Les arêtes d’herbe représentent un risque important pour la santé des chevaux et d’autres animaux de pâturage. Les chevaux broutant dans des zones contenant des arêtes d’herbe peuvent accidentellement en manger, en inhaler, ou elles peuvent s’incruster dans leurs oreilles, leur nez ou leur peau.

Les barbes présentes sur ces arêtes les rendent difficiles à retirer et elles ont tendance à « migrer » à travers le corps du cheval, s’enfonçant plus profondément dans les tissus. Une fois incrustées, elles peuvent provoquer des inflammations, des infections et des complications potentiellement mortelles.

Les signes de la migration des arêtes d’herbe chez les chevaux varient en fonction de la partie du corps impliquée. Les symptômes peuvent inclure une enflure ou des rougeurs, une irritation de la peau, de la toux, un écoulement nasal, une salivation ou des difficultés à mastiquer.

Une gestion rigoureuse des pâturages est essentielle pour prévenir les blessures causées par les arêtes d’herbe chez les chevaux. L’identification et l’élimination des espèces d’herbes dangereuses réduisent les risques de blessures et d’infections causées par les arêtes d’herbe, garantissant ainsi que les pâturages demeurent sûrs pour votre cheval.

Dangers des arêtes d’herbe chez les chevaux

Les arêtes d’herbe sont les tiges porte-graines de certaines espèces de graminées, telles que les sétaires (genre Alopecurus et Setaria spp.) et d’autres plantes apparentées.

Les plantes dont les tiges porte-graines sont susceptibles d’affecter les chevaux comprennent : [1][2]

  • Les bromes (Bromus spp.)
  • La stipe (Stipa spp.)
  • La folle avoine (Avena fatua)
  • L’herbe à plumes de Rhodes (Chloris virgata)
  • L’échinochloa (Echinochloa spp.)
  • L’orge sauvage et l’orge queue-d’écureuil (Hordeum spp.)
  • L’agrostide (Agrostis spp.)
  • L’apéra jouet-du-vent (Apera spp.)

Ces graines sont dotées de structures barbues, une adaptation unique qui facilite leur dispersion. Ces barbes s’accrochent à la fourrure, aux vêtements ou à la peau des chevaux, des animaux et des humains qui passent à proximité, permettant aux graines de s’ancrer et de se répandre plus efficacement.

De plus, les structures externes de l’arête peuvent changer de forme en fonction du niveau d’humidité, ce qui permet aux graines de s’enfouir d’elles-mêmes dans le sol, ce qui augmente leurs chances de germination. [1]

C’est cette caractéristique précise qui rend les arêtes d’herbe dangereuses pour les chevaux et d’autres animaux d’extérieur, car les barbes pénètrent plus profondément dans les tissus mous une fois qu’elles ont traversé la peau ou les orifices.

Les arêtes se trouvent le plus souvent dans des zones herbeuses et sèches, en particulier à la fin du printemps et en été. Les graines fines et pointues possèdent des barbes orientées vers l’arrière qui s’enfoncent facilement dans la peau ou les muqueuses d’un cheval, où elles peuvent causer des infections et d’autres problèmes graves si elles ne sont pas retirées rapidement. [2]

Migration des arêtes d’herbe

Les arêtes d’herbe ne sont pas toxiques ; ce sont leurs barbes qui les rendent dangereuses pour les chevaux. Une fois qu’elles s’enfoncent dans la peau ou les muqueuses, les barbes empêchent les arêtes d’être expulsées. En effectuant un mouvement semblable à celui qui leur permet de s’enfouir dans le sol, les arêtes migrent plus profondément dans les tissus, un processus amplifié par les mouvements et les contractions musculaires du cheval. [3]

La migration peut provoquer d’importants dommages mécaniques, les arêtes déchirant les tissus, entraînant une inflammation et ouvrant la porte à des infections bactériennes secondaires.

Les arêtes d’herbe peuvent introduire des bactéries dans l’organisme, provoquant des infections difficiles à traiter. Dans certains cas, des abcès peuvent se former autour de l’arête, devenant chroniques et résistants aux traitements standards. [3]

Les arêtes d’herbe peuvent pénétrer dans le corps d’un cheval par différentes portes d’entrée, chacune présentant son propre ensemble de défis. Les zones d’entrée les plus courantes incluent : [3][4]

