La protéine de lactosérum est une source de protéines de bonne qualité abordable que les chevaux peuvent manger sans danger. Le lactosérum est un ingrédient qui fait partie des aliments commerciaux pour équidés et que l’on peut aussi se procurer en tant que supplément distinct.
On considère la protéine de lactosérum comme une source complète de protéines pour les chevaux. En effet, elle contient tous les acides aminés indispensables que l’organisme équin ne peut pas synthétiser et qui doivent provenir de l’alimentation. [1][2]
Les acides aminés sont les éléments constitutifs des protéines. Ils jouent un rôle essentiel dans divers mécanismes physiologiques, notamment le développement musculaire, la réparation des tissus et la fonction immunitaire. De plus, une quantité suffisante de protéines est importante pour la santé des sabots, la musculature de la chaîne dorsale, les performances athlétiques, la santé du système reproducteur et plus encore.
En plus de fournir des acides aminés, la protéine de lactosérum contient des peptides fonctionnels, des antioxydants et des immunoglobulines bénéfiques pour les chevaux. [3] La protéine de lactosérum peut d’autre part aider à combler les besoins nutritionnels des juments qui allaitent, des chevaux en croissance et de ceux astreints à une charge de travail intense.
La protéine de lactosérum est un supplément nutritionnel qui doit toujours faire partie d’une alimentation bien équilibrée. La quantité idéale de protéines dans l’alimentation d’un cheval dépend de plusieurs facteurs, notamment de son âge, de son niveau d’activité, de sa race et de son état reproducteur.
Qu’est-ce que la protéine de lactosérum?
Le lactosérum est un dérivé du lait de vache. C’est le sérum qui reste une fois qu’on a caillé et filtré le lait pour fabriquer du fromage. Le lactosérum contient de 15 à 20 % de protéines environ. Ce liquide contient aussi du lactose (le sucre du lait) et des matières grasses de lait. [3]
Le lactosérum n’est pas une seule protéine, mais plutôt un mélange de protéines. Les plus abondantes sont les β-lactoglobulines (de 35 à 65 % de la matière sèche), les α-lactalbumines (de 12 à 25 %) et les sérumalbumines (5 %).
En plus de servir de source alimentaire d’acides aminés, certaines protéines ou certains peptides de lactosérum ont des effets bioactifs. Ils confèrent donc des avantages supplémentaires pour la santé.
Par exemple, les β-lactoglobulines peuvent lier le rétinol (une forme de vitamine A) et augmenter son assimilation dans l’intestin. Les α-lactalbumines lient le calcium et d’autres minéraux pour en faciliter l’absorption.
Parmi les autres protéines et peptides du lactosérum qui possèdent des propriétés bénéfiques, on retrouve : [3][4]
- le glycomacropeptide (12 %), un peptide fonctionnel qui peut aider à réguler l’appétit;
- les immunoglobulines (8 %), des anticorps qui offrent une protection contre les microbes comme coli et Salmonella;
- la lactoferrine (1 %) qui se lie au fer et inhibe les bactéries qui dépendent de ce minéral;
- la lactoperoxydase (1 %), un enzyme aux propriétés antimicrobiennes.
Les études ont démontré les bienfaits pour la santé des différentes protéines contenues dans le lactosérum sur des modèles humains et animaux. Davantage de recherches sont nécessaires pour évaluer si les bienfaits des protéines bioactives du lactosérum s’appliquent aux chevaux.
Étant donné qu’ils digèrent les protéines de la même manière que les humains et d’autres animaux monogastriques [3], est plausible de croire que ces bienfaits existent aussi chez les chevaux.
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Les types de protéine de lactosérum pour chevaux
On peut transformer le lactosérum en une variété de suppléments en poudre riches en protéines destinés aux humains et aux animaux. La teneur en protéines et la quantité de matières grasses et de lactose qui restent changent selon le produit.
Le concentré de protéines de lactosérum:
Le concentré de protéines de lactosérum contient du lactosérum dont on a retiré l’eau. Il conserve une petite quantité de lactose, de matières grasses, de vitamines et de minéraux.
Sa teneur en protéines peut varier considérablement, de 34 à 80 %. Cependant, on trouve facilement des produits normalisés qui contiennent 80 % de protéines. [1][6] Il s’agit de la source de lactosérum la plus rentable et de la forme la plus couramment utilisée dans les suppléments pour chevaux.
