Le cheval de trait belge est l’une des plus grandes races de chevaux au monde. Avec des racines remontant aux lourds chevaux qui transportaient les chevaliers médiévaux au combat, le cheval belge a une stature impressionnante et une puissance exceptionnelle.

En Amérique du Nord, les chevaux de trait belges sont plus nombreux que la population de toutes les autres races de trait réunies. Ces chevaux de trait belges américains sont devenus génétiquement distincts lorsque les importations de chevaux européens ont ralenti au début du XXe siècle.

Autrefois utilisée pour les travaux agricoles, la race continue de gagner en popularité grâce à sa polyvalence et ses bonnes dispositions. Alors que les chevaux belges sont encore utilisés pour le trait, de nombreux propriétaires de chevaux issus de cette race aiment monter ces gentils géants.

Cet article passera en revue l’origine, l’historique, les caractéristiques, les problèmes de santé et les besoins nutritionnels du cheval de trait belge. Continuez votre lecture pour en apprendre plus sur les soins et l’alimentation des chevaux de trait belges.

Historique du cheval de trait belge

Tout au long de l’histoire, les chevaux de trait belges ont aidé les humains à remporter des guerres, cultiver des champs et transporter de lourdes charges. Des preuves historiques suggèrent que cette race est une descendante du “Grand Cheval” qui dominait les champs de bataille au Moyen Âge. [1]

Origine

La demande pour des chevaux avec la force nécessaire pour tirer de gros équipements agricoles ainsi que pour transporter des chevaliers lourdement armés a conduit au développement de plusieurs races de trait lourdes en Europe.

Les sols fertiles des plaines d’Europe occidentale ont fourni aux agriculteurs les pâturages nécessaires à l’élevage de grands chevaux. Les historiens pensent que les “Grands Chevaux” des textes médiévaux proviennent des chevaux flamands élevés dans la région qu’est aujourd’hui la Belgique moderne. [1]

Des grands chevaux musclés étaient également nécessaires pour cultiver le sol dense et lourd de la région. Contrairement à d’autres régions d’Europe où les tendances se sont tournées vers des chevaux de selle plus légers, les éleveurs belges se sont concentrés sur le cheval de trait belge, également connu sous le nom de Brabançon ou Brabant.

Les registres de l’élevage de trait belge remontent au XVIIe siècle, et le premier stud-book a débuté en 1886.

Utilisation historique

Des étalons belges ont été exportés dans le monde entier pour produire des animaux plus massifs à des fins industrielles et agricoles. Leur constitution trapue était particulièrement adaptée pour tirer des lourdes charrues, et la race a été reconnue comme un puissant cheval de travail. [2]

Les éleveurs belges ont organisé des expositions pour présenter leurs étalons, notamment la grande exposition nationale à Bruxelles. Des comités d’inspection ont évalué les étalons, ce qui a entraîné une amélioration rapide et l’établissement d’un type de race fixe.

Les premiers chevaux de trait belges importés en Amérique du Nord sont arrivés au XIXe siècle. En 1904, le gouvernement belge a envoyé un certain nombre de chevaux de trait belges pour des évènements tels que la St. Louis World’s Fair et l’International Livestock Exposition.

L’exposition a suscité un intérêt considérable pour la race, et les importations ont grimpé en flèche jusqu’à ce que la Première Guerre mondiale les arrête brusquement. Après cela, les éleveurs américains ont utilisé leur stock existant pour développer une ligne distincte de chevaux de trait belges américains.

Bien que la demande pour la race ait diminué après la mécanisation de l’agriculture, les chiffres ont rebondi à mesure que les chevaux de trait belges gagaient en popularité comme chevaux de plaisance. [3]

Registre de la race

En 1887, les passionnés de la race ont fondé l’American Association of Importers and Breeders of Belgian Draft Horses. L’organisation a changé de nom pour devenir la Belgian Draft Horse Corporation of America (BDHCA) en 1937.

La BDCHA gère le registre officiel de la race pour les chevaux de trait belges américains et promeut la préservation chevaux de race pure en Amérique du Nord.

Caractéristiques de la race

Des siècles d’élevage sélectif ont renforcé les caractéristiques du cheval de trait belge, rendant la race instantanément reconnaissable. Ces chevaux sont généralement des gentils géants avec une carrure massive et une personnalité aimable.

Conformation

Le cheval de trait belge n’est pas la plus grande race de cheval de trait au monde, et la plupart mesurent entre 16,2 et 17 mains. Cependant, ces chevaux peuvent peser le double du poids des races légères de taille similaire, soit entre 1800 et 2400 livres.

