Le piaffer et le passage sont des mouvements emblématiques du dressage Grand Prix. Regarder un cheval trotter sur place avec puissance et cadence, ou avancer en semblant flotter dans une suspension lente et élevée, ne ressemble à rien d’autre dans les sports équestres.
Le piaffer et le passage apparaissent de l’Intermédiaire A au Grand Prix et comptent parmi les éléments ayant le coefficient de notation le plus élevé du sport. Ils sont également étroitement liés : un travail correct du rassembler, des transitions, des demi-pas et de la force portante aide à préparer progressivement le cheval aux deux mouvements.
Un cheval qui atteint ces mouvements grâce à une préparation correcte peut les exécuter avec énergie, équilibre et bonne volonté. Un cheval dont la progression est précipitée peut résister, se raidir, perdre son rythme ou subir des contraintes physiques. Pour cette raison, il est important de développer progressivement le piaffer et le passage, en tenant compte de la force, de la santé physique, de la confiance et de la compréhension des aides du cheval.
Poursuivez votre lecture pour découvrir ce que sont le piaffer et le passage, comment ils fonctionnent sur le plan mécanique, de quelle préparation votre cheval a besoin avant de commencer et comment développer chaque mouvement étape par étape.
Que sont le piaffer et le passage?
Le piaffer et le passage partagent la même séquence de poser diagonal, mais chacun possède sa propre mécanique, sa propre origine dans l’entraînement et impose des exigences particulières au cheval.
Piaffer
Le piaffer est un trot très rassemblé et cadencé exécuté sur place ou presque sur place. Dans ce mouvement, le cheval alterne les paires de membres diagonaux tandis que l’arrière-main s’abaisse, que la croupe descend et que l’avant-main devient légère et libre.
Chaque avant-bras s’élève approximativement jusqu’à l’horizontale, et chaque sabot postérieur se lève environ jusqu’au niveau du boulet du membre postérieur opposé. Le cheval reste sur la main, avec une nuque souple et un contact léger tout au long du mouvement.
La FEI exige que le piaffer démontre une impulsion vive, un équilibre parfait et de la régularité, chaque paire diagonale quittant le sol et y revenant avec une cadence et un ressort évidents. Une légère tendance à avancer est acceptable, mais les pas vers l’arrière constituent une faute grave. [1]
Le ressort, le rythme et l’équilibre définissent la qualité du piaffer, tout comme l’acceptation détendue du mouvement par le cheval. La hauteur du lever des jambes importe moins que la qualité globale de l’allure.
Passage
Le passage est un trot très élevé, lent et cadencé, avec un temps de suspension prononcé. Alors que le piaffer contient l’énergie sur place, le passage la canalise vers l’avant dans un mouvement qui semble flotter.
Les juges évaluent le passage selon les critères suivants : [1]
- Régularité
- Cadence
- Rassembler
- Maintien propre
- Équilibre
- Activité
- Élasticité du dos et des foulées elles-mêmes
Le cheval avance avec une impulsion contrôlée, une flexion marquée des articulations du genou et du jarret, ainsi qu’un dos souple et élastique. Le tempo est beaucoup plus lent qu’au trot de travail ou rassemblé, et chaque foulée présente une expression et une animation nettes.
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Différences entre le piaffer et le passage
Le mouvement vers l’avant n’est pas la seule différence entre le piaffer et le passage.
Des recherches menées sur des chevaux de dressage d’élite confirment que le piaffer est biomécaniquement une allure hybride, combinant la cinématique de la marche aux forces de réaction au sol de la course, tandis que le passage est classé comme une allure de course selon tous les critères standards. [2]
Leurs aides diffèrent également de façon importante. Le piaffer repose principalement sur les jambes et le dos, tandis que le passage dépend davantage de l’assiette. Leurs origines d’entraînement diffèrent aussi. Le piaffer découle d’une compression progressive du trot, tandis que le passage découle du développement de l’expression et de l’élévation au sein de celui-ci.
Pour cette raison, la plupart des entraîneurs introduisent d’abord le piaffer, car la force de portage qu’il développe soutient la capacité du cheval à maintenir le passage.
