L’alimentation naturelle du cheval est composée de fourrages riches en fibres, mais relativement pauvres en matières grasses. Cependant, la supplémentation en gras est devenue de plus en plus populaire pour différents types de chevaux, qu’il s’agisse d’athlètes équins nécessitant d’énergie supplémentaire ou de chevaux métaboliques bénéficiant d’une alimentation pauvre en amidon.
L’ajout de gras à l’alimentation de votre cheval peut aider à favoriser un pelage brillant et fournir des calories sans rendre votre cheval réactif ou trop énergique (ce qu’on appelle en anglais cool calories). De plus, les sources de matières grasses riches en acides gras oméga-3 ont des effets anti-inflammatoires, qui peuvent soutenir la santé des articulations et des voies respiratoires.
Les chevaux peuvent digérer et absorber des quantités relativement importantes de gras lorsque ces derniers sont incorporés adéquatement dans leur alimentation. Cependant, il n’est pas toujours évident de savoir comment choisir les meilleures sources de matières grasses, de déterminer les quantités appropriées et de les introduire progressivement pour éviter les troubles digestifs.
Le présent article examine le rôle des matières grasses dans l’alimentation équine, leurs bienfaits, les sources adéquates en contenant, ainsi que la manière sûre de les intégrer dans le programme alimentaire d’un cheval. Si vous envisagez de donner un supplément de gras à votre cheval, poursuivez votre lecture pour tout savoir sur le sujet.
Lipides dans l’alimentation équine
Les matières grasses, aussi appellées gras ou lipides, sont un macronutriment essentiel que l’on retrouve naturellement dans les fourrages, les céréales et les huiles. Les lipides alimentaires jouent un rôle important dans l’alimentation équine, car ils interviennent dans de nombreuses fonctions corporelles, notamment : [1][2]
- La production d’énergie : les gras sont la source d’énergie la plus concentrée, fournissant 9 calories par gramme. Les cellules décomposent les matières grasses pour produire de l’énergie, en particulier lorsque les glucides comme le glucose sont moins disponibles.
- L’isolation et la protection : les lipides sont stockés dans de nombreux tissus corporels, y compris les tissus adipeux sous-cutanés (sous la peau), ce qui fournit une isolation qui aide le cheval à réguler sa température corporelle. Les lipides stockés autour des organes vitaux, comme les reins, protègent également contre les dommages physiques.
- La production d’hormones : les hormones stéroïdes telles que l’œstrogène et la testostérone sont fabriquées à partir de cholestérol, un type de lipide.
- La structure cellulaire : les membranes cellulaires sont constituées de gras, ce qui rend les lipides essentiels à la construction et au maintien de ces structures.
- L’absorption des nutriments : les gras alimentaires facilitent l’absorption des vitamines liposolubles (A, D, E et K) dans le sang.
Bien que les matières grasses jouent de nombreux rôles importants dans l’organisme des chevaux, ceux-ci n’ont pas de besoins nutritionnels spécifiques en ce qui a trait aux lipides. Les fourrages, qui constituent la majeure partie de l’alimentation équine, sont naturellement pauvres en lipides, contenant généralement entre 2 et 4 % de gras. Cette quantité est suffisante pour la plupart des chevaux.
Cependant, il existe des cas où l’ajout de matières grasses à l’alimentation peut être avantageux, notamment pour les chevaux de performance qui font du travail intense, les juments gestantes ayant des besoins énergétiques élevés, ou les chevaux devant éviter un excès de glucides hydrolysables (GH) dans leur alimentation.
Les recherches sur la supplémentation en lipides et en huiles pour les chevaux démontrent également de nombreux bienfaits fonctionnels. La supplémentation en lipides peut être utilisée pour favoriser la prise de poids, l’état de la peau et du pelage, la santé des articulations, la santé intestinale, les performances physiques, la fonction respiratoire, la santé reproductive ainsi qu’un tempérament équilibré.
La plupart des chevaux tolèrent bien l’ajout de gras à leur alimentation, à condition que ceux-ci soient introduits progressivement et qu’ils soient équilibrés par rapport au reste de leur alimentation.
Types de lipides
Avant de choisir une source de matières grasses à ajouter au régime alimentaire de votre cheval, il est important de comprendre les différents types de lipides et d’acides gras disponibles ainsi que leurs rôles dans la nutrition équine.
En général, les lipides sont composés d’acides gras liés à un squelette moléculaire. Les acides gras sont des chaînes d’atomes de carbone, d’hydrogène et d’oxygène qui diffèrent en longueur et en saturation (teneur en hydrogène).
Les lipides présents dans les fourrages et les céréales sont un mélange de lipides simples et complexes, notamment : [1]
- Les glycolipides : acides gras liés à un glucide, comme le galactose
- Les phospholipides : composants importants de la membrane cellulaire des plantes
- Les diglycérides et triglycérides : deux (di-) ou trois (tri-) acides gras liés à une molécule de glycérol
- Les cires : lipides composés d’acides gras à chaîne longue présents à la surface externe des cellules végétales
- Les stérols : composés lipidiques similaires au cholestérol
Les suppléments de lipides et les huiles donnés aux chevaux sont principalement composés de triglycérides, avec des types spécifiques d’acides gras qui varient selon la source. [1]
Acides gras
Les acides gras diffèrent par leur longueur et leur teneur en hydrogène, ce qui donne lieu à des classifications variées décrivant leur structure.
De plus, les acides gras sont caractérisés comme à chaîne courte, moyenne ou longue, ce qui fait référence à leur longueur, et saturés, monoinsaturés ou polyinsaturés pour indiquer leur teneur en hydrogène.
