Si vous avez un cheval sensible à la laminite, prendre une décision pour son alimentation peut s’avérer stressant. Donner une ration trop riche en sucres et/ou amidon peut empirer la situation pour votre cheval sensible à la laminite.

Mais il existe quelques règles simples que vous pouvez suivre pour nourrir votre cheval de manière appropriée et réduire le risque de laminite.

La laminite est un problème de santé systémique qui se manifeste au niveau des sabots. Un réponse inflammatoire systémique à d’autres problèmes comme la gourme, la fièvre du cheval Potomac, des coliques ou une forte consommation de moulée peuvent en être la cause.

On estime que 90 % des cas de fourbure sont causés par un taux élevé d’insuline/hyperinsulinémie chez les chevaux atteints du syndrome métabolique ou du DPIP/Cushing. Un régime approprié bas en glucides hydrolysables est une étape essentielle pour réduire le risque de fourbure.

Les chevaux atteints de laminite chronique ont connu un ou plusieurs épisodes de laminite aiguë et peuvent présenter des lésions aux sabots à long terme. Dans une étude, 3,9 % des chevaux souffriraient de laminite chronique. [19]

Concevoir un programme alimentaire pour un cheval souffrant de laminite implique d’effectuer une analyse du foin et de réduire la teneur en teneur en glucides hydrolysable (HC) de l’alimentation. Les glucides hydrolysables comprennent ceux digestibles dans l’intestin grêle, contribuant à un pic de sucre.

Concernant l’analyse du foin, cela inclut l’amidon et l’ESC. Les ESC sont des glucides solubles dans l’éthanol et représentent les sucres simples. Vous devrez peut-être arrêter de donner des moulées commerciales, limiter ou restreindre l’accès aux pâturages et fournir un supplément de vitamines et de minéraux pour soutenir la croissance des sabots.

Nos nutritionnistes peuvent vous aider à formuler une programme alimentaire applicable à long terme pour votre cheval sensible à la laminite. Soumettez les informations de votre cheval en ligne pour une évaluation gratuite.

La laminite: un aperçu

La laminite est une affection extrêmement douloureuse et débilitante qui peut causer des dommages à long terme chez les chevaux. Certains chevaux sont atteints de façon permanente et ne peuvent pas reprendre le travail ou retrouver le même niveau de performance.

Cette condition implique un étirement et affaiblissement des lamelles situées dans la capsule du sabot. Les lamelles sont une structure de tissu mou constituée de vaisseaux sanguins, de tissu conjonctif et de nerfs.

La laminite chez le cheval

Les lamelles fixent l’os du pied (troisième phalange) à la paroi du sabot. L’inflammation provoque la séparation des lamelles et de l’os du pied, affaiblissant ainsi la connexion entre l’os du pied et la paroi du sabot. Lorsqu’ils s’étirent, la connexion entre l’os du pied et la paroi du sabot s’affaiblit.

Dans les cas les plus graves,  la laminite peut évoluer à la fourburel’os du pied s’enfonce distalement (vers le bas) ou tourne dans la capsule du sabot. Dans des cas extrêmes, il peut percer la sole du sabot. [1]

Non seulement la laminite entraîne de la boiterie, mais cela perturbe également la circulation sanguine vers les sabots. La laminite a été décrite comme équivalente à une crise cardiaque dans le sabot. [20]

Les chevaux qui ont fourbé éprouvent des douleurs atroces. Les propriétaires de chevaux n’ont peut-être pas d’autre choix que de prendre la difficile décision d’euthanasier leurs compagnons dans des cas extrêmes.

Si votre cheval présente des signes de laminite aiguë, consultez immédiatement un vétérinaire. La laminite aiguë est une urgence médicale.

Une fois le stade aigu de la maladie passé, travaillez avec votre vétérinaire et votre maréchal-ferrant pour élaborer un plan de traitement permettant de résoudre les symptômes.

Vous devriez également consulter un nutritionniste équin pour identifier les changements alimentaires et de gestion qui peuvent aider à réduire le risque de récidive de laminite.

Causes courantes de la laminite

Plusieurs types de laminites ont été identifiés en fonction de différents facteurs causals.

La laminite peut être causée par une surcharge en amidon due à une surconsommation chronique de concentrés ou d’herbes riches en sucres. La laminite peut également survenir chez un cheval qui s’échappe et consomme de grandes quantités de céréales sur une courte période.

