des ulcères de l’intestin postérieur.

Les signes habituels qui peuvent indiquer que le cheval souffre du syndrome de perméabilité intestinale incluent ceux qui suivent :

Une consultation avec le vétérinaire s’impose alors pour cerner les troubles intestinaux et élaborer un programme de traitement adapté.

Le diagnostic

Il n’existe pas de moyen définitif de diagnostiquer le syndrome de perméabilité intestinale. Les études scientifiques ont eu recours à plusieurs techniques pour détecter la hausse de perméabilité intestinale.

Ces méthodes comprennent la mesure du taux d’absorption de sucres spécifiques tels que le saccharose ou le D-xylose après les avoir administrés directement dans l’estomac à l’aide d’une sonde naso-gastrique. [1]

Cela dit, ces tests détectent également les ulcères gastriques et la maladie inflammatoire de l’intestin, et ils ne sont pas exclusifs au syndrome de perméabilité intestinale.

Les chercheurs ont identifié des biomarqueurs associés à une augmentation de la perméabilité intestinale. Les biomarqueurs sont des facteurs sanguins qui suggèrent la présence d’une affection tout en la désignant précisément.

Dans le cas de la perméabilité intestinale, les biomarqueurs présumés mesurables dans le sang incluent : [4][5][6]

  • les composants de microbes intestinaux — les lipopolysaccharides (LPS);
  • les composants de cellules intestinales endommagées — la protéine de liaison aux acides gras intestinaux (iFABP);
  • les indicateurs du déclenchement d’une réaction immunitaire — les cytokines inflammatoires (TNFa, l’interleukine-6), le sérum amyloïde A (SAA).

Le vétérinaire peut opter pour un test d’absorption de glucose ou de xylose administré par voie orale afin de mesurer la quantité de glucose ou de xylose absorbée par l’intestin. Ce test peut permettre d’évaluer la gravité des troubles intestinaux.

Les causes fréquentes de perméabilité intestinale

Le syndrome de perméabilité intestinale est multifactoriel. Il peut découler d’un large éventail de facteurs de stress, y compris certains aspects du régime alimentaire et du programme d’exercice du cheval.

Nous abordons plus bas les cinq principales causes de perméabilité intestinale chez les équidés.

1) L’entraînement ou l’exercice très intense

Les chevaux, comme les autres athlètes de haut niveau, sont plus enclins à souffrir de perméabilité intestinale en raison de séances d’exercice longues et intenses. [7]

Pendant l’exercice, le flux sanguin est redirigé vers les muscles squelettiques et les extrémités. [8] Il en résulte une diminution de l’apport sanguin à l’intestin.

Les périodes prolongées de restriction d’apport sanguin au tube digestif peuvent accroître le risque de lésions aux cellules intestinales, ce qui peut hausser la perméabilité de la barrière muqueuse.

De plus, le taux métabolique élevé nécessaire pour soutenir l’exercice produit de la chaleur. Les périodes prolongées où la température centrale du cheval dépasse 42 °C (107 °F) peuvent provoquer l’hyperthermie induite par l’exercice.

Celle-ci peut endommager les cellules qui tapissent l’intestin, ce qui augmente la perméabilité intestinale et déclenche une réaction immunitaire. [9]

On doit prendre des précautions lorsqu’on entraîne les chevaux par temps chaud et humide. Il faut s’assurer que le cheval s’hydrate suffisamment, lui donner des électrolytes et le refroidir efficacement après la séance pour diminuer le risque de dommages à la barrière intestinale dus à l’exercice et au stress thermique.

2) Une alimentation riche en amidon

Une alimentation riche en amidon peut mener à l’acidose de l’intestin postérieur qui affecte le fonctionnement de la barrière intestinale. Les équidés qui reçoivent un régime à base de céréales ou ceux qui se nourrissent d’herbe luxuriante au pâturage risquent une surcharge d’amidon.

