La manipulation de l’œstrus consiste à modifier le cours naturel du cycle reproducteur de la jument afin de soutenir les objectifs d’un programme d’élevage. Il s’agit d’une technique couramment utilisée par de nombreux éleveurs et vétérinaires spécialisés en reproduction.
Les éleveurs peuvent choisir de manipuler le cycle œstral afin d’allonger la durée de la saison de reproduction, d’optimiser les chances de gestation après l’insémination, ou encore de synchroniser plusieurs juments pour des techniques de reproduction avancées. La plupart des stratégies de manipulation de l’œstrus impliquent l’administration d’hormones.
Les éleveurs manipulent fréquemment le cycle d’une jument afin d’avoir des poulains nés plus près du 1er janvier et pour offrir davantage de temps aux juments souffrant d’hypofertilité afin qu’elles deviennent gestantes au cours de la saison de reproduction.
On pense qu’un poulain qui naît plus près du 1er janvier aura certains avantages dans les compétitions liées à l’âge, telles que le Kentucky Derby pour les Pur-sang de 3 ans.
Les méthodes permettant de prolonger la saison de reproduction incluent une combinaison de programmes d’éclairage artificiel et l’administration de médicaments tels que des antagonistes de la dopamine, des progestatifs ou la gonadolibérine.
La mise en œuvre de techniques efficaces de manipulation de l’œstrus peut optimiser les résultats d’élevage, assurant la production de poulains en meilleure santé ou plus compétitifs ainsi qu’une amélioration de l’efficacité reproductive des juments.
Manipulation du cycle reproducteur d’une jument
La manipulation des cycles œstraux ou des « cycles de chaleur » désigne l’altération intentionnelle du cycle reproducteur naturel d’une jument. Chez les chevaux, la manipulation de l’œstrus implique généralement l’utilisation d’un éclairage artificiel ou l’administration d’hormones pour modifier la saison de reproduction.
Un contrôle accru du cycle œstral d’une poulinière offre divers avantages tels que : [1]
- La possibilité de faire en sorte que le cycle des juments débute plus tôt dans l’année afin que les poulains naissent aussi près que possible du 1er janvier
- L’augmentation de la durée de la saison de reproduction pour améliorer les chances de conception
- Le déclenchement de l’ovulation à un moment précis
- La synchronisation de l’œstrus entre plusieurs juments pour des techniques de reproduction avancées
La manipulation du cycle reproducteur des juments nécessite une connaissance des différentes phases de l’œstrus ainsi que des hormones prédominantes à chaque phase.
En modifiant l’équilibre hormonal de la jument via l’éclairage et l’administration d’hormones, le vétérinaire peut modifier le moment où des étapes clés du cycle œstral se produisent afin d’atteindre le résultat d’élevage souhaité.
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Pourquoi manipuler l’œstrus?
Le déclenchement de l’ovulation est courant, aussi bien dans le contexte de la reproduction par insémination artificielle que celui de la saillie naturelle. Cette technique augmente les chances que la jument ovule pendant la fenêtre de fertilisation optimale.
Les vétérinaires utilisent des médicaments tels que la gonadotrophine chorionique humaine ou la desloréline, qui déclenchent l’ovulation dans les 48 heures suivant l’administration.
La synchronisation de l’œstrus est un élément essentiel des technologies de reproduction assistée, notamment le transfert d’embryon. Pour que la gestation soit réussie, la jument donneuse et la jument receveuse doivent ovuler dans un délai de 1 à 3 jours l’une de l’autre.
Pour synchroniser les juments, les vétérinaires utilisent généralement des progestatifs ou des prostaglandines afin de prolonger ou de raccourcir la phase de diœstrus selon les besoins. Ensuite, des agents inducteurs d’ovulation peuvent déclencher l’ovulation au moment approprié, une fois que les deux juments sont en phase œstrale.
Le cycle œstral
Les juments sont polyœstrales de façon saisonnière, ce qui signifie qu’elles ont plusieurs cycles de chaleurs par an, mais seulement à certaines périodes de l’année. [1]
En général, les juments ont leur cycle au printemps et en été, chaque cycle œstral durant en moyenne 21 jours. [1] Les deux principales phases du cycle œstral sont l’œstrus, la phase de réceptivité sexuelle, et le diœstrus, la phase où l’appareil reproducteur se prépare à la gestation.
