Les blessures des chevaux peuvent être alarmantes, surtout lorsqu’il s’agit de coupures ou de lacérations graves. Les plaies sont le deuxième problème d’urgence le plus fréquent dans les soins équins.
Les chevaux sont souvent blessés par leur environnement, que ce soit par des objets tranchants tels que des clous ou des piquets de clôture dans leur pâturage, des bords rugueux dans les écuries, ou même par d’autres chevaux. Les blessures peuvent également être causées par des glissades ou des chutes pendant l’équitation ou l’entraînement, ainsi que par des équipements mal ajustés ou cassés.
Il est essentiel de soigner rapidement les plaies pour assurer la santé et le bien-être de votre cheval. Si les blessures mineures peuvent souvent être traitées par le propriétaire du cheval, les conseils d’un vétérinaire sont indispensables pour les blessures plus graves.
Le traitement peut s’avérer difficile en fonction du type de blessure, de son emplacement, et de sa gravité. [1] Cependant, avec des soins diligents, la plupart des blessures guérissent avec des complications minimales, ce qui permet à votre cheval de reprendre ses activités normales.
Soins des plaies
Les plaies chez les chevaux peuvent être classées en fonction de leur cause, de leur profondeur et de leur emplacement. Reconnaître le type de plaie est la première étape pour déterminer les soins appropriés.
Il existe quatre principaux types de plaies chez les chevaux : [2]
- Les perforations : ces plaies apparemment mineures peuvent masquer des dommages importants sous la surface de la peau, sont sujettes à l’infection et présentent le risque le plus élevé de contracter une infection par le tétanos. La peau peut guérir avant les tissus sous-jacents, ce qui complique le traitement. Les plaies par perforation doivent être laissées ouvertes et régulièrement rincées (lavées).
- Les incisions : ces plaies franches ont tendance à avoir des bords lisses et peuvent souvent être suturées, agrafées ou collées pour faciliter la cicatrisation.
- Les lacérations : caractérisées par des bords irréguliers, les lacérations peuvent entraîner des lésions sous-jacentes aux tissus mous et sont sujettes à l’infection. Ce type de plaie nécessite souvent un débridement (retrait des tissus endommagés et/ou des corps étrangers) et est généralement traité comme une plaie ouverte.
- Les abrasions : ces plaies cutanées superficielles sont généralement mineures, mais nécessitent un nettoyage approfondi. Elles peuvent être traitées avec des applications topiques.
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Emplacements des plaies
L’emplacement des plaies chez les chevaux est souvent associé aux zones les plus exposées ou sujettes aux blessures en raison de l’environnement et du comportement du cheval.
Voici quelques exemples de blessures que les chevaux peuvent subir sur différentes parties de leur corps :
- Sur les jambes et les pieds : ces parties du corps sont sujettes à des blessures telles que des coupures, des abrasions et des perforations dues à des objets tranchants sur le sol.
- Sur la tête et le cou : la tête et le cou sont susceptibles aux plaies causées par des chocs contre les installations de l’écurie ou lors d’interactions avec d’autres chevaux.
- Sur les flancs et les côtés : les chevaux peuvent se blesser en heurtant des bords tranchants dans leur environnement.
- Sur le dos et l’arrière-train : les chevaux sont à risque d’écorchures et de morsures, en particulier dans les zones boisées ou lors d’interactions sociales avec d’autres chevaux.
- Dans les yeux et sur les oreilles : ces parties du corps sont vulnérables aux dommages causés par les débris, la végétation ou les conflits avec d’autres animaux.
L’emplacement de la plaie a une incidence sur le traitement et la guérison, ainsi que le risque de complications potentielles. Les zones à forte mobilité, qui sont exposées à la saleté ou dont la circulation sanguine est limitée, nécessitent souvent des soins plus complexes et un temps de guérison prolongé.