Cette classification permet d’expliquer les fonctions et les effets distincts de ces acides gras dans le corps du cheval.
Chaîne courte, moyenne et longue
Les acides gras à chaîne courte (AGCC) sont des acides gras comprenant moins de huit atomes de carbone. Les AGCC de deux à quatre atomes carbones sont également appelés acides gras volatils (AGV). Ceux-ci sont principalement produits par la fermentation des fibres par des bactéries bénéfiques dans l’intestin postérieur du cheval.
Les AGV sont facilement absorbés et constituent une source d’énergie importante pour les chevaux, en particulier ceux nourris avec un régime à base de fourrage.
Les trois principaux acides gras volatils produits par les microbes de l’intestin postérieur sont :
- L’acétate (2 carbones) : sert de source d’énergie immédiate pour les muscles et autres tissus
- Le propionate (3 carbones) : converti en glucose par le foie, ce qui aide à maintenir les niveaux de sucre dans le sang et à répondre aux besoins énergétiques
- Le butyrate (4 carbones) : fournit de l’énergie aux cellules qui tapissent le tube digestif, soutenant ainsi la santé intestinale
Les acides gras à chaîne courte ne sont généralement pas ajoutés directement aux régimes équins, mais sont produits et absorbés dans l’intestin postérieur.
Les acides gras à chaîne moyenne (AGCM) sont des acides gras dont la chaîne contient de 8 à 12 atomes de carbone. Contrairement aux acides gras plus longs, ceux-ci peuvent être directement absorbés dans le sang sans transformation supplémentaire par les cellules intestinales.
Cela en fait une source rapide d’énergie, car ces acides gras contournent les étapes habituelles requises pour la digestion des lipides et se dirigent directement vers le foie pour une utilisation immédiate.
L’huile de coco ou l’huile de palmiste sont riches en acides gras à chaîne moyenne, parfois appelés triglycérides à chaîne moyenne (TCM).
Les acides gras à chaîne longue (AGCL) comportent généralement entre 12 et 24 atomes de carbone. Ces acides gras sont trop volumineux pour être directement absorbés par les intestins. Ils sont donc transformés dans les cellules intestinales, où ils sont réassemblés en triglycérides et regroupés dans des structures plus grandes appelées chylomicrons, qui transportent les lipides dans tout le corps.
La plupart des huiles végétales, telles que l’huile de canola ou l’huile de tournesol, sont riches en acides gras à chaîne longue. Les acides gras oméga-3, l’acide docosahexaénoïque (DHA) et l’acide eicosapentaénoïque (EPA), sont des exemples d’acides gras à chaîne longue.
Gras saturés et insaturés
Une autre distinction clé entre les types de matières grasses réside dans le fait qu’elles soient saturées ou insaturées. Les acides gras sont classés comme saturés ou insaturés en fonction de leur teneur en hydrogène, selon la présence ou non de liaisons doubles dans leurs chaînes d’acides gras.
Les acides gras saturés ne possèdent pas de liaisons doubles, ce qui signifie que chaque atome de carbone de leur structure est « saturé » par le nombre maximal possible d’atomes d’hydrogène.
Les acides gras insaturés possèdent quant à eux une ou plusieurs liaisons doubles dans leur chaîne carbonée et moins d’atomes d’hydrogène dans leur structure.
Cette distinction affecte la structure, la stabilité et la fonction des lipides, les gras saturés étant généralement solides à température ambiante (77 °F ou 25 °C), tandis que les gras insaturés sont généralement liquides. Par exemple, le beurre est riche en gras saturés, tandis que l’huile végétale est riche en gras insaturés.
La plupart des matières grasses ajoutées à l’alimentation des chevaux contiennent principalement des acides gras insaturés. Cependant, certaines huiles, comme l’huile de coco et l’huile de palme, font exception en raison de leur teneur élevée en acides gras saturés.
Oméga-3, oméga-6 et oméga-9
Une autre distinction importante entre les divers types d’acides gras réside dans les différences entre les acides gras oméga-3, oméga-6 et oméga-9. Les acides gras oméga sont des gras insaturés, ce qui signifie qu’ils possèdent une ou plusieurs liaisons doubles entre les atomes de carbone dans leur structure moléculaire.
Le terme « oméga » indique la position de la première liaison double en comptant à partir de l’extrémité méthyle (oméga) de la chaîne d’acides gras :
- Les acides gras oméga-3 possèdent leur première liaison double au troisième atome de carbone depuis l’extrémité oméga.
- Les acides gras oméga-6 possèdent leur première liaison double au sixième atome de carbone depuis l’extrémité oméga.
- Les acides gras oméga-9 possèdent leur première liaison double au neuvième atome de carbone depuis l’extrémité oméga.
La position de la liaison double (au troisième, sixième ou neuvième atome de carbone) influence la manière dont le corps métabolise et utilise ces lipides.
Alimentation équine
Le principal acide gras oméga-3 dans l’alimentation des chevaux est l’acide alpha-linolénique (ALA), un acide gras à 18 carbones possédant trois liaisons doubles. Les chevaux consomment également des acides gras oméga-6, le plus répandu étant l’acide linoléique (LA), un acide gras à 18 carbones avec deux liaisons doubles.
Les fourrages, tels que les herbes et le foin, constituent une bonne source d’oméga-3 en fournissant de l’acide alpha-linolénique, tandis que les céréales contiennent des niveaux plus élevés d’acide linoléique, un acide gras oméga-6. Par conséquent, les chevaux nourris avec une alimentation riche en céréales consomment généralement plus d’acides gras oméga-6 par rapport aux oméga-3, contrairement à ceux ayant une alimentation principalement à base de fourrage.