Œstrus
L’œstrus dure entre 4 et 7 jours, période durant laquelle la jument est réceptive à l’accouplement et présente des signes de chaleur. Pendant cette phase, les ovaires préparent de un à deux follicules, chacun contenant un ovocyte (ovule).
- Maturation folliculaire : la maturation folliculaire débute par la production de gonadolibérine au niveau de l’hypothalamus.
- Signalisation hormonale : cette hormone stimule la production de l’hormone folliculostimulante (FSH) et de l’hormone lutéinisante (LH), les deux principales hormones responsables de la maturation folliculaire dans les ovaires. [1]
- Production d’œstrogènes : à mesure que les follicules mûrissent, ils produisent des œstrogènes, la principale hormone sexuelle qui provoque la réceptivité sexuelle et les signes de chaleur chez la jument. [1]
- Ovulation : l’œstrus se termine par l’ovulation, soit la libération des ovocytes dans les trompes utérines en vue de la fécondation. [1]
Diœstrus
Le diœstrus dure généralement entre 14 et 15 jours. [1] Pendant cette phase, la jument n’est pas réceptive à l’accouplement et son organisme se prépare à une éventuelle gestation si un embryon fécondé est détecté.
- Corps jaune : durant la phase diœstrale, le reste du follicule récemment ovulé (corps jaune) est présent sur l’ovaire et produit de la progestérone. [1]
- Progestérone : la progestérone prépare l’appareil reproducteur à recevoir l’embryon fécondé, s’il est présent.
- Prostaglandine : en l’absence d’un embryon, l’endomètre (muqueuse utérine) produit de la prostaglandine, une hormone qui déclenche la dégénérescence du corps jaune. [1]
- Dégénérescence : à mesure que le corps jaune dégénère, les niveaux de progestérone diminuent et la jument entre dans une nouvelle phase d’œstrus.
Prolongement de la saison de reproduction
L’une des raisons les plus courantes poussant les éleveurs à manipuler le cycle œstral des juments est la possibilité de prolonger la saison de reproduction. Dans la majorité des cas, les éleveurs cherchent à faire en sorte que les juments commencent à avoir des cycles plus tôt dans l’année.
Cela augmente les chances qu’une jument mette bas près de la date du 1er janvier. [1] Les poulains nés au début de l’année seront plus grands et plus matures que ceux nés plus tard dans l’année. Cela pourrait leur conférer un avantage compétitif ou les rendre plus intéressants aux yeux d’acheteurs potentiels.
Certains éleveurs utilisent également ces stratégies pour les juments hypofertiles, ce qui augmente les chances de gestation vu le nombre accru de cycles œstraux au cours d’une année donnée.
Les deux principales méthodes pour prolonger la saison de reproduction sont l’utilisation de stratégies d’éclairage artificiel et l’administration d’hormones. Généralement, les meilleurs résultats sont issus de la combinaison de ces deux méthodes.
Éclairage artificiel
Les cycles œstraux des juments sont saisonniers et leur organisme se base sur la durée de la lumière du jour pour savoir quand commencer les cycles reproductifs. Au printemps et en été, les journées sont plus longues qu’en automne et en hiver. Lorsque les jours commencent à rallonger au printemps, l’exposition accrue à la lumière incite naturellement les juments à entamer leurs cycles reproductifs.
Les éleveurs peuvent exploiter ce phénomène naturel pour encourager les juments à commencer à avoir des cycles plus tôt dans l’année, en les exposant à 14 à 16 heures de lumière artificielle par jour. [1]
En général, il faut compter 8 à 10 semaines pour que les changements d’éclairage aient un effet sur le cycle œstral d’une jument. La plupart des protocoles d’éclairage artificiel commencent au début du mois de décembre, voire plus tôt pour influencer la saison de reproduction suivante. [2][3]
L’éclairage artificiel doit avoir une intensité adaptée pour déclencher efficacement le cycle œstral. Des études montrent qu’une intensité minimale de 10 pieds-bougies (un lumen par pied carré) au niveau des yeux de la jument est idéale pour induire le cycle. [1] À titre d’exemple, une telle luminosité permettrait de lire les caractères d’un livre de poche en le tenant à une distance d’un bras tendu.