Lorsque la diète contient beaucoup d’amidon, l’organisme du cheval ne parvient pas à le digérer complètement dans l’estomac et l’intestin grêle. Il en résulte un excès d’amidon qui atteint l’intestin postérieur.

Dans l’intestin postérieur, la fermentation de l’amidon produit de l’acide lactique et des acides gras volatils. Elle abaisse le pH intestinal et le milieu devient plus acide. [10][11]

La fermentation chronique d’amidon dans l’intestin postérieur peut tuer les microbes bénéfiques qui digèrent les fibres et libérer des toxines. Au fil du temps, cet état peut nuire à l’absorption des nutriments, endommager la barrière intestinale, augmenter la perméabilité intestinale et causer une réaction inflammatoire.

Les équidés doivent éviter autant que possible les régimes riches en amidon pour favoriser la santé intestinale et minimiser les conditions inflammatoires, y compris la perméabilité intestinale.

3) L’obésité

Les chevaux obèses peuvent courir un plus grand risque de développer des troubles gastro-intestinaux associés à une perméabilité intestinale accrue.

Une étude récente a comparé la perméabilité intestinale et la réaction inflammatoire de chevaux maigres et obèses. Les sujets obèses avaient un niveau plus élevé de composants bactériens (LPS) dans le sang comparativement aux individus maigres. [12]

Dans cette étude, les chevaux maigres avaient un score d’état de chair de 4 ou 5. Les animaux obèses avaient un score de 7 à 9 sur une échelle de 9 points.

Nous recommandons d’évaluer régulièrement l’état de chair des chevaux. Un changement de masse corporelle peut signaler la présence d’un trouble digestif sous-jacent.

Il est essentiel de savoir précisément si le cheval est en insuffisance pondérale ou en surpoids afin d’apporter les modifications appropriées aux pratiques d’alimentation et de régie.

4) Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

On donne couramment des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) aux équidés pour contrôler la douleur et l’inflammation associées à plusieurs pathologies comme les coliques, la laminite et les boiteries[13]

Les AINS sont efficaces pour diminuer l’inflammation et apaiser la douleur associée à l’enflure ou à la fièvre. Cependant, leur utilisation à long terme ou les doses excessives peuvent compromettre le mécanisme de la barrière intestinale[13]

Les AINS agissent en bloquant les enzymes cyclooxygénase-1 (COX-1) et cyclooxygénase-2 (COX-2) qui participent à la synthèse des prostaglandines. Les prostaglandines sont des hormones qui jouent un rôle important dans les réactions immunitaires.

La COX-1 est d’autre part impliquée dans la synthèse de prostaglandines qui protègent l’estomac et la muqueuse intestinale. L’utilisation d’AINS qui inhibent cette enzyme peut endommager cette muqueuse.

Cet effet est particulièrement préoccupant avec les AINS conventionnels comme la Butazone (phénylbutazone) et la Banamine (flunixine méglumine), qui sont des inhibiteurs non sélectifs de la COX. [13]

Les scientifiques ont développé des médicaments inhibiteurs sélectifs de la COX-2 pour la médecine humaine et animale. Le déracoxib et le firocoxib (Equioxx, Previcox) ont moins d’impact sur le tube digestif. [13]

Une étude menée sur des chevaux a révélé que la phénylbutazone (un inhibiteur non sélectif de la COX) augmentait significativement la perméabilité intestinale comparativement au méloxicam (un inhibiteur sélectif de la COX-2). [14]

L’utilisation chronique d’AINS accroît le risque de troubles du système digestif, y compris la perméabilité intestinale. Il est préférable de consulter le vétérinaire avant d’administrer tout médicament et il faut toujours respecter la dose recommandée.

5) Les antibiotiques

Les antibiotiques sont parfois nécessaires pour lutter contre les infections bactériennes, mais ils tuent également les microbes bénéfiques et peuvent modifier les populations microbiennes du système digestif. Cela peut conduire à la dysbiose et au dysfonctionnement digestif.

Le microbiome intestinal du cheval joue un rôle dans la digestion des fibres, qui est la principale source de production d’énergie provenant de l’alimentation équine. [15]

Le rétablissement d’un microbiome sain après la prise d’antibiotiques demande un certain temps. Cette perturbation du milieu microbien de l’intestin postérieur est associée à une augmentation de la perméabilité intestinale. [16]

On doit toujours administrer les antibiotiques sous la supervision d’un vétérinaire, dans un but spécifique et pour une période de temps définie. On peut soutenir la santé intestinale des chevaux qui ont reçu des antibiotiques à l’aide de probiotiques ou de suppléments de levure.

Sept façons de prévenir la perméabilité intestinale chez le cheval

Les troubles digestifs tels que la perméabilité intestinale, les ulcères ou le syndrome de l’eau fécale libre sont souvent difficiles à résoudre une fois qu’ils se sont déclarés. La prévention reste la meilleure stratégie pour maintenir un système digestif en bonne santé.

Vous trouverez plus bas sept principes clés pour favoriser la santé du système digestif des équidés et minimiser le risque de perméabilité intestinale.

1) Donner un régime principalement composé de fourrage

La santé du système digestif commence par un régime alimentaire bien équilibré qui répond aux besoins caloriques et protéiques du cheval.

Le foin, le pâturage ou les deux doivent constituer la plus grande partie de l’alimentation des équidés. Pour les chevaux à l’entretien ou soumis à un programme d’exercice léger à modéré, le foin et le pâturage de qualité moyenne suffisent généralement à combler leurs besoins en calories et en protéines.

Les équidés doivent pouvoir brouter pendant au moins 16 heures par jour et ne jamais passer plus de 3 ou 4 heures sans accès au fourrage.

Il importe de choisir un foin qui correspond aux besoins du cheval concerné. Le choix d’un foin approprié constitue la première étape pour favoriser la santé du système digestif équin.

On doit réserver le foin de qualité supérieure qui contient plus de protéines et de calories aux chevaux de performance. Le foin de qualité moindre convient aux chevaux à l’entretien ou dont le score d’état de chair est élevé.

2) Fournir les calories supplémentaires sous forme de matières grasses

On devrait combler les besoins caloriques additionnels des chevaux astreints à une charge de travail modérée à très lourde en ajoutant principalement des matières grasses ou de l’huile à la ration.

Les huiles comme l’huile de lin, de soja, de caméline ou de canola sont une source dense de calories qui permet d’éviter l’ajout de céréales riches en amidon.

Autres choix possibles, la pulpe de betterave, le son de riz et les graines de lin moulues sont des aliments hautement digestibles. La pulpe de betterave procure des calories sous forme de fibres, alors que celles du son de riz ou des graines de lin moulues proviennent de leur haute teneur en matières grasses.

Lorsqu’on ajoute de l’huile à la ration, il est préférable de choisir les sources de matières grasses qui offrent un équilibre juste entre les acides gras essentiels oméga-3 et oméga-6 pour promouvoir les bienfaits anti-inflammatoires.

3) Soutenir la muqueuse intestinale

Les vitamines et les minéraux sont nécessaires à toutes les cellules du corps pour accomplir leurs fonctions, notamment pour synthétiser des protéines, maintenir des membranes cellulaires saines et se renouveler.

L’intestin a un taux de renouvellement cellulaire particulièrement élevé. Les cellules individuelles qui forment la muqueuse intestinale ne survivent que trois jours avant d’être éliminées et remplacées par de nouvelles cellules.

La muqueuse gastro-intestinale est un tissu au métabolisme très actif qui requiert des nutriments clés tels que le zinc, le cuivre, le sélénium et la vitamine E pour soutenir l’état antioxydant.

Elle a également grand besoin d’acides aminés pour synthétiser des protéines et agir en tant que source d’énergie.

L’acide aminé glutamine est une source d’énergie importante pour les cellules intestinales. [17] Les suppléments pour la santé du système digestif des équidés contiennent souvent de la glutamine pour soutenir la barrière intestinale et aider à maintenir l’intégrité des intestins.