Tableau 1. Principales différences entre le piaffer et le passage
| Caractéristique | Piaffer | Passage |
|---|---|---|
| Définition de base |
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| Mouvement vers l’avant |
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| Caractère de l’allure |
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| Mécanique principale |
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| Principale origine dans l’entraînement |
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| Aides principales |
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| Priorités de jugement |
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| Fautes courantes |
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Biomécanique du piaffer et du passage
La recherche sur des chevaux de dressage d’élite a permis aux entraîneurs de mieux comprendre ce qui se produit physiquement pendant ces mouvements.
Forces de réaction au sol dans le piaffer
Une étude mesurant les forces de réaction au sol tridimensionnelles chez sept chevaux de dressage hautement entraînés aide à expliquer pourquoi le piaffer est physiquement exigeant même si le cheval ne se déplace pas vers l’avant. Les forces de réaction au sol sont les forces qui s’exercent entre le sabot et le sol chaque fois que le membre supporte du poids.
Au piaffer, les chevaux gardaient les pieds au sol plus longtemps que pendant le trot rassemblé. Leurs forces verticales maximales étaient plus faibles, ce qui signifie que chaque moment de mise en charge était moins brusque. Cependant, la charge verticale totale exercée sur les membres postérieurs au fil du temps était plus élevée, parce que les membres postérieurs passaient plus de temps à supporter le poids du cheval à chaque foulée. [3]
La même étude a également révélé des forces transversales plus élevées au piaffer. Il s’agit de forces latérales, et elles augmentent parce que le cheval doit effectuer des ajustements latéraux constants pour rester en équilibre tout en se déplaçant avec très peu de mouvement vers l’avant. Au piaffer, seuls deux membres sont au sol à la fois, de sorte que le cheval doit effectuer de petites corrections d’une foulée à l’autre pour garder son corps centré et droit. [3]
Ces résultats aident à expliquer pourquoi le piaffer peut être fatigant même lorsqu’il semble maîtrisé et contenu. Le cheval ne trotte pas simplement sur place; il charge les membres postérieurs à répétition, maintient l’élévation et effectue continuellement des corrections d’équilibre. Pour cette raison, des répétitions prolongées de piaffer peuvent rapidement accentuer la fatigue, surtout si le cheval développe encore la force et la coordination nécessaires au mouvement.
Mécanique de ressort dans le passage
Le passage exige que le cheval avance dans un trot lent et élevé tout en maintenant la suspension, le rythme et un équilibre montant. Bien que le mouvement paraisse léger, il repose sur une coordination précise entre les membres antérieurs, les membres postérieurs, le tronc et le cavalier.
Au passage, les membres postérieurs fonctionnent davantage comme des ressorts qu’au trot rassemblé. Ils présentent une plus grande compression, ce qui signifie qu’ils absorbent et emmagasinent plus d’énergie avant de propulser de nouveau le cheval vers le haut et vers l’avant. Les membres antérieurs agissent davantage comme des étais, avec moins de compression, ce qui aide à soutenir l’avant-main relevée et à stabiliser l’équilibre du cheval. [7]
Cela ne signifie pas que l’arrière-main travaille seule. Pour maintenir une posture montante et équilibrée à très faible vitesse, les chevaux doivent ajuster simultanément le moment des posés, le placement des sabots et les forces que leurs membres antérieurs et postérieurs appliquent au sol. [4] Chaque foulée exige que le cheval coordonne l’élévation, le soutien et le déplacement vers l’avant sans perdre le rythme ni tomber sur l’avant-main.
La recherche montre également que l’arrière-main et les membres antérieurs jouent tous deux un rôle essentiel dans le maintien de l’équilibre en montée pendant le passage. [4] Les membres postérieurs fournissent la puissance, la compression et le ressort, tandis que les membres antérieurs contribuent à réguler le soutien, l’équilibre et la posture élevée qui distingue le passage d’un trot plus lent.
Pour cette raison, un passage correct ne s’obtient pas simplement en demandant un engagement accru de l’arrière-main. Le cheval doit également avoir suffisamment de force dans la ligne du dessus, les épaules, la ceinture thoracique, le tronc et les membres antérieurs pour soutenir la posture sans se crisper ni perdre la cadence.