Si la jument est dans un box ou un enclos, il est essentiel de s’assurer qu’il n’y a pas d’ombres ou de coins sombres où la jument pourrait rester pendant de longues périodes, ce qui pourrait potentiellement réduire son exposition à la lumière intense. [1]
Certains éleveurs utilisent des masques faciaux spéciaux équipés d’une lumière intégrée qui éclaire directement la vision périphérique de la jument pour stimuler son cycle pendant qu’elle est au pâturage.
Antagonistes de la dopamine
Les antagonistes de la dopamine, comme le sulpiride et la dompéridone, peuvent également déclencher un début de cycle œstral précoce, prolongeant ainsi efficacement la saison de reproduction.
Les antagonistes de la dopamine sont des substances ou des médicaments qui empêchent l’activité de la dopamine, un neurotransmetteur. [1][3] Cela augmente la sécrétion de prolactine, une hormone dont les niveaux augmentent généralement au cours d’un cycle œstral normal. Cependant, le mécanisme exact par lequel l’augmentation de la prolactine déclenche le cycle œstral demeure inconnu. [1][2]
Environ 60 à 80 % des juments répondent à l’administration quotidienne d’antagonistes de la dopamine et commencent généralement à ovuler dans les 15 jours après avoir reçu la première dose. [1][4]
Progestatifs
Les progestatifs sont un groupe d’analogues synthétiques de la progestérone. La progestérone est l’hormone principale qui maintient la gestation chez les chevaux.
Dans des circonstances normales, la progestérone inhibe la libération de l’hormone lutéinisante (LH), essentielle pour l’ovulation et la formation du corps jaune. Lorsque cet effet inhibiteur disparaît, une poussée de LH peut déclencher le début de l’œstrus.
En administrant quotidiennement de la progestérone à une jument pendant l’anœstrus (lorsque les cycles n’ont pas lieu), la LH s’accumule dans l’hypophyse. Une fois le traitement interrompu, une brusque montée de LH déclenche le cycle œstral. [1][5]
Altrénogest est la progestérone synthétique la plus couramment utilisée à cette fin, souvent commercialisé sous le nom de Regu-Mate. En imitant l’action de la progestérone naturelle, l’altrénogest contribue à réguler le cycle œstral des juments, permettant aux éleveurs de mieux gérer les calendriers de reproduction.
Les femmes doivent être extrêmement prudentes lorsqu’elles manipulent de l’altrenogest ou lorsqu’elles administrent du Regu-Mate à leurs chevaux. Une manipulation inadéquate, comme un contact cutané, peut provoquer des effets indésirables, voire graves, sur le cycle menstruel féminin.
Certains praticiens utilisent les progestatifs en combinaison avec des œstrogènes, tels que l’estradiol. L’association des deux hormones entraîne une inhibition encore plus marquée de la LH. [1]
Ces techniques fonctionnent généralement uniquement pour les juments qui sont à la fin de la période de transition, soit vers la fin janvier dans l’hémisphère Nord. [1][3]
Gonadotrophines
La gonadolibérine (Gn-RH) stimule la production de FSH et de LH, induisant les cycles œstraux chez les juments. Des études montrent qu’environ 80 % des juments répondent à l’administration biquotidienne de Gn-RH. [1][3]
Bien que près de 50 % des saillies survenant dans le cadre de cycles induits par la GnRH soient couronnées de succès, ces gestations peuvent être liées à un risque accru de perte embryonnaire précoce. [1]
Des études montrent également que l’administration directe d’analogues de la FSH et de la LH, plutôt que de Gn-RH, peut déclencher l’ovulation chez les juments en anœstrus et entraîner un cycle œstral en dehors de la saison de reproduction. [6]
Déclenchement de l’ovulation
Les vétérinaires induisent souvent l’ovulation après une insémination artificielle. Cela garantit que l’ovocyte est disponible pour la fécondation dans les 24 à 48 heures suivant l’insémination.
Le déclenchement de l’ovulation réduit le risque que les variations naturelles du cycle œstral de la jument empêchent l’ovulation au moment opportun après l’insémination. [1] Cela est particulièrement important lors de l’utilisation de sperme congelé ou de sperme de mauvaise qualité, car la fenêtre de fécondation optimale est beaucoup plus courte. [1]
Certains vétérinaires induisent également l’ovulation après une saillie naturelle, pour des raisons similaires.
