Chaque année, des milliers d’études scientifiques liées aux équidés sont publiées à travers le monde, couvrant une vaste gamme de sujets tels que la nutrition, la gestion, la science de l’exercice et les soins vétérinaires. Ces recherches innovantes font continuellement progresser notre compréhension de la santé et du bien-être des chevaux, offrant de nouvelles perspectives aux propriétaires, aux entraîneurs et aux vétérinaires.
Avec le rythme rapide auquel sont publiées ces nouvelles études, il peut être facile de passer à côté d’importantes mises à jour et avancées au sein de la science équine.
Dans le présent article, nous vous proposons un aperçu de certaines des études sur les chevaux les plus passionnantes et marquantes de 2023, en mettant en lumière des découvertes clés et en partageant nos réflexions sur la manière dont ces études peuvent façonner l’avenir de la gestion et des soins équins.
Que vous soyez intéressé par les dernières stratégies en matière de nutrition ou par les progrès des traitements vétérinaires, ce tour d’horizon des études équines de 2023 vous tiendra informé des innovations qui propulsent l’industrie vers l’avenir.
La nutrition équine joue un rôle essentiel dans la santé, les performances et la longévité des chevaux, en faisant un domaine clé de recherche pour les scientifiques du monde entier. Chaque année, de nouvelles études confirment à quel point l’alimentation a un impact sur tout, de la digestion et la fonction immunitaire au développement musculaire et la prévention des maladies chez les chevaux.
Voici quelques-unes des avancées les plus intéressantes de 2023 dans le domaine de la nutrition équine.
Sondage de Mad Barn sur les régimes alimentaires équins en Amérique du Nord [1]
Mad Barn’s Survey of North American Equine Diets
Notre équipe de sept nutritionnistes titulaires de doctorats et de maîtrises a fièrement présenté les dernières recherches de Mad Barn lors de la conférence 2023 de l’Equine Science Society, offrant un aperçu des pratiques alimentaires équines en Amérique du Nord depuis 2021.
Cette étude fournit un aperçu des tendances en matière de régimes alimentaires équins, en mettant l’accent sur les nutriments qui sont souvent en quantité insuffisance ou excessive, ainsi que les implications potentielles pour la santé des chevaux partout sur le continent.
Au cours des deux dernières années, nous avons analysé plus de 20 000 régimes équins soumis par des propriétaires et des soigneurs de chevaux à travers l’Amérique du Nord. À partir de ce vaste ensemble de données, nous avons sélectionné 200 régimes représentatifs pour effectuer une évaluation plus ciblée.
Notre objectif principal était de déterminer quels nutriments pourraient être déséquilibrés ou en quantité insuffisante dans le régime alimentaire typique d’un cheval, afin de proposer de meilleures pratiques alimentaires et de soutien nutritionnel.
Résultats
Grâce à cette analyse des régimes équins, notre équipe a mis en évidence plusieurs tendances notables :
- L’énergie et les protéines sont généralement surabondantes, comme cela a déjà été rapporté [2]
- L’excès d’énergie est également confirmé par le fait que 33 % des chevaux de l’étude étaient en surpoids
- Les quantités de certains macrominéraux tels que le potassium, le calcium et le magnésium sont excessives
- Les niveaux de sodium, de zinc, de cuivre, de sélénium, de vitamine E et de vitamine A sont trop faibles dans grand nombre de régimes
Ces écarts soulignent l’importance de consulter un nutritionniste équin professionnel pour équilibrer correctement le régime alimentaire de votre cheval.
Considérations nutritionnelles pour la gestion du dysfonctionnement de la pars intermedia de la glande pituitaire chez les chevaux [3]
Nutritional Considerations for the Management of Equine Pituitary Pars Intermedia Dysfunction
Le dysfonctionnement de la pars intermedia de la glande pituitaire (DPIP, auparavant appelé maladie de Cushing) est une maladie endocrinienne très répandue chez les chevaux, nécessitant une gestion nutritionnelle minutieuse pour réduire le risque de laminite.
Cette revue propose une approche pour élaborer un régime alimentaire adapté aux chevaux atteints de DPIP, en commençant par l’évaluation de l’état de chair et de la masse musculaire, puis en fournissant les niveaux d’énergie, de glucides et de protéines appropriés à chaque cheval.
Les directives nutritionnelles actuelles pour les chevaux atteints de DPIP sont basées sur les besoins généraux des chevaux âgés, puisque cette pathologie est plus fréquente chez les chevaux plus âgés, affectant 20 % des chevaux de plus de 15 ans et 25 % de ceux de plus de 20 ans. [3]
Cependant, une approche plus individualisée permettant de développer des plans nutritionnels spécifiques aux besoins des chevaux atteints de DPIP est justifiée.
Objectif et méthodologie
L’objectif de cette étude était de fournir des recommandations étape par étape pour créer des plans nutritionnels pour les chevaux et poneys atteints de DPIP. Les auteurs soulignent l’importance de comprendre l’état de chair actuel et souhaité avant d’élaborer des recommandations alimentaires.
Une fois que l’état de chair du cheval est confirmé et que des objectifs ont été fixés, l’étape suivante consiste à déterminer le degré de résistance à l’insuline afin d’établir un plan nutritionnel qui n’aggravera pas les symptômes métaboliques. Des considérations nutritionnelles spécifiques sont également explorées pour offrir un soutien musculaire, immunitaire et anti-inflammatoire avancé aux chevaux atteints de DPIP.
Conclusions et pertinence
L’état de chair doit être régulièrement évalué via l’échelle de Henneke, qui utilise un système de notation de 1 à 9 pour refléter la graisse corporelle globale du cheval. Sur cette échelle, une note d’état de chair de 5 est considérée comme idéale pour la majorité des chevaux.
Pour les chevaux atteints de DPIP, des notes supérieures à 5 nécessitent généralement une restriction calorique pour favoriser la perte de poids. Les plans alimentaires individuels pour ces chevaux incluent l’évitement des aliments riches en amidon et en sucre afin d’éviter les effets négatifs sur la santé associés à la résistance à l’insuline.
Une diminution de l’état de chair (note de 4 ou moins) est souvent multifactorielle chez les chevaux atteints de DPIP et peut nécessiter une enquête plus approfondie pour déterminer la cause (par exemple, une mauvaise dentition, une infestation de parasites, des problèmes de thermorégulation, etc.) et un plan alimentaire approprié pour atteindre une note d’état de chair idéale.
Environ un tiers des chevaux atteints de DPIP souffrent également de résistance à l’insuline, un facteur majeur associé à un risque accru de laminite. Les directives actuelles recommandent de restreindre l’apport en amidon et en sucre à 0,1 g/kg de poids corporel par repas pour atténuer l’hyperinsulinémie postprandiale.
D’autres stratégies suggérées pour gérer la résistance à l’insuline incluent :
- Limiter l’accès aux pâturages
- Faire tremper le fourrage
- Faire faire de l’exercice régulier
- Effectuer des tests métaboliques de routine
Les aspects nutritionnels supplémentaires à considérer dépendent fortement des besoins individuels et de la présence éventuelle d’autres problèmes de santé sous-jacents ou facteurs de risque. Cependant, des recherches antérieures ont démontré que les chevaux atteints de DPIP peuvent bénéficier de suppléments de protéines, de vitamines et de minéraux pour soutenir le développement musculaire, l’immunité et la sensibilité à l’insuline.
L’étude a conclu que chaque cas de DPIP devrait être abordé individuellement pour répondre aux besoins spécifiques du cheval tout en fournissant des recommandations alimentaires qui priorisent le maintien d’un état de chair sain et l’amélioration de la sensibilité à l’insuline.
Les effets d’un apport en granulés de chlorure de sodium sur la muqueuse gastrique, l’équilibre acido-basique et le statut minéral chez les chevaux à l’exercice [4]
The Effects of Feeding Sodium Chloride Pellets on the Gastric Mucosa, Acid‐base, and Mineral Status in Exercising Horses
La supplémentation en électrolytes est essentielle pour compenser les pertes de sueur chez les chevaux à l’exercice. Cependant, les chevaux de performance sont également sujets aux ulcères gastriques, et l’impact de l’apport en électrolytes sur la muqueuse gastrique est mal compris.
Objectif et méthodologie
Cette étude visait à examiner les effets de la supplémentation en sel (NaCl) sous forme de granulés sur la muqueuse gastrique, ainsi que sur l’équilibre acido-basique et le statut minéral chez les chevaux à l’exercice.
Quinze chevaux ont reçu soit des granulés de sel (NaCl) à une dose suffisante pour compenser les pertes électrolytiques liées à 10 litres (2,6 gallons) de sueur, soit un placebo, en plus de leur alimentation habituelle. Les chevaux ont été nourris avec un régime de traitement sur une période de 19 jours, suivie d’une période de deux semaines sans traitement avant de passer à l’autre traitement.
Les chevaux ont été examinés avant et après le traitement pour évaluer la muqueuse gastrique. Du sang et de l’urine ont également été prélevés avant et après chaque période d’alimentation pour déterminer l’équilibre acido-basique et le statut minéral.
Résultats
Avant le traitement au NaCl, la prévalence initiale des lésions de la muqueuse gastrique était d’environ 83 %. Les granulés de NaCl n’ont pas eu d’impact négatif sur la muqueuse gastrique et les cotes de lésions n’ont pas changé de manière considérable après le traitement.
La concentration en sodium urinaire a augmenté de manière importante après la supplémentation en granulés de NaCl.
Conclusions et pertinence
Cette étude a conclu que la supplémentation quotidienne en granulés de NaCl est à la fois appétissante et sûre pour compenser les pertes d’électrolytes dues à la transpiration et n’affecte pas négativement la muqueuse gastrique, l’équilibre acido-basique ou le statut minéral chez les chevaux à l’exercice.
Évaluation de la palatabilité et de l’acceptabilité des granulés de farine de graines de chanvre chez les chevaux par rapport aux aliments traditionnels [5]
Assessment of the Palatability and Acceptability of Hempseed Meal Pellets in Horses Compared to Mainstream Feedstuffs
La demande croissante pour les aliments pour animaux pousse l’industrie agricole à trouver de nouveax ingrédients pouvant répondre efficacement aux besoins nutritionnels des chevaux. Le farine de graines chanvre est considérée comme une option envisageable grâce à son profil nutritionnel favorable et à sa palatabilité apparente démontrée chez d’autres espèces.
Objectif et méthodologie
Cette étude visait à évaluer la palatabilité et l’acceptabilité du tourteau de graines de chanvre chez les chevaux par rapport à d’autres aliments traditionnels.
La palatabilité et l’acceptabilité ont été testées lors de deux essais distincts, chacun impliquant six chevaux adultes.
