Les vocalisations et les sons des chevaux peuvent fournir de précieux indices sur les émotions, les interactions sociales et le bien-être physique d’un cheval. Apprendre à reconnaître ces sons peut aider les propriétaires à mieux comprendre ce que leurs chevaux communiquent.

Certains sons, comme les hennissements, les hennissements doux et les couinements, servent principalement à des fins sociales. D’autres, notamment les ébrouements, les gémissements, la toux et les bruits respiratoires anormaux, doivent être interprétés en tenant compte du langage corporel du cheval et des circonstances environnantes.

Bien que la plupart des sons émis par les chevaux soient normaux, un bruit nouveau ou persistant peut nécessiter une attention particulière, surtout s’il s’accompagne de douleur, de difficultés respiratoires ou de changements de comportement.

Poursuivez votre lecture pour découvrir les vocalisations et les sons courants chez les chevaux, ce qu’ils peuvent signifier et quand communiquer avec votre vétérinaire.

Pourquoi les chevaux communiquent par des sons

Les chevaux communiquent constamment, à la fois par des sons, le langage corporel et des comportements. Les vocalisations d’un cheval transmettent de l’information sur ce qu’il ressent, ce dont il a besoin et ce qu’il remarque dans son environnement.

Certains sons sont sans équivoque, comme un hennissement qui porte à travers un pâturage. D’autres sont faciles à manquer à moins de savoir quoi écouter, comme le doux hennissement qu’une jument adresse à son poulain ou le grondement sourd qui peut signaler un problème respiratoire chez un cheval monté sous la selle.

Pour comprendre ces sons, il faut d’abord reconnaître que les chevaux utilisent à la fois des signaux vocaux et non vocaux. Certains appels sont adressés à d’autres chevaux sur de longues distances, tandis que les sons plus discrets ne prennent leur sens que lorsqu’ils sont interprétés en tenant compte de la posture du cheval, de son expression faciale et de son environnement immédiat.

Les chevaux comptent beaucoup sur les signaux visuels pour communiquer, de la position des oreilles à l’angle de la tête et de l’encolure. Cependant, les signaux visuels ne fonctionnent qu’à courte distance ou lorsque la ligne de vue est dégagée.

Le son peut porter sur de longues distances et ne dépend pas de la visibilité, ce qui permet aux chevaux de communiquer d’un pâturage à l’autre, dans l’obscurité ou lorsque le contact visuel est limité. Cela pourrait contribuer à expliquer pourquoi les chevaux utilisent une gamme restreinte, mais distincte, de sons reconnaissables. [1]

Les chercheurs en comportement divisent les sons produits par les chevaux en deux grandes catégories : [1]

  • Les sons vocaux, notamment le hennissement, le hennissement doux, le couinement et le cri, font intervenir le larynx et les cordes vocales.
  • Les sons non vocaux, notamment l’ébrouement, le souffle et le ronflement, résultent du passage de l’air dans les voies nasales et la bouche sans faire intervenir le larynx.

Les deux types de sons transmettent de l’information. Les sons d’un cheval peuvent révéler son sexe, sa taille corporelle, son identité individuelle, son état émotionnel et sa condition physique du moment. [1][2][3]

La recherche montre également que les chevaux peuvent utiliser des indices vocaux pour reconnaître les individus, en réagissant différemment lorsque l’appel d’un cheval familier ne correspond pas au cheval qu’ils ont vu récemment. [4]

La quantité d’information contenue dans ce petit nombre de sons aide à comprendre pourquoi il est important pour toute personne qui côtoie des chevaux de comprendre leurs vocalisations.

Vocalisations courantes chez le cheval

Les sons vocaux font intervenir le larynx, ce qui signifie que le cheval utilise activement ses cordes vocales pour les produire.

Les vocalisations ont tendance à être les sons les plus forts et les plus reconnaissables, et elles ont fait l’objet de plus d’études scientifiques que les sons non vocaux. Chaque son vocal remplit une fonction sociale relativement précise, bien que sa signification exacte puisse varier selon le cheval et le contexte.