Plaies des membres inférieurs
Les blessures aux membres inférieurs des chevaux sont fréquentes et souvent causées par des objets étrangers tels que des clôtures, des barrières, des outils agricoles et des matériaux de construction. Ces plaies peuvent être plus difficiles à traiter en raison de la mauvaise circulation, du mouvement des articulations et du manque de tissu mou entre la peau et l’os. [3]
Les plaies sur les membres inférieurs sont plus susceptibles de développer une hypergranulation des plaies qu’ailleurs sur le corps, principalement à cause de la diminution de la circulation sanguine dans cette région. [12]
Les plaies sur les membres inférieurs sont également plus exposées à la contamination environnementale, ce qui peut entraîner une infection et des complications. [2] Ces plaies peuvent également endommager les structures sous-jacentes, ce qui entraîne une inflammation chronique. [3]
Les plaies des membres inférieurs augmentent souvent en taille après la blessure initiale. Les plaies peuvent doubler de volume au cours des deux premières semaines, souvent en raison de la tension de la peau, du manque de couverture musculaire et du mouvement du membre. [4]
Les blessures des membres inférieurs peuvent affecter des éléments critiques tels que les tendons fléchisseurs ou le ligament suspenseur. Ces types de blessures peuvent nécessiter une réparation chirurgicale pour restaurer la fonction athlétique ou possiblement sauver la vie du cheval. [5]
Les plaies qui touchent les structures synoviales (articulations) peuvent avoir un pronostic sombre. [5] Une évaluation vétérinaire rapide est cruciale pour toute blessure à proximité d’une articulation.
Plaies sur le haut du corps
Les blessures sur le haut du corps d’un cheval, y compris le tronc, peuvent entraîner des lésions musculaires sous-jacentes, mais elle guérissent généralement rapidement et avec des cicatrices minimes.
Heureusement, même les blessures étendues avec des lésions tissulaires importantes au niveau du cou ou du tronc ont tendance à bien guérir. [3]
Premiers soins
Lorsqu’il est question de soigner un cheval, il est tout aussi important d’être prêt à faire face aux situations d’urgence que d’assurer l’entretien de routine. Les plaies nécessitent une attention immédiate et des premiers soins pour arrêter le saignement et prévenir des dommages étendus.
Si votre cheval souffre d’une blessure qui ne met pas sa vie en danger, il est possible que vous puissiez y remedier seul, sans l’intervention d’un vétérinaire. Cependant, les blessures graves doivent être examinées par un vétérinaire dès que possible.
Voici un guide complet sur l’administration des premiers soins pour les plaies équines :
Étape 1 : évaluer la situation
Avant d’approcher le cheval, assurez-vous que l’environnement est sûr pour vous et pour l’animal. Évaluez calmement la gravité de la blessure. Si la plaie est large ou profonde ou semble toucher des structures telles que les tendons ou les articulations, appelez immédiatement votre vétérinaire.
Étape 2 : calmer votre cheval
Approchez votre cheval calmement et parlez d’un ton apaisant. Un cheval stressé peut rendre le traitement plus difficile et peut potentiellement se blesser davantage ou blesser la personne qui le soigne.
Étape 3 : arrêter le saignement
Si la plaie saigne, appliquez une pression directe en utilisant un chiffon propre ou une gaze stérile. En cas de saignements sévères, maintenez la pression sur la plaie jusqu’à l’arrivée d’un vétérinaire. Un bandage de polo ou auto-adhésif peut être appliqué sur le chiffon ou la gaze pour exercer une pression.
Étape 4 : nettoyer la plaie
Une fois le saignement maîtrisé, nettoyez délicatement la plaie avec de l’eau froide et propre pour enlever toute trace de saleté ou de débris. Si vous pouvez couper les poils autour de la plaie de façon sécuritaire, cela vous aidera à mieux évaluer les dommages et à maintenir la zone propre. [5] Couvrez la plaie lors de la tonte pour éviter de la contaminer avec des poils.
Pour les plaies superficielles, il est également recommandé de les laver avec un antiseptique doux, mais évitez d’utiliser des désinfectants puissants, car ils peuvent endommager les tissus et retarder la guérison. Pour les plaies plus profondes, il est recommandé d’irriger avec une solution saline stérile, avec ou sans antiseptique. [5] Les pharmacies proposent des antiseptiques spécifiquement conçus pour les plaies. Les vétérinaires encouragent les propriétaires et les soigneurs de chevaux à en garder à portée de main.
