Photo : Cealy Tetley
Jacqueline Brooks, cavalière de dressage canadienne de renom n’est pas du genre à se reposer sur ses lauriers.
Médaillée d’argent par équipe aux Jeux panaméricains et ayant participé à deux Jeux olympiques, Jacquie a été sélectionnée dans six équipes nationales, a formé plus de 25 chevaux jusqu’au niveau Grand Prix national et figure toujours parmi les cavaliers canadiens les plus performants sur la scène internationale.
Malgré son excellence en équitation, Jacquie se considère comme une généraliste : « Je ne suis pas la meilleure cavalière de dressage au monde… ni la meilleure dans quoi que ce soit », dit-elle en riant avec son humilité habituelle.
Pourtant, son parcours équestre témoigne d’un talent remarquable, d’une détermination sans faille et d’un profond amour pour l’art complexe du dressage.
Sa passion pour le sport équestre, et pour le dressage en particulier, est un atout pour ses élèves, ses coéquipiers et l’ensemble de la communauté équestre. Au-delà de ses propres aspirations en tant que cavalière, Jacquie s’investit pleinement dans le développement du dressage au Canada.
Son influence et son impact – en piste comme à l’extérieur – sont encore plus impressionnants sachant qu’elle n’a commencé à monter sérieusement qu’à l’âge adulte.
Un début atypique
« J’ai pratiqué beaucoup de sports de haut niveau », explique Jacquie, en faisant référence à ses débuts sportifs en ski, en natation et dans d’autres disciplines.
Cette solide expérience a forgé son éthique de travail bien avant que les chevaux ne deviennent sa passion. Pourtant, ses débuts dans le sport qui allait définir sa carrière sont survenus de manière inattendue. Vers 1990, une amie d’école a dû s’absenter de son emploi de palefrenière pour la cavalière de dressage olympique canadienne Ashley Holzer. À la toute dernière minute, elle a demandé si Jacquie pouvait la remplacer.
« J’ai passé l’entrevue d’embauche avec Ashley », se souvient Jacquie. « Elle m’a demandé : “Tu es palefrenière, n’est-ce pas? Tu sais ce que tu fais?” J’ai répondu : “Oh, oui !” puis j’ai appris sur le tas ! », dit-elle en riant.
Même si l’équitation n’était pas encore son sport principal, Jacquie avait déjà une expérience de travail avec les chevaux. Ce qui lui manquait en expérience, elle l’a compensé par sa détermination.
Sa première mission avec Holzer a été les Jeux panaméricains de 1991 à La Havane, à Cuba — un baptême de feu au plus haut niveau du sport international. L’expérience au sein de l’équipe canadienne s’est révélée transformatrice pour Jacquie, alors âgée de 23 ans.
« Et c’est ainsi que ma relation avec le dressage a commencé. Quand j’ai pu observé cette discipline à ce niveau, je me suis dit : “Wow ! C’est quelque chose que je dois faire !” ». On connaît la suite.
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Passer d’un statut d’espoir au Grand Prix
Après avoir terminé ses études universitaires, Jacquie s’est rendue en Europe à la recherche d’un cheval capable de l’aider à réaliser ses rêves de dressage.
Finnegan n’était pas initialement envisagé pour Jacquie mais, un soir, en visionnant une vidéo de certains chevaux européens à vendre, elle a remarqué un jeune alezan à l’écran.
« Finny », un hongre Oldenburg âgé de trois ans à l’époque, allait permettre à Jacquie de parcourir beaucoup de chemin. D’un jeune cheval prometteur est né un partenariat déterminant. Finnegan était talentueux, mais surtout, il était constant — le type de cheval qui permet à un cavalier de progresser à ses côtés. Ensemble, ils ont gravi les échelons, apprenant les exigences de chaque nouvelle reprise, développant leur force, affinant leur communication et accumulant de l’expérience en piste.
Le parcours jusqu’au Grand Prix est rarement linéaire et, pour Jacquie, cela a impliqué des années d’entraînement rigoureux et de progrès constants. Toutefois, les bases qu’elle avait acquises en tant qu’athlète de haut niveau se sont naturellement transposées dans le manège. Elle a abordé le dressage de la même manière qu’elle avait abordé chaque discipline de haut niveau : avec intensité, curiosité et une volonté de se surpasser.
Au moment où le duo a atteint le Grand Prix au niveau national, Jacquie n’était plus la palefrenière émerveillée découvrant le sport international depuis les coulisses. Elle était elle-même dans le manège.