Tableau 1. Sons émis par les chevaux et leur signification en un coup d’œil

Son À quoi il ressemble Signification ou contexte courant Quand intervenir
Hennissement
  • Appel fort portant sur une longue distance
  • Commence dans les graves et monte dans les aigus
  • Maintient le contact après une séparation
  • Peut transmettre des renseignements sur l’identité et l’état émotionnel
  • Habituellement normal
  • Tenez compte de la situation du cheval et de son langage corporel
Hennissement doux
  • Appel doux et grave émis la bouche fermée
  • Salutation ou comportement d’attachement à courte distance
  • Fréquent pendant la parade nuptiale, les interactions entre la jument et son poulain et les repas
  • Habituellement normal
Couinement
  • Son aigu et perçant
  • Établit une limite lors d’un contact rapproché
  • Indique souvent qu’un cheval veut plus d’espace
  • Surveillez l’interaction
  • Séparez les chevaux si la situation dégénère en coups de membres antérieurs ou de pieds
Cri
  • Appel extrêmement fort et prolongé, semblable à un couinement
  • Conflit sérieux
  • Douleur aiguë ou peur extrême
  • Vérifiez immédiatement la situation
  • Évaluez si des soins vétérinaires urgents sont nécessaires
Ébrouement
  • Expiration courte, puissante et vibrante par les naseaux
  • Peut indiquer le contentement ou la vigilance
  • Sa signification dépend de la posture et de l’environnement
  • Observez le langage corporel du cheval
  • Une posture détendue suggère le contentement; une tension visible suggère la vigilance
Souffle
  • Expiration douce et contrôlée
  • Examen d’un objet, d’une odeur ou d’un endroit inconnu
  • Habituellement normal
  • Laissez au cheval le temps et l’espace nécessaires pour examiner ce qui l’entoure
Gémissement
  • Son grave et prolongé
  • Peut survenir lorsque le cheval se roule, s’étire ou se détend
  • Peut également indiquer une douleur abdominale
  • Communiquez immédiatement avec un vétérinaire si le gémissement s’accompagne de roulades, de coups de pied au sol, de transpiration ou de tentatives répétées de se coucher
Soupir
  • Longue expiration audible par le nez
  • Marque souvent un relâchement après une période de tension ou un effort
  • Habituellement normal
  • Interprétez-le en tenant compte de la posture et des circonstances
Ronflement
  • Son respiratoire rythmique et vibrant
  • Fréquent pendant le sommeil profond
  • Peut refléter un rétrécissement des voies respiratoires lorsque le cheval est éveillé
  • Signalez à un vétérinaire les ronflements fréquents lorsque le cheval est éveillé
  • Consultez rapidement si la respiration semble laborieuse
Cornage
  • Bruit de sifflement rauque pendant l’inspiration
  • Plus perceptible pendant l’exercice
  • Peut indiquer une hémiplégie laryngée et une restriction du passage de l’air
  • Planifiez un examen vétérinaire
  • Une endoscopie respiratoire est nécessaire pour poser le diagnostic
Toux
  • Expulsion forcée d’air hors des poumons
  • Une toux isolée peut survenir après avoir mangé du foin ou au début de l’exercice
  • Une toux répétée peut indiquer une inflammation ou une infection des voies respiratoires
  • Communiquez avec un vétérinaire si la toux persiste, revient pendant l’exercice ou s’accompagne d’un écoulement nasal ou d’une respiration laborieuse
Grincement de dents
  • Grincement ou grondement audible provenant des dents
  • Peut indiquer une douleur dentaire, un inconfort gastrique, de l’anxiété ou une autre source de douleur
  • Planifiez rapidement une évaluation vétérinaire, surtout si le grincement apparaît soudainement

Hennissement

Le hennissement est la vocalisation la plus forte et la plus longue du cheval. Il peut porter d’un bout à l’autre d’un pâturage et constitue souvent le premier son que les gens associent aux chevaux. Un hennissement commence généralement sur une note plus grave, puis monte vers un son plus aigu et prolongé, produisant simultanément deux fréquences qui se chevauchent. [1]

Les chevaux utilisent principalement les hennissements pour maintenir le contact sur de longues distances, surtout après avoir été séparés d’un compagnon de troupeau.