L’isolat de protéine de lactosérum:
L’isolat de protéine de lactosérum fait référence au sérum de lactosérum que l’on a microfiltré pour éliminer la plus grande partie du lactose et des matières grasses. Le résultat est une protéine de lactosérum presque pure (de 90 à 95 % de protéines) dont le profil d’acides aminés est identique à celui du concentré de protéines de lactosérum. [1]
L’isolat de protéine de lactosérum est plus cher que le concentré de protéine de lactosérum. On le retrouve parfois dans les suppléments pour chevaux ou on l’ajoute séparément à la ration.
L’hydrolysat de protéines de lactosérum:
L’hydrolysat de protéines de lactosérum fait référence à un isolat de protéine que l’on transforme ensuite au moyen de plusieurs enzymes. Les enzymes décomposent les protéines en fragments qui comportent deux ou trois acides aminés.
Ce procédé améliore la digestibilité et diminue l’allergénicité (le risque d’allergie) de la protéine de lactosérum. [3]
La protéine de lactosérum native:
La protéine de lactosérum native n’est pas un sous-produit de la fabrication du fromage. Ce produit se compose de protéines de lactosérum filtrées à partir de lait écrémé qui n’a pas subi de pasteurisation à haute température.
En raison de ce procédé de transformation, le lactosérum est plus intact et peut procurer de plus grands bienfaits pour la santé dans certaines situations. [7] On emploie rarement la protéine de lactosérum native pour les chevaux.
Le lactosérum acide:
Le lactosérum acide est une nouvelle source de protéine de lactosérum. Il s’agit d’un sous-produit de la fabrication du yogourt grec et du fromage cottage. Il contient des protéines et des peptides fonctionnels, du lactose, des lipides, des vitamines et des minéraux. [8]
On emploie rarement le lactosérum acide pour les chevaux.
Le profil nutritionnel de la protéine de lactosérum
La principale raison d’ajouter du lactosérum dans l’alimentation du cheval est de hausser l’apport en protéines. Les chevaux dont la chaîne dorsale est affaiblie ou ceux qui consomment des fourrages matures pauvres en protéines peuvent avoir besoin de sources de protéines supplémentaires pour répondre à leurs besoins nutritionnels et soutenir leur santé.
Les protéines sont constituées de différents éléments fondamentaux nommés acides aminés. L’organisme exploite ces molécules pour synthétiser des protéines, des hormones et des neurotransmetteurs.
Les acides aminés
Il existe 21 acides aminés, classés en tant qu’essentiels (indispensables) ou non essentiels. Les acides aminés essentiels doivent provenir de l’alimentation, car l’organisme ne peut pas les synthétiser. L’organisme peut fabriquer les acides aminés non essentiels à partir d’autres acides aminés ou de substrats.
Les acides aminés indispensables
La protéine de lactosérum est plus riche en acides aminés indispensables que la plupart des autres sources de protéines fréquemment utilisées. [9]
Voici les dix acides aminés essentiels qui doivent provenir de l’alimentation du cheval et que l’on retrouve dans la protéine de lactosérum :
- la lysine;
- la thréonine;
- la méthionine;
- le tryptophane;
- la leucine;
- l’isoleucine;
- la valine;
- l’histidine;
- la phénylalanine;
- l’arginine.
On considère généralement que la lysine, la méthionine et la thréonine sont les acides aminés limitants. Ils sont plus susceptibles d’être en quantités insuffisantes dans l’alimentation des équidés, au point de limiter la synthèse des protéines dans l’organisme.
La leucine, l’isoleucine et la valine sont des acides aminés à chaîne ramifiée (AACR) en raison de leur structure chimique. Ils jouent un rôle crucial dans la croissance, la réparation et la récupération des muscles en stimulant la synthèse des protéines. [2]
La protéine de lactosérum est particulièrement riche en acides aminés limitants et en AACR, ce qui explique pourquoi il s’agit d’un supplément protéique populaire auprès des athlètes.
Les acides aminés indispensables sous condition
Les acides aminés indispensables sous condition sont des acides aminés qui peuvent devenir nécessaires dans l’alimentation des équidés dans des circonstances précises, y compris en période de croissance rapide ou de maladie. Pendant ces périodes, l’organisme du cheval a besoin de plus grandes quantités de ces acides aminés pour soutenir les mécanismes physiologiques et récupérer des facteurs de stress.
Bien que l’organisme équin puisse les synthétiser dans des conditions normales, l’augmentation de la demande dans certaines situations peut nécessiter un apport alimentaire supplémentaire pour combler adéquatement les besoins nutritionnels.
La protéine de lactosérum contient les acides aminés essentiels sous condition suivants :
- la cystéine;
- la glutamine;
- la glycine;
- la proline;
- la sérine;
- la tyrosine.
Le lactosérum est particulièrement riche en cystéine, un acide aminé qui contient du soufre et qui est essentiel à la synthèse du glutathion. Le glutathion est un antioxydant qui est présent dans toutes les cellules du corps. Il est requis pour bâtir des sabots solides, car il soutient la synthèse de la kératine.
