La pneumonie d’aspiration chez les chevaux est une affection pulmonaire potentiellement grave qui survient lorsque des aliments, de l’eau, de la salive ou des médicaments sont inhalés dans les voies respiratoires au lieu d’être avalés dans l’œsophage.

Plutôt que de se développer comme une affection indépendante, la pneumonie d’aspiration survient le plus souvent comme une complication d’un autre problème, tel qu’une obstruction œsophagienne, une dysphagie (trouble de la déglutition) ou une sédation. [1][2]

Lorsqu’une matière étrangère pénètre dans les poumons, elle peut y introduire des bactéries et déclencher une inflammation, ce qui perturbe la respiration normale et les échanges d’oxygène. Dans certains cas, des signes cliniques peuvent apparaître rapidement, d’où l’importance d’un diagnostic rapide. [3]

Bien que la pneumonie d’aspiration puisse être grave, de nombreux chevaux répondent bien au traitement lorsque l’affection est diagnostiquée tôt et prise en charge de manière appropriée. Une surveillance étroite des chevaux après des événements comme une obstruction œsophagienne ou une maladie peut aider à assurer une intervention vétérinaire rapide et favoriser un meilleur pronostic.

Il est crucial de savoir reconnaître les premiers signes de la pneumonie d’aspiration afin de protéger la santé respiratoire de votre cheval.

Qu’est-ce que la pneumonie d’aspiration chez les chevaux?

La pneumonie d’aspiration chez les chevaux est un type d’infection pulmonaire qui survient lorsque des matières étrangères, telles que des aliments, de la salive, de l’eau ou des médicaments, sont inhalées dans les voies respiratoires au lieu d’être avalées dans l’œsophage. [2][3][5][6]

Lorsque ces matières pénètrent dans les voies respiratoires, elles peuvent endommager la muqueuse de la trachée et des poumons, déclenchant une inflammation. Les bactéries transportées dans les substances inhalées peuvent infecter les voies respiratoires supérieures et inférieures.

La gravité de la pneumonie d’aspiration dépend de plusieurs facteurs, notamment :

  • Le type et la quantité de matières inhalées
  • Les espèces de bactéries présentes dans les matières
  • La profondeur à laquelle les substances atteignent les poumons
  • L’état de santé général et la fonction immunitaire du cheval

Comme l’inflammation et l’infection sont toutes deux en cause, la pneumonie d’aspiration peut varier de légère à sévère et peut s’aggraver rapidement en l’absence de traitement.

Tableau 1. Aperçu de la pneumonie d’aspiration chez le cheval

Catégorie Informations clés
Définition
  • Une infection pulmonaire causée par l’inhalation d’aliments, d’eau, de salive ou de médicaments dans les voies respiratoires
Cause principale
  • Dysfonctionnement du mécanisme normal de déglutition permettant à des matières étrangères d’entrer dans le tractus respiratoire
Facteurs déclencheurs courants
  • Obstruction œsophagienne
  • Sédation
  • Anesthésie
  • Administration orale inadéquate
  • Troubles de la déglutition
  • Affections développementales
Apparition des symptômes
  • Les signes cliniques peuvent apparaître quelques heures à quelques jours après l’aspiration
Symptômes
  • Toux
  • Écoulement nasal (peut contenir des aliments ou une odeur)
  • Fièvre
  • Léthargie
  • Diminution de l’appétit
  • Effort respiratoire accru
Gravité
  • Varie de signes respiratoires légers à une infection grave mettant la vie en danger, selon la quantité et le type de matières inhalées
Traitement
  • Antibiotiques
  • Médicaments anti-inflammatoires
  • Soins de soutien
  • Gestion de la cause sous-jacente
Durée de la convalescence
  • Généralement plusieurs semaines à plusieurs mois selon la gravité et la réponse au traitement
Pronostic
  • Bon en cas de diagnostic et de traitement rapides; plus réservé dans les cas graves ou compliqués
Prévention
  • Surveiller après une obstruction œsophagienne
  • Administrer les médicaments oraux avec précaution
  • Appliquer des pratiques d’alimentation appropriées
  • Surveiller les chevaux à risque pendant les repas

Symptômes de la pneumonie d’aspiration

Les signes cliniques de la pneumonie d’aspiration peuvent varier selon la quantité de matière inhalée et la rapidité avec laquelle l’inflammation ou l’infection se développe. Dans de nombreux cas, les signes apparaissent quelques heures à quelques jours après un événement tel qu’une obstruction œsophagienne, une sédation ou une difficulté à avaler.

L’un des premiers signes les plus courants chez les chevaux est la toux, en particulier pendant ou après avoir mangé et bu.