Les périodes de test pour la palatabilité consistaient en deux repas par jour, avec une période de sevrage de trois jours avant chaque phase de traitement de trois jours. Pendant la phase de traitement, les chevaux recevaient 500 g (17 oz) de granulés de farine de soja, de granulés de son de riz ou de granulés de pulpe de betteravedans un seau, et 500 g (17 oz) de farine de graines de chanvre dans un autre seau. Les chevaux avaient 10 minutes pour consommer les aliments.
Lors de l’essai d’acceptabilité, les chevaux recevaient 1 kg (2,2 lb) de granulés de farine de graines de chanvre répartis sur deux périodes de cinq minutes, à une heure d’intervalle, chaque jour pendant six jours.
Pour chaque essai, les quantités que les chevaux ont refusé de consommer ont été pesées et les données comportementales ont été collectées lors de l’essai de palatabilité à l’aide d’enregistrements vidéo.
Résultats
- Palatabilité : la consommation des granulés de farine de graines de chanvre était supérieure à celle des granulés de pulpe de betterave et de farine de soya, mais similaire à celle des granulés de son de riz. Le taux de consommation des granulés de farine de graines de chanvre augmentait également à chaque nouvelle période.
- Acceptabilité : L’apport total de granulés de farine de graines de soya tendait à augmenter, atteignant des niveaux de consommation statistiquement plus élevés aux jours 5 et 6 qu’aux jours 1, 2 et 3.
Conclusions et pertinence
La farine de graines de chanvre semble plus appétissante que le tourteau de soja et les granulés de pulpe de betterave, mais d’une palatabilité similaire à celle des granulés de son de riz. L’acceptation par les chevaux de la farine de graines de chanvre a également augmenté après quatre jours d’exposition récurrente. La farine de graines de chanvre peut être administrée en toute sécurité à raison de 1 kg (2,2 lb) maximum par jour pendant six jours consécutifs.
Ainsi, la farine de graines de chanvre peut être envisagée comme un ingrédient permettant d’augmenter la consommation alimentaire. De futures recherches devraient examiner comment la farine de graines de chanvre peut influencer la consommation alimentaire lorsqu’elle est incluse dans un concentré équin.
L’effet des routines de stabulation sur les indicateurs comportementaux potentiels de l’état affectif chez les chevaux et leur utilisation dans l’évaluation de la qualité de vie [6]
The Effect of Stabling Routines on Potential Behavioral Indicators of Affective State in Horses and Their Use in Assessing Quality of Life
Bien qu’il existe un large consensus sur le fait que l’industrie équine a besoin d’un moyen fiable pour évaluer le bien-être des chevaux sur le terrain, il est difficile de mesurer objectivement l’état émotionnel et mental des chevaux en dehors des signes évidents de stress, tels que les comportements stéréotypés.
Une description objective et holistique de la relation entre les comportements observables et l’état mental d’un cheval permettrait aux propriétaires et gestionnaires d’optimiser leurs pratiques de gestion en fonction des besoins individuels de chaque cheval.
Objectif et méthodologie
L’objectif de cette étude était d’évaluer les différences de comportement entre les chevaux qui sortent à l’extérieur en liberté la nuit par rapport à ceux qui sont sortis pendant le jour.
Dix chevaux de races variées et faisant de l’exercice à différents niveaux ont été observés au cours de deux périodes successives de stabulation. Les chercheurs ont enregistré 52 comportements différents liés à l’alimentation, la station debout, la position couchée, le mouvement, la défécation et la miction, etc.
Résultats
Les chevaux sortis pendant la journée passaient des périodes plus longues au box, ce qui signifie que les résultats reflètent des différences autant au niveau du moment de la journée que de la durée du temps au box.
Les chevaux qui restaient au box plus longtemps pendant la nuit gardaient leurs oreilles en position neutre ou orientées vers l’avant, faisaient des pas en avant ou latéralement, se couchaient en position sternale, bâillaient, mâchaient des objets autres que de la nourriture, et fermaient les yeux plus fréquemment que ceux au box pendant la journée.
Une augmentation du temps passé allongé semble indiquer que la stabulation nocturne favorise le bien-être mental des chevaux. À l’opposé, des manifestations comportementales telles qu’une mobilité accrue (vers l’avant ou latéralement), une intensification de l’activité des oreilles, un temps prolongé passé à mâcher des objets non comestibles ou des bâillements fréquents pourraient refléter un effet négatif sur leur état mental.
Cependant, il est important de noter que l’augmentation des mouvements des oreilles pourrait être due au fait que les chevaux ont été observés pendant la nuit, lorsque la visibilité est réduite et que ces derniers se fient davantage à leur ouïe que leur vision.
Conclusions et pertinence
En raison de la variation de la durée de la stabulation parmi ces chevaux, il est difficile de déterminer si un temps de sortie égal de jour ou de nuit serait préférable. En général, des sorties à l’extérieur en liberté plus longues, en particulier en présence d’autres chevaux, améliore le bien-être équin.
Cependant, les différences comportementales démontrées suggèrent qu’il existe des facteurs comportementaux mesurables que les propriétaires peuvent évaluer pour estimer l’état mental et le bien-être de leurs chevaux. De futures recherches pourraient approfondir ces résultats pour établir des liens entre les comportements subtils et les états mentaux positifs ou négatifs chez les chevaux, ce qui pourrait aider à optimiser les pratiques de gestion.
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Utilisation du mors et sa pertinence pour la sécurité du cavalier, sa satisfaction et le bien-être du cheval dans les sports équestres [7]
Bit Use and its Relevance for Rider Safety, Rider Satisfaction, and Horse Welfare in Equestrian Sport
L’utilisation du mors est courante dans l’industrie équine et, dans de nombreux contextes de compétition, elle est obligatoire. Cependant, des études sur les impacts comportementaux et physiques des mors ont révélé que son utilisation peut avoir des implications négatives pour la santé et le bien-être mental des chevaux.
Objectif et méthodologie
L’objectif de cette étude était de déterminer comment l’équitation sans mors affecte le bien-être, le comportement, la sécurité et la satisfaction du cavalier.
399 cavaliers amateurs de l’Australie issus de diverses disciplines ont été interrogés sur leurs pratiques de soins équins, le comportement des chevaux, l’équipement d’équitation, les accidents et blessures des cavaliers, leur satisfaction et leurs connaissances en matière de théories de l’apprentissage.
Résultats
Seulement cinq pour cent des cavaliers ont déclaré utiliser une bride sans mors. Les chevaux montés sans mors avaient de meilleurs notes de gestion, de monte et de bien-être relié au maniement. Ces derniers présentaient aussi moins de comportements hyper-réactifs lorsqu’ils étaient montés.
De plus, la sécurité des cavaliers et leur perception du contrôle étaient similaires avec ou sans mors, et les cavaliers de chevaux sans mors étaient plus satisfaits et ont rapporté avoir de meilleures partenariats avec leurs chevaux.
Cependant, il est important de noter que, en raison de la nature observationnelle de cette étude, il n’est pas possible de déduire directement que l’utilisation de la bride sans mors a entraîné les améliorations des facteurs tels que les comportements réactifs et l’amélioration du bien-être. Des recherches plus contrôlées sont nécessaires pour explorer ce lien.
Conclusions et pertinence
Étant donné les impacts négatifs connus des mors sur le comportement, la respiration et le système musculosquelettique des chevaux, l’adoption de brides sans mors pourrait améliorer le bien-être des chevaux sans nécessairement compromettre la sécurité et le contrôle des cavaliers.
Certaines fréquences acoustiques spécifiques ont un impact positif sur les indicateurs comportementaux et physiologiques du bien-être chez les chevaux de course pur-sang [8]
Selected Acoustic Frequencies Have a Positive Impact on Behavioural and Physiological Welfare Indicators in Thoroughbred Racehorses
Certains types de sons et de fréquences peuvent avoir un impact sur les états émotionnels et la santé des humains et des animaux.
Des études sur l’homme démontrent que ce ne sont pas nécessairement les mélodies, mais des fréquences spécifiques qui jouent un rôle dans la médiation de ces effets. Les fréquences particulièrement intéressantes comprennent les fréquences très basses et très élevées, les fréquences d’accordage de la musique et les ondes lentes de l’électroencéphalogramme (EEG) utilisées pour la rétraction biologie (neurofeedback).
Objectif et méthodologie
L’étude a examiné les effets de ces fréquences sur le comportement et la physiologie des chevaux de course pur-sang. Les chercheurs ont utilisé un stimulus acoustique commercial non audible contenant plusieurs de ces fréquences.
Avec un échantillon de 12 chevaux, le stimulus acoustique a été diffusé deux fois par jour pendant trois semaines alors que les animaux étaient dans leur box.
Résultats
Suite à une exposition aux fréquences acoustiques, des changements comportementaux mesurables ont été observés chez les chevaux. Plus précisément, une réduction des comportements stéréotypés, comme les bâillements ou la mastication dans le vide, a été notée. Ces comportements sont souvent associés au stress, à la frustration et à l’anxiété chez les chevaux.
La recherche a également constaté une augmentation du temps passé en position de repos couchée ainsi qu’à chercher de la nourriture, ce qui pourrait indiquer que les chevaux étaient dans un état plus calme.
De plus, des améliorations physiologiques mesurables ont été observées; de meilleurs paramètres hématologiques ont été enregistrés pendant et après la phase de lecture pour 4 des 10 paramètres mesurés.
Conclusions et pertinence
La diffusion de certains sons semble avoir un impact sur le bien-être des chevaux. Malheureusement, les types de sons diffusés n’ont pas été divulgués dans cet article. À l’avenir, des études examinant les effets de différents sons pourraient spécifier davantage les sons que nous pouvons diffuser pour les chevaux au box afin de favoriser leur bien-être.
Cœur et cerveau : un changement dans l’entropie cardiaque est lié à l’inspection visuelle latéralisée chez les chevaux [9]
Heart and Brain: Change in Cardiac Entropy is Related to Lateralised Visual Inspection in Horses
Cette étude explore la connexion entre la latéralisation cérébrale – la tendance à utiliser un côté du cerveau – et son impact sur la physiologie d’un cheval.
La latéralisation chez les animaux se manifeste par l’utilisation biaisée d’organes sensoriels appariés, tels que les yeux ou les oreilles. Ce phénomène n’est pas exclusif aux humains et est également observé chez les animaux.
Chez les chevaux, cette latéralisation est perceptible dans la manière dont ils utilisent leurs yeux lorsqu’ils sont exposés à un nouveau stimulus. La variation dans l’utilisation des yeux pourrait aussi être liée à la réponse émotionnelle du cheval.
Objectif et méthodologie
L’objectif de cette étude était d’évaluer si la réponse émotionnelle d’un cheval à un nouvel objet est liée à l’œil qu’il utilise pour le regarder.
Vingt chevaux ont été étudiés tandis qu’ils observaient un ballon orange se gonfler dans leur box. Pendant ce temps, un électrocardiogramme (ECG) de chaque cheval a également été enregistré à l’aide d’une ceinture élastique autour de la cage thoracique.