Fonctions dans l’organisme
Les chevaux utilisent les acides gras oméga ALA et LA pour synthétiser des acides gras polyinsaturés à chaîne plus longue, qui sont incorporés dans les membranes cellulaires et influencent leur fluidité et leur réactivité.
Les acides gras synthétisés à partir de l’acide alpha-linolénique oméga-3 incluent :
- L’acide eicosapentaénoïque (EPA)
- L’acide docosahexaénoïque (DHA)
Les acides gras synthétisés à partir de l’acide linoléique oméga-6 incluent :
- L’acide dihomo-gamma-linolénique (DGLA)
- L’acide arachidonique (AA)
Réponse inflammatoire
En plus de leur rôle dans la fonction des membranes cellulaires, ces dérivés à chaîne longue peuvent être oxydés pour produire des éicosanoïdes, des molécules de signalisation qui influencent l’inflammation, la réponse immunitaire, la dilatation et la constriction des vaisseaux sanguins, ainsi que la coagulation.
Les éicosanoïdes dérivés de l’acide arachidonique (AA) (un acide gras oméga-6) ont tendance à promouvoir les réponses inflammatoires, qui sont essentielles pour la réaction initiale du corps à une blessure ou une infection. En revanche, les éicosanoïdes dérivés de l’acide eicosapentaénoïque (EPA) (un acide gras oméga-3) interviennent dans la résorption de l’inflammation.
C’est pourquoi les oméga-3 sont considérés comme anti-inflammatoires, tandis que les oméga-6 sont pro-inflammatoires. Les acides gras oméga-9 sont généralement neutres, car ils ne participent pas directement à la signalisation inflammatoire.
Le maintien d’un équilibre entre les oméga-6 pro-inflammatoires et les oméga-3 anti-inflammatoires est essentiel pour une régulation saine de l’inflammation, permettant au corps du cheval de répondre efficacement aux blessures et infections sans engendrer une inflammation chronique.
Supplémentation en oméga-3
De nombreux propriétaires de chevaux reconnaissent les bienfaits de l’ajout d’acides gras oméga-3 à l’alimentation de leurs chevaux. Cependant, peu réalisent que tous les oméga-3 n’ont pas tous les mêmes avantages.
Les différents types d’oméga-3 varient en structure et en fonction, ce qui entraîne des niveaux d’efficacité variables en ce qui a trait aux bienfaits spécifiques pour la santé.
L’acide alpha-linolénique (ALA), l’oméga-3 présent dans les fourrages l’huile de lin et l’huile de caméline, sert principalement de précurseur à d’autres oméga-3 ayant une activité biologique plus élevée. [1] L’ALA a peu d’effet direct sur les voies inflammatoires, car il doit être converti en d’autres acides gras pour exercer des effets notables. Cependant, cette conversion est inefficace, les mammifères ne convertissant qu’environ 8 à 10 % de l’ALA en EPA. [3]
En revanche, l’acide eicosapentaénoïque (EPA) et l’acide docosahexaénoïque (DHA) sont des précurseurs directs des éicosanoïdes et d’autres molécules de signalisation jouant un rôle dans la régulation de l’inflammation. L’administration directe de ces acides gras oméga-3 est plus efficace pour soutenir la santé articulaire, la fonction respiratoire, la santé reproductive ainsi que d’autres bienfaits.
Les meilleures sources de DHA et d’EPA dans l’alimentation équine sont les huiles d’origine marine, comme l’huile de poisson ou l’huile de microalgues. L’huile w-3 de Mad Barn est enrichi en DHA de microalgues pour soutenir une régulation homéostatique saine de l’inflammation.
Digestion et absorption des lipides
Avant d’augmenter la teneur en matières grasses dans l’alimentation de votre cheval, il est utile de comprendre comment elles sont transformées par le système digestif du cheval.
La digestion des lipides chez les chevaux se déroule en trois phases : [1]
- La digestion mécanique dans la bouche et l’estomac
- La digestion enzymatique dans l’estomac
- La conversion en une forme soluble dans les intestins
Bouche et estomac
La digestion mécanique est le processus de décomposition de grosses gouttelettes lipidiques (matières grasses) en particules plus petites pour faciliter leur digestion. Ce processus commence lorsque le cheval mâche la nourriture dans sa bouche et se poursuit avec le brassage des aliments dans l’estomac. [1]
La digestion enzymatique débute dans l’estomac grâce à une enzyme appelée lipase gastrique, qui commence à décomposer les triglycérides en acides gras plus simples. [1]
La présence d’acides gras libres libérés par la lipase gastrique peut aider à initier d’autres processus digestifs dans l’intestin grêle tels que : [1]
- La libération d’hormones gastro-intestinales
- La sécrétion de cholécystokinine
- La libération de bile et d’enzymes pancréatiques stimulée par la cholécystokinine
Intestin grêle
Les lipides arrivant dans l’intestin grêle depuis l’estomac sont neutralisés et décomposés par la bile et le suc pancréatique. [1]
Contrairement aux humains et à de nombreuses autres espèces, les chevaux n’ont pas de vésicule biliaire pour stocker la bile destinée à être libérée lors de la consommation de repas riches en lipides. Au lieu de cela, la bile est sécrétée en continu par le foie du cheval. [1]
Les sels biliaires enrobent les gouttelettes lipidiques et contribuent à augmenter leur surface pour permettre une action plus efficace de l’enzyme lipase. [1]
La lipase pancréatique sépare les acides gras des triglycérides, produisant ainsi deux acides gras libres et un monoacylglycérol. [1] L’action de la lipase est également facilitée par la colipase – une protéine qui aide à ancrer la lipase à la surface des gouttelettes lipidiques. [1]
L’action combinée de ces enzymes et cofacteurs aboutit à la formation de micelles mixtes. Ces structures comprennent une couche externe composée de : [1]
- Acides biliaires
- Monoacylglycérol
- Lysophospholipides
L’intérieur des micelles mixtes contient : [1]
- Des acides gras non estérifiés
- Du cholestérol
- Des vitamines liposolubles (c.-à-d. A, D, E et K)
Les micelles mixtes transportent les acides gras vers les cellules de la paroi de l’intestin grêle, où elles sont absorbées et réassemblées en triglycérides et en phospholipides que le cheval peut utiliser. [1]
Ces triglycérides sont ensuite regroupés en lipoprotéines et libérés dans la circulation sanguine pour être distribués aux tissus à travers le corps, fournissant une source d’énergie et soutenant diverses fonctions corporelles.
