La résistance aux antimicrobiens (RAM), également appelée résistance aux antibiotiques, est une préoccupation mondiale croissante qui s’étend au-delà de la médecine équine et touche à tous les aspects de la santé humaine et animale.
La surutilisation et la mauvaise utilisation de ces médicaments essentiels peuvent entraîner le développement d’agents pathogènes résistants, mettant tous les animaux et les personnes à risque d’infections potentiellement incurables et mortelles.
Au cours des dernières années, l’augmentation des bactéries résistantes chez les chevaux a entraîné une réévaluation des pratiques de gestion responsable des antimicrobiens en médecine vétérinaire. Les facteurs contribuant à la résistance aux antibiotiques chez les chevaux comprennent l’administration inutile, des doses inadéquates et le fait de ne pas terminer un traitement complet d’antibiotiques tel que prescrit.
Ces facteurs soulignent le rôle crucial des propriétaires de chevaux dans la gestion responsable des antibiotiques. Pour atténuer le risque de résistance, les propriétaires et les vétérinaires doivent travailler ensemble afin de s’assurer d’opter pour des protocoles de traitement et une gestion appropriés pour les chevaux et les autres animaux d’élevage.
En sensibilisant le public et en favorisant des mesures proactives, toute la communauté équestre peut protéger la santé des chevaux et assurer l’efficacité des antibiotiques pour les générations futures. Comprendre et traiter la RAM n’est pas seulement un problème touchant les chevaux; il s’agit d’un aspect critique de la santé mondiale, tant pour les humains et les animaux.
Résistance aux antimicrobiens
Les antimicrobiens, communément appelés antibiotiques, sont des médicaments conçus pour cibler et détruire les bactéries. Depuis leur découverte en 1928, les antibiotiques sont devenus une composante essentielle de la pratique médicale pour les humains et les animaux. Les antibiotiques sont également utilisés en élevage pour prévenir les maladies et améliorer les taux de croissance. [1]
Grâce à leur taux de mutation élevé et à leur capacité à transférer des gènes entre espèces, les bactéries évoluent et s’adaptent facilement à leur environnement. L’adaptation bactérienne se produit généralement dans des conditions environnementales difficiles, notamment lors d’une exposition aux antibiotiques. [1]
Lorsque les bactéries s’adaptent à la présence d’un antibiotique, elles peuvent continuer à croître et à se multiplier malgré l’utilisation de cet antibiotique. Ce phénomène est appelé résistance aux antimicrobiens (RAM). [1]
L’Organisation mondiale de la Santé considère la RAM comme l’une des principales causes de décès chez les humains dans le monde et comme une menace majeure pour la santé mondiale. On estime qu’en 2019 seulement, jusqu’à 1,27 million de personnes sont décédées de maladies liées à la RAM. [1]
Comment la résistance aux antimicrobiens se développe-t-elle?
Les causes les plus courantes de la résistance aux antimicrobiens sont l’exposition des bactéries à de faibles doses de médicaments antibiotiques ou les durées de traitement inappropriées. [1]
Dans les deux scénarios, les bactéries résistantes à l’antibiotique survivent et prolifèrent. Cela signifie que l’infection persiste et que la population croissante de bactéries porte les mutations de résistance, les transmettant à leur descendance au fil des générations. [1]
Éventuellement, la proportion de bactéries résistantes dépasse celle des bactéries sensibles et l’antibiotique n’est plus efficace, nécessitant un protocole de traitement différent.
Les bactéries peuvent également transmettre des gènes entre différentes souches ou espèces bactériennes. [2] Une espèce bactérienne interagissant avec une autre peut acquérir des gènes de résistance, donnant naissance à une nouvelle souche de bactéries résistantes aux antimicrobiens.
Des données probantes suggèrent également que l’exposition aux antibiotiques peut augmenter le taux de transfert de gènes entre les bactéries. [2] Cela signifie que les antibiotiques peuvent en réalité favoriser la propagation des mutations de résistance en plus d’augmenter la proportion de bactéries résistantes au sein de la population bactérienne.
