Les plaques auriculaires chez les chevaux sont une affection cutanée caractérisée par des plaques épaisses, pâles et croûteuses qui se développent sur la surface interne des oreilles. Ces plaques peuvent débuter sous forme de petites bosses surélevées, puis fusionner progressivement en zones plus étendues de tissu rugueux et surélevé.
Bien qu’elles soient généralement indolores et qu’elles n’aient pas d’impact sur la santé globale du cheval, les plaques auriculaires sont souvent persistantes et peuvent entraîner une sensibilité accrue autour des oreilles et de la tête. Cette affection est liée à une infection par le papillomavirus (verrues), et bien que les mécanismes de transmission ne soient pas entièrement compris, on croit qu’ils impliquent des insectes piqueurs comme les mouches noires.
Dans la majorité des cas, les plaques auriculaires sont considérées comme un problème esthétique, mais elles peuvent compliquer le maniement et le pansage si le cheval devient réticent à être touché au niveau de la tête. Un traitement n’est pas toujours nécessaire, bien que plusieurs options topiques ou chirurgicales existent lorsque l’intervention est justifiée.
Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les plaques auriculaires chez les chevaux, y compris la façon de reconnaître les symptômes, de comprendre les facteurs de risque et de mettre en œuvre des stratégies de prévention efficaces.
Plaques auriculaires chez les chevaux
Les plaques auriculaires chez les chevaux sont une affection cutanée caractérisée par la formation de plaques épaisses, rugueuses et de couleur claire sur la surface interne des oreilles du cheval. [1][2][3]
Les plaques auriculaires sont également connues sous les noms suivants : [1]
- Papillomatose auriculaire
- Papillomes auriculaires
- Dermatite hyperplasique de l’oreille (traduction de hyperplastic dermatitis of the ear, rarement utilisée en français)
- « Champignon ou mycose d’oreille » – un terme incorrect, car les plaques auriculaires ne sont pas fongiques
- Acanthome papillaire (traduction de papillary acanthoma, plus utilisé en médecine humaine qu’équine en français)
Lorsque les plaques auriculaires apparaissent pour la première fois, elles se présentent souvent sous forme d’une ou plusieurs petites bosses isolées. À mesure que la maladie évolue, ces bosses peuvent grossir et fusionner en plaques plus étendues. Dans les cas graves, toute la surface interne de l’oreille du cheval peut être recouverte de plaques auriculaires. [4]
Les plaques auriculaires sont généralement considérées comme un défaut esthétique et ne nuisent pas à la santé générale du cheval. Dans certains cas, elles peuvent entraîner une sensibilité au niveau des oreilles et de la tête. Quelques cas de plaques auriculaires ont évolué vers un carcinome épidermoïde chez les chevaux, mais ce phénomène est rare et demeure mal compris à ce jour. [1][2][5][6][7]
Bien que les plaques auriculaires soient généralement d’ordre esthétique, certains chevaux peuvent être disqualifiés de certaines expositions et compétitions sportives si les plaques sont visibles. [8]
« Bien que les plaques auriculaires soient rarement nuisibles d’un point de vue médical, elles peuvent entraîner une sensibilité accrue des oreilles, des problèmes de maniement et des troubles du comportement, tel qu’une réticence à être touché au niveau de la tête. Dans de nombreux cas, une fois les plaques établies, la prévention via la lutte contre les insectes est plus efficace que les tentatives d’élimination des plaques. »
— Dre Jennifer Skaggs, D.M.V.Vétérinaire équin
Symptômes
Le symptôme caractéristique des plaques auriculaires est la présence d’une ou plusieurs zones de tissu surélevé à l’intérieur des oreilles du cheval. [6]
Initialement, les plaques auriculaires apparaissent sous forme de petites bosses ou nodules d’environ 1 à 2 mm de diamètre. Ces lésions se rejoignent pour former des plaques épaisses et rugueuses. Elles sont habituellement de couleur blanc-gris en raison de la dépigmentation des tissus, avec un tissu sous-jacent rose et lisse sous la couche épidermique. Leur surface est généralement lustrée et elle se distingue nettement du tissu sain qui les entoure. [1][6]
Les plaques auriculaires peuvent apparaître dans une ou les deux oreilles, et causent habituellement une perte de poils localisée. [1][6] Chez la majorité des chevaux, les plaques ne provoquent pas de douleur, de démangeaisons ni d’autre type d’inconfort. Dans certains cas, les chevaux atteints développent une sensibilité accrue autour des oreilles et de la tête. Cette sensibilité peut persister sous forme d’une réticence à être touché au niveau de la tête et ce, même après la disparition des plaques auriculaires. [5][6][8]
Causes
Les plaques auriculaires sont associées au papillomavirus équin. [2][4][5][6][7][9]
Chez les chevaux en bonne santé, le système immunitaire fonctionne généralement suffisamment bien pour contrôler la propagation du papillomavirus dans l’organisme. Cette réponse immunitaire permet habituellement de maintenir le virus à un niveau gérable et d’empêcher l’apparition de signes cliniques visibles. Si des symptômes se manifestent, le système immunitaire parvient généralement à éliminer le virus efficacement, entraînant la disparition des lésions. [1]
En revanche, on pense que les chevaux qui présentent des épisodes récurrents ou chroniques de cette maladie souffrent d’un certain degré d’immunosuppression. [1]