Étape 5 : protéger la plaie
Si la plaie est simple et que votre cheval ne montre aucun signe de boiterie, vous pouvez appliquer un pansement et/ou un bandage. [2]
Couvrez la plaie avec un pansement stérile pour la protéger de toute contamination supplémentaire. Si vous n’avez pas de pansement stérile dans votre trousse de premiers soins, vous pouver utiliser temporairement un chiffon propre, antiadhésif et non pelucheux.
Étape 6 : immobiliser si nécessaire
Si la plaie est située sur un membre et que l’on soupçonne une fracture, il peut être nécéssaire d’immobiliser le membre avec une attelle. Ne tentez pas l’installation d’une attelle si vous n’êtes pas formé pour le faire, car si l’attelle est mal positionnée, elle peut causer plus de tort.
Étape 7 : surveiller les signes d’état de choc
En attendant votre vétérinaire, surveillez votre cheval pour détecter les signes d’état de choc, notamment une faiblesse, un pouls rapide et une respiration superficielle. Gardez le cheval calme et immobile jusqu’à l’arrivée des secours.
Étape 8 : suivre les conseils du vétérinaire
Une fois le vétérinaire arrivé, donnez-lui tous les détails pertinents concernant la cause de la blessure et les antécédents de santé de votre cheval. Suivez ses instructions pour les soins de la plaie et les médicaments prescrits.
Si plus de six mois se sont écoulés depuis la dernière vaccination d’anatoxine tétanique, un rappel est recommandé pour prévenir l’infection par le tétanos. [6]
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme la flunixine méglumine (Banamine), la phénylbutazone (Bute) ou le firocoxib (Equioxx) sont généralement administrés pour gérer la douleur et l’inflammation dans les 72 heures suivant une blessure. Après cette période, ils sont généralement arrêtés car ils peuvent ralentir la guérison.
Les antibiotiques ne sont généralement pas nécessaires sauf si des structures plus profondes sont touchées ou si l’infection représente une menace importante. [13] Il est important de noter que les plaies datant de plus de 6 heures au moment du traitement sont susceptibles d’être infectées.
Nettoyage des plaies
Savoir comment nettoyer une plaie correctement et en toute sécurité chez un cheval est essentiel pour les soins d’urgence. L’objectif principal du nettoyage d’une plaie est de minimiser la présence de tissus nécrotiques (morts) et de bactéries. Cependant, vous ne pourrez probablement pas éliminer toutes les bactéries de la plaie.
Toute forme de nettoyage, qu’il s’agisse de frotter une plaie ou d’utiliser des agents antiseptiques, implique un certain degré de débridement ou de retrait de tissus. Cependant, un nettoyage excessif peut causer plus de mal que de bien en endommageant les tissus viables. [7]
Auparavant, il était recommandé de frotter les plaies, mais les chercheurs ont depuis appris que cela pouvait en fait retarder la cicatrisation en endommageant les tissus sains. [7] Au lieu de cela, seule la peau intacte autour de la plaie doit être frottée.
Des études indiquent que la réduction au minimum du frottement mécanique, par rapport aux frottements de cinq minutes précédement recommandés, entraîne une diminution notable du nombre de bactéries sur la peau. [7]
Les antiseptiques tels que la povidone iodée, le peroxyde d’hydrogène et l’acide acétique (vinaigre distillé) peuvent être utilisés pour le nettoyage et le lavage des plaies. Gardez cependant à l’esprit que ces solutions sont cytotoxiques et qu’elles peuvent endommager les cellules, y compris les cellules saines.