À mesure que l’affection progresse, d’autres signes peuvent apparaître, notamment : [2][3][4]

Dans les cas plus légers, les signes peuvent être subtils et faciles à négliger. Il est possible que le cheval ne semble simplement pas dans son état normal et qu’il présente une diminition des performances, un faible niveau d’énergie ou une toux occasionnelle.

Les cas plus avancés peuvent impliquer une détresse respiratoire importante, une fièvre persistante et un écoulement nasal qui s’aggrave. Si l’un de ces signes est observé, une évaluation vétérinaire rapide est recommandée, en particulier après un événement à risque connu comme une obstruction œsophagienne. [3]

Quand appeler un vétérinaire

Une consultation vétérinaire est recommandée si un cheval présente des signes de maladie respiratoire, en particulier après un événement à risque connu tel que l’obstruction œsophagienne, la sédation ou des difficultés à avaler.

Les signes qui nécessitent une évaluation rapide comprennent : [2][4]

  • Une toux persistante ou fréquente
  • Un écoulement nasal, surtout s’il contient des particules d’aliments ou s’accompagne d’une odeur nauséabonde
  • De la fièvre
  • Une augmentation de la fréquence ou de l’effort respiratoire
  • Une léthargie ou une diminution de l’appétit

Causes de la pneumonie d’aspiration

La pneumonie d’aspiration survient lorsque le mécanisme normal de déglutition d’un cheval échoue, permettant à des matières étrangères d’entrer dans les voies respiratoires au lieu de l’œsophage.

Cela peut se produire soudainement lors d’un épisode aigu ou se développer plus graduellement chez les chevaux atteints d’affections sous-jacentes qui affectent la déglutition. [3]

Obstruction œsophagienne

L’obstruction œsophagienne est l’une des causes les plus courantes de pneumonie d’aspiration chez les chevaux adultes. Lors d’un épisode de obstruction œsophagienne, les aliments et l’eau accumulés dans l’œsophage sont plus facilement inhalés dans les voies respiratoires. [1][7][8]

Le risque augmente si le cheval continue de manger ou de boire pendant qu’il souffre d’une obstruction œsophagienne, ou en cas d’obstruction partielle. Les substances aspirées contiennent souvent des niveaux élevés de bactéries, ce qui augmente le risque d’infection.

Administration orale inadéquate de liquides ou de médicaments

L’administratio trop rapide de liquides à l’aide d’une seringue, d’une bouteille ou par gavage peut submerger le réflexe de déglutition du cheval. Si le cheval est incapable d’avaler efficacement, les substances peuvent entrer dans les voies respiratoires au lieu de l’œsophage, augmentant ainsi le risque d’aspiration. [9]

L’aspiration peut également survenir en cas de mauvais positionnement d’une sonde nasogastrique d’administration inappropriée de liquides par la sonde.

C’est pourquoi l’intubation nasogastrique ne doit être effectuée que par du personnel vétérinaire qualifié. Il n’est pas sécuritaire pour des personnes non formées de tenter d’effectuer une intubation nasogastrique par eux-mêmes à domicile. [4][10]

Troubles de la déglutition (dysphagie)

Les affections qui interfèrent avec la déglutition normale peuvent augmenter le risque d’aspiration. Celles-ci peuvent inclure des maladies neurologiques, une faiblesse musculaire ou des anomalies structurelles affectant la gorge. [11][12][13]

Les chevaux souffrant de dysphagie peuvent aspirer de petites quantités de matière de façon répétée au fil du temps, ce qui peut entraîner une pneumonie chronique ou récurrente.

Dans certains cas, des affections moins courantes telles que le mégaœsophage thoracique peuvent être en cause. Ce trouble provoque une dilatation et une diminution de la motilité de l’œsophage, permettant une accumulation et une régurgitation des aliments et des liquides, ce qui augmente le risque d’aspiration dans les poumons. [14]

Poulains et troubles du développement

Les poulains sont plus susceptibles de développer une pneumonie d’aspiration en raison d’une déglutition immature combinée à un système immunitaire sous-développé. Dans ces cas, l’aspiration implique généralement du lait. [3][11][15][16]

Les facteurs de risque chez les poulains comprennent : [4]

  • La régurgitation de lait
  • Une faiblesse due à une maladie
  • Des anomalies congénitales telles qu’une fente palatine

Les poulains peuvent également aspirer du méconium pendant ou peu après la naissance, particulièrement en cas de stress fœtal ou de mise bas difficile. [4]

Sédation et anesthésie

La sédation et l’anesthésie générale peuvent temporairement altérer la capacité d’un cheval à avaler et à protéger ses voies respiratoires.

