La nutrition et l’alimentation jouent un rôle prépondérant dans la prévention des ulcères chez les chevaux. Les chevaux enclins aux ulcères peuvent grandement bénéficier d’un régime alimentaire qui favorise la santé du système digestif et soutient leurs défenses naturelles contre l’ulcération.
Les ulcères équins sont des érosions douloureuses qui se développent dans la muqueuse du tube digestif. Le plus souvent, les chevaux développent des ulcères dans l’estomac ou le côlon dorsal droit. Ils peuvent causer des mauvaises performances, de l’agressivité et une sensibilité au sanglage chez votre cheval.
Le type de fourrage, la grosseur des repas, leur composition et leur fréquence peuvent tous avoir une incidence sur le risque d’ulcération du cheval. Ces facteurs sont si critiques qu’une mauvaise gestion de l’alimentation peut hausser considérablement la probabilité que le cheval développe des ulcères.
Un régime alimentaire bien conçu et qui laisse libre cours aux comportements de recherche de nourriture propres à l’espèce restreint la durée de temps où le cheval a l’estomac vide. S’assurer que les chevaux ont un accès constant à volonté à du fourrage ou un pâturage aide à tamponner les acides gastriques qui peuvent entraîner la formation d’ulcères.
On peut également aider le cheval à se défendre contre les ulcères en diminuant la quantité de céréales et de concentrés dans sa ration, en lui donnant libre accès à l’eau et en lui procurant certains aliments bons pour la santé du système digestif.
Vous souhaitez avoir de l’aide pour concevoir un régime alimentaire qui diminue le risque ou favoriser le rétablissement de votre cheval qui souffre d’ulcères? Transmettez-nous son régime alimentaire en ligne. Nos nutritionnistes sont là pour vous conseiller!
Le risque d’ulcération chez les chevaux
Les ulcères peuvent affecter jusqu’à 93 % des chevaux, ce qui en fait l’un des troubles de santé digestive les plus fréquemment diagnostiqués chez les chevaux.[1]
Les ulcères se caractérisent par une inflammation et une érosion qui se produisent le long de la paroi du tractus gastro-intestinal. Ils peuvent se former lorsque la muqueuse est exposée de manière excessive aux acides gastriques ou lorsque les mécanismes naturels de protection de la muqueuse gastro-intestinale sont perturbés.
Les ulcères peuvent se développer n’importe où le long du tube digestif, bien qu’on les retrouve le plus souvent dans l’estomac. Lorsque les ulcères se forment dans l’intestin postérieur, on parle de colite du côlon dorsal droit.
Tous les chevaux peuvent avoir des ulcères, mais certains sont plus prédisposés que d’autres. La recherche a constaté les taux de prévalence suivants :
- Chevaux d’endurance (saison de concours) : de 90 à 100 %
- Chevaux Standardbred ou Pur-sang anglais (Thoroughbred) : de 58 à 100 %
- Chevaux de performance : de 40 à 60 %
- Chevaux d’endurance (hors saison) : 48 %
- Chevaux de loisir : 53 %
On attribue la prévalence plus élevée chez certains chevaux de compétition à une plus grande exposition aux facteurs de risque d’ulcération courants.
La cause des ulcères est souvent multifactorielle. En effet, plusieurs facteurs de risque en interaction peuvent jouer un rôle dans un cas donné.
Les facteurs de risque qui contribuent à la formation d’ulcères incluent :
- l’entraînement intense;
- l’emploi fréquent de médicaments anti-inflammatoires (c.-à-d. les AINS);
- un contexte social stressant;
- les facteurs de stress physiques, c.-à-d. le confinement au box, les déplacements et les changements de routine;
- l’accès intermittent aux aliments et à l’eau;
- des aliments de piètre qualité et un régime alimentaire inadapté.
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Pourquoi les chevaux ont-ils des ulcères gastriques?
Il est largement admis que les chevaux sauvages ne sont pas sujets aux ulcères gastrique, donc pourquoi cette pathologie est-elle aussi prévalente chez les chevaux domestiqués?
Les ulcères gastriques sont malheureusement le résultat des pratiques modernes de gestion équine. La bonne nouvelle est que autant les propriétaires de chevaux que ceux qui en prennent soin peuvent prendre des mesures en ce qui a trait à la gestion des chevaux afin de minimiser leur risque tout en maximisant leur qualité de vie et santé globale.