Impact de la résistance aux antimicrobiens
L’impact de la résistance aux antimicrobiens chez les chevaux, les autres animaux et les humains ne doit pas être surestimée. La résistance affecte à la fois le traitement des infections individuelles et le risque d’infections à l’échelle mondiale. [3]
Chez un individu infecté, la résistance aux antimicrobiens signifie qu’un autre type d’antibiotique est nécessaire pour éliminer complètement une infection. Cet antibiotique peut entraîner des effets secondaires plus graves ou nécessiter des durées de traitement plus longues, ce qui influence les résultats pour le patient. [2]
Le risque de résistance individuelle est particulièrement préoccupant en milieu hospitalier, car un seul cas de résistance peut rapidement devenir un problème généralisé. Si une infection résistante se propage à d’autres patients de l’hôpital (infection nosocomiale), le nombre d’individus porteurs de souches résistantes augmente. [1] Cela peut rapidement amplifier le nombre de patients nécessitant des traitements antimicrobiens plus agressifs.
De plus, puisque les bactéries peuvent se transmettre des gènes de résistance entre elles, des souches peuvent devenir résistantes à des antibiotiques auxquels elles n’ont jamais été exposées. [3] Dans un contexte hospitalier, il est possible que de nombreuses souches ou espèces de bactéries interagissent et se transmettent une résistance aux antimicrobiens, ce qui complique davantage le traitement.
La conséquence la plus grave de la résistance aux antimicrobiens est le développement de bactéries multirésistantes. Ces bactéries présentent une résistance à au moins deux classes d’antibiotiques. [1][3]
Le traitement des infections bactériennes multirésistantes requiert des protocoles antibiotiques plus intensifs. Elles présentent également un taux élevé d’échec thérapeutique, ce qui perpétue davantage la résistance aux antimicrobiens, car les bactéries survivantes continuent de proliférer. [3]
Les espèces bactériennes comportant des souches multirésistantes comprennent : [1][3]
- Streptococcus
- Staphylococcus
- Escherichia coli
- Salmonella
- Pseudomonas
Ces espèces de bactéries affectent à la fois les animaux et les humains, et des cas de transmission zoonotique (de l’animal à l’homme) de ces infections ont été rapportés. [1]
Les bactéries multirésistantes représentent un problème majeur, car le développement de nouveaux types d’antimicrobiens est lent. [2] Seulement deux nouvelles classes d’antibiotiques ont été approuvées depuis 2017, malgré les efforts constants de recherche et d’innovation dans ce domaine. [4]
En raison de la lenteur du développement, des tests et de l’approbation des antimicrobiens, il est crucial de maintenir l’efficacité des médicaments antimicrobiens existants afin de protéger la santé des humains et des chevaux.
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Résistance aux antimicrobiens chez les chevaux
Les chevaux sont reconnus comme une source de bactéries résistantes aux antimicrobiens depuis les années 1970. [5] En raison de l’utilisation répandue des antibiotiques chez les chevaux, ils peuvent constituer une source importante de bactéries résistantes aux antimicrobiens dans leur environnement. [3]
Les chevaux peuvent également acquérir des bactéries résistantes aux antimicrobiens par contact avec : [1]
- D’autres chevaux
- Des matériaux contaminés
- D’autres animaux comme les rongeurs
Les chevaux porteurs de bactéries résistantes aux antimicrobiens peuvent transmettre ces bactéries à d’autres animaux, y compris aux humains. Les chevaux peuvent excréter des bactéries dans leurs matières fécales, leurs sécrétions respiratoires ou des matières infectieuses, comme le pus. [1]
Une fois dans l’environnement, ces bactéries peuvent contaminer l’eau, le sol, les aliments, la litière ou d’autres surfaces. De plus, les insectes et les rongeurs peuvent transporter des bactéries résistantes aux antimicrobiens, ce qui entraîne une contamination supplémentaire de nouveaux environnements. [1]
Les bactéries résistantes les plus couramment associées aux chevaux sont : [3][5]
- Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM)
- Escherichia coli produisant des bêta-lactamases à spectre étendu (BLSE)
- Salmonella multirésistante
Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM)
Staphylococcus aureus est une bactérie courante que l’on trouve sur la peau et dans les voies nasales de la plupart des mammifères, y compris les chevaux. [5] Le terme SARM désigne des souches de S. aureus qui portent des gènes de résistance aux antimicrobiens contre la méthicilline. [2] Ces bactéries possèdent également une résistance inhérente à la pénicilline.
