Les strongles sont considérés comme les parasites internes les plus importants chez les chevaux. On estime qu’ils touchent entre 80 et 99 % des équidés dans le monde. [1][2][3]

Il existe deux principaux types de strongles : les grands strongles et les petits strongles. Les deux types peuvent causer des lésions importantes au tube digestif du cheval, entraînant des signes cliniques allant de légers à sévères. [4]

Des mesures adéquates de contrôle des parasites, des coproscopies régulières et une gestion rigoureuse des pâturages sont essentielles pour limiter les infestations causées par les strongles.

Les agents anthelmintiques (vermifuges) jouent un rôle important dans le contrôle et le traitement des parasites. Toutefois, la résistance aux anthelmintiques constitue une préoccupation croissante en raison de la dépendance excessive aux vermifuges.

Si vous soupçonnez que votre cheval est atteint d’une infestation de strongles, consultez votre vétérinaire afin d’obtenir un diagnostic et de mettre en place un plan de traitement. Une détection et un traitement rapides sont essentiels pour maîtriser les infestations de strongles chez les chevaux.

Infestation de strongles chez les chevaux

Les strongles, également appelés strongylidés ou strongyles, sont des nématodes parasites qui infectent couramment les chevaux partout dans le monde. Ils représentent une menace majeure pour la santé équine et peuvent entraîner des complications graves.

Les nématodes parasites, qui sont souvent simplement appelés des « vers », forment un groupe diversifié de parasites appartenant au phylum Nematoda. Ces parasites internes colonisent divers hôtes et peuvent infester différentes parties de leur organisme.

Les strongles sont des nématodes intestinaux, ce qui signifie que ces vers résident principalement dans le tube digestif de l’hôte. Ils peuvent provoquer des troubles gastro-intestinaux tels que de la diarrhée, une perte de poids et des coliques, en plus d’affecter d’autres systèmes corporels.

Les strongles se divisent en deux types principaux : les grands strongles (Strongylus spp.) et les petits strongles (Cyathostomin spp.). Les infestations causées par l’un ou l’autre de ces types sont regroupées sous le terme « strongylose ».

Une infestation de strongles se produit lorsque les chevaux ingèrent des larves en broutant des pâturages contaminés par ces parasites. Les larves se développent ensuite en vers adultes dans le tube digestif du cheval, affectant principalement le cæcum et le côlon.

Les grands strongles (Strongylus vulgaris, Strongylus edentatus et Strongylus equinus) peuvent endommager les vaisseaux sanguins qui irriguent le système gastro-intestinal, ce qui peut entraîner des complications potentiellement mortelles.

Les petits strongles (Cyathostomins spp.) sont les parasites internes les plus couramment rencontrés chez les chevaux. Ils restent enkystés dans la paroi intestinale sous forme de larves, et leur émergence peut provoquer une inflammation, une ulcération et une perte de protéines, entraînant une affection connue sous le nom de « cyathostominose larvaire ».

Facteurs de risque de la strongylose

Les facteurs de risque d’infestation de strongles comprennent les facteurs qui augmentent l’exposition à ce type de parasites ainsi qu’un affaiblissement de la fonction immunitaire.