Développer le cheval dans son ensemble, et pas seulement l’arrière-main, est ce qui rend un passage correct possible. Lorsque la force, l’équilibre et la coordination sont développés progressivement, le cheval peut exécuter le passage avec suspension et expression tout en demeurant détendu, rythmé et physiquement capable de soutenir le mouvement.
Implications pour l’entraînement
Les deux mouvements imposent des exigences considérablement plus grandes à l’arrière-main, à la musculature du tronc et aux articulations des membres que le trot rassemblé. Le piaffer et le passage exigent que le cheval produise de l’élévation, maintienne son équilibre à faible vitesse et répète des schémas de mise en charge hautement coordonnés sans perdre le rythme ni la détente.
Les recherches sur la fonction du tronc chez le cheval montrent que les dysfonctionnements des muscles stabilisateurs profonds du dos et de l’abdomen sont fréquents chez les chevaux et compromettent directement leur capacité à exécuter en toute sécurité des mouvements très rassemblés. [5] Ces muscles aident à stabiliser la colonne vertébrale, à soutenir la posture et à transférer les forces entre l’avant-main et l’arrière-main.
L’ensemble des données scientifiques appuie constamment un entraînement progressif qui développe la force avant de demander de l’élévation. Les chevaux devraient développer le rassembler, la rectitude, le contrôle du tronc et la capacité de portage grâce à un travail progressif avant d’introduire des répétitions plus longues ou plus exigeantes de piaffer et de passage.
Préalables : ce dont votre cheval a besoin avant de commencer le piaffer et le passage
Le piaffer et le passage ne peuvent pas être introduits à n’importe quel moment de l’entraînement. Ils sont l’aboutissement naturel de plusieurs années de travail gymnastique correct et systématique. Un cheval qui ne possède pas de base solide peut résister, développer des moyens d’évitement ou risquer de se blesser lorsqu’on lui demande d’exécuter des mouvements auxquels il n’est pas physiquement préparé.
Le rassembler et l’échelle de progression
Le cheval doit démontrer un véritable rassembler avant d’entreprendre un travail sérieux du piaffer et du passage.

Le rassembler ne consiste pas simplement à raccourcir le cadre. Un véritable rassembler implique un transfert du poids vers l’arrière-main, une flexion plus prononcée des articulations des membres postérieurs et une élévation de l’avant-main, tandis que le cheval demeure engagé et réceptif aux aides. [6]
La plupart des chevaux ne commencent pas le développement sérieux du piaffer et du passage avant d’être confirmés au niveau Prix St-Georges ou Intermédiaire I, généralement entre 8 et 12 ans.
Le travail effectué à chaque niveau inférieur comprend une préparation physique et mentale qui rend possible le travail avancé. L’échelle d’entraînement en dressage aide à organiser cette progression, du rythme et de la souplesse jusqu’au rassembler.
Le travail latéral comme préparation physique
L’épaule en dedans, le travers, le renvers et l’appuyer développent la souplesse, l’engagement indépendant des membres postérieurs et la force de portance nécessaires au piaffer et au passage.
Ces exercices apprennent au cheval à s’engager sous lui et à porter plutôt qu’à pousser depuis l’arrière-main. Les cavaliers qui sautent ou précipitent le travail latéral ont tendance à rencontrer des problèmes au piaffer et au passage qui remontent directement à un manque de préparation.
Les problèmes courants comprennent le balancement de l’arrière-main, des foulées irrégulières ou une difficulté persistante à charger uniformément un membre postérieur.
Demi-arrêts et réactivité
Le demi-arrêt est l’outil le plus important pour préparer un cheval au piaffer et au passage. Lors d’un demi-arrêt, le cheval doit répondre immédiatement à une demande de raccourcir et de comprimer ses foulées, sans se raidir, tout en maintenant l’énergie et le rythme à travers le dos. [8]
Alterner entre le trot rassemblé et le trot moyen au cours d’une séance développe à la fois la sensibilité et la force de l’arrière-main. Raccourcir et allonger la foulée dans un échange réactif entre le cheval et le cavalier introduit la réponse correcte aux aides du piaffer et du passage.
Comment entraîner le piaffer
Le piaffer se développe lentement, selon un processus qui prend généralement de plusieurs mois à plusieurs années avant que quelque chose ressemblant à un véritable piaffer n’apparaisse. La plupart des entraîneurs utilisent une combinaison d’approches adaptées aux forces propres à chaque cheval.