L’estomac du cheval sécrète continuellement de l’acide chlorhydrique, qu’il y ait de la nourriture à digérer dans l’estomac ou non. Ce mécanisme crée un milieu très acide dans l’estomac qui représente un facteur de risque majeur pour le développement des ulcères.
Un cheval normal de 500 kilogrammes (1 100 livres) peut produire jusqu’à 60 litres (16 gallons) d’acide gastrique par jour!
Les acides gastriques et les ulcères
L’estomac équin est divisé en deux parties : la région squameuse supérieure et la région glandulaire inférieure.
La région glandulaire de l’estomac fabrique du mucus et du bicarbonate pour créer une barrière naturelle entre l’acide et la muqueuse de l’estomac, et ainsi neutraliser les acides gastriques. Ce barrière de mucus et de bicarbonate font partie du mécanisme de protection inné que le corps utilise pour prévenir les ulcérations.
Jusqu’à 80 % des ulcères diagnostiqués se trouvent dans la région squameuse supérieure de l’estomac, aussi appelée région non glandulaire. Cette région ne possède pas de barrière muqueuse pour protéger la paroi de l’estomac des sucs gastriques.
Quand l’acide gastrique entre en contact avec la muqueuse squameuse, l’épithélium (couche supérieure des cellules) est endommagé. Avec une exposition répétée ou prolongée, des ulcérations se formeront.
La protection naturelle contre les ulcères
Pour se protéger contre l’exposition aux acides gastriques, la région squameuse supérieure mise normalement sur la nourriture, l’eau et la salive qui lui servent de tampons. La nourriture et l’eau aident à neutraliser les acides gastriques. Les aliments dans l’estomac peuvent aussi former une barrière entre la région glandulaire productrice d’acide et la région squameuse supérieure.
Les chevaux qui broutent continuellement tout au long de la journée sont protégés contre les ulcères. Ces chevaux ont un pH gastrique, ou un niveau d’acidité, compris entre 2 et 4.
Les chevaux privés de nourriture pendant seulement trois ou quatre heures subissent une chute impressionnante du pH de l’estomac. Cette acidité accrue peut mener à des ulcères.
En fait, les études ont recours à l’alimentation à intervalles intermittents pour induire l’ulcération gastrique chez les chevaux.
Compte tenu de l’importance de brouter sans interruption, comment faire pour nourrir le cheval en diminuant le risque de formation d’ulcères et en favorisant la santé de son système digestif?
Cet article vous propose un guide d’alimentation détaillé en 12 étapes simples pour les chevaux enclins aux ulcères.
Le régime alimentaire pour les chevaux enclins aux ulcères
Étape 1) Cerner les besoins nutritionnels du cheval
Pour élaborer un régime alimentaire optimal, on doit d’abord évaluer l’alimentation actuelle du cheval, son état de santé et ses besoins nutritionnels.
Tous les chevaux devraient avoir un accès constant et à volonté au foin ou au pâturage et ce, quotidiennement. Les chevaux soumis à un régime restreint (par exemple en cas de perte de poids intentionnelle) devraient recevoir de petits repas réguliers pour réduire le temps passé avec l’estomac vide. Idéalement, les chevaux ne devraient pas passer plus de 4 heures sans consommer un repas.
De plus, ils doivent pouvoir combler leurs besoins nutritionnels en calories, en protéines, en matières grasses, en minéraux et en vitamines.
Les facteurs qui affectent les besoins nutritionnels du cheval incluent ceux qui suivent : [2]
- l’âge;
- l’état de santé;
- le mode de vie;
- la race;
- le niveau d’activité;
- le poids corporel;
- l’état de chair;
- le statut reproducteur.
Armé de ces informations, on adapte l’alimentation à l’individu concerné, à son mode d’hébergement et aux aliments disponibles localement.
L’analyse des macro et micronutriments que fournit actuellement l’alimentation du cheval permet de remédier aux lacunes éventuelles.
Idéalement, on complète cette évaluation par une analyse du foin. Il importe également d’étudier de près les étiquettes alimentaires de tous les aliments complets ou équilibreurs de ration que reçoit le cheval pour déterminer s’ils sont un choix judicieux pour l’individu en question.
