La maladie rénale chronique (ou insuffisance rénale chronique) chez les chevaux est un trouble rare mais grave qui perturbe la fonction rénale normale.
Les reins de votre cheval accomplissent de nombreux processus importants dans le corps, y compris la gestion de la pression artérielle, l’excrétion des déchets et la régulation de l’équilibre électrolytique.
Lorsque la fonction rénale est altérée, les déchets commencent à s’accumuler dans le sang et affectent le fonctionnement des autres systèmes organiques.
Les chevaux ayant une fonction rénale réduite perdent souvent du poids et ont du mal à maintenir un leur état corporel adéquat. Ils peuvent également présenter des signes de mauvaise qualité du pelage, une soif excessive et une augmentation de la miction.
La maladie rénale chronique est incurable, mais si elle est détectée tôt, la progression de la maladie peut être ralentie. Les chevaux atteints d’insuffisance rénale peuvent bénéficier d’interventions nutritionnelles pour réduire la pression exercée sur leurs reins.
Maladie rénale chronique chez les chevaux
La maladie rénale chronique (MRC) est une maladie progressive et irréversible du rein qui se caractérise par une réduction de la fonction rénale. [1]
En tant que maladie progressive, les reins subissent une diminution progressive de leur fonction sur une période de plusieurs mois ou années. Cette perte de fonction doit persister pendant au moins trois mois pour être considérée comme chronique. [2]
La perte de fonction est définie comme une réduction du taux de filtration glomérulaire, qui mesure l’efficacité avec laquelle les reins éliminent les déchets et les fluides du sang.
Perte de la fonction rénale
La réduction du taux de filtration empêche le rein de remplir ses fonctions normales, qui incluent :
- La régulation de l’équilibre hydrique et électrolytique
- La régulation de la pression artérielle
- Le maintien du pH sanguin normal
- L’excrétion des déchets
- La production et l’élimination des hormones
À mesure que la fonction rénale diminue, les déchets normalement excrétés dans l’urine peuvent s’accumuler dans le sang. [1]
L’accumulation de déchets dans le sang peut avoir un impact négatif sur le fonctionnement des autres cellules et tissus, conduisant au développement d’autres troubles tels que l’urémie ou le dysfonctionnement de plusieurs organes. [1]
Quelle est votre priorite numero un pour la sante de votre cheval?
Symptômes d’insuffisance rénale chronique
Le signe le plus commun de l’insuffisance rénale chronique chez les chevaux est la perte de poids. [1] D’autres symptômes courants incluent : [3][17]
- De mauvaises performances
- Une perte d’appétit
- Une miction excessive (polyurie)
- Une soif excessive (polydipsie)
- De la déshydratation
- Une mauvaise qualité du pelage
- Un gonflement de la partie inférieure de l’abdomen du cheval (œdème ventral)
- Des coliques
Diagnostic
Votre vétérinaire diagnostiquera la maladie rénale chronique chez votre cheval en prenant des échantillons de sang et d’urine pour évaluer la fonction rénale.
Tests sanguins
Votre vétérinaire prescrira un profil biochimique sérique pour examiner les niveaux de plusieurs nutriments et métabolites dans le sang.
Les tests sanguins d’un cheval atteint de maladie rénale montrera probablement une ou plusieurs des anomalies suivantes : [3]
- Une azotémie (niveau anormalement élevé de déchets azotés – créatinine – dans le sang)
- Une hyponatrémie (faibles niveaux de sodium sanguin)
- Une hypochlorémie (faibles niveaux de chlorure sanguin)
- Une hypophosphatémie (faibles niveaux de phosphore sanguin)
- Une hypoprotéinémie (faibles niveaux de protéines sanguines)
- Une hyperkaliémie (élévation du potassium sanguin)
- Une hypercalcémie (élévation du calcium sanguin)
- Une acidose métabolique (acidité excessive dans le corps)
Tests urinaires
Votre vétérinaire effectuera également une analyse d’urine pour vérifier la présence de niveaux élevés de protéines dans l’urine de votre cheval (protéinurie). [3]
On recherchera également des indicateurs d’isosthénurie, qui se produit lorsque les reins sont incapables de produire une urine concentrée ou diluée. Cela peut indiquer des dommages à d’autres structures du rein telles que les tubules. [3]
Un cheval atteint de maladie rénale chronique produira de l’urine avec la même concentration que le plasma sanguin sans protéines.
Tests supplémentaires
Votre vétérinaire effectuera probablement une échographie, un examen rectal ou une biopsie rénale pour déterminer s’il y a des dommages dans les tissus ou structures du rein.
La maladie rénale chronique est le plus souvent diagnostiquée chez les chevaux présentant une perte de poids chronique et des résultats positifs pour l’azotémie et l’isosthénurie. [4]
Prévalence et facteurs de risque
Une étude portant sur 32 ans de dossiers médicaux entre 1964 et 1996 a révélé que seulement 0,12 % des chevaux figurant dans une base de données médicale avaient reçu un diagnostic de maladie rénale chronique. [3]
Étant donné que de nombreux symptômes de la MRC ne sont pas spécifiques, il est probable que la prévalence réelle soit beaucoup plus élevée.
Tout cheval, quel que soit son âge ou sa race, peut développer une maladie rénale. Cependant, les chevaux plus âgés sont plus susceptibles de développer une MRC. [1]
Des taux plus élevés de maladie rénale sont observés chez les animaux plus âgés de nombreuses espèces, telles que les chats, les chiens et les humains. [5][6]
Les reins subissent des changements structurels et physiologiques en vieillissant, réduisant leur taux de filtration glomérulaire (TFG). [7] Les reins peuvent accumuler des dommages au fil du temps, rendant les animaux plus âgés plus susceptibles de développer une maladie rénale chronique. [2]
Une étude a révélé que les étalons et les Pur-sang étaient plus susceptibles de recevoir un diagnostic de MRC. Cependant, l’auteur a également noté que ces animaux pourraient avoir été surreprésentés en raison de leur niveau de soins vétérinaires plus élevé dans ces groupes d’animaux. [3]
Causes de la maladie rénale équine
La maladie rénale chronique peut être causée par des anomalies structurelles des reins ou une maladie présente à la naissance. Celles-ci sont décrites comme des maladies rénales congénitales.
Lorsqu’un cheval de moins de 5 ans est diagnostiqué avec une MRC, elle est généralement causée par des maladies congénitales. [4][8][9]
Le plus souvent, la MRC est observée chez les chevaux nés avec des reins sains qui ont développé un trouble rénal plus tard dans leur vie. [10] C’est ce qu’on appelle une maladie rénale acquise.
Certains chevaux présentant une insuffisance rénale peuvent avoir à la fois un trouble rénal congénital et acquis. [9][12]
Causes congénitales de la MRC
Les causes congénitales de la maladie rénale incluent : [3][11]
- La dysplasie rénale : reins mal formés qui ne sont pas correctement développés avant la naissance
- La maladie rénale polykystique : un trouble héréditaire qui provoque la croissance de kystes remplis de liquide dans les reins
- L’hypoplasie rénale : lorsque l’un ou les deux reins sont anormalement petits
- L’agénésie rénale : lorsque l’un ou les deux reins ne se développent pas
Causes acquises de la MRC
Les causes acquises de l’insuffisance rénale chronique incluent : [3]
- La néphrite interