La perte de poids inexpliquée est une source de préoccupation pour tout propriétaire de cheval, mais elle est souvent facile à diagnostiquer et à traiter.

La détérioration de l’état de chair d’un cheval peut signaler un trouble de santé non diagnostiqué. Ce peut aussi être l’occasion d’envisager des modifications à son alimentation et à sa régie.

Les chevaux âgés et ceux atteints de maladies chroniques sont plus sujets à la perte de poids que les animaux en bonne santé. [3][4][5] La perte de poids peut aussi signaler un trouble de santé du système digestif, un problème dentaire ou une préoccupation au sein de la hiérarchie du troupeau.

Les chevaux perdent également du poids lorsqu’ils sont exposés à des conditions météorologiques extrêmes ou lorsque leur diète ne leur fournit pas suffisamment de calories alimentaires pour combler leurs besoins.

Dans cet article, nous passons en revue quelques-unes des principales raisons qui peuvent expliquer la perte de poids du cheval et nous suggérons des stratégies de régie pour soutenir le maintien d’un poids sain. Nous abordons aussi la façon de nourrir un cheval pour favoriser la prise de poids.

Diagnostiquer la perte de poids chez les chevaux

De nombreux facteurs peuvent mener à une perte de poids chez les chevaux, un problème auquel les vétérinaires sont fréquemment confrontés dans le cadre de leur pratique. [1] La perte de poids se produit lorsque le cheval dépense plus de calories que celles que lui procure son alimentation.

L’état de chair des chevaux fluctue naturellement au fil des saisons. Ils perdent généralement du poids pendant les mois froids de l’hiver et le reprennent durant l’été.

Une perte temporaire d’état de chair peut par ailleurs survenir pendant la gestation et l’allaitement, ou lorsqu’on exige du cheval des performances accrues durant la saison des concours. [2]

Mais si le cheval perd du poids pour une raison inexpliquée, il est peut-être temps de faire appel au vétérinaire.

L’investigation des causes de perte de poids requiert une évaluation approfondie de l’alimentation, des stratégies de régie et de l’état de santé du cheval concerné. Pour découvrir les raisons de la perte de poids, le vétérinaire peut faire les interventions qui suivent.

L’examen clinique

Un examen clinique est requis pour déterminer si la perte de poids est due à la malnutrition ou à une maladie.

Au cours de l’examen clinique, le vétérinaire évalue le score d’état de chair du cheval. Ce score mesure la quantité de tissu adipeux sous-cutané.

Un examen dentaire approfondi permet de déterminer si le cheval est physiquement capable de manger les aliments qu’il reçoit.

La digestion commence dans la bouche par la mastication des aliments. Les chevaux dont la dentition est en mauvais état peuvent ne pas manger suffisamment ou ne pas être en mesure de tirer suffisamment de calories de leur nourriture.

Les analyses en laboratoire

Les analyses sanguines et fécales peuvent servir à établir si un trouble de santé sous-jacent est à l’origine de la perte de poids.

Le vétérinaire peut demander des analyses pour détecter les troubles suivants : [2]

  • le dysfonctionnement hépatique ou rénal;
  • les anomalies gastro-intestinales;
  • l’infestation parasitaire;
  • les déséquilibres hormonaux associés à des affections comme la maladie de Cushing ou PPID, ou encore l’hyperthyroïdie.

Les diagnostics avancés

Pour découvrir la ou les raisons de la perte de poids, le vétérinaire peut avoir recours à d’autres tests diagnostiques plus sophistiqués, y compris l’endoscopie, l’échographie, les biopsies, la laparoscopie et la laparotomie exploratoire. [2]

Les signes cliniques de perte de poids

Les signes courants de perte de poids incluent : [2]

  • des côtes et une colonne vertébrale visibles;
  • la présence d’os saillants dans le cas des chevaux émaciés;
  • l’impossibilité de sentir le tissu adipeux au toucher;
  • un comportement léthargique et des performances médiocres jumelés à un amaigrissement;
  • l’intolérance à l’exercice;
  • une attitude déprimée jumelée à un amaigrissement.