Les premières études ayant identifié le SARM chez les chevaux remontent à 1996, et depuis, plusieurs cas ont été signalés dans des hôpitaux équins à travers le monde. La plupart des infections à SARM touchent des plaies, des incisions chirurgicales et des sites de pose de cathéters intraveineux. [6]
Dans les hôpitaux où des chevaux sont infectés par le SARM, certains rapports indiquent que les membres du personnel médical portent le SARM dans leurs voies nasales, probablement en raison de l’exposition aux chevaux infectés. [2] Un cas de maladie humaine liée au SARM s’est également développé après un contact avec un cheval infecté. [3]
Une étude menée au Royaume-Uni a montré que 0,6 % des chevaux en bonne santé portent le SARM dans leurs voies nasales. Bien que la prévalence soit faible, elle souligne le risque potentiel d’infection lorsque des individus immunodéprimés, blessés ou malades interagissent avec des chevaux porteurs. [6]
L’antibiotique le plus couramment utilisé pour traiter le SARM chez l’humain est la vancomycine. Toutefois, des souches résistantes à la vancomycine ont été signalées. [2] La vancomycine est considérée comme un médicament d’importance critique en médecine humaine, ce qui limite son accessibilité pour l’utilisation chez les animaux. [1][2]
E. coli produisant des BLSE
Escherichia coli fait partie de la flore gastro-intestinale normale de la plupart des mammifères. Toutefois, ces bactéries peuvent provoquer des maladies chez les animaux immunodéprimés ou lorsqu’elles sont introduites dans des sites autres que le tractus gastro-intestinal. [5]
Certaines souches d’E. coli produisent des bêta-lactamases à spectre étendu (BLSE), des enzymes qui dégradent les antibiotiques appelés bêta-lactamines. [5] Cette catégorie d’antibiotiques comprend : [1]
- La pénicilline
- L’ampicilline
- L’amoxicilline
- Le ceftiofur
- La céfovécine
- La cefquinome
La plupart des infections causées par des E. coli produisant des BLSE chez les chevaux surviennent au niveau des plaies ou des tissus mous. [5] Des cas ont également été signalés où ces bactéries ont provoqué des infections articulaires, utérines ou oculaires. [5][6]
La prévalence des chevaux porteurs pourrait atteindre 27,3 % dans les hôpitaux équins. [5] Des études suggèrent également que même les chevaux hospitalisés qui ne sont pas traités avec des antibiotiques présentent un risque plus élevé d’acquérir des E. coli produisant des BLSE comparativement aux chevaux non hospitalisés. [5]
Le contact avec des chevaux récemment hospitalisés peut également augmenter le risque de devenir porteur d’E. coli producteurs de BLSE. [5][7]
La prévalence d’E. coli produisant des BLSE chez les chevaux en bonne santé est faible, de l’ordre de 6,3 %. [5] Cependant, jusqu’à 69,5 % des souches d’E. coli identifiées dans les matières fécales équines peuvent présenter une résistance antimicrobienne à au moins une classe de médicament. [6] Cela souligne davantage la nécessité d’une utilisation prudente des antimicrobiens afin de prévenir le développement d’une résistance supplémentaire aux antimicrobiens.
