L’ostéochondrite disséquante (OCD en anglais) est une pathologie orthopédique du développement qui touche communément les articulations et le cartilage des équidés.
L’ostéochondrite disséquante apparaît généralement au cours de la première année de vie et peut mener à des troubles articulaires permanents. Elle est la principale cause de boiterie et de baisse de performance chez les jeunes chevaux de sport. [3]
Chez les équidés atteints de cette maladie, le cartilage des articulations ne se développe pas normalement. Il en résulte des lésions du cartilage et des os qui peuvent conduire à l’apparition de morceaux d’os ou de fragments de cartilage qui flottent librement à l’intérieur l’articulation.
Malheureusement, jusqu’à un quart des poulains sont atteints d’une certaine forme d’ostéochondrite disséquante (OD). Cette pathologie peut toucher n’importe quelle race, mais on la retrouve le plus souvent chez les chevaux Standarbred, Thoroughbred et Warmblood. [1][2]
L’OD est une maladie multifactorielle associée à de nombreux facteurs de risque. Une croissance rapide et une alimentation riche en calories sont des facteurs de risque associés à l’OD. Les régimes déséquilibrés qui ne procurent pas suffisamment de minéraux peuvent aussi accroître le risque de voir cette maladie se développer.
Heureusement, une alimentation et une régie appropriées au cours des deux premières années de vie peuvent aider à prévenir ou réduire le risque que le cheval contracte cette maladie.
Qu’est-ce que l’ostéochondrite disséquante?
Le chirurgien allemand Franz Konig a introduit pour la première fois l’appellation ostéochondrite disséquante dans les années 1800.
L’OD est un trouble du développement qui implique le détachement partiel ou total d’un fragment d’os et de cartilage provenant d’une articulation ou d’une surface articulaire. [24]
L’OD peut survenir dans n’importe quelle articulation, mais elle touche le plus souvent le jarret, l’épaule, le grasset et le boulet. Plus rarement, l’OD se manifeste dans le coude, la hanche ou même les vertèbres cervicales. [2]
On la retrouve le plus souvent chez les jeunes animaux. [24] La recherche montre que le cartilage ne se développe pas normalement chez les chevaux atteints de cette maladie.
Le cartilage
Le cartilage est une surface lisse qui permet aux articulations de se mouvoir en douceur. Au fur et à mesure que le poulain grandit, une partie du cartilage nouvellement formé est remodelé en os.
Ce mécanisme est connu sous le nom d’ossification endochondrale. Il se produit au niveau des plaques de croissance dans les articulations, aux extrémités des os longs et lors de la cicatrisation des fractures.
Chez les animaux en croissance, les os s’allongent et le cartilage épiphysaire se forme dans les articulations. En revanche, chez les chevaux atteints d’OD, ce mécanisme est perturbé et mène à des lésions du cartilage.
Les conséquences de l’ostéochondrite disséquante
Les articulations touchées développent un cartilage d’épaisseur irrégulière et sont moins résistantes que les articulations normales. Au fil du temps, les lésions peuvent même se détacher de l’os et pénétrer dans la capsule articulaire. Cela peut évoluer vers une forme plus grave de la maladie et possiblement causer une boiterie. [2]
Une fois que les lésions d’OD se forment sur une articulation, soit elles guérissent spontanément, soit elles évoluent vers un stade plus avancé. Si les lésions d’OD ne guérissent pas spontanément, elles peuvent progresser vers une calcification et un remodelage osseux. [6]
Cette évolution peut se poursuivre à l’âge adulte et mener à l’arthrite. [2]
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Quelles sont les causes d’ostéochondrite disséquante chez les équidés?
Les chercheurs étudient l’OD chez les chevaux depuis plus de 50 ans. À l’origine, on pensait que l’unique cause de l’OD équine était une carence en cuivre dans l’alimentation.
