Le pica chez les chevaux est une affection caractérisée par l’ingestion répétée d’objets non alimentaires tels que la terre, le sable, le bois, la litière ou le fumier. Contrairement au comportement normal de recherche de nourriture, le pica implique de rechercher activement et d’avaler des matériaux qui n’apportent aucune valeur nutritionnelle, ce qui peut indiquer des problèmes sous-jacents liés à l’alimentation, à la gestion ou à la santé.

Ce comportement peut se développer en réponse à des déséquilibres nutritionnels, un apport insuffisant en fourrage, un inconfort digestif, l’ennui ou le stress environnemental. Étant donné que plusieurs facteurs peuvent contribuer au pica, l’identification de la cause profonde nécessite souvent une évaluation complète du programme alimentaire du cheval, de ses conditions de vie et de son bien-être général.

Bien que l’ingestion occasionnelle de matières non alimentaires puisse ne pas causer de dommages immédiats, un pica persistant peut augmenter le risque de problèmes digestifs tels que l’accumulation de sable, l’impaction, l’exposition aux parasites et les coliques.

Comprendre pourquoi le pica survient, en quoi il diffère des autres comportements oraux, et quelles mesures peuvent aider à le gérer ou à le prévenir est essentiel pour soutenir la santé et le bien-être des chevaux.

Qu’est-ce que le pica chez les chevaux?

Le pica est l’ingestion répétée de substances qui ne font pas partie de l’alimentation normale d’un cheval. Chez les chevaux, cela peut inclure le fait de manger et d’avaler activement : [1][2]

Bien que les jeunes chevaux et les poulains puissent explorer leur environnement avec la bouche, une ingestion persistante diffère de la curiosité normale. Lorsque le comportement survient régulièrement ou augmente avec le temps, il peut indiquer un problème sous-jacent influençant les habitudes alimentaires. [4][5][6][7]

Le pica chez les chevaux est un signe comportemental indiquant que quelque chose dans l’alimentation, le système digestif, ou l’environnement peut nécessiter une attention, bien que les causes exactes ne soient pas entièrement comprises. Identifier et traiter la cause profonde est essentiel pour résoudre efficacement ce comportement.

Pica vs stéréotypies orales

La caractéristique déterminante du pica est l’ingestion de matières non alimentaires. Cela le distingue des autres comportements oraux tels que le tic à l’appui, qui implique une aérophagie répétitive sans consommation complète de matières étrangères, ou le fait de mâcher du bois occasionnellement sans ingestion importante. [3]

Signes de pica chez les chevaux

Le pica chez les chevaux est généralement reconnu par la consommation répétée de matériaux qui ne sont pas des aliments normaux, tels que la terre, le sable, le bois, la litière ou le fumier. Dans de nombreux cas, ce comportement alimentaire anormal constitue le premier signe le plus évident. [1][2][8]

Bien qu’explorer occasionnellement des éléments non alimentaires soit normal, l’ingestion répétée de ces matériaux suggère un problème sous-jacent. Les chevaux qui mangent de la terre peuvent laisser de petits trous peu profonds dans les zones sèches du paddock.

La consommation de bois peut dépasser le simple grignotage en surface, avec des dommages visibles aux clôtures ou aux planches des stalles. L’ingestion de litière est souvent plus visible peu de temps après l’ajout de copeaux frais ou de paille.

Au fil du temps, certains chevaux peuvent présenter des changements supplémentaires tels que : [9][10]

Si la consommation de terre ou de sable survient en même temps que des signes de coliques, une attention vétérinaire rapide est recommandée.

L’examen du régime alimentaire de votre cheval, de l’alimentation et de l’horaire de sortie au pâturage, ainsi que des niveaux de stress, peut aider à identifier des facteurs contributifs potentiels.

Quand consulter un vétérinaire

Communiquez avec un vétérinaire si votre cheval présente un pica soudain ou persistant, en particulier s’il est accompagné d’une perte de poids, d’un mauvais état corporel, de changements dans le fumier ou d’une diminution de l’appétit. Une évaluation vétérinaire est également importante si votre cheval consomme de grandes quantités de sable, de terre ou d’autres matériaux étrangers, car cela peut augmenter le risque d’impaction ou de coliques.

Causes du pica chez les chevaux

La recherche sur les causes du pica chez les chevaux est limitée. Selon les données disponibles, ce comportement peut être associé à des déséquilibres nutritionnels, des problèmes digestifs ou des facteurs environnementaux qui influencent l’alimentation et le comportement normaux.

Déséquilibres nutritionnels

Les déséquilibres nutritionnels peuvent contribuer au pica chez certains chevaux. Un cheval peut sembler manger suffisamment, mais l’alimentation peut tout de même être déséquilibrée si elle ne fournit pas les bonnes quantités de nutriments essentiels.