Salmonella multirésistante
Salmonella est une cause fréquente de maladie gastro-intestinale chez les chevaux. [5] De nombreuses souches de Salmonella identifiées dans les matières fécales équines présentent une résistance à un ou plusieurs médicaments. [5] Une étude portant sur des échantillons fécaux de chevaux malades et en bonne santé au Japon a montré que 90 % des échantillons étaient résistants à un ou plusieurs types d’antibiotiques. [2]
Les antibiotiques pour lesquels une résistance a été signalée chez certaines souches de Salmonella comprennent : [2][5]
- Le triméthoprime et le sulfaméthoxazole
- Les antibiotiques contenant des bêta-lactamines
- Le chloramphénicol
- Les aminoglycosides comme la gentamicine, la streptomycine, la néomycine et l’amikacine
- La tétracycline
La possibilité de Salmonella multirésistante peut compliquer le traitement des infections gastro-intestinales chez les chevaux. La sélection d’un antibiotique efficace peut s’avérer difficile, et il peut y avoir des coûts supplémentaires associés à un traitement prolongé ou à l’utilisation d’antibiotiques plus onéreux. [3]
De plus, il existe un risque de propagation à d’autres chevaux hospitalisés en raison de la nature hautement infectieuse de Salmonella. [2][5]
La prévalence de l’excrétion de Salmonella dans les matières fécales est faible, avec seulement 0,8 % des chevaux en bonne santé excrétant la bactérie. Les chevaux qui ont été récemment hospitalisés, qui ont des problèmes de santé ou qui ont récemment reçu des antibiotiques présentent un risque accru d’excréter Salmonella dans l’environnement. [8]
Prévention de la résistance aux antimicrobiens
La première étape pour prévenir la résistance aux antimicrobiens consiste à n’utiliser des antibiotiques qu’en cas de nécessité. [1] En médecine équine, les antibiotiques sont le plus souvent utilisés pour le traitement des plaies ou des blessures. Les infections respiratoires et la diarrhée sont également souvent traitées à l’aide de ces médicaments. [3]
Cependant, la plupart des plaies superficielles, des infections respiratoires virales, des abcès des sabots et des autres affections mineures ne nécessitent pas d’antibiotiques. [3] Un vétérinaire doit évaluer le cheval afin de déterminer si des antibiotiques sont nécessaires pour le traitement et d’établir un plan de traitement approprié. Les propriétaires ne devraient administrer des antibiotiques que sous l’avis direct d’un vétérinaire.
Si des antibiotiques sont nécessaires, une sélection rigoureuse et une utilisation appropriée sont essentielles pour prévenir la résistance aux antimicrobiens. Les vétérinaires doivent prendre en compte les éléments suivants : [1]
- Propriétés bactériennes : certaines bactéries possèdent une résistance intrinsèque à certaines classes d’antibiotiques. Il est important de connaître le type de bactéries causant l’infection lors du choix d’un antibiotique.
- Propriétés des antibiotiques : certains antibiotiques sont dose-dépendants, ce qui signifie qu’ils nécessitent une concentration spécifique d’antibiotique au site de l’infection pour être efficaces. D’autres sont temps-dépendants, ce qui signifie qu’ils nécessitent une concentration adéquate sur une période prolongée pour être efficaces.
- Résultats des tests de sensibilité : étant donné que la résistance aux antimicrobiens augmente au sein des populations bactériennes, les vétérinaires envoient souvent des échantillons bactériens pour des tests de sensibilité. Ces tests consistent à exposer la population bactérienne en question à une variété d’antibiotiques afin de déterminer lesquels sont les plus efficaces pour cibler cette population. Les vétérinaires utilisent ces résultats pour concevoir leur protocole antibiotique.
- Voie d’administration : les vétérinaires peuvent administrer des antibiotiques par voie systémique (corps entier) ou cibler leur administration vers un emplacement spécifique. Par exemple, ils peuvent rincer un utérus infecté avec une préparation antibiotique afin que le médicament se rende directement au site de l’infection, plutôt que de traiter l’ensemble de l’organisme du cheval.