Visceral+ de Mad Barn est un supplément pour le système digestif équin offert en granulés qui favorise la santé de l’estomac et de l’intestin postérieur. Il renforce aussi le système immunitaire.

Visceral+
Magasiner
  • Effet positif sur les ulcères testé en clinique
  • Rétablit l'intégrité de la muqueuse intestinale
  • Empêche la récurrence des troubles gastriques
  • Fait à 100% d'ingrédients naturels sûrs

4) Réduire le risque de stress thermique

Le stress thermique peut découler d’une séance d’exercice excessif de longue durée, de conditions météorologiques chaudes et humides et d’un manque d’hydratation.

L’exercice diminue naturellement l’apport sanguin à l’intestin, ce qui a un effet négatif sur la viabilité des cellules intestinales. La hausse de température centrale causée par l’exercice exacerbe cet état, en particulier lorsque les conditions sont chaudes et humides, et que la transpiration est moins efficace.

Dans la mesure du possible, il vaut mieux entraîner les chevaux lorsque le temps est plus frais et le taux d’humidité plus bas. La transpiration est alors plus efficace et permet au cheval de moins s’échauffer pendant l’exercice.

Il est essentiel d’encourager l’hydratation avant et après l’entraînement. L’ajout de sel en cristaux à la ration quotidienne aide à stimuler la soif et à promouvoir la consommation d’eau.

Lorsque le cheval transpire en raison de l’exercice ou de l’exposition à la chaleur, on doit remplacer les minéraux perdus comme le sodium, le potassium et le magnésium en lui donnant un supplément d’électrolytes.

Performance XL: Electrolytes
Magasiner
  • Formulé scientifiquement
  • équilibre optimal des électrolytes
  • Favorise la performance à l'effort
  • Favoriser la récupération à l'effort

Après l’exercice, on doit l’aider à se refroidir pour minimiser le stress thermique. Des recherches récentes ont montré qu’un contact continu avec de l’eau froide est plus efficace pour rafraîchir les équidés après l’exercice que l’arrosage à l’eau froide suivi d’un raclage avec le couteau de chaleur.

L’arrosage à l’eau froide en continu pendant six minutes abaisse la température interne du cheval et peut aider à prévenir les maladies dues à l’échauffement après l’exercice. [30]

5) Utiliser les AINS et les antibiotiques de manière responsable

Il faut toujours administrer les AINS et les antibiotiques sur l’ordonnance d’un vétérinaire. On doit suivre attentivement la posologie indiquée et éviter si possible toute utilisation à long terme.

Ces précautions garantissent l’emploi du médicament le plus adapté au traitement ou au soulagement de la maladie et de la douleur tout en minimisant les effets secondaires.

L’administration de produits pharmaceutiques qui ne respecte pas les directives du vétérinaire accroît le risque d’effets secondaires à long terme, notamment la résistance aux antibiotiques et la colite du côlon dorsal droit.

6) Donner un supplément de prébiotiques et de probiotiques

Les prébiotiques et les probiotiques sont des suppléments fréquemment utilisés pour soutenir le microbiome de l’intestin postérieur des équidés.

Les prébiotiques sont un type de fibres que les microbes bénéfiques de l’intestin postérieur exploitent comme source de carburant. Les probiotiques sont les microbes vivants bénéfiques (bactéries, levures et champignons) qui digèrent les fibres et soutiennent la fonction immunitaire.

Alors qu’il existe peu d’études sur les effets des prébiotiques et des probiotiques sur la perméabilité intestinale chez les équidés, la recherche menée sur les humains et d’autres espèces a démontré leur intérêt pour soutenir le mécanisme de la barrière intestinale.