La première forme de laminite est nommée la laminite endocrinopathique. Cette forme est principalement médiée par un dysfonctionnement métabolique et est liée  à des problèmes d’hyperinsulinémie.

La laminite peut également être secondaire à une colique ou à une infection liée à une rétention placentaire chez les juments post-partum (après la mise bas). Celle-ci est connue sous le nom de laminite associée à la septicémie avec une réponse inflammatoire systémique. De même, les fourbures liées au gavage, aux céréales ou aux maladies systémiques comme la gourme, la fièvre équine Potomac ou la maladie de Lyme sont causées par une réponse inflammatoire systémique.

Enfin, une laminite mécanique peut survenir si un cheval surcompense une boiterie ou suite à une commotion excessive à l’exercice. [2]

Selon le type de laminite auquel votre cheval est confronté, il existe différentes stratégies pour gérer son risque.

Dans cet article, nous nous concentrerons sur les pratiques de gestion permettant de réduire le risque de formes endocrinopathiques de laminite, qui représente 90 % des cas chez les chevaux et poneys. [21]

Beaucoup de ces cas sont causés par des facteurs alimentaires liés à la gestion domestique. Cela signifie que de nombreux cas de laminite peuvent être évités grâce à de bonnes stratégies d’alimentation, d’exercice et de gestion.

Réduire le risque de laminite endocrinopathique

La laminite endocrinopathique est le plus souvent observée chez les chevaux ou poneys en surpoids atteints du syndrome métabolique équin (SME), de résistance à l’insuline ou du dysfonctionnement de la pars intermedia de la glande pituitaire (DPIP).

Un certain profil génétique peut rendre intolérant àà une alimentation riche en sucre et en amidon ainsi qu’aux pâturages riches. Les chevaux affectés peuvent également avoir un exercice limité.

Les chevaux qui ont souffert de laminite dans le passé sont également plus susceptibles de développer à nouveau une laminite à moins que des changements importants dans leur régime alimentaire et leur gestion ne soient apportés. [1] Le taux de récidive de la laminite endocrinopathique est de 34,1 %. [22]

Heureusement, il existe plusieurs stratégies efficaces pour réduire le risque de récidive chez les chevaux souffrants de laminite. Ceux-ci inclus:

  • Réduire la quantité de sucre et amidon que consomme votre cheval;
  • Nourrir un régime à base de fourrage avec du foin ou des pâturages qui correspond aux besoins de votre cheval;
  • Favoriser la perte de poids si votre cheval présente une condition physique excessive;
  • Soutenir la santé intestinale de votre cheval;
  • Offrir des opportunités adéquates d’exercice;
  • Nourrir des vitamines et des minéraux qui soutiennent la santé métabolique;
  • Trempage du foin, utilisation de filets à foin ou de muselières et une bonne gestion des pâturages.

Comment nourrir un cheval avec la laminite

La principale considération lors de l’alimentation d’un cheval sujet à la laminite est la quantité de glucides hydrolysables.

Les glucides hydrolysables sont constitués de glucides solubles à l’éthanol (ESC) et d’amidon. Ce sont les glucides hydrolysables présents dans les cellules végétales et facilement digérés dans le petitintestin.

Les fractions ESC et l’amidon sont les fractions qui doivent être limitées chez les chevaux en surpoids ou atteints du syndrome métabolique équin (SME). Ces glucides sont rapidement réduits en sucres simples par les enzymes de l’intestin grêle. Ils sont rapidement absorbés par l’intestin et font grimper la glycémie et l’insuline.

Consommer trop de sucre et d’amidon sur une longue période ou au cours d’un seul repas peut entraîner une laminite chez votre cheval.

Les plans d’alimentation doivent être conçus pour fournir moins de 10 à 12 % d’HCNS (ESC + amidon), tout en garantissant que votre cheval reçoive toutes les vitamines, minéraux, acides gras essentiels, protéines et fibres dont il a besoin.

Maintenir une bonne condition de chair

Il est important de déterminer le poids et la cote de chair (NEC) de votre cheval avant de procéder à tout changement alimentaire.

L’évaluation de l’état corporel est un moyen d’évaluer si votre cheval est dans une condition optimale en fonction du degré de couverture de graisse du cheval.