Les chercheurs ont enregistré le temps que les chevaux passaient à regarder le ballon avec chaque œil et comment cela était lié aux changements de leur entropie cardiaque – une mesure de l’irrégularité du signal de l’ECG. Des valeurs d’entropie cardiaque plus élevées sont associées à des processus physiques normaux, tandis qu’une diminution de l’entropie indique une réponse physique et émotionnelle.
Résultats
Parmi les vingt chevaux étudiés, sept semblaient préférer regarder l’objet avec leur œil droit, cinq préféraient le regarder avec leur œil gauche, et huit ne montraient aucune préférence ou peu de préférence entre les yeux.
Les chevaux qui passaient plus de temps à regarder le ballon avec leur œil gauche (impliquant l’hémisphère droit de leur cerveau) montraient une baisse plus importante de leur entropie cardiaque, suggérant une réponse émotionnelle et physique plus négative.
À l’inverse, il n’y avait aucune relation entre la durée pendant laquelle les chevaux regardaient le ballon avec leur œil droit et les changements d’entropie cardiaque.
Conclusions et pertinence
Cette étude ne permet pas de savoir si la préférence d’utilisation des yeux chez les chevaux individuels détermine leur réponse émotionnelle, ou si leur réponse émotionnelle détermine la préférence de l’œil à utiliser.
Cependant, elle suggère que la latéralisation chez les chevaux est liée à des changements de la fonction cardiaque et peut-être de l’état émotionnel. D’autres recherches sur ce sujet pourraient fournir des outils aux propriétaires et entraîneurs pour évaluer l’émotivité des chevaux et utiliser cette information pour éclairer les pratiques d’entraînement et de maniement.
Les microexpressions faciales du cheval (Equus caballus) : un aperçu des informations sociales subtiles [10]
Horse (Equus caballus) Facial Micro-Expressions: Insight into Discreet Social Information
Ce rapport de recherche examine l’existence et les implications des microexpressions faciales chez les chevaux. Contrairement aux expressions faciales volontaires, les microexpressions sont involontaires et peuvent fournir un aperçu de l’état émotionnel et des sentiments d’un cheval.
Bien que ces brefs signes faciaux involontaires n’aient jusqu’à présent été documenté que chez les humains, cette étude démontre qu’ils sont aussi présents chez les chevaux, surtout dans les contextes sociaux impliquant une présence humaine.
Objectif et méthodologie
L’étude a utilisé le système de codage des expressions faciales équines (EquiFACS), un outil analytique qui évalue les expressions faciales en fonction des mouvements musculaires.
Les microexpressions des chevaux ont été observées et évaluées en présence et en l’absence d’un expérimentateur humain.
Résultats
Des mouvements musculaires spécifiques connus sous les appellations AU17, AD38 et AD1 ont été identifiés comme de possibles microexpressions, mais pas comme des expressions faciales standard, en présence d’un expérimentateur humain.
Lorsqu’ils sont présentés comme des expressions faciales standard, ces mouvements ont été associées à la douleur ou au stress. Cependant, dans cette étude, leur microexpression était liée à une « attention fixe » sur l’observateur.
Les chercheurs suggèrent que ces microexpressions pourraient être des signes sociaux que les chevaux utilisent dans leurs interactions avec les humains.
Conclusions et pertinence
Les microexpressions pourraient fournir un aperçu des états émotionnels internes transitoires des chevaux. Elles pourraient servir de signaux sociaux subtils, améliorant la communication entre les humains et les chevaux.
Les résultats de cette étude pourraient mener à une compréhension accrue et une meilleure communication entre les chevaux et les humains. Cela pourrait également aider à améliorer notre compréhension des états émotionnels et des comportements sociaux des chevaux.
L’utilisation du cannabidiol comme traitement novateur d’un comportement stéréotypé oral (tic à l’appui) chez un cheval [11]
The Use of Cannabidiol as a Novel Treatment for Oral Stereotypic Behavior (Crib-Biting) in a Horse
Cette étude détaille l’utilisation réussie du cannabidiol (CBD), un composé présent dans le cannabis, pour traiter le tic à l’appui et le tic à l’air chez une jument de 22 ans.
Les stéréotypies, telles que le tic à l’appui, sont des comportements répétitifs sans fonction apparente. Des conditions stressantes et le confinement peuvent augmenter la probabilité de comportements stéréotypés chez les chevaux, ce qui indique une diminution de leur bien-être général.
Les phytocannabinoïdes, tels que le CBD, ont été étudiés pour leur utilisation pour diverses affections médicales. Ces molécules peuvent affecter le système nerveux central et pourraient avoir des effets anticonvulsivants, antidépresseurs, anxiolytiques, antipsychotiques et anti-inflammatoires.
Des études récentes ont mis en évidence l’utilisation thérapeutique potentielle des phytocannabinoïdes en médecine vétérinaire.
Objectif et méthodologie
L’objectif de ce rapport était de décrire un cas réussi de traitement au CBD chez une jument âgée ayant un historique de tic à l’appui et de tic à l’air depuis quinze ans.
La jument a reçu 0,5 mg de CBD par kg de poids corporel chaque jour, avec des doses administrées toutes les 12 heures pendant 45 jours. Ses habitudes alimentaires et sa gestion sont restées les mêmes pendant cette période.
Résultats
Les chercheurs ont observé une diminution considérable du temps passé à tiquer à l’air (passant de 15 heures par jour à 1 heure par jour). De plus, la jument a présenté une augmentation de l’appétit, a pris du poids et son état de chair s’est amélioré sur une période de quatre semaines.
Conclusions et pertinence
Il s’agit du premier rapport sur le traitement réussi d’un trouble comportemental chez les chevaux à l’aide de CBD. Les résultats montrent le potentiel du CBD dans le traitement problèmes de comportement chez les chevaux, un développement prometteur en médecine vétérinaire. Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour valider ces résultats préliminaires.
Étant donné que les comportements stéréotypés sont souvent indicatifs d’un bien-être animal inadéquat, des traitements novateurs pourraient améliorer le bien-être général des chevaux affectés. Des recherches supplémentaires pourraient mettre en lumière d’autres utilisations potentielles du CBD ainsi que d’autres phytocannabinoïdes en médecine vétérinaire.
Effets des régimes riches en amidon ou en fibres sur le métabolisme énergétique et les performances physiques des chevaux pendant une période d’entraînement de 8 semaines [12]
Effects of High-Starch or High-Fibre Diets on the Energy Metabolism and Physical Performance of Horses During an 8-Week Training Period
Les chevaux soumis à un entraînement de haute intensité sont souvent nourris avec des régimes riches en amidon pour répondre à leurs besoins énergétiques et pour fournir un carburant rapide pour les performances sportives. Cependant, les régimes riches en amidon sont impliqués dans le développement de problèmes digestifs, musculaires et comportementaux.
Il a été démontré que les régimes riches en fibres et faibles en amidon favorisent des performances similaires lors d’épreuves d’exercice simples, mais ceux-ci n’ont pas été étudiés de manière approfondie pendant des périodes d’entraînement plus longues.
Objectif et méthodologie
Cette recherche se penche sur l’influence des régimes riches en amidon ou en fibres sur le métabolisme énergétique et les performances physiques des chevaux pendant une période d’entraînement de huit semaines. Plus précisément, elle examine si les chevaux peuvent maintenir leurs niveaux de performance pendant des cycles d’entraînement prolongés avec des quantités moindres d’amidon dans leur alimentation.
Les Trotteurs français utilisés dans cette étude n’avaient pas été entraînés depuis au moins quatre mois avant l’étude et n’étaient auparavant nourris que de foin. Pendant l’expérience, les chevaux ont reçu soit un régime riche en amidon (composé de foin et d’avoine), soit un régime riche en fibres (où 75 % de l’avoine est remplacé par de la luzerne déshydratée).
Le programme d’entraînement comprenait des séances d’entraînement par intervalles sur une période de huit semaines. Avant et après l’entraînement, un test de performance de 2 400 mètres (1,5 mile) a été réalisé.
Pendant l’entraînement et les tests de performance, des paramètres cardiorespiratoires ont été mesurés, incluant :
- La fréquence cardiaque
- La ventilation pulmonaire
- La consommation d’oxygène
- La production de dioxyde de carbone
La consommation d’oxygène et la production de dioxyde de carbone ont été utilisées pour calculer les taux d’oxydation des glucides et des lipides.
Les chercheurs ont également collecté des données sur les performances physiques lors des séances d’entraînement et des tests d’exercice, notamment :
- L’accélération
- La vitesse moyenne
- La vitesse pendant la phase la plus rapide du test d’exercice
Résultats
L’étude a révélé que les deux groupes ont montré une consommation d’oxygène et des progrès similaires dans leur performances physiques au cours des séances d’entraînement par intervalles et du test de performance de 2400 mètres.
À la fin de la période d’entraînement, la production de dioxyde de carbone n’a augmenté que dans le groupe dont l’apport en amidon était élevé, indiquant que l’oxydation des glucides était plus élevée chez ces chevaux. Cette constatation indique également l’inverse pour le groupe avec un apport riche en fibres, c’est-à-dire que l’oxydation des glucides était plus faible pendant la même période.
Conclusions et pertinence
L’étude conclut que substituer les régimes riches en amidon par des régimes riches en fibres permet aux chevaux de maintenir des niveaux de performance physique similaires tout en réduisant la dépendance aux glucides rapidement digestibles comme carburant pendant une période d’entraînement de 8 semaines.
La réduction de la dépendance au glucose et à la voie glycolytique pourrait entraîner une demande moins importante du phénomène de tamponnage, bien que des expériences supplémentaires sur l’effet du régime alimentaire sur les substrats énergétiques et l’équilibre acido-basique dans le sang soient nécessaires pour le confirmer.
En plus des bénéfices potentiels liés à l’équilibre acido-basique, cette étude montre qu’un régime riche en fibres peut soutenir des performances similaires chez les chevaux soumis à un exercice intense, ce qui peut être bénéfique pour la santé digestive et musculaire en plus de prévenir une réactivité accrue.
Réponses physiologiques et des muscles squelettiques à l’exercice par intervalles à haute intensité chez les chevaux de course [13]
Physiological and skeletal muscle responses to high-intensity interval exercise in Thoroughbred horses
Chez l’humain, il a été démontré que l’entraînement par intervalles à haute intensité ainsi que l’entraînement par intervalles de sprint entraînent des adaptations physiologiques à l’exercice égales ou supérieures à celles d’un l’entraînement continu d’intensité modérée.
Ces modes d’entraînement à haute intensité sont similaires à l’effort de compétition pour les chevaux de course, ce qui peut entraîner des adaptations musculo-squelettiques favorisant les performances et la stablité lors des courses.