Les 10 principales causes de perte de poids chez les chevaux

1) Le fourrage de piètre qualité

Le fourrage doit être la base de tout régime alimentaire donné aux équidés et sa qualité doit correspondre aux besoins du cheval.

Si le fourrage du cheval est de piètre qualité, il peut ne pas lui fournir suffisamment de calories et de nutriments pour combler ses besoins nutritionnels. [2]

On évalue en partie la qualité du fourrage en examinant la quantité d’énergie digestible qu’il contient. Ce calcul tient compte de la teneur en protéines et en fibres du fourrage.

Le foin de qualité inférieure est pauvre en protéines (moins de 8 % de protéines brutes) et riche en fibres (FDN et lignine). Cette teneur élevée en fibres peut réduire la consommation de fourrage du cheval et faire en sorte que le foin soit plus difficile à digérer dans l’intestin postérieur.

Un cheval normal de 500 kg (1 100 lb) à l’entretien doit consommer 16 650 kilocalories (16,65 mégacalories) par jour pour maintenir son poids corporel.

Les besoins caloriques sont plus élevés chez les chevaux qui travaillent ainsi que chez les juments gestantes et qui allaitent. Ils s’échelonnent alors de 17 000 à 35 000 kilocalories (de 17 à 35 mégacalories) par jour.

Les chevaux mangent quotidiennement une quantité de foin ou d’herbe équivalant à environ 2 % de leur poids vif. Pour un cheval normal, cela représente environ 10 kg (22 lb) de fourrage par jour.

Le foin de qualité inférieure peut fournir entre 1,4 et 1,7 Mcal/kg d’énergie digestible.

Même si un cheval qui fait beaucoup d’exercice maximise sa consommation et mange une quantité de foin de qualité moindre correspondant à 2,5 % de son poids vif, le fourrage ne lui apporte qu’entre 17 500 et 21 250 kilocalories par jour.

Pour un cheval qui fait beaucoup d’exercice et qui a besoin de 26 650 kilocalories par jour, il s’agit d’un déficit calorique important ou d’un bilan énergétique négatif.

La solution :

Tous les chevaux devraient avoir accès au foin ou au pâturage en tout temps pour répondre à leur besoin d’exprimer le comportement de recherche de nourriture propre à leur espèce jusqu’à 16 heures par jour. [2]

La qualité du foin varie en fonction de la maturité des plantes, du moment de la récolte et des conditions environnementales dans lesquelles il a été cultivé. Une analyse de foin permet de connaître la quantité exacte d’énergie calorique qu’il contient.

Le foin de légumineuses, y compris la luzerne et le trèfle, fournit habituellement plus de calories que le foin de graminées.

On peut ajouter à la ration des aliments supplémentaires, des sources de matières grasses et des produits nutritionnels pour compléter les nutriments et les calories qui manquent dans le foin ou le pâturage de qualité moindre.

Nous vous conseillons de consulter un nutritionniste équin pour établir les besoins nutritionnels et caloriques de votre cheval.

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2) Le stress

Le stress peut contribuer à faire perdre du poids au cheval. [2] Les chevaux sont très sensibles aux changements dans leur milieu de vie. Ils éprouvent souvent du stress dans les environnements inconnus ou lorsque leur routine habituelle est perturbée.

Il est peu probable que l’exposition de courte durée à un stress mineur ait une incidence sur le bien-être du cheval à long terme. Cependant, les facteurs de stress importants ou le stress chronique peuvent entraîner une perte de poids et avoir des effets néfastes sur sa santé.

Les causes communes de stress chez les chevaux incluent celles qui suivent :