Des études montrent qu’un apport suffisant en cuivre peut aider à réparer les lésions causées par l’OD, mais une carence alimentaire en cuivre n’est pas le seul facteur qui conduit à l’OD. [2]
On pense maintenant que l’OD est multifactorielle. Plusieurs facteurs agissent généralement conjointement pour déclencher la pathologie. Ces facteurs comprennent les suivants : [5]
- un taux de croissance rapide;
- des troubles d’apport sanguin;
- le manque de mouvement;
- des carences en minéraux dans l’alimentation;
- les régimes trop caloriques;
- les traumatismes, y compris ceux causés par l’entraînement routinier;
- l’hérédité.
Le surplus de calories
Les régimes riches en calories sont associés à un risque accru de croissance rapide, de troubles du cartilage et d’OD.
Les diètes qui contiennent un surplus d’énergie digestible provenant des sucres et de l’amidon augmentent les niveaux d’hormones de croissance.
La suralimentation est associée à des taux plus élevés d’insuline et du facteur de croissance IGF-1, qui peuvent affecter les cellules qui fabriquent le cartilage. Elle peut aussi causer des changements de taux d’hormones thyroïdiennes qui peuvent nuire à la formation des os. [2]
Une étude a nourri des poulains avec un régime alimentaire qui leur fournissait intentionnellement un excès de calories équivalant à 129 % de leurs besoins pendant 16 semaines. Les sujets ont développé une dyschondroplasie, un terme général qui désigne une anomalie du cartilage. [16]
Les carences en nutriments
Le zinc et le cuivre sont des minéraux importants qui favorisent une croissance et une formation de cartilage saines. [15]
Une étude réalisée en 1988 a montré que les poulains élevés avec des régimes gravement déficients en cuivre développaient des anomalies articulaires et des allures raides. [16]
Certaines études révèlent que la supplémentation en cuivre diminue l’incidence d’OD, tandis que d’autres n’ont pas constaté de différence notable. [17][18]
Le cuivre est important pour les enzymes qui fabriquent le cartilage, mais la quantité précise requise pour prévenir l’OD fait l’objet de débats.
Il importe toutefois de s’assurer que l’alimentation du cheval en croissance lui fournit suffisamment de cuivre et de zinc, non seulement pour promouvoir la santé des articulations, mais aussi pour de nombreux autres mécanismes dans l’organisme.
L’exercice
La recherche a lié le manque de mouvement et les traumatismes dus à un entraînement excessif aux anomalies du cartilage.
Chez les animaux en croissance, l’exercice régulier à faible impact améliore l’épaisseur et la composition du cartilage. [19][20] Les chevaux confinés dans des stalles produisent considérablement moins de protéoglycane, une protéine des tissus des articulations, que ceux qui font de l’exercice. [21]
En revanche, un entraînement excessif peut causer un traumatisme aux articulations et endommager le cartilage. Plus précisément, les lésions qui évoluent vers des fragments pourraient découler d’un traumatisme et affectent le plus souvent les chevaux Standardbred. [2]
Au cours des cinq premiers mois de vie, il est préférable que les poulains aient accès au pâturage en tout temps. Ils ont ainsi amplement l’occasion de faire de l’exercice à faible impact, ce qui favorise un développement osseux optimal. [22]
L’hérédité
Certaines races de chevaux sont plus susceptibles de développer l’OD que d’autres, ce qui suggère un éventuel lien génétique. La prévalence de l’OD s’échelonne de 1,4 % à 64 % pour toutes les races étudiées à ce jour. [12][13]
Les chercheurs estiment que l’héritabilité de la maladie, qui mesure à quel point la génétique explique différents traits, se situe entre 0,02 et 0,46. Autrement dit, l’hérédité expliquerait de 2 % à 46 % des cas de cette pathologie. [23]
La recherche n’a encore lié aucun gène précis à l’OD. Il n’existe actuellement sur le marché aucun test génétique simple qui permet de déterminer le risque que court le cheval de développer cette maladie.
Il est plus probable que plusieurs gènes contribuent au risque d’OD équine. [23]
Les symptômes de l’ostéochondrite disséquante
Tous les équidés atteints d’OD ne développent pas nécessairement de symptômes visibles, mais la maladie se manifeste par des signes cliniques chez 5 à 25 % des chevaux atteints.
