Les maladies orthopédiques du développement réfèrent à un éventail de pathologies non infectieuses qui affectent le système musculosquelettique des chevaux en croissance.
Ces affections résultent d’une interruption du développement normal du cartilage, des os ou des tissus mous (la capsule articulaire, les tendons ou les ligaments).
L’hérédité, le taux de croissance, la nutrition, ainsi que la quantité et les conditions d’exercice peuvent influer sur l’apparition des maladies orthopédiques du développement chez les poulains en croissance. [1][2]
Alors que certains troubles du développement sont apparents à la naissance, d’autres se manifestent plus tard à mesure que le cheval grandit. Des pathologies comme l’ostéochondrose et la dysplasie épiphysaire peuvent toucher les chevaux de n’importe quelle race. Elles sont une cause fréquente de douleur et de boiterie. [2]
Certaines maladies orthopédiques du développement entraînent des conséquences sur les performances futures du cheval, selon la partie de l’articulation affectée. [3]
Les maladies orthopédiques du développement
Le pourcentage exact de chevaux atteints de maladies orthopédiques du développement est inconnu. En revanche, on sait que leur prévalence est élevée parmi certaines races.
Une étude menée sur 392 poulains de race Warmblood, Standardbred et Thoroughbred a révélé que 66,3 % des sujets souffraient d’une maladie orthopédique du développement. [4]
Les causes
Les facteurs clés du développement des troubles orthopédiques équins mettent probablement en jeu une combinaison des causes suivantes : [2]
- L’hérédité: certaines races pourraient être génétiquement prédisposées aux maladies orthopédiques du développement.
- La nutrition: le manque de nutriments complets ou les déséquilibres dans l’alimentation des poulains, ou des poulinières gestantes ou qui allaitent constituent un facteur.
- Le taux de croissance rapide et l’obésité des poulains : ces deux facteurs proviennent d’un excès de calories dans le régime alimentaire.
- Un traumatisme ou un stress infligé au cartilage et aux os en développement peut aussi être à l’origine de ces pathologies.
- Un surplus d’exercice à un jeune âge ou, inversement, le manque d’activité fait aussi partie des causes déterminantes.
Le diagnostic
Le vétérinaire doit procéder à un examen physique approfondi du jeune cheval pour identifier les anomalies de son squelette en croissance. [5]
Si le vétérinaire soupçonne que le poulain souffre d’une maladie orthopédique du développement, il peut devoir prendre des radiographies ou avoir recours à l’imagerie nucléaire et à des analyses sanguines pour poser un diagnostic précis.
Quelle est votre priorite numero un pour la sante de votre cheval?
Six maladies orthopédiques du développement fréquentes chez les chevaux
1) L’ostéochondrose équine
Trouble fréquent du développement, l’ostéochondrose affecte principalement le cartilage, c.-à-d. les tissus mous qui recouvrent les extrémités des os longs à la hauteur des articulations. [6][7]
L’ostéochondrose est une anomalie du mécanisme de différenciation et de maturation du cartilage. Cette maladie altère le processus normal de formation des os qui remplace progressivement le cartilage par de la matière osseuse, ce qu’on appelle l’ossification endochondrale. [6][7]
Si le cartilage ne reçoit pas un apport sanguin suffisant et se fracture à cause de l’ostéochondrose, des fragments de cartilage peuvent se former dans les articulations. Cette pathologie se nomme l’ostéochondrose disséquante (OCD). [6][7]
L’ostéochondrose touche habituellement le boulet, le jarret, l’épaule et le grasset. [6][7]
Les causes
On pense qu’une croissance rapide, une alimentation riche en calories, les déséquilibres des minéraux, un traumatisme infligé au cartilage et l’hérédité ont une influence sur le développement de l’ostéochondrose. [6][7][8]
Les symptômes
Les signes physiques de l’ostéochondrose varient en fonction de l’articulation ou des articulations affectées. Les symptômes courants incluent l’enflure et une raideur indolore des articulations ainsi que des membres trop droits.