Objectif et méthodologie
L’objectif de cette étude était de comparer les réponses physiologiques et la réponse des muscles squelettiques entre une seule séance d’exercice continu d’intensité modérée, un exercice par intervalles à haute intensité et un exercice par intervalles de sprint.
Huit Pur-sang ont été entraînés à courir sur un tapis roulant pendant quatre semaines. Ils ont ensuite effectué chacun des trois protocoles d’exercice pour permettre aux chercheurs de mesurer :
- La consommation d’oxygène
- La production de dioxyde de carbone
- La saturation en oxygène du sang
- La concentration de lactate plasmatique
- La fréquence cardiaque
- Le glycogène musculaire
- L’expression de l’ARNm des protéines liées à la signalisation de la synthèse des protéines, à la biogenèse mitochondriale et à l’angiogenèse
- L’activation des protéines liées à la signalisation de la synthèse des protéines
Résultats
Lorsque les Pur-sang ont réalisé un entraînement par intervalles à haute intensité ou un entraînement par intervalles de sprint, ils ont présenté :
- Des fréquences cardiaques et des concentrations de lactate plasmatique plus élevées
- Une saturation artérielle en oxygène et un pH artériel plus faibles
- Une diminution de la teneur en glycogène musculaire
- Une activation de la protéine kinase activée par l’AMP (uniquement pour l’entraînement par intervalles à haute intensité)
- Une augmentation de l’expression de l’ARNm liée à la biogenèse mitochondriale (co-activateur-1α du récepteur γ activé par les proliférateurs de peroxysomes)
- Une augmentation de l’expression de l’ARNm liée à l’angiogenèse (facteur de croissance de endothélium vasculaire ; uniquement pour l’entraînement par intervalles de sprint)
Conclusions et pertinence
L’étude a conclu que, tout en parcourant la même distance de course, l’exercice par intervalles à haute intensité et l’exercice par intervalles de sprint ont entraîné des effets plus prononcés, notamment une hypoxémie artérielle sévère, une acidose lactique et une déplétion du glycogène, par rapport à l’exercice continu d’intensité modérée.
L’exercice par intervalles à haute intensité a activé les voies de signalisation de la synthèse des protéines musculaires, tandis que l’entraînement par intervalles de sprint a augmenté l’expression de l’ARNm lié à l’angiogenèse. Ces types d’exercices ont tous deux entraîné une plus grande expression de l’ARNm liée à la biogenèse mitochondriale. L’exercice continu d’intensité modérée n’a pas induit de changements significatifs de ces variables.
Les réponses plus importantes aux modalités d’entraînement à haute intensité suggèrent que ces types d’exercices pourraient être bénéfiques pour les chevaux qui s’entraînent pour la course.
Détection de la fatigue chez les chevaux de sport à l’aide de caractéristiques biomécaniques de la démarche utilisant des capteurs inertiels [14]
Detecting fatigue of sport horses with biomechanical gait features using inertial sensors
La détection précoce de la fatigue chez les chevaux à l’exercice peut prévenir le surentraînement et les blessures. À l’heure actuelle, les prélèvements sanguins représentent la méthode la plus courante d’évaluation de la fatigue, mais son utilisation est peu pratique dans le cadre de l’entraînement de tous les jours.
Des recherches antérieures chez les chevaux montrent que des mesures biomécaniques, telles que la durée et la vitesse de la foulée, peuvent être utilisées pour identifier les chevaux fatigués. Ces mesures peuvent être recueillies à l’aide de capteurs inertiels installés sur le corps, qui sont non invasifs et collectent des données sans interrompre la routine d’exercice du cheval.
Cependant, un nombre limité de mesures biomécaniques ont été étudiées en relation avec la fatigue chez les chevaux, et il n’existe actuellement aucun algorithme pour détecter la fatigue à l’aide de mesures biomécaniques validées.
Objectif et méthodologie
Les objectifs de cette étude étaient de :
- Identifier les mesures biomécaniques qui indiquent de manière fiable la fatigue chez les chevaux
- Détecter automatiquement la fatigue en utilisant le moins de capteurs possible
- Comparer les mesures de fatigue chez les chevaux après un exercice de haute ou de faible intensité
Pour ce faire, soixante chevaux de sport ont été évalués dans un environnement contrôlé alors qu’il réalisaient des exercices de faible et de haute intensité.
Avant et après ces exercices, les capteurs inertiels ont été utilisés pour recueillir des données sur la biomécanique des chevaux au pas et au trot. Sept petits capteurs ont été placés sur le sacrum, le garrot, la nuque et l’extérieur des quatre membres de chaque cheval.
Des caractéristiques biomécaniques cruciales, telles que la durée de la position, la durée du balancement et l’amplitude de mouvement des membres, ont été extraites des signaux de sortie de ces capteurs. Un algorithme a été utilisé pour identifier les indicateurs de fatigue les plus significatifs à partir des caractéristiques biomécaniques collectées.
Un modèle d’apprentissage automatique a ensuite été construit pour classer les vidéos enregistrées des foulées en groupes de non-fatigue et de fatigue, en fonction des indicateurs.
Résultats
L’étude a confirmé le potentiel des caractéristiques biomécaniques pour détecter la fatigue chez les chevaux de sport. Les caractéristiques clés identifiées indiquant la fatigue comprenaient la durée de la position, la durée du balancement et l’amplitude de mouvement des membres.
Le modèle d’apprentissage automatique développé dans cette étude a démontré une grande précision pour classer les foulées dans l’une des catégories (non-fatigue ou fatigue) au pas et au trot. Les chercheurs ont noté qu’un seul capteur sur le membre avant est nécessaire pour surveiller les indicateurs biomécaniques de fatigue.
Conclusions et pertinence
Les capteurs biomécaniques pourraient s’avérer un outil précieux pour les cavaliers, les entraîneurs et les officiels de compétition. La détection précoce de la fatigue chez les chevaux de compétition pourrait aider à optimiser l’entraînement et prévenir la fatigue excessive et les blessures.
Identification des seuils possibles pour les glucides non structuraux chez le cheval présentant une dysrégulation de l’insuline [15]
Identifying Possible Thresholds for Nonstructural Carbohydrates in the Insulin Dysregulated Horse
La réponse à l’insuline post-prandiale des chevaux bien documentée; celle-ci a été associée à un risque accru de laminite. Pour aider à atténuer ce risque, il est couramment recommandé de réduire la teneur totale en amidon et en sucre dans l’alimentation.
Cependant, la réponse à l’insuline en fonction des niveaux d’amidon et de sucre dans les repas demeure floue, mettant en évidence la nécessité d’étudier les seuils d’amidon et de sucre dans l’alimentation pour une gestion optimale de la santé.
Objectif et méthodologie
Cette étude visait à déterminer si les chevaux présentant une dysrégulation de l’insuline ont des seuils alimentaires spécifiques pour les sources pures d’amidon et de sucre, au-delà desquels leur réponse à l’insuline augmente considérablement.
Cet objectif a été réalisé en évaluant la réponse à l’insuline de 14 chevaux adultes (6 présentant une dysrégulation de l’insuline, 8 n’en ayant pas) sur huit traitements alimentaires différents dont la teneur en glucides solubles dans l’eau (GSE) et en amidon variait (GSE + amidon = glucides non structuraux (GNS)).
Les chevaux ont été nourris une fois avec chaque traitement alimentaire, à une quantité totale de 1 g/kg de poids corporel, composée de quantités croissantes de GSE et d’amidon. Du sang a été prélevé avant et après la consommation des repas pour analyser les concentrations d’insuline.
Résultats
Les réponses insuliniques des chevaux sans dysrégulation de l’insuline étaient considérablement plus faibles que celles des chevaux souffrant d’une dysrégulation. De plus, aucune différence significative n’a été constatée entre les régimes alimentaires chez les chevaux sains.
Les régimes de traitement avec GNS >0,1 g/kg de poids corporel ont entraîné une augmentation de la réponse insulinique chez les chevaux ayant une dysrégulation de l’insuline, par rapport au régime de contrôle à faible teneur en GNS.
Conclusions et pertinence
Les résultats antérieurs indiquent que la réduction de l’apport en amidon et en sucre peut limiter les réponses insuliniques postprandiales et réduire le risque de laminite chez les chevaux. La compréhension du seuil de GNS serait bénéfique dans la gestion alimentaire des chevaux souffrant de dysrégulation de l’insuline. Le présent essai a démontré que ces chevaux semblent avoir un seuil apparent de 0,1 g/kg de poids corporel/repas de GNS, au-delà duquel les réponses insuliniques augmentent considérablement.
Cependant, dans cet essai, des sources pures d’amidon et de sucre ont été ajoutées aux régimes. Par conséquent, ces résultats ne sont pas complètement transférables aux moulées commerciales pour chevaux qui utilisent des céréales ayant un taux de digestibilité différent. Des recherches supplémentaires devraient évaluer le seuil de GNS de divers aliments courants pour soutenir les recommandations alimentaires pour les chevaux souffrant de dysrégulation de l’insuline.
Les granulés de glucides pour évaluer la dysrégulation de l’insuline chez les chevaux [16]
Carbohydrate Pellets to Assess Insulin Dysregulation in Horses
La dysrégulation de l’insuline est généralement diagnostiquée par la réponse de l’insuline à une épreuve d’hyperglycémie provoquée par voie orale. Cependant, le type et la dose de glucose utilisés dans le test, ainsi que la facilité d’administration, la palatabilité et la répétabilité du test varient à l’échelle mondiale.
Objectif et méthodologie
Cette étude a évalué la palatabilité ainsi que les réponses de la glycémie et de l’insuline aux granulés de glucides administrés comme épreuve d’hyperglycémie provoquée par voie orale et a établi le seuil diagnostique de la dysrégulation de l’insuline (DI) lors de l’utilisation des granulés.
157 chevaux et poneys d’âges, de sexes, de races et d’états de santé métabolique variés ont été recrutés dans des cohortes réparties sur plusieurs sites d’étude. Tous les chevaux ont reçu un granulé glycémique personnalisé contenant 0,5 g de glucides solubles par kg de poids corporel à ingérer librement pendant une période de 10 minutes.
La palatabilité a été déterminée en mesurant la vitesse et la quantité de consommation et en enregistrant les signes d’aversion. Du sang a été prélevé avant et après la consommation (60, 120 et 180 minutes) pour analyser la concentration d’insuline et de glucose.
Résultats
Les granulés étaient appétissants pour 84,1 % des animaux testés, avec un temps moyen de consommation de quatre minutes, et ont été plus facilement acceptés par les poneys que par les chevaux. Les chevaux restants ont soit montré une aversion modérée pour les granulés, soit ils n’ont pas consommé une quantité adéquate dans le temps imparti.