Le demi-pas
Le demi-pas est la base du piaffer. C’est un pas de trot raccourci et élevé, avec des posers diagonaux clairs, une qualité de ressort et une impression d’énergie contenue.
Les demi-pas sont introduits lorsque le cheval produit un trot rassemblé fiable et rythmique, et qu’il reste réellement devant la jambe. Ce mouvement est souvent amorcé à partir du pas comme une manière ludique d’introduire l’idée du piaffer. Le cavalier demande un raccourcissement marqué tout en gardant l’énergie vers l’avant.
Le rythme et la volonté comptent davantage que l’élévation à ce stade. Gardez les séances courtes et positives, les demi-pas ne représentant qu’une petite partie du travail total.
Travail en main et longues rênes
De nombreux entraîneurs de dressage classique introduisent le piaffer depuis le sol avant de le demander sous la selle.
L’entraîneur marche à côté du cheval avec une longue chambrière, en tapotant pour encourager le lever alterné des membres diagonaux. Le cheval apprend graduellement à faire correspondre le rythme de ses pas au tapotement de l’entraîneur.
Les longues rênes permettent à l’entraîneur de développer le port de soi du cheval sans le poids d’un cavalier, ce qui est précieux pour les chevaux qui développent encore la force requise pour le rassembler. Cette approche est fondamentale à l’École espagnole d’équitation de Vienne et dans l’ensemble des traditions du dressage classique.
Certains entraîneurs préfèrent développer le piaffer entièrement sous la selle. Les deux approches ont produit d’excellents résultats aux plus hauts niveaux du sport.
Développer le piaffer sous la selle
Le point de départ le plus courant consiste à rassembler progressivement le trot en demi-pas : quelques foulées rassemblées, quelques pas fortement raccourcis, puis de nouveau vers l’avant. Au fil de nombreuses séances, les pas deviennent plus courts, plus élevés et plus réguliers.
Une deuxième approche utilise un entraîneur au sol avec une chambrière pendant que le cavalier reste assis calmement. Le cavalier fournit la stabilité et un contact souple, tandis que l’entraîneur donne le repère de rythme. Cette approche fonctionne particulièrement bien pour les chevaux qui comprennent plus facilement le mouvement lorsqu’ils reçoivent des aides de deux directions à la fois.
Dans le piaffer, la jambe fait la majeure partie du travail, avec une assiette plus passive et une main élastique. La main empêche le mouvement vers l’avant sans créer de tension vers l’arrière. Une assiette rebondissante ou qui serre perturbe l’équilibre du cheval et tend à produire les pas plats et collés au sol que les entraîneurs travaillent fort à éviter.
Récompensez immédiatement chaque pas correct. La confiance compte davantage que la précision aux premiers stades.
Comment entraîner le passage
Le passage se développe à partir d’une base différente de celle du piaffer. Alors que le piaffer naît de la compression, le passage naît de l’expression. Le cheval doit déjà se déplacer avec une cadence naturelle, du rebond et la volonté de se porter lui-même avant que ces qualités puissent être façonnées en passage.
Développer le trot rassemblé
Le trot rassemblé qui précède le passage n’est pas simplement un trot aux foulées plus courtes. Il est vivant, énergique et porté par l’arrière-main. Le cheval engage son dos, répond instantanément aux demi-arrêts et reste en avant de la jambe sans que le cavalier ait à le pousser constamment.
Les cavaliers développent cette qualité en alternant fréquemment le trot rassemblé et le trot moyen, en utilisant les transitions pour affiner la sensibilité du cheval. Un cheval qui reste derrière la jambe n’aura pas l’énergie nécessaire pour soutenir le passage.
Les chevaux dont le trot est naturellement relevé et élastique ont tendance à trouver le passage plus facile. Cela dit, un entraînement progressif et correct peut développer l’expression chez des chevaux présentant diverses aptitudes naturelles.
Introduire le passage sous la selle
L’aide principale du passage repose sur l’utilisation combinée des jambes et de l’assiette du cavalier, qui poussent vers une rêne stable, mais élastique.
À l’aide de demi-arrêts, le cavalier ralentit et raccourcit progressivement le trot tout en préservant son rebond, jusqu’à ce que le tempo diminue suffisamment et que l’arrière-main s’engage assez pour que le passage apparaisse.