Certaines études portant sur les équidés étayent l’emploi thérapeutique des prébiotiques et des probiotiques pour diminuer le nombre de « mauvaises » bactéries et favoriser l’épanouissement des microbes bénéfiques. [18] [19] [20]

Les espèces probiotiques communément utilisées incluent les bactéries (Bifidobacterium et Lactobacillus) et les levures (Saccharomyces cerevisiae). [18] [19] [20]

Les prébiotiques communément employés incluent les oligosaccharides (de longues chaînes de molécules de sucre), par exemple les fructo-oligosaccharides (Fos) qui sont digérés par des microbes bénéfiques et favorisent la croissance de ces microbes dans l’intestin. [18] [21] [22]

On considère généralement les mannane-oligosaccharides (MOS) dérivés de la levure comme des prébiotiques. Cependant, ils agissent principalement en liant les toxines pour empêcher leur absorption dans l’organisme.

Davantage d’études sont nécessaires pour cerner les effets de la supplémentation en prébiotiques et probiotiques sur la perméabilité de la barrière intestinale chez les équidés.

Optimum Digestive Health
Magasiner
  • Prébiotiques, probiotiques et; enzymes
  • Stimulation du développement des entraves
  • Combat les toxines nocives
  • Couverture complète de l'intestin

7) Fournir un soutien anti-inflammatoire

Les acides gras oméga-3 sont des acides gras polyinsaturés indispensables pour soutenir les mécanismes anti-inflammatoires du corps.

Les équidés consomment habituellement les acides oméga-3 sous forme d’ALA (acide alpha linolénique) contenu dans le fourrage frais. Pour exercer un effet anti-inflammatoire sur l’organisme, cet oméga-3 d’origine végétale doit d’abord être converti en formes actives de DHA (acide docosahexaénoïque) et d’EPA (acide eicosapentaénoïque).

Le processus de transformation de l’ALA en DHA et EPA est toutefois inefficace et l’apport alimentaire de DHA et d’EPA stimule directement une meilleure réponse anti-inflammatoire. [23] [24]

La recherche effectuée sur d’autres animaux a constaté les avantages du DHA pour soutenir la barrière intestinale. Chez les souris atteintes de colite induite expérimentalement, une alimentation riche en acides gras oméga-3 a eu un effet protecteur sur la barrière intestinale. [25]

La recherche a démontré que l’EPA et le DHA atténuent les dommages causés par les coups de chaleur, réduisent la perméabilité intestinale et abaissent les niveaux d’endotoxines plasmatiques chez le rat. [26]

Chez les porcs, l’huile de poisson, riche en DHA, s’est également avérée efficace pour améliorer l’intégrité de la barrière intestinale en bloquant les séquences de signalisation inflammatoire. [27]

L’EPA et le DHA ont d’autre part amélioré l’intégrité des cellules intestinales lorsqu’elles luttaient contre une mycotoxine commune. [28]

L’huile w-3 de Mad Barn est un supplément d’acides gras indispensables à haute teneur en DHA. Elle est une source de calories efficace qui n’accroît pas l’excitabilité des chevaux et qui peut aider à soutenir la santé de leur système digestif ainsi que leurs performances physiques.

w-3 Oil
Magasiner
  • Favorise le confort des joints
  • Aide à combattre l'inflammation
  • état de la peau et du pelage
  • Source appétente d'oméga-3

La spiruline est un autre supplément qui peut favoriser les mécanismes anti-inflammatoires et antioxydants de l’organisme. Une étude portant sur des chevaux atteints du syndrome métabolique équin a traité leurs cellules intestinales avec de la spiruline et a constaté une diminution de l’inflammation et du stress oxydatif. [29]

En résumé

Le syndrome de perméabilité intestinale (leaky gut en anglais) est un trouble digestif qui cause l’inflammation de l’intestin ainsi que l’absorption de toxines et d’autres facteurs qui déclenchent une réaction immunitaire. Il contribue à l’inflammation chronique qui est à l’origine de troubles de santé équins courants comme la laminite, l’insulinorésistance et les problèmes articulaires.

