Les ergots sont de petites excroissances cutanées durcies que l’on trouve sur la partie inférieure des membres des chevaux. Ils passent facilement inaperçus en raison de leur position sous le boulet, où ils sont généralement dissimulés par les poils environnants.
Bien qu’ils soient souvent considérés comme mineurs ou insignifiants, les ergots sont des tissus vivants qui continuent de croître tout au long de la vie du cheval. Par conséquent, ils peuvent parfois requérir une attention particulière afin de maintenir le confort et l’apparence du cheval.
Les ergots sont une caractéristique normale de l’anatomie équine. Cependant, un entretien mal réalisé — par exemple en les arrachant ou en les coupant de façon trop agressive — risque de causer de l’inconfort ou même des blessures.
Il est important de comprendre la nature des ergots, leur emplacement typique et les méthodes appropriées pour les assouplir et les tailler pour assurer des soins adéquats. Dans la plupart des cas, l’entretien est simple et indolore lorsqu’il est effectué correctement. Cependant, si la croissance est excessive ou si la meilleure façon de les tailler n’est pas claire, il est recommandé de faire appel à un professionnel.
Poursuivez votre lecture pour découvrir tout ce qu’il faut savoir sur les ergots chez les chevaux, y compris leur structure et leur fonction, ainsi que des conseils d’entretien. En se familiarisant avec les pratiques optimales d’entretien des ergots, les propriétaires et soigneurs de chevaux peuvent soutenir la santé de la peau et des sabots de leur animal sans causer de stress ni de dommages.
Les ergots chez le cheval
L’ergot est une zone rugueuse et épaisse de peau située à l’arrière et au bas de chaque articulation du boulet, au centre d’une touffe de poils. Chez les races plus lourdes comme les chevaux de trait, les ergots ont tendance à être plus épais et plus volumineux que chez les chevaux plus légers. [1][2][3]
L’ergot fait partie intégrante de l’anatomie équine, bien qu’il puisse être invisible à la surface de la peau. Il n’est associé à aucun problème de santé ou préoccupation médicale. [2]
Structure
La structure de l’ergot est bien documentée. Les ergots sont une plaque de tissu cutané kératinisé (durci), appelée callosité. Ils sont étroitement reliés à différentes couches de tissus de la partie inférieure du membre du cheval. [4]
Plus haut, les ergots sont reliés aux tissus qui enveloppent les ligaments qui longent l’arrière de la jambe du cheval. Plus bas, ils se fondent dans les tissus situés juste sous la peau qui finissent par se rattacher à la région entourant le sabot. [4]
Fonction
La fonction de l’ergot n’est pas entièrement comprise, bien que des recherches préliminaires aient révélé certaines hypothèses intéressantes. L’ergot, longtemps considéré comme un attribut vestigial hérité des ancêtres évolutifs du cheval, pourrait en réalité jouer un rôle modeste mais significatif dans le fonctionnement du bas du membre. [4]
L’ergot est un point de rencontre où des tissus conjonctifs provenant des parties supérieure et inférieure du membre se rejoignent, contribuant ainsi à la formation des couches externes et internes de soutien dans cette région. [4]
Absorption des chocs
Comme l’ergot est une masse souple, semblable à un coussinet sous la peau, il peut aider à absorber et réduire les forces d’impact qui remontent dans le membre lorsque le sabot du cheval heurte le sol. De ce point de vue, il pourrait être comparable au coussinet plantaire du talon chez l’humain, qui aide à amortir les impacts et à protéger les articulations contre les tensions. [4]
Soutien et proprioception
La position de l’ergot comme point d’ancrage central pour divers tissus du bas du membre suggère qu’il pourrait jouer un rôle dans le mouvement et le soutien du membre. Il est fermement attaché à une bande solide de tissu près du boulet, ce qui lui permet d’agir comme point d’ancrage central. Cet ancrage relie la peau et les tissus de soutien du bas du membre. [4]
Bien que l’ergot ne semble pas jouer un rôle mécanique important dans la limitation de la flexion du boulet vers l’arrière, il pourrait intervenir autrement. Les ligaments entourant l’ergot contiennent des terminaisons nerveuses appelées corpuscules de Ruffini, spécialisées dans la perception de la pression et du mouvement. [4]
La présence de corpuscules de Ruffini dans l’ergot suggère que cette structure pourrait participer au sens de la proprioception chez le cheval, c’est-à-dire la perception de la position des membres les uns par rapport aux autres et dans l’espace. Ce type de signal nerveux est crucial pour l’équilibre, la coordination et la prévention des blessures. [4]
Recherches en cours
La relation étroite de l’ergot avec la peau pourrait démontrer que la peau joue un rôle plus important dans la mécanique des parties inférieures des membres du cheval qu’on ne le pensait. En fait, la peau est tellement soudée au tissu de l’ergot que les chercheurs n’ont pas réussi à séparer les deux de façon nette lors de dissections. Cela suggère que la peau et les tissus sous-jacents fonctionnent ensemble comme une unité. [4]