Au début, un seul pas relevé et suspendu mérite d’être récompensé. Le cheval peut montrer un bref moment de passage avant de retomber dans le trot, ce qui fait normalement partie du processus.
L’objectif au début de l’entraînement est de reproduire ce moment de façon constante. À mesure que le cheval développe sa force et sa compréhension, les pas deviennent plus réguliers et la suspension plus prononcée.
Entraîner les transitions entre le piaffer et le passage
La transition entre le piaffer et le passage est notée comme un mouvement distinct au Grand Prix, et elle constitue l’un des tests les plus révélateurs de la qualité de l’entraînement du cheval. [1]
Une transition correcte est fluide et immédiate. Aucun demi-pas ne doit être visible dans le passage qui suit le piaffer, et il ne doit y avoir aucune perte de rythme, d’équilibre ou d’impulsion dans un sens comme dans l’autre. Le cheval passe d’une énergie contenue sur place à une suspension relevée vers l’avant sans effort visible de la part du cavalier, puis revient au mouvement précédent avec la même fluidité.
Les cavaliers n’entraînent les transitions qu’une fois les deux mouvements bien établis séparément. Au début, de courtes séquences donnent les meilleurs résultats. À mesure que le cheval développe sa force et sa compréhension, les transitions deviennent plus nettes et les séquences s’allongent.
La difficulté la plus courante est un cheval qui passe brusquement du piaffer au passage au lieu d’enchaîner les deux mouvements avec fluidité. Ce problème indique généralement que le piaffer manque d’énergie ou que le passage manque de retenue. Le fait de perfectionner chaque mouvement séparément aide généralement à le résoudre.
Problèmes courants au piaffer et au passage
Les problèmes dans l’entraînement du piaffer et du passage indiquent qu’un élément de la préparation ou de l’exécution nécessite de l’attention. Il est toujours plus efficace d’identifier la cause profonde que de pousser le cheval à travers la résistance.
Problèmes courants au piaffer
Avancer est le problème le plus fréquent. Le cheval se déplace vers l’avant au lieu de travailler sur place. La solution consiste à confirmer et à améliorer la réponse du cheval au demi-arrêt.
Des foulées sans élévation, où le cheval manque de rebond, résultent souvent d’une trop grande restriction de la main.
L’impulsion doit être présente pour que les foulées diagonales puissent s’élever. Lorsque le cheval creuse son dos ou s’agite avec tension et résistance, cela peut indiquer que les exigences sont trop élevées. Revenez à un travail plus facile et rebâtissez sa confiance avant d’augmenter la pression.
Des foulées irrégulières, où le synchronisme des diagonaux se désorganise, méritent une attention particulière. Elles peuvent être causées par la fatigue, un manque de force ou un inconfort physique qui rend l’appui sur un membre inconfortable. Une évaluation vétérinaire est indiquée si l’irrégularité persiste.
Problèmes courants au passage
Des foulées plates ou traînantes sans suspension sont fréquentes au début. Dans ce cas, le cheval n’a peut-être pas encore la force ou l’expression naturelle au trot nécessaires pour produire un véritable passage. Revenez au développement de plus de puissance et d’expression au trot rassemblé et au trot moyen avant de redemander le passage.
Une tension dans le dos, où le cheval se contracte au lieu de se balancer, est souvent liée à la tension du cavalier, à des problèmes d’ajustement de la selle ou au fait d’en demander trop, trop tôt.
Davantage de travail d’étirement, des transitions fréquentes et de courtes séquences récompensées immédiatement peuvent aider le cheval à se détendre dans le mouvement.
Tableau 2. Problèmes courants liés au piaffer et au passage et corrections
| Problème | Cause probable | Correction pratique | Quand faire une pause ou demander de l’aide |
|---|---|---|---|
| Déplacement vers l’avant au piaffer |
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| Pas de piaffer lourds et sans élévation |
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| Pas de piaffer irréguliers |
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| Résistance, dos creux ou agitation |
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| Passage plat ou traînant |
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| Tension dans le dos au passage |
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| Transition abrupte du piaffer au passage |
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Préserver la santé locomotrice de votre cheval pendant l’entraînement avancé
Le piaffer et le passage imposent des exigences physiques exceptionnelles au cheval, et ces contraintes s’accumulent au fil d’une longue carrière d’entraînement.