Les belges américains sont moins trapus que les belges d’origine bien qu’ils aient des proportions similaires. Ces chevaux ont un corps compact avec un dos court et large. Des reins puissants se connectent à un arrière-train massif, ce qui ajoute à la force de traction des épaules musclées.

Ces chevaux de trait ont des jambes courtes et fortes avec des fanons limités. Leur cou est relativement court et leur tête proportionnelle. Les queues sont parfois coupées chez cette race, mais cette pratique est inutile et peut avoir des implications négatives pour le bien-être. [4]

Couleurs

L’élevage américain a favorisé les chevaux de trait belges avec des robes alezan, des listes blanches au visage et quatre balzanes blanches. D’autres couleurs observées au sein de la race incluent le bai, le noir et le rouan. Les robes grises sont possibles mais rares.

Tempérament

Malgré leur taille, la plupart des chevaux de trait belges ont de bons tempéraments qui les rendent faciles à manier. Cependant, leur force peut ne pas convenir aux cavaliers débutants sans encadrement.

Ces chevaux ont également une éthique de travail volontaire, et de nombreux propriétaires de chevaux de trait belges admirent la race pour leur courage et leur loyauté.

Disciplines

Les races comme le belge ont des conformations bien adaptées pour le travail de trait. Les chevaux de trait belges sont donc le plus souvent utilisés pour les disciplines de trait, et beaucoup sont vus tirant des calèches et des traîneaux récréatifs.

Certains chevaux de trait belges modernes travaillent encore. Sur la côte belge, les pêcheurs utilisent des pratiques traditionnelles de pêche à la crevette avec des chevaux de trait belges, montant les chevaux dans l’eau tout en traînant un filet derrière eux.

Les chevaux de trait belges font également d’agréables montures de plaisance pour les cavaliers plus grands. Ces chevaux ont tendance à être plus tranquilles que fougueux (more whoa than go) sous la selle et préfèrent souvent les promenades paisibles aux allures plus rapides.

Problèmes de santé

Malheureusement, les grandes races de trait ont souvent une espérance de vie plus courte que les chevaux moyens, avec peu de chevaux de trait belges vivant au-delà de 20 ans. Cependant, en priorisant la santé des chevaux, les propriétaires de chevaux de trait belges peuvent profiter au maximum de leur temps avec leurs partenaires équins.

Maladies génétiques

L’épidermolyse bulleuse jonctionnelle est une maladie héréditaire fatale qui provoque de graves ampoules et lésions cutanées chez les poulains nouveau-nés affectés. Des études suggèrent que plus de 17 % des chevaux de trait belges en Amérique du Nord sont porteurs du gène responsable de ce trouble. [5]

La myopathie à stockage des polysaccharides de type 1 (PSSM1 en anglais) est également prévalente chez les chevaux de trait belges. Cette maladie musculaire se caractérise par l’accumulation de sucres dans les muscles squelettiques, ce qui peut entraîner des crampes musculaires.

Les chercheurs pensent que la variante PSSM1 était sous sélection positive dans la race de cheval de trait belge en raison de ses avantages pour les chevaux de travail avec une consommation de sucre limitée. Une étude portant sur 103 chevaux belges a révélé que 36 % des chevaux étaient positifs pour la PSSM. [6]

Problèmes de santé

La recherche démontre que 16 % des chevaux de trait belges sont affectés par le shivering, une maladie neuromusculaire progressive caractérisée par des anomalies de la marche lors du recul. La recherche se poursuivent pour étudier les gènes responsables de la maladie. [7]

Les grandes races de trait, y compris les belges, sont susceptibles de souffrir de lymphœdème chronique progressif. Le LCP est une maladie du système lymphatique caractérisée par un gonflement des membres inférieurs, une accumulation de lymphe, des plis cutanés et des nodules.

Le gonflement progresse tout au long de la vie et finit par causer une boiterie, des infections secondaires et une mort prématurée.

Malheureusement, il n’y a pas de remède pour le lymphœdème chronique progressif. De l’exercice, un nettoyage régulier, des bandages de compression et certains médicaments peuvent aider à gérer la maladie.

Soins et gestion

Les chevaux de trait belges ont besoin de soins de base de qualité incluant un programme de bien-être vétérinaire avec des vaccinations régulières, une vermifugation et des examens dentaires réguliers.

En raison de leur taille, les chevaux de trait ont souvent besoin de grands box et d’enclos plus grands que les chevaux moyens pour se sentir à l’aise et en sécurité.