  • Les changements au programme d’entraînement ou au niveau d’exercice : les chevaux peuvent éprouver du stress si leur programme d’entraînement devient plus intense ou change de manière substantielle. L’inactivité ou le manque de mise en liberté adéquate peut d’autre part causer du stress, par exemple chez les chevaux mis en repos en stalle pour une période prolongée.
  • Les modifications de régime alimentaire : des horaires de distribution irréguliers et l’accès limité au fourrage accroissent leur niveau de stress. Les chevaux devraient idéalement avoir un accès constant au fourrage pour minimiser le temps passé à jeun.
  • Les déplacements fréquents : le transport est souvent stressant pour les chevaux. Les chevaux de sport qui voyagent fréquemment pendant la saison des concours peuvent développer un stress chronique.
  • La hiérarchie sociale : les chevaux sont des créatures très sociales. Ils peuvent éprouver du stress lorsque de nouveaux animaux rejoignent le groupe ou que leurs compagnons quittent le troupeau. Se retrouver avec des chevaux agressifs peut aussi être une source de stress.
  • Les conditions d’hébergement : les chevaux hébergés dans des milieux surpeuplés ou bruyants ont un niveau de stress plus élevé, notamment si leur sommeil est perturbé. Les chevaux gardés à l’intérieur doivent idéalement pouvoir voir leurs congénères. La température de l’écurie doit être suffisamment contrôlée et le bâtiment doit être bien aéré et éclairé.
  • La douleur et l’inconfort : les troubles de santé, les blessures et les maladies qui causent de la douleur peuvent accroître le stress du cheval.

La solution :

Il faut identifier les causes potentielles de stress et tenter de les éliminer. Le cheval peut avoir besoin d’un suivi médical, d’un déménagement dans un milieu de vie différent ou d’une charge de travail réduite.

3) La hiérarchie du troupeau

Les chevaux qui vivent en groupe établissent naturellement un ordre hiérarchique. Les membres du troupeau plus dominants peuvent intimider ceux qui sont au bas de l’échelle sociale et les chasser des points d’alimentation.

La hiérarchie dans le troupeau joue un rôle important dans l’accès à la nourriture et aux abris. [2] Les chevaux au bas de la hiérarchie peuvent maigrir s’ils sont incapables de consommer une quantité suffisante de fourrage et de céréales pour maintenir leur poids corporel.

La recherche montre que la position sociale influe sur l’état de chair. [6][7] Les chevaux dont la position sociale est plus élevée dans le troupeau ont tendance à avoir un meilleur score d’état de chair que ceux qui se trouvent plus bas sur l’échelle, car ils ont plus facilement accès à la nourriture et aux abris.

La solution :

On peut devoir retirer du troupeau les chevaux qui sont au bas de la hiérarchie pour s’assurer qu’ils peuvent manger suffisamment. Pour nourrir les chevaux qui vivent en groupe, il faut prévoir plusieurs points d’accès à la nourriture, à l’eau et aux abris afin de minimiser la concurrence.

L’ajout d’un plus grand nombre de points d’accès aux aliments qu’il n’y a de chevaux dans le troupeau peut aider à atténuer le comportement de « contrôle des ressources » des animaux qui se trouvent au sommet de la hiérarchie. Cela permet ainsi aux chevaux moins dominants d’accéder suffisamment à la nourriture.

En diminuant l’exposition à des compagnons agressifs, on peut également aider à prévenir la perte de poids causée par le stress. [2]

4) Les troubles de l’intestin postérieur

Le cheval s’appuie sur la colonie microbienne qui vit dans l’intestin postérieur pour fermenter les fibres et fabriquer des composés finaux que son organisme peut absorber et exploiter pour produire de l’énergie. Les perturbations de la microflore normale de l’intestin peuvent diminuer la capacité de fermentation de l’intestin postérieur et entraîner une perte de poids.

Les facteurs suivants peuvent perturber la population microbienne de l’intestin postérieur :

  • les rations qui contiennent de grandes quantités de glucides non structuraux;
  • le stress;
  • l’administration d’antibiotiques;
  • les modifications soudaines de l’alimentation.

Les rations qui contiennent de grandes quantités de glucides non structuraux font en sorte que l’amidon et le sucre traversent l’intestin pour aboutir dans l’intestin postérieur. Les microbes digèrent promptement l’amidon et le sucre, et produisent rapidement de grandes quantités d’acides, de gaz et d’autres bactéries.

Les acides abaissent le pH de l’intestin postérieur, ce qui peut endommager la muqueuse intestinale et provoquer le syndrome de perméabilité de l’intestin (leaky gut). Les bactéries qui prolifèrent en présence d’amidon et de sucre font concurrence aux bactéries utiles à la fermentation des fibres et en réduisent le nombre.