Les acides aminés non essentiels
L’organisme équin peut synthétiser les acides aminés non essentiels à partir d’autres acides aminés ou de composés présents dans le corps. Ils n’ont pas besoin de provenir de l’alimentation.
La protéine de lactosérum contient les acides aminés non essentiels suivants :
- l’alanine;
- l’acide aspartique (aspartate);
- l’acide glutamique (glutamate).
Le lactosérum versus les protéines de soja
Comparativement aux protéines végétales, le lactosérum et les autres protéines animales contiennent une plus grande proportion d’acides aminés indispensables et d’AACR. En revanche, les protéines d’origine animale sont normalement plus onéreuses et peuvent être moins appétentes à un taux élevé d’inclusion.
On a fréquemment recours au tourteau de soja comme source de protéines pour les chevaux. Cet aliment est largement disponible et économique. De plus, il contient plus de lysine que d’autres protéines végétales. On ajoute souvent du soja aux aliments destinés aux chevaux de sport, aux juments qui allaitent et aux poulains en croissance pour hausser la teneur en protéines de la ration.
La protéine de lactosérum a toutefois un profil d’acides aminés plus favorable. Le tableau suivant montre la teneur en acides aminés (en pourcentage des protéines totales) du lactosérum comparativement aux protéines de soja. [9][10]
| Acide aminé | Lactosérum | Soja |
|---|---|---|
| Acides aminés limitants | ||
| Lysine | 7,1 | 3,4 |
| Thréonine | 5,4 | 2,3 |
| Méthionine | 1,8 | 0,3 |
| Acides aminés à chaîne ramifiée | ||
| Leucine | 8,6 | 5,0 |
| Isoleucine | 3,8 | 1,9 |
| Valine | 3,5 | 2,2 |
| Tryptophane | 1,8 | 1,3 |
| Autres acides aminés essentiels | ||
| Histidine | 1,9 | 1,5 |
| Phénylalanine | 2,5 | 3,2 |
| Arginine | 1,7 | 4,8 |
Les micronutriments
En plus des acides aminés, la protéine de lactosérum est une source de minéraux essentiels, notamment le calcium, le magnésium, le phosphore et le potassium. [6][11]
La quantité de ces minéraux peuvent varier en fonction du procédé de transformation. En général, les produits à base de lactosérum raffinés en vue d’obtenir une teneur en protéines plus élevée sont plus pauvres en minéraux. [6]
L’analyse de six échantillons de concentré de protéines de lactosérum a trouvé des niveaux de minéraux variables qui se situaient dans les fourchettes suivantes : [6]
- Calcium: de 0,2 à 0,67 %
- Magnésium: de 0,02 à 0,11 %
- Potassium: de 0,4 à 1,5 %
- Sodium: de 0,17 à 1,6 %
Étant donné que les chevaux requièrent une quantité relativement élevée de ces macrominéraux, il est peu probable qu’un supplément de protéine de lactosérum puisse répondre à ces besoins.
Les bienfaits du lactosérum pour les chevaux
Les bienfaits de la protéine de lactosérum sont liés à sa teneur élevée en acides aminés indispensables ainsi qu’aux effets bioactifs des différentes protéines constitutives. On peut donner du lactosérum aux chevaux qui reçoivent une alimentation pauvre en protéines ou à ceux qui ont besoin de plus de protéines.
1) Il soutient la santé des chevaux qui souffrent d’une carence en protéines
Les chevaux adultes à l’entretien, c.-à-d. ceux qui ne font pas d’exercice ou qui servent uniquement à la reproduction, peuvent ordinairement répondre à leurs besoins en protéines à partir du fourrage seul. Ce peut être du foin, du pâturage ou les deux. En revanche, les poulains, les chevaux qui travaillent, les juments qui allaitent et celles en fin de gestation peuvent requérir des sources de protéines supplémentaires.
Au fil du temps, le taux de synthèse des protéines dans l’organisme des chevaux qui reçoivent une alimentation pauvre en protéines ralentit. Ce ralentissement peut se manifester par les signes suivants : [12]
- un mauvais état général;
- un manque d’appétit;
- une perte de poids;
- des sabots fragiles qui se fissurent;
- une robe terne;
- l’atrophie des muscles du dos;
- le ralentissement de la croissance chez les poulains;
- une faible production de lait maternel.
Si le cheval présente l’un de ces signes, il pourrait avoir besoin de plus de protéines alimentaires. Toutefois, avant d’ajouter des protéines, il vaut mieux consulter un vétérinaire pour identifier toute maladie ou affection sous-jacente qui pourrait être à l’origine de ces problèmes.