En réponse à la consommation des granulés, la concentration médiane de glucose sanguin a atteint 6,6 mmol/L, tandis que les niveaux d’insuline sérique étaient de 40,5 mmol/L, les poneys ayant montré des réponses plus importantes que les chevaux. Les pics de glycémie et d’insuline sérique se sont produits à 120 minutes après la consommation des granulés.
Le seuil optimal à 120 minutes était de 83 uUI/ml pour le test utilisé pour mesurer l’insuline (IMMULITE 2000XPi).
Conclusions et pertinence
Le granulé glycémique testé dans la présente étude avait une palatabilité acceptable et a permis la détection de la DI à l’aide d’un seuil diagnostique pour la dysrégulation de l’insuline. Cela indique qu’il pourrait s’agir d’une source de glucides appropriée pour l’épreuve d’hyperglycémie provoquée par voie orale, en particulier pour les tests sur le terrain.
La supplémentation alimentaire en oligosaccharides réduit l’insuline plasmatique chez les hongres atteints du syndrome métabolique équin [17]
Oligosaccharide Feed Supplementation Reduces Plasma Insulin in Geldings with Equine Metabolic Syndrome
Un bilan énergétique positif et l’obésité sont courants chez les chevaux atteints du syndrome métabolique équin (SMÉ). Ils ont également été associés à une altération du microbiote intestinal et à une perméabilité intestinale accrue. Ces changements dans l’intestin entraînent éventuellement une augmentation de la concentration d’endotoxines, ce qui nuit à l’absorption du glucose par les cellules.
Les recherches indiquent qu’une augmentation des acides gras à chaîne courte (AGCC) peut influencer positivement le microbiote intestinal, renforcer la fonction de la barrière intestinale et entraîner des réponses glycémique et insulinique stables. Les AGCC sont produits lorsque des bactéries intestinales bénéfiques fermentent certains types de fibres alimentaires, telles que les oligosaccharides.
Pour cette raison, la supplémentation en oligosaccharides — un type de fibres prébiotiques — a suscité un intérêt en tant qu’outil de gestion alimentaire pour les chevaux atteints du SMÉ.
Objectif et méthodologie
L’objectif de cet essai était d’examiner les effets de la supplémentation en oligosaccharides (OS) sur la dysrégulation de l’insuline (DI) chez les chevaux diagnostiqués avec le SMÉ ou ayant un phénotype suggérant le SMÉ.
Quinze chevaux ont été assignés de manière aléatoire à deux groupes pour un essai croisé. Lors de la première période d’essai, les chevaux ont été nourris soit avec des OS, soit avec du carbonate de calcium (placebo). Après une période de sevrage de deux semaines, les chevaux ont reçu l’autre supplément alimentaire pendant la deuxième période.
Les OS utilisés étaient un supplément alimentaire prébiotique disponible sur le marché, composé d’un mélange exclusif d’oligosaccharides-mannanes et de fructo-oligosaccharides.
L’état métabolique de tous les chevaux a été évalué à l’aide d’un test de tolérance au sucre provoquée par voie orale quatre fois au cours de l’essai. Des échantillons de fèces ont également été collectés pour analyser la composition et la diversité du microbiote fécal.
Résultats
Dans cette étude portant uniquement sur des hongres, les OS ont considérablement réduit les concentrations d’insuline par rapport à la supplémentation placebo. La race ou l’âge n’ont eu aucune incidence sur l’effet des OS.
Les chevaux avec des concentrations d’insuline > 60 mUI/L ont présenté une diversité bactérienne sensiblement plus élevée par rapport à ceux avec Conclusions et pertinence
Des recherches précédentes suggéraient que le microbiote joue un rôle important dans la fonction de la barrière gastro-intestinale et les maladies métaboliques. Il a été démontré que la supplémentation alimentaire en oligosaccharides augmente la production d’acides gras à chaîne courte et entraîne des changements positifs dans le microbiote intestinal, avec une amélioration de la sensibilité à l’insuline.
De même, le présent essai a démontré une amélioration de la concentration en insuline chez les hongres ayant reçu un supplément d’oligosaccharides. Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer pourquoi certains chevaux ont bénéficié des OS tandis que d’autres non. De plus, la relation entre le microbiome intestinal, la réponse immunitaire et le métabolisme de l’insuline dans le cadre du SMÉ nécessite des études plus approfondies.
Étude longitudinale des effets à court et à long terme de l’hospitalisation et de l’administration orale de sulfadiazine-triméthoprime sur le microbiome fécal équin [18]
Longitudinal Study of the Short- and Long-Term Effects of Hospitalization and Oral Trimethoprim-Sulfadiazine Administration on the Equine Fecal Microbiome
Plusieurs facteurs environnementaux, dont le transport, l’hospitalisation et l’administration de médicaments, sont connus pour avoir un impact à court terme sur le microbiote intestinal équin. Cependant, peu d’informations sont disponibles sur l’effet à long terme de ces facteurs sur la santé animale et humaine.
Objectif et méthodologie
Cette étude avait pour objectif de caractériser les effets de l’hospitalisation et de l’administration de sulfadiazine-triméthoprime (un antibiotique à spectre large) sur le microbiote fécal et le résistome des poneys en bonne santé. Le résistome désigne l’ensemble des gènes de résistance aux antibiotiques dans un microbiote donné.
Six poneys Welsh cliniquement sains ont été transportés et hébergés dans un hôpital universitaire, où ils ont initialement été hospitalisés sans traitement pendant 7 jours.
Tous les poneys ont ensuite reçu un traitement oral de sulfadiazine-triméthoprime pendant cinq jours consécutifs avant d’être transportés vers leur ferme d’origine pour le reste de l’étude (6 mois). Des échantillons de selles ont été prélevés avant, pendant et après l’hospitalisation.
Résultats
Aucune différence dans la diversité microbienne n’a été constatée pendant les 7 premiers jours d’hospitalisation. Cependant, le traitement oral de sulfadiazine-triméthoprime administré pendant cinq jours a entraîné une réduction significative de la diversité microbienne.
La période où la composition du microbiote fécal semblait être la plus similaire à celle présente avant le traitement était deux semaines après l’arrêt du traitement antibiotique et la sortie de l’hôpital. Des différences significatives ont été observées dans certaines formes de diversité microbienne jusqu’à 6 mois après le traitement au sulfadiazine-triméthoprime, indiquant que la récupération du microbiote fécal n’a été que partielle pendant cette période.
Conclusions et pertinence
Dans cet essai, les voyages successifs, l’hospitalisation et le traitement oral au sulfadiazine-triméthoprime ont amené des changements rapides et durables du microbiote fécal équin. Cela confirme les recommandations vétérinaires actuelles qui mettent l’accent sur l’utilisation judicieuse des antimicrobiens pour minimiser les risques à long terme pour le cheval et la résistance potentielle aux antimicrobiens.
Effet de la supplémentation en fer alimentaire sur le microbiome fécal équin [19]
Effect of Dietary Iron Supplementation on the Equine Fecal Microbiome
Comme tous les organismes vivants, les bactéries dépendent du fer, car plusieurs facteurs de virulence et composants de réplication sont influencés par la disponibilité du fer pour un fonctionnement optimal. Il a été démontré que la supplémentation en fer affecte le microbiote de l’hôte chez l’humain, mais aucune recherche préalable n’a étudié l’impact potentiel sur le microbiote gastro-intestinal des chevaux.
Objectif et méthodologie
L’objectif de cet essai était de déterminer l’impact de la supplémentation en fer alimentaire sur la composition et la diversité du microbiote fécal des chevaux adultes.
Pendant une période de traitement de 15 jours, cinq chevaux ont reçu 720 ppm de fer (sulfate ferreux monohydraté) par jour, tandis que cinq autres ont reçu 320 ppm quotidiennement. Des échantillons fécaux ont été collectés avant et 5, 10, 15 et 30 jours après le début de la supplémentation.
Résultats
La supplémentation en fer alimentaire n’a pas modifié la composition globale du microbiote fécal, mais des différences mineures ont été observées dans les bactéries peu abondantes et la diversité après 15 jours de supplémentation.
Cependant, les deux groupes ont présenté des différences considérables dans la composition de la communauté du microbiote fécal entre les jours 5 et 10.
Conclusions et pertinence
Cette étude a conclu que la supplémentation en fer chez les chevaux peut affecter certains taxons bactériens ainsi que la diversité du microbiote fécal équin. Chez d’autres espèces, y compris les souris et les porcs, on a observé une réponse plus marquée à la supplémentation en fer que chez les chevaux de cette étude, ce qui pourrait être dû à un apport excessif de fer dans le régime alimentaire des chevaux avant le début de la supplémentation.
Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer l’effet de la supplémentation en fer à différentes doses et sur une période plus longue.
Influence d’un supplément probiotique/prébiotique sur les paramètres microbiens et métaboliques du liquide caecal ou de la bouillie fécale équine in vitro [20]
The Influence of a Probiotic/Prebiotic Supplement on Microbial and Metabolic Parameters of Equine cæcal Fluid or Fecal Slurry In Vitro
La combinaison de prébiotiques et probiotiques, aussi appelée symbiotiques, continue de susciter l’intérêt au sein de la communauté scientifique. Il y a un nombre croissant d’études sur leur influence potentielle sur la population microbienne de l’intestin postérieur équine pour favoriser la santé et prévenir les maladies.
Objectif et méthodologie
Les objectifs de cette étude étaient d’examiner les effets d’un supplément alimentaire symbiotique commercial pour chevaux sur les profils microbiens et métaboliques de l’inoculum cæcal maintenu dans un fermenteur chemostat par lot ou une chambre anaérobie, ainsi que sur l’inoculum fécal conservé dans une chambre anaérobie.
Cela a été réalisé en collectant les matières cæcales et fécales de 17 chevaux lors d’un essai précédent.
Le supplément synbiotique développé commercialement comprenait des prébiotiques et des probiotiques ainsi que des acides aminés, de l’amylase, des fibres bénéfiques, de la chicorée, du fenugrec, de la graine de lin, de la glucanase, de l’inuline, de la levure nutritionnelle et de la protéase.
Des récipients (n=11) contenant 500 ml de fluide cæcal et maintenus comme des fermenteurs par lot contenaient soit 0 g (témoin,) soit 0,44 g de supplément ajouté à 0, 12, 24 et 36 h.
Les chambres anaérobies étaient ajustées à 100 ml de fluide cæcal (n=15) ou 5 % de bouillie fécale (n=6), auquel soit 0 g (témoin), soit 0,356 g de supplément était ajouté lors de l’établissement.
Des échantillons de chaque récipient ont été prélevés lors de l’établissement (0), à 24 ou 48 h d’incubation et aliquotés en sous-échantillons. Le pH du récipient a également été enregistré au moment de l’échantillonnage. Des sous-échantillons ont été préparés pour les analyses du microbiome et des métabolites.
Résultats
Le traitement par supplément n’a eu aucun effet sur les mesures à 24 ou 48 h dans aucune des méthodes de fermentation.