Si la maladie touche les épaules ou les grassets, elle peut provoquer une boiterie grave. [6][7]
Les poulains de moins de six mois atteints d’ostéochondrose peuvent passer plus de temps allongés et avoir de la difficulté à se déplacer normalement. Une augmentation de la raideur articulaire et une boiterie peuvent se manifester au début de l’entraînement.
Le diagnostic
Bien que l’ostéochondrose et l’OCD se développent souvent au cours de la première année de vie, il arrive qu’on ne les découvre qu’à l’âge de deux à trois ans, lorsqu’on commence à entraîner le cheval.
Les vétérinaires ont souvent recours à l’examen physique, aux radiographies, à l’échographie, à l’arthroscopie, à la scintigraphie ou à l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour diagnostiquer l’ostéochondrose.
S’il s’agit bien de cette maladie, l’imagerie diagnostique révèle normalement une croissance anormale du cartilage et la présence de fragments dans les articulations.
Le traitement
Le traitement de l’ostéochondrose dépend de la gravité de la maladie et des articulations touchées. Les chevaux qui présentent des cas bénins d’ostéochondrose peuvent se rétablir sans intervention.
Pour ceux qui grandissent rapidement, un régime d’exercice restreint et des changements alimentaires pour diminuer l’apport calorique peuvent aider à soigner la maladie. En outre, une supplémentation appropriée en minéraux est nécessaire pour remédier aux carences dans l’alimentation. [2]
Dans certains cas, les vétérinaires injectent de l’acide hyaluronique dans les articulations touchées pour réduire l’enflure. [9]
Une intervention chirurgicale peut parfois être requise pour rétablir la santé des articulations. L’arthroscopie permet de retirer le cartilage endommagé, les fragments ostéochondraux et la matière osseuse compromise qui se trouve sous le cartilage affecté. [2]
Le pronostic est défavorable pour les chevaux qui ont subi une perte de surface articulaire ou qui souffrent aussi d’ostéoarthrite avancée, une maladie dégénérative des articulations. [2]
2) La dysplasie épiphysaire équine
Anciennement désignée épiphysite, la dysplasie épiphysaire est une maladie orthopédique du développement qui décrit une enflure autour des plaques de croissance cartilagineuses de certains os longs. Les plaques de croissance ou épiphyses sont les zones à l’intérieur des os d’où se produit la croissance ou l’allongement de l’os. Cette maladie peut toucher une ou plusieurs plaques de croissance. [10][11]
La maladie affecte normalement le radius distal, au-dessus du genou, le canon distal, au-dessus du boulet, et le tibia distal, au-dessus du jarret. [10][11]
La dysplasie épiphysaire est plus répandue chez les poulains âgés de quatre à huit mois qui grandissent rapidement et qui sont trop gras. Si l’animal grandit à un rythme qui dépasse celui de l’ossification de ses plaques de croissance, les os peuvent subir des dommages structuraux. [10][11]
La hausse du niveau d’activité peut aussi exercer un stress sur les plaques de croissance et contribuer à l’apparition de la dysplasie épiphysaire. [10][11]
Les causes
Les causes potentielles de la dysplasie épiphysaire incluent une alimentation inadéquate ou mal équilibrée, par exemple un déséquilibre du rapport entre le calcium et le phosphore, ou encore des carences en minéraux.
De plus, les défauts d’aplomb qui mènent à une surcharge des plaques de croissance, un régime d’exercice excessif, l’obésité, les troubles hormonaux, un traumatisme et les infections peuvent causer la dysplasie épiphysaire. [10][11]
Les scientifiques croient que la suralimentation et la croissance rapide ne sont pas les seuls facteurs qui contribuent à l’apparition de cette pathologie. Il est probable que plusieurs facteurs soient impliqués dans le développement de la maladie.
Les symptômes
Les signes prédominants de la dysplasie épiphysaire incluent l’inflammation des articulations, la raideur et la boiterie qui résultent de l’élargissement de la plaque de croissance. [10][11]
Les articulations touchées sont ordinairement chaudes et fermes au toucher. Elles ont souvent une apparence en forme de boîte.