Lipides dans l’intestin postérieur
Les matières grasses qui ne sont pas digérées et absorbées dans l’intestin grêle continuent leur chemin vers l’intestin postérieur, où elles sont finalement excrétées dans les excréments. [1]
Un crottin de cheval avec une teneur élevée en matières grasses peut paraître gris ou grisâtre, ou les boules fécales bien formées peuvent avoir une surface externe brillante. [1] Cela pourrait indiquer qu’il faut réduire la teneur en gras de l’alimentation. Consultez votre vétérinaire si la qualité du crottin de votre cheval change soudainement.
Un excès de lipides atteignant l’intestin postérieur peut perturber la digestion microbienne des fibres, soit en enrobant les fibres et en les rendant inaccessibles aux microbes, soit en exerçant des effets antimicrobiens qui perturbent la population microbienne essentielle à la digestion. [1]
Digestibilité des lipides
Bien que les chevaux ne soient pas adaptés pour digérer et absorber de grandes quantités de lipides, ils s’adaptent facilement à une augmentation des matières grasses dans leur alimentation si elle est introduite progressivement. [1]
La digestibilité des lipides varie selon la source et la quantité incluse dans l’alimentation. Voici l’estimation du niveau de digestibilité des matières grasses pour différents types d’aliments : [4]
- 55 % pour les fourrages
- 81 % pour les régimes mixtes à base de foin et de céréales avec lipides ajoutés
- 95 % pour les lipides ajoutés seuls
La faible digestibilité des lipides dans les fourrages s’explique probablement par le fait que les lipides des plantes sont contenus dans les parois cellulaires, qui sont principalement décomposées dans l’intestin postérieur. [1]
Cela signifie qu’une grande partie des matières grasses des fourrages n’est pas disponible pour la digestion et l’absorption dans l’intestin grêle, où la majeure partie de l’absorption des gras a lieu. Au lieu de cela, elle passe dans l’intestin postérieur pour finalement excrétée dans le crottin.
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Sources de matières grasses
La teneur en matières grasses dans l’alimentation d’un cheval peut varier considérablement en fonction des aliments qu’il mange. Les fourrages, comme le foin et les herbes des pâturages, contiennent généralement 2 à 4 % de lipides, et les céréales contiennent généralement entre 2 et 5 % de lipides.
En revanche, les graines de soja grillées contiennent environ 20 % de lipides, les graines de lin environ 40 %, et les huiles contiennent presque 100 % de matières grasses. Les moulées commerciales peuvent également contenir de 5 à 14 % de lipides, selon la formulation spécifique et l’utilisation prévue. Les moulées pour les chevaux de haute performance ou celles destinées à la prise de poids sont généralement formulées avec une teneur en lipides plus élevée pour augmenter la densité calorique.
Ces différences permettent une certaine flexibilité dans la formulation du régime alimentaire, permettant aux propriétaires de chevaux d’ajuster l’apport en lipides en fonction des besoins énergétiques et de santé spécifiques de leurs chevaux.
Bien qu’il existe de nombreuses façons d’augmenter la teneur en lipides dans l’alimentation de votre cheval, la plupart des propriétaires le font en ajoutant des huiles ou des aliments riches en gras comme le son de riz, les graines de lin ou la farine de soja.
Huiles pour chevaux
L’ajout d’huiles à l’alimentation de votre cheval est l’une des façons les plus simples d’augmenter l’apport en gras. Toutes les huiles sont composées à presque 100 % de gras et fournissent la même teneur calorique — environ 9 calories par gramme. Cependant, les types d’acides gras dans chaque huile varient, ce qui influence leurs bienfaits spécifiques pour la santé des chevaux.
Les suppléments d’huile couramment utilisés pour les chevaux incluent : [1]
- L’huile w-3
- L’huile de caméline
- L’huile de canola
- L’huile de coco
- L’huile de maïs
- Les graines de coton
- L’huile de lin
- L’huile de poisson
- L’huile de chanvre
- L’huile d’olive
- L’huile de palme
- L’huile d’arachide
- L’huile de son de riz
- L’huile de carthame
- L’huile de tournesol
- L’huile de soja
- L’huile végétale
Pour les chevaux qui n’aiment pas la texture ou le goût des huiles, il existe également plusieurs suppléments de gras séché. Ces produits contiennent généralement entre 40 et 100 % de matières grasses et constituent une alternative pratique pour fournir des calories supplémentaires provenant des lipides aux chevaux qui ne consomment pas d’huile.