La plupart présentent des symptômes légers ou modérés, comme l’enflure de l’articulation. [2] Celle-ci augmente la pression dans l’articulation et peut causer de la douleur.
Le deuxième symptôme le plus fréquent est la boiterie, qui varie en fonction de l’emplacement et de la gravité de l’OD.
De nombreux chevaux sont sains au pas, mais boitent aux allures plus rapides. La boiterie est souvent plus prévalente une fois que les animaux touchés commencent à s’entraîner ou à courir. [2]
Le diagnostic de l’ostéochondrite disséquante
La plupart des lésions causées par l’OD se développent avant l’âge de sept mois. Néanmoins, il arrive qu’on ne découvre la maladie que plus tard, une fois que l’entraînement commence et que l’articulation est soumise au stress. [2]
Très souvent, on diagnostique les lésions dues à l’OD lors d’un examen préalable à l’achat. En effet, de nombreux chevaux ne présentent pas de signes cliniques, mais le vétérinaire remarque les lésions sur les radiographies prises lors de l’examen.
En plus d’étudier les symptômes du cheval, il existe quatre méthodes pour diagnostiquer l’OD :
- les radiographies soit le recours à la prise d’images radiographiques pour trouver des lésions dans l’articulation;
- l’arthroscopie, soit l’insertion d’une petite caméra pour examiner l’intérieur de l’articulation;
- l’échographie, c’est-à-dire l’imagerie par ultrasons pour trouver des lésions dans le cartilage;
- les biomarqueurs, une analyse sanguine qui permet de détecter les indicateurs d’articulations en mauvaise santé.
La radiographie
La radiographie est la méthode la plus courante de diagnostic de l’OD. Les rayons X peuvent détecter les lésions ainsi que les fragments osseux ou cartilagineux qui flottent dans l’articulation. [3]
L’OD est souvent bilatérale. Elle affecte les deux côtés du corps et chaque articulation touchée présente normalement une ou deux lésions.
Si on trouve des lésions dans une articulation, il faut aussi prendre des radiographies du côté opposé, même si cette articulation est peu enflée ou pas du tout. [5] Chez les chevaux atteints d’OD au boulet, les lésions peuvent même être quadrilatérales et toucher les quatre articulations. [4]
Les autres méthodes
Dans certains cas, les lésions n’apparaissent pas sur les radiographies et le diagnostic requiert un examen arthroscopique. [2]
Cette procédure consiste à pratiquer une petite incision près de l’articulation. Le vétérinaire insère ensuite un tube étroit auquel on a fixé une petite caméra vidéo pour mieux regarder à l’intérieur de l’articulation.
L’échographie, qui permet de voir le cartilage, est une autre option qui semble présenter certains avantages par rapport à la radiographie, en particulier lors de l’examen du grasset.
Dans certains cas, il est utile de combiner la radiographie et l’échographie. [7]
Les tests en laboratoire sont une autre méthode employée pour diagnostiquer l’OD. Ces tests recherchent des biomarqueurs, y compris des molécules présentes dans le liquide synovial ou le sang, qui sont des indicateurs précoces d’anomalies liées à l’OD. [8]
On emploie cette méthode plus rarement que la radiographie et l’examen arthroscopique.
Les catégories d’ostéochondrite disséquante
On reconnaît généralement trois catégories de diagnostic d’OD : [4]
- les cas qui présentent des signes cliniques et qui sont visibles sur les radiographies;
- les cas qui présentent des signes cliniques, qui ne sont pas visibles sur les radiographies et qui montrent des lésions lors de l’arthroscopie;
- les cas qui sont visibles sur les radiographies, mais qui ne présentent aucun signe clinique.
Le vétérinaire évalue les signes et symptômes du cheval afin de décider du plan de traitement le plus adapté.
Le traitement et la prise en charge de l’ostéochondrite disséquante
Le traitement qui convient aux chevaux atteints d’OD dépend de la gravité de la maladie et des articulations touchées. Les options de traitement les plus courantes sont les suivantes :
Le repos
Si les lésions ne sont pas préoccupantes, le repos et la prise répétitive de radiographies pour vérifier l’évolution des lésions suffisent habituellement. La bonne nouvelle est que de nombreuses lésions tendent à guérir d’elles-mêmes.