Les recherches sur les caractéristiques des hennissements montrent que ces appels fournissent des indices fiables sur le sexe, la taille corporelle et l’identité de l’individu qui les émet. Les chevaux réagissent également différemment aux compagnons de troupeau familiers et aux chevaux inconnus. [2]

Cette capacité à reconnaître les individus va au-delà des sons. Une étude a révélé que les chevaux peuvent associer la voix d’une personne familière à son visage, ce qui laisse croire qu’ils se forment une représentation plus globale des individus familiers qui combine l’identité vocale et l’apparence visuelle. [4]

Des chercheurs ont déterminé que les indices acoustiques équins peuvent comporter deux fréquences simultanées associées à la valence émotionnelle (selon qu’une expérience est positive ou négative) et à l’activation émotionnelle (le degré d’intensité d’une émotion). Cela laisse entendre que les chevaux peuvent communiquer des expériences mentales très complexes par leurs hennissements. [3]

Nickering

Beaucoup plus discret qu’un hennissement, le nickering est produit alors que le cheval garde la bouche fermée et ne porte que sur une courte distance. Il s’accompagne souvent d’un léger souffle par les naseaux.

Le nickering se produit dans plusieurs contextes précis. Un étalon peut émettre ce son lorsqu’il courtise une jument, et une jument émet souvent un nickering doux à l’intention de son poulain. De nombreux chevaux produisent également ce son à l’heure des repas ou lorsqu’ils saluent un manipulateur familier. [1]

Comme ce son ne porte que sur une très courte distance, l’auditeur doit généralement se trouver à proximité. Pour cette raison, le nickering est généralement considéré comme un signal de rapprochement à courte portée plutôt que comme un appel destiné à être entendu à distance, comme le hennissement.

Couinement

Les chevaux couinent souvent lorsqu’une salutation amicale devient indésirable ou lorsqu’un cheval examine un autre cheval. Ce son aigu et perçant est généralement émis la bouche fermée et survient fréquemment lors d’interactions rapprochées, particulièrement lorsque les chevaux se reniflent nez à nez.

Lorsque deux chevaux se rencontrent pour la première fois, ils commencent souvent par se renifler mutuellement afin d’échanger des renseignements sur leur identité, leur sexe et leur statut reproducteur.

Un couinement suit fréquemment cette salutation et agit comme un signal immédiat servant à établir une limite, indiquant à l’autre cheval de s’éloigner. Les juments couinent souvent pour repousser les avances d’un étalon, et les couinements font également partie des interactions normales entre étalons. [5]

La plupart des échanges de couinements prennent fin lorsqu’un cheval cède du terrain ou que l’autre respecte la limite. Si l’interaction dégénère en coups de membres antérieurs ou en coups de pied, suivez des pratiques sécuritaires de manipulation des chevaux et séparez les chevaux afin de réduire le risque de blessure.

Dans un échange isolé, un couinement indique rarement un danger sérieux. Il signifie généralement qu’un cheval demande plus d’espace.

Cri aigu

Peu de propriétaires entendent un jour un cheval pousser un cri aigu. Ce cri est le son le plus intense du répertoire vocal du cheval. Il ressemble à un couinement, mais il est plus fort et plus long, et il est associé à un conflit sérieux, à une douleur aiguë ou à une peur extrême. [1]

Lorsqu’un cheval pousse ce cri, c’est généralement pendant un combat sérieux entre chevaux ou en réaction à un événement soudain causant une douleur intense. Comme ce son reflète un niveau d’excitation extrêmement élevé, il faut en rechercher immédiatement la cause et évaluer si des soins vétérinaires sont nécessaires.