Lorsqu’ils pansent leur cheval, les propriétaires devraient prêter une attention particulière aux zones avec des fanons sur les membres inférieurs de leur cheval belge. Ces longs poils peuvent collecter des débris et des bactéries qui augmentent le risque de dermatophilose du paturon. [8]

Des soins de maréchal-ferrant de qualité sont également importants pour aider ces chevaux à supporter leur poids sur des pieds bien équilibrés. Des sabots déséquilibrés peuvent augmenter les forces de charge sur les tendons et les ligaments, augmentant ainsi le risque de blessure. Certains chevaux de trait souffrent également d’une mauvaise qualité de sabot. [9]

De l’exercice léger pendant les sorties à l’extérieur ainsi que l’entraînement sont également importants pour favoriser la circulation, le drainage lymphatique et la fonction musculaire.

Programme nutritionnel

Les besoins nutritionnels des chevaux sont calculés en fonction du poids corporel adulte de votre cheval. En conséquence, les races plus lourdes ont besoin de plus de fourrage et des quantités différentes de moulées et suppléments commerciaux que les chevaux de taille moyenne.

Vous pouvez vous assurer de fournir une alimentation équilibrée à votre cheval belge en travaillant avec un nutritionniste équin pour formuler un programme alimentaire adapté aux besoins individuels de votre cheval.

Maintien du poids

Les chevaux de trait belges ont peu de difficulté à maintenir leur poids avec une alimentation équilibrée; ils entrent dans la catégorie qu’on appelle easy keepers. Contactez votre vétérinaire pour explorer les causes médicales potentielles de toute perte de poids inattendue.

Bien qu’une musculature importante soit une caractéristique de la race, il est important de maintenir votre cheval de trait belge à une cote de chair modérée pour réduire le risque de problèmes de santé. Les chevaux de trait obèses ont un risque accru de laminite mécanique. Les problèmes métaboliques peuvent également être exacerbés si ces chevaux reçoivent un régime alimentaire contenant un excès de moulées riches en amidon. [10]

Régime alimentaire pour un cheval de trait belge adulte en travail léger avec une cote de chair normale

Un cheval moyen devrait consommer 2% de son poids corporel en fourrage quotidiennement. Cela signifie que les chevaux de trait ont besoin de beaucoup plus de foin chaque jour que les races plus légères.

À titre d’exemple, un cheval de trait belge de 2000 livres (900 kg) devrait recevoir au moins 40 livres (18 kg) de foin sur une base de matière sèche chaque jour. [11]

L’exemple de régime alimentaire suivant est destiné à un cheval de trait belge adulte avec une cote de chair normale en travail léger.

Alimentation Régime de maintien
(Quantité / Jour)
Foin de moyenne qualité (10% de protéines brutes) À volonté
Sel 45 g (3 c. à soupe)
Granulés Omneity 400 g (4 mesures)
Analyse du régime alimentaire
Énergie digestible (% des besoins) 102%
Protéines (% des besoins) 146%
GNS (% de l’apport) 8,8%

 

Fourrage

Le cheval a évolué pour brouter continuellement tout au long de la journée, passant peu de temps l’estomac vide. La meilleure façon d’imiter ces conditions est de fournir à votre cheval un accès libre au fourrage toute la journée.

Non seulement le fourrage à volonté favorise la santé intestinale de votre cheval, mais il soutient également le bien-être mental, réduisant le stress et l’incidence des comportements stéréotypés.

Si votre cheval de trait belge a besoin de perdre du poids, envisagez d’utiliser un filet à petits trous pour augmenter le temps d’alimentation tout en réduisant l’apport en foin. Vous pouvez également limiter l’apport en herbe avec une muselière de pâturage lorsque votre cheval est au pâturage.

La plupart des chevaux de trait belges se portent bien avec du foin de graminées de qualité moyenne et à faible teneur en amidon, mais les chevaux dont la charge de travail est intense ayant des besoins énergétiques plus élevés peuvent avoir besoin de foin plus dense en énergie pour fournir des calories supplémentaires.

L’ajout de foin de luzerne à l’alimentation peut augmenter les niveaux de protéines et soutenir le développement musculaire. La teneur élevée en calcium de la luzerne peut cependant entraîner des déséquilibres minéraux. Le rapport calcium/phosphore peut être équilibré en ajoutant du son de blé ou des suppléments de phosphore.

Vous pouvez en apprendre davantage sur le sujet dans notre guide en 7 étapes pour choisir le bon foin pour votre cheval.