La prévention des troubles du système digestif doit être une priorité majeure pour tout propriétaire d’équidé. La réduction du stress thermique, le soutien de l’hydratation et l’utilisation convenable d’AINS et d’antibiotiques aident à minimiser le risque d’apparition du syndrome de perméabilité intestinale.

Le régime alimentaire du cheval peut aussi favoriser la santé de son intestin s’il se compose principalement de fourrage à faible teneur en amidon et si on y ajoute des matières grasses pour augmenter l’apport calorique en cas de besoin. Il est par ailleurs essentiel de combler ses besoins en micronutriments afin de stimuler le renouvellement des cellules saines qui tapissent la muqueuse intestinale.

Les suppléments de prébiotiques, de probiotiques et d’acides gras anti-inflammatoires sont également bénéfiques pour les équidés qui souffrent de perméabilité intestinale.

Pour obtenir de l’aide afin d’élaborer un régime alimentaire qui favorise la santé des intestins de votre cheval,soumettez sa diète à l’examen de l’un de nos nutritionnistes équins.

Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées sur la perméabilité intestinale chez les chevaux :

Résumé

Leaky gut est un trouble digestif qui entraîne une inflammation de l’intestin, ainsi que l’absorption de toxines et d’autres facteurs qui déclenchent une réponse immunitaire dans l’organisme. Certaines toxines bactériennes peuvent également déclencher une fourbure.

  • La prévention des problèmes de santé intestinale devrait être une priorité majeure pour tout propriétaire de cheval.
  • Réduire le stress thermique, favoriser l’hydratation et utiliser de façon appropriée les AINS et les antibiotiques aidera à minimiser le risque de leaky gut.
  • Le programme nutritionnel de votre cheval peut également soutenir la santé intestinale en offrant une alimentation à base de fourrages à faible teneur en amidon et en utilisant des gras comme source d’énergie supplémentaire.
  • Répondre aux besoins en micronutriments est également essentiel pour soutenir un renouvellement cellulaire sain dans la muqueuse intestinale.
  • Une supplémentation en prébiotiques, probiotiques et acides gras anti-inflammatoires est également bénéfique pour les chevaux chez qui l’on a identifié un problème intestinal associé à une perméabilité intestinale modifiée / leaky gut.

Pour obtenir de l’aide afin d’élaborer un plan d’alimentation favorable à la santé intestinale, soumettez l’alimentation de votre cheval pour qu’elle soit évaluée par nos nutritionnistes équins.

Manque-t-il quelque chose dans l’alimentation de votre cheval?

Identifier les manques dans le programme alimentaire de votre cheval pour optimiser son bien-être.