Le cou, le corps et la croupe sont examinés pour déterminer la quantité de graisse déposée dans ces zones. La graisse est généralement plus molle et plus spongieuse que le muscle et peut devenir plus dure avec le temps. Un dépôt adipeux localisé sur la crête (cresty neck en anglais) est un indicateur d’une résistance à l’insuline ou le syndrome métabolique équin (SME), comme les dépôts de gras dans les creux des yeux. Ces coussinets adipeux anormaux peuvent être présents même chez les chevaux SME ayant un poids par ailleurs normal.

Cote de chair

La cote de chair ou la note d’état corporel (NEC) est souvent effectué à l’aide de l’échelle de Henneke en 9 points. Cette échelle classe les chevaux comme : [5]

  1. Pauvre
  2. Très mince
  3. Mince
  4. Modérément mince
  5. Modéré (idéal)
  6. Modérément charnu
  7. Surpoids
  8. Obèse
  9. Très obèse

Les chevaux sujets à la fourbure doivent être maintenus à 4-5 sur l’échelle NEC. Une note de 7 et plus présentent un risque accru de laminite. [23] Un pourcentage plus élevé de chevaux obèses souffrent d’SME, car l’SME entraîne une prise de poids facile. Une note de 3 et moins indique qu’il a un poids insuffisant et devra prendre du poids avec précaution.

Un nutritionniste peut vous aider à formuler un régime alimentaire favorisant une condition corporelle optimale en ajustant la teneur en énergie digestible de la ration.

Poids

Vous devez également peser régulièrement votre cheval pour vous assurer qu’il a un poids santé. La pesée permet également de doser avec précision les médicaments, comme les vermifuges et les médicaments métaboliques.

Idéalement, utilisez une balance. Un ruban de poids peut être utilisé si vous n’avez pas de balance à proximité. Les rubans barymétrique ne sont pas aussi précis mais constituent un outil utile pour surveiller si votre cheval prend ou perd du poids. [6]

Soutenir une bonne santé intestinale

La dysbiose microbienne est une cause moins fréquente de laminite. Dans l’intestin postérieur, l’amidon et surcharges en fructanes favorisent la prolifération de bactéries à Gram positif indésirables, comme les streptocoques. Le résultat est une acidose de l’intestin postérieur, dans laquelle le pH gastro-intestinal tombe en dessous de 6.

Un pH gastro-intestinal extrêmement faible détruit les bons microbes à Gram négatif, qui ont un effet protecteur sur le cheval. [1] Ces bactéries symbiotiques soutiennent la fonction immunitaire et la digestion des nutriments.

Lorsque ces microbes bénéfiques sont détruits, des toxines en sont libérées et absorbées par la paroi intestinale (muqueuse gastro-intestinale). Ces toxines pénètrent dans le système vasculaire et circulent dans tout le corps (de manière systémique).

La libération systémique de ces toxines provoque une constriction des vaisseaux sanguins (vasoconstriction) et une réponse inflammatoire systémique. Ceci est particulièrement visible dans les lamelles sensibles et hautement perfusées du sabot. [3]

Les toxines activent également les enzymes métalloprotéinases matricielles qui brisent la membrane basale des lames sensibles et provoquent leur séparation.

La constriction des vaisseaux sanguins dans les lames entraîne une inflammation et peut finalement conduire à la séparation des lamelles de l’os du pied.

Dans les cas graves, l’os du pied tourne ou s’enfonce distalement dans la capsule du sabot, perforant la sole du sabot et exposant le corium (membrane de l’os du pied) à l’environnement. [4] Cette condition avancée est connue sous le nom de fourbure.

Étant donné le rôle du dysfonctionnement intestinal dans le développement de la laminite, gardez les céréales sous clé pour empêcher le cheval d’y accéder de manière illimitée.

Comment nourrier un cheval qui souffre de laminite?

Quels aliments pouvez-vous donner en toute sécurité à votre cheval sujet à la laminite? Un nutritionniste peut vous aider à sélectionner des fourrages et des aliments faibles en sucre et en amidon et disponibles dans votre région.

Il existe également un certain nombre de nutriments que vous pouvez donner à votre cheval pour soutenir sa santé métabolique et réduire le risque de fourbure.

La façon dont vous nourrissez votre cheval peut également avoir un impact sur le risque de fourbure. Nous discuterons ci-dessous de certaines pratiques de gestion recommandées pour réduire le risque que votre cheval développe cette maladie.