Mad Barn élabore des milliers de régimes alimentaires pour chevaux chaque année et ces principes sont les fondements de tous ses programmes.
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Étape 2) Le choix du fourrage et du foin
Les chevaux enclins aux ulcères doivent avoir un régime alimentaire composé principalement de fourrage. Le foin est naturellement plus pauvre en glucides non structuraux (NSC) que les céréales ou les concentrés.
Il est bénéfique pour la santé du système digestif, car les aliments riches en glucides non structuraux peuvent causer une acidité excessive en raison de la surproduction d’acides gras volatils (AGV).
Le foin contient d’autre part des fibres qui agissent comme un prébiotique pour favoriser la santé du système digestif et la fermentation dans l’intestin postérieur.
La consommation d’aliments riches en fibres est particulièrement indiquée avant les séances d’entraînement. Les fibres semblent réduire les éclaboussures d’acides gastriques qui se produisent dans la région squameuse de l’estomac pendant l’exercice.
La quantité quotidienne de foin ou de fourrage doit représenter de 1,5 à 2 % du poids du cheval par jour. Un cheval de 500 kilogrammes devrait donc consommer de 7,5 à 10 kilogrammes de fourrage par jour.
Le choix du foin
Le type de foin peut aussi affecter la santé digestive du cheval. Pour les chevaux sujets aux ulcères, il est préférable de choisir un foin riche en glucides structuraux et pauvre en glucides non structuraux.
Les foins plus riches en protéines et en calcium sont à privilégier. Les foins de légumineuses constituent une excellente option, le plus populaire étant le foin de luzerne.
Le foin de luzerne contient entre 15 et 25 % de protéines brutes. La luzerne fournit presque deux fois plus de protéines que le foin de graminées qui contient 10 % de protéines brutes.
La luzerne est par ailleurs une bonne source de calcium, un minéral qui tamponne l’acide gastrique. [3]
Le foin de luzerne peut ne pas convenir à certains chevaux, notamment ceux atteints du syndrome métabolique équin ou de résistance à l’insuline. La luzerne tend également à être plus onéreuse et n’est pas offerte dans toutes les régions.
Si c’est le cas, il existe d’autres options comme le brome, la fléole des prés ou le mil, le chiendent pied-de-poule et le foin d’avoine.
La qualité du foin
Lors de l’approvisionnement en foin, il faut tenir compte du moment de la récolte, de l’état du sol et de l’emplacement géographique où il a été cultivé. Ces facteurs peuvent avoir une incidence sur la valeur nutritionnelle du fourrage.[4]
On doit entreposer le fourrage dans un endroit sec, frais et sombre pour éviter toute exposition à l’humidité. L’humidité peut entraîner la croissance de moisissures, une source de toxines qui peuvent perturber le microbiome intestinal du cheval.[5]
Une analyse d’échantillon de foin permet de mieux cerner le profil nutritionnel du cheval.
Si le cheval a d’autres problèmes de santé, le choix du foin devrait faire l’objet d’une discussion avec un nutritionniste ou un vétérinaire qualifié.
Étape 3) Restreindre la consommation de céréales
Les régimes riches en céréales sont un facteur de risque de formation d’ulcères pour une multitude de raisons: [3][6]
- Les céréales ne requièrent pas autant de mastication, ce qui réduit la sécrétion de salive. Une quantité moindre de salive diminue la capacité tampon dans l’estomac.
- Les céréales traversent plus rapidement l’estomac. Les régimes à haute teneur en grains laissent l’estomac vide pendant de plus longues périodes.
- La teneur en glucides non structuraux plus élevée des grains cause une hausse de la production d’acides gras volatils (AGV).
Les chevaux utilisent les AGV pour obtenir de l’énergie, mais une production excessive d’AGV peut abaisser le pH de l’intestin antérieur et de l’intestin postérieur, et provoquer l’acidose.