Transmission
À l’heure actuelle, le mode de transmission de cette affection entre chevaux ou depuis l’environnement vers le cheval n’est pas encore entièrement élucidé. Il existe toutefois une théorie selon laquelle la transmission pourrait se faire via l’activité de mouches noires, en particulier celles du genre Simulium spp. [6]
Mouche SimuliumCette théorie est corroborée par des observations provenant de régions géographiques où ces espèces de mouches ne sont pas présentes. Par exemple, dans des pays comme la Nouvelle-Zélande, où les mouches noires sont absentes, aucun cas de cette pathologie n’a été signalé, ce qui renforce l’hypothèse quant à leur rôle dans la transmission. [6]
Facteurs de risque
Les plaques auriculaires sont une affection courante chez les chevaux. [6][9] Elles touchent généralement les chevaux adultes de plus de 1 an. [6]
Il ne semble pas y avoir de prédisposition liée au sexe ou à la race en ce qui a trait au développement des plaques auriculaires. [4][6]
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Diagnostic
Étant donné que l’apparence et l’emplacement des plaques sont caractéristiques de cette affection, le diagnostic des plaques auriculaires repose généralement sur un examen physique. [1][6][8]
Une biopsie peut être indiquée pour rechercher une pathologie sous-jacente. L’échantillon prélevé est examiné pour vérifier la présence potentielle d’inflammation, d’infection ou de cellules anormales. De plus, des virus, des protéines ou différents types de cellules peuvent être identifiés. [6]
Lorsque le diagnostic est confirmé et que les plaques entraînent des complications ou des changements comportementaux, un traitement peut être envisagé en fonction de la gravité et de la persistance des symptômes.
Traitement
Le traitement des plaques auriculaires n’est généralement pas nécessaire, car il s’agit généralement d’un problème esthétique. Certains experts suggèrent que les plaques auriculaires ont tendance à disparaître spontanément dans un délai de 3 mois après l’apparition des symptômes. [1][6] D’autres indiquent qu’elles ne se résorbent pas d’elles-mêmes. [3]
Dans les cas où un traitement est jugé nécessaire, le vétérinaire traitant peut recommander un médicament topique.
Imiquimod
Parmi les médicaments disponibles sur le marché, le plus efficace est l’imiquimod (Aldara™). Ce médicament est un immunomodulateur topique, ce qui signifie qu’il stimule le système immunitaire en renforçant sa capacité à combattre les cellules anormales et les virus. [1][5][6][8]
Pour que l’imiquimod atteigne les tissus viables présents dans les plaques, la couche croûteuse superficielle doit être retirée (débridée). Si ce débridement n’est pas effectué correctement, les résultats du traitement sont variables. Dans de nombreux cas, le débridement des plaques chez les chevaux est effectué sous sédation en position debout. [5]
Dans la majorité des cas, il faut plusieurs mois de traitement à l’imiquimod pour observer une amélioration des symptômes. Ce médicament peut provoquer des effets secondaires, notamment : [5][6][8]
- Des rougeurs
- Des lésions ouvertes
- Un écoulement
- Une enflure
- Une irritation
- Une inflammation
- Des croûtes
Il est recommandé d’évaluer soigneusement cette option avant d’envisager ce traitement. [5][6][8]
Autres médicaments topiques
Des témoignages anecdotiques font état d’autres médicaments efficaces contre les plaques auriculaires chez les chevaux, mais les données scientifiques étayant leur efficacité sont actuellement insuffisantes. Les composés suivants peuvent être envisagés dans la formulation de préparations topiques pour le traitement des plaques auriculaires équines : [1][10][11][12][13][14][15][16][17]
- Podophylline : résine végétale cytotoxique qui inhibe la division cellulaire ; pourrait aider à éliminer les tissus hyperplasiques des plaques en favorisant une nécrose localisée
- Acide trifluoroacétique : acide organique puissant qui pourrait éliminer les couches superficielles de la peau et stimuler la régénération des tissus normaux
- Trétinoïne : rétinoïde topique qui favorise le renouvellement cellulaire et pourrait réduire l’épaisseur des plaques en normalisant le comportement des kératinocytes
- Teinture de benjoin : utilisée pour ses propriétés adhésives et antiseptiques ; pourrait former une barrière et réduire l’irritation dans les zones sujettes aux plaques
- Préparations mycobactériennes : préparations immunostimulantes dérivées de bactéries ; pourraient renforcer la réponse immunitaire locale au papillomavirus
- Produits à base de Propionibacterium acnes : ces extraits bactériens pourraient agir comme immunomodulateurs en activant les macrophages et d’autres voies immunitaires
- Cisplatine : médicament de chimiothérapie utilisé en application topique en oncologie vétérinaire ; pourrait détruire les cellules en prolifération des plaques en endommageant l’ADN
- IL-2 : l’interleukine 2 est une cytokine immunitaire pouvant être utilisée localement pour renforcer la réponse des lymphocytes T aux cellules infectées par un virus
Certains médicaments peuvent provoquer une décoloration permanente de la zone traitée. C’est pourquoi il est important de bien évaluer les effets indésirables potentiels avant de traiter une affection purement esthétique. [1] Dans de nombreux cas, le traitement des plaques peut atténuer l’apparence des lésions sans pour autant éliminer complètement l’aspect inesthétique.