Pour déterminer si votre cheval reçoit toutes les protéines dont il a besoin, nous vous invitons à consulter un nutritionniste équin pour comparer la quantité de protéines fournie par l’alimentation à ses besoins nutritionnels.
Nous recommandons de procéder à une analyse du fourrage, car la teneur en protéines de foin peut varier de 5 et 20 %. Le foin de graminées mature est susceptible d’être pauvre en protéines. Inversement, les fourrages de légumineuses récoltés tôt dans la saison comme la luzerne sont généralement riches en protéines.
Si le régime alimentaire ne contient pas suffisamment de protéines, la protéine de lactosérum est une option concentrée avec une teneur en acides aminés indispensables élevée.
2) Il procure une source de protéines hautement digestibles
La protéine de lactosérum est souhaitable non seulement pour son profil en acides aminés, mais aussi parce que l’organisme la digère facilement et que sa biodisponibilité est élevée.
L’acide gastrique n’affecte pas la protéine du lactosérum qui atteint l’intestin grêle en grande partie intacte. Les enzymes sécrétées par l’intestin grêle et le pancréas décomposent les protéines en acides aminés et en peptides uniques (des chaînes de deux ou trois acides aminés).
Les techniques in vitro qui simulent la digestion des protéines dans l’intestin montrent que le concentré de protéines de lactosérum est digestible à 90 %. [13] Cela signifie que 90 % des protéines sont susceptibles d’être décomposées dans l’intestin grêle et disponibles pour l’absorption.
La recherche a par ailleurs étudié l’effet de la protéine de lactosérum sur la digestibilité des fourrages. Les microbes de l’intestin postérieur sont mieux à même de digérer le foin de graminées pauvre en protéines lorsqu’on ajoute de la protéine de lactosérum aux cultures de cellules. [14]
Cela est possiblement dû au fait que les acides aminés à chaîne ramifiée présents dans la protéine de lactosérum servent de substrat aux microbes qui digèrent les fibres. [14] En revanche, étant donné que les protéines de lactosérum sont hautement digestibles dans l’intestin grêle, il est peu probable que celles données aux chevaux atteignent l’intestin postérieur en grande quantité.
3) Il améliore les régimes alimentaires lorsque le fourrage de piètre qualité
La teneur en protéines de la matière sèche du foin de graminées se situe habituellement autour de 11 %.[15] La majorité des chevaux qui ont accès à volonté à un foin qui contient de 10 à 11 % de protéines brutes sont en mesure de répondre à leurs besoins.
En revanche, les foins de graminées matures (de moins bonne qualité) peuvent avoir une teneur en protéines considérablement plus basse et ne pas en fournir suffisamment au cheval, même s’il mange à volonté.
En règle générale, à mesure que l’herbe mûrit, la teneur en fibres s’accroît et la teneur en protéines diminue. Le foin est mature et il est probablement pauvre en protéines s’il présente les caractéristiques suivantes :
- Il contient des tiges grossières et dures.
- Il contient peu de limbes ou de feuilles.
- De nombreuses têtes de graines sont visibles.
Le foin mûr et grossier peut être moins appétent. Certains chevaux peuvent éprouver de la difficulté à le manger en grandes quantités. Combiné à la basse teneur en protéines, les chevaux nourris avec un foin de graminées mature sont plus susceptibles de présenter une carence en protéines.
Si le fourrage contient moins de 8 % de protéines brutes, il est probable que le cheval aura besoin de sources de protéines supplémentaires dans son alimentation.
4) Il peut maintenir l’apport en protéines dans le cas des régimes alimentaires qui contiennent une quantité restreinte de fourrage
Bien que la consommation de foin à volonté soit optimale pour la santé intestinale et le bien-être psychologique des équidés, on peut devoir limiter l’accès au fourrage de certains chevaux.
Les animaux en surpoids, atteints du syndrome métabolique équin (SMÉ) ou enclins à la laminite peuvent avoir besoin que l’on réduise leur consommation de calories et de sucre. On peut y parvenir en restreignant la consommation de fourrage, soit en éliminant l’accès au pâturage ou en rationnant le foin, ou encore en employant une muselière de pâturage ou un filet d’alimentation lente.
On recommande généralement de donner aux chevaux une quantité de fourrage qui correspond à au moins 2 % de leur poids vif. Dans le cas de ceux qui doivent perdre du poids ou améliorer leur sensibilité à l’insuline, il arrive parfois qu’on doive limiter la consommation de fourrage à 1,25 ou 1,5 % du poids vif sous la supervision d’un vétérinaire ou d’un nutritionniste équin.