Bien que la contribution de la peau au soutien et au mouvement des articulations reste encore mal comprise, certains chercheurs suggèrent qu’elle pourrait aider à stabiliser les articulations équines et à répartir les forces générées lors des mouvements. Cette dissipation des forces peut être particulièrement importante à l’arrière du boulet, où des flexions répétées étirent considérablement la peau. [4]
Comme la peau et le tissu de l’ergot sont étroitement liés, tout étirement ou traction de la peau est susceptible d’affecter l’ergot et ses tissus conjonctifs, et vice-versa. L’ergot est également solidement fixé à un ligament puissant de la région du boulet, qui se rattache aux os du bas du membre. Cela maintient l’ergot dans une position stable, en faisant un point d’ancrage ferme pour la peau et les tissus conjonctifs environnants. [4]
Tout cela suggère que l’ergot joue un rôle important dans le soutien des articulations de la partie inférieure du membre. Ces conclusions suggèrent aussi que la partie inférieure de la jambe antérieure du cheval pourrait être plus coordonnée de façon passive qu’on ne le croyait auparavant, ouvrant ainsi la porte à de nouvelles pistes de recherche sur le fonctionnement des membres équins en mouvement. [4]
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Ergots ou châtaignes ?
De récentes découvertes anatomiques montrent que les ergots partagent des similarités structurelles et biologiques importantes avec les châtaignes chez les chevaux. En fait, la structure tissulaire des ergots est presque identique à celle des châtaignes. Ces deux structures sont composées d’un tissu cutané épaissi, sec et kératinisé, ce qui leur donne leur aspect dur et corné. [4]
Comme les châtaignes, les ergots sont considérés par certains experts comme des structures vestigiales, c’est-à-dire des parties du corps qui n’ont plus de fonction claire, mais qui étaient probablement utiles aux ancêtres évolutifs du cheval. Cependant, cette interprétation de longue date est aujourd’hui remise en question, puisque des découvertes récentes montrent que l’ergot pourrait jouer un rôle dans la proprioception et le soutien structurel des membres inférieurs. [4]
Origine
Malgré leurs similitudes, les ergots et les châtaignes se sont probablement développés à partir de structures anatomiques différentes au cours de l’évolution du cheval. Certains chercheurs suggèrent que les ergots correspondent à la partie médiane des coussinets plantaires trilobés que l’on retrouve chez des animaux comme les chiens et les chats. [1][5]
À l’inverse, les châtaignes, particulièrement celles situées sur les antérieurs, pourraient être liées aux coussinets carpiens observés chez d’autres quadrupèdes. [1][5]
Emplacement
Une autre caractéristique qui différencie les ergots des châtaignes est leur emplacement. Les ergots se trouvent plus bas sur le membre du cheval, généralement juste en dessous de l’articulation du boulet. Les châtaignes sont situées plus haut, du côté interne des membres, près du genou pour les antérieurs et près du jarret pour les postérieurs. [1][4]
Anatomie
En ce qui concerne la façon dont ces structures s’attachent au corps du cheval, les ergots sont profondément ancrés dans les tissus de la jambe et généralement fixés fermement en leur centre à un ligament solide près du boulet. Cela leur permet d’être structurellement plus intégrés au membre. [1][4]
Les châtaignes, quant à elles, sont plus superficielles. Elles apparaissent comme des plaques sèches et calleuses de peau qui peuvent généralement être pelées ou taillées sans causer d’inconfort au cheval. [1][4]
Apparence
La taille et la forme permettent aussi de distinguer les ergots des châtaignes. Les ergots sont généralement plus petits et plus ronds que les châtaignes, qui tendent à être ovales et peuvent être jusqu’à quatre fois plus grandes. Dans certains cas, la structure de l’ergot se développe sous la peau mais n’apparaît pas en surface. [1]
Entretien
Comme les ergots poussent continuellement, il est conseillé de les faire vérifier régulièrement par un maréchal-ferrant. Si nécessaire, ils peuvent être taillés à l’aide d’une lame. Les châtaignes, quant à elles, ne requièrent souvent aucun outil : il suffit généralement de les ramollir avec de la gelée de pétrole ou de l’huile pour bébé pour les peler à la main. [2]
Différences dans l’apparence des ergots chez certaines races
Il est rare que les ergots soient absents chez le cheval, toutefois certains Arabes peuvent en être dépourvus. [1]
Il pourrait y avoir une prédisposition raciale à la présence d’ergots invisibles sous la peau. Les raisons expliquant ce phénomène ne sont pas entièrement comprises et font l’objet de recherches scientifiques à l’heure actuelle.