Le diagnostic
Les radiographies, l’échographie et l’IRM permettent de confirmer un diagnostic de dysplasie épiphysaire. Le symptôme le plus courant de la maladie est une plaque de croissance irrégulière et élargie. Pour diagnostiquer si une infection est à l’origine de la dysplasie épiphysaire, le vétérinaire extrait du liquide synovial de l’articulation touchée pour l’étudier. [10][11]
Le traitement
Dans certains cas de dysplasie épiphysaire, la maladie se résout d’elle-même à mesure que le squelette mûrit et que les plaques de croissance se ferment. Cependant, certains chevaux ont besoin d’un traitement pour soigner la maladie.
Les stratégies de traitement de la dysplasie épiphysaire liée à une croissance rapide visent à ralentir ce rythme et éventuellement, à réduire le poids de l’animal en diminuant la quantité de calories dans son alimentation. [10][11]
Les interventions possibles peuvent consister à distribuer du foin de graminées plutôt que du foin de luzerne, à éviter de donner au cheval des concentrés riches en calories, à s’assurer que son régime alimentaire est équilibré en vitamines et en minéraux et à sevrer les poulains qui sont en âge de l’être.
On peut devoir restreindre l’exercice des chevaux atteints de dysplasie épiphysaire pour éviter d’infliger d’autres traumatismes aux plaques de croissance touchées.
La dysplasie épiphysaire causée par une infection requiert un traitement aux antibiotiques et des médicaments anti-inflammatoires.
Dans de rares cas, la dysplasie épiphysaire peut entraîner la fermeture prématurée des plaques de croissance affectées et causer des déviations angulaires des membres.
3) Les déviations angulaires des membres équins (DAM)
Les déviations angulaires des membres (DAM) sont une forme de maladie orthopédique du développement observée chez les jeunes chevaux en croissance. Cette affection entraîne le développement de membres torses chez les poulains qui semblent alors avoir des genoux de bœuf ou cambrés. [12][13]
Les DAM affectent les os des articulations du genou (le carpe) ou du jarret (le tarse). [12][13] Une évaluation précoce du degré d’ossification des os concernés est essentielle pour éviter les complications à long terme.
Les causes
Les DAM peuvent survenir en raison d’une naissance prématurée, de la gestation de jumeaux, d’une inflammation du placenta, d’un traumatisme périnatal des tissus mous et de la laxité des tissus mous qui entourent les articulations. [12][13]
Les facteurs de développement, y compris une alimentation mal équilibrée, un régime d’exercice excessif et un traumatisme, peuvent par ailleurs contribuer à l’apparition des DAM. [12][13]
Les symptômes
Les symptômes courants de déviation angulaire des membres comprennent les suivants : [12][13]
- la boiterie;
- l’enflure des articulations touchées;
- une hausse de température ou de chaleur dans les articulations affectées;
- l’inflammation d’une plaque de croissance (la dysplasie épiphysaire);
- la laxité ligamentaire;
- l’usure excessive de la face intérieure ou extérieure de la muraille du sabot;
- l’ossification incomplète du genou (le carpe) ou du jarret (le tarse);
- l’effondrement des os dans les articulations (visible sur les radiographies).
Le diagnostic
Le vétérinaire peut normalement diagnostiquer les DAM grâce à un examen physique qui comprend l’observation des membres vus de l’avant, de l’arrière ou de profil.
Les radiographies sont utiles pour déterminer l’emplacement de la DAM, la gravité de la déformation ainsi que l’état des os et des plaques de croissance dans l’articulation touchée.
Le traitement
Le traitement d’une DAM dépend des articulations affectées et de la gravité de la pathologie. Le vétérinaire peut recommander les traitements suivants :
Le traitement non chirurgical : les poulains atteints d’une DAM mineure peuvent avoir besoin d’une période de repos en stalle pour diminuer le stress infligé à l’articulation concernée. Un parage correctif, la pose de fers collés, d’une attelle ou d’un plâtre sur le membre affecté peuvent être nécessaires pour inciter une DAM à se rectifier d’elle-même. [12][13]
Le traitement chirurgical : les poulains atteints de DAM grave peuvent avoir besoin d’une intervention chirurgicale. [12][13]
Le traitement chirurgical vise à ralentir ou à augmenter le taux de croissance d’un côté de l’os concerné.