  • Jeunes chevaux : les poulains et les jeunes chevaux entre 1 et 2 ans sont les plus sensibles aux infestations de strongles en raison de leur système immunitaire en développement. À l’inverse, les chevaux de plus de cinq ans ont tendance à porter des charges parasitaires faibles à modérées. [3]
  • Pâturages contaminés : les chevaux qui paissent sur des pâturages contaminés par des larves de strongles présentent un risque accru d’infestation. [5]
  • Surcharge animale : le fait d’entasser trop de chevaux sur une surface réduite accélère la dégradation du pâturage. La surcharge animale augmente également la concentration d’œufs et de larves de parasites dans l’environnement, ce qui accentue le risque d’exposition et d’infestation. Une mauvaise gestion du pâturage, incluant une élimination inadéquate du crottin, contribue également à une charge parasitaire plus élevée. [6]
  • Absence de rotation des pâturages : en l’absence de stratégies adéquates de rotation des pâturages, les larves de strongles et autres parasites peuvent s’accumuler dans les pâturages. Les chevaux qui paissent continuellement dans le même champ sont davantage exposés aux larves, ce qui accroît leur charge parasitaire et le risque d’infestation. [6]
  • Protocoles de vermifugation inadéquats : les chevaux qui ne sont pas soumis à un programme de vermifugation régulier et approprié sont plus vulnérables aux infestations de strongles. Une utilisation inefficace de produits anthelmintiques ou des méthodes de vermifugation inappropriées peuvent entraîner une élimination incomplète des parasites et favoriser le développement d’une résistance aux vermifuges.
  • Climat et saison : les conditions météorologiques influencent la survie et le développement des larves de strongles dans l’environnement. Un climat chaud et humide favorise leur développement, augmentant ainsi le risque d’exposition durant certaines saisons.
  • Système immunitaire : les chevaux dont le système immunitaire est affaibli ou ceux qui souffrent de problèmes de santé sous-jacents peuvent être plus sujets à de graves infestations de strongles.

Petits strongles (Cyathostomin spp.)

Les cyathostomes, communément appelés petits strongles, sont présents dans le monde entier et sont répandus dans les populations équines, peu importe le climat ou les pratiques de gestion. On estime que les petits strongles sont présents chez 70 à 100 % des chevaux, tous continents confondus. [5]

Ces petits vers sont courts et peuvent être rouges ou blancs. [5] Les cyathostomes sont extrêmement résistants et peuvent survivre longtemps dans le corps du cheval ou sur un pâturage.

Il existe plus de cinquante espèces de Cyathostomin, dont quarante peuvent infester les chevaux. Plusieurs espèces peuvent infester un même cheval simultanément, et un cheval en bonne santé peut héberger des millions de vers sans présenter de symptômes. [7]

Signes cliniques associés aux petits strongles

Les chevaux atteints de petits strongles peuvent soit ne présenter aucun signe clinique apparent, soit manifester des symptômes typiques d’une infestation parasitaire. Chez les chevaux portant une charge importante de cyathostomes adultes, les symptômes suivants peuvent être observés : [5][8]

  • Une perte de poids et une perte d’appétit aiguës
  • Une léthargie
  • Des coliques
  • De la diarrhée

Chez les chevaux atteints d’une infestation de petits strongles, on peut également observer une neutrophilie (augmentation du nombre de globules blancs), une hypoalbuminémie (diminution du taux d’albumine) et une hyperglobulinémie (excès de globulines dans le sang).

Les chevaux infestés peuvent aussi souffrir d’anémie due à la perte de sang et de nutriments induite par ces parasites au moment de leur alimentation. [5]

Cycle de vie des petits strongles

Les cyathostomes femelles adultes qui résident dans le gros intestin du cheval pondent des œufs qui sont éliminés de l’organisme par le crottin. Ces œufs sont microscopiques et invisibles à l’œil nu. [1]

Ces œufs éclosent dans le crottin en larves de premier stade (L1). Après leur éclosion, les larves grandissent et muent pour devenir des larves de deuxième stade (L2), puis atteignent le troisième stade larvaire (L3), au cours duquel elles développent une membrane protectrice autour de leur corps. [1][5]

Le stade L3, communément appelé stade infestant, correspond au moment où les larves quittent le crottin pour migrer vers le sol ou le pâturage. [1][5] Lorsqu’un cheval broute ce pâturage, les larves L3 sont ingérées et passent dans l’intestin grêle.

Après avoir perdu leur gaine protectrice, les larves s’enfouissent dans l’endothélium (ou muqueuse) du cæcum et du côlon, où elles s’enkystent. Dans cet état, les petits strongles enkystés peuvent rester dormants et protégés du système immunitaire du cheval ainsi que de certains vermifuges pendant de longues périodes, allant de quelques mois à deux ans. [5]

À l’état enkysté, ces larves peuvent causer de graves lésions à la muqueuse intestinale. Elles émergent simultanément de la paroi intestinale sous forme de larves de quatrième stade (L4), un processus communément appelé « émergence massive » ou « cyathostominose ».