Ingrédients à haute teneur en matières grasses
En plus des huiles, certaines matières premières courantes ont également une teneur élevée en lipides, notamment : [1]
- Le son de riz
- Les graines de lin
- Les graines de soja entières
- Les graines de tournesol
Certaines moulées commerciales sont également formulées pour fournir une teneur élevée en matières grasses. Ces moulées contiennent généralement entre 5 et 14 % de matières grasses brutes. [1]
Fourrages
Les fourrages ont généralement une faible teneur en matières grasses, mais comme ils constituent la plus grande partie de l’alimentation équine, ils peuvent tout de même contribuer à un pourcentage non négligeable de l’apport global en acides gras.
Pour déterminer la teneur exacte en matières grasses du fourrage de votre cheval, vous devez soumettre un échantillon de foin pour une analyse.
Un rapport d’analyse de foin indique la teneur en matières grasses sous forme d’extrait éthéré ou de matières grasses brutes. Cependant, cette mesure inclut des cires et des pigments qui ne sont pas de véritables lipides, de sorte que la teneur réelle en matières grasses du foin sec est généralement d’environ 80 à 90 % de la valeur d’extrait éthéré rapportée.
Besoins et carences
Les chevaux n’ont pas un besoin alimentaire strict en matières grasses. En tant qu’herbivores, ils ont évolué avec une alimentation naturellement pauvre en lipides et peuvent en obtenir suffisamment à partir des fourrages seuls.
Pour cette raison, il n’existe pas de besoin quotidien défini en lipides pour les chevaux. Cependant, les gras sont un macronutriment essentiel et un régime totalement dépourvu de lipides entraînerait des problèmes de santé au fil du temps, en raison du besoin en acides gras essentiels — des acides gras spécifiques qui doivent être fournis par l’alimentation, car les chevaux ne peuvent pas les synthétiser eux-mêmes.
Bien que des symptômes de carence en acides gras essentiels n’aient pas été observés chez les chevaux, même avec un très faible apport en lipides, d’autres espèces présentent des signes de carence tels qu’une peau et un pelage secs et une perte de poils. [5]
Actuellement, le seul besoin établi en acides gras essentiels pour les chevaux concerne l’acide linoléique (un acide gras oméga-6). L’apport recommandé en acide linoléique est de 0,5 % de la matière sèche ingérée, soit environ 50 grammes (1,8 oz) par jour pour un cheval moyen de 500 kg (1 100 lb) à l’entretien ou à l’exercice léger. Ce besoin est généralement comblé par des fourrages de bonne qualité. [6]
Il n’existe pas de besoin défini pour l’acide gras oméga-3 alpha-linolénique (ALA). Cependant, les chevaux qui paissent dans des pâturages d’herbes typiques consomment normalement une quantité suffisante d’ALA. [1]
Bienfaits des lipides dans l’alimentation équine
Les recherches ont démontré de nombreux bienfaits liés à une augmentation modérée de l’apport en lipides dans l’alimentation équine.
Les matières grasses représentent une source d’énergie concentrée, offrant plus du double des calories par gramme par rapport aux glucides. Cette densité énergétique élevée fait des lipides une source d’énergie idéale pour les chevaux ayant des besoins caloriques accrus. [1]
En plus de leur rôle comme source d’énergie, les régimes riches en lipides sont associés à divers bienfaits fonctionnels pour la santé des chevaux, incluant une meilleure qualité de la peau et du pelage, une amélioration de la santé métabolique, des performances physiques accrues, un soutien des articulations, une protection contre les ulcères gastriques et une régulation de l’humeur.
Densité énergétique
Par rapport aux sources de calories riches en amidon comme l’avoine et le maïs, les sources de lipides offrent une densité énergétique nettement plus élevée. Voici quelques exemples : [7]
- Huile végétale : 9,2 Mcal/kg
- Maïs : 3,9 Mcal/kg
- Avoine : 3,3 Mcal/kg
La densité énergétique élevée des lipides permet d’augmenter considérablement l’apport calorique avec une petite quantité de nourriture supplémentaire. Cela est particulièrement utile pour les chevaux ayant besoin de prendre du poids sans augmenter l’apport alimentaire global.
De plus, les gras sont hautement digestibles et facilement absorbés dans le tractus gastro-intestinal, ce qui en fait une source de calories efficace pour les chevaux.
Alternative au sucre et à l’amidon
Traditionnellement, les chevaux nécessitant plus d’énergie recevaient des moulées à base de céréales pour augmenter leur apport calorique. Ces moulées fournissent généralement des calories provenant de glucides hydrolysables, comme le sucre et l’amidon.
Toutefois, il est nécessaire d’ajouter ce type de calories avec précaution afin d’éviter les risques métaboliques et digestifs associés à un apport excessif en ces nutriments.
Les régimes riches en amidon augmentent le risque de syndrome des ulcères gastriques équins (SUGE) et peuvent entraîner des problèmes de fermentation dans l’intestin postérieur. [8][9] Ces risques peuvent être réduits en remplaçant les aliments riches en amidon par des calories provenant des lipides et des fibres. [10]
Le remplacement des moulées à base de sucre et d’amidon par des lipides et des fibres entraîne également des réponses glycémique et insulinique plus faibles après les repas, ce qui fait des régimes riches en lipides une option adaptée aux chevaux ayant des problèmes métaboliques. [11][12]
Les gras offrent ainsi une source de calories qui est non seulement plus dense en énergie que le sucre et l’amidon, mais également moins susceptible de contribuer à des problèmes digestifs et métaboliques lorsqu’elle est introduite progressivement.