Chirurgie
Dans de rares cas, les plaques auriculaires sont retirées chirurgicalement pour améliorer l’apparence du cheval. Cette intervention peut être effectuée grâce à la cryochirurgie, au cours de laquelle de l’azote liquide est utilisé pour geler les plaques jusqu’à leur nécrose. [1]
Pronostic
Les plaques auriculaires sont persistantes. Une fois qu’elles apparaissent, certaines ne disparaissent jamais. Cependant, mis à part l’altération esthétique de l’oreille du cheval, elles ne causent généralement aucun autre dommage ni inconfort. [3][6]
Dans certains cas, après la disparition des plaques, la zone touchée reste décolorée ou glabre. [5] Dans de rares cas, les plaques auriculaires peuvent évoluer en carcinome épidermoïde. [6][7]
Le traitement topique des plaques auriculaires nécessite une manipulation et une application de médicaments autour de la tête et des oreilles du cheval. Si cette procédure n’est pas réalisée avec précaution et patience, elle peut entraîner un traumatisme chez le cheval, se traduisant par une hypersensibilité de la tête. [5]
Prévention
Un vaccin contre les cellules tumorales autogènes (également appelées verrues) est disponible. Les premières recherches suggèrent que ce vaccin pourrait être efficace pour prévenir la papillomatose virale équine et, par conséquent, les plaques auriculaires, bien que son efficacité n’ait pas encore été pleinement étudiée. [1]
Le papillomavirus est contagieux. Par conséquent, les chevaux sains, en particulier ceux dont le système immunitaire est affaibli, devraient être gardés à l’écart des chevaux présentant des plaques auriculaires. Les box, le matériel de pansage et le harnachement ne devraient pas passer de chevaux atteints vers des chevaux non atteints tant qu’ils n’ont pas été désinfectés avec de la povidone iodée ou des composés à base d’hydroxyde de sodium. [1]
Puisque la transmission des plaques auriculaires serait liée aux insectes volants, en particulier aux mouches noires (Simulium spp.), l’utilisation de produits insectifuges en vaporisateur et de couvertures anti-mouches, ainsi que la mise en place de protocoles de contrôle des insectes sur l’ensemble de la ferme sont recommandées. [1][6]
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur les plaques auriculaires chez les chevaux :
Les plaques auriculaires chez les chevaux sont des zones épaisses, pâles et croûteuses qui se forment sur la surface interne des oreilles en raison d’une affection cutanée virale. Ces lésions commencent souvent par de petites bosses qui fusionnent avec le temps pour former des zones rugueuses. Bien qu’elles puissent sembler préoccupantes, elles sont généralement d’ordre esthétique et n’affectent pas la santé globale, bien que certains chevaux puissent développer une sensibilité autour des oreilles.
Les plaques auriculaires chez les chevaux sont causées par une infection au papillomavirus équin, qui affecte les cellules de la peau dans l’oreille. Ce virus est généralement contrôlé par un système immunitaire sain, mais des plaques visibles peuvent se développer lorsque la réponse est moins efficace. La transmission n’est pas entièrement comprise, bien que les insectes piqueurs comme les mouches noires soient fortement soupçonnés de jouer un rôle.
Les plaques auriculaires chez les chevaux ne sont généralement pas douloureuses et sont souvent considérées comme un problème esthétique plutôt qu’une préoccupation médicale. La plupart des chevaux ne présentent pas de signes d’inconfort, de démangeaisons ou d’irritation. Cependant, certains individus peuvent développer une sensibilité accrue autour des oreilles et de la tête, ce qui peut entraîner une résistance lors de la manipulation ou du toilettage.