Leur utilisation doit être limitée à la peau intacte qui entoure la plaie, et non à la plaie elle-même. [7]
Lavage des plaies
Le lavage des plaies, ou irrigation, est une méthode douce pour nettoyer les plaies et réduire la contamination. Il peut être effectué avec une seringue, un système d’irrigation ou un tuyau. [7]
Pour une solution saline maison, mélangez 8 cuillères à café de sel dans un gallon d’eau bouillie. Évitez d’ajouter des antibiotiques au liquide de lavage pour prévenir la résistance bactérienne. [7]
Quand appeler votre vétérinaire
En cas de blessures graves chez les chevaux, vous devez faire appel à votre vétérinaire. L’intervention d’un vétérinaire est justifiée dans les cas suivants : [2]
- La plaie est large, profonde ou saigne abondamment
- La plaie touche l’œil de votre cheval
- La plaie est proche d’une articulation ou d’une gaine tendineuse
- La plaie implique une pénétration de la sole du sabot
- Votre cheval boite ou montre des signes de douleur
- Votre cheval ne guérit pas comme prévu ou son état s’aggrave
- Un excès de tissu de granulation (hypergranulation) apparaît à l’intérieur ou autour de la plaie en cours de cicatrisation
Les plaies catastrophiques nécessitent une évaluation vétérinaire rapide et sont plus faciles à gérer dans un hôpital équin.
Par exemple, une hémorragie grave provenant d’un vaisseau sanguin majeur pourrait nécessiter une ligature chirurgicale ou un clampage pour arrêter le saignement. En revanche, le saignement de petits vaisseaux sanguins répond généralement bien à la compression à l’aide d’un bandage. [5]
Traitement vétérinaire
Pour traiter les plaies graves, les vétérinaires peuvent entreprendre une série d’étapes pour favoriser la guérison :
- Le débridement tissulaire : à l’aide d’un scalpel, le vétérinaire retire soigneusement tout tissu endommagé ou contaminé. Ce type de débridement est moins traumatique que de frotter ou gratter la plaie pour enlever les débris. [5]
- La fermeture de la plaie : le vétérinaire évalue ensuite si la plaie peut être fermée. Pour de nombreuses plaies, cela n’est pas possible. Si la plaie est suturée, elle sera laissée partiellement ouverte ou équipée d’un drain pour permettre l’écoulement. [5]
- Le drainage : pour les plaies fermées, un drain de Penrose peut être inséré. Ce tube en latex souple facilite le drainage de la plaie et reste généralement en place pendant 3 à 5 jours ou jusqu’à ce que le drainage diminue. [5]
- La fermeture retardée de la plaie : également connue sous le nom de fermeture secondaire, cela ne fonctionne pas bien pour les chevaux en raison de la rétraction de la plaie. La peau autour d’une plaie a tendance à se rétracter à partir des bords de la blessure, ce qui augmente la surface de la plaie et la rend plus difficile à fermer. [5]
- La greffe de peau : pour les plaies du bas de la jambe, une greffe de peau peut être envisagée. Cela implique la transplantation de tissus sains d’une zone qui cicatrise bien, telle que la zone cervicale ou pectorale, vers le site de la plaie. Cela peut prévenir la formation excessive de tissu de granulation (hypergranulation) et accélérer la guérison. [3]
Bandage des plaies
Votre vétérinaire peut également bander la plaie et vous demander de la garder bandée à la maison. Les bandages contribuent à assurer une guérison appropriée, en particulier pour les blessures aux jambes.
Les bandages offrent plusieurs avantages dans la gestion des plaies équines, notamment :
- Ils aident à arrêter les saignements
- Ils évitent de traumatiser davantage la zone blessée
- Ils préviennent la contamination bactérienne de la plaie
- Ils limittent les mouvements pour stabiliser le site de la plaie
- Ils réduisent l’enflure
Le bandage des plaies est souvent interrompu trop tôt ou n’est pas effectué correctement. Cela peut nuire à la guérison de la plaie et entraîner l’apparition de tissu de granulation. [5]
Les meilleurs bandages à utiliser
Un bandage approprié pour les blessures des chevaux doit être composé de trois couches distinctes : [8]
- La couche primaire : cette couche est placée directement sur la plaie. Elle doit être faite d’un matériau non adhérent pour éviter d’endommager les nouveaux tissus lors du changement de bandage.