Sons équins non vocaux

Les sons produits par un cheval ne font pas tous intervenir le larynx. De nombreux sons familiers résultent du passage de l’air par les naseaux ou la bouche sans intervention des cordes vocales.

On pensait autrefois que ces sons servaient principalement à des fonctions pratiques, comme dégager les voies respiratoires. Des recherches plus récentes suggèrent que plusieurs transmettent également des informations émotionnelles significatives et que, dans certains cas, ils peuvent indiquer presque le contraire de ce que les propriétaires de chevaux ont traditionnellement supposé.

Ébrouement

Un ébrouement est une expulsion d’air courte et puissante par les naseaux, souvent accompagnée d’une vibration lorsque l’air les traverse. [1]

L’ébrouement a traditionnellement été interprété comme un signe de vigilance ou d’alarme légère, et il peut remplir cette fonction lorsqu’un cheval remarque quelque chose d’inhabituel. Cependant, des recherches comparant des chevaux dans différentes conditions d’hébergement et de sortie au paddock ont également observé la tendance inverse. [6]

Les chevaux produisaient davantage d’ébrouements dans des situations déjà considérées comme positives, comme la sortie au pâturage avec d’autres chevaux. Les chevaux ayant de meilleurs scores globaux de bien-être s’ébrouaient également plus souvent que ceux dont les scores de bien-être étaient moins bons. [6]

Cela suggère qu’un cheval qui s’ébroue en se détendant au pâturage ou en se reposant confortablement après le travail peut exprimer du contentement plutôt que de l’alarme. Le contexte demeure important pour l’interprétation : un ébrouement accompagné d’une tête relevée, de yeux grands ouverts et d’une tension visible correspond davantage à un état de vigilance.

Souffle

Un souffle est une version plus douce et plus silencieuse de l’ébrouement. Il se produit généralement lorsqu’un cheval examine de près quelque chose d’inhabituel, comme un nouvel objet, une odeur inhabituelle ou un endroit inexploré. Contrairement à l’ébrouement, le souffle n’a pas de caractère brusque ou vibrant et ressemble davantage à une expiration contrôlée. [1]

Les chevaux soufflent souvent lorsqu’ils s’approchent prudemment de quelque chose et recueillent de l’information par l’odorat avant de décider comment réagir. À lui seul, un souffle indique rarement une source d’inquiétude. Il signifie généralement que quelque chose a attiré l’attention du cheval et qu’il est en train de l’examiner.

Gémissement

Se relever après une sieste, se rouler dans la terre et souffrir de coliques peuvent tous produire le même son de base : un gémissement. Ce son grave et prolongé peut avoir des significations très différentes selon le moment où il se produit. [1]

Un grognement pendant qu’un cheval se roule ou s’étire peut indiquer du contentement plutôt que de la détresse. Le même son pendant un épisode de douleur abdominale constitue un signe d’alerte. Les chevaux qui souffrent de coliques peuvent se rouler et grogner en même temps, et cette combinaison justifie un appel immédiat à votre vétérinaire.

Comme la signification dépend du contexte, tenez compte de ce que le cheval faisait immédiatement avant et après l’émission du son. Vérifiez la présence d’autres signes de coliques, notamment le fait de gratter le sol, de transpirer ou de tenter à répétition de se coucher.

Soupir

Après un moment de tension, de nombreux chevaux expirent longuement et de façon audible par le nez, un comportement couramment décrit comme un soupir. Il s’accompagne souvent d’un abaissement visible de la tête et de l’encolure, et les cavaliers peuvent le remarquer pendant une pause au pas après une séance d’entraînement exigeante.

Les chercheurs interprètent le soupir comme un comportement de relâchement plutôt qu’un signal d’alarme. Des tendances semblables sont observées chez d’autres espèces, chez lesquelles l’expiration détendue devient plus fréquente après la fin d’une séquence stressante. [6]

Cela appuie l’idée qu’un soupir marque la fin d’une réponse au stress plutôt que son début. Il doit toutefois être interprété en tenant compte de la posture du cheval et des circonstances environnantes.