La consommation d’amidon doit demeurer en dessous d’un gramme par kilogramme de poids par repas, soit 500 grammes d’amidon pour un cheval de 500 kilogrammes. Elle ne doit pas dépasser deux grammes d’amidon par kilogramme de poids par jour, soit 1 000 grammes d’amidon par jour pour un cheval de 500 kilogrammes. [3] Généralement, cela équivaut à donner à donner une quantité maximale de 5 lb de concentré par repas.
Étape 4) Donner du fourrage, du foin ou de la paille hachée avec les repas à haute teneur en céréales
Comme nous l’avons expliqué précédemment, les repas principalement composés de céréales nuisent à la capacité tampon naturelle de l’estomac.
Si le cheval doit manger des céréales, il est recommandé de donner en même temps du fourrage, du foin, ou encore de la paille ou du foin haché.
Ces aliments requièrent plus de mastication et augmentent la sécrétion de salive. La salive joue le rôle de tampon pour la région squameuse de l’estomac.
Ces aliments riches en fibres transitent également plus lentement dans l’estomac, ce qui réduit la durée où il reste vide entre les repas. Des exemples incluent la pulpe de betterave, les cubes ou granulés de fourrage ainsi que les coques de soja.
Étape 5) Prolonger la durée du comportement de recherche de nourriture
Pour éviter les longs intervalles où l’estomac du cheval est vide, on peut augmenter le temps qu’il passe à chercher de la nourriture et à manger.
Les filets d’alimentation lente sont une excellente option pour prolonger le temps que le cheval passe à se nourrir et garder son estomac plein. Les filets à foin sont idéaux pour les chevaux qui ont tendance à prendre du poids facilement ou les chevaux qui ont besoin de maigrir, car ils leur évitent de consommer trop de calories.
Pour encourager le comportement de recherche de nourriture, on peut aussi répartir plusieurs filets d’alimentation lente autour de l’écurie ou du pré.
L’accès intermittent au fourrage est directement lié à l’apparition des ulcères. Les chevaux qui ne recevaient que deux repas par jour ont enregistré une prévalence plus élevée d’ulcération que les chevaux qui mangeaient vingt petits repas par jour. [7]
Pour encourager le cheval à brouter et à chercher de la nourriture, on augmente la durée des mises en liberté et on diminue le temps passé à l’intérieur. Les chevaux confinés pendant de longues périodes courent aussi un plus grand risque de formation d’ulcères. [8]
Étape 6) Maintenir des heures de repas régulières
Des heures de repas régulières, en particulier pour les céréales et les concentrés, aident à minimiser les troubles digestifs.
Comme les humains, les chevaux possèdent une horloge interne qui leur signale qu’il est l’heure de manger. Les signaux hormonaux stimulent la faim et les comportements de recherche de nourriture.
Un horaire d’alimentation sporadique peut causer du stress et mener à des comportements indésirables comme le tic à l’appui, la mastication du bois, l’ingestion de terre et autres.
Les propriétaires qui choisissent un aliment complet peuvent trouver plus pratique de donner au cheval sa ration quotidienne en une seule fois. Cependant, la recherche démontre que cette pratique peut augmenter le risque d’apparition des ulcères.
Il n’est pas recommandé de nourrir avec plus de 5 lb de concentrés par repas. Au lieu de cela, répartissez les grandes portions de concentrés sur plusieurs petits repas tout au long de la journée.
Étape 7) Augmenter l’apport en protéines
Un apport accru en protéines est bénéfique pour les chevaux qui se remettent d’ulcères. Les protéines sont composées d’acides aminés et sont fondamentales pour la fabrication, l’entretien et la réparation des tissus.
Selon le Conseil national de la recherche du Canada (2007), les protéines doivent constituer entre 8 et 10 % de l’alimentation d’un cheval à l’entretien. Pour un cheval de 500 kilogrammes, cela représente 630 grammes de protéines brutes par jour. [2]
Les besoins en protéines sont plus grands chez les chevaux atteints d’ulcères pour soutenir la réparation des tissus et la cicatrisation des plaies dans le tractus gastro-intestinal.
L’ajout d’acides aminés comme la glycine et la glutamine peut aider à stimuler la guérison des ulcères. [10][11][12]
Les protéines peuvent d’autre part jouer un rôle dans la prévention des ulcères. Elles semblent avoir un effet tampon pour l’acide de l’estomac.