On doit restreindre le programme d’entraînement des chevaux en âge de s’entraîner et se limiter à des exercices de faible intensité. Une fois les lésions guéries, le cheval peut reprendre une activité normale.
Le débridement chirurgical
Le débridement chirurgical consiste à pratiquer une intervention chirurgicale pour examiner les articulations touchées, et retirer le cartilage endommagé et les fragments osseux. [1] Ce traitement n’est nécessaire que dans les cas plus graves.
Les chevaux auxquels on diagnostique des lésions après l’âge de 18 mois, en particulier si les lésions sont dans le boulet et le grasset, sont de bons candidats pour une intervention chirurgicale. La chirurgie obtient généralement de bons résultats dans le cas des lésions du jarret qui ne guérissent pas d’elles-mêmes. [9]
Dans le passé, les chirurgiens débridaient les lésions dues à l’OD selon une procédure connue sous le nom d’arthrotomie qui consiste à pratiquer une grande incision afin d’explorer l’articulation chirurgicalement.
Aujourd’hui, la plupart des débridements chirurgicaux se font par arthroscopie, ce qui réduit le risque d’infection et accélère le temps de récupération. [2][11][14]
La régie alimentaire
Il ne faut jamais négliger la régie alimentaire lors de la prise en charge de l’OD. De nombreux chercheurs sont d’avis que la nutrition est l’un des meilleurs moyens de prévenir cette maladie.
Un apport calorique excessif peut provoquer une croissance rapide qui prédispose les jeunes chevaux à la maladie. [4]
Les équidés en croissance doivent recevoir une alimentation équilibrée à base de fourrage pour limiter le risque d’apparition de cette pathologie. Les quantités excessives de glucides facilement digestibles, tels que les céréales à teneur élevée en glucides non structuraux, peuvent causer des déséquilibres hormonaux qui nuisent au développement d’un cartilage sain.
Une étude a montré que les poulains qui présentaient des lésions dues à l’OD étaient plus susceptibles d’avoir des radiographies normales douze mois plus tard s’ils ne recevaient pas de concentrés pendant la période intermédiaire. [10]
Les carences en vitamines et en minéraux contribuent d’autre part à augmenter le risque et la gravité des cas d’OD. Nous conseillons d’obtenir une analyse du foin et de faire appel à un nutritionniste pour équilibrer les niveaux de minéraux dans l’alimentation équine.
Les médicaments
Les médicaments sont ordinairement une solution de dernier recours pour soigner l’OD. Ils sont parfois inévitables, en particulier si une synovite, une inflammation de l’articulation, se déclare.
Dans de tels cas, les vétérinaires ont souvent recours à des infiltrations intra-articulaires d’acide hyaluronique. [1]
Bien qu’utiles pour soulager la douleur associée à certaines affections articulaires, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ne semblent pas très efficaces pour contrôler la douleur liée à l’OD.
La prévention de l’ostéochondrite disséquante équine
Il n’est pas possible d’éviter l’OD en toutes circonstances, mais les propriétaires d’équidés peuvent prendre certaines mesures pour favoriser le développement d’articulations saines chez les jeunes chevaux.
Il faut d’abord éviter la croissance rapide des poulains en limitant le surplus de calories dans l’alimentation. Pour de nombreux équidés en croissance, le fourrage de bonne qualité procure les protéines dont ils ont besoin pour grandir de façon saine sans devoir leur fournir trop de calories.
Si le fourrage est de piètre qualité, on peut ajouter des calories supplémentaires à partir de fibres hautement digestibles comme la pulpe de betterave exempte de mélasse. Nos nutritionnistes peuvent vous aider à identifier les aliments qui ne hausseront pas les niveaux de sucre sanguin et d’insuline.
Une autre option consiste à donner de l’huile comme source de calories supplémentaires au lieu des céréales. Les huiles riches en acides gras oméga-3, en particulier le DHA aux propriétés anti-inflammatoires, peuvent être bénéfiques pour diminuer l’inflammation et favoriser le confort des articulations.