Cyathostominose larvaire

La cyathostominose larvaire est une affection grave et potentiellement mortelle, causée par l’invasion ou l’émergence de larves enkystées de petits strongles depuis la muqueuse intestinale. [8]

La cyathostominose de type I, qui survient généralement à la fin de l’automne ou au début de l’hiver, est déclenchée par l’invasion de larves L3 de cyathostomes dans la paroi intestinale. Cette invasion larvaire peut entraîner une perte de poids, des selles molles et des coliques. [8]

La cyathostominose de type II se manifeste à la fin de l’hiver ou au début du printemps, lorsque les larves L3 émergent simultanément de la paroi intestinale sous forme de larves de quatrième stade (L4) et pénètrent dans la lumière intestinale.

Cette émergence peut engendrer des lésions considérables de la paroi intestinale, causant une inflammation sévère, des troubles digestifs, de la diarrhée, des coliques, voire la mort. [8]

Ce phénomène d’émergence massive est relativement rare et généralement observé chez les jeunes chevaux porteurs d’une forte charge parasitaire de petits strongles. Toutefois, tout cheval peut en être affecté, peu importe la saison. Le taux de mortalité associé à cette pathologie peut atteindre 50 %. [5]

Grands strongles (Strongylus spp.)

Les grands strongles sont considérés comme l’un des parasites les plus pathogènes pouvant affecter les équidés. Heureusement, de nos jours, les infestations de grands strongles sont relativement rares chez les chevaux domestiques.

Les chevaux peuvent être atteints de trois espèces principales de grands strongles : [3][9][10]

  • Strongylus edentatus (strongle sans dents)
  • Strongylus vulgaris (strongle à deux dents)
  • Strongylus equinus (strongle à trois dents)

S. vulgaris, aussi connu sous le nom de ver du sang, est le grand strongle le plus important et le plus nuisible. Cependant, cette espèce n’est plus aussi répandue qu’autrefois grâce à l’utilisation généralisée des vermifuges. [4]

Les grands strongles se logent dans le cæcum et le côlon du cheval, où ils se nourrissent de sang et de tissus. Sans intervention, ils peuvent causer des dommages importants aux organes. [2]

Signes cliniques d’une infestation de grands strongles

Chez le cheval, les signes cliniques d’une infestation de grands strongles peuvent varier selon la gravité de l’infestation et l’espèce en cause. Les signes suivants peuvent indiquer une infestation par les grands strongles : [4][10]

  • Un faible état de chair
  • Une perte de poids
  • Une distension abdominale (apparence ballonée)
  • Un manque d’appétit
  • De mauvaises performances
  • Une mue retardée
  • De la diarrhée
  • Des coliques

Les infestations de grands strongles peuvent représenter un défi important, car elles peuvent entraîner des troubles gastro-intestinaux persistants qui entravent la fonction digestive. Cette altération de l’absorption des nutriments peut causer une perte de poids et une diminution des performances chez les chevaux concernés. [1]

Les grands strongles adultes migrent vers les vaisseaux sanguins et s’enfouissent dans les parois des artères, ce qui peut provoquer une inflammation et nuire à la circulation sanguine des intestins. En cas de lésions importantes, les chevaux peuvent développer une anémie secondaire ou mourir de complications liées à des coliques graves. [3]

Cycle de vie des grands strongles

Le cycle de vie des grands strongles débute avec la ponte des œufs par les femelles adultes dans le tube digestif. Le cheval expulse ces œufs via ses excréments, et les larves se développent dans le crottin pour atteindre le stade larvaire L3 après environ deux semaines. [3][4]

Une fois que les larves atteignent le stade infestant L3, les chevaux les ingèrent en mangeant des aliments ou des pâturages contaminés. Après l’ingestion, le processus de développement larvaire varie selon l’espèce de grand strongle.