Les recherches confirment que le piaffer produit des forces de réaction au sol très variables d’une foulée à l’autre, ce qui signifie que les membres et les articulations du cheval absorbent des charges différentes à chaque pas. [3]
Au fil du temps, ces charges variables peuvent accroître l’usure des jarrets, des grassets et de l’articulation sacro-iliaque. Détecter rapidement les problèmes physiques contribue à protéger la carrière du cheval à long terme. Des évaluations de la santé locomotrice régulières devraient faire partie des soins de routine de tout cheval suivant un entraînement avancé en dressage.
La force du tronc est une priorité pour préserver la santé locomotrice des chevaux de dressage. Les dysfonctions des muscles stabilisateurs profonds du dos et de l’abdomen sont courantes chez les chevaux et limitent leur capacité à exécuter des mouvements très rassemblés de façon sécuritaire et confortable. [5]
Les exercices de mobilisation dynamique, les étirements à la carotte et le travail en pente soutiennent tous la fonction du tronc en complément de l’entraînement régulier et méritent d’être intégrés tout au long de la carrière du cheval.
Il a été démontré que des programmes de conditionnement adéquatement structurés pour les chevaux de dressage réduisent les taux de cortisol et la fréquence cardiaque au fil du temps, à mesure que la condition physique s’améliore. [9] Cela suggère qu’un entraînement progressif bien mené améliore la condition physique tout en favorisant le bien-être. Des séances courtes, une progression graduelle et une récupération adéquate entre les journées de travail exigeant reflètent toutes ces constatations dans la pratique.
La nutrition joue également un rôle direct. Un cheval à un niveau d’entraînement avancé a besoin de suffisamment de protéines pour maintenir sa masse musculaire, de suffisamment d’énergie pour répondre à la charge de travail et de micronutriments qui soutiennent la santé des articulations, des os et des tissus. [10] Répondre à ces besoins aide le cheval à récupérer plus rapidement, à développer sa force de façon plus constante et à soutenir les exigences physiques d’une longue carrière à ce niveau.
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Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées sur l’entraînement du piaffer et du passage :
Le piaffer est un trot très rassemblé exécuté sur place ou presque sur place, tandis que le passage est un trot lent et relevé avec un mouvement vers l’avant clairement visible et un temps de suspension prononcé. Les deux mouvements utilisent des posés diagonaux, mais le piaffer contient l’énergie du cheval sur place, tandis que le passage canalise cette énergie vers l’avant. Le piaffer repose principalement sur les jambes et le dos, tandis que le passage dépend davantage de l’assiette. Les deux mouvements se développent aussi selon des parcours d’entraînement différents, le piaffer découlant d’une compression progressive et le passage de l’expression et de l’élévation au trot.
Le piaffer et le passage apparaissent ensemble pour la première fois en compétition FEI au niveau Intermédiaire A. Ils se poursuivent jusqu’à l’Intermédiaire II, le Grand Prix, le Grand Prix Spécial et le Grand Prix Libre, où ils comptent pour une part importante de la note. Au niveau Grand Prix, le piaffer, le passage et les transitions entre les deux sont notés comme des éléments distincts. La qualité, la régularité, l’équilibre et la confiance dans les deux mouvements sont donc importants pour réussir en compétition.
L’entraînement du piaffer et du passage prend habituellement des années, car les deux mouvements reposent sur de solides bases en matière de rythme, de souplesse, de réactivité et de rassembler. La plupart des chevaux ont besoin de plusieurs années de travail de base et intermédiaire correct avant de commencer un développement sérieux du piaffer et du passage. Une fois les prérequis acquis, il peut falloir de 1 à 3 années supplémentaires d’entraînement constant et progressif pour développer des mouvements de grande qualité et bien confirmés. Le délai dépend de la force, de la conformation, du tempérament, de la cadence naturelle et de la santé du cheval, ainsi que de la qualité de l’entraînement.