Le milieu de vie est un autre facteur important de développement de l’OD qui est parfois négligé. Le confinement des jeunes chevaux dans des stalles ou de petits paddocks peut favoriser l’apparition de l’OD.
Des études démontrent que l’hébergement des jeunes chevaux au pâturage pour les stimuler à bouger constamment peut à la fois prévenir et aider à guérir les lésions dues à l’OD. [22] Les mises en liberté favorisent également la santé des os et des articulations, la santé métabolique et le bien-être en général.
Le pronostic pour les chevaux atteints d’ostéochondrite disséquante
L’ostéochondrite disséquante est une pathologie inquiétante pour tout propriétaire de cheval qui s’occupe d’un poulain en croissance. Mais la bonne nouvelle est que la majorité des lésions guérissent spontanément, en particulier à la suite des changements d’alimentation et de régie.
La guérison spontanée tend à donner de meilleurs résultats que le débridement chirurgical. Donner le temps aux chevaux de récupérer et mettre en œuvre de bonnes techniques de régie est toujours la méthode de traitement privilégiée avant tout. [8]
Les équidés qui subissent une intervention chirurgicale ont aussi normalement un bon pronostic pour la poursuite d’une carrière sportive. En revanche, le pronostic est moins favorable pour les animaux qui présentent des lésions à certains endroits, notamment à l’épaule.
Si les lésions ne guérissent pas spontanément et ne sont pas retirées chirurgicalement, le pronostic pour de futures allures normales est moins encourageant. [5]
Conclusion
L’ostéochondrite disséquante est une maladie fréquente, souvent temporaire, qui touche les articulations des jeunes chevaux. La gravité varie d’un animal à l’autre et dépend de l’articulation touchée.
Heureusement, les propriétaires de chevaux peuvent prendre de nombreuses mesures pour prévenir et soigner cette pathologie.
Consultez votre vétérinaire si vous soupçonnez que votre jeune cheval peut souffrir d’OD ou d’autres troubles articulaires.
Nous vous invitons à transmettre le régime alimentaire de votre cheval pour une évaluation sans frais par nos nutritionnistes équins. Ils peuvent vous aider à concevoir un régime alimentaire qui soutient la croissance saine de votre cheval tout en diminuant le risque d’OD.
Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées sur l’OCD chez les chevaux :
L’ostéochondrite disséquante, ou OCD, est une maladie orthopédique développementale qui affecte les articulations et le cartilage des chevaux. Elle survient lorsque le cartilage et l’os sous-jacent ne se développent pas normalement, ce qui entraîne des lésions et, dans certains cas, des lambeaux osseux ou des fragments de cartilage dans l’articulation. L’OCD se développe généralement au cours de la première année de vie et constitue l’une des principales causes de boiterie et de diminution des performances chez les jeunes chevaux athlétiques. [3] Si les lésions ne guérissent pas, elles peuvent contribuer à des problèmes articulaires persistants ou à l’arthrite plus tard dans la vie. [2]
L’ostéochondrite disséquante est fréquente chez les jeunes chevaux, jusqu’à un quart des poulains étant touchés par une forme de cette affection. [1][2] Elle peut survenir chez toutes les races, mais elle est le plus souvent signalée chez les Standardbreds, les Thoroughbreds et les Warmbloods. [1][2] Certains chevaux présentent des lésions sans signes cliniques évidents, de sorte que l’OCD peut être découverte uniquement lors de radiographies effectuées dans le cadre d’un examen préachat. La gravité dépend de l’articulation touchée, de la taille de la lésion et de la présence ou non de fragments.