Les cycles de vie des trois principales espèces de grands strongles sont décrits ci-dessous :

Strongylus vulgaris (strongle à deux dents)

Une fois ingérées, les larves de S. vulgaris pénètrent la muqueuse gastro-intestinale du cheval, généralement dans le cæcum ou le côlon. Elles muent en larves de quatrième stade (L4) dans la sous-muqueuse, puis migrent vers les petites artères. [3][4]

Par la suite, ces larves migrent dans l’artère mésentérique crâniale et ses branches, qui sont responsables de l’apport de sang oxygéné et de nutriments aux intestins. Dans de rares cas, les larves peuvent atteindre d’autres vaisseaux et se disperser dans tout le corps du cheval. [11]

Plusieurs mois plus tard, ces larves muent en larves de cinquième stade (L5) et retournent dans la paroi intestinale, où des nodules se forment autour d’elles. Ces nodules se rompent, libérant les jeunes parasites adultes dans la lumière intestinale.

Strongylus edentatus (strongle sans dents)

Après leur ingestion, les larves de S. edentatus pénètrent la muqueuse intestinale et migrent par la veine porte, prenant plusieurs jours pour atteindre le foie. Après environ deux semaines, elles muent et deviennent des larves L4, poursuivant leur migration à travers le foie, ce qui peut provoquer une inflammation. [3][10]

Environ six à huit semaines après l’infestation initiale, les larves L4 atteignent la paroi de la cavité abdominale (péritoine). Elles poursuivent leur migration, se dirigeant généralement vers les flancs et les ligaments hépatiques du cheval.

Après quatre mois, les larves atteignent leur cinquième stade de développement (L5) et migrent à travers la paroi de la cavité abdominale jusqu’à la paroi du gros intestin, où elles s’enkystent. Ces larves L5 deviennent adultes tout en étant enkystées, avant d’être libérées dans la lumière intestinale.

Une infestation de S. edentatus expose les chevaux à un risque d’hépatite (inflammation du foie) et de péritonite (inflammation du péritoine). [10]

Strongylus equinus (strongle à trois dents)

Après leur ingestion, les larves L3 de S. equinus pénètrent la paroi du cæcum et du côlon et s’enkystent dans la cavité abdominale dans l’espace d’une semaine. Contrairement aux autres grands strongles, cette espèce ne migre pas de façon aussi exhaustive. [3]

À l’intérieur des kystes, les larves L3 muent en larves L4 avant de traverser la paroi de la cavité abdominale pour atteindre le foie. Elles y séjournent pendant au moins six semaines avant de retourner vers le gros intestin. [3]

Diagnostic

Votre vétérinaire diagnostiquera une infestation de strongles chez votre cheval en évaluant son état général et son comportement, et en effectuant des tests diagnostiques. Les chevaux porteurs d’un grand nombre de strongles peuvent présenter de la léthargie, une perte de poids et un pelage de mauvaise qualité.

Le partage de l’historique de santé détaillé de votre cheval avec votre vétérinaire est une étape importante du diagnostic et permet à ce dernier d’évaluer le risque d’exposition aux parasites. Des informations précises permettront également d’élaborer un plan de traitement efficace et de recommander des pratiques de gestion visant à atténuer les risques futurs d’infestation parasitaire.

Coproscopie

La coproscopie est un test diagnostique quantitatif mesurant le nombre d’œufs de parasites présents dans les selles d’un cheval. Ce test est essentiel pour évaluer la charge parasitaire du cheval, notamment en ce qui concerne les parasites internes comme les strongles. [2][12]

Les résultats de la coproscopie peuvent être classés en trois catégories :

  • Forte excrétion : plus de 500 œufs par gramme (EPG) de matières fécales
  • Excrétion modérée : entre 200 et 500 œufs par gramme (EPG) de matières fécales
  • Faible excrétion : moins de 200 œufs par gramme (EPG) de matières fécales

Les chevaux sont classés comme excréteurs forts, modérés ou faibles selon le nombre d’œufs excrétés dans leur crottin. On estime qu’un cheval dont le résultat est élevé contribue de façon considérable à la contamination des pâturages, ce qui représente un risque pour les autres chevaux du groupe.