Réactivité réduite
Il a été démontré que les chevaux nourris avec des régimes à base de céréales riches en amidon présentent une réactivité accrue ou, parfois, un comportement surexcité. Cela pourrait être lié à des changements induits par les céréales dans la composition du microbiome de l’intestin postérieur. [13]
En revanche, il a été démontré que les régimes dans lesquels on remplace une partie du sucre et de l’amidon par des sources de lipides réduisent le stress au repos et contribuent à diminuer le réflexe de sursaut. [14]
Chez les jeunes chevaux, une alimentation riche en gras au lieu d’un régime riche en sucre et en amidon a entraîné des réponses comportementales positives, notamment : [15]
- Des galops moins fréquents
- Plus de temps passé à explorer de nouveaux objets
- Moins de temps passé à s’éloigner de nouvelles personnes
- Moins de temps nécessaire pour effectuer des tests de maniement
Ces résultats suggèrent que les régimes riches en matières grasses peuvent aider à réduire l’excitabilité et promouvoir un comportement calme chez les chevaux.
Performance à l’exercice
Outre le fait de favoriser un comportement calme, le remplacement d’une partie de l’amidon et du sucre par des lipides dans les régimes alimentaires des chevaux de performance présente plusieurs autres avantages : [14][16][17][18][19]
- Réduit la chaleur produite pendant la digestion et le métabolisme, facilitant ainsi la dissipation de la chaleur générée par l’exercice
- Épargne du glycogène pour fournir suffisamment d’énergie pour un exercice prolongé
- Améliore les performances – certaines études ont noté un retard de la fatigue, une réduction de la fréquence cardiaque et respiratoire, ainsi que des temps de course plus rapides
- Réduit le risque de crampes musculaires chez les chevaux souffrant de rhabdomyolyse d’effort récurrente
Santé intestinale
Certaines preuves indiquent que la supplémentation en lipides soutient la santé gastrique, réduisant l’incidence et la gravité des ulcères gastriques. Cela pourrait être dû au remplacement de l’amidon et des sucres connus pour favoriser les lésions gastriques, par des lipides qui recouvrent la paroi de l’estomac pour la protéger des effets nocifs de l’acide gastrique, ou par les effets bénéfiques d’acides gras spécifiques.
Plus précisément, une étude a démontré que l’huile de maïs a un effet protecteur contre les ulcères gastriques, mais elle n’a eu aucun effet sur les ulcères dans la région squameuse. [20][21]
Bienfaits des acides gras oméga-3
Bien que toutes les sources de gras offrent une source dense de calories, les acides gras oméga-3 offrent des bienfaits uniques par rapport aux autres matières grasses alimentaires. Les oméga-3 jouent un rôle important dans la régulation des voies inflammatoires dans le corps du cheval.
La supplémentation en acides gras oméga-3 DHA et EPA peut favoriser la régulation homéostatique de l’inflammation, la fonction articulaire, la santé respiratoire et la qualité du pelage.
Régulation inflammatoire
Les acides gras oméga-3 DHA et EPA aident le corps à maintenir une réponse inflammatoire saine et équilibrée, ce qui peut avoir des implications positives pour divers systèmes physiologiques.
Plusieurs chercheurs ont étudié les effets de la supplémentation en DHA et EPA sur les marqueurs de l’inflammation chez les chevaux. Ces études utilisent généralement de l’huile de poisson (riche en DHA et EPA) et la comparent à une huile végétale comme l’huile de maïs (qui contient de l’ALA) ou à une situation où aucune huile n’est ajoutée.
Comme l’ALA doit être converti en DHA et EPA pour influencer la régulation de l’inflammation, et que ce processus est limité chez les mammifères, on s’attend à ce que le DHA et l’EPA aient des effets plus significatifs sur les marqueurs anti-inflammatoires que l’ALA.
Il a été démontré que la supplémentation en DHA et EPA réduit le prostaglandine E2 et le facteur de nécrose tumorale alpha (TNFa), deux molécules de signalisation qui régulent l’inflammation. Cette réduction des marqueurs inflammatoires a été observée chez les chevaux atteints d’arthrite et du syndrome métabolique. [22][23]
Bien que certaines études montrent les bienfaits de l’huile de lin (riche en ALA) sur des lésions cutanées induites par un extrait de Culcoides et la coagulation induite par les endotoxines, d’autres ne montrent aucune différence entre l’huile de lin et l’huile de maïs (riche en LA) sur l’inflammation ou les lésions. [24][25][26]
Dans l’ensemble, ces résultats suggèrent que les oméga-3 DHA et EPA sont plus efficaces pour soutenir une réponse inflammatoire équilibrée par rapport à l’ALA.
Santé articulaire
Les études examinant la réponse inflammatoire et des tissus articulaires aux acides gras oméga-3 ont montré des résultats prometteurs.
Dans une étude, la supplémentation en DHA a amélioré les marqueurs inflammatoires chez les chevaux atteints d’arthrite, bien qu’elle n’ait pas eu d’impact sur le port de poids. Cependant, dans une autre étude, on a constaté que la supplémentation en DHA améliorait la longueur de la foulée, ce qui indique des bienfaits possibles pour la fonction articulaire et la mobilité. [22][27]
Dans une autre étude, des chevaux sans maladie articulaire ont reçu soit un supplément d’origine marine (contenant de l’EPA et du DHA), soit de l’huile de lin, soit aucun supplément. Après 90 jours, les chevaux ayant reçu le supplément d’origine marine présentaient des niveaux de prostaglandine E2 dans leur liquide synovial — un marqueur de l’inflammation — qui avaient tendance à diminuer, par rapport aux autres groupes. [28]
Ces résultats suggèrent que les acides gras oméga-3, en particulier ceux dérivés de sources marines, peuvent soutenir la santé articulaire en réduisant l’inflammation et en améliorant la mobilité.