Une intervention chirurgicale peut d’autre part être nécessaire pour corriger les déviations une fois que les os touchés ont terminé leur phase de croissance rapide et que les plaques de croissance se sont fermées. L’ostéotomie corrective consiste à retirer un coin d’os et à stabiliser à nouveau l’os à l’aide de plaques et de vis. [12][13]
4) Les déviations sagittales des membres équins (DSM)
Les déviations sagittales des membres sont une autre maladie orthopédique du développement. Elles surviennent le plus souvent chez les nouveau-nés et les poulains âgés de moins de 14 mois. [14]
Dans le cas de cette pathologie, les tendons sont excessivement contractés ou lâches. [14] En raison des anomalies aux tendons, cette maladie peut entraîner un éventail de problèmes de conformation.
Les causes
Les DSM peuvent être présentes à la naissance (congénitales) si le poulain est mal placé dans l’utérus ou si le fœtus ne se développe pas normalement. Les autres causes possibles sont les défauts héréditaires, un régime alimentaire inadéquat, par exemple un surplus de calories ou le déséquilibre des minéraux, ainsi qu’une maladie ou la malnutrition de la poulinière ou du poulain. [14]
Les symptômes
Les signes cliniques de DSM chez les poulains peuvent inclure ceux qui suivent : [14]
- des tremblements dans les articulations;
- la bouleture, une pathologie de l’articulation du boulet qui est alors trop redressée;
- une démarche sur les pinces sans prendre appui sur les talons;
- un pied bot ou pinçard avec des pinces concaves; les sabots sont trop verticaux;
- l’incapacité à se tenir debout dans les cas d’hyperlaxité tendineuse;
- les genoux creux ou effacés qui accompagnent l’hyperlaxité tendineuse;
- la descente des boulets, dans les cas d’hyperlaxité tendineuse;
- une démarche sur les talons, dans les cas d’hyperlaxité tendineuse.
Le diagnostic
Le diagnostic des DSM repose sur un examen physique. Les radiographies (les rayons X) et d’autres stratégies d’imagerie diagnostique peuvent permettre de préciser le diagnostic.
Le traitement
La reconnaissance précoce et un diagnostic précis sont critiques pour améliorer les résultats du traitement. Les soins pour une DSM qui impliquent des contractures tendineuses peuvent inclure ceux qui suivent : [14]
Les thérapies auxiliaires : la pose de bandages ou d’attelles et la physiothérapie aident à promouvoir et à soutenir le retour à une conformation normale.
L’exercice contrôlé : un régime d’exercice réduit ou une période de repos en stalle peut être nécessaire pour encourager la détente des tendons qui sont trop tendus.
Les poulains qui souffrent d’hyperlaxité des tendons peuvent avoir besoin d’un régime d’exercice contrôlé qui augmente progressivement à mesure que la laxité se résorbe. Le maréchal-ferrant pose souvent une ferrure orthopédique, généralement des fers collés dotés d’éponges allongées.
Les soins de maréchalerie : un parage et un ferrage orthopédiques des sabots peuvent favoriser le retour à une conformation correcte.
Les médicaments : le vétérinaire peut vouloir administrer de l’oxytétracycline par voie intraveineuse pour favoriser la détente des tendons affectés, bien que cette intervention soit efficace uniquement chez les nouveau-nés. Il peut prescrire des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pour diminuer l’inflammation et la douleur.
La chirurgie : dans les cas graves, on peut devoir procéder à une intervention chirurgicale appelée desmotomie. Cette dernière consiste à sectionner le ligament accessoire inférieur pour soulager la tension exercée sur le tendon fléchisseur profond du doigt. [15]
5) La malformation des vertèbres cervicales
Aussi appelée spondylomyélopathie cervicale équine ou syndrome de Wobbler, la malformation des vertèbres cervicales décrit un rétrécissement structural du canal rachidien en raison d’une malformation des vertèbres. [16]
Cette maladie orthopédique du développement affecte les nerfs et les muscles des poulains. La malformation des vertèbres cervicales peut aussi survenir chez les chevaux plus âgés en raison de modifications dues à l’arthrite. On ne la considère toutefois comme un problème que chez les animaux en croissance.