Par exemple, le cheval peut recevoir trop peu de certains minéraux, ou l’équilibre global des minéraux dans la ration peut être inadéquat. Ces problèmes peuvent affecter l’appétit normal et peuvent contribuer à des comportements anormaux tels que lécher, mâcher ou manger des matériaux non alimentaires. [11][12]

Une carence en sodium est l’une des préoccupations nutritionnelles les plus courantes chez les chevaux. Le sodium est un minéral essentiel, et le sel constitue la principale source de sodium dans l’alimentation. Cependant, tous les chevaux ne consomment pas suffisamment de sel pour répondre à leurs besoins quotidiens.

Même lorsqu’un bloc de sel est disponible, l’apport peut demeurer insuffisant. Un faible apport en sodium peut contribuer à des comportements anormaux de léchage ou à l’ingestion de terre, et l’augmentation de l’apport en sel aide souvent à réduire ces comportements. [12][13]

Les carences et déséquilibres en oligo-éléments peuvent également jouer un rôle. Dans certaines régions, le fourrage contient des niveaux élevés de fer mais des niveaux plus faibles de cuivre et de zinc.

Avec le temps, cela peut créer une alimentation qui semble adéquate sur papier mais qui reste déséquilibrée. Ces déséquilibres minéraux peuvent affecter la santé globale et peuvent contribuer à des comportements alimentaires anormaux chez certains chevaux. [1][12][13][14]

Accès limité au fourrage

L’apport en fourrage influence également le comportement alimentaire. Les chevaux sont adaptés à consommer des fibres pendant une grande partie de la journée, et de longues périodes sans foin ni pâturage peuvent augmenter le stress et favoriser le mâchonnement du bois ou l’ingestion de litière.

Donner de gros repas peu fréquents au lieu de fournir un accès continu au fourrage peut accentuer ces comportements, car cela ne correspond pas aux habitudes naturelles de broutage du cheval. Les chevaux gérés avec des régimes restreints pour le contrôle du poids peuvent également présenter un risque accru si l’apport en fourrage est limité pendant de longues périodes.

Dans ces cas, des stratégies de gestion telles que les slow feeders, les filets à foin à petites mailles, ou les muselières de pâturage peuvent aider à prolonger le temps de consommation du fourrage tout en contrôlant l’apport calorique. Ces approches soutiennent le comportement alimentaire naturel et peuvent réduire la probabilité de comportements liés au pica sans dépasser les besoins énergétiques.

Problèmes gastro-intestinaux

La santé digestive peut influencer de nombreux aspects du comportement alimentaire. Les chevaux présentant des ulcères gastriques, un déséquilibre du microbiote du gros intestin, ou d’autres formes d’irritation gastro-intestinale peuvent montrer des changements d’appétit, y compris des habitudes alimentaires inhabituelles comme la consommation de sable ou de terre. [14]

Les ulcères gastriques sont relativement fréquents, en particulier chez les chevaux ayant un mode de vie stressant, des régimes riches en amidon, ou des périodes prolongées de jeûne. Dans certains cas, le pica peut survenir en parallèle avec d’autres signes d’inconfort gastrique, notamment une sensibilité à la sangle, une perte de poids, une diminution des performances, ou de l’irritabilité.

Le gros intestin joue également un rôle central dans la santé digestive. Les chevaux dépendent des micro-organismes du cæcum et du côlon pour fermenter les fibres, et ce processus repose sur un apport constant de fourrage. Des changements alimentaires soudains ou des régimes riches en concentrés peuvent perturber la population microbienne du gros intestin et la fermentation normale, ce qui peut contribuer à un inconfort gastro-intestinal. [15]

Lorsqu’un cheval qui mange de la terre, du sable ou de la litière présente également des signes de détresse gastro-intestinale, l’évaluation de la santé digestive constitue une étape importante suivante. [16]

Ennui et stress environnemental

Les conditions environnementales peuvent contribuer au pica chez certains chevaux. Les chevaux sont fortement motivés à se déplacer, à chercher de la nourriture et à interagir avec leur environnement pendant une grande partie de la journée. Lorsque le temps de sortie est limité, que le fourrage est restreint, ou que le temps d’alimentation est trop court, certains chevaux peuvent commencer à mâcher ou à consommer des éléments non alimentaires comme le bois, la litière ou la terre. [2][9][12]

Une confinement prolongé au box, un contact social limité et de longues périodes sans fourrage peuvent également augmenter le stress et la frustration. Dans ces situations, le pica peut se développer comme un comportement oral anormal qui occupe le temps ou redirige des besoins comportementaux non satisfaits.