Le piaffer est habituellement entraîné avant le passage, car la force de portance développée au piaffer aide le cheval à soutenir le passage. Le piaffer apprend au cheval à abaisser son arrière-main, à porter davantage de poids derrière et à contenir son énergie sans perdre le rythme. Le passage s’appuie ensuite sur cette force en ajoutant davantage d’expression vers l’avant et de suspension. Certains chevaux naturellement expressifs peuvent offrir tôt des foulées ressemblant au passage, mais la plupart ont tout de même besoin du travail du piaffer et du rassembler pour rendre le mouvement équilibré et fiable.
Un demi-pas est une foulée de trot raccourcie et relevée, avec des posés diagonaux nets, du ressort et une énergie contenue. Il constitue la base de l’entraînement du piaffer et est habituellement introduit avant que l’on demande au cheval quoi que ce soit qui ressemble à un piaffer complet. Au début, les demi-pas ne devraient être montés que pendant quelques foulées à la fois et récompensés rapidement. À ce stade, le rythme, la bonne volonté et la relaxation sont plus importants que la hauteur ou la précision.
Avant de commencer le piaffer et le passage, un cheval a besoin d’un véritable rassembler, de demi-arrêts efficaces, de souplesse latérale et d’une force physique suffisante. Un véritable rassembler implique un transfert du poids vers l’arrière-main, une flexion plus prononcée des articulations des membres postérieurs et une élévation de l’avant-main, tandis que le cheval reste engagé dans son dos et réceptif aux aides. Des exercices comme l’épaule en dedans, le travers, le renvers, l’appuyer et les transitions entre le trot rassemblé et le trot moyen contribuent à préparer le corps à ce travail avancé. La plupart des chevaux ne commencent pas un travail sérieux du piaffer et du passage avant d’être confirmés au niveau Prix Saint-Georges ou Intermédiaire I.
De nombreux chevaux peuvent apprendre une certaine forme de piaffer et de passage s’ils ont une bonne capacité de rassembler, sont sains, ont une conformation athlétique et un tempérament qui se prête au dressage. Tous les chevaux n’ont pas les aptitudes physiques, la force ou l’expression naturelle nécessaires pour un travail de niveau Grand Prix. Une préparation adéquate et un échéancier réaliste sont essentiels, car précipiter l’apprentissage de ces mouvements peut entraîner de la résistance, de l’irrégularité ou des tensions physiques. L’objectif devrait être de développer la meilleure qualité de mouvement que chaque cheval peut offrir confortablement et volontairement.
Le piaffer et le passage sont notés en fonction de la régularité, de la cadence, de l’équilibre, du port de soi, de l’activité, de l’impulsion et de la capacité du cheval à rester détendu et engagé dans son dos. Dans les reprises de Grand Prix, les deux mouvements reçoivent des notes individuelles, et les transitions piaffer-passage sont également notées séparément. Les juges recherchent des battues diagonales nettes, des foulées élastiques, un équilibre montant et des transitions fluides sans effort visible du cavalier. Les notes vont de 0 à 10, et des coefficients sont appliqués à certains mouvements selon la reprise.
Les erreurs les plus courantes au piaffer comprennent le fait d’avancer trop, de reculer, de perdre le rythme diagonal, de traîner les pieds, de croiser les membres, de balancer l’arrière-main et de devenir tendu ou résistant. Des foulées sans élévation surviennent souvent lorsque le cavalier retient trop avec la main et bloque l’impulsion nécessaire au rebond. Des foulées irrégulières peuvent être causées par la fatigue, un manque de force ou un inconfort physique qui rend difficile la mise en charge d’un membre. Une irrégularité persistante doit être prise au sérieux et peut justifier une évaluation vétérinaire.
Les erreurs les plus courantes au passage sont des foulées plates et traînantes avec peu de suspension, de la tension dans le dos, une perte de rythme et un manque d’énergie vers l’avant. Un cheval qui ne peut pas produire un trot rassemblé expressif a peu de chances de maintenir un véritable passage. La tension peut provenir de la raideur du cavalier, de problèmes d’ajustement de la selle ou du fait d’en demander trop avant que le cheval soit prêt. Revenir aux transitions, au travail d’étirement et à de courtes séquences récompensées peut aider à rétablir le rebond, la détente et la confiance.