L’acétate, le propionate et le butyrate (ou acides gras volatils; AGV) étaient les principaux sous-produits du métabolisme microbien et les principaux métabolites observés dans tous les échantillons. Ceux-ci étaient plus élevés dans les récipients traités par rapport aux récipients non traités, toutes méthodes confondues.
Conclusions et pertinence
Bien qu’aucune différence n’ait été observée dans la composition microbienne de l’inoculum cæcal ou fécal des chevaux, le supplément symbiotique semblait toutefois augmenter l’activité microbienne, comme le montre la production accrue d’AGV. Cela indique qu’il pourrait y avoir un effet prébiotique du supplément, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer les bienfaits lorsqu’il est administré directement aux chevaux.
Effets de la configuration des fers sur le mouvement de la phalange distale et de la boîte cornée des sabots de chevaux sains et atteints de laminite in-situ [21]
Shoe configuration effects on third phalanx and capsule motion of unaffected and laminitic equine hooves in-situ
La laminite est une affection courante chez les chevaux qui peut avoir des effets dévastateurs sur la santé et les performances du cheval.
L’un des piliers de la gestion de la laminite est le ferrage correctif pour soulager la pression sur les lamelles, les tissus sensibles qui maintiennent l’os du pied en place dans la boîte cornée du sabot. Cependant, davantage de recherches sur les types de fers les plus bénéfiques pour les cas de laminite sont nécessaires.
Objectif et méthodologie
Cette étude a examiné les effets de différents types de fers sur l’os du pied et ses structures adjacentes dans le sabot. Les chercheurs ont voulu voir quel type de fer serait le plus bénéfique pour les chevaux atteints de laminite.
16 membres de cadavre, 8 avec laminite et 8 sans, ont été collectés pour l’étude. Un maréchal-ferrant certifié a paré et nivelé chaque sabot et appliqué les différents types de fers étudiés dans le cadre de l’étude.
Après l’application des fers, chaque membre a subi des tests mécaniques qui ont mesuré la circonférence du sabot à deux endroits, la longueur des talons et des quartiers, ainsi que la largeur des talons à deux endroits.
Résultats
Les tests mécaniques ont montré que le déplacement de l’os du pied était plus important dans les sabots atteints de laminite sans fers ou avec des fers à talon ouvert (fers traditionnels). Les fers en œuf (ovales) et barrés en cœur, qui soutiennent le talon, ont réduit le mouvement de l’os du pied dans les membres atteints de laminite à un niveau similaire à celui des membres sains. Les fers barrés en cœur ont également diminué le pivot de l’os du pied vers la sole du sabot dans les sabots affectés.
Dans l’ensemble, les fers barrés en cœur ont fourni la plus grande stabilité pour les sabots présentant des changements liés à la laminite et ont empêché la rotation de l’os du pied loin de la paroi du sabot.
Conclusions et pertinence
Comprendre comment différents types de fers affectent l’os du pied pourrait avoir des implications importantes sur la manière dont les vétérinaires et les maréchaux-ferrants gèrent les cas de laminite. D’après cette étude, il semble que l’utilisation de fers barrés en cœur ou de fers en œuf puisse améliorer les résultats pour les chevaux atteints de laminite en réduisant le pivot et l’« enfoncement » de l’os du pied.
Des deux types, les fers barrés en cœur ont été les plus efficaces pour fournir une stabilité à l’os du pied et contrer les mouvements associés à la laminite.
Composition chimique des sabots de chevaux ayant des qualités fonctionnelles pour la compétition pieds nus [22]
Chemical composition of horse hooves with functional qualities for competing barefoot
Il y a un intérêt croissant pour la gestion pieds nus (sans fers) pour les chevaux de compétition, mais très peu d’informations sont disponibles sur ce qui permet à certains chevaux de performer pieds nus, tandis que d’autres ont besoin de fers.
L’étude des facteurs permettant aux chevaux de performer pieds nus peut améliorer les stratégies de gestion globales et soutenir la santé des sabots.
Objectif et méthodologie
Cette étude a examiné si certains composants chimiques du corne du sabot et du coussinet digital, le coussin adipeux à l’intérieur du sabot, affectaient la capacité des chevaux à performer sans fers.
Les chercheurs ont examiné les morceaux de sabots retirés lors du parage de chevaux trotteurs en compétition, ainsi que des membres de cadavres de trotteurs qui ont été euthanasiés pour des raisons autres que l’étude.
Les morceaux de sabots et les coussinets digitaux des chevaux participants à l’étude ont été soumis à une analyse chimique pour déterminer leur composition. Les chercheurs ont ensuite comparé la composition provenant des chevaux qui ont couru avec succès pieds nus avec ceux qui avaient besoin de fers pour performer correctement.
Résultats
Les chevaux de course non ferrés avaient tendance à présenter des concentrations plus faibles de cuivre dans la paroi du sabot et des concentrations plus élevées d’azote, de soufre et d’arginine. On a également observé une tendance pour des niveaux accrus de proline et de cystéine dans les parois des sabots des chevaux non pieds nus. La composition du coussin digital entre les chevaux pieds nus et les chevaux ferrés était similaire.
Conclusions et pertinence
D’après cette étude, il semble que les niveaux de cuivre, d’arginine, d’azote, de soufre, de cystéine et de proline puissent affecter la capacité des chevaux à performer pieds nus. Ces nutriments pourraient jouer un rôle important dans la qualité fonctionnelle de la boîte cornée du sabot chez les chevaux.
Des recherches supplémentaires sur le rôle de ces nutriments dans la formation de la boîte cornée du sabot ainsi que leur influence sur la performance des chevaux pieds nus sont nécessaires. Actuellement, la méthode d’évaluation chimique utilisée dans cette étude n’est pas pratique pour une utilisation répandue et il est possible qu’elle ne permette pas d’identifier de manière précise les chevaux capables de performer sans fers.
L’effet de l’inflammation aiguë de l’articulation temporomandibulaire équine sur la réponse à la tension des rênes et la cinématique [23]
La boiterie due aux rênes est une cause fréquente de mauvaise performance chez les chevaux montés, généralement sans cause identifiable. Certains cas de boiterie due aux rênes sont également associés à une vraie boiterie, bien que le lien entre ces problèmes soit inconnu.
L’investigation de la cause sous-jacente de la boiterie due aux rênes peut aider les propriétaires de chevaux à améliorer la performance de leurs chevaux et pourrait avoir un impact sur la santé musculosquelettique générale du cheval.
Objectif et méthodologie
Cette étude a cherché à savoir si l’arthrite de l’articulation temporomandibulaire (ATM), l’articulation entre la mâchoire et le crâne, était la cause de la « boiterie due aux rênes » chez les chevaux. La boiterie due aux rênes désigne les cas où les chevaux résistent au contact du mors d’un côté de la bouche, ou peuvent se sentir boiteux ou inconfortables lorsqu’ils sont montés dans une direction plutôt qu’une autre.
Pour étudier cette question, les chercheurs ont entraîné 5 chevaux à courir sur un tapis roulant et à accepter le contact avec la bride en utilisant de longues rênes. Des systèmes de mesure de la tension des rênes ont évalué la pression moyenne sur chaque rêne pendant le mouvement. Le clinicien tenant les longues rênes a également donné une opinion subjective sur la pression et l’acceptation du mors pour chaque rêne.
Après avoir déterminé les valeurs de référence, les chevaux ont reçu des injections aléatoires dans l’articulation temporomandibulaire pour induire une inflammation et simuler une arthrite articulaire. Les chevaux ont à nouveau couru sur sur le tapis roulant et les valeurs de chaque séances d’entraînement ont été comparées.
Résultats
Tous les chevaux ont montré une réduction de la pression des rênes du côté de la tête ayant reçu l’injection dans l’articulation temporomandibulaire. De plus, la rêne opposée nécessitait une pression accrue pour maintenir le cheval en ligne droite, ce qui suggère que le cheval évitait le contact avec la rêne affectée en courbant son corps pour s’éloigner de la pression.
Aucun des chevaux n’a montré de véritables signes de boiterie pendant l’évaluation.
Conclusions et pertinence
La boiterie due aux rênes est une cause importante de mauvaise performance chez les athlètes équins de haut niveau. D’après les résultats de cette étude, l’arthrite de l’articulation temporomandibulaire pourrait être la cause sous-jacente de ce syndrome. Des recherches plus approfondies sur l’impact de l’arthrite de l’ATM sur la biomécanique du cheval sont nécessaires.
Régénération du cartilage articulaire par les chondrocytes hyalins : étude de cas sur un modèle équin et résultats [24]
Articular Cartilage Regeneration by Hyaline Chondrocytes: A Case Study in Equine Model and Outcomes
L’arthrite est l’affection musculosquelettique la plus courante chez les chevaux; elle est fréquemment la raison derrière de mauvaises performances, une boiterie et une retraite précoce chez un cheval monté.
La plupart des thérapies actuelles pour l’arthrite visent uniquement à réduire l’inflammation et la douleur, sans traiter les lésions osseuses sous-jacentes causées par l’arthrite. De nouvelles thérapies régénératives sont à l’étude et semblent prometteuses pour améliorer la santé musculosquelettique équine.
Objectif et méthodologie
Les thérapies régénératives visent à stimuler la prolifération des cellules cartilagineuses pour restaurer la fonction normale d’une articulation arthritique. Ce rapport de cas a évalué les résultats à long terme d’une nouvelle thérapie régénérative pour l’arthrite équine.
Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé un échantillon de la trachée d’un cheval pour produire de grandes quantités de cellules souches en laboratoire. Ces cellules souches ont ensuite été injectées dans un site de lésion cartilagineuse chez le cheval.
Résultats
Huit mois après le traitement, les biopsies des tissus articulaires endommagés ont montré la guérison du cartilage, avec du tissu cartilagineux immature présent au site de la blessure initiale.
Après 13 mois, le cartilage avait un aspect mature avec une structure similaire à celle du cartilage normal entourant la zone blessée. Après 24 mois, le cartilage au site de la blessure était indiscernable du cartilage sain. De plus, le cheval était sain 24 mois après le traitement, sans boiterie accrue après un test de flexion.
Conclusions et pertinence
Le cartilage trachéal pourrait être un site idéal pour récolter des cellules souches cartilagineuses, en raison de sa relative facilité d’accès par rapport à d’autres sites de cellules souches.
Ce rapport de cas démontre le succès de la collecte d’échantillons trachéaux, de la prolifération des cellules souches cartilagineuses, de leur injection dans un site de blessure et de la guérison subséquente chez un cheval. Un examen plus approfondi de l’efficacité et de la viabilité de ce protocole de traitement est nécessaire, mais il pourrait s’agir d’une nouvelle thérapie régénérative prometteuse pour l’avenir.