Ronflement

Un cheval couché à plat pendant une phase de repos profond peut produire un ronflement rythmique et vibrant. Les chevaux ne se couchent généralement complètement que lorsqu’ils se sentent suffisamment en sécurité dans leur environnement, car cette position réduit leur capacité à réagir rapidement.

Un ronflement occasionnel pendant un repos normal n’est généralement pas préoccupant. Un ronflement fréquent ou fort lorsqu’un cheval est éveillé et debout, surtout s’il s’accompagne d’une respiration laborieuse, peut indiquer un rétrécissement des voies respiratoires supérieures. [1]

Si le ronflement survient régulièrement en dehors des périodes de sommeil profond, mentionnez-le à votre vétérinaire. Il peut être associé à des troubles des voies respiratoires supérieures. Se renseigner sur les cycles normaux de sommeil chez le cheval peut également aider les propriétaires à distinguer les sons liés au repos des bruits respiratoires anormaux.

Sons pouvant signaler un problème de santé

La plupart des sons émis par les chevaux font partie de leur communication normale, mais certains peuvent indiquer un véritable problème de santé.

Il est utile de considérer ces sons séparément des vocalisations sociales, car la détection précoce d’un son anormal peut favoriser une évaluation vétérinaire rapide.

Cornage (hémiplégie laryngée)

Le cornage désigne un bruit rauque et sifflant pendant l’inspiration lorsqu’un cheval respire fortement pendant l’exercice. Il résulte d’une hémiplégie laryngée, une affection dans laquelle un côté du larynx devient partiellement ou complètement paralysé.

Le côté atteint ne peut plus s’ouvrir complètement pour permettre le passage de l’air. Cette affection est plus fréquente chez les Pur-sang, touchant jusqu’à 8 % de la population, et chez les races de chevaux de trait, touchant jusqu’à 35 %. [7]

Les chevaux atteints peuvent présenter une tolérance réduite à l’exercice en plus du bruit, car le rétrécissement des voies respiratoires limite le passage de l’air pendant un effort intense. L’affection peut également progresser à mesure que les lésions nerveuses sous-jacentes s’aggravent. [8]

Si vous entendez un sifflement ou un rugissement pendant l’exercice, un examen vétérinaire avec endoscopie respiratoire est nécessaire pour confirmer l’hémiplégie laryngée et en évaluer la gravité.

De nombreux chevaux atteints de formes légères continuent de travailler avec succès, tandis que ceux présentant une obstruction plus importante des voies respiratoires peuvent nécessiter une correction chirurgicale. [8]

Toux chronique

La toux n’est pas techniquement une vocalisation, mais les propriétaires peuvent la remarquer en même temps que des sons comme des ronflements ou une respiration bruyante. Une toux isolée occasionnelle lorsqu’un cheval commence à bouger ou après avoir mangé du foin peut ne pas être préoccupante.

Cependant, une toux répétée ou chronique, surtout si elle survient pendant l’exercice ou persiste pendant plus de quelques jours, peut indiquer une inflammation des voies respiratoires ou une infection respiratoire. Une toux accompagnée d’un écoulement nasal ou d’une respiration laborieuse justifie une consultation vétérinaire rapide.

Grincement des dents (bruxisme)

Le grincement des dents, ou bruxisme, produit un son audible de grincement ou de grondement plutôt qu’une véritable vocalisation. Il s’agit toutefois de l’un des sons au sujet desquels les propriétaires posent souvent des questions.

Les chevaux peuvent grincer des dents pour plusieurs raisons, notamment une douleur dentaire, un inconfort gastrique et l’anxiété. [9]

Chez les poulains, le bruxisme survient souvent en même temps que des ulcères gastriques. [10] Chez les chevaux adultes, un grincement des dents d’apparition soudaine est souvent associé à une source sous-jacente de douleur, et le comportement peut cesser une fois la douleur résolue.