Les chevaux derrière le drapeau
Au début de la trentaine, Jacquie figurait parmi les meilleurs cavaliers du Canada. En 1999, après avoir présenté Finny partout en Amérique du Nord, et jusqu’en Australie, Jacquie cherchait à conquérir de nouveaux horizons. Avec la perspective de participer à ses premiers Jeux olympiques, elle avait besoin d’un cheval pour l’y amener.
Avec l’aide de ses parents, Jacquie a acheté un hongre Oldenburg né en 1995 nommé Gran Gesto, ou « Sam » comme on l’appelait affectueusement à l’écurie.
Après des campagnes fructueuses sur le circuit de concours nord-américain, Jacquie et Sam ont obtenu la reconnaissance dont ils avaient besoin. Ils ont été sélectionnés pour représenter le Canada aux Jeux panaméricains de 2003, qui se tenaient cette année-là en République dominicaine.
Avec Leslie Reid, Evi Strasser et sa mentor Ashley Holzer, Jacquie a aidé le Canada à remporter une médaille d’argent par équipe.
« Gran Gesto était un cheval extraordinaire. Il me ressemblait beaucoup...J’ai eu énormément de chance. »
— Jacquie BrooksAthlète de haute performance avec Mad Barn
Le duo a conservé sa place parmi les meilleurs au monde et a été de nouveau sélectionné pour représenter le dressage canadien sur la scène internationale. Ils ont intégré Équipe Canada pour les Jeux équestres mondiaux de 2006 à Aix-la-Chapelle, la Coupe du monde de 2007 à Las Vegas, et les Jeux olympiques d’été de 2008 à Pékin.
« Il m’a offert la plus belle performance de ma vie aux Jeux olympiques », confie Jacquie, évoquant le talent exceptionnel de son cher Sam.
En 2012, alors que ce maître du spectacle approchait de ses 17 ans, Jacquie a pris la décision difficile de mettre un terme à la carrière de Sam. Elle lui a permis de prendre sa retraite avec honneur devant une foule locale admirative au Royal Agricultural Winter Fair à Toronto.
Entre-temps, D Niro, un hongre Warmblood suédois gris âgé de 12 ans, progressait rapidement sous les soins de Jacquie.
Six mois seulement après son acquisition, Jacquie avait fait passer D Niro du Prix St-Georges au Grand Prix et, à partir de là, ils ont gravi les échelons jusqu’aux Jeux olympiques d’été de Londres 2012. L’année suivante, le duo a participé à la finale de la Coupe du monde à Göteborg, en Suède.
« Ce cheval adorait les concours. Il aimait être monté… Il adorait le dressage », dit Jacquie avec affection.
Alimenter les performances de haut niveau
Développer des chevaux de haut niveau et concourir avec eux est le rêve de vie de Jacquie. « Tout ce que je fais contribue à maintenir ce rêve en vie », explique-elle. Pour y parvenir, Jacquie nourrit tous les chevaux dont elle s’occupe avec des plans alimentaires simples et faibles en sucre et un apport nutritionnel constant.
En 2023, Jacquie a commencé à travailler avec les nutritionnistes équins de Mad Barn afin d’optimiser l’alimentation de ses chevaux pour répondre aux exigences particulières des compétitions sur les circuits nationaux et de la FEI.
Avec le pâturage et le fourrage déjà à la base de ses programmes alimentaires, et l’énergie ajoutée seulement au besoin, travailler avec Mad Barn était « une combinaison parfaite », dit Jacquie. « J’étais enthousiaste à l’idée de rencontrer l’équipe de Mad Barn parce que… savoir que mes chevaux reçoivent une alimentation adaptée sans devoir leur donner toutes ces céréales et ces agents de remplissage… a vraiment été un soulagement pour moi. »
« Grâce à l’analyse du foin et à l’analyse nutritionnelle réalisées par Mad Barn, mon programme alimentaire a été parfaitement équilibré et mes chevaux n’ont jamais été aussi en forme. »
— Jacquie BrooksAthlète de haute performance avec Mad Barn
Avec des plans alimentaires simples et constants qui privilégient une alimentation axée sur le fourrage, Jacquie a pu équilibrer les besoins nutritionnels de ses chevaux avec des ajustements mineurs qui optimisent leur santé et leurs performances à long terme.
Par exemple, tous les chevaux de haute performance de Jacquie consomment Omneity® de Mad Barn. Cette formule tout-en-un de vitamines et de minéraux est conçue pour combler les lacunes souvent présentes dans les régimes à base de foin seulement, sans apport excessif de calories ou d’amidon.