Il existe deux types distincts de syndrome de Wobbler équin : [16][17]
L’instabilité des vertèbres cervicales : cette pathologie se produit lorsque l’encolure est fléchie par la compression dynamique de la moelle épinière entre la troisième et la cinquième vertèbre. Les poulains âgés de 4 à 18 mois sont les plus touchés.
La sténose statique du canal rachidien cervical : cette affection se manifeste peu importe la position de l’encolure. Elle est le résultat d’un rétrécissement du canal rachidien entre la cinquième et la septième vertèbre cervicale. Les chevaux âgés d’un à quatre ans sont les plus touchés.
On a signalé des cas de malformation des vertèbres cervicales parmi les chevaux de race Thoroughbred, Quarter Horse et Warmblood. On n’a jamais rapporté cette pathologie chez les chevaux miniatures. [16]
Les causes
La cause exacte de la malformation des vertèbres cervicales est inconnue, mais elle est probablement la conséquence de multiples facteurs. Voici certains de ceux qui pourraient être à l’origine de cette pathologie : [16][17]
- l’hérédité;
- une alimentation qui contient trop de calories;
- une croissance rapide;
- un traumatisme physique;
- les déséquilibres nutritionnels.
Les symptômes
Les symptômes du syndrome de Wobbler peuvent apparaître soudainement ou se manifester graduellement.
La malformation des vertèbres cervicales conduit à un manque de coordination (l’ataxie), à de la faiblesse et à une déficience de la proprioception, soit la capacité du cheval de sentir où se situent ses membres dans l’espace. Dans les cas graves, ces chevaux peuvent devenir dangereux à monter ou à manipuler, car ils peuvent s’effondrer soudainement. [16][17]
À mesure que la maladie évolue, les troubles neurologiques s’aggravent. Ces chevaux peuvent d’autre part perdre du poids et leur musculature peut s’atrophier. [16][17]
Le diagnostic
Le vétérinaire peut confirmer le diagnostic de malformation des vertèbres cervicales en procédant à un examen neurologique et à une évaluation diagnostique. Il prend ordinairement des radiographies de la région cervicale pour confirmer les lésions de la moelle épinière.
Dans certains cas, il peut avoir recours à un myélogramme pour poser le diagnostic. Pour faire ce test, il doit mettre le cheval sous anesthésie générale.
Le myélogramme sert à déterminer si la compression vertébrale est dynamique ou statique. L’intervention consiste à injecter un colorant radio-opaque près de la moelle épinière et à prendre une série de radiographies.
Le vétérinaire doit distinguer la malformation des vertèbres cervicales des maladies neurologiques comme la myéloencéphalite équine à protozoaire (MÉP), qui peuvent présenter des symptômes similaires.
Le traitement
Les stratégies pour traiter la malformation des vertèbres cervicales incluent celles qui suivent : [16][17]
La nutrition et la gestion de l’exercice : un régime alimentaire qui contient la bonne quantité de calories et des ratios de nutriments justes est essentiel pour normaliser le taux de croissance et promouvoir le remodelage osseux du canal vertébral. On peut devoir restreindre la quantité d’exercice pour prévenir les lésions de la colonne vertébrale.
La chirurgie : le vétérinaire peut préconiser une intervention chirurgicale pour soulager la pression à l’endroit de la compression de la colonne vertébrale.
L’euthanasie : lorsque la compression est grave, l’euthanasie peut être la seule solution appropriée pour les chevaux atteints de malformations des vertèbres cervicales. Même avec une intervention chirurgicale, le pronostic peut être très pessimiste.
6) La dysplasie scapulo-humérale
La dysplasie scapulo-humérale est une affection qui touche les races de chevaux miniatures. Il s’agit d’un trouble du développement qui décrit une différence de taille entre l’os de l’humérus et la cavité glénoïde qui maintient cet os. [2][18]
La dysplasie scapulo-humérale entraîne une instabilité de l’articulation de l’épaule et peut favoriser l’apparition de l’arthrite.