- La couche secondaire : il s’agit du rembourrage qui exerce une pression douce et uniforme sur la plaie, ce qui permet d’éviter une constriction ou un resserrement excessif. Des matériaux comme le coton, la laine ou le gamgee sont appropriés pour cette couche.
- La couche tertiaire : il s’agit de la couche extérieure qui maintient les deux premières couches en place et ajoute une compression supplémentaire. Le Vetrap® est couramment utilisé pour cette couche.
Comment appliquer des bandages
Les bandages doivent être appliqués correctement et utilisés de manière cohérente pour favoriser la guérison des plaies. Une application incorrecte peut entraîner des complications :
- Un bandage trop serré peut restreindre la circulation sanguine et éventuellement endommager les tendons et autres tissus.
- Un bandages trop lâche ne fournira pas une compression efficace.
Si vous n’êtes pas sûr des techniques de bandage, demandez conseil à votre vétérinaire.
Avant de commencer, rassemblez les matériaux appropriés pour le bandage à trois couches et placez votre cheval sur une surface plane. Assurez-vous que la plaie est propre et sèche.
Guide étape par étape
Voici un guide étape par étape pour le bandage des plaies aux jambes : [9]
- Commencez par placer une compresse de gaze stérile, avec ou sans pansement topique, directement sur la plaie.
- Appliquez la couche secondaire en l’enroulant autour de la jambe, en centrant la compresse sur la plaie.
- Terminez en enroulant la couche tertiaire, en commençant par le haut ou le bas de la couche secondaire et en superposant au fur et à mesure. La couche secondaire doit être légèrement visible en haut et en bas de la couche tertiaire.
- Pour plus de cohérence, enroulez la jambe de l’avant vers l’arrière et de l’extérieur vers l’intérieur — dans le sens antihoraire pour les jambes gauches et dans le sens horaire pour les jambes droites.
L’objectif est d’obtenir un bandage lisse et serré, sans plis ni espaces.
Bander d’autres zones
Les plaies situées au-dessus du genou ou du jarret nécessitent un bandage superposé pour éviter que le bandage ne glisse le long de la jambe. Il est préférable de consulter votre vétérinaire pour obtenir des conseils sur la façon d’appliquer correctement un bandage superposé. [8][9]
Les bandages de sabot sont plus difficiles à appliquer en raison de la forme et des mouvements du pied. Voici un guide simplifié :
- Placez une fine couche de coton roulé sur la partie inférieure du sabot, en l’étendant autour du sabot et jusqu’au boulet.
- Fixez le coton avec de Vetrap®, en commençant par le bas du sabot et en l’enroulant vers le haut, en veillant à ce qu’une partie du coton soit visible en haut, juste au-dessus du bord du Vetrap®. [9]
N’oubliez pas que le bandage des sabots exige de la précision et qu’il devrait idéalement faire l’objet d’une démonstration par un vétérinaire ou un soigneur de chevaux expérimenté pour s’assurer qu’il est effectué correctement.
Remplacement des bandages
Les bandages doivent être changés quotidiennement au début afin de vérifier que la plaie ne s’infecte pas. [9] Si la plaie guérit bien, vous pouvez diminuer les changements de bandage à tous les 3 à 5 jours ou au besoin, si le bandage devient lâche ou humide. [5]
Le repos au box est recommandé pour limiter les mouvements du cheval et favoriser le processus de guérison dans les premiers temps. À mesure que la plaie guérit, des mouvements contrôlés peuvent être bénéfique pour la circulation sanguine dans la zone affectée. [5]
Une fois que la plaie est remplie de tissu de granulation, il est possible qu’un bandage continu ne soit plus nécessaire, sauf dans les environnements très contaminés ou si le cheval a tendance à mâcher la plaie. [5]
Il est fréquent que les chevaux développent une enflure ou un œdème au niveau de la zone concernée une fois que les bandages ont été retirés. L’enflure diminue généralement avec l’exercice ou en réduisant progressivement l’utilisation des bandages. [5]
Les étapes de la cicatrisation des plaies
Comprendre les étapes de la cicatrisation des plaies aide les propriétaires de chevaux à surveiller le processus de guérison et à identifier les problèmes à un stade précoce. Si une plaie ne guérit pas comme prévu, une intervention rapide peut prévenir les complications.