Comme d’autres cavaliers de haut niveau, la santé digestive est une priorité pour Jacquie. Pour que ses chevaux soient au meilleur de leur forme et offrent des performances optimales, Jacquie inclut également Visceral+ de Mad Barn dans leur plan alimentaire.
« Tout ce qui peut contribuer à prévenir les flatulences ou la déshydratation… et à aider les chevaux à gérer ces deux problèmes, est essentiel. Les bienfaits digestifs de Visceral+, un produit entièrement naturel, en font un excellent allié. »
Grâce à son mélange étayé par la recherche à base de probiotiques, de prébiotiques, de levure et d’enzymes digestives, Visceral+ est conçu pour favoriser la fonction de l’intestin postérieur, l’hydratation et l’absorption des nutriments — des facteurs clés pour les chevaux qui s’entraînent et concourent au plus haut niveau. Pour des cavaliers comme Jacquie, un soutien digestif proactif fait partie d’une stratégie globale visant à aider les chevaux à rester confortables, résilients et prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes.
L’équilibre comme base
En plus des bienfaits d’une alimentation axée sur le fourrage, Jacquie apporte une approche unique à l’art du dressage. Son succès repose en grande partie sur son expérience avec l’entraînement complémentaire.
Malgré tout, Jacquie n’a pas grandi dans le monde de l’équitation. Ses qualités athlétiques se sont plutôt développées sur les pistes, dans la piscine et au gymnase.
Loin d’être un désavantage, selon elle, son parcours diversifié en sport de compétition a façonné des habitudes qui ont ensuite défini la façon dont elle monte. Outre une grande résilience mentale, elle a développé la coordination physique et l’équilibre nécessaires pour réussir en selle.
Donner l’impression que ce sport est facile demande beaucoup de travail. Toutefois, pour Jacquie, trouver le point d’équilibre précis dont chaque cheval – et chaque cavalier – a besoin pour se déplacer avec aisance dans le passage, pour exécuter des changements de pied fluides, ou pour effectuer une pirouette impeccable est un processus infiniment fascinant.
« Ce qui importe le plus, c’est de parvenir à déterminer l’équilibre nécessaire au cheval pour réaliser la manœuvre, et de s’efforcer de lui faciliter au maximum l’exécution. »
— Jacquie BrooksAthlète de haute performance avec Mad Barn
À écouter Jacquie parler, le fossé entre le gymnase et le manège n’est pas aussi large qu’il n’y paraît. Le concept de rassembler en dressage, soutient-elle, repose sur les mêmes principes qu’elle a observés dans d’autres sports.
La position ancrée d’une flexion des jambes chez un haltérophile olympique, la posture stabilisatrice d’un artiste d’arts martiaux, le service explosif d’un joueur de tennis ; chacun tire sa puissance de l’équilibre et de l’alignement plutôt que de la force brute.
« C’est essentiel », dit Jacquie. Selon elle, ce principe s’applique autant aux chevaux qu’aux cavaliers.
Cependant, explique-t-elle, le simple fait de comprendre ce principe ne suffit pas toujours. Un cavalier doit le ressentir lui-même pour pouvoir ensuite développer la même compréhension chez son cheval. « La plupart des cavaliers peuvent l’apprendre, mais cela se transmet plus facilement si le cavalier l’a déjà ressenti, peut-être dans un autre contexte », explique-t-elle.
À ce sujet, Jacquie voit un défi potentiel pour les cavaliers spécialisés dans une seule discipline : « Si le seul sport que vous avez pratiqué est le dressage, il est possible que vous n’ayez pas ce contexte. » Elle explique ensuite comment cela peut compliquer l’exécution de certains mouvements emblématiques du dressage, comme le piaffer.
« Tant que vous ne pouvez pas ressentir vous-même le point d’équilibre – où la force provient davantage de la posture que des muscles – il vous sera difficile de communiquer cette sensation à votre cheval. »
Au-delà des compétitions
L’approche novatrice de Jacqui, axées sur la force par l’équilibre, fait d’elle une entraîneuse et formatrice recherchée par d’autres cavaliers de haut niveau, à l’intérieur comme à l’extérieur du manège de dressage.
« En tant qu’entraîneuse, j’attire des athlètes qui partagent cette vision. Pour ceux qui préfèrent une pratique ritualisée et répétitive… eh bien, ils ne viennent pas me voir », dit-elle sans regret, consciente de sa contribution au sport.