La thérapie intra-articulaire des cellules mononucléaires de la moelle osseuse améliore la boiterie due à l’arthrite équine d’origine naturelle [25]
Intra-articular bone marrow mononuclear cell therapy improves lameness from naturally occurring equine osteoarthritis
La plupart des traitements existants pour l’arthrite équine reposent sur la réduction de l’inflammation et de la douleur via l’utilisation de médicaments corticostéroïdes. L’utilisation à long terme des corticostéroïdes présente un risque d’effets secondaires, y compris une réduction de la fonction du système immunitaire et un risque potentiel de laminite.
L’exploration de nouveaux traitements offrant un contrôle similaire de la douleur et de l’inflammation à celui des corticostéroïdes, mais sans les effets secondaires associés, pourrait grandement bénéficier aux chevaux à l’échelle mondiale.
Objectif et méthodologie
Cette étude a examiné l’utilisation de cellules mononucléaires de la moelle osseuse (CMMO) comme traitement potentiel pour l’arthrite chez les chevaux. Des études en médecine humaine montrent que les CMMO favorisent la réparation des tissus et réduisent l’inflammation dans les zones affectées par l’arthrite, ce qui entraîne moins de douleur et une amélioration de la fonction de l’articulation.
Pour évaluer l’efficacité des CMMO comme traitement de l’arthrite chez les chevaux, les chercheurs ont divisé au hasard 19 chevaux en 3 groupes de traitement : un groupe recevant un sérum physiologique (solution saline), un groupe ou les CMMO étaient utilisées et un groupe de traitement traditionnel de l’arthrite.
Les chevaux ont été évalués pour leur boiterie à 7 et 21 jours après une injection articulaire avec les différents traitements. Des échantillons de liquide articulaire ont également été prélevés pour évaluation.
Résultats
Les chevaux ayant reçu des injections de CMMO ont montré une diminution de la circonférence de l’articulation par rapport aux chevaux traités au sérum salin. Ils ont également présenté des scores de boiterie significativement améliorés par rapport aux chevaux ayant reçu le sérum physiologique. Le liquide articulaire contenait également des niveaux plus élevés de protéines anti-inflammatoires chez les chevaux traités par CMMO.
Aucun effet secondaire n’a été rapporté suite à l’injection de CMMO dans l’articulation.
Conclusions et pertinence
Cette étude a montré que l’injection de CMMO pourrait être un traitement viable pour gérer les symptômes de l’arthrite chez les chevaux. Les chevaux ont montré une réduction de la boiterie et de l’enflure articulaire après le traitement, sans effets secondaires signalés.
En se basant sur des études en médecine humaine, le traitement par CMMO pourrait avoir des effets plus durables que les thérapies traditionnelles pour l’arthrite, ce qui pourrait être bénéfique pour les chevaux en réduisant la fréquence des injections articulaires.
Développement d’un score de condition musculaire équine [26]
Development of an Equine Muscle Condition Score
Chez les humains et les chevaux, la masse musculaire a été liée à des facteurs tels que la performance, le risque de blessure et la guérison après une maladie.
Bien que des systèmes validés et fiables ont été développés pour évaluer la note d’état de chair, l’évaluation de la condition musculaire n’est pas aussi bien étudiée ni standardisée.
Le développement d’un système de notation de la condition musculaire standardisé, validé et facilement applicable pourrait permettre de déterminer plus facilement si les chevaux sont suffisamment musclés.
Cela pourrait faciliter un meilleur suivi des changements de la condition musculaire au fil du temps, ainsi que l’évaluation de l’atrophie musculaire en cas de vieillissement ou de maladie.
Objectif et méthodologie
L’objectif de cette étude était de développer un système de notation de la condition musculaire fiable, reproductible et facilement applicable à utiliser par les soigneurs équins.
L’étude se composait de deux parties distinctes :
- La vérification par échographie montrant que divers groupes musculaires diffèrent en taille entre les chevaux ayant des niveaux d’entraînement variés
- Le développement et la validation d’un système de notation de la condition musculaire pouvant être appliqué sans l’utilisation d’équipements coûteux
Résultats
L’évaluation échographique de la taille musculaire a été effectuée plusieurs fois sur deux chevaux, et s’est avérée reproductible.
La masse musculaire des muscles multifidus (chaîne dorsale), longissimus dorsi (chaîne dorsale), gluteus medius (croupe), semitendinosus (fessier) et tensor fasciae latae (cuisse) était corrélée à la hauteur du cheval, son âge, la taille d’autres muscles et son niveau d’entraînement.
Un système de notation de la condition musculaire en cinq points a été développé en fonction de l’évaluation de sept zones corporelles différentes. Le système de notation a été corrélé aux mesures de la masse musculaire obtenues par échographie pour les scores de 2 à 4. Aucun cheval observé ne présentait un score de condition musculaire de 1, et un seul cheval présentait un score de condition musculaire de cinq.
Conclusions et pertinence
Malgré les limites liées au fait d’avoir basé l’étude sur une population de chevaux très similaires, en bonne santé et provenant d’une seule et même race, la recherche a produit un système de notation de la condition musculaire rapide et fiable, accompagné d’instructions et d’illustrations détaillées.
Le système de notation qui en résulte peut être validé davantage dans différentes classes de chevaux, et éventuellement utilisé pour optimiser les performances, évaluer le bien-être et aider à la détection précoce des maladies musculaires.
Quatre semaines d’exercice sur tapis roulant aquatique incliné peuvent contribuer à augmenter le profil musculaire épaxial chez les chevaux [27]
Four Weeks of Incline Water Treadmill Exercise Can Contribute to Increased Epaxial Muscle Profile in Horses
Bien que l’entraînement sur tapis roulant aquatique soit devenu plus populaire, il existe peu d’études de recherche qui examinent les effets à long terme de cette forme d’exercice chez les chevaux, en particulier en ce qui concerne le développement des muscles au niveau de la chaîne dorsale.
Les études à court terme existantes suggèrent que l’entraînement sur tapis roulant aquatique entraîne l’engagement des muscles du cou et du dos, une flexion au niveau de la région lombaire et une augmentation de l’activité musculaire des muscles de la chaîne dorsale.
Objectif & Méthodologie
L’objectif de cette étude était de déterminer comment quatre semaines d’entraînement sur tapis roulant aquatique incliné influencent le développement des muscles de la chaîne dorsale des chevaux.
Six chevaux de performance sains et ne présentant pas de boiterie, habitués à l’entraînement sur tapis roulant aquatique, ont été étudiés pendant quatre semaines. Les chevaux n’ont pas reçu d’autre entraînement durant l’étude, à l’exception de 5 à 20 minutes de marche en main quotidienne.
Les chevaux ont complété un total de 24 séances d’entraînement sur tapis roulant aquatique durant la période d’étude. Les séances d’entraînement duraient 15 minutes chacune, effectuées au pas. Le niveau d’eau, l’inclinaison et la vitesse du tapis roulant ont été maintenus constants tout au long de l’étude.
Un kit d’ajustement de selle avec une règle flexible a été utilisé pour évaluer la taille des muscles de la chaîne dorsale avant le début de l’entraînement ainsi qu’à la fin de chaque semaine.
Résultats
Des augmentations du profil musculaire le long du dos ont été observées à plusieurs endroits mesurés dès la troisième semaine, avec des augmentations supplémentaires notées à plusieurs endroits mesurés entre la troisième et la quatrième semaine.
Ces résultats sont similaires à d’autres recherches récentes montrant une augmentation du profil musculaire épaxial après 20 semaines d’entraînement sur tapis roulant aquatique, bien que des améliorations aient été observées plus tôt dans cette étude. Les auteurs émettent l’hypothèse que l’exercice sur un tapis roulant incliné, plutôt que sur un tapis roulant à plat, pourrait avoir contribué à l’augmentation du taux de développement musculaire.
Conclusions et pertinence
Cette étude a démontré que l’exercice répété sur un tapis roulant aquatique incliné a influencé positivement le développement des muscles de la chaîne dorsale.
Ces résultats suggèrent que l’entraînement contre résistance sous forme de tapis roulants aquatiques est une intervention efficace et à faible impact qui peut être utilisée pour améliorer la musculature du dos.
Des recherches futures aideront à déterminer lequel, de l’entraînement incliné ou de l’entraînement dans l’eau, a l’impact le plus important, ou si la combinaison des deux pratiques produit un effet synergique.
Un paysage génomique des ARNm, miARN, lncARN et circARN des muscles squelettiques pendant la restriction alimentaire chez les chevaux mongols [28]
A genome-wide landscape of mRNAs, miRNAs, lncRNAs, and circRNAs of skeletal muscles during dietary restriction in Mongolian horses
Les chevaux d’endurance mongols reçoivent souvent un régime alimentaire restreint pendant l’entraînement. Chez les humains, les pratiques de restriction alimentaire, telles que le jeûne à court terme, peuvent améliorer la synthèse des protéines musculaires en réponse à l’entraînement contre résistance, stimuler la production d’hormone de croissance et améliorer l’endurance.
Cependant, l’impact de ces pratiques sur les différents types de fibres musculaires n’a pas été examiné. Cela est notable, car les humains et les chevaux ont trois types principaux de fibres musculaires, chacun ayant des capacités uniques de production de force, de métabolisme énergétique et d’endurance. Des changements dans les proportions de ces types de fibres musculaires peuvent influencer la façon dont le muscle fonctionne lors de différentes activités.
De plus, l’impact de la restriction alimentaire sur la santé musculaire des chevaux a jusqu’à maintenant reçu très peu d’attention.
Objectif et méthodologie
L’objectif de cette étude était de déterminer comment la restriction alimentaire affecte les signaux dans le muscle liés à la construction musculaire, ainsi que les changements dans les types de fibres musculaires du muscle fessier (gluteus medius).
Six chevaux mongols à l’entretien ont été nourris avec un régime alimentaire uniquement à base de foin. La quantité de foin fournie a été réduite de 20 % chaque semaine pendant quatre semaines.
Il convient de noter que l’apport initial était fixé à 5 % du poids corporel par jour, ce qui représente la limite supérieure de l’apport en fourrage volontaire pour les chevaux, bien au-dessus de la fourchette typique de 2 à 3 % du poids corporel en matière sèche par jour.
Au bout de quatre semaines, les chevaux ont reçu environ 2 % de leur poids corporel par jour en matière sèche.
Une biopsie musculaire a été réalisée avant et après huit semaines de restriction alimentaire pour mesurer la proportion de chaque type de fibre musculaire, ainsi que les signaux liés à la construction musculaire grâce à une analyse transcriptomique des voies de signalisation de l’ADN et de l’ARNm dans les cellules musculaires.
Résultats
Les chercheurs ont noté des changements dans le type de fibres musculaires à la suite de la restriction alimentaire, mais les résultats ont varié considérablement entre les chevaux et n’étaient pas significativement différents entre les groupes.