L’ostéochondrite disséquante chez les chevaux est causée par de multiples facteurs qui nuisent au développement normal du cartilage et de l’os. Les facteurs de risque comprennent une croissance rapide, un excès d’énergie alimentaire, des carences minérales, des problèmes de circulation sanguine, un mouvement limité, les traumatismes et la génétique. [5] Les régimes riches en sucre et en amidon peuvent fournir un excès d’énergie digestible, augmenter l’insuline et le facteur de croissance analogue à l’insuline 1, et affecter les cellules productrices de cartilage. [2] Dans une étude, les poulains nourris avec 129 % de leurs besoins caloriques pendant 16 semaines ont développé un cartilage anormal. [16]
Les articulations le plus souvent touchées par l’ostéochondrite disséquante sont le jarret, l’épaule, le grasset et le boulet. Plus rarement, l’OCD peut survenir dans le coude, la hanche ou les vertèbres cervicales. [2] Ces articulations sont vulnérables parce que le cartilage s’y transforme activement en os pendant la croissance du jeune cheval. L’OCD est souvent bilatérale, ce qui signifie que les deux côtés du corps peuvent être touchés, et l’OCD du boulet peut parfois affecter les quatre articulations. [4][5]
Les signes de l’ostéochondrite disséquante chez les chevaux peuvent inclure un gonflement articulaire, une douleur articulaire et une boiterie, bien que de nombreux chevaux atteints ne présentent aucun symptôme évident. Les signes cliniques apparaissent chez environ 5 à 25 % des chevaux touchés. La plupart des chevaux symptomatiques présentent un gonflement articulaire léger à modéré, ce qui augmente la pression dans l’articulation et peut causer de l’inconfort. [2] De nombreux chevaux demeurent sans boiterie au pas, mais présentent une boiterie aux allures plus rapides ou lorsque l’entraînement et la course exercent davantage de stress sur l’articulation. [2]
L’ostéochondrite disséquante se développe généralement tôt dans la vie, la plupart des lésions se formant avant l’âge de 7 mois. [2] Toutefois, l’affection peut ne pas être diagnostiquée avant plus tard, particulièrement lorsque l’entraînement commence et que l’articulation touchée est soumise à un stress accru. Certaines lésions sont découvertes lors de radiographies préachat même lorsque le cheval semble sain. Une nutrition précoce, le temps passé au pâturage et une croissance contrôlée au cours des deux premières années de vie sont importants pour favoriser un développement articulaire sain.
L’ostéochondrite disséquante est diagnostiquée à l’aide des signes cliniques, d’un examen physique et de l’imagerie médicale. La radiographie est la méthode diagnostique la plus courante et permet d’identifier les lésions articulaires ainsi que les fragments libres d’os ou de cartilage. [3] Si une lésion est trouvée dans une articulation, l’articulation opposée devrait également être radiographiée puisque l’OCD est souvent bilatérale. [5] L’échographie, l’arthroscopie et les tests de biomarqueurs peuvent aussi être utilisés lorsque les lésions sont difficiles à voir sur les radiographies ou lorsqu’une évaluation plus détaillée est nécessaire. [7][8]
L’alimentation d’un cheval peut influencer le risque d’ostéochondrite disséquante en affectant le taux de croissance, les niveaux hormonaux et la formation du cartilage. Un apport énergétique excessif peut favoriser une croissance rapide et augmenter le risque d’anomalies du cartilage. [4] Les aliments riches en sucre et en amidon peuvent contribuer à des changements hormonaux susceptibles de nuire au développement sain du cartilage. Les chevaux en croissance devraient recevoir une alimentation équilibrée à base de fourrages avec un apport énergétique contrôlé et des minéraux adéquats.
Les nutriments importants pour réduire le risque d’ostéochondrite disséquante comprennent le cuivre, le zinc et d’autres minéraux nécessaires à une croissance normale et au développement du cartilage. [15] Dans une étude, les poulains élevés avec des régimes sévèrement déficients en cuivre ont développé des anomalies articulaires et une démarche raide. [16] Certaines recherches suggèrent que la supplémentation en cuivre pourrait réduire l’incidence de l’OCD, bien que les résultats ne soient pas constants dans toutes les études. [17][18] Une analyse du foin et un programme minéral équilibré peuvent aider à s’assurer que les chevaux en croissance reçoivent des niveaux appropriés de nutriments sans excès de calories.