Les chercheurs ont constaté que les chevaux nourris avec du foin de luzerne riche en protéines enregistraient un effet tampon qui durait jusqu’à 6 heures. [9]
Les sources de protéines pour les chevaux
Le choix d’un foin ou d’un fourrage riche en protéines brutes comme la luzerne permet d’augmenter l’apport alimentaire en protéines du cheval.
Les aliments suivants ont aussi une haute teneur en protéines :
- La spiruline : 52 % de protéines brutes
- Le tourteau de soja : de 44 à 48 % de protéines brutes
- Le tourteau de canola : de 36 à 41 % de protéines brutes
- Les graines de lin moulues : 26 % de protéines brutes
Étape 8) Privilégier les matières grasses pour hausser l’énergie calorique
Les matières grasses alimentaires sont une excellente source d’énergie calorique pour les chevaux enclins aux ulcères, en particulier si elles peuvent éliminer le recours aux aliments à base de céréales.
L’ajout de matières grasses à la ration peut également ralentir le transit des aliments hors de l’estomac et diminuer le temps où ce dernier est vide.
La teneur totale en matières grasses dans l’alimentation du cheval doit rester inférieure à 8 %, ce qui équivaut à 2 tasses (500 millilitres) par jour pour un cheval de 500 kilogrammes. Les chevaux consomment aussi des matières grasses provenant des céréales et des concentrés. Il faut donc en tenir compte dans le calcul de la quantité contenue dans la ration.
Les oméga-3 et les oméga-6
Les huiles végétales comme l’huile de canola ou de maïs sont très abordables et ajoutent de l’énergie calorique à la ration.
Toutefois, ces huiles sont pauvres en oméga-3 et riches en acide linoléique, un acide gras oméga-6. Les chevaux ont déjà tendance à consommer une surabondance d’acides gras oméga-6 comparativement aux oméga-3. Une trop grande quantité d’huile végétale peut venir perturber encore plus cet équilibre.
Il est préférable d’incorporer des matières grasses riches en acides gras oméga-3, comme l’huile de lin, l’huile de caméline ou l’huile w-3 de Mad Barn. Les oméga-3 comme le DHA sont reconnus pour leurs effets anti-inflammatoires qui favorisent la saine réparation des tissus. [13]
Étape 9) Encourager une hydratation suffisante
Les propriétaires de chevaux négligent souvent l’hydratation lorsqu’il s’agit de prévenir les ulcères. Les chevaux à risque tirent profit d’un accès à de l’eau fraîche et propre en tout temps.
L’eau dilue les liquides gastriques et diminue l’acidité de l’estomac. Elle peut également améliorer le transit des aliments dans le tractus gastro-intestinal.
La recherche montre que les chevaux qui n’ont pas constamment accès à l’eau sont 2,5 fois plus susceptibles de développer des ulcères. [14]
Pour encourager l’hydratation, on peut ajouter à la ration d’une à deux onces de sel ordinaire par jour et offrir du sel libre à volonté. Les blocs de sel peuvent encourager la consommation d’eau, mais ils ne fournissent pas suffisamment de sel et peuvent causer des plaies sur la langue.
Étape 10) Nourrir le cheval avant la séance d’exercice
L’exercice régulier peut aider à augmenter la motilité intestinale, stimuler la consommation d’eau et soutenir la santé globale du cheval.
Néanmoins, l’excès d’exercice est fortement lié à un risque accru d’ulcération. [1] Plus précisément, l’entraînement du cheval à jeun est extrêmement susceptible de causer des ulcères.
Les études ont démontré que l’exercice augmente la compression de l’estomac et hausse la production d’acide chlorhydrique. [15][16][17] Cette compression et le mouvement peuvent engendrer des éclaboussures d’acides gastriques hors de la région glandulaire protégée et dans la région squameuse non protégée de l’estomac.
Si possible, il faut penser à réduire l’intensité, la durée et la fréquence des séances d’exercice pour les chevaux très à risque de développer des ulcères. Dans le cas des athlètes équins où cela n’est pas possible, les autres stratégies d’atténuation du risque revêtent encore plus d’importance.
Un repas de foin ou de fourrage avant la séance d’entraînement peut former une barrière fibreuse dans l’estomac. Cette barrière peut protéger la région squameuse de la sécrétion accrue d’acide et de la compression pendant l’exercice.