La cicatrisation des plaies chez les chevaux comporte quatre phases qui se chevauchent :
- La phase d’hémostase : le corps agit rapidement pour arrêter le saignement et forme un caillot sanguin sur la plaie. [4]
- La phase inflammatoire : les cellules immunitaires se mettent en alerte et commencent à éliminer les agents pathogènes et les débris de la plaie, entraînant une enflure, de la chaleur, des rougeurs et de la douleur. [4][5]
- La phase de prolifération : dans les 24 à 48 heures après la blessure, les cellules immunitaires pro-inflammatoires contribuent à la formation du tissu de granulation sur le site de la blessure. [4] De nouveaux vaisseaux sanguins se forment et la croissance de la peau commence 4 à 6 jours après la formation de la blessure. [5]
- La phase de maturation/remodelage : cette phase commence deux semaines après l’incident et se caractérise par la contraction de la plaie et la formation de tissu cicatriciel. [4][5] Le remodelage peut se poursuivre jusqu’à deux ans, le tissu devenant plus organisé et le collagène normal se rétablissant. Cependant, le tissu cicatriciel reste 15 à 20 % plus faible que le tissu d’origine. [5]
Soins continus
Surveillez la plaie pour détecter tout signe d’infection ou de tissu de granulation excessif, et consultez votre vétérinaire si cela se produit.
En cas de blessures à la jambe exposant l’os, un fragment osseux mort, ou séquestre, peut se développer et peut nécessiter l’ablation par votre vétérinaire. [5]
Différents onguents topiques peuvent être utilisés sur les plaies ouvertes en cours de cicatrisation. Les onguents hydrosolubles sont préférables aux onguents à base d’huile.
Les onguents antibiotiques triples sont couramment utilisés, mais la sulfadiazine argentique doit être évitée sur les plaies fraîches en raison de ses propriétés cytotoxiques. De même, la nitrofurazone et la chlorhexidine pourraient entraver la cicatrisation et ne sont généralement pas recommandées. [13]
Il a été démontré que le miel améliore la guérison des plaies dans certains cas. Plus précisément, il a été démontré que le miel de manuka accélère la guérison dans les trois premières semaines suivant la formation d’une plaie. [1]
Si votre vétérinaire le recommande, une crème corticostéroïde peut être appliquée une fois par semaine pour prévenir l’hypergranulation. [13]
Le repos au box est conseillé pour les blessures graves à la jambe qui nécéssite un bandage. Limiter les mouvements de votre cheval, surtout dans les premiers stades de guérison, améliore la cicatrisation des plaies et prévient les nouvelles blessures. [5]
Problèmes survenant lors de la cicatrisation des plaies
Des complications peuvent survenir pendant la guérison des plaies équines, pouvant entraîner des temps de convalescence prolongés, des traitements coûteux ou, dans les cas plus graves, l’euthanasie. [10]
Hypergranulation
L’un des problèmes les plus fréquents dans la cicatrisation des plaies des membres inférieurs est le développement de tissu de granulation exubérant, connu sous le nom d’hypergranulation ou proud flesh en anglais. Bien que la granulation soit une partie naturelle de la guérison, une trop grande quantité peut dépasser de la plaie, empêchant la fermeture de la peau et la guérison. [8]
Un bandage approprié peut souvent prévenir l’hypergranulation en appliquant une pression continue sur la zone. Si de l’hypergranulation se développe, il peut être nécessaire de procéder à une ablation chirurgicale ou à l’utilisation d’un médicament topique pour la traiter. [4][8]
Autres complications
Les complications supplémentaires comprennent l’infection, la myase (infestation parasitaire) et les saignements continus. Les plaies chroniques qui ne guérissent pas sont moins fréquentes sur les membres inférieurs des poneys que sur les membres inférieurs des grands chevaux. [3]
La formation d’agrégats bactériens, appelés biofilms, peut également entraver la guérison. Ce phénomène est plus fréquent dans les plaies des jambes, probablement en raison d’une réponse inflammatoire locale plus faible et d’une réduction de l’apport sanguin, ce qui entraîne une diminution de l’oxygénation dans cette partie du corps. [4]
D’autres problèmes peuvent entraver la cicatrisation des plaies : [3][5]
- Le développement de sarcoïdes au site de la plaie
- La présence de corps étrangers dans la plaie
- La présence de tissus morts (nécrotiques) restant dans la plaie
- Une mauvaise nutrition ou mauvais état de santé général du cheval
- L’utilisation inappropriée de corticostéroïdes topiques ou de produits chimiques agressifs
- Des mouvement trop importants de la zone affectée
Complications à long terme
Les plaies peuvent laisser des cicatrices qui sont souvent considérées comme des défauts cosmétiques dans les concours. Les plaies situées dans des zones à forte mobilité, comme les épaules, peuvent développer un tissu cicatriciel qui limite l’amplitude des mouvements. Une rééducation est nécessaire dans ces cas. Les plaies sur des zones musculaires qui ont entraîné une perte de tissus peuvent entraîner un renfoncement permanent après la guérison.