  • La bouche : les chevaux qui broutent dans des pâturages contenant des arêtes peuvent accidentellement en ingérer. Une fois dans la bouche, les arêtes peuvent s’enfoncer dans les gencives, la langue ou les joues, provoquant un inconfort buccal et des infections potentielles.
  • Les fosses nasales : lorsqu’elles sont inhalées, les arêtes peuvent se loger dans les voies nasales, les sinus ou même atteindre les poumons, provoquant une détresse respiratoire. Puisqu’elles sont adaptées pour la dispersion par le vent, les arêtes peuvent flotter dans l’air au-dessus du sol, même si le bétail ne les broute pas activement.
  • Les yeux : les yeux des chevaux sont particulièrement vulnérables aux arêtes; étant saillants, ils sont plus exposés. Les graines acérées des arêtes peuvent causer une irritation sévère, une conjonctivite et des ulcères cornéens.
  • Les oreilles : les arêtes d’herbe peuvent pénétrer dans les oreilles. Cela provoque un inconfort, des secouements de tête, des grattages et peut entraîner des infections.
  • La peau : les arêtes d’herbe peuvent traverser la peau, en particulier dans les zones où se trouvent des tissus mous. Une fois incrustées, elles peuvent migrer à travers la peau et les tissus sous-cutanés, causant une douleur importante et des infections plus profondes qui peuvent devenir graves.

Symptômes

Les signes cliniques des blessures causées par les arêtes d’herbe chez les chevaux varient selon le site d’entrée, l’étendue de la migration et la présence ou non d’une infection.

Les signes externes peuvent inclure : [5]

  • Une enflure et des rougeurs : il s’agit d’indicateurs courants du point d’entrée d’une arête, en particulier si celle-ci a provoqué une infection ou un abcès. La zone peut être chaude au toucher, sensible et présenter une enflure visible.
  • Un écoulement : du pus ou d’autres écoulements provenant d’une plaie ou d’un orifice naturel peuvent indiquer la présence d’une arête d’herbe. L’écoulement peut persister et il est possible que la plaie ne guérisse pas malgré le traitement.
  • Une plaie punctiforme : une petite blessure ressemblant à une perforation peut être visible à l’endroit où l’arête est entrée dans le corps. Ces blessures sont souvent difficiles à détecter, surtout si elles se trouvent dans des zones du corps qui sont moins visibles ou couvertes de fourrure épaisse.
  • Une irritation : les chevaux aux prises avec une arête qui migre peuvent montrer des signes d’inconfort et d’irritation au site de la migration, y compris des piaffements, des démangeaisons ou des frottements autour des oreilles, du nez ou de la bouche.

Signes respiratoires

Si elles sont inhalées, les arêtes d’herbe peuvent entraîner une variété de symptômes respiratoires chez les chevaux, en fonction de leur emplacement dans les voies respiratoires.

Les symptômes peuvent inclure : [6]

  • De la toux : une toux persistante peut apparaître si l’arête est logée dans les voies nasales, les sinus ou la trachée. La toux peut être sèche ou grasse, selon l’étendue de l’inflammation et la présence d’une infection.
  • Un écoulement nasal : les chevaux ayant des arêtes dans leurs voies nasales ou leurs sinus peuvent présenter un écoulement nasal unilatéral ou bilatéral. L’écoulement peut être clair, purulent ou sanglant, selon la gravité de l’irritation et la présence potentielle d’infections secondaires.
  • Des difficultés respiratoires : dans les cas graves, le cheval peut montrer des signes de détresse respiratoire, comme une respiration laborieuse, des naseaux dilatés et une augmentation de la fréquence respiratoire. Ces symptômes sont souvent associés aux arêtes ayant migré dans les voies respiratoires du cheval, provoquant une inflammation grave pouvant obstruer le flux d’air.

Signes buccaux et gastro-intestinaux

Les arêtes logées dans la bouche ou le tractus gastro-intestinal peuvent provoquer un inconfort important et entraîner divers symptômes, notamment : [7][8]

  • Une salivation excessive : une salivation excessive est un signe fréquent d’inconfort buccal et peut indiquer la présence d’arêtes incrustées dans les gencives du cheval.
  • Des difficultés à manger : les chevaux avec des arêtes coincées dans les gencives, la langue ou les joues peuvent avoir du mal à manger en raison de la douleur et de l’inconfort. Une diminution de l’apport alimentaire peut entraîner une perte de poids et une détérioration de l’état de chair et du pelage. Dans certains cas, les chevaux affectés peuvent présenter des signes de douleur lorsqu’ils mâchent ou avalent (par ex., en ne mâchant que d’un seul côté).
  • Une détresse gastro-intestinale : si elles sont ingérées, les arêtes peuvent provoquer des troubles gastro-intestinaux, notamment des coliques, de la diarrhée, ou de la constipation. Dans certains cas, l’arête peut perforer la paroi intestinale, entraînant une péritonite ou d’autres complications graves.