- Effets secondaires : de nombreux antibiotiques ont des effets secondaires chez les chevaux. Les vétérinaires doivent tenir compte du risque d’effets indésirables lors de l’élaboration de leur protocole de traitement.
Si votre vétérinaire prescrit des antibiotiques pour votre cheval, assurez-vous de respecter la dose recommandée et la durée du traitement. Même si les symptômes de votre cheval disparaissent ou qu’il n’y a plus de signes d’infection, continuez le traitement antibiotique pendant le nombre de jours et la dose recommandés. [3]
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur la résistance aux antimicrobiens chez les chevaux :
La résistance aux antimicrobiens chez les chevaux se développe lorsque les bactéries s’adaptent et survivent malgré un traitement antibiotique. Les bactéries résistantes peuvent continuer à se multiplier après une exposition aux antibiotiques, particulièrement lorsque les médicaments sont surutilisés, administrés à des doses insuffisantes ou arrêtés trop tôt. Avec le temps, cela rend les infections plus difficiles à traiter et peut limiter l’efficacité des antibiotiques couramment utilisés en médecine équine et humaine.
La résistance aux antimicrobiens est une préoccupation importante en médecine équine parce que les infections résistantes peuvent devenir plus difficiles et coûteuses à traiter. Les chevaux atteints d’infections bactériennes résistantes peuvent nécessiter des traitements plus longs ou des antibiotiques plus puissants présentant davantage de risques d’effets secondaires. Les bactéries résistantes peuvent également se propager entre les chevaux, les environnements hospitaliers et les humains, augmentant ainsi les préoccupations plus larges de santé publique.
Le mauvais usage des antibiotiques contribue à la résistance aux antimicrobiens en exposant les bactéries à des concentrations de médicaments qui n’éliminent pas complètement l’infection. Sauter des doses, arrêter le traitement trop tôt ou utiliser des antibiotiques lorsqu’ils ne sont pas nécessaires permet aux bactéries résistantes de survivre et de se multiplier. Ces souches résistantes peuvent ensuite se propager à d’autres chevaux, animaux ou humains par contact direct ou par des environnements contaminés.
Les bactéries résistantes aux antibiotiques couramment retrouvées chez les chevaux comprennent le Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM), les Escherichia coli producteurs de bêta-lactamases à spectre étendu (BLSE) et les Salmonella multirésistantes. Ces bactéries peuvent causer des infections des plaies, des maladies gastro-intestinales et d’autres problèmes de santé. Certaines souches résistantes peuvent également se propager entre les chevaux et les humains, particulièrement dans les hôpitaux ou les environnements à contacts fréquents.
Les bactéries résistantes aux antimicrobiens peuvent se transmettre des chevaux aux humains par contact direct avec des animaux infectés ou des matières contaminées. Les bactéries résistantes peuvent être présentes dans les selles, les sécrétions respiratoires, les plaies ou le pus. Le personnel vétérinaire, les propriétaires de chevaux et toute personne manipulant des chevaux infectés peuvent être exposés, particulièrement en présence de coupures, d’un système immunitaire affaibli ou de contacts fréquents avec des environnements hospitaliers.
Les chevaux hospitalisés présentent un risque plus élevé de porter des bactéries résistantes parce que les hôpitaux équins exposent les chevaux à davantage d’antibiotiques, de patients infectés et de surfaces contaminées. Les recherches montrent que les bactéries résistantes comme les E. coli producteurs de BLSE sont plus fréquentes chez les chevaux hospitalisés que chez les chevaux en santé vivant à l’extérieur des milieux hospitaliers. Une hospitalisation récente peut également augmenter le risque d’excrétion bactérienne après le congé.
Toutes les infections ou blessures équines ne nécessitent pas d’antibiotiques, puisque plusieurs affections mineures s’améliorent sans traitement antimicrobien. Les plaies superficielles, les abcès du sabot et les infections respiratoires virales ne bénéficient souvent pas des antibiotiques. Un vétérinaire devrait évaluer le cheval afin de déterminer si des bactéries sont impliquées et si un traitement antibiotique est approprié pour l’affection spécifique.