Comme le grincement peut avoir plusieurs causes possibles, une évaluation vétérinaire rapide est plus appropriée que d’attendre pour voir si le comportement disparaît de lui-même.

Comment interpréter les sons de votre cheval

Aucun son ne raconte toute l’histoire à lui seul. Une même vocalisation peut avoir différentes significations selon la posture du cheval, la position de ses oreilles et les circonstances environnantes.

Interprétez les sons dans leur contexte et en tenant compte des autres indices comportementaux et physiques afin d’obtenir un portrait plus fiable.

Interpréter les sons en fonction du langage corporel

La position des oreilles et le port général de l’encolure peuvent modifier la façon dont un son doit être interprété. Des recherches utilisant un codage détaillé des expressions faciales et du corps ont montré que les chevaux affichent une encolure plus haute et plus détendue, avec les oreilles vers l’avant dans des situations positives, comparativement à une encolure plus basse et aux oreilles plaquées vers l’arrière dans des situations négatives. [11]

Un renâclement accompagné d’une posture détendue et des oreilles vers l’avant correspond davantage à un état de contentement. Le même son accompagné d’oreilles plaquées vers l’arrière et d’une tête relevée et tendue évoque davantage un état d’alerte.

Les recherches sur les expressions faciales ajoutent une autre dimension. Les chevaux présentent des changements mesurables autour des yeux, des oreilles et du museau lorsqu’ils ressentent de la douleur, et ces indices faciaux peuvent survenir en même temps que d’autres signes d’inconfort, comme des gémissements ou le grincement des dents. [12]

Observer le visage et la posture du cheval peut aider à déterminer si un son reflète un inconfort ou une réaction plus bénigne. Une évaluation plus complète de la douleur chez le cheval peut aussi aider les propriétaires à reconnaître les changements subtils qui justifient l’intervention d’un vétérinaire.

Quand appeler le vétérinaire

La plupart des sons émis par les chevaux font partie de leur communication quotidienne. Cependant, des sons nouveaux, persistants ou anormaux dans leur contexte peuvent justifier une évaluation vétérinaire, particulièrement lorsqu’ils s’accompagnent de changements de comportement ou de condition physique.

Communiquez avec votre vétérinaire si vous observez :

  • Un cornage ou un sifflement pendant l’exercice, surtout s’il s’accompagne d’une diminution de la tolérance à l’effort
  • Des gémissements accompagnés de roulades, de coups de pied au sol, de transpiration ou de tentatives répétées de se coucher
  • Un grincement des dents d’apparition soudaine ou associé à d’autres signes de douleur
  • Une toux persistante ou une respiration bruyante, particulièrement en présence d’un écoulement nasal ou d’une respiration laborieuse
  • Tout son inhabituel accompagné d’un changement notable de l’appétit, de l’énergie, de la posture ou des mouvements

Ces signes peuvent avoir plusieurs causes possibles, et un son à lui seul ne permet pas d’établir un diagnostic. Un vétérinaire peut évaluer les voies respiratoires, le système digestif, les dents et d’autres sources potentielles de douleur ou d’inconfort, selon le cas.

Ne retardez pas les soins vétérinaires si un cheval a de la difficulté à respirer ou présente des signes de douleur abdominale intense. Une évaluation rapide peut aider à déterminer la cause et à orienter le traitement approprié.

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Comprendre les sons et les vocalisations des chevaux

Les sons émis par les chevaux offrent un aperçu utile de leur communication, de leurs émotions et de leur bien-être physique. Les hennissements, les hennissements doux, les couinements et les autres vocalisations aident les chevaux à communiquer socialement et à réagir à leur environnement.

Les sons non vocaux comme les renâclements, les souffles, les soupirs et les ronflements peuvent également fournir des renseignements utiles lorsqu’ils sont considérés en parallèle avec le comportement du cheval et son environnement.