Ces comportements ne signifient pas nécessairement qu’un cheval est mal soigné. Même dans des environnements bien gérés, les routines domestiques peuvent ne pas correspondre pleinement au schéma naturel du cheval, caractérisé par un broutage quasi continu, des déplacements et des interactions sociales. Augmenter l’accès au fourrage, utiliser des mangeoires lentes, prolonger le temps de sortie et favoriser les contacts sociaux peut aider à réduire la pica liée au stress.

Comportement appris ou habituel

Chez certains chevaux, la pica commence en réponse à un problème nutritionnel ou digestif et persiste même après l’amélioration du facteur déclencheur initial. Les comportements répétitifs peuvent s’ancrer avec le temps, surtout s’ils procurent une stimulation sensorielle ou un soulagement du stress. [17]

Les jeunes chevaux peuvent initialement explorer leur environnement en goûtant différents matériaux. Si ce comportement est répété fréquemment, il peut persister comme une habitude.

Risques pour la santé associés à la pica

Bien que les cas légers de pica ne provoquent pas toujours d’effets indésirables à long terme, une pica persistante peut entraîner des problèmes de santé graves, en particulier lorsque les chevaux consomment régulièrement des matériaux tels que le sable, la terre, le bois, la litière ou le fumier. Le risque spécifique dépend de ce qui est ingéré et de la quantité consommée au fil du temps. [1][2][12]

Par exemple, manger du sable ou de la terre peut entraîner une accumulation dans le côlon et augmenter le risque de coliques de sable. Consommer du bois ou de la litière peut contribuer à une impaction ou à une autre obstruction digestive. Les chevaux qui mâchent du bois traité, des surfaces peintes ou d’autres matériaux inappropriés peuvent également être exposés à des produits chimiques nocifs.

La pica peut aussi augmenter le risque de lésions dentaires, de blocage de l’œsophage, et d’irritation gastro-intestinale. Lorsque du fumier est consommé, il peut également y avoir une exposition accrue aux parasites. Étant donné que ces complications peuvent se développer progressivement, la pica doit être prise en charge tôt plutôt que d’attendre l’apparition de problèmes secondaires.

La gestion doit se concentrer sur l’identification et la correction de la cause sous-jacente, tout en réduisant l’accès aux matériaux que le cheval consomme. L’amélioration peut prendre du temps, mais des changements alimentaires et environnementaux constants réduisent souvent ce comportement.

Comment empêcher les chevaux de manger des objets non alimentaires

Le traitement du pica chez les chevaux consiste à identifier et corriger la cause sous-jacente plutôt que d’essayer simplement d’arrêter le comportement lui-même.

Dans de nombreux cas, des ajustements réfléchis de l’alimentation, de la santé digestive et de la gestion quotidienne entraînent une amélioration progressive et durable. Adopter une approche structurée aide à s’assurer que les facteurs contributifs ne sont pas négligés.

1) Traiter les problèmes de santé sous-jacents

Avant d’apporter des modifications à l’alimentation, consultez votre vétérinaire afin d’identifier ou d’écarter tout problème de santé sous-jacent pouvant contribuer à un comportement anormal.

Les chevaux présentant des signes d’inconfort tels qu’une sensibilité au sanglage, des changements dans la condition corporelle, une modification de l’appétit ou des changements de comportement doivent être évalués par un vétérinaire pour des ulcères gastriques ou d’autres troubles gastro-intestinaux. Dans les régions sablonneuses, votre vétérinaire peut également recommander des tests pour détecter une accumulation de sable, surtout si la consommation de terre est en cours.

Une fois les causes médicales évaluées, maintenir un apport constant en fibres et éviter les changements alimentaires brusques peut aider à soutenir la santé digestive et à réduire le stress digestif. [15]

2) Évaluer l’alimentation

Une fois les causes médicales écartées, travailler avec un nutritionniste équin qualifié pour examiner le programme alimentaire de votre cheval peut aider à identifier des déséquilibres alimentaires pouvant contribuer au pica. Une évaluation de la ration professionnelle peut aider à orienter les ajustements nutritionnels appropriés.

Commencez par analyser l’apport en fourrage de votre cheval. La plupart des chevaux nécessitent environ 1,5 à 2 % de leur poids corporel en fourrage par jour, sur une base de matière sèche.

Fournir un accès constant au foin ou au pâturage tout au long de la journée soutient la stabilité digestive et reflète mieux les comportements naturels de pâturage. [15][18]

Du sel libre en vrac doit être disponible en tout temps, car de nombreux chevaux ne consomment pas suffisamment de sodium à partir d’un bloc de sel seul. L’ajout de deux cuillères à soupe de sel libre ordinaire à la ration quotidienne est recommandé pour assurer un apport adéquat. [19][20]

De plus, offrir un supplément de vitamines et minéraux équilibré qui complète votre fourrage aide à corriger les déséquilibres courants en oligo-éléments, particulièrement dans les régions où les niveaux de cuivre et de zinc peuvent être faibles par rapport au fer. [1][12][13][14]

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L’analyse du fourrage est la méthode la plus précise pour vérifier le profil nutritionnel de votre foin, permettant une supplémentation ciblée.