Les causes
Parce que les chevaux miniatures sont sujets à cette pathologie, on pense que la génétique contribue à son apparition. [2][18]
Les symptômes
Les symptômes de dysplasie scapulo-humérale incluent l’apparition soudaine d’une boiterie et l’atrophie musculaire des membres. Les signes peuvent se manifester uniquement lorsque le cheval atteint l’âge adulte. [2][18]
Le diagnostic
Le vétérinaire procède à un examen physique pour confirmer le diagnostic de dysplasie scapulo-humérale. Les radiographies peuvent révéler de l’ostéoarthrite, une érosion des os de l’articulation et une luxation variable de l’épaule. [2][18]
La scintigraphie osseuse peut montrer un point chaud dans l’articulation de l’épaule. [18]
Le traitement
On peut devoir euthanasier les chevaux atteints de dysplasie scapulo-humérale, car la douleur engendrée par cette pathologie peut être intense. Dans certains cas, le vétérinaire pratique une arthrodèse chirurgicale pour fusionner les os de l’articulation. [2][18]
La prévention des maladies orthopédiques du développement
Les chevaux qui présentent des signes d’une maladie orthopédique du développement doivent être examinés par un vétérinaire. Un traitement rapide peut aider à empêcher la maladie de s’aggraver.
Les poulinières doivent recevoir une bonne alimentation tout au long de la gestation et de l’allaitement pour aider à prévenir les troubles orthopédiques du développement chez leurs poulains.
Les propriétaires doivent faire évaluer le régime alimentaire des chevaux touchés par un nutritionniste équin qualifié et faire appel à un vétérinaire pour suivre leur état de santé.
Les chevaux en croissance doivent recevoir une alimentation équilibrée qui limite une prise alimentaire excessive tout en leur fournissant les quantités recommandées de nutriments essentiels pour favoriser la santé de leurs os et de leurs articulations.
Vous pouvez transmettre les renseignements au sujet de votre cheval en ligne pour obtenir une consultation alimentaire gratuite de la part de nos nutritionnistes équins qui ont complété une formation universitaire.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur les maladies orthopédiques du développement chez les chevaux :
Les maladies orthopédiques du développement sont des affections non infectieuses qui touchent les os, le cartilage, les articulations, les tendons, les ligaments ou les plaques de croissance chez les jeunes chevaux. Ces problèmes surviennent lorsque le développement musculosquelettique normal est interrompu pendant la croissance. Certains signes sont visibles à la naissance, tandis que d'autres apparaissent plus tard à mesure que les poulains grandissent, commencent l'entraînement ou exercent davantage de stress sur les articulations et les membres en développement.
Les MOD chez les poulains peuvent se développer à partir de plusieurs facteurs combinés, notamment la génétique, une croissance rapide, un excès d'énergie alimentaire, des déséquilibres minéraux, des traumatismes et les niveaux d'exercice. Certains poulains naissent avec des problèmes de développement, tandis que d'autres les développent en grandissant. La nutrition des juments gestantes, des juments en lactation et des jeunes chevaux joue également un rôle important dans le soutien du développement normal des os et des articulations.
Toutes les races peuvent développer une maladie orthopédique du développement, mais certains types sont plus fréquents chez certains chevaux. Les Warmbloods, les Standardbreds, les Thoroughbreds, les Quarter Horses et les races miniatures sont mentionnés en lien avec certaines MOD. Le risque lié à la race ne signifie pas que chaque cheval sera atteint, mais la génétique peut influencer la probabilité qu'un jeune cheval développe certaines affections orthopédiques.
Les signes des MOD chez les jeunes chevaux peuvent inclure de la boiterie, de la raideur, un gonflement articulaire, de la chaleur, des membres déviés, une usure anormale des sabots, des difficultés à se lever ou des difficultés à se déplacer normalement. Certains poulains peuvent se coucher plus souvent que d'habitude ou présenter des changements une fois l'entraînement commencé. Les signes varient selon l'articulation, la plaque de croissance, le tendon, le ligament ou la partie de la colonne vertébrale touchée.