Le contexte est essentiel pour interpréter ce qu’un cheval communique. Observer ses oreilles, ses yeux, sa posture, ses mouvements et son activité avant et après un son permet d’obtenir un portrait plus fiable que d’écouter le son de façon isolée.

Les propriétaires devraient se familiariser avec la gamme normale de sons de chaque cheval. Un bruit nouveau, persistant ou d’une intensité inhabituelle mérite une attention plus étroite, surtout s’il s’accompagne de changements de l’appétit, de l’énergie, des performances, de la respiration ou des mouvements.

Le cornage pendant l’exercice, la toux répétée, le grincement soudain des dents, la respiration laborieuse et les gémissements accompagnés de signes de colique justifient une évaluation vétérinaire. Une difficulté à respirer ou des signes de douleur abdominale intense nécessitent des soins immédiats.

Une observation régulière permet de distinguer plus facilement les communications habituelles d’un changement significatif. Lorsqu’un son semble inhabituel ou que sa cause n’est pas claire, notez le moment où il se produit ainsi que tout signe qui l’accompagne, puis transmettez ces renseignements à votre vétérinaire.

Cette combinaison d’écoute attentive, d’observation du comportement et de conseils professionnels obtenus au moment opportun constitue la meilleure base pour protéger le confort, la santé et les performances du cheval.

Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées sur les vocalisations et les sons des chevaux :

Résumé

Les vocalisations et les sons non vocaux des chevaux peuvent fournir des renseignements sur les interactions sociales, l’état émotionnel et la santé physique. L’interprétation de chaque son en tenant compte du langage corporel du cheval et des circonstances permet de distinguer une communication normale de signes d’alerte potentiels.

  • Les hennissements, les hennissements doux, les couinements et les cris remplissent des fonctions sociales et émotionnelles distinctes
  • Les renâclements, les soufflements, les soupirs et les ronflements sont produits sans faire intervenir le larynx et doivent être interprétés selon le contexte
  • Une posture détendue peut indiquer qu’un renâclement reflète le contentement, tandis qu’une tension visible correspond davantage à un état d’alerte
  • Un bruit de cornage pendant l’exercice peut indiquer une hémiplégie laryngée et nécessite un examen vétérinaire comprenant une endoscopie des voies respiratoires
  • Une toux persistante, un grincement soudain des dents, une respiration laborieuse ou des gémissements accompagnés de signes de colique justifient une consultation vétérinaire
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Références

  1. Yeon. S. C. Acoustic communication in the domestic horse (Equus caballus). Journal of Veterinary Behavior. 2012.
  2. Lemasson. A. et al. Horse (Equus caballus) whinnies: a source of social information. Animal Cognition. 2009. View Summary
  3. Briefer. E. F. et al. Segregation of information about emotional arousal and valence in horse whinnies. Scientific Reports. 2015. View Summary
  4. Proops. L. et al. Cross-modal individual recognition in domestic horses (Equus caballus). Proceedings of the National Academy of Sciences. 2009. View Summary
  5. Torres Borda. L. et al. Equine Social Behaviour: Love, War and Tolerance. Animals. 2023. View Summary
  6. Stomp. M. et al. An unexpected acoustic indicator of positive emotions in horses. PLOS ONE. 2018. View Summary
  7. Boone. L. Laryngeal Hemiplegia in Horses. Merck Veterinary Manual. 2024.
  8. Laryngeal Hemiplegia in Horses. American College of Veterinary Surgeons.
  9. Torcivia. C. and McDonnell. S. Equine Discomfort Ethogram. Animals. 2021. View Summary
  10. Andrews. F. M. Gastric Ulcers in Horses. Merck Veterinary Manual. 2024.
  11. Phelipon. R. et al. Characterisation of facial expressions and behaviours of horses in response to positive and negative emotional anticipation using network analysis. PLOS ONE. 2025. View Summary
  12. Dalla Costa. E. et al. Development of the Horse Grimace Scale (HGS) as a Pain Assessment Tool in Horses Undergoing Routine Castration. PLOS ONE. 2014.