En général, les chevaux identifiés comme excréteurs faibles, modérés ou forts ont tendance à rester dans leur catégorie respective au fil du temps. Par exemple, il est fort probable qu’un cheval en bonne santé considéré comme un excréteur faible et gardé dans des conditions de gestion adéquates présente constamment des résultats de coproscopie faibles.

Test de réduction des œufs fécaux

Le test de réduction des œufs fécaux (Fecal Egg Count Reduction Test ou FECRT en anglais) est une procédure diagnostique visant à évaluer l’efficacité d’un vermifuge à réduire la charge parasitaire chez les chevaux. Ce test est essentiel pour surveiller et gérer la résistance des strongles aux anthelmintiques. [2]

Des échantillons de crottin sont prélevés avant l’administration du vermifuge et 10 à 14 jours après celui-ci. Après la vermifugation, la coproscopie devrait montrer une réduction substantielle du nombre d’œufs fécaux, généralement autour de 90 à 95 %, si le traitement est efficace.

Cependant, une diminution minime du nombre d’œufs suggère une résistance au sein de la population parasitaire, et un autre protocole de traitement peut être requis. [13]

Gardez à l’esprit que tous les chevaux partageant un espace ou un pâturage seront généralement atteints de la même population de parasites. Par conséquent, si un vermifuge spécifique est inefficace pour un cheval, il le sera probablement aussi pour les autres chevaux du troupeau. Le FECRT est généralement utilisé comme test de groupe, plutôt qu’individuel. [2]

Bien que le FECRT soit utile pour évaluer l’efficacité des vermifuges, de nombreux facteurs peuvent influencer les résultats, notamment les variations individuelles et la taille de l’échantillon.

Il est important de noter que la coproscopie et le FECRT ne fournissent aucune information sur le nombre total de strongles adultes ou de larves enkystées présentes dans l’organisme du cheval. Ces tests servent à évaluer la diminution du nombre d’œufs dans les matières fécales après un traitement, mais ne donnent pas un portrait global de toutes les phases du cycle du parasite dans l’organisme du cheval.

Traitement

Le traitement d’une infestation par des strongles chez les chevaux nécessite une approche globale pour gérer et contrôler efficacement les parasites, tout en prenant en compte les complications secondaires pouvant découler de pertes sanguines importantes ou de lésions graves à la muqueuse intestinale.

Il est essentiel de viser à la fois l’élimination immédiate des vers adultes, la gestion des larves enkystées, et la mise en place de mesures préventives afin de réduire les risques de réinfestation et de résistance aux anthelmintiques.

Une collaboration étroite avec votre vétérinaire est primordiale pour développer un plan de traitement personnalisé intégrant une vermifugation stratégique, une bonne gestion des pâturages et des pratiques d’hygiène appropriées, assurant ainsi les meilleurs résultats possibles pour la santé et le bien-être à long terme de votre cheval.

Médicaments vermifuges

Les anthelmintiques, ou vermifuges, sont des médicaments qui tuent les vers parasites chez le cheval. Des médicaments comme l’ivermectine, le fenbendazole, le pamoate de pyrantel et l’oxybendazole sont utilisés pour contrôler les infestations de petits et de grands strongles.

Autrefois, les chevaux étaient systématiquement vermifugés à intervalles réguliers. Cette méthode de traitement des parasites internes était considérée comme pratique et on croyait qu’elle offrait une large protection contre divers parasites.

Cette approche s’est avérée très efficace pour contrôler les infestations de S. vulgaris, car les traitements réguliers empêchaient les vers de parvenir à maturité et de reconstituer leur population. [2] Ainsi, les infestations importantes de grands strongles sont devenues relativement rares chez les chevaux.

Cependant, les petits strongles sont désormais devenus les principaux parasites, et leur cycle de vie particulier rend la vermifugation régulière moins efficace comme stratégie de gestion. En effet, l’utilisation excessive de certains vermifuges a favorisé l’apparition de résistance aux anthelmintiques chez des espèces de petits strongles. [3]

Pour faire face à cette résistance, l’industrie équine a adopté une approche de vermifugation stratégique. [3] Cette stratégie repose sur l’utilisation ciblée de vermifuges sous la supervision d’un vétérinaire.