Signes oculaires

Si une arête pénètre dans l’œil d’un cheval, elle peut provoquer une détresse et une irritation importantes. [7]

Les signes et complications incluent : [7]

  • Un larmoiement excessif
  • Des ulcères cornéens
  • Un cheval qui se frotte les yeux ou piaffe en direction de l’œil atteint
  • Des rougeurs oculaires (conjonctivite)
  • Un œil qui demeure fermé
  • Des changements au niveau de la vision
Tout trouble oculaire évident ou suspecté est considéré comme une urgence médicale. Une intervention vétérinaire rapide offre les meilleures chances de préserver la vision.

Diagnostic

Le diagnostic des blessures liées à la migration des arêtes peut être difficile, surtout si une plaie punctiforme n’est pas visible.

La première étape du processus de diagnostic est un examen physique complet et une anamnèse médicale du cheval. Une imagerie diagnostique est souvent nécessaire pour localiser les arêtes ayant migré à l’intérieur. Selon l’emplacement suspecté de l’arête, divers outils d’imagerie peuvent être utilisés, notamment : [5]

  • L’échographie
  • L’endoscopie – insertion d’une caméra par la bouche, l’oreille ou le naseau

Dans les cas où l’arête incrustée entraîne des infections et une inflammation, les vétérinaires peuvent demander des analyses de laboratoire spécifiques, incluant : [5]

  • Des cultures bactériennes : les cultures prélevées sur des abcès ou des plaies suppurantes peuvent aider à identifier les bactéries spécifiques responsables de l’infection, guidant le traitement antibiotique approprié.
  • Des analyses sanguines : peuvent révéler des signes d’inflammation ou d’infection systémique (par ex., une augmentation du nombre de globules blancs).

Si vous pensez que votre cheval est affecté par des arêtes d’herbe ou tout autre problème médical, consultez votre vétérinaire pour obtenir un diagnostic précis.

Traitement

La première étape du traitement consiste à retirer la ou les arêtes une fois localisées. L’identification et le retrait précoces sont essentiels pour empêcher que les arêtes migrent encore plus loin ou que des complications, telles que des infections bactériennes, surviennent.

La méthode de retrait dépend de l’emplacement et de l’étendue de la migration de l’arête dans le corps du cheval : [8]

  • Arêtes superficielles : les arêtes logées dans des tissus superficiels ou des zones visibles, comme la peau ou les gencives, peuvent être retirées manuellement à l’aide d’instruments tels que des pinces. Une anesthésie locale peut être administrée pour minimiser l’inconfort pendant la procédure.
  • Arêtes ayant migré : les arêtes ayant migré profondément dans les tissus ou étant situées dans des zones moins accessibles peuvent nécessiter une intervention chirurgicale. Une fois l’arête retirée, les tissus environnants doivent être soigneusement nettoyés pour éliminer tout tissu mort, endommagé ou infecté (débridement) afin de réduire le risque d’infection.

Gestion des infections secondaires

Si le cheval développe une infection bactérienne secondaire due à la migration de l’arête, un traitement par antibiotiques est souvent nécessaire. Le choix de l’antibiotique dépend des bactéries spécifiques identifiées par une culture. Dans certains cas, des antibiotiques à large spectre peuvent être utilisés dans un premier temps, suivis d’une antibiothérapie ciblée en fonction des résultats de la culture. [5]

Les chevaux qui développent des abcès nécessitent souvent un drainage pour éliminer le pus accumulé et réduire la quantité de bactéries présentes. Le drainage peut être réalisé par des moyens chirurgicaux ou via l’insertion d’un drain chirurgical. Après le drainage, des soins réguliers de la plaie sont essentiels pour favoriser la guérison et prévenir une récidive de l’infection. [5]

Soins de soutien

En plus du retrait de l’arête et du traitement antibiotique, les chevaux affectés nécessitent des soins de soutien pour assurer leur rétablissement.

Les options peuvent inclure : [5]

  • La gestion de la douleur : des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou d’autres analgésiques peuvent être prescrits pour gérer la douleur et réduire l’inflammation.
  • Le repos ou l’exercice contrôlé : il est possible que les chevaux qui se remettent d’une infection ne soient pas en mesure de travailler jusqu’à ce que l’infection se soit résorbée.
  • La surveillance : les soigneurs doivent surveiller de près les chevaux pendant leur rétablissement d’une blessure ou d’une infection pour s’assurer que le traitement est efficace. Dans les cas graves, les vétérinaires peuvent recommander un suivi.