Les plaques auriculaires chez les chevaux peuvent se propager entre individus par transmission virale, bien que le mécanisme exact ne soit pas entièrement confirmé. Les données actuelles suggèrent que les insectes piqueurs comme les mouches noires peuvent agir comme vecteurs, transférant le virus d’un cheval à un autre. Le contact direct et le matériel partagé peuvent également contribuer si une hygiène adéquate n’est pas maintenue.
Les plaques auriculaires chez les chevaux peuvent disparaître d’elles-mêmes dans certains cas, bien que beaucoup persistent à long terme sans changement significatif. Les observations varient, certaines suggérant une amélioration en quelques mois tandis que d’autres indiquent que les plaques demeurent indéfiniment. Même lorsqu’elles disparaissent, les zones affectées peuvent rester décolorées ou dépourvues de poils, laissant un changement esthétique durable.
Les plaques auriculaires chez les chevaux ne nécessitent généralement pas de traitement, sauf si elles causent une sensibilité, des problèmes comportementaux ou interfèrent avec la manipulation. Une intervention peut être envisagée lorsque les plaques sont persistantes, s’aggravent ou affectent le confort du cheval. Les décisions de traitement doivent équilibrer les préoccupations esthétiques avec le risque d’irritation, surtout puisque certaines thérapies peuvent provoquer une inflammation ou un inconfort.
Le traitement des plaques auriculaires chez les chevaux peut inclure des médicaments topiques comme l’imiquimod, qui stimule le système immunitaire pour cibler les tissus anormaux. Dans certains cas, la surface croûteuse est retirée sous sédation pour améliorer l’absorption du médicament. D’autres composés topiques existent, bien que les données scientifiques varient, et l’ablation chirurgicale est rarement utilisée à des fins d’amélioration esthétique.
La prévention des plaques auriculaires chez les chevaux vise à réduire l’exposition virale et à contrôler l’activité des insectes. Les stratégies de gestion des mouches, y compris les vaporisateurs, les couvertures et le contrôle de l’environnement, aident à limiter la transmission potentielle par les insectes piqueurs. Éviter le matériel partagé et désinfecter l’équipement réduit également le risque, surtout dans les écuries où des chevaux atteints sont présents.
Les plaques auriculaires chez les chevaux sont plus fréquemment observées chez les chevaux adultes de plus d’un an, bien qu’aucune prédisposition claire liée à la race ou au sexe n’ait été identifiée. Les chevaux ayant une réponse immunitaire affaiblie peuvent être plus susceptibles de développer des lésions persistantes ou récurrentes. L’exposition environnementale aux insectes piqueurs peut également augmenter la probabilité de développer des plaques.
Les plaques auriculaires chez les chevaux évoluent rarement vers des affections plus graves, mais des cas isolés de transformation en carcinome épidermoïde ont été signalés. Cette évolution est peu fréquente et n’est pas entièrement comprise. La plupart des plaques restent bénignes et stables au fil du temps, bien qu’une surveillance des changements d’apparence ou de comportement soit recommandée par précaution.
Résumé
Les plaques auriculaires sont une affection cutanée persistante chez le cheval, associée au papillomavirus équin. Elles se caractérisent par des plaques rugueuses et dépigmentées sur la face interne des oreilles. Bien qu’elles soient généralement indolores et d’ordre esthétique, les plaques auriculaires peuvent provoquer une sensibilité et des troubles comportementaux chez certains chevaux.
- Le symptôme caractéristique est la présence de plaques surélevées de couleur blanc-gris qui peuvent fusionner et entraîner une perte de poils localisée, ce qui peut parfois causer une sensibilité au niveau des oreilles et de la tête
- Les plaques auriculaires sont fréquentes chez les chevaux adultes, sans prédisposition particulière liée à la race ou au sexe
- Cette pathologie est liée au papillomavirus, qui se transmettrait par les mouches noires et le contact avec des surfaces ou du matériel contaminés
- La gravité des plaques varie de petites bosses isolées à des cas sévères couvrant toute la surface de l’oreille; les cas chroniques peuvent indiquer une immunosuppression
- Les traitements comprennent des immunostimulants topiques comme l’imiquimod, d’autres agents topiques, ou, dans de rares cas, la chirurgie
- Bien qu’elles soient généralement persistantes, les plaques ne nuisent pas à la santé générale du cheval. Les effets esthétiques de cette maladie peuvent toutefois être durables
- La meilleure façon de prévenir les plaques auriculaires est de lutter contre les insectes, d’avoir de bonnes pratiques d’hygiène et, si nécessaire, de vacciner les chevaux
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