De plus, il est impératif d’administrer le vermifuge à la dose recommandée en fonction du poids du cheval. Un sous-dosage peut favoriser le développement d’une résistance, puisque les populations de parasites exposées à des doses sublétales ont davantage de chances de survivre. [2]

Faut-il vermifuger tous les chevaux porteurs de strongles?

Les anthelmintiques ne devraient pas être administrés aux chevaux ne portant qu’une faible charge de strongles (moins de 200 œufs par gramme), sauf avis contraire du vétérinaire. La vermifugation inutile des chevaux dont les résultats de coproscopie sont faibles peut contribuer à une résistance aux anthelmintiques. [8]

Même si un cheval ne présentant qu’un faible résultat ne requiert pas nécessairement de vermifugation immédiate, un suivi via des coproscopies régulières demeure essentiel afin de maintenir sa charge parasitaire à un niveau gérable.

Vermifugation contre les petits strongles

Les petits strongles sont les parasites internes les plus couramment rencontrés chez les chevaux et peuvent engendrer des problèmes de santé graves. La résistance aux anthelmintiques est désormais très répandue chez les petits strongles; les traitements vermifuges doivent donc être efficaces pour éliminer les populations de parasites résistants. [2]

Lorsqu’ils sont enkystés, les petits strongles ne sont sensibles qu’à un nombre limité de vermifuges, ce qui rend leur traitement particulièrement complexe.

Les lactones macrocycliques, comme l’ivermectine et la moxidectine, sont sécuritaires à faibles doses et offrent un large spectre d’action. Bien qu’elles soient efficaces pour éliminer les strongles adultes immatures, leur efficacité contre les larves enkystées peut varier. [8][12]

La moxidectine est considérée comme l’un des derniers anthelmintiques encore efficaces contre les petits strongles, mais des études ont rapporté l’existence d’une résistance dans certaines populations équines. Les chevaux peuvent aussi développer une résistance aux traitements combinés utilisant plusieurs médicaments. [14]

Les benzimidazoles et le pyrantel peuvent être utilisés, mais leur efficacité se limite aux parasites adultes, et une résistance généralisée a été observée. Le fenbendazole, quant à lui, a une efficacité allant jusqu’à 95 % contre les larves de strongles et les parasites adultes. Toutefois, une résistance croissante au fenbendazole est également rapportée. [2][8]

Il est généralement recommandé d’alterner les anthelmintiques chaque année ou plus fréquemment. Les chevaux peuvent être traités avec des benzimidazoles une année, un pyrantel l’année suivante, puis une avermectine (ivermectine ou moxidectine) l’année d’après. [8] Cette stratégie permet de réduire les risques de résistance et de maintenir l’efficacité des traitements antiparasitaires.

Vermifugation contre les grands strongles

Les grands strongles sont généralement sensibles à tous les vermifuges. Le traitement standard pour les chevaux présentant une infestation importante de grands strongles consiste à administrer de l’ivermectine, du pamoate de pyrantel ou de la moxidectine. [2][10]

Prévention

Une gestion efficace des pâturages joue un rôle essentiel dans la prévention des infestations de strongles chez les chevaux. En appliquant des pratiques de gestion appropriées, les propriétaires peuvent réduire la contamination des pâturages et limiter la transmission des larves de strongles.

Retirez ou épandez régulièrement les tas de fumier ou d’excréments sur les pâturages. Cela favorise un broutage uniforme tout en réduisant la population de parasites. [6]

Les larves de strongles préfèrent les environnements sombres, chauds et humides, que l’on retrouve souvent dans les tas de crottin ou les herbes hautes. La dispersion des tas de crottin via le hersage ou le ratissage des pâturages lors de journées chaudes et sèches expose les larves à la lumière du soleil, ce qui réduit leur viabilité. [8][12]

Pour perturber le cycle de vie des strongles et réduire la présence de larves, les pâturages devraient être tondus régulièrement et maintenus à une hauteur plus courte (entre 3 et 8 pouces ou 8 à 20 cm). La mise en place d’un système de rotation des pâturages permet de créer des périodes de repos et contribue également à limiter les infestations de strongles.