Prévention des blessures
De nombreuses blessures peuvent être évitées grâce à une gestion minutieuse et à l’attention portée à l’environnement du cheval. Voici quelques moyens de minimiser le risque de blessures chez les chevaux :
- Veillez à ce que l’environnement de votre cheval soit exempt de dangers, tels que des objets tranchants ou saillants, des planches ou des clôtures cassées.
- Surveillez la dynamique du troupeau et séparez les chevaux agressifs si nécessaire.
- Vérifiez régulièrement les équipements et les harnais pour vous assurer qu’ils fonctionnent correctement.
- Veillez à ce que l’espace de vie de votre cheval soit bien entretenu et exempt de débris susceptibles de causer des blessures.
- Assurer-vous de procéder à un dressage et une désensibilisation adéquats de votre cheval afin de réduire le risque de blessures dues à la frayeur ou la fuite.
- Utilisez des équipements de protection tels que des bottes de protection pour les jambes et les sabots ou des masques anti-mouches lorsque approprié pour prévenir les blessures pendant les sorties à l’extérieur ou l’exercice.
- Mettez en place une routine de toilettage régulière afin de détecter les premiers signes de blessures ou les conditions susceptibles d’entraîner des blessures.
- Veillez à ce que votre cheval soit à jour dans ses vaccinations contre le tétanos, car les plaies peuvent être une porte d’entrée potentielle pour la bactérie responsable du tétanos.
Questions Fréquemment Posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur le soin des plaies chez les chevaux :
Une plaie chez un cheval nécessite des soins vétérinaires si elle est profonde, saigne abondamment, se trouve près d’un œil, d’une articulation ou d’une gaine tendineuse, ou provoque une boiterie. Les blessures qui pénètrent la sole du sabot, exposent des tissus plus profonds ou s’aggravent au lieu de guérir devraient également être examinées rapidement. Des soins vétérinaires rapides aident à réduire le risque d’infection, à protéger les structures importantes et à améliorer les chances d’une guérison adéquate.
Les premiers soins pour une coupure chez un cheval devraient commencer par sécuriser la zone, calmer votre cheval et appliquer une pression directe si la plaie saigne. Une fois le saignement maîtrisé, rincez doucement la plaie avec de l’eau froide propre ou une solution saline stérile pour enlever la saleté. Évitez de frotter vigoureusement, puis couvrez la plaie avec un pansement stérile non adhérent pendant que vous contactez votre vétérinaire au besoin.
Le nettoyage d’une plaie chez un cheval devrait privilégier un rinçage doux plutôt qu’un frottement du tissu blessé. De l’eau froide propre ou une solution saline stérile peuvent aider à éliminer les débris sans endommager les cellules saines. Des antiseptiques doux peuvent être utilisés sur la peau intacte autour de la plaie, mais les désinfectants puissants, le peroxyde d’hydrogène et le frottement vigoureux à l’intérieur de la plaie peuvent retarder la guérison et irriter les tissus fragiles.