Les maladies orthopédiques du développement sont diagnostiquées au moyen d'un examen vétérinaire et, au besoin, d'imagerie ou d'analyses de laboratoire. Des radiographies, des échographies, une IRM, une scintigraphie, une arthroscopie, des analyses sanguines ou une analyse du liquide articulaire peuvent être utilisées selon l'affection suspectée. L'imagerie aide à identifier les anomalies du cartilage, les changements osseux, les fragments articulaires, les problèmes de plaque de croissance, la compression de la moelle épinière ou les déformations des membres.
L'ostéochondrose est un trouble du développement dans lequel le cartilage ne se transforme pas normalement en os à l'intérieur des articulations en croissance. Elle touche fréquemment les boulets, les jarrets, les épaules et les grassets. Certains chevaux présentent un gonflement ou de la raideur, tandis que d'autres développent une boiterie, particulièrement lorsque les épaules ou les grassets sont touchés. Lorsque des fragments de cartilage se détachent dans une articulation, la condition est appelée ostéochondrite disséquante, ou OCD.
La physite est un gonflement et une inflammation autour des plaques de croissance chez les jeunes chevaux, souvent observés au-dessus du genou, du boulet ou du jarret. Elle est plus fréquente chez les poulains âgés de 4 à 8 mois qui grandissent rapidement ou qui présentent un excès de poids. Les articulations atteintes peuvent être chaudes et fermes au toucher, avoir une apparence carrée et causer de la raideur ou de la boiterie.
Les déformations angulaires des membres sont des problèmes de développement qui causent des membres déviés chez les jeunes chevaux, créant souvent une apparence de genoux cagneux ou arqués. Ces déformations touchent habituellement les os autour du genou ou du jarret. Une évaluation vétérinaire précoce est importante parce que les options de traitement dépendent de l'âge du poulain, de l'état des plaques de croissance, de la gravité de la déformation et de la quantité de croissance osseuse normale restante.
Les déformations de flexion des membres surviennent lorsque les tendons des jeunes poulains sont trop tendus ou trop relâchés, entraînant une posture anormale des membres. Les signes peuvent inclure un repliement des membres, une démarche sur la pointe des pieds, un pied bot, des boulets affaissés, une conformation genoux creux ou des difficultés à se tenir debout. Ces déformations peuvent être présentes à la naissance ou se développer pendant la croissance précoce en raison de la génétique, de la nutrition, de la position fœtale ou d'une maladie.
Le syndrome du Wobbler, aussi appelé malformation des vertèbres cervicales, est une affection du développement dans laquelle des vertèbres du cou malformées rétrécissent le canal rachidien et compriment la moelle épinière. Les chevaux atteints peuvent présenter une mauvaise coordination, de la faiblesse, une perception anormale des membres, une mauvaise musculature ou des effondrements soudains. Les cas graves peuvent rendre un cheval dangereux à monter ou à manipuler parce que les problèmes neurologiques peuvent progresser avec le temps.
La nutrition peut affecter le développement des os et des articulations en influençant le taux de croissance, le poids corporel et l'équilibre minéral chez les jeunes chevaux. Un excès d'énergie alimentaire, un mauvais équilibre nutritionnel et des ratios calcium-phosphore inadéquats sont associés à plusieurs MOD. Les juments gestantes, les juments en lactation et les poulains en croissance ont besoin d'une alimentation soigneusement équilibrée qui soutient une croissance régulière sans favoriser l'obésité ou une prise de poids rapide.
L'exercice peut affecter les maladies orthopédiques du développement lorsque les jeunes chevaux subissent trop de stress sur des os, du cartilage, des articulations ou des plaques de croissance immatures. Une activité très limitée peut également contribuer à un mauvais développement dans certains cas. L'activité appropriée dépend de l'âge du poulain, de son état, de sa conformation et du diagnostic, donc les changements d'exercice devraient être guidés par un vétérinaire connaissant bien le cheval concerné.