Une aspiration peut survenir pendant une intervention ou durant la période de réveil, particulièrement si le cheval n’est pas complètement alerte ou correctement positionné. [9][17]

Diagnostic de la pneumonie d’aspiration

La pneumonie d’aspiration est relativement rare, mais elle peut progresser rapidement et devenir grave en l’absence de traitement rapide. Si un cheval développe une toux persistante ou d’autres signes préoccupants, surtout à la suite d’un événement comme une obstruction œsophagienne, une évaluation vétérinaire est recommandée.

Lors de l’examen physique, votre vétérinaire auscultera les poumons à la recherche de sons anormaux tels que des crépitements, des sifflements ou une diminution du flux d’air. Des techniques visant à encourager une respiration plus profonde peuvent être utilisées pour aider à détecter des changements subtils. [4]

Des tests diagnostiques supplémentaires peuvent être recommandés pour confirmer le diagnostic et évaluer la gravité de la pathologie, notamment : [2][3]

  • Une endoscopie ou un lavage trachéal : pour évaluer les voies respiratoires et recueillir des échantillons pour une culture bactérienne
  • Une échographie : pour évaluer les anomalies pulmonaires tels que la consolidation ou la présence de liquide
  • Des radiographies (rayons X) : généralement utilisées dans les cas plus avancés ou en milieu hospitalier

Des analyses sanguines peuvent également être effectuées pour évaluer l’inflammation systémique ou une infection. Ces tests aident à déterminer à la fois la présence et la gravité de la maladie, et ainsi d’orienter le traitement.

Dans les cas plus graves, une référence vers un spécialiste ou une hospitalisation peut être nécessaire pour des examens supplémentaires et une surveillance accrue. Une évaluation hâtive permet d’orienter le traitement et d’améliorer les chances de guérison.

Diagnostic différentiel

Pour confirmer le diagnostic, les vétérinaires doivent exclure des affections respiratoires similaires, notamment : [2]

  • Pneumonie bactérienne : peut provoquer de la fièvre, de la toux et des bruits pulmonaires anormaux sans antécédents clairs d’aspiration
  • Pleuropneumonie : souvent plus grave, avec accumulation de liquide autour des poumons et signes d’inconfort
  • Infections respiratoires virales : telles que la grippe équine ou l’herpèsvirus, généralement associées à de la fièvre et à des éclosions touchant plusieurs chevaux
  • Maladie inflammatoire des voies respiratoires : implique généralement des signes chroniques plus légers, sans atteinte systémique

Des signes tels que des bruits pulmonaires anormaux au niveau des champs pulmonaires antérieurs, des sécrétions des voies respiratoires et des signes d’infection peuvent renforcer la suspicion de pneumonie d’aspiration. Le diagnostic définitif nécessite généralement un prélèvement des voies respiratoires inférieures afin de confirmer l’inflammation et la présence de bactéries. [4]

Traitement de la pneumonie d’aspiration

Le traitement de la pneumonie d’aspiration vise à contrôler l’infection, à réduire l’inflammation et à soutenir le cheval pendant la guérison des poumons. L’approche dépend de la gravité de l’affection et de la cause sous-jacente. [4][16]

Le traitement de la pneumonie d’aspiration chez le cheval implique généralement une combinaison de thérapies, notamment : [2][4]

  • Antibiothérapie : dans de nombreux cas, des antibiotiques à large spectre sont utilisés initialement, puis ajustés en fonction des résultats des prélèvements des voies respiratoires. Comme les bactéries peuvent s’installer profondément dans les poumons, un traitement de plusieurs semaines, voire plus, est souvent nécessaire.
  • Médicaments anti-inflammatoires : l’inflammation pulmonaire peut perturber la respiration normale et contribuer aux signes cliniques. Dans certains cas, des corticostéroïdes peuvent être envisagés pour réduire l’inflammation, bien que leur utilisation dépende de chaque cas individuel et de l’avis du vétérinaire.
  • Soins de soutien : aident à stabiliser le cheval et à maintenir sa santé générale pendant la convalescence. Cela peut inclure le repos, une fluidothérapie et un plan alimentaire adapté. Les chevaux atteints de formes graves doivent parfois être hospitalisés et, dans certains cas, recevoir une oxygénothérapie.

Pronostic et rétablissement

Il est important d’dentifier et de gérer la cause de l’aspiration afin de prévenir les récidives. Cela peut impliquer une surveillance après un épisode d’obstruction œsophagienne, un ajustement des pratiques d’alimentation ou la mise en place d’un soutien supplémentaire pour les chevaux souffrant de problèmes de déglutition. L’administration prudente de médicaments et de liquides par voie orale est également importante. [2][4]

Dans les cas plus avancés, des complications telles que la formation d’abcès pulmonaires ou une infection chronique peuvent se développer, nécessitant un traitement prolongé et une surveillance plus étroite. Le rétablissement peut prendre du temps, et un suivi est souvent nécessaire pour s’assurer que l’infection est résolue et que la fonction pulmonaire s’améliore.