Une théorie suggère que les différences dans la vitesse de la circulation sanguine entre les races de chevaux pourraient influencer la visibilité des ergots à la surface de la peau. Les races ayant une circulation plus lente ont tendance à avoir des ergots visibles. Toutefois, les résultats sont contradictoires et davantage de recherches sont nécessaires pour évaluer les variations raciales dans la présentation des ergots. [4]
Entretien et retrait des ergots
Ce ne sont pas tous les chevaux qui ont besoin d’un entretien spécifique pour leurs ergots. Ceux-ci continuent de croître tout au long de la vie du cheval et peuvent justifier un entretien occasionnel. Il est recommandé qu’un maréchal-ferrant aide le propriétaire du cheval à déterminer si un entretien est requis et, le cas échéant, qu’il intègre l’entretien des ergots à sa routine habituelle de parage. [2]
En cas de croissance excessive, les ergots peuvent être ramollis avec de l’eau, de l’huile pour bébé ou un produit hydratant adapté aux chevaux afin de faciliter leur taille ou leur retrait. Dans certains cas, des outils appropriés comme des pinces ou des lames peuvent être nécessaires pour tailler ou enlever les ergots, surtout s’ils sont devenus durs ou inesthétiques. [2]
La façon la plus simple de vous assurer que la taille des ergots de votre cheval soit effectuée en toute sécurité et sans causer d’inconfort à votre animal est de la confier à votre maréchal-ferrant. Tordre ou arracher des ergots secs peut provoquer des saignements et de la douleur.
Pendant la taille des ergots, il est important de surveiller le cheval afin de détecter tout signe de détresse, et d’interrompre immédiatement le processus en cas de douleur. [2]
Un ramollissement régulier du tissu de l’ergot peut aider à en faciliter l’entretien tout en prévenant un durcissement excessif ou des fissures. Dans tous les cas, la taille doit être effectuée de façon prudente et douce, afin d’éviter les blessures et de s’assurer que le cheval est confortable. [2]
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur les ergots chez les chevaux :
Les ergots sont de petites excroissances durcies constituées de peau kératinisée situées à l’arrière de l’articulation du paturon du cheval. Souvent cachés sous les poils, ils peuvent être plus faciles à sentir qu’à voir. Bien qu’ils aient autrefois été considérés comme vestigiaux, les recherches actuelles suggèrent que les ergots peuvent contribuer au soutien, à l’absorption des chocs et à la perception sensorielle dans le membre inférieur.
Les ergots du cheval peuvent nécessiter une taille occasionnelle puisqu’ils continuent de croître tout au long de la vie. Des ergots trop développés peuvent devenir durs, fissurés ou plus visibles, ce qui incite à leur entretien. Une inspection régulière et un ramollissement doux peuvent aider à gérer leur état, tandis que la taille est généralement incluse dans les soins de maréchalerie de routine lorsque cela est nécessaire pour maintenir le confort et l’apparence.
Une taille inadéquate des ergots peut causer de l’inconfort ou des saignements si le tissu est manipulé trop agressivement. Des ergots secs ou durcis qui sont arrachés ou tordus peuvent entraîner de la douleur et des blessures. Ramollir le tissu au préalable et effectuer une taille prudente réduit les risques, et le processus doit être interrompu immédiatement si le cheval montre des signes de sensibilité ou de détresse.