Il existe deux méthodes principales pour déclencher l’ovulation : l’administration de gonadotrophine chorionique humaine (hCG) et l’utilisation d’agonistes de la gonadolibérine (Gn-RH).
Les deux méthodes stimulent la libération d’un ovocyte par l’ovaire, mais elles agissent via des voies hormonales différentes et peuvent être choisies en fonction de circonstances ou de préférences spécifiques.
Gonadotrophine chorionique humaine
La gonadotrophine chorionique humaine (hCG) possède une structure similaire à celle de l’hormone lutéinisante et favorise l’ovulation lorsqu’elle est administrée aux juments. [2] Après l’administration, la plupart des juments ovulent dans les 48 heures. [1][2]
Une étude récente suggère que l’hCG pourrait être plus efficace que la desloréline (un agoniste de la Gn-RH) pour déclencher l’ovulation chez les juments en transition printanière ou chez celles recevant du sulpiride pour prolonger la saison de reproduction. [7] Chez d’autres juments, l’hCG et la desloréline produisent des effets similaires. [8]
L’administration répétée de hCG chez une même jument soulève des questions quant au maintien de son efficacité. Certaines études montrent que les juments peuvent développer des anticorps contre l’hCG, ce qui pourrait nuire à l’efficacité du médicament. [1][2]
Certaines études ne montrent aucun changement dans la capacité à induire l’ovulation avec des administrations répétées d’hCG, tandis que d’autres montrent une efficacité variable. [1] Par conséquent, certains vétérinaires évitent d’administrer plusieurs doses d’hCG au cours d’une même saison de reproduction afin de réduire le risque de développement d’anticorps. [1][3]
Agonistes de la Gn-RH
Les agonistes de la Gn-RH sont des hormones dont la structure et la fonction sont similaires à la Gn-RH, ce qui entraîne une augmentation de la production de FSH et de LH. Lorsqu’ils sont administrés aux juments, les agonistes de la Gn-RH peuvent stimuler le développement folliculaire et déclencher l’ovulation.
Le principal agoniste de la Gn-RH utilisé chez les juments est la desloréline, mais la buséréline et l’histréline sont également disponibles. [9] La desloréline est disponible sous forme d’implant pour injection sous-cutanée dans les lèvres de la vulve. [1][2] En général, les juments ovulent dans les 48 heures suivant l’insertion de l’implant. [2][10]
Dans le cadre d’un programme de reproduction, le principal inconvénient de la desloréline est qu’elle peut prolonger la phase diœstrale de 4 à 6 jours, ce qui augmente le délai de temps avant que la jument puisse être accouplée de nouveau si elle n’est pas gestante. [1]
Le retrait de l’implant peut réduire le risque de prolongation de la phase diœstrale, mais doit être effectué dans les 1 à 2 jours suivant l’ovulation. [2]
Synchronisation de l’œstrus
La synchronisation de l’œstrus est essentielle pour réussir un transfert d’embryon ou l’utilisation de technologies de reproduction assistée. Dans ces méthodes de reproduction, la jument donneuse et la jument receveuse doivent ovuler dans un délai de 1 à 3 jours l’une de l’autre pour maximiser les chances d’une gestation réussie chez la receveuse. [2]
En général, la synchronisation de l’œstrus implique soit d’allonger ou de raccourcir la phase diœstrale afin que les juments soient en phase œstrale à peu près au même moment. [1][2]
Une fois les juments en chaleur, des agents inducteurs d’ovulation peuvent déclencher l’ovulation dans un court délai. Les méthodes principales permettant de modifier la durée du diœstrus sont l’utilisation de prostaglandine et de progestérone. [2]
Prostaglandine
La prostaglandine est une hormone qui stimule la dégénérescence du corps jaune, déclenchant ainsi l’œstrus chez la jument. [1] L’administration de prostaglandine entraîne généralement l’apparition de l’œstrus dans un délai de 2 à 4 jours, et l’ovulation dans un délai de 7 à 12 jours.