Suivez toujours ces quatre règles d’or en matière d’alimentation pour favoriser la santé et le bien-être en général :

  1. Nourrissez souvent de petites quantités;
  2. Nourrir en fonction de la charge de travail et du poids corporel;
  3. Nourrir suffisamment de fourrage (minimum 1,5 % du poids corporel, sauf dans l’avis contraire du vétérinaire);
  4. Effectuez tous les changements progressivement.

Fourrages

Les fourrages doivent faire partie à plus de 80 à 100% de la ration du cheval sensible à la laminite, en fonction de sa charge de travail, de son poids corporel et du fait qu’il souffre de laminite active ou qu’il soit nourri pour prévenir la laminite.

Les fourrages riches en fibres, comme les graminées, le foin, l’ensilage, la pulpe de betterave, coques de soya la paille et les balles sont brisés par les microbes dans l’intestin et produisent des acides gras volatiles (AGV). Les AGV fournissent de l’énergie à libération lente au cheval et devraient constituer la principale source d’énergie de son alimentation.

Herbe

L’herbe des pâturages peut contenir jusqu’à 15 % de sucres simples et des quantités variables d’amidon. S’ils ont libre accès au pâturage, les chevaux peuvent consommer 5 % de leur poids corporel en herbe en quelques heures. [7]

Cela signifie que les chevaux peuvent rapidement consommer de grandes quantités de sucre s’ils paissent sur des pâturages riches. Pour cette raison, les chevaux ayant des antécédents de laminite, du syndrome métabolique équin (SME) incontrôlé ou de résistance à l’insuline ne doivent pas être autorisés à accéder sans restriction aux pâturages.

Si votre cheval a un poids idéal et ne souffre pas actuellement de laminite aiguë, il peut être autorisé à consommer de petites quantités de pâturages soigneusement gérés. Les graminées de pâturage qui ont atteint leur pleine hauteur et qui ont laissé tomber leurs graines auront moins de sucre et d’amidon. Les pâturages en croissance au printemps et à l’automne sont les plus dangereux.

Votre cheval doit être étroitement surveillé pour détecter tout signe de développement d’une laminite. Pensez à utiliser une muselière de pâturage pour réduire la consommation totale.

Types d’herbe

Un mélange de graminées est préférable à un pâturage en monoculture d’herbes riches en calories ou sucrées.

Les chevaux sujets à la laminite réussissent généralement mieux dans les pâturages avec une combinaison de graminées de saison chaude (comme l’herbe des Bermudes) et de graminées de saison fraîche (telles que la fléole des prés, la fétuque et le dactyle pelotonné).

Faites attention à éviter les espèces qui peuvent contenir des toxines telles que l’herbe du Soudan, l’herbe Johnson et l’alsike. [8] L’endotoxine de fétuque élevée peut aggraver la douleur aux sabots. Évitez de faire paître le foin de céréales et les formes améliorées de ray-grass conçues pour l’engraissement du bétail.

Gestion de l’alimentation au pâturage

Vous pouvez réduire la consommation de sucre et le risque de laminite lors de la mise au pâturage de votre cheval en suivant ces stratégies : [7]

  • Sortez votre cheval la nuit, tôt le matin ou tard le soir. La teneur en sucres et amidon de l’herbe est plus élevée pendant la journée, lorsque la photosynthèse est maximale.
  • Évitez de sortir votre cheval lorsque le sol est gelé. Pendant le gel, l’herbe est stressée et ne pousse pas, elle entrepose donc les sucres, ce qui signifie qu’elle a une teneur en sucre plus élevée.
  • L’herbe passé le stade de floraison et qui est montée en graine a une teneur en sucres et amidon significativement inférieure à celle de l’herbe en floraison ou en pré-floraison.
  • Évitez le surpâturage et ne laissez pas la longueur de l’herbe descendre en dessous de 4 pouces. La teneur en sucres est la plus élevée dans les tiges et la plus faible dans les feuilles.