La restriction de fourrage est efficace pour réduire l’apport calorique, mais elle diminue aussi l’apport en protéines. Cela peut exposer le cheval à un risque de carence en protéines. Cette dernière peut entraîner l’atrophie des muscles de la chaîne dorsale et l’affaiblissement des sabots qui peuvent alors développer des seimes.
Pour maintenir l’apport en protéines tout en contrôlant l’accès au foin, on peut ajouter de la protéine de lactosérum qui sert de source concentrée d’acides aminés. La quantité de concentré de protéines de lactosérum à ajouter dépend du degré de restriction du fourrage et des besoins du cheval concerné.
Par exemple, un cheval de 500 kg (1 100 lb) qui reçoit 7,5 kg de foin de qualité moyenne (1,5 % du poids vif) a besoin de 100 grammes de concentré de protéines de lactosérum pour obtenir un apport optimal.
5) Il favorise le développement musculaire chez les chevaux en croissance
Les chevaux qui grandissent ont grand besoin de protéines alimentaires et d’acides aminés pour développer leur masse musculaire et soutenir la croissance d’autres tissus. [12]
La protéine de lactosérum a un profil d’acides aminés similaire à celui des protéines musculaires. On la considère donc comme une protéine alimentaire idéale pour les animaux en croissance. [9]
Les aliments complets conçus pour les poulains contiennent généralement de 14 à 16 % de protéines brutes. Leur principale source de protéines est un concentré de protéines de lactosérum. Les études menées sur les porcelets montrent que la supplémentation en protéine de lactosérum soutient mieux le développement de muscles maigres chez les animaux en croissance que les protéines de soja. [16]
Puisque les chevaux et les porcs digèrent les protéines de manière similaire dans l’intestin grêle, les poulains en croissance pourraient aussi avoir un meilleur développement musculaire si on ajoute du lactosérum à leur alimentation.
6) Il aide à développer la musculature de la chaîne dorsale
Un faible apport en protéines peut mener à une faiblesse de la chaîne dorsale en raison du ralentissement de la synthèse des protéines dans les tissus musculaires. La supplémentation en lactosérum peut garantir que les besoins en protéines et en acides aminés soient comblés pour stimuler la croissance des muscles de la chaîne dorsale.
Il faut cependant noter que l’affaiblissement de la chaîne dorsale peut découler de nombreux facteurs, notamment ceux qui suivent :
- des troubles de santé du tube digestif, notamment les ulcères gastriques;
- des problèmes dentaires;
- le vieillissement;
- le manque d’exercice ou d’activité physique;
- une selle mal ajustée;
- des maladies telles que le PSSM ou le PPID (la maladie de Cushing).
Si la musculature dorsale de votre cheval vous préoccupe, consultez votre vétérinaire pour identifier et traiter les facteurs contributifs. Un changement de régime alimentaire et de programme d’exercice peut aider à bâtir la chaîne dorsale du cheval.
7) Il favorise la récupération musculaire après l’exercice
D’après des études menées chez l’humain et d’autres animaux, la protéine de lactosérum peut favoriser la réparation musculaire après l’exercice ou l’effort physique. [10][17] Il fournit les acides aminés nécessaires à la réparation et à la reconstruction des tissus musculaires, ce qui aide les animaux à récupérer plus rapidement des séances d’entraînement et des activités intenses.
Ce bienfait est normalement lié à la teneur élevée en AACR de la protéine de lactosérum. Plus précisément, la leucine stimule la synthèse des protéines et soutient la réparation des muscles après l’exercice. Cela dit, les études menées sur des modèles humains et animaux n’ont pas toutes démontré de bienfaits à la suite d’une supplémentation en AACR ou en protéine de lactosérum. [18][19]
La recherche sur l’entraînement des chevaux
Le nombre d’études portant sur les AACR ou la supplémentation en lactosérum chez les chevaux est restreint. Jusqu’à présent, la supplémentation en AACR des chevaux entraînés n’a pas révélé d’avantage en matière de performance. Mais elle pourrait soutenir le système immunitaire et la récupération après l’exercice. [20]
Dans la seule étude qui a porté sur les effets de la supplémentation en protéine de lactosérum sur les chevaux qui font de l’exercice, les Thoroughbreds entraînés ont reçu soit de la leucine pure, soit de l’hydrolysat de protéines de lactosérum. [21]
L’objectif de cette étude était de déterminer si la leucine ou la protéine de lactosérum pouvait hausser le taux d’insuline plasmatique lorsqu’on l’associait au glucose. L’insuline est une hormone qui aide à emmagasiner le glucose dans les muscles sous forme de glycogène.