Le pronostic pour les chevaux atteints de pneumonie d’aspiration dépend de la rapidité du diagnostic et du traitement, ainsi que de la gravité de l’atteinte pulmonaire. Les chevaux diagnostiqués tôt et traités rapidement ont souvent un bon pronostic.

Les cas plus graves, en particulier ceux impliquant une infection étendue ou des complications telles que la formation d’abcès pulmonaires, ont parfois besoin d’un traitement prolongé et présentent un pronostic plus réservé. Les chevaux souffrant d’une atteinte systémique ou de pathologies sous-jacentes affectant la déglutition peuvent également mettre plus de temps à se rétablir. [2]

La convalescence peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, même dans les cas non compliqués. [2] Pendant cette période, une surveillance continue est importante pour s’assurer que les signes cliniques s’améliorent et que l’infection se résorbe. Dans certains cas, des examens de suivi peuvent être recommandés afin d’évaluer la guérison pulmonaire. [2][16]

Avec un traitement approprié et la prise en charge de la cause sous-jacente, de nombreux chevaux peuvent retrouver leur niveau d’activité antérieur.

Prévention de la pneumonie d’aspiration

Il est impossible d’éviter tous les cas de pneumonie d’aspiration, mais le risque peut être réduit en prenant en charge les facteurs contributifs courants et en surveillant étroitement les chevaux lors des situations à risque. [2][3]

Après un épisode d’obstruction œsophagienne, les chevaux doivent être surveillés attentivement pendant plusieurs jours afin de détecter des signes tels que la toux, un écoulement nasal ou de la fièvre. L’alimentation ne doit reprendre que lorsque le cheval est capable d’avaler normalement.

Des précautions doivent également être prises lors de l’administration de médicaments ou de liquides par voie orale. Administrer les liquides lentement et laisser au cheval le temps d’avaler peut aider à réduire le risque d’aspiration. Des procédures telles que l’intubation nasogastrique doivent être effectuées par un vétérinaire ou un professionnel qualifié afin d’assurer un positionnement correct.

Les chevaux sous sédation, en convalescence après une anesthésie ou atteints de troubles neurologiques ou de la déglutition requièrent parfois une surveillance accrue. L’adaptation des pratiques d’alimentation, par exemple en optant pour des aliments ayant une texture appropriée, peut également aider à réduire le risque chez les individus sensibles.

Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées au sujet des abcès de la racine dentaire chez les chevaux :

Résumé

La pneumonie d’aspiration chez les chevaux est une infection pulmonaire qui survient lorsque des aliments, des liquides, de la salive ou des médicaments pénètrent dans les voies respiratoires au lieu de l’œsophage, introduisant des bactéries et déclenchant une inflammation. Elle se développe le plus souvent comme complication d’affections qui altèrent la déglutition normale, comme l’obstruction œsophagienne ou la sédation, et, en l’absence de traitement, elle peut progresser rapidement.

  • Les causes courantes comprennent l’obstruction œsophagienne, la sédation, l’anesthésie, l’administration orale inadéquate, et les troubles de la déglutition qui réduisent la capacité du cheval à protéger ses voies respiratoires pendant l’alimentation ou les soins
  • Les signes cliniques apparaissent généralement dans les heures ou les jours qui suivent et peuvent inclure la toux, un écoulement nasal contenant des particules alimentaires, de la fièvre, de la léthargie, une diminution de l’appétit et un effort respiratoire accru
  • Le diagnostic repose sur les antécédents cliniques, les résultats de l’examen physique et des tests diagnostiques tels que l’endoscopie, le lavage trachéal, l’échographie ou la radiographie afin de confirmer l’infection et d’en évaluer la gravité
  • Le traitement comprend des antibiotiques, des médicaments anti-inflammatoires et des soins de soutien, les cas graves nécessitant une hospitalisation et un traitement prolongé pour résoudre l’infection pulmonaire
  • Le pronostic est généralement favorable en cas de pris en charge rapide, mais un traitement tardif peut entraîner des complications telles que la formation d’abcès pulmonaires, une infection chronique et une convalescence prolongée
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Références

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  6. Hallowell. K. L. et al. An Updated Description of Bacterial Pneumonia in Adult Horses and Factors Associated with Death. Journal of Veterinary Internal Medicine. 2024. View Summary
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  8. Menzies-Gow. N. Choke: Causes, Signs, Diagnosis, Complications and Prevention Strategies. Vet Times. 2016.
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