Depuis plus de vingt ans, Jacquie a fait de Brookhaven Dressage Ltd. un véritable lieu de rencontre pour les passionnés et les professionnels du dressage. Elle organise régulièrement des séances d’entraînement ouvertes où les écoles d’équitation et les clubs de poneys locaux sont invités à découvrir le dressage de haut niveau près de chez eux.

« C’est une entreprise à part entière », dit Jacquie à propos de son écurie familiale, un établissement de 20 box situé près de Newmarket, en Ontario, dans un secteur où l’industrie équestre est très active.
Elle offre également Brookhaven comme pied-à-terre pour les cavaliers de passage, qu’ils se préparent pour de grandes compétitions en Ontario ou qu’ils fassent escale avant de transporter des chevaux par avion depuis Toronto ou New York vers des compétitions internationales.
C’est un endroit très occupé. « Et j’aime ça! » s’exclame-t-elle en riant.
Faire progresser le dressage canadien
Jacquie utilise sa visibilité pour promouvoir des changements positifs, la sécurité et l’inclusion au sein de son sport. Pour sa méthode d’équitation empreinte de bienveillante, Jacquie a reçu le tout premier prix commémoratif John Perry à l’évènement Dressage at Devon, parmi d’autres distinctions qui reconnaissent son influence positive sur le sport.
Si le Canada cherchait un ambassadeur pour le dressage à l’échelle mondiale, Jacquie Jacquie serait sans doute une candidate de premier plan.
Lorsqu’elle ne monte pas et ne s’entraîne pas à la maison, l’entraîneuse de haute performance de Canada Équestre est sur la route et dans le manège, participant à des compétitions tout au long des saisons estivales et hivernales en Amérique du Nord.
Comme de nombreux autres cavaliers basés au Canada cherchant à maintenir leur classement mondial, Jacquie passe ses hivers près de Wellington, en Floride, où elle peut continuer à entraîner des chevaux et concourir toute l’année face à un solide groupe de cavaliers internationaux.
En regardant vers l’avenir, Jacquie est enthousiaste quant au potentiel de ses jeunes chevaux. Elle a stratégiquement acheté et entraîné des chevaux de trois ans, dans l’espoir de formé des chevaux de Grand Prix compétitifs pour de futures compétitions internationales.
« Aujourd’hui, cela porte ses fruits et je vois un potentiel de compétition sérieuse », dit Jacquie avec enthousiasme, après avoir laissé D Niro prendre sa retraite en 2018.
De ses débuts atypiques en dressage à son ascension fulgurante en tant qu’olympienne et entraîneuse respectée, le parcours de Jacquie est marqué par sa volonté de relever de nouveaux défis et d’apprendre de chaque expérience.
Avec les Jeux équestres mondiaux de la FEI prévus à Aix-la-Chapelle en 2026, et les prochains Jeux olympiques d’été prévus à Los Angeles en 2028, il s’agit d’une période excitante pour Jacquie et ses chevaux prometteurs.
Alors qu’elle continue d’innover, d’encadrer des cavaliers et de concourir, Jacquie Brooks fait rayonner l’avenir du dressage canadien.
Résumé
Jacqueline Brooks est une cavalière de dressage ayant participé aux Jeux olympiques à deux reprises. Son parcours atypique au sein de ce sport a contribué à forger une philosophie axée sur l’équilibre, la collaboration et les performances à long terme. De son travail de palefrenière aux Jeux panaméricains à sa participation aux compétitions internationales où elle a représenté le Canada, sa carrière témoigne de sa discipline sportive exemplaire, des chevaux exceptionnels qu’elle côtoie et d’un engagement envers le développement des cavaliers et du sport lui-même.
- Elle a représenté le Canada à deux Jeux olympiques, ainsi qu’aux Jeux équestres mondiaux, aux Finales de la Coupe du monde et à plusieurs Jeux panaméricains
- Au cours de sa carrière, elle a formé plus de 25 chevaux jusqu’au niveau Grand Prix national grâce à un entraînement patient et systématique
- Elle a construit des partenariats déterminants avec des chevaux de championnat, notamment Gran Gesto et D Niro, qui l’ont menée vers de grandes compétitions internationales
- Forte de son expérience en ski et en natation, elle applique des principes d’entraînement complémentaire à une philosophie du dressage fondée sur l’équilibre, l’alignement et le port naturel
- En tant que dirigeante de Brookhaven Dressage Ltd., elle agit comme entraîneuse de haute performance et mentor pour des athlètes en développement
- Elle utilise sa notoriété pour promouvoir des changements positifs, la sécurité et l’inclusion au sein du dressage canadien