Les résultats de cette étude ont révélé que la leucine accroissait le taux d’insuline, contrairement à la protéine de lactosérum. Par conséquent, l’efficacité de la supplémentation en protéine de lactosérum pour reconstituer les réserves de glycogène chez les chevaux qui font de l’exercice demeure incertaine. [21]
7) Il soutient les systèmes antioxydants
Le lactosérum améliore la production endogène de glutathion, un puissant antioxydant présent dans toutes les cellules de l’organisme. [2]
Le glutathion et l’enzyme glutathion peroxydase sont riches en cystéine, un acide aminé qui contient du soufre. Étant donné que cet acide aminé abonde dans le lactosérum, son ajout aide à soutenir la synthèse de ces antioxydants.
Les antioxydants neutralisent les radicaux libres, des composés réactifs produits naturellement pendant le métabolisme. Si trop de radicaux libres s’accumulent dans les cellules, ils peuvent endommager l’ADN, les protéines et les graisses, et mener à la mort cellulaire.
Les chevaux qui font de l’exercice subissent un niveau plus grand de stress oxydatif et pourraient conséquemment bénéficier d’un meilleur état antioxydant. [22]
La quantité de protéine de lactosérum à ajouter dans la ration
La quantité de protéines contenue dans la plupart des régimes alimentaires équins surpassent largement les besoins nutritionnels, même pour les chevaux de sport. Néanmoins, certains individus peuvent avoir besoin de protéines supplémentaires.
La quantité de protéines de lactosérum à donner dépend en grande partie de la qualité du fourrage. Les chevaux au pâturage ont un apport en protéines beaucoup plus élevé que ceux qui mangent du foin.
À titre d’exemple, le tableau suivant indique le nombre de grammes de concentré de protéines de lactosérum (80 % de protéines brutes) à donner aux chevaux qui présentent différents états physiologiques. Lorsque le fourrage est de piètre qualité (c.-à-d. 7 % de protéines brutes), la quantité de concentré de protéines de lactosérum requise est plus grande que lorsque le cheval reçoit du foin de qualité moyenne (c.-à-d. 10 % de protéines brutes).
| Foin de mauvaise qualité | Foin de qualité moyenne | |
|---|---|---|
| Cheval à l’entretien | 100 g | 0 g |
| Cheval à l’exercice léger | 150 g | 0 g |
| Cheval à l’exercice modéré | 300 g | 0 g |
| Cheval à l’exercice intense | 350 g | 0 g |
| Début d’allaitement (1er mois) | 1500 g | 600 g |
| Milieu de l’allaitement (3e mois) | 800 g | 500 g |
| Fin de l’allaitement (6e mois) | 450 g | 200 g |
| Fin de gestation (10e mois) | 500 g | 0 g |
Ces diètes sont fondées sur un cheval de 500 kg (1 100 lb) qui reçoit du foin à volonté, deux cuillères à soupe de sel et le supplément Omneity de Mad Barn pour répondre à ses besoins en vitamines et en minéraux.
Il faut noter que la seule étude scientifique menée sur l’alimentation du lactosérum chez les chevaux adultes a utilisé de l’hydrolysat de protéines de lactosérum. Le taux d’alimentation employé dans l’étude était de 0,3 gramme par kilogramme de poids vif, ce qui équivaut à environ 150 grammes par jour pour un cheval de 500 kg (1 100 lb). [21]
Des doses plus élevées de concentré de protéines de lactosérum sont nécessaires pour les juments gestantes et qui allaitent si on n’ajoute aucune autre source de protéines à leur alimentation. À des doses plus élevées, le goût de la protéine de lactosérum peut être désagréable ou son coût devient prohibitif.
Lorsqu’une grande quantité de protéines supplémentaires est requise, la protéine de lactosérum peut être combinée à d’autres sources de protéines communes, notamment :
- le tourteau de soja;
- le tourteau de canola;
- la luzerne (foin, en granulés ou en cubes).
Les facteurs à considérer lors de l’alimentation de la protéine de lactosérum
La protéine de lactosérum a habituellement une saveur douce et légèrement sucrée qui peut plaire aux chevaux. Toutefois, les préférences varient selon les individus, tout comme chez les humains.
Lorsqu’on donne de la protéine de lactosérum au cheval, il faut tenir compte de quelques facteurs pour veiller à en faire bon usage et à l’intégrer de manière appropriée dans son alimentation. Voici quelques directives à respecter :
- Consulter un nutritionniste ou un vétérinaire équin: avant d’ajouter de la protéine de lactosérum ou d’apporter des changements importants à l’alimentation du cheval, il vaut toujours mieux consulter un nutritionniste équin ou un vétérinaire. Ces derniers peuvent prodiguer des conseils adaptés aux besoins individuels de l’animal, ainsi que déterminer la quantité et la durée appropriées de la supplémentation.