Les MOD peuvent affecter les performances futures selon la structure touchée et la gravité des dommages. Certains cas légers s'améliorent à mesure que le cheval mûrit, tandis que les affections impliquant une perte de surface articulaire, de l'arthrite avancée, une compression de la moelle épinière ou une déformation sévère des membres peuvent avoir un pronostic moins favorable. Un diagnostic et une prise en charge précoces donnent aux jeunes chevaux de meilleures chances de confort et de solidité à long terme.
Résumé
Les maladies orthopédiques du développement (MOD) sont des affections qui touchent le système musculosquelettique des chevaux en croissance, causant souvent de la douleur et des problèmes de mobilité. Ces maladies peuvent résulter de facteurs tels qu’une croissance rapide, une mauvaise alimentation et un exercice excessif.
- Les MOD affectent les os, le cartilage et les articulations des chevaux en croissance, entraînant douleur et boiterie
- Des affections comme l’ostéochondrose, la physite et les déformations angulaires des membres sont des MOD courantes
- La croissance rapide, une mauvaise nutrition et un exercice excessif contribuent au développement des MOD
- La détection précoce au moyen d’examens physiques et d’imagerie diagnostique est essentielle pour un traitement efficace
- Le traitement peut comprendre des changements alimentaires, une restriction de l’exercice et, dans les cas graves, une chirurgie
- Une nutrition adéquate et un exercice contrôlé sont essentiels pour prévenir les MOD chez les poulains et les jeunes chevaux
- Des examens vétérinaires réguliers aident à surveiller et à gérer les problèmes orthopédiques du développement
Références
- Kronfeld, D.S. et al. Dietary aspects of developmental orthopedic disease in young horses. Vet Clin North Am Equine Pract. 1990. View Summary
- Whitton, Chris. Developmental Orthopedic Disease in Horses. Merck Veterinary Manual. 2020.
- Verwilghen, D.R. et al. Do developmental orthopedic disorders influence future jumping performances in Warmblood stallions? Equine Vet J. 2013. View Summary
- Lepeule, J. et al. Developmental orthopedic disease in limbs of foals: between-breed variations in the prevalence, location, and severity at weaning. Animal. 2008. View Summary
- Hunt, R.J. and Baker, W.T. Routine Orthopedic Evaluation in Foals. Vet Clin North Am Equine Pract. 2017. View Summary
- Laverty, S. and Girard, C. Pathogenesis of epiphyseal osteochondrosis. Vet J. 2013.
- Lepeule, J. et al. Association of growth, feeding practices and exercise conditions with the prevalence of Developmental Orthopaedic Disease in limbs of French foals at weaning. Prev Vet Med. 2009. View Summary
- Distl, O. The genetics of equine osteochondrosis. Vet J. 2013. View Summary
- Carmona, J.U. et al. Effect of the administration of an oral hyaluronan formulation on clinical and biochemical parameters in young horses with osteochondrosis. Vet Comp Orthop Traumatol. 2009. View Summary
- Bramlage, L.R. Physitis in the horse. Equine Veterinary Education. 2011.
- Jackson, M.A. et al. Severe bilateral physitis with instability and Salter-Harris type 1 fractures in two foals. Equine Veterinary Education. 2011.
- Angular Limb Deviation in Horses. American College of Veterinary Surgeons. 2022.
- García-López, J.M. Angular Limb Deformities: Growth Augmentation. Vet Clin North Am Equine Pract. 2017. View Summary
- Caldwell, F.J. Flexural Deformity of the Distal Interphalangeal Joint. Vet Clin North Am Equine Pract. 2017. View Summary
- Stick, J.A. et al. Long-term effects of desmotomy of the accessory ligament of the deep digital flexor muscle in standardbreds: 23 cases (1979-1989). J Am Vet Med Assoc. 1992. View Summary
- Camargo, F.C. et al. Wobbler Syndrome in Horses. The University of Kentucky. 2022.
- Hoffman, C.J. Prognosis for Racing with Conservative Management of Cervical Vertebral Malformation in Thoroughbreds: 103 Cases (2002 –2010). J Vet Intern Med. 2013.View Summary
- Clegg, P.D. Scapulohumeral osteoarthritis in 20 Shetland ponies, miniature horses and falabella ponies. Vet Record. 2001.