La solution :

Pour augmenter le nombre de calories, privilégier les sources de matières grasses et de fibres digestibles au lieu des aliments riches en amidon et en sucre. Les sources de fibres comme la pulpe de betterave et les pellicules de soja, ou encore les matières grasses comme les graines de lin, les fèves de soja entières ou l’huile, sont de bons choix pour ajouter des calories. On évite alors d’avoir recours aux aliments qui contiennent de l’amidon et du sucre. L’huile w-3 est une excellente option pour hausser l’apport calorique de la ration. Elle est d’autre part riche en DHA, un acide gras oméga-3 aux propriétés anti-inflammatoires.

On peut aussi soutenir la population microbienne de l’intestin du cheval en lui donnant des probiotiques et des prébiotiques. Ceux-ci haussent le nombre de bactéries bénéfiques dans l’intestin pour stimuler une fermentation efficace des fibres et lui fournir de l’énergie.

Le supplément Optimum Digestive Health contient des prébiotiques, des probiotiques et de la levure pour soutenir le microbiome de l’intestin postérieur.

5) Les ulcères

Les ulcères d’estomac squameux et glandulaires, ainsi que les ulcères du côlon dans l’intestin postérieur peuvent mener à un manque d’appétit et à une perte de poids. [8][9][10]

On estime que 60 à 90 % des chevaux adultes sont atteints du syndrome d’ulcération gastrique équin (EGUS). On constate la prévalence la plus élevée chez les chevaux de performance. [9]

Les repas intermittents, les entraînements à haute intensité, le stress et certains médicaments peuvent favoriser la formation des ulcères.

La solution :

Le traitement des ulcères requiert normalement une médication à base d’oméprazole, le principal ingrédient des produits GastroGard et UlcerGard, de sucralfate (Carafate), d’antiacides ou d’antagonistes des récepteurs de l’histamine. [2]

D’autres stratégies aident à guérir et à prévenir les ulcères, par exemple, permettre l’accès au fourrage en tout temps, diminuer le stress et proscrire les diètes riches en céréales.

Pour favoriser davantage la santé gastrique, le supplément Visceral+ de Mad Barn est conçu pour stimuler de manière continue la santé de l’estomac et la fonction immunitaire.

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6) Les parasites internes

Les parasites gastro-intestinaux endommagent la muqueuse du tube digestif, causent de l’inflammation et diminuent la capacité à absorber les nutriments. [2]

Les parasites peuvent conduire à une perte de poids avec ou sans autres symptômes de maladie. Les troubles de santé causés par les parasites incluent les mauvaises performances, la diarrhée, l’irritation gastro-intestinale et les obstructions intestinales qui peuvent provoquer des coliques[2]

Les types de parasites qui requièrent le plus souvent un traitement incluent : [11]

  • les grands strongles;
  • les petits strongles ou cyathostomes;
  • les ascaris ou nématodes;
  • les oxyures;
  • les gastrophiles ou œstres;
  • le ver solitaire ou ténia.

Les petits strongles (trichonèmes ou cyathostomes) sont reconnus pour provoquer une perte de poids progressive chez les chevaux infestés en altérant l’absorption gastro-intestinale et en contribuant à la perte de protéines. [1]

Sur 60 chevaux évalués pour une perte de poids dans un hôpital de référence, vingt ont reçu un diagnostic d’infection parasitaire par des petits strongles. [1]

On ne croit pas que le vieillissement soit lié à un risque accru de développer des parasites internes. [2] Les chevaux atteints de PPID peuvent néanmoins courir un risque accru d’infection parasitaire. [2]

La solution :

On peut déterminer la charge parasitaire d’un cheval en analysant directement un échantillon de fumier. Le vétérinaire évalue les concentrations d’œufs de parasites par flottation en prélevant une culture de matière fécale en vue de découvrir la larve responsable de l’infestation. [2]

On doit traiter les chevaux atteints d’infections parasitaires en leur administrant des médicaments anthelminthiques. Les catégories de médicaments disponibles pour lutter contre les parasites chez les équidés incluent l’ivermectine, le benzimidazole, le pyrantel et l’isoquinoléine. [11]