- Choisir le bon produit: on trouve différentes formes de protéine de lactosérum, notamment les concentrés, les isolats et les hydrolysats. Les concentrés (80 % de protéines brutes) et les isolats (90 % de protéines brutes) conviennent aux chevaux adultes. Le concentré à faible teneur en protéines est plus riche en lactose. Bien qu’il ne s’agisse probablement pas d’une préoccupation pour les jeunes chevaux, il peut causer des troubles digestifs chez les adultes.
- Introduire le nouvel aliment progressivement: on doit introduire graduellement la protéine de lactosérum dans l’alimentation du cheval pour lui donner le temps de s’adapter sur une période de plusieurs jours ou de plusieurs semaines. Cela permet d’éviter les troubles digestifs et lui permet de s’habituer au goût et à la texture de l’aliment.
- Mélanger le supplément avec d’autres aliments: on peut mélanger la protéine de lactosérum à d’autres aliments pour en améliorer l’appétence. On peut l’ajouter à la ration de moulée ordinaire, aux aliments en granulés ou au fourrage. Il faut bien mélanger le tout pour répartir uniformément la protéine de lactosérum dans la ration.
- Suivre la dose recommandée: on doit donner la dose indiquée par le fabricant ou conseillée par un nutritionniste équin ou un vétérinaire. Le taux d’alimentation recommandé dépend de la taille du cheval, de son âge, de son niveau d’activité et de ses besoins nutritionnels spécifiques.
- Surveiller la réaction du cheval: on doit surveiller le cheval de près pour détecter tout signe de trouble digestif ou de réaction indésirable. Si le cheval montre des signes d’inconfort, de diminution de l’appétit ou de comportement inhabituel, il faut consulter immédiatement le vétérinaire.
Il importe de se rappeler que la protéine de lactosérum ne doit pas remplacer une alimentation bien équilibrée, mais qu’elle peut la compléter au besoin. Assurer un régime alimentaire approprié pour le cheval demande un suivi régulier, une réévaluation périodique de ses besoins nutritionnels et des conseils professionnels continus.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur la protéine de lactosérum chez les chevaux :
La protéine de lactosérum pour les chevaux est une source de protéines dérée du lait qui fournit tous les acides aminés essentiels que les chevaux doivent obtenir par l’alimentation. Elle est considérée comme une protéine complète et est couramment utilisée dans les aliments commerciaux ou comme supplément autonome. En plus des acides aminés, le lactosérum contient des protéines fonctionnelles et des peptides qui peuvent offrir des avantages nutritionnels supplémentaires. Elle est préférable dans le cadre d’un programme alimentaire équilibré plutôt qu’en remplacement du fourrage.
La protéine de lactosérum est un bon supplément pour les chevaux parce qu’elle est hautement digestible et riche en acides aminés essentiels qui soutiennent la synthèse des protéines. Ces acides aminés contribuent au développement musculaire, à la réparation des tissus, à la fonction immunitaire, à la qualité des sabots et à d’autres processus corporels importants. Le lactosérum peut être particulièrement utile pour les chevaux ayant des besoins accrus en protéines, notamment les poulains en croissance, les chevaux au travail et les juments en lactation. Il constitue également une option pratique lorsque la qualité du fourrage est trop faible pour répondre pleinement aux besoins en protéines.
Les chevaux qui peuvent bénéficier le plus de la protéine de lactosérum comprennent les chevaux en croissance, les chevaux à l’entraînement, les juments en lactation et les juments en fin de gestation. Ces groupes ont des besoins en protéines et en acides aminés plus élevés que les chevaux adultes à l’entretien. Les chevaux consommant du foin mature pauvre en protéines ou suivant des régimes à fourrage restreint peuvent également en bénéficier si leur apport global en protéines est insuffisant. La plupart des chevaux adultes nourris uniquement avec un fourrage de bonne qualité n’ont pas besoin d’un apport supplémentaire en protéine de lactosérum.
La protéine de lactosérum peut aider les chevaux ayant une ligne du dessus peu développée si un faible apport en protéines fait partie du problème. Comme le lactosérum fournit des acides aminés concentrés, il peut soutenir la synthèse des protéines musculaires lorsque l’alimentation manque de protéines de qualité. Cependant, une ligne du dessus peu développée n’est pas toujours causée par l’alimentation et peut aussi être liée à des problèmes dentaires, des ulcères, le vieillissement, un manque d’exercice, une selle mal ajustée ou certaines maladies. Si un cheval perd de la musculature sur la ligne du dessus, il est important de s’attaquer à la fois à la nutrition et aux problèmes de santé ou de gestion sous-jacents.