L’exercice peut influencer le risque d’ostéochondrite disséquante parce qu’un manque de mouvement comme des traumatismes excessifs peuvent contribuer à des problèmes de cartilage. Un mouvement régulier à faible impact favorise l’épaisseur et la composition du cartilage chez les animaux en croissance. [19][20] Les chevaux confinés dans des boxes produisent moins de protéoglycanes, une protéine importante du tissu articulaire, que les chevaux qui font de l’exercice. [21] Au cours des 5 premiers mois de vie, un accès libre au pâturage est idéal puisqu’il fournit un mouvement naturel à faible impact et favorise un développement osseux sain. [22]
Le traitement de l’ostéochondrite disséquante dépend de l’articulation touchée, de la gravité de la lésion, de l’âge du cheval, des signes cliniques et de la présence de fragments. Les lésions légères qui ne suscitent pas d’inquiétude peuvent être gérées par le repos, l’exercice restreint, des radiographies de suivi et une gestion nutritionnelle. De nombreuses lésions guérissent spontanément, surtout avec une alimentation appropriée et des changements de gestion. Les cas plus graves peuvent nécessiter un débridement chirurgical arthroscopique pour retirer le cartilage endommagé ou les fragments osseux. [1][2][11][14]
L’ostéochondrite disséquante peut nécessiter une chirurgie lorsque les lésions sont plus graves, ne guérissent pas d’elles-mêmes ou provoquent un gonflement persistant, de la douleur, de la boiterie ou des limitations de performance. Les chevaux diagnostiqués avec des lésions après l’âge de 18 mois, particulièrement au niveau du boulet ou du grasset, sont souvent de bons candidats à une intervention chirurgicale. Les lésions du jarret qui ne guérissent pas spontanément peuvent également avoir de bons résultats avec la chirurgie. [9] La chirurgie arthroscopique est maintenant couramment utilisée parce qu’elle présente un risque d’infection plus faible et une récupération plus rapide que les anciennes procédures articulaires à ciel ouvert. [2][11][14]
Les lésions d’ostéochondrite disséquante peuvent guérir d’elles-mêmes, particulièrement chez les jeunes chevaux lorsque l’alimentation et la gestion sont améliorées tôt. De nombreuses lésions guérissent spontanément, et la guérison spontanée donne souvent de meilleurs résultats que le débridement chirurgical. [8] Le repos, l’activité de faible intensité, les radiographies répétées, une alimentation équilibrée et le temps passé au pâturage peuvent tous favoriser la récupération lorsque la chirurgie n’est pas immédiatement nécessaire. Si les lésions ne guérissent pas et ne sont pas retirées chirurgicalement lorsque requis, le pronostic pour la future aptitude fonctionnelle est moins favorable. [5]
L’ostéochondrite disséquante ne peut pas être prévenue chez tous les chevaux, mais le risque peut être réduit grâce à une croissance contrôlée, une alimentation équilibrée et un mouvement approprié. Évitez l’excès de calories, les aliments riches en sucre et les céréales riches en amidon chez les chevaux en croissance. Un fourrage de haute qualité, des protéines adéquates, un équilibre approprié en cuivre et en zinc ainsi qu’un apport adéquat en vitamines et minéraux favorisent un développement sain du cartilage et des os. Garder les jeunes chevaux au pâturage et leur permettre de bouger abondamment peut aider à prévenir et à guérir les lésions d’OCD. [22]
Résumé
L’ostéochondrite disséquante (OCD) est un trouble du développement des articulations chez les jeunes chevaux, causé par une formation anormale du cartilage. La nutrition et la gestion précoces influencent fortement si les lésions se développent, guérissent ou progressent.
- L’OCD implique une perturbation de l’ossification endochondrale qui produit des défauts du cartilage et des fragments libres dans les articulations touchées.
- De multiples facteurs, notamment une croissance rapide, un excès d’énergie alimentaire, un déséquilibre minéral, un traumatisme, un mouvement restreint et la génétique, augmentent le risque.
- Le diagnostic repose sur l’imagerie, comme les radiographies, l’échographie ou l’arthroscopie, pour identifier les lésions et évaluer leur gravité.
- La prise en charge met l’accent sur le repos, l’équilibre nutritionnel, l’exercice contrôlé et l’ablation chirurgicale des fragments lorsque nécessaire.
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