Ramollir les ergots du cheval avant la taille consiste à appliquer de l’humidité ou des produits conditionnants pour rendre le tissu plus souple. L’eau tiède, l’huile pour bébé ou des hydratants sûrs pour les chevaux sont couramment utilisés à cette fin. Un ramollissement constant aide à prévenir un durcissement ou des fissures excessifs et rend toute taille nécessaire plus facile et plus confortable pour le cheval.
Les ergots sont situés à l’arrière et sous chaque articulation du paturon, généralement centrés dans une petite touffe de poils. Leur position basse sur la jambe les rend souvent moins visibles, en particulier chez les chevaux avec des fanons ou des poils plus longs, bien qu’ils puissent généralement être identifiés au toucher lors des manipulations de routine.
Les ergots font partie normale et attendue de l’anatomie équine et ne sont pas associés à des maladies ou à des problèmes de santé. Presque tous les chevaux en ont, bien qu’ils puissent être petits ou cachés sous la peau chez certains individus. Leur présence seule n’indique aucun problème et ne nécessite généralement aucune préoccupation médicale.
Les ergots peuvent contribuer au soutien du membre inférieur et au retour sensoriel. Leur position et leur attache suggèrent un rôle dans la connexion des tissus et l’absorption des impacts. Des structures nerveuses dans la région indiquent également un rôle possible dans la proprioception, aidant le cheval à percevoir le mouvement et la position de ses membres.
Les ergots diffèrent des châtaignes tant par leur emplacement que par leur structure, malgré une composition tissulaire similaire. Les ergots se situent plus bas sur la jambe près du paturon et sont plus profondément ancrés, tandis que les châtaignes apparaissent plus haut sur la face interne de la jambe et sont plus superficielles. Les châtaignes sont généralement plus faciles à peler ou à tailler, tandis que les ergots nécessitent souvent une manipulation plus prudente.
Les maréchaux-ferrants s’occupent couramment de la taille des ergots dans le cadre des soins de sabots de routine lorsque l’entretien est nécessaire. Leur expérience permet de s’assurer que le tissu est géré en toute sécurité sans causer d’inconfort. Lorsque les ergots sont trop développés ou difficiles à évaluer, faire appel à un maréchal-ferrant constitue un moyen simple de maintenir des soins appropriés et d’éviter les blessures.
Résumé
Les ergots sont de petites excroissances cutanées kératinisées situées derrière l’articulation du boulet et qui peuvent requérir un entretien occasionnel en raison de leur croissance continue. Ils constituent une caractéristique normale de la jambe du cheval et sont structurellement intégrés au membre.
- Les ergots se trouvent derrière le boulet où ils sont souvent dissimulés par les poils; on les repère généralement par le toucher plutôt que par la vue et dans certains cas, l’ergot n’est pas présent à la surface de la peau mais est néanmoins présent à l’intérieur du membre
- Les ergots poussent tout au long de la vie du cheval et peuvent devenir durs ou trop longs, nécessitant un ramollissement et une taille périodiques
- Les méthodes de retrait inappropriées comme tordre ou arracher peuvent provoquer des douleurs et des saignements; la taille doit être effectuée de manière douce et prudente
- En cas de doute, la taille devrait être confiée à des professionnels qualifiés tels que les maréchaux-ferrants, qui s’occupent souvent des ergots lors de l’entretien des sabots
- Une hydratation régulière peut contribuer à maintenir les tissus souples et à faciliter l’entretien, tout en aidant à prévenir les fissures ou l’inconfort
Références
- Ridgeway. W., The Origin and Influence of the Thoroughbred Horse. Cambridge, University Press. 1905.
- Henry. M., Why Do Horses Have Chestnuts and Ergots on Their Legs?. Saddle Up. 2023.
- Funnell. R., Horses Have A Crusty Remnant Of Evolution Stuck To Their Legs /a>. IFLScience<. 2022.
- Lusi. C. M. and Davies. H. M. S., The Connectivity and Histological Structure of the Equine Ergot—A Preliminary Study. Journal of Equine Veterinary Science. 2017.
- Dyce. K. et al. Textbook of Veterinary Anatomy. Saunders Elsevier. 2010.