La gestion des pâturages

Pour aider à réduire la consommation de sucre de votre cheval sensible à la laminite, il existe quelques techniques de gestion des pâturages à considérer : [9]

  • Pâturage en bandes : certaines parties du champ sont clôturées et les chevaux sont autorisés à brouter par petites sections à la fois. Faites attention à ne pas surpâturer le champ.
  • Parcelle sèche ou clairsemée : Pour le cheval qui a besoin de perdre du poids, les sorties en parcelles sèches ou clairsemées sont une option pour limiter l’apport calorique. Fournissez à votre cheval du foin trempé, de la paille ou du foin faible en sucre pour garantir que le fourrage soit disponible à tout moment. Faites attention aux plantes et arbustes vénéneux qui peuvent pousser dans ce type d’enclos. La paille doit être analysée car les niveaux de protéines et de minéraux sont souvent faibles. La paille est également sujette à la moisissure.
  • Système de pistes : Parfois appelé paddock paradise, une piste est créée autour d’un champ par une clôture. La nourriture, l’eau et les abris sont répartis autour du système de pistes, encourageant le cheval à faire de l’exercice.
  • Environnement naturel : Sortir votre cheval dans un environnement naturel tel qu’une lande, un terrain montagneux rocheux, une forêt ou une zone désertique. Cela permet au cheval fourbé de se nourrir et d’explorer tout en consommant des herbes faibles en calories. Faites attention aux plantes ou arbustes vénéneux et assurez-vous que votre cheval dispose d’un abri et d’eau fraîche.
  • Pâturages non améliorés : Sortir votre cheval sur de l’herbe non fertilisée ni hersée ou sur des pâturages contenant des espèces de graminées non génétiquement améliorées. De nombreuses espèces de graminées ont été sélectionnées pour fournir plus de calories aux vaches laitières et aux animaux d’élevage.

Muselières de pâturage

Une muselière de pâturage peut limiter la consommation de sucre de votre cheval tout en permettant une participation au sein d’un groupe social. Cela peut contribuer à réduire l’ennui et à prévenir les comportements stéréotypés.

Les recherches montrent que le port d’une muselière réduit la consommation d’herbe d’environ 30 à 80 %. Il a également été démontré que l’utilisation d’une muselière sur une durée de 10 heures pendant la journée et son retrait pendant la nuit favorisent la perte de poids chez les poneys en surpoids qui avaient accès librement aux pâturages. [15]

La locomotion et le comportement naturel de la plupart des chevaux ne sont pas affectés par les muselières. Tant que votre cheval s’habitue progressivement au port de la muselière sur trois semaines, cela ne provoquera pas d’agressivité, de comportements stéréotypés ou de stress. [16][17]

Assurez-vous que votre cheval est capable de boire de l’eau tout en portant la muselière. Votre cheval aura un apport réduit lorsqu’il portera une muselière, il est donc essentiel de lui donner un supplément de vitamines et de minéraux et de lui permettre d’accéder librement au sel lorsque votre cheval ne porte pas la muselière.

Pesez et évaluez l’état corporel de votre cheval chaque semaine lorsqu’il  utilisent une muselière. Vous devez également évaluer régulièrement le comportement de votre cheval lorsqu’il porte la muselière.

Certains chevaux prendront encore du poids même en portant une muselière. Envisagez d’autres options de pâturage pour ces chevaux.

Foin et ensilage préfané

Lors de la sélection du foin pour votre cheval propice à la laminite, assurez-vous que le foin a une teneur en sucre modérée à faible, qu’il est de bonne qualité, exempt de moisissures, propre et sec.

Le foin coupé à maturité provenant d’une herbe non fertilisée est idéal pour les chevaux atteints de laminite. Sa teneur en sucre sera inférieure à celle de l’herbe plus immature. Le foin coupé tard dans la saison ne doit être utilisé que si l’herbe n’a pas été exposée à des températures inférieures à 4 degrés Celsius avant la coupe. [7]

Il est recommandé d’envoyer votre fourrage pour une analyse nutritionnelle afin de déterminer sa teneur en glucides. Votre analyse du foin vous indiquera les niveaux des macronutriments suivants : [7]

Glucides hydrolysables (HC) : les glucides solubles à l’éthanol (ESC) plus l’amidon présent dans l’herbe, le foin, l’ensilage préfané. La teneur en HC ne devrait idéalement pas dépasser 10 % dans le fourrage donné au cheval fourbure.