7) Les problèmes dentaires

Les problèmes dentaires sont une cause fréquente de perte de poids, en particulier chez les chevaux âgés. Les chevaux ont besoin d’une bonne dentition pour mastiquer le fourrage afin qu’il soit digéré correctement dans le tractus gastro-intestinal. [2]

Les examens buccaux peuvent révéler un éventail de problèmes dentaires, y compris les dents fracturées et les molaires trop saillantes[2][12][13] Des pointes acérées peuvent se développer sur les molaires qui causent de la douleur et une baisse d’appétit. À mesure que les chevaux vieillissent, la crête de l’émail des dents s’use et par conséquent, les animaux âgés peuvent ne plus être capables de broyer efficacement les longues fibres contenues dans le fourrage. [2][14]

Des espaces appelés diastèmes peuvent se former entre les dents et piéger les aliments. Lorsque la nourriture se loge dans ces espaces interdentaires, elle se décompose et provoque l’inflammation, ce qui peut donner lieu au développement de la maladie parodontale. [2]

Cette dernière est de plus en plus fréquente chez les chevaux âgés de 15 ans ou plus. [2] Il s’agit d’une pathologie douloureuse qui fait perdre l’appétit au cheval qui développe une aversion pour l’eau ou les aliments froids. [2]

Au fur et à mesure que la maladie progresse, elle cause d’autres infections et endommage les tissus mous des gencives et des alvéoles dentaires. La maladie parodontale peut également entraîner l’atrophie des os où se logent les alvéoles dentaires dans la mâchoire (les os alvéolaires), le déchaussement et la perte de dents. [2]

Les signes cliniques de maladie dentaire incluent la chute de nourriture en mangeant, l’accumulation d’aliments dans les espaces interdentaires, une salivation excessive, l’enflure de la face, la mauvaise haleine ou halitose, la perte de poids, le manque d’appétit et une incidence accrue d’étouffement et de colique. [2]

Certains chevaux, généralement les animaux plus âgés, sont atteints d’une affection dentaire douloureuse appelée résorption dentaire odontoclastique équine et hypercémentose (EOTRH en anglais). [15][16]

Cette pathologie affecte les incisives et les canines, ainsi que les molaires dans certains cas. Elle provoque la dissolution des racines dentaires et une production excessive de cément sur les dents par l’organisme qui tente de solidifier les dents touchées. [20]

La solution :

Les chevaux doivent subir un examen dentaire au moins une fois par an pour vérifier l’état de leur dentition. La plupart des équidés ont besoin d’un râpage de dents une fois par année et dans certains cas, plus souvent. [2]

Lors de l’examen dentaire, le vétérinaire ou le dentiste équin examine la bouche du cheval pour détecter les pointes acérées, les espaces interdentaires, les dents déchaussées et les signes de maladie dentaire.

Le râpage de routine peut améliorer les affections dentaires bénignes. Si les dents et les tissus environnants ont subi des dommages importants, il peut être nécessaire d’extraire une ou plusieurs dents. [2]

Les chevaux qui souffrent de problèmes dentaires qu’une intervention vétérinaire ne peut pas rectifier peuvent manger du foin haché, des cubes ou de granulés de foin. Ces formes de fourrage sont normalement plus faciles à mastiquer et à digérer que le foin à longue tige. Le trempage les ramollit encore plus et en facilite la mastication.

8) Les maladies chroniques

Étant donné que la perte de poids peut être liée à de multiples facteurs, on doit faire évaluer les chevaux en insuffisance pondérale pour voir s’ils souffrent d’une maladie sous-jacente.

Les affections peuvent causer une perte de poids en augmentant la dépense énergétique du cheval ou en altérant la capacité de l’organisme à métaboliser correctement les calories et les nutriments. Voici des exemples de maladies possibles : [2][18]

  • les maladies inflammatoires ou infectieuses;
  • les troubles rénaux;
  • les affections hépatiques;
  • l’hyperthyroïdie;
  • l’asthme ou emphysème équin;
  • l’insuffisance cardiaque;
  • la maladie de Cushing ou PPID.