La restriction alimentaire a provoqué un changement important dans le transcriptome des chevaux observés, notamment une diminution du nombre de signaux liés à la contraction musculaire, au métabolisme énergétique, à l’équilibre protéique et aux gènes liés au maintien des fibres musculaires à contraction rapide utilisées pour la puissance explosive.
Conclusions et pertinence
Dans l’ensemble, une restriction alimentaire de quatre semaines (de 5 % du poids corporel à 2 % du poids corporel) semble avoir un impact sur les signaux liés à l’entretien musculaire et au métabolisme. Cependant, l’analyse transcriptomique suggère qu’elle pourrait avoir un impact négatif sur l’équilibre protéique, en particulier pour les types de fibres musculaires rapides.
De futures recherches pourront se concentrer sur la manière dont ces changements affectent la santé et les performances musculaires sur des périodes plus longues et en réponse à un entraînement d’endurance.
L’apport en foin traité à la vapeur ou trempé influence la consommation d’eau et la préférence comparé au foin sec [29]
Feeding steamed or soaked hay affects water intake and preference compared to dry hay
Les problèmes respiratoires ne sont pas rares chez les chevaux au box, où la circulation d’air peut être limité et le foin est la principale source de fourrage.
Tremper ou traiter le foin à la vapeur peut réduire la quantité de poussière et autres particules étrangères dans l’air, ce qui soulage quelque peu les symptômes respiratoires.
Toutefois, comme l’on constaté de nombreux propriétaires de chevaux souffrant de problèmes respiratoires, ce ne sont pas tous les chevaux qui aiment manger du foin traité à la vapeur ou trempé. De plus, peu de recherches ont été menées pour déterminer si le traitement à la vapeur ou le trempage influence la quantité d’eau et de fourrage consommée par les chevaux.
Objectif et méthodologie
L’objectif de cette étude était de déterminer si le traitement à la vapeur ou le trempage du foin influençaient la consommation de foin et d’eau, et si les chevaux préféraient le foin sec, trempé ou traité à la vapeur.
Six chevaux ont reçu chacun trois régimes alimentaires différents composés de 1,3 % de leur poids corporel en foin sec, trempé ou traité à la vapeur. Chaque régime a été administré pendant cinq jours, après quoi les chevaux ont eu une période de « sevrage » de deux jours et ont passé au régime suivant. La consommation d’eau et de foin a été mesurée quotidiennement.
Dans une étude se penchant sur la préférence, les chevaux ont reçu simultanément 1 kg de chaque type de foin, et leur consommation de chaque type a été enregistrée.
Résultats
Les chevaux ont bu plus d’eau lorsqu’ils ont été nourris avec du foin sec par rapport à lorsqu’ils ont été nourris avec du foin trempé. De plus, plus ils mangeaient de foin, plus ils buvaient d’eau.
Bien que les chevaux n’aient pas consommé davantage d’un type de foin qu’un autre, ils ont consommé moins de foin le premier jour où on leur a offert un nouveau type de foin.
Lorsque le foin était traité à la vapeur, les chevaux ont mangé moins après une période d’adaptation qu’avant leur adaptation au régime. L’inverse était vrai pour le foin trempé : les chevaux mangeaient plus de foin trempé après s’être adaptés à un régime de foin trempé.
Conclusions et pertinence
Le trempage du foin augmente la consommation d’eau pendant la recherche de nourriture, ce qui signifie que les chevaux peuvent boire moins lorsqu’ils mangent du foin trempé.
Bien qu’il n’y ait pas eu de préférence claire pour le foin sec, traité à la vapeur ou trempé dans cette étude, les résultats ont révélé que l’adaptation des chevaux au foin traité à la vapeur ou trempé est un facteur important pour s’assurer qu’ils continuent à consommer suffisamment de fourrage.
Effets d’une variation de 15° de flexion de la nuque lors de la monte sur les systèmes respiratoires et le comportement des chevaux de dressage et de saut d’obstacles de haut niveau [30]
Effects of a 15° Variation in Poll Flexion during Riding on the Respiratory Systems and Behaviour of High-Level Dressage and Show-Jumping Horses
Dans la nature, les chevaux ont tendance à allonger leur tête et leur cou à mesure qu’ils augmentent leur vitesse. Cela raidit leur trachée et réduit le risque d’affaissement des voies respiratoires supérieures.
Lorsqu’ils sont montés, surtout dans les disciplines du dressage et du saut d’obstacles, nous demandons souvent aux chevaux de plier leur cou, ce qui fléchit et rétrécit les structures des voies respiratoires supérieures et augmente le risque d’affaissement des voies respiratoires supérieures.
En raison de l’inconfort physique et mental causé par la difficulté à respirer, les chevaux peuvent devenir résistants aux signaux, ou à l’entraînement et au maniement en général.
Ainsi, une flexion excessive lors de la monte implique des problèmes respiratoires, comportementaux et de bien-être potentiels qui n’ont pas été étudiés en profondeur.
Objectif et méthodologie
Dans cette étude, les chercheurs ont voulu déterminer si une augmentation de la flexion au niveau de la nuque entraînait des changements dans la fonction respiratoire et le comportement.
Vingt chevaux de dressage de haut niveau et vingt chevaux de saut d’obstacles de niveau moyen ont subi deux tests d’exercice – l’un avec un angle de flexion de la nuque de 85 degrés (moins de flexion), et l’autre avec un angle de flexion de la nuque de 100 degrés (plus de flexion).
Les comportements conflictuels ont été enregistrés par des cliniciens, une endoscopie dynamique a été réalisée pendant les cinq dernières minutes du galop dans chaque test, et les fréquences cardiaque et respiratoire ont été mesurées avant et après chaque test d’exercice.
Enfin, des échantillons de sang ont été prélevés pour mesurer des facteurs tels que la quantité d’oxygène, de dioxyde de carbone, et de lactate dans le sang.
L’endoscopie dynamique a permis aux chercheurs d’observer la fréquence des anomalies dans la structure et l’apparence du larynx et de l’épiglotte dans la gorge.
Résultats
Avec une plus grande flexion, les chevaux ont présenté davantage de comportements conflictuels tels que des balancements de queue, des secouements de tête, ainsi que des mouvements de la bouche et de la mâchoire. En comparaison, les chevaux à qui on a demandé une flexion moindre ont montré des comportements plus détendus, comme des mouvements des oreilles et des oreilles pointées vers l’avant.
Avec des flexions plus importantes, les chevaux ont également présenté plus d’anomalies dans les voies respiratoires supérieures, une pression pleurale plus élevée (pression dans l’espace entourant les poumons), ainsi qu’un diamètre pharyngé plus faible (taille du pharynx, qui relie la cavité nasale à la trachée).
Conclusions et pertinence
L’augmentation de la flexion de la nuque de 15 degrés a eu un effet négatif sur le comportement et la fonction respiratoire des chevaux de dressage et de saut d’obstacles.
Il est important de privilégier une flexion de la nuque moins importante lors de la monte, afin de favoriser des résultats d’entraînement positifs, la santé respiratoire et le bien-être des chevaux.
Les chevaux sévèrement asthmatiques vivant dans un climat méditerranéen excrètent un nombre d’œufs de parasites nettement inférieur à celui de leurs congénères de ferme sains [31]
Severely Asthmatic Horses Residing in a Mediterranean Climate Shed a Significantly Lower Number of Parasite Eggs Compared to Healthy Farm Mates
Dans les études portant sur les humains, on a observé que les individus souffrant d’allergies avaient un nombre de parasites inférieur à celui de leurs homologues en bonne santé. Dans deux familles spécifiques de chevaux présentant une prévalence élevée d’asthme équin, une relation similaire avec la charge parasitaire a été observée.
Cette relation est intrigante, et deux théories principales ont été proposées pour l’expliquer :
- L’avantage évolutif : une protection intrinsèque contre les parasites intestinaux a évolué chez certains individus et la base génétique commune de cette protection et les maladies allergiques a entraîné un risque accru d’allergies chez les individus présentant cette adaptation
- L’hypothèse hygiénique : une exposition moindre aux bactéries et aux parasites en raison des normes d’hygiène modernes a conduit à une perte de la régulation immunitaire ainsi qu’à une réponse plus rapide et plus sensible à l’inflammation des voies respiratoires et aux infections parasitaires
Cependant, des recherches récentes menées sur des souris ont démontré que lorsque les mères étaient enceintes au plus fort d’une infection parasitaire, cela empêchait le développement de l’asthme chez leurs petits. Cela suggère une relation intime entre l’infection parasitaire et la protection contre les parasites qui ne serait pas strictement d’origine génétique.
Bien que les preuves soient limitées pour étayer l’idée que l’asthme et les allergies sont associés à une résistance aux parasites, aucune recherche n’a été menée pour déterminer si cela est vrai dans la population équine au sens large.
Objectif et méthodologie
Les chercheurs ont voulu déterminer s’il existe une relation inverse entre l’asthme sévère et la charge parasitaire.
Quarante chevaux non apparentés – vingt avec de l’asthme sévère et vingt témoins sains – ont été évalués pour leur nombre d’œufs fécaux et l’identification des parasites.
Résultats
60% des chevaux étudiés ont montré un nombre positif d’œufs fécaux. Bien qu’on n’ait pas trouvé de différence significative dans les types de parasites identifiés dans chaque groupe, les chevaux souffrant d’asthme sévère avaient un nombre d’œufs parasitaires inférieur dans leurs selles par rapport à leurs homologues sains.
Conclusions et pertinence
Bien que cette recherche confirme une relation entre l’asthme sévère et la résistance aux parasites, on ne sait toujours pas pourquoi cette relation existe.
De futures recherches aideront à déterminer si l’infection parasitaire procure en effet une protection contre l’asthme, en plus d’offrir un aperçu des mécanismes par lesquels les individus asthmatiques peuvent avoir une résistance intrinsèque aux parasites.
L’année 2023 a été marquée par de nouvelles avancées dans le domaine de la science équine. Bon nombre des découvertes faites auront un impact sur la manière dont nous nourrissons, gérons et soignons nos chevaux. D’autres aideront à orienter les futures pistes de recherche qui amélioreront éventuellement la santé, le bien-être et les performances de nos chevaux.
Cet échantillon restreint d’articles scientifiques évalués par les pairs est un excellent exemple de la recherche fondée sur des preuves que nous utilisons pour formuler nos recommandations ici chez Mad Barn. Nous incorporons continuellement les avancées de chacun de ces domaines afin de mieux soutenir les chevaux et leurs propriétaires.
Y a-t-il un sujet de recherche sur les sciences équines publié en 2023 qui, selon vous, mérite une place sur cette liste? Partagez les études qui ont attiré votre attention dans les commentaires ci-dessous pour nous aider à faire connaître des recherches percutantes que chaque propriétaire de cheval et praticien équin devrait connaître.
Références
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