Trempage du foin

Si votre analyse de fourrage montre une teneur élevée en sucre (ESC), alors le fourrage peut être trempé pour aider à réduire la teneur en sucre. [9]

Pour maximiser la réduction des sucres dans le foin, celui-ci doit être trempé pendant au moins 8 heures. Il a été démontré que le trempage du foin pendant 12 à 16 heures dans de l’eau froide réduit les sucres jusqu’à 50 % dans certains types de foin. [10][11]

Cependant, tremper le foin pendant une période aussi longue réduit également considérablement l’appétence, les niveaux de minéraux, la teneur en acides aminés et augmente la teneur relative en fibres. Par temps chaud, les bactéries et les champignons peuvent se multiplier rapidement dans l’eau.

Une durée de trempage plus courte peut être suffisante pour éliminer suffisamment de ESC pour la ramener en dessous de 10%. Dans plusieurs études, un trempage de 15 à 30 minutes dans de l’eau tiède était suffisant pour réduire la teneur ESC à des niveaux acceptables tout en limitant la perte de minéraux et d’acides aminés. [24][25]

En raison de la perte de minéraux liée au trempage, un supplément de vitamines et de minéraux doit être administré pour éviter les carences alimentaires.

Comment tremper le foin?

Voici quelques points clés lors du trempage du foin : [9]

  • Faire tremper dans l’eau tiède pendant 15 à 30 minutes (1 heure dans l’eau froide) pour réduire la teneur en sucre;
  • Envisagez un trempage jusqu’à 8 heures dans les cas de laminite aiguë pour une réduction maximale du sucre (dans des conditions favorables);
  • Utilisez un filet à foin pour faciliter le transport du fourrage;
  • Changez l’eau chaque fois que le foin est trempé;
  • Ne trempez que du fourrage frais, propre et sans moisissure;
  • Utilisez autant d’eau que possible pour éliminer plus de sucre;
  • Jetez l’eau contaminée avec précaution, conformément aux directives locales.

La paille

La paille a une valeur nutritionnelle inférieure et contient normalement moins de sucres et d’amidon que les autres types de fourrage. Il est parfois donné aux chevaux en surpoids qui nécessitent moins de calories et un régime pauvre en sucres et amidon.

Une recherche démontre que les chevaux nourris avec de la paille ont des taux d’insuline dans le sang inférieurs à ceux des chevaux qui ne sont pas nourris avec de la paille, tant que celle-ci contient moins de sucre et d’amidon. Cela peut avoir des implications positives sur l’obésité, le syndrome métabolique équin, la résistance à l’insuline et le risque de fourbure. [12]

La paille nécessite également beaucoup plus le temps de mastication que les autres fourrages. Le temps d’alimentation augmente à un régime restreint, réduisant ainsi l’incidence des comportements stéréotypés et du syndrome d’ulcère gastrique  (EGUS), bien que les chevaux nourris exclusivement avec de la paille ont développé des ulcères gastriques. [12]

La paille d’avoine et de blé conviennent toutes deux aux chevaux atteints de laminite, à condition que la paille soit propre, sèche et exempte de moisissures. La paille est disponible en balles ou sous forme de paille hachée.

La paille doit être introduite très progressivement dans l’alimentation sur une période de quelques semaines. Pour les chevaux présentant un risque élevé de fourbure, la paille peut être administrée à hauteur de 50 % de l’alimentation en complément du foin trempé. Le foin et la paille doivent être analysés pour garantir que le cheval reçoit suffisamment de protéines, de vitamines et de minéraux. Un niveau de supplémentation plus élevé sera probablement nécessaire si vous donnez une quantité importante de paille.

Quelle quantité de fourrage votre cheval a-t-il besoin?

Lors de la gestion de l’alimentation d’un cheval fourbé, non seulement il faut sélectionner un fourrage pauvre en sucre, mais il faut également s’assurer que votre cheval a un apport adéquat de fourrage.

La quantité de fourrage fournie doit être basée sur le poids, la condition physique et la charge de travail du cheval.

Les chevaux sujets à la laminite ne doivent pas être nourris quotidiennement avec moins de 1,5 % de leur poids corporel en fourrage, sauf sur l’avis contraire de votre vétérinaire. Pour un cheval de 500 kg (1 100 lb), cela signifie nourrir 7,5 kg (16,50 lb) de fourrage par jour.

Sous nourrir et induire une perte de poids rapide peut conduire à un état métabolique appelé hyperlipidémie. D’autres affections telles que les ulcères, les coliques et les comportements stéréotypés peuvent également provenir d’une faible consommation de fourrage.