Comme l’équilibrage d’une ration implique l’évaluation de plusieurs nutriments — et pas seulement l’ajout d’un supplément — travailler avec un nutritionniste équin qualifié peut être particulièrement avantageux.

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3) Ajuster la gestion

La gestion quotidienne joue également un rôle dans la réduction du pica chez les chevaux, surtout lorsque l’ennui ou le stress contribuent à ce comportement.

Augmenter le temps au pâturage lorsque possible favorise le mouvement et les comportements naturels de recherche de nourriture. Soutenir des interactions sociales sécuritaires et prolonger la disponibilité du fourrage tout au long de la journée peuvent davantage aligner la gestion avec les besoins biologiques du cheval.

L’utilisation de mangeoires lentes ou la division du foin en plusieurs repas aide à minimiser les longues périodes de jeûne et peut réduire le mâchonnement du bois ou l’ingestion de litière. Même des ajustements modestes aux routines d’alimentation ou aux horaires de sortie peuvent avoir un effet notable avec le temps. [21][22]

4) Limiter l’accès aux matériaux dangereux

Pendant que les causes sous-jacentes sont traitées, réduire l’exposition à des matériaux potentiellement dangereux aide à diminuer les risques pour la santé.

Protéger les surfaces en bois, retirer le bois traité et s’assurer que la litière est sûre et appropriée peut prévenir des complications telles que l’impaction ou la toxicité. Dans les environnements sablonneux, distribuer le foin dans des bacs ou sur des tapis plutôt que directement au sol peut aider à limiter l’ingestion supplémentaire de sable.

Prévenir le pica chez les chevaux

Bien que le pica ne puisse pas toujours être prévenu, le risque peut être réduit en soutenant les besoins nutritionnels, digestifs et comportementaux du cheval.

La prévention commence par un programme d’alimentation et de gestion cohérent. Fournir un accès régulier à un fourrage approprié soutient la santé digestive et aide à répondre au comportement naturel du cheval de mâcher pendant une grande partie de la journée.

Distribuer une ration correctement équilibrée est également important, car des carences nutritionnelles ou des déséquilibres minéraux peuvent contribuer à des comportements alimentaires anormaux. Un supplément bien formulé en vitamines et minéraux tel que Omneity® Pellets peut aider à équilibrer les régimes à base de fourrage.

Les pratiques de gestion jouent également un rôle important. Un accès régulier au pâturage, des possibilités de mouvement et des interactions sociales sécuritaires aident à soutenir un comportement normal et à réduire le stress. Des stratégies d’alimentation qui augmentent le temps passé à mâcher, comme les distributeurs lents ou un accès plus constant au fourrage, peuvent également aider à réduire les comportements oraux anormaux. [23][24]

Les soins vétérinaires de routine, les évaluations dentaires et la révision continue de l’alimentation du cheval peuvent aider à identifier les problèmes potentiels tôt, avant qu’ils ne contribuent au pica.

Questions fréquentes

Voici quelques questions fréquemment posées sur la pica chez les chevaux :

Résumé

Le pica désigne l’ingestion répétée d’objets non alimentaires tels que la terre, le sable, le bois, la litière ou le fumier. La caractéristique principale est une ingestion constante plutôt qu’un mâchonnement occasionnel.

  • Il est généralement considéré comme un signe possible d’un déséquilibre sous-jacent, qui peut être lié à la nutrition, à la santé digestive, au stress environnemental ou à une combinaison de facteurs
  • Les facteurs contributifs peuvent inclure un faible apport en sel, des déséquilibres en oligo-éléments, un apport insuffisant en fourrage, une irritation gastrique, une perturbation du gros intestin, l’ennui ou un accès limité au pâturage
  • L’ingestion persistante de matières non alimentaires peut augmenter le risque d’accumulation de sable, d’impaction, d’usure dentaire, d’obstruction œsophagienne ou d’exposition à des substances nocives
  • La gestion implique généralement une évaluation de l’alimentation, un soutien de la santé digestive, un ajustement du temps de sortie et des routines d’alimentation, ainsi qu’une limitation de l’accès aux matériaux à haut risque
  • Les stratégies de prévention peuvent inclure un programme alimentaire axé sur le fourrage, une supplémentation appropriée en vitamines et minéraux, une gestion cohérente et des soins vétérinaires réguliers
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Références

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