Les maladies peuvent également contribuer à la perte de poids en interférant avec l’absorption des nutriments dans le tractus gastro-intestinal. Voici des exemples de troubles impliquant une malabsorption des nutriments : [2][17][18][19]

  • la maladie inflammatoire chronique de l’intestin;
  • la néoplasie ou les tumeurs abdominales.

D’autres troubles de santé peuvent entraîner une perte de poids. La douleur chronique cause du stress et peut promouvoir l’amaigrissement lorsque les chevaux perdent l’appétit. [2]

La solution :

Les maladies sous-jacentes doivent faire l’objet d’une investigation et être traitées par un vétérinaire.

9) L’atrophie musculaire

L’amaigrissement peut se manifester par une perte de masse adipeuse, de masse musculaire, ou les deux. Les muscles du cheval s’atrophient lorsque la dégradation des protéines se produit plus rapidement que leur synthèse, ce qui conduit à un déficit de masse musculaire. C’est le cas des chevaux qui ont une carence en protéines ou qui reçoivent des protéines de mauvaise qualité, des chevaux âgés et des animaux malades. L’atrophie musculaire est un signe fréquent de maladie de Cushing ou PPID.

Les protéines végétales et musculaires sont composées d’acides aminés. Lorsque le cheval mange des protéines, il les décompose en acides aminés et en petits peptides qui sont absorbés dans l’intestin. Le cheval exploite ensuite ces acides aminés pour synthétiser de nouvelles protéines, y compris des protéines musculaires.

Les chevaux peuvent fabriquer certains acides aminés, notamment ceux qualifiés de non essentiels. Ce n’est toutefois pas le cas de tous les acides aminés qui doivent alors provenir de l’alimentation en quantité suffisante pour soutenir la synthèse des protéines, en particulier ceux dits indispensables. Dans la plupart des régimes alimentaires équins, la lysine, la thréonine et la méthionine constituent les trois premiers acides aminés « limitants ».

On qualifie ces acides aminés essentiels de « limitants », car l’alimentation du cheval n’en contient habituellement pas suffisamment pour combler ses besoins. Autrement dit, la faible quantité ingérée limite la synthèse des protéines, à moins que la diète ne lui procure la quantité requise.

La solution :

La plupart des interventions visent à accroître la synthèse des protéines pour favoriser le développement musculaire. On peut y parvenir en prenant les mesures suivantes :

  • stimuler la synthèse des protéines musculaires par l’exercice; et
  • s’assurer que le cheval reçoit un apport adéquat en protéines et en acides aminés limitants.

Pour stimuler la synthèse des protéines par l’exercice, on incorpore un peu d’entraînement léger à la routine du cheval. Il faut compter au moins 30 minutes d’exercice, de trois à cinq fois par semaine. Selon l’état de santé du cheval, le confort de ses allures et son niveau d’activité actuel, on peut le faire marcher en main, le travailler en longe ou sous la selle.

Si l’atrophie musculaire touche une partie du corps précise, par exemple la ligne supérieure du dos, on peut lui faire faire des exercices ciblés qui développent des groupes de muscles précis.

L’analyse du foin permet de connaître sa teneur en protéines et même en acides aminés afin de vérifier que le cheval reçoit un apport alimentaire suffisant.

Si l’analyse du foin révèle que le cheval a besoin de plus de protéines, on peut compléter sa diète avec certains aliments protéinés comme le tourteau de soja ou la luzerne. De plus, un supplément comme Three Amigos peut être utile pour hausser la teneur en acides aminés limitants de l’alimentation.

10) Le froid extrême

Les chevaux peuvent perdre du poids lorsque les conditions extérieures sont extrêmement froides, car ils dépensent plus de calories pour maintenir leur température interne[20] Si le cheval est déjà trop maigre, il court un risque accru de maigrir encore plus par temps froid, car ses réserves caloriques sont limitées.