Chez les poneys, les miniatures et les ânes, l’hyperlipidémie est particulièrement préoccupante car elle peut augmenter le risque de laminite et constitue une maladie potentiellement mortelle. [7]

Le taux d’incorporation des fourrages dans l’alimentation

Pour qu’un cheval maintienne son poids actuel, donnez-lui 2 % de son poids corporel en fourrage par jour. Un cheval de 500 kg (1 100 lb) à l’entretien doit recevoir 10 kg (22 lb) de fourrage chaque jour.

Pour favoriser la perte de poids, nourrissez 1,5 % de son poids corporel par jour en fourrage. Un cheval de 500 kg (1 100 lb) doit recevoir 7,5 kg (16,50 lb) de fourrage pour l’aider à perdre du poids.

Si votre cheval a peu ou pas accès aux pâturages et est nourri avec du foin et/ou de la paille matures à faible teneur en sucre, il peut être nourri avec du fourrage à raison de 2 % de son poids corporel tout en perdant du poids.

Pour prendre du poids, un cheval doit recevoir 2,5 à 3 % de son poids corporel en fourrage par jour. Un cheval de 500 kg (1 100 lb) doit recevoir quotidiennement 12,5 à 15 kg (27,5 à 33 lb) de fourrage pour un gain de poids sécuritaire.

Il est important de surveiller régulièrement la charge de travail et l’état corporel de votre cheval. Vous devrez peut-être ajuster le taux d’alimentation à mesure que le poids de votre cheval change.

L’alimentation de concentrés

Les concentrés et moulées doivent être limités dans l’alimentation du cheval atteint de laminite. Cependant, vous devrez parfois donner une petite quantité de concentré ou moulée pour y mélanger des suppléments, des médicaments ou des compléments de vitamines et minéraux.

Les chevaux en surpoids doiventêtre nourris avec une alimentation à faible teneur en sucre et amidon, tels que des aliments sans mélasse comme la pulpe de betterave, les coques de soya. Évitez de donner des céréales ou des aliments riches en amidon.

Les fabricants prennent conscience des besoins particuliers de ces chevaux et il existe sur le marché une quantité sécuritaire pour les chevaux. Obtenez toujours l’ESC et l’amidon exacts de l’aliment avant d’acheter et demandez s’il y a une garantie.

Les chevaux qui ont un poids insuffisant et qui ont besoin de prendre du poids peuvent également être nourris librement avec du foin sûr et de plus grandes quantités de pailles sans mélasse, avec de la pulpe de betterave sans mélasse, de coques de soya ou d’aliments commerciaux sûrs.

La sécurité d’une alimentation riche en gras chez les chevaux atteints du syndrome métabolique n’a pas été établie, mais ils ont besoin d’une source d’acides gras oméga-3. Choisissez des graisses qui fournissent des acides gras oméga-3, et alimentez jusqu’à 100 mL/jour.

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Vitamines et minéraux

Les chevaux souffrants de laminite suivent généralement un régime alimentaire à base de fourrage hypocalorique et peuvent porter une muselière de pâturage ou consommer du foin trempé. Cela peut limiter l’apport de vitamines and minéraux essentiels au maintien de la santé.

Il est toujours important de donner à votre cheval un supplément équilibré en vitamines et minéraux pour combler les carences dans l’alimentation. Les vitamines et les minéraux sont nécessaires au soutien des processus métaboliques tels que la fabrication de protéines et le métabolisme des sucres. Par conséquent, les déficits peuvent contribuer à la résistance à l’insuline et à une mauvaise santé des sabots.

Les chevaux atteints de laminite ont également les mêmes besoins en protéines que les chevaux normaux, de même poids et de même charge de travail. [9]

Un supplément de vitamines et de minéraux doit répondre à tous les besoins quotidiens du cheval en vitamines, minéraux, acides gras essentiels et acides aminés (en particulier la lysine). [13]

Les suppléments pour chevaux souffrants de laminite ont tendance à contenir des niveaux plus élevés d’antioxydants, de vitamines et de minéraux clés impliqués dans la santé des sabots et la régulation métabolique. Ceux-ci comprennent le zinccuivremagnésium et le chrome.

AminoTrace+ de Mad Barn est un supplément de vitamines et de minéraux ciblé sur les besoins des chevaux atteints de laminite. Il contient des oligo-éléments organiques, un enrichissement complet en vitamines et des antioxydants ajoutés dans un granulé à faible teneur en HCNS qui convient aux chevaux souffrants de laminite.