Les plaies au bas des jambes sont plus difficiles à guérir parce que cette région contient moins de tissus mous, présente une circulation sanguine moins abondante et subit des mouvements fréquents des articulations voisines. La saleté et la litière contaminent également plus facilement ces plaies. Par conséquent, les blessures des membres inférieurs sont plus susceptibles d’enfler, de s’agrandir, de s’infecter ou de développer de la chair fière, surtout si les bandages sont retirés trop tôt.
La chair fière est un excès de tissu de granulation qui se développe au-dessus de la surface d’une plaie en guérison, le plus souvent sur le bas des jambes. Le tissu de granulation normal aide à combler la plaie, mais une quantité excessive peut empêcher la peau de se refermer sur la zone. Un bandage approprié, une pression constante et des traitements vétérinaires peuvent aider à contrôler la chair fière avant qu’elle ne ralentisse la guérison.
Une plaie chez un cheval peut être bandée à la maison si elle est simple, propre et que votre cheval ne boite pas ou ne présente pas de signes de blessure plus profonde. Un bandage approprié comprend généralement une couche primaire non adhérente, une couche secondaire rembourrée et une couche externe pour le maintenir en place. Des bandages mal appliqués peuvent causer des lésions de pression, donc les conseils d’un vétérinaire sont importants.
Un bandage de plaie chez un cheval est souvent changé tous les jours au début afin de vérifier la présence d’enflure, d’écoulement, d’odeur ou d’infection. Une fois que la guérison progresse bien, les changements de bandage peuvent être espacés tous les 3 à 5 jours, à moins que le bandage ne devienne mouillé, sale, lâche ou trop serré. Votre vétérinaire peut ajuster la fréquence selon l’emplacement et la gravité de la plaie.
Une pommade topique pour une plaie chez un cheval devrait être choisie avec soin, car certains produits peuvent ralentir la guérison ou endommager les tissus sains. Les pommades hydrosolubles sont généralement préférées aux produits huileux. Les pommades antibiotiques triples sont couramment utilisées, tandis que la sulfadiazine d’argent, la nitrofurazone et la chlorhexidine peuvent ne pas convenir aux plaies fraîches, à moins que votre vétérinaire ne les recommande.
Le temps de guérison d’une plaie chez un cheval dépend de la taille, de la profondeur, de l’emplacement, du degré de contamination et des mouvements dans la région. La croissance de la peau peut commencer en 4 à 6 jours, tandis que le remodelage peut se poursuivre pendant des mois, voire jusqu’à deux ans. Les plaies des membres inférieurs prennent généralement plus de temps à guérir que celles du haut du corps et peuvent nécessiter des bandages continus, du repos au box ou des soins vétérinaires.
La prévention des plaies chez les chevaux commence par la réduction des dangers dans l’environnement quotidien de votre cheval. Inspectez les stalles, les pâturages, les clôtures, les barrières, la sellerie et l’équipement pour repérer les bords tranchants, les planches brisées, les clous saillants ou les pièces desserrées. Un pansage régulier peut aider à détecter rapidement les petites blessures, tandis que les bottes de protection, les masques anti-mouches, une gestion sécuritaire du troupeau et une vaccination antitétanique à jour réduisent davantage les risques liés aux plaies.
Résumé
La réussite de la guérison des plaies chez les chevaux dépend des soins rapides et appropriés , y compris le nettoyage et la protection de la plaie contre d'autres dommages. [3] Les plaies doivent être surveillées de près pour déceler toute complication ou tout signe d'infection. Pour les blessures graves, faites appel à votre vétérinaire dès que possible. Un traitement retardé peut nuire à la guérison et entraîner un pronostic plus défavorable. Le fait d'être préparé à administrer les premiers soins en cas de blessure peut faire une différence importante dans l'issue d'une blessure. Ayez toujours une trousse de premiers soins bien garnie dans votre écurie et assurez-vous de connaître les principes de base du soin des plaies.
Références
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