Pronostic

Le pronostic de la strongylose chez les chevaux dépend de plusieurs facteurs, notamment de la gravité de l’infestation, de l’état de santé général du cheval, de l’efficacité du traitement et de la mise en œuvre de mesures de contrôle des parasites.

En intervenant rapidement, la plupart des infestations légères à modérées de petits strongles peuvent être résolues avec succès grâce à des protocoles de vermifugation adaptés et à une bonne gestion des pâturages.

Les infestations de grands strongles sont plus préoccupantes, car ces parasites peuvent causer des lésions tissulaires importantes durant leur phase migratoire. Si elles ne sont pas traitées, elles peuvent entraîner de graves coliques ou d’autres problèmes de santé majeurs.

En général, avec une prise en charge efficace, le pronostic des infestations de strongles chez les chevaux est favorable. La collaboration avec votre vétérinaire et le respect d’un programme complet de contrôle des parasites contribueront à préserver la santé et le bien-être de votre cheval tout en limitant les impacts liés aux infestations de strongles.

Questions fréquemment posées

Voici quelques questions fréquemment posées sur les infestations de strongles chez les chevaux :

Résumé

Les strongles sont des vers parasites qui infectent le tube digestif des chevaux et figurent parmi les parasites équins les plus répandus et les plus dommageables. Les grands comme les petits strongles peuvent provoquer de l’inflammation, une perte de poids et des coliques s’ils ne sont pas traités.

  • Les infections à strongles touchent jusqu’à 99 % des chevaux dans le monde, les petits strongles étant les plus fréquents
  • Ces parasites se propagent par des larves ingérées sur des pâturages contaminés, affectant le cæcum et le côlon
  • L’utilisation excessive de vermifuges a entraîné une résistance croissante aux anthelminthiques, rendant le traitement ciblé essentiel
  • Des dénombrements réguliers des œufs dans les fèces, un vermifugage stratégique et une bonne gestion des pâturages sont essentiels à la prévention et au contrôle
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Références

  1. Khan, M. A. et al. Horse Health. J Anim Plant Sci. 2015.
  2. Nielsen, M. K. et al. AAEP Parasite Control Guidelines. American Association of EquinePractitioners. 2019.
  3. Shite, A. et al. Large Strongyles Parastes in Equine: A Review. Adv Biol Res. 2015.
  4. Strongylus vulgaris. University of Saskatchewan. 2021.
  5. Corning, S. Equine cyathostomins: a review of biology, clinical significance and therapy. Parasites & Vectors.2009. View Summary
  6. Teutsch, C. D. & Hoffman, R. M. Virginia’s Horse Pastures: Grazing Management. Virginia Cooperative Extension. 2009.
  7. Nielsen, M. K. Larval cyathostominosis in Horses. Merck Veterinary Manual. 2019.
  8. Fisher, M. et al. Cyathostomins: small strongyles. Vetlexicon. Accessed at July 20, 2023.
  9. Davis, G. et al. Horse Health. Alberta Agriculture, Food and Rural Development.Accessed at July 17, 2023.
  10. Baxter, R. et al. Strongyle infestation: large. Vetlexicon. Accessed at July 17, 2023.
  11. Buergelt, C.D. et al. Endocarditis in Six Horses. Vet Pathol. 1985. View Summary
  12. Stewart, A. J. Parasite Control in Horses. Merck Veterinary Manual. 2022.
  13. Vidyashankar, A. N. et al. Statistical and biological considerations in evaluating drug efficacy in equine strongyle parasites using fecal egg count data. Vet Parasitol. 2012. View Summary
  14. Abbas, G. et al. Cyathostomin resistance to moxidectin andcombinations of anthelmintics in Australian horses. Parasites and Vectors. 2021.