Recommandations alimentaires

De l’eau fraîche et du sel en vrac doivent toujours être disponibles pour votre cheval. Les belges boivent plus d’eau que les chevaux légers, consommant jusqu’à 24 gallons par jour, plus par temps chaud ou lorsqu’ils travaillent. L’ajout de sel à la ration quotidienne de votre cheval aide à répondre aux besoins en sodium et favorise l’hydratation.

Les moulées commerciales sont souvent riches en sucres et en amidon, ce qui n’est pas adapté aux cheval de trait belges souffrant de PSSM.

Les suppléments de gras représentent une source d’énergie plus sûre pour ces chevaux s’ils ont besoin de calories supplémentaires dans leur alimentation. Des recherches suggèrent qu’il peut être bénéfique pour les chevaux atteints de PSSM de recevoir jusqu’à 20% de leur apport énergétique digestible via des sources de gras.

Suppléments nutritionnels

Les chevaux de trait belges ont des besoins plus élevés en vitamines et minéraux que les chevaux moyens. Ces micronutriments jouent un rôle crucial dans le soutien des fonctions physiologiques, des défenses immunitaires, de la santé des sabots, des processus métaboliques, de la fonction musculaire, et bien plus encore.

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Les chevaux belges qui ont besoin de calories supplémentaires bénéficient d’une source d’acides gras oméga-3, comme le produitHuile W-3 de Mad Barn. Les acides gras oméga-3 ont des propriétés anti-inflammatoires qui soutiennent la fonction cardiovasculaire, la santé immunitaire, la mobilité articulaire et un pelage brillant.

La vitamine E est un antioxydant important pour les chevaux belges ayant des problèmes neurologiques ou musculaires. Les chevaux belges au travail ont besoin de vitamine E supplémentaire dans leur alimentation pour soutenir la fonction musculaire.

Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées au sujet des chevaux de trait belges :

Résumé

Les chevaux de trait belges sont de puissants géants doux, descendants de chevaux de guerre médiévaux élevés dans la Belgique actuelle. Les Belges américains d’aujourd’hui sont prisés pour leur force, leur tempérament calme et leur polyvalence, tant au travail que pour les loisirs. Une gestion attentive favorise leur longévité et leur santé.

  • Descendants des « grands chevaux » flamands utilisés par les chevaliers au Moyen Âge
  • Lignée du Belge américain développée après les restrictions d’importation du début du XXe siècle
  • Connus pour leurs robes alezanes, leurs silhouettes musclées et leur tempérament calme et coopératif
  • Les risques génétiques incluent l’épidermolyse bulleuse jonctionnelle et la myopathie de stockage des polysaccharides
  • Également sujets au shivers et au lymphœdème chronique progressif
  • Des rations équilibrées à base de fourrage, une consommation d’amidon contrôlée et de bons soins des sabots sont essentiels
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References

  1. Ameen, C. et al. In search of the ‘great horse’: A zooarchaeological assessment of horses from England (AD 300–1650). Int J Osteoarchaeol. 2021.
  2. Andersen, T. et al. The heavy plow and the agricultural revolution in Medieval Europe. J Dev Econ. 2016.
  3. Olmstead, A. et al. Reshaping the Landscape: The Impact and Diffusion of the Tractor in American Agriculture, 1910-1960. J Econ Hist. 2002.
  4. Lefebvre, D. et al. Tail docking in horses: a review of the issues. Animal. 2007. View Summary
  5. Baird, J. et al. Junctional Epidermolysis Bullosa in Belgian Draft Horses. Proceed AAEP. 2003.
  6. Firshman, A. et al. Prevalences and clinical signs of polysaccharide storage myopathy and shivers in Belgian Draft Horses. J Am Vet Med Assoc. 2005. View Summary
  7. Baird, H.et al. Shivers (Shivering) in the Horse: A Review. AAEP Proceed. 2006.
  8. Yu, A. Equine Pastern Dermatitis. Vet Clin Equine Pract. 2013.
  9. Thompson, K. et al. The effect of toe angle on tendon, ligament and hoof wall strains in vitro. J Equine Vet Sci. 1993.
  10. Senderska-Plonowska, M. et al. The Differences in Histoarchitecture of Hoof Lamellae between Obese and Lean Draft Horses. Animals. 2022. View Summary
  11. National Research Council. Nutritional Requirements of Horses. National Academies. 2007.
  12. Ribeiro, W. et al. The Effect of Varying Dietary Starch and Fat Content on Serum Creatine Kinase Activity and Substrate Availability in Equine Polysaccharide Storage Myopathy. J Vet Intern Med. 2008. View Summary
  13. Hess, T. et al. Omega-3 fatty acid supplementation in horses. R Bras Zootec. 2014.