Pronostic

Le pronostic pour les arêtes incrustées dans la bouche est généralement favorable, tant que le cheval est traité rapidement et que l’accès à la source suspectée (que ce soit le foin ou les pâturages) est éliminé. [5]

Les arêtes incrustées dans ou autour de l’œil peuvent avoir un pronostic plus sombre, selon l’étendue des dommages causés aux structures oculaires par la migration de l’arête. Les cas où les arêtes ont blessé le tractus digestif peuvent nécessiter un traitement plus agressif, mais le pronostic reste bon. [5]

Prévention

Étant donné que les chevaux sont des animaux qui paissent et vivent à l’extérieur, il n’est peut-être pas possible de prévenir toutes les blessures liées à la migration des arêtes. Cependant, les propriétaires et soigneurs peuvent prendre des mesures pour minimiser les risques, en particulier dans la gestion des pâturages et du broutage.

Une gestion efficace des pâturages est l’une des stratégies les plus importantes pour prévenir les problèmes liés aux arêtes. En réduisant la croissance des plantes comme les sétaires et les autres espèces de plantes ayant des arêtes, le risque d’exposition peut être minimisé.

Certaines des pratiques clés de la gestion des pâturages incluent : [2]

  • Une tonte régulière : la tonte régulière des pâturages peut empêcher les plantes d’atteindre leur maturité et de produire des graines. Maintenir l’herbe courte réduit la probabilité que les chevaux entrent en contact avec des tiges porte-graines mûres. Notez que la tonte seule ne résoudra pas le problème ; une tonte à des moments inappropriés peut en réalité augmenter les risques d’exposition aux arêtes.
  • Le contrôle des mauvaises herbes : la mise en œuvre de mesures de contrôle des mauvaises herbes, comme l’application d’herbicides ou l’élimination manuelle des plants de sétaire, peut réduire la présence d’arêtes dans les pâturages. Travaillez avec un professionnel qualifié si vous envisagez d’utiliser des herbicides sur des pâturages servant à nourrir les chevaux.
  • La rotation des pâturages : la rotation peut contribuer à maintenir des conditions de pâturage saines et à réduire la propagation des arêtes, puisqu’elle favorise la régénération et empêche le surpâturage .

En plus de la gestion des pâturages, une gestion attentive des autres fourrages que les chevaux consomment peut aider à prévenir la migration des arêtes. Inspectez toujours le nouveau foin pour détecter les dangers tels que les moisissures et les arêtes avant de l’offrir comme fourrage. Assurez-vous que le foin est stocké correctement et qu’il provient d’un producteur réputé.

Il est également conseillé d’inspecter la litière, en particulier la paille, avant de l’utiliser afin de prévenir la migration des arêtes.

Questions Fréquemment Posées

Voici quelques questions fréquemment posées sur les barbes de graminées chez les chevaux :

 

Résumé

La migration des arêtes d'herbes représentent un risque sérieux pour la santé des chevaux; ces dernières peuvent provoquer un inconfort important et des affections potentiellement mortelles.

  • Les barbes présentes sur ces graines leur permettent de pénétrer la peau ou les muqueuses et de migrer à travers les tissus, entraînant une inflammation, des infections et des abcès.
  • Une détection précoce, un retrait rapide et un traitement approprié sont essentiels pour prévenir les complications associées aux arêtes.
  • Certaines stratégies de prévention, incluant une gestion efficace des pâturages et du mode de vie, peuvent réduire le risque de blessures liées à la migration des arêtes chez les chevaux.
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Références

  1. Dangerous "Awn Grasses" May Cause Horses to Stop Eating. Washington State University College of Veterinary Medicine. 2007.
  2. Kenny, L. How to Tell Foxtail from Timothy and Control It. Pennsylvania State University. 2023.
  3. McDermott, T. Grass Awns Can Cause Significant Medical Problems to Animals | Ohio BEEF Cattle Letter. Ohio State University. 2019.
  4. Linnabary. R. D. et al., Oral Ulcerations in a Horse Caused by Grass Awns. Journal of Equine Veterinary Science. 1986.
  5. Reed, S. M., et al. Equine internal medicine. 3rd ed. Saunders Elsevier, St. Louis, Mo. 2010.
  6. Johnson, L. R. Handbook of Small Animal Practice (Fifth Edition). W.B. Saunders, Saint Louis. 2008.
  7. McDermott, T. Recognize the Signs of Ailments Caused by Grass Awns. Farm and Dairy. 2019.
  8. Easley, J. Disorders of the Mouth in Horses. Merck Veterinary Manual. 2019.