Étape 11) Donner des suppléments naturels pour combattre les ulcères
Plusieurs suppléments alimentaires naturels ont démontré qu’ils pouvaient aider à maintenir la santé de l’estomac et de l’intestin postérieur chez les chevaux.
Nous vous invitons à en apprendre plus en lisant notre revue de recherche sur les 16 meilleurs suppléments naturels pour combattre les ulcères chez les chevaux.
Parmi les ingrédients qui peuvent être bénéfiques pour les chevaux enclins aux ulcères, on trouve :
- les probiotiques et les prébiotiques;
- les levures;
- les enzymes digestives;
- les protéines bioactives;
- l’extrait de racine de guimauve;
- la lécithine, un phospholipide;
- l’écorce d’orme rouge (ulmus rubra).
Après avoir modifié le régime alimentaire et la gestion de votre cheval, envisagez d’ajouter le supplément Visceral+ de Mad Barn à sa ration pour favoriser la santé de son estomac et de son intestin postérieur. Ce supplément en granulés stimule aussi la fonction immunitaire.
Étape 12) Introduire les changements d’alimentation progressivement
Les changements brusques d’alimentation et de routine peuvent causer du stress au cheval et exacerber le risque de formation d’ulcères.
Les changements de foin sont une source importante de troubles digestifs et d’ulcères. La recherche révèle qu’une alimentation en foin au contenu nutritif variable peut altérer la population microbienne dans l’ensemble du tube digestif. [6]
Pour modifier le régime alimentaire du cheval, comme pour mettre en œuvre les suggestions proposées dans ce guide, il vaut mieux les échelonner sur une période de deux à trois semaines.
On remplace progressivement un petit pourcentage de l’alimentation actuelle du cheval par les nouveaux aliments jusqu’à ce que la transition soit terminée.
Pour modifier l’horaire des repas du cheval, on introduit les changements progressivement, par exemple en déplaçant l’heure des repas de 30 minutes à tout au plus une heure.
Les mesures préventives additionnelles
Les chevaux sujets aux troubles digestifs peuvent également bénéficier de stratégies non liées à la nutrition pour prévenir naturellement les ulcères.
Voici quelques mesures additionnelles à prendre pour protéger le cheval contre les ulcères :
- prévenir le rebond acide qui suit le traitement des ulcères;
- minimiser l’emploi des AINS;
- réduire la fréquence des déplacements et l’exposition à de nouveaux environnements lorsque possible;
- éviter le confinement au box;
- maintenir un contexte de socialisation positive;
- minimiser le stress et établir une routine;
- éviter d’administrer des antiacides pour soigner les ulcères.
Consultez un nutritionniste équin qualifié ou un vétérinaire avant d’apporter des changements importants à l’alimentation ou à la routine du cheval.
Les signes et symptômes d’ulcération du tube digestif
Tous les chevaux atteints d’ulcères ne montrent pas de signes extérieurs. Mais beaucoup adoptent certains comportements caractéristiques, tels que la défense ou la sensibilité au sanglage, une baisse d’appétit et la réticence à travailler.
Si vous remarquez les signes révélateurs d’ulcères suivants, contactez votre vétérinaire pour un examen.
- un manque d’appétit ou un appétit capricieux;
- une diarrhée chronique;
- une perte de poids ou un mauvais état de chair;
- l’étirement pour uriner;
- un comportement plus agressif ou irritable;
- une baisse de performance;
- une robe en mauvais état;
- des coliques récurrentes;
- des changements de comportement, comme un tempérament plus nerveux;
- la sensibilité au passage de sangle;
- le tic à l’appui, le bruxisme ou grincement de dents et d’autres comportements stéréotypés;
- une salivation excessive;
- un décubitus (coucher en position allongée) très fréquent.
Le traitement des ulcères équins
L’oméprazole est le seul médicament approuvé par la Food and Drug Administration américaine (FDA) pour le traitement des ulcères équins. On le trouve sous les dénominations commerciales GastroGard et UlcerGard.
L’oméprazole est un inhibiteur de la pompe à protons qui hausse le pH de l’estomac et permet aux ulcères de guérir.