Les cavaliers n’entraînent les transitions piaffer-passage qu’une fois les deux mouvements bien établis séparément. Une transition correcte doit être fluide et immédiate, sans perte de rythme, d’équilibre, d’impulsion ou de port de soi dans un sens comme dans l’autre. De courtes séquences sont préférables au début, afin de permettre au cheval de passer d’une énergie contenue sur place à une suspension vers l’avant, puis de revenir, sans stress. Si le cheval passe brusquement du piaffer au passage, le piaffer peut manquer d’énergie ou le passage peut nécessiter davantage de retenue.
Le piaffer peut être entraîné à partir du sol grâce au travail en main ou aux longues rênes, et de nombreux entraîneurs de dressage classique utilisent cette approche avant de demander le piaffer sous la selle. Le travail en main permet à l’entraîneur d’encourager des pas diagonaux alternés avec un timing précis et sans le poids d’un cavalier. Les longues rênes peuvent également aider à développer le port de soi pendant que le cheval acquiert la force nécessaire au rassembler. Certains entraîneurs développent le piaffer entièrement sous la selle, et les deux approches peuvent être efficaces lorsqu’elles sont utilisées correctement.
Précipiter l’entraînement au piaffer et au passage est risqué parce que ces deux mouvements imposent des exigences élevées à l’arrière-main, à la musculature du tronc, au dos et aux articulations des membres. Un cheval qui manque de force ou de compréhension peut résister, se raidir, perdre le rythme ou développer des comportements d’évitement. Des répétitions prolongées peuvent rapidement aggraver la fatigue, surtout au piaffer, où le cheval doit constamment ajuster son équilibre. Des séances courtes, une progression graduelle et une récupération suffisante contribuent à préserver la santé physique et la confiance.
Les cavaliers peuvent aider à garder un cheval sain pendant l’entraînement au piaffer et au passage en utilisant des séances courtes, une progression graduelle, des journées régulières de récupération et des évaluations de routine de la locomotion. La force du tronc est particulièrement importante parce que les muscles stabilisateurs profonds du dos et de l’abdomen soutiennent le travail très rassemblé. Les exercices de mobilisation dynamique, les étirements avec une carotte, le travail en pente et un conditionnement bien structuré peuvent tous soutenir le corps du cheval en complément de l’entraînement de dressage. La nutrition est également importante, puisque les chevaux qui effectuent un travail avancé ont besoin de suffisamment de protéines, d’énergie et de micronutriments pour l’entretien musculaire, la santé des tissus et la récupération.
L’entraînement au piaffer et au passage sans entraîneur expérimenté n’est pas recommandé pour la plupart des cavaliers. Ces mouvements exigent un timing, un ressenti et une progression précis, et de petites erreurs peuvent créer de la tension, de l’irrégularité ou de la résistance qu’il est difficile de corriger par la suite. Un entraîneur compétent peut aider à déterminer si le cheval est physiquement prêt, à ajuster les aides et à garder le travail court et productif. L’encadrement professionnel est particulièrement important si le cheval montre une irrégularité persistante, du stress ou de l’inconfort pendant le travail.
Résumé
Le piaffer et le passage sont des mouvements de dressage avancés qui nécessitent des années d’entraînement systématique, de la force physique, de l’équilibre et une communication claire entre le cheval et le cavalier. Un développement correct met l’accent sur le rassembler, une progression graduelle, la santé locomotrice et des séances d’entraînement courtes et positives.
- Le piaffer s’exécute sur place ou presque sur place, tandis que le passage se déplace vers l’avant avec une suspension élevée
- Les deux mouvements exigent du rassembler, du rythme, de l’impulsion, de l’équilibre naturel et une acceptation détendue des aides
- Le piaffer augmente la mise en charge des membres postérieurs et les exigences d’équilibre parce que le cheval travaille avec très peu de mouvement vers l’avant
- Le passage repose sur une action élastique des membres postérieurs, le soutien des membres antérieurs, la force du tronc et un dos souple
- Les chevaux devraient développer le rassembler, le travail latéral, les demi-arrêts, la condition physique et la santé locomotrice avant d’entreprendre un entraînement sérieux au piaffer ou au passage
- Les irrégularités, la tension, les déviations ou les foulées plates devraient être corrigées en revenant à un travail de renforcement plus facile ou en obtenant l’aide d’un professionnel au besoin
Références
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