Santé respiratoire
La supplémentation en acides gras oméga-3 pourrait également être bénéfique pour les chevaux souffrant de pathologies respiratoires, comme l’emphysème (également appelé asthme équin ou obstruction récurrente des voies respiratoires), qui implique une inflammation chronique des voies respiratoires.
Des études montrent que la supplémentation en DHA peut soutenir la santé respiratoire en maintenant la régulation des voies inflammatoires. Après la supplémentation en DHA, les chevaux ont montré une amélioration de la fonction pulmonaire et de leur score de toux, ainsi qu’une diminution des neutrophiles — un type de globules blancs indiquant l’activation du système immunitaire.
Qualité du pelage
Les huiles et les lipides aident à produire le sébum, une substance cireuse qui garde le pelage brillant et agit comme une barrière contre les irritants externes. L’augmentation de la teneur en lipides dans l’alimentation permettra d’obtenir cet effet. [29]
Cependant, il est possible que la supplémentation en oméga-3 ait un plus grand impact sur la qualité du pelage. Dans une étude, un ratio plus élevé d’oméga-3 par rapport aux oméga-6 était associé à un pelage plus lustré et plus lisse chez les chevaux. [30]
Considérations relatives à l’alimentation
Les lipides sont une source riche en calories et offrent des bienfaits supplémentaires pour la santé équine. Cependant, il existe des facteurs clés à prendre en compte lors de l’ajout de gras à l’alimentation de votre cheval.
1. Incorporer les lipides lentement à l’alimentation
Lorsque vous ajoutez de l’huile ou un aliment riche en lipides dans l’alimentation de votre cheval, commencez progressivement. Pour les huiles, commencez par 30 mL (1 oz) et augmentez de 15 mL (1/2 oz) tous les trois à quatre jours jusqu’à atteindre la quantité cible.
Pour les aliments riches en lipides, commencez à 25 % du taux d’alimentation souhaité et augmentez la quantité tous les trois à quatre jours. Cette approche progressive aide le système digestif du cheval à s’adapter aux lipides ajoutés.
2. Surveiller les excréments
Lorsque vous augmentez la teneur en lipides dans l’alimentation de votre cheval, surveillez de près ses excréments et leur consistance.
Une introduction trop rapide des lipides peut surcharger le système digestif, permettant à l’excès de gras d’atteindre le cæcum. Cela peut perturber les populations microbiennes et nuire à la digestion des fibres.
Si vous observez l’un des signes suivants, réduisez temporairement la quantité d’huile ou de lipides, puis réintroduisez-les à un rythme plus lent une fois que la consistance des selles redevient normale : [1]
- Des boules fécales bien formées avec une surface externe brillante
- Une apparence grasse ou grisâtre
- Des selles plus molles ou plus fréquentes
Si les changements dans la qualité des selles ne s’améliorent pas, consultez votre vétérinaire.
3. Surveiller l’état de chair
Les lipides sont très denses en calories; un apport trop important en gras peut entraîner une prise de poids indésirable. Avant d’ajouter des lipides à l’alimentation de votre cheval, notez sa cote de chair et continuez à la surveiller toutes les quelques semaines.
Si la prise de poids devient excessive, consultez un nutritionniste équin pour ajuster l’alimentation en conséquence.
4. Travailler avec un nutritionniste
Un nutritionniste équin qualifié peut vous aider à déterminer la bonne quantité et le type de lipides à donner à votre cheval en fonction de ses besoins individuels, de son niveau d’activité et de son état de santé.
Pour la plupart des chevaux, les lipides et les fibres sont préférés aux amidons et aux sucres comme sources d’énergie en raison de leurs effets plus favorables sur la fonction digestive et la santé métabolique.
Cependant, les chevaux de course et certains athlètes équins qui font un travail très intense ont encore besoin de céréales comme source d’amidon et de sucres pour reconstituer leurs réserves d’énergie. [31]
Un nutritionniste équin peut vous aider à trouver le bon équilibre entre les diverses sources d’énergie dans le régime alimentaire afin d’optimiser les performances de votre cheval.