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Sel

Le sodium est généralement déficient dans l’alimentation des chevaux. Mais il existe une solution simple : permettre un accès libre et permanent au sel en vrac (chlorure de sodium). Les commerçants entreposent généralement du gros sel de bétail en vrac, ou vous pouvez commander des bretzels en vrac ou du sel casher pour mettre dans une petite mangeoire.

Nous vous recommandons d’ajouter quotidiennement 1 à 2 onces de sel à l’alimentation de votre cheval. Si le cheval n’aime pas la nourriture salée, elle peut être saupoudrée sur du foin humide. Les blocs de sel ne sont pas recommandés car ils ne sont pas suffisamment utilisés pour répondre à leurs besoins en sodium.

Des suppléments d’électrolytes en plus du sel peuvent également être nécessaires si votre cheval transpire beaucoup par temps chaud ou lorsqu’il effectue un travail intense et régulier.

Probiotiques

La supplémentation en probiotiques peut aider votre cheval à maintenir un environnement gastro-intestinal stable, contribuant ainsi à réduire le risque de certains types de fourbure. Les probiotiques favorisent également une digestion optimale du fourrage et une fonction immunitaire. [1][2][18]

L’une des causes occasionnelles de fourbure est la dysbiose intestinale et la libération d’endotoxines lorsque les bactéries meurent suite à des modifications du pH gastro-intestinal induites par l’amidon ou endommage le mur intestinal avec des coliques ou infections intestinales

Il est préférable d’éviter ce problème en réduisant la teneur en amidon de l’alimentation. Cependant, donner un supplément pour la santé intestinale peut également soutenir le microbiote et réduire le risque d’acidose de l’intestin postérieur.

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Sommaire

Voici quelques points clés à se rappeler lorsque vous alimentez un cheval avec la laminite :

  • Alimentez afin d’obtenir une bonne cote de chair;
  • Alimentez un minimum de 1,5% du poids vif du cheval en fourrages sauf dans l’avis contraire d’un vétérinaire;
  • Choisissez des fourrages pauvres en glucides hydrolysables;
  • Trempez le foin afin de réduire le niveau de sucres;
  • Surveillez votre cheval pour détecter tout signe de résistance à l’insuline, du syndrome métabolique équin (SME) et du PPID (Cushing);
  • Suivre de bonnes pratiques de gestion des pâturages ; utilisez une muselière de pâturage, des sorties sur des pâturages de mauvaise qualité ou pendant la nuit, sauf en cas de gel;
  • Nourrir jusqu’à 50 % de l’alimentation sous forme de paille afin de réduire la densité calorique tout en fournissant une matière sèche adéquate. Il faut comprendre que cela induit une alimentation avec plus de suppléments.
  • Donnez toujours un supplément de vitamines et de minéraux et du sel en vrac libre choix pour éviter les carences alimentaires;
  • Ajoutez des suppléments avec une formule probiotique pour optimiser la santé intestinale.

Nos nutritionnistes peuvent vous aider à formuler un programme alimentaire équilibré pour réduire le risque de laminite de votre cheval. Soumettez les informations de votre cheval en ligne pour une consultation nutritionnelle gratuite.

Questions fréquemment posées

Voici quelques questions fréquemment posées sur l’alimentation d’un cheval atteint de fourbure :

Résumé

La fourbure est une affection invalidante du sabot, le plus souvent liée à un dysfonctionnement métabolique et à une alimentation riche en sucres ou en amidon. La gestion de l’alimentation est la pierre angulaire de la prévention et des soins à long terme.

  • Donner une ration faible en sucre, axée d’abord sur le fourrage (moins de 10–12 % d’HC)
  • Faire tremper le foin et limiter l’accès à un pâturage riche
  • Maintenir l’état corporel autour de 4–5 sur l’échelle de Henneke
  • Soutenir la santé intestinale avec des probiotiques et une quantité adéquate de fibres
  • Toujours équilibrer la ration avec les vitamines, minéraux et le sel essentiels
  • Travailler avec votre vétérinaire et un nutritionniste pour prévenir les récidives et assurer la récupération
Manque-t-il quelque chose dans l’alimentation de votre cheval?

Identifier les manques dans le programme alimentaire de votre cheval pour optimiser son bien-être.

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