Les chevaux qui souffrent de douleurs arthritiques à l’encolure et dont l’inconfort s’aggrave par temps froid peuvent avoir de la difficulté à boire et à manger si les abreuvoirs ou les mangeoires sont au niveau du sol. [2]

Les animaux qui boitent ou qui éprouvent des douleurs articulaires peuvent ne pas pouvoir se déplacer aisément pour manger et s’abreuver lorsqu’il fait très froid, ou encore si le sol est enneigé ou glacé. [2]

La solution :

Il importe d’évaluer très régulièrement l’état de chair des chevaux en insuffisance pondérale pendant les mois froids de l’année pour s’assurer s’ils mangent suffisamment.

Ces animaux peuvent avoir besoin d’aliments supplémentaires durant l’hiver, comme des concentrés en granulés ou une plus grande quantité de fourrage, afin d’augmenter leur apport calorique. Une couverture procure une couche isolante qui aide l’animal à conserver sa chaleur corporelle par temps froid.

Nous vous invitons à lire notre guide sur les soins du cheval par temps froid pour obtenir d’autres conseils.

Surveiller les changements de poids

Une fois que le propriétaire a identifié et traité les causes de la perte de poids du cheval, le propriétaire est en mesure d’élaborer un régime alimentaire qui favorise une prise de poids saine avec l’aide d’un nutritionniste.

L’évaluation du poids du cheval une fois par semaine ou toutes les deux semaines permet de suivre ses progrès et de s’assurer qu’il ne continue pas à maigrir. [2]

Le pont-bascule ou la balance sont les meilleurs moyens de connaître précisément le poids d’un animal. Si ces dispositifs ne sont pas disponibles, un ruban gradué spécialement conçu à cet effet permet d’estimer facilement le poids du cheval en mesurant certaines parties du corps. [2]

La notation de l’état de chair est aussi utile pour suivre les changements de masse adipeuse.

Conseils pour favoriser la prise de poids

Voici des conseils pour maintenir l’état de chair ou faire prendre du poids à un cheval de manière sécuritaire :

  • distribuer les rations fréquemment au cours de la journée;
  • miser sur un régime alimentaire axé sur le fourrage;
  • surveiller l’apport et les habitudes alimentaires du cheval;
  • adapter l’alimentation en fonction de l’âge et de l’état de l’animal;
  • ajouter un supplément de levure pour améliorer l’efficacité de l’alimentation;
  • introduire graduellement tout changement d’alimentation;
  • consulter un nutritionniste équin pour optimiser le régime alimentaire;
  • suivre un programme régulier de contrôle des parasites;
  • demander au vétérinaire d’examiner les dents et d’évaluer l’état de santé général du cheval au moins une fois par an.

Pour élaborer un régime alimentaire qui favorise la prise de poids de votre cheval, transmettez-nous ses renseignements en ligne. Nos nutritionnistes évalueront et équilibreront son alimentation gratuitement.

Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées au sujet de la perte de poids chez les chevaux :

Résumé

Une perte de poids inexpliquée chez les chevaux est préoccupante et peut indiquer diverses causes, allant de problèmes médicaux non diagnostiqués à des changements d’alimentation ou de gestion. Il est essentiel de s’attaquer aux facteurs sous-jacents pour assurer des soins adéquats et une récupération.

  • Un fourrage de mauvaise qualité peut ne pas répondre aux besoins énergétiques et nutritionnels des chevaux, contribuant à la perte de poids
  • Le stress lié à des changements d’alimentation, d’entraînement, d’hébergement ou de dynamique de troupeau peut entraîner une perte de poids importante
  • Les troubles digestifs, tels que les anomalies gastro-intestinales et les infections parasitaires, sont des causes fréquentes
  • Les problèmes dentaires peuvent nuire à la capacité d’un cheval à mâcher et à consommer une nutrition adéquate, entraînant une perte de poids
  • Les maladies et affections chroniques, y compris le PPID et les problèmes rénaux ou hépatiques, peuvent augmenter la dépense énergétique et causer une perte de poids
  • Les signes courants de perte de poids comprennent des côtes visibles, la léthargie, une baisse des performances et une intolérance à l’exercice
  • Une évaluation vétérinaire approfondie, incluant des analyses sanguines et de l’imagerie diagnostique, est nécessaire pour en déterminer la cause
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Références

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