Les propriétaires de chevaux peuvent aider à réduire la résistance aux antibiotiques en suivant attentivement les instructions vétérinaires et en évitant l’utilisation inutile d’antibiotiques. Administrer la bonne dose pendant toute la durée du traitement est important, même si le cheval semble complètement rétabli avant la fin du traitement. Une utilisation responsable des antibiotiques comprend également le fait de ne jamais partager des médicaments entre chevaux ni utiliser des antibiotiques restants sans avis vétérinaire.
Lorsqu’un antibiotique ne fonctionne plus contre une infection, les vétérinaires peuvent devoir utiliser d’autres médicaments ou des plans de traitement plus agressifs. Les infections résistantes peuvent prendre plus de temps à se résorber et peuvent augmenter les coûts de traitement ou les risques de complications. Dans les cas graves, les bactéries multirésistantes peuvent limiter les options de traitement disponibles et augmenter la probabilité d’échec thérapeutique.
Les vétérinaires choisissent le bon antibiotique pour un cheval en tenant compte du type de bactéries impliquées, de l’emplacement de l’infection et de l’efficacité du médicament contre cet organisme. Plusieurs vétérinaires effectuent également des cultures bactériennes et des tests de sensibilité, qui permettent d’identifier quels antibiotiques sont les plus susceptibles d’être efficaces et aident à réduire l’utilisation inutile des antimicrobiens.
Résumé
La résistance aux antimicrobiens (RAM) est une préoccupation croissante pour la santé humaine et animale, posant également une menace pour les chevaux.
- La surutilisation et la mauvaise utilisation des antibiotiques chez les chevaux peuvent entraîner le développement d’agents pathogènes résistants
- Les chevaux peuvent être porteurs de plusieurs agents pathogènes résistants aux antibiotiques sans être eux-mêmes affectés
- Les agents pathogènes résistants peuvent avoir une incidence sur les résultats, les coûts et la durée des traitements
- Les principales mesures préventives comprennent l’utilisation des antibiotiques uniquement lorsque cela est nécessaire, et le respect de la durée et la dose appropriées
- Afin de protéger la santé de leur animal, les propriétaires de chevaux devraient toujours consulter leur vétérinaire avant d'administrer des antibiotiques
Références
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- Traub-Dargatz. J. L. et al., Antimicrobial Resistance: What’s the Big Deal? Importance of Antimicrobial Resistance to the Equine Practitioner. Proceedings of the Annual Convention of the AAEP. 2002.
- Traub-Dargatz. J. L. and Dargatz. D. A., Antibacterial Drug Resistance and Equine Practice. Equine Veterinary Education. 2009.
- WHO Releases Report on State of Development of Antibacterials. World Health Organization. 2024.
- Maddox. T. W. et al., Antimicrobial Resistance in Bacteria from Horses: Epidemiology of Antimicrobial Resistance. Equine Veterinary Journal. 2015. View Summary
- Maddox. T. W. et al., Cross-Sectional Study of Antimicrobial-Resistant Bacteria in Horses. Part 1: Prevalence of Antimicrobial-Resistant Escherichia Coli and Methicillin-Resistant Staphylococcus Aureus. Equine Veterinary Journal. 2012. View Summary
- Maddox. T. W. et al., Cross-Sectional Study of Antimicrobial-Resistant Bacteria in Horses. Part 2: Risk Factors for Faecal Carriage of Antimicrobial-Resistant Escherichia Coli in Horses. Equine Veterinary Journal. 2012. View Summary
- Traub-Dargatz. J. L. et al., Fecal Shedding of Salmonella Spp by Horses in the United States during 1998 and 1999 and Detection of Salmonella Spp in Grain and Concentrate Sources on Equine Operations. Journal of the American Veterinary Medical Association. American Veterinary Medical Association. 2000. View Summary