Les prostaglandines couramment utilisées chez les chevaux incluent le cloprosténol et le luprostiol. Cependant, certaines données suggèrent que le luprostiol pourrait être plus efficace dans les programmes de synchronisation. [11]
La prostaglandine n’agit que sur un corps jaune pleinement mature; c’est pourquoi de nombreux praticiens administrent deux doses de prostaglandine, à 14 jours d’intervalle, pour en garantir l’efficacité. [2] Avec ce protocole, environ 90 % des juments présenteront des signes d’œstrus après la deuxième injection. [2]
Une fois l’œstrus déclenché, le vétérinaire doit surveiller attentivement le développement folliculaire des juments afin de planifier l’administration de desloréline ou de l’hCG pour induire l’ovulation au moment opportun. [2]
Les prostaglandines peuvent provoquer des effets secondaires tels qu’une sudation abondante, de la diarrhée et des douleurs abdominales pouvant durer jusqu’à 20 minutes après l’administration. Certains praticiens et éleveurs sont donc réticents à utiliser ce médicament. [2]
Cependant, aucun effet néfaste à long terme ni décès n’ont été rapportés après l’utilisation de prostaglandines, ce qui fait de ce médicament un choix sûr malgré les effets indésirables temporaires. [2]
Progestatifs
Les vétérinaires peuvent utiliser des progestatifs pour prolonger la durée du diœstrus chez une jument dans le but de synchroniser son retour en phase œstrale avec celui d’une autre jument. [5] Généralement, les progestatifs sont administrés pendant au moins 10 jours, suivis d’une dose de prostaglandine pour déclencher la dégénérescence du corps jaune. [2]
Grâce à cette stratégie, la plupart des juments ovuleront dans un délai de 3 à 11 jours après l’administration de la prostaglandine. [2] Le progestatif le plus couramment utilisé à cette fin est l’altrénogest (Regu-mate). [2]
Encore une fois, les femmes doivent être extrêmement prudentes lorsqu’elles administrent du Regu-Mate à leurs chevaux. Une manipulation inadéquate peut entraîner des effets indésirables sur leur cycle menstruel.
Certaines études démontrent que les implants intravaginaux de progestérone, similaires à ceux utilisés chez les bovins, peuvent également synchroniser efficacement l’œstrus chez les juments. [2][3]
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur la manipulation de l’œstrus chez les juments :
Le cycle œstral chez les juments est le cycle reproducteur répétitif qui prépare une jument à la reproduction et à la gestation. La plupart des juments cyclent au printemps et en été, chaque cycle durant en moyenne environ 21 jours. Le cycle comporte deux phases principales : l'œstrus, lorsque la jument est réceptive à la reproduction, et le diœstrus, lorsqu'elle n'est pas réceptive et que son appareil reproducteur se prépare à une éventuelle gestation.
Les chevaux femelles n'ont pas de menstruations comme les humains, car les juments n'éliminent pas la muqueuse utérine par des saignements visibles. Les changements hormonaux font plutôt passer la jument d'une phase reproductive à la suivante si la gestation ne se produit pas. Tout saignement vaginal chez une jument est anormal et devrait être évalué par un vétérinaire, car il ne fait pas partie d'un cycle de chaleurs normal.
Une jument en chaleur se trouve dans la phase d'œstrus de son cycle reproducteur, lorsqu'elle est réceptive à la reproduction. Durant cette phase, les niveaux d'œstrogènes augmentent, les follicules ovariens arrivent à maturité et l'ovulation approche. Les signes de chaleur peuvent inclure un intérêt pour les étalons, des mictions fréquentes, le soulèvement de la queue et une posture relâchée de l'arrière-main. L'œstrus dure habituellement de 4 à 7 jours.
La manipulation de l'œstrus chez les juments consiste à modifier intentionnellement le moment du cycle reproducteur naturel afin de soutenir les objectifs de reproduction. Les vétérinaires et les éleveurs peuvent utiliser l'éclairage artificiel, des traitements hormonaux ou une combinaison des deux pour influencer le moment où une jument entre en chaleur ou ovule. Les objectifs courants comprennent la prolongation de la saison de reproduction, la planification de l'insémination, l'amélioration des chances de gestation ou la synchronisation des juments pour les techniques de reproduction assistée.