Références

  1. Stewart, A.S. et al. Alterations in Intestinal Permeability: The Role of the “Leaky Gut” in Health and Disease. J Equine Vet Sci. 2017.
  2. Chelakkot, C. et al. Mechanisms regulating intestinal barrier integrity and its pathological implications. Exp Mol Med. 2018.
  3. Werners, A.H. et al. Endotoxaemia: a review with implications for the horse. Equine Vet J. 2010.
  4. Gilani, S. et al. New biomarkers for intestinal permeability induced by lipopolysaccharide in chickens. Anim Prod Sci. 2016.
  5. Niewold, T.A. et al. Plasma intestinal fatty acid binding protein (I-FABP) concentrations increase following intestinal ischemia in pigs. Res Vet Sci. 2004.
  6. Hulten, C. et al. The acute phase protein serum amyloid A (SAA) as an inflammatory marker in equine influenza virus infection. Acta Vet Scand. 1999.
  7. Costa, R.J.S. et al. Systematic review: exercise-induced gastrointestinal syndrome—implications for health and intestinal disease . Aliment Pharmacol Ther. 2017.
  8. Manohar, M. Blood flow to the respiratory and limb muscles and to abdominal organs during maximal exertion in ponies. J Physiol. 1986.
  9. Brownlow, M.A. et al. Exertional heat illness: a review of the syndrome affecting racing Thoroughbreds in hot and humid climates. Aust Vet J. 2016.
  10. Richards, N. et al. The effect of current grain feeding practices on hindgut starch fermentation and acidosis in the Australian racing Thoroughbred. Aust Vet J. 2006.
  11. Destrez, A. et al. Changes of the hindgut microbiota due to high-starch diet can be associated with behavioral stress response in horses. Physiol Behav. 2015.
  12. Kopper, J.J. et al. Effect of body condition on intestinal permeability in horses. Am J Vet Res. 2019.
  13. Marshall, J.F. and Blikslager, A.T. The effect of nonsteroidal anti-inflammatory drugs on the equine intestine. Equine Vet J Suppl. 2011.
  14. D’Arcy-Moskwa, E. et al. Effects of meloxicam and phenylbutazone on equine gastric mucosal permeability. J Vet Intern Med. 2012.
  15. Costa, M.C. et al. Changes in the equine fecal microbiota associated with the use of systemic antimicrobial drugs. BMC Vet Res. 2015.
  16. Tulstrup, M.V.L. et al. Antibiotic Treatment Affects Intestinal Permeability and Gut Microbial Composition in Wistar Rats Dependent on Antibiotic Class. PLoS One. 2015.
  17. Duckworth, D.H. et al. Arteriovenous differences for glutamine in the equine gastrointestinal tract. Am J Vet Res. 1992.
  18. Wasilewski, A. et al. Beneficial Effects of Probiotics, Prebiotics, Synbiotics, and Psychobiotics in Inflammatory Bowel Disease. Inflamm Bowel Dis. 2015.
  19. Desrochers, A.M. et al. Efficacy of Saccharomyces boulardii for treatment of horses with acute enterocolitis. J Am Vet Med Assoc. 2005.
  20. Andrade, M.E.R. et al. The role of immunomodulators on intestinal barrier homeostasis in experimental models. Clin Nutr. 2015.
  21. Gurbuz, E. et al. Effects of supplemental fructo-oligosaccharide and mannan-oligosaccharide on nutrient digestibilities, volatile fatty acid concentrations, and immune function in horses. Turk J Vet Anim Sci. 2010.
  22. Respondek, F. et al. Effects of dietary short-chain fructooligosaccharides on the intestinal microflora of horses subjected to a sudden change in diet. J Anim Sci. 2008.
  23. Barbalho, S.M. et al. Polyunsaturated fatty acids, inflammatory processes and inflammatory bowel diseases. Ann Gastroenterol. 2016.
  24. Calder, P.C. Fatty acids and inflammation: The cutting edge between food and pharma. European J Pharmacol. 2011.
  25. Whiting, C.V. et al. Dietary n-3 Polyunsaturated Fatty Acids Reduce Disease and Colonic Proinflammatory Cytokines in a Mouse Model of Colitis. Inflamm Bowel Dis. 2005.
  26. Xiao, G. et al. Eicosapentaenoic acid enhances heatstroke-impaired intestinal epithelial barrier function in rats. Shock. 2015.
  27. Liu, Y. et al. Fish Oil Enhances Intestinal Integrity and Inhibits TLR4 and NOD2 Signaling Pathways in Weaned Pigs after LPS Challenge. J Nutr. 2012.
  28. Xiao, K. et al. EPA and DHA attenuate deoxynivalenol-induced intestinal porcine epithelial cell injury and protect barrier function integrity by inhibiting necroptosis signaling pathway. FASEB J. 2020.
  29. Nawrocka, D. et al. Spirulina platensis Improves Mitochondrial Function Impaired by Elevated Oxidative Stress in Adipose-Derived Mesenchymal Stromal Cells (ASCs) and Intestinal Epithelial Cells (IECs), and Enhances Insulin Sensitivity in Equine Metabolic Syndrome (EMS) Horses. Mar Drugs. 2017.
  30. Kang, H. et al. Comparison of post-exercise cooling methods in horses. J Equine Vet Sci. 2021.