Parmi les autres options de traitement disponibles qui ne sont pas approuvées par la FDA, on retrouve la ranitidine ou la cimétidine, des médicaments aux propriétés antihistaminiques. On peut aussi utiliser des agents d’enrobage ou des liants, des hormones synthétiques, des agents prokinétiques, des antibiotiques ou une combinaison de thérapies. [18]
Le traitement des ulcères équins peut s’avérer être un engagement de longue durée et coûteux, et les chevaux connaissent souvent des taux élevés de récurrence. C’est pourquoi il importe d’atténuer le risque de formation d’ulcères en mettant en œuvre des pratiques d’alimentation et de gestion adaptées.
Si vous pensez que votre cheval souffre d’ulcères, contactez votre vétérinaire pour obtenir un diagnostic complet. Il peut vous aider à mieux cerner les options de traitement disponibles, y compris l’oméprazole, et la manière de minimiser le risque de récurrence.
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Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées sur l’alimentation des chevaux sujets aux ulcères :
La nutrition joue un rôle essentiel dans le développement et la prévention des ulcères chez les chevaux. Des pratiques d’alimentation comme le fourrage à volonté, la réduction de l’apport en céréales et des heures de repas constantes aident à tamponner l’acide gastrique et à protéger la muqueuse gastro-intestinale. Les chevaux dont la gestion de l’alimentation est inadéquate sont plus susceptibles de développer des ulcères, qui sont très répandus et touchent jusqu’à 93 % des chevaux. [1]
Les chevaux domestiqués sont plus susceptibles de développer des ulcères en raison de pratiques de gestion modernes comme l’alimentation intermittente, la vie au box et les régimes riches en céréales. Les chevaux produisent naturellement de l’acide gastrique en continu, même lorsqu’ils ne mangent pas, ce qui peut entraîner des lésions de la muqueuse si l’estomac reste vide pendant de longues périodes. Les chevaux sauvages broutent tout au long de la journée, ce qui tamponne l’acide et réduit le risque d’ulcères.
Le foin de luzerne est particulièrement bénéfique pour les chevaux sujets aux ulcères en raison de sa teneur élevée en protéines et en calcium, qui tamponnent l’acide gastrique et favorisent la réparation des tissus. [3] Le fourrage devrait représenter au moins 1,5 à 2 % du poids corporel du cheval par jour pour soutenir la santé intestinale et réduire le temps passé avec l’estomac vide. D’autres bonnes options comprennent la fléole des prés, le brome et l’herbe des Bermudes, selon les besoins individuels et la disponibilité.
Les régimes riches en céréales contribuent au développement des ulcères en réduisant la production de salive, en accélérant la vidange gastrique et en augmentant l’acidité par la production d’acides gras volatils. [3][6] Il est recommandé de maintenir l’apport en amidon sous 1 g/kg de poids corporel par repas afin d’éviter les déséquilibres de pH dans l’intestin. Remplacer les céréales par des sources d’énergie à base de fibres ou de matières grasses est souvent une option plus sûre pour les chevaux sujets aux ulcères.
Résumé
Les ulcères équins sont extrêmement courants et résultent d’une exposition excessive à l’acide gastrique ou d’une affaiblissement des défenses muqueuses, mais une bonne gestion de l’alimentation peut réduire considérablement le risque.
- Donnez une alimentation axée d’abord sur le fourrage avec un accès quasi constant au foin ou au pâturage afin d’éviter que l’estomac du cheval soit vide et de tamponner les acides tout au long de la journée.
- Limitez les grains et autres aliments riches en NSC, maintenez l’amidon dans des limites sécuritaires, associez tout concentré au fourrage et à la paille hachée, utilisez des mangeoires à alimentation lente et gardez des repas selon un horaire régulier.
- Choisissez un foin approprié (p. ex., des options plus riches en protéines et en calcium comme la luzerne pour de nombreux chevaux) et fournissez une quantité adéquate de protéines de qualité et d’acides aminés pour soutenir la réparation des tissus pendant la convalescence.
- Assurez un accès libre à de l’eau propre et à 1–2 oz de sel nature par jour, privilégiez les matières grasses riches en oméga-3 plutôt que d’ajouter des grains, et offrez un petit repas de fourrage avant l’exercice.
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