Les éleveurs manipulent le cycle de chaleurs d'une jument afin de rendre le moment de la reproduction plus prévisible et d'améliorer l'efficacité reproductive. Cela peut aider les juments à commencer à cycler plus tôt dans l'année, à augmenter le nombre d'occasions de reproduction ou à déclencher l'ovulation près du moment de l'insémination. La manipulation de l'œstrus est également utilisée pour le transfert d'embryons, où les juments donneuses et receveuses doivent ovuler dans une fenêtre de temps étroite.
Les poulains nés près du 1er janvier peuvent bénéficier d'un avantage lié à l'âge dans les compétitions, les ventes et les programmes de race où les chevaux partagent une date de naissance officielle. Les poulains nés plus tôt sont souvent plus grands et plus matures que ceux nés plus tard dans la même année. Cela peut les rendre plus compétitifs dans les épreuves réservées à certains groupes d'âge et plus attrayants lors des ventes de yearlings.
L'éclairage artificiel influence le cycle d'une jument en imitant les journées plus longues du printemps et en favorisant une activité reproductive plus précoce. De nombreux programmes exposent les juments à 14 à 16 heures de lumière par jour, souvent à partir du début décembre ou plus tôt. Les changements d'éclairage prennent généralement de 8 à 10 semaines avant d'influencer le cycle, de sorte que les programmes doivent commencer bien avant la période de reproduction prévue.
Les hormones utilisées pour la manipulation de l'œstrus comprennent les progestagènes, les prostaglandines, les antagonistes de la dopamine, l'hormone de libération des gonadotrophines, l'hCG et les agonistes de la GnRH comme la desloréline. Chaque médicament joue un rôle différent dans la gestion de la reproduction. Certains aident les juments à commencer à cycler plus tôt, tandis que d'autres raccourcissent ou prolongent le diœstrus, synchronisent les juments ou déclenchent l'ovulation dans un délai prévisible.
L'ovulation est induite chez les juments à l'aide de médicaments qui encouragent l'ovaire à libérer un ovule dans un délai prévisible. Les vétérinaires utilisent couramment la gonadotrophine chorionique humaine ou des agonistes de la GnRH comme la desloréline. La plupart des juments ovulent dans les 48 heures suivant le traitement, ce qui aide à synchroniser l'ovulation avec l'insémination artificielle, l'utilisation de semence congelée ou la saillie naturelle.
Les juments sont synchronisées pour le transfert d'embryons en ajustant le moment de l'œstrus et de l'ovulation chez la jument donneuse et la jument receveuse. Pour qu'une gestation réussisse, les deux juments doivent généralement ovuler à 1 à 3 jours d'intervalle. Les vétérinaires peuvent utiliser des progestagènes, des prostaglandines et des agents inducteurs de l'ovulation pour aligner étroitement leurs cycles.
Les médicaments utilisés pour la manipulation de l'œstrus sont couramment employés dans la gestion des juments poulinières, mais ils doivent être prescrits et manipulés par un vétérinaire. Certains médicaments peuvent provoquer des effets secondaires temporaires, comme de la sudation, de la diarrhée ou de l'inconfort abdominal après l'utilisation de prostaglandines. L'altrénogest nécessite également une manipulation prudente, particulièrement chez les femmes, car un contact avec la peau peut affecter le cycle menstruel.
La manipulation de l'œstrus peut aider les juments subfertiles en leur offrant davantage d'occasions de reproduction au cours d'une saison. Le fait de commencer les cycles plus tôt ou de prolonger la saison de reproduction peut fournir des chances supplémentaires de conception avant la fin de la période de reproduction annuelle. Cela ne garantit pas une gestation, mais peut aider les vétérinaires à gérer plus étroitement le moment de la reproduction chez les juments qui peuvent nécessiter plusieurs tentatives de saillie.
Résumé
- La manipulation de l'œstrus peut prolonger la saison de reproduction, déclencher l'ovulation pour améliorer les taux de conception ou synchroniser le cycle des juments dans le cadre de l'utilisation de techniques de reproduction avancées
- L'administration d'hormones est la technique la plus courante pour manipuler l'œstrus, mais des programmes d'éclairage artificiel peuvent également être utilisés
- Une collaboration étroite avec votre vétérinaire spécialisé en reproduction optimise les chances d'obtenir une gestation réussie
Références
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