Questions fréquemment posées
Voici les réponses aux questions courantes que les propriétaires de chevaux posent au sujet de l’ajout de lipides et d’huiles :
Ajouter des lipides à l’alimentation d’un cheval est une façon d’augmenter l’apport calorique sans dépendre de grandes quantités d’amidon et de sucre. Les lipides fournissent des « calories froides » concentrées qui peuvent soutenir la prise de poids, les besoins énergétiques liés à la performance et les chevaux présentant des troubles métaboliques qui nécessitent des régimes à plus faible teneur en amidon. Les lipides peuvent aussi favoriser la brillance du pelage en augmentant les huiles naturelles de la peau. [1]
Oui, les chevaux peuvent digérer et absorber les lipides alimentaires même s’ils n’ont pas de vésicule biliaire. Au lieu d’entreposer la bile, le foie du cheval libère la bile de façon continue dans l’intestin grêle, ce qui permet une digestion efficace des lipides. Les chevaux peuvent s’adapter à un apport plus élevé en lipides avec le temps, mais les lipides doivent être introduits graduellement. Donner trop de lipides trop rapidement peut dépasser la capacité digestive, permettant à l’excès de lipides d’atteindre l’intestin postérieur et d’interférer avec la fermentation des fibres. Des changements comme un crottin gras ou plus mou peuvent indiquer que l’apport en lipides est trop élevé. [1]
La meilleure source de lipides dépend de l’objectif. Les huiles sont presque à 100 % lipides et constituent une façon efficace d’ajouter des calories. Les options courantes incluent l’huile de canola, de soya, de tournesol, de lin ou de caméline. Des aliments riches en lipides comme le son de riz, la graine de lin et les fèves de soya entières peuvent aussi augmenter la teneur en lipides de la ration tout en apportant d’autres nutriments. [1]
Les lipides oméga-3 influencent la signalisation inflammatoire et peuvent soutenir la santé des articulations et des voies respiratoires. Les huiles végétales comme le lin et la caméline fournissent de l’ALA, qui doit être converti en EPA et en DHA, et cette conversion est limitée chez les mammifères. Les huiles d’origine marine et les huiles de microalgues fournissent directement de l’EPA et/ou du DHA, qui sont plus actifs biologiquement pour réguler l’inflammation. [3]
La quantité d’huile appropriée à donner à votre cheval dépend de son poids corporel, de sa charge de travail et de vos objectifs nutritionnels. L’huile doit toujours être introduite graduellement, en commençant à environ 30 mL (1 oz) par jour et en augmentant tous les quelques jours tout en surveillant la consistance du crottin et l’état corporel. Pour un cheval moyen de 500 kg (1 100 lb) qui est maigre et doit prendre du poids, l’apport peut être augmenté jusqu’à 250 mL (8 oz) par jour lorsque cela est fait graduellement et sous la supervision d’un vétérinaire ou d’un nutritionniste équin. Les taux d’alimentation doivent être ajustés si des signes de troubles digestifs ou une prise de poids excessive surviennent. [1]
Les lipides sont considérés comme des « calories froides » parce qu’ils fournissent une énergie concentrée sans provoquer les augmentations rapides de la glycémie et de l’insuline associées aux aliments riches en amidon ou en sucre. Lorsque les lipides remplacent une partie des céréales dans la ration, l’énergie est fournie de manière plus stable, ce qui peut aider à réduire l’excitabilité ou le comportement « chaud » chez certains chevaux. Cet effet est le plus évident lorsque les lipides et les fibres sont utilisés à la place de l’amidon, plutôt que de simplement ajouter des lipides par-dessus une ration déjà très énergétique. [13][14]
Les chevaux peuvent consommer un excès de lipides si ceux-ci sont ajoutés trop rapidement ou donnés en quantités qui dépassent leur capacité à les digérer et à les utiliser. Les signes d’un apport trop élevé en lipides incluent un crottin à l’apparence grasse ou grisâtre, des boulettes fécales avec un lustre huileux, un crottin plus mou et une prise de poids non intentionnelle. Ces signes indiquent que la digestion des lipides est incomplète ou que l’apport calorique total est trop élevé. Réduire le niveau de lipides et les réintroduire plus graduellement, tout en équilibrant l’alimentation globale, peut aider à rétablir une digestion normale. [1]
La meilleure façon de faire prendre du poids à un cheval est de commencer par une approche axée d’abord sur les fourrages, puis d’ajouter des calories sous une forme contrôlée et digestible. Les chevaux devraient avoir un accès constant à du foin de bonne qualité ou à un pâturage, car les fourrages soutiennent la santé intestinale et permettent d’augmenter l’ingestion de façon sécuritaire. Si des calories supplémentaires sont nécessaires, privilégiez les lipides et les sources de fibres hautement fermentescibles comme les huiles, la pulpe de betterave ou la luzerne plutôt que de grandes quantités de céréales. Les lipides fournissent des calories concentrées sans augmenter l’amidon et le sucre, réduisant le risque de troubles digestifs. Tout changement alimentaire doit être introduit graduellement, et l’état corporel doit être surveillé régulièrement afin de s’assurer que la prise de poids est régulière et saine.
Résumé
Bien que les chevaux n'aient pas de besoins nutritionnels spécifiques en lipides, l'ajout de gras à l'alimentation peut favoriser certains bienfaits pour la santé, incluant l'amélioration de la qualité du pelage, de la santé métabolique, de la fonction digestive, et plus encore. Les matières grasses sont une source dense de calories et sont utiles pour les chevaux ayant des besoins énergétiques plus élevés ou ceux qui doivent prendre du poids.
- Bien que les chevaux ne consomment pas naturellement une alimentation riche en lipides, ils peuvent s'adapter pour digérer et absorber efficacement un apport accru en lipides lorsque ceux-ci sont incorporés progressivement dans leur alimentation
- Les fourrages ont une teneur relativement faible en lipides, mais ils sont généralement une bonne source de l'acide gras oméga-3 essentiel alpha-linolénique (ALA)
- Le remplacement d'une partie des moulées à base de céréales par des suppléments de gras peut aider à réduire la teneur en sucre et en amidon du régime alimentaire, améliorant potentiellement l'excitabilité, la régulation de la glycémie et la santé de l'intestin postérieur
- Les lipides peuvent être intégrés sous diverses formes dans le régime alimentaire, y compris les huiles, les suppléments de gras séchés et les aliments riches en gras. Consultez un nutritionniste pour déterminer le moyen le plus efficace d'ajouter des lipides tout en maintenant un régime équilibré
- Les suppléments de lipides contenant les acides gras oméga-3 EPA et DHA apportent des bienfaits supplémentaires pour la santé articulaire, la fonction respiratoire et la régulation homéostatique normale de l'inflammation
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