La protéine de lactosérum peut aider si un cheval mange du foin de faible qualité, car le foin mature et grossier est souvent plus pauvre en protéines brutes. Un foin contenant moins de 8 % de protéines brutes est plus susceptible de laisser certains chevaux avec des besoins non comblés en protéines alimentaires. Dans cette situation, le lactosérum offre un moyen concentré d’augmenter l’apport en acides aminés sans ajouter un grand volume d’aliments. Une analyse du fourrage demeure la meilleure façon de déterminer si le foin fournit réellement trop peu de protéines.
La protéine de lactosérum peut être utile pour les chevaux suivant un régime à fourrage restreint, car la limitation de l’apport en foin réduit également l’apport en protéines. Cela est particulièrement important pour les chevaux en surpoids ou ceux suivant un régime soigneusement géré en raison d’une sensibilité à l’insuline ou d’un risque de fourbure. L’ajout de lactosérum peut aider à maintenir l’apport en acides aminés tout en contrôlant les calories et les sucres provenant du fourrage. Il devrait néanmoins être utilisé dans le cadre d’un plan alimentaire complet élaboré avec l’aide d’un vétérinaire ou d’un nutritionniste.
La protéine de lactosérum se compare avantageusement à la protéine de soya parce qu’elle contient une plus forte proportion d’acides aminés essentiels et d’acides aminés à chaîne ramifiée. Elle fournit davantage de lysine, de thréonine, de méthionine, de leucine, d’isoleucine et de valine que le soya. Cela fait du lactosérum une option de haute qualité pour soutenir le développement musculaire et la récupération. Le tourteau de soya demeure largement utilisé parce qu’il est économique et pratique; le meilleur choix dépend donc des besoins du cheval et du reste de la ration.
La protéine de lactosérum est une option pour augmenter l’apport global en protéines d’un cheval, mais de nombreux chevaux peuvent combler leurs besoins en protéines avec du foin de graminées ou un mélange de foin de légumineuses et de graminées. Si de la protéine de lactosérum est ajoutée pour compléter l’apport, la quantité nécessaire dépend de la qualité du fourrage et de l’état physiologique du cheval. Le taux d’alimentation approprié devrait être déterminé en fonction de la ration complète et non estimé uniquement à partir du poids corporel. Consultez un nutritionniste équin si vous n’êtes pas certain de la façon d’ajuster la ration de lactosérum de votre cheval.
Le meilleur type de protéine de lactosérum pour les chevaux est généralement le concentré ou l’isolat de protéine de lactosérum, selon le cheval et le produit utilisé. Le concentré de protéine de lactosérum est la forme la plus courante et la plus économique utilisée dans les suppléments pour chevaux, tandis que l’isolat contient davantage de protéines et moins de lactose et de matières grasses. L’hydrolysat peut être plus facile à digérer, mais ce n’est pas la forme la plus couramment utilisée dans l’alimentation équine. Les concentrés moins riches en protéines peuvent contenir davantage de lactose, ce qui peut être moins approprié pour les chevaux adultes.
Lors de l’utilisation de la protéine de lactosérum chez les chevaux, il est important de l’introduire graduellement et de l’utiliser en complément d’une alimentation équilibrée. Le choix d’un produit approprié est important, car les chevaux adultes peuvent présenter des troubles digestifs avec les produits de lactosérum contenant davantage de lactose. Les chevaux devraient être surveillés afin de détecter tout changement d’appétit, trouble digestif ou autre signe indiquant que le supplément ne leur convient pas. Les conseils d’un vétérinaire ou d’un nutritionniste équin sont recommandés avant d’apporter des changements importants, particulièrement lorsque des taux d’alimentation plus élevés sont envisagés.
Résumé
La protéine de lactosérum est une source de protéines complètes, hautement digestible, qui soutient la musculature, le système immunitaire et la santé globale des chevaux. Elle fournit tous les acides aminés essentiels et des composés fonctionnels qui favorisent la récupération et la performance.
- Le lactosérum fournit des acides aminés essentiels et des antioxydants essentiels à la croissance musculaire, à la réparation des tissus et à l’intégrité des sabots
- Différents types comprennent le concentré, l’isolat et l’hydrolysat, variant en teneur en protéines et en digestibilité
- La supplémentation est bénéfique pour les chevaux nourris avec un fourrage pauvre en protéines, soumis à un travail intense, ou durant la croissance et la lactation
- L’alimentation devrait être guidée par l’analyse du fourrage et adaptée à la charge de travail du cheval, à la qualité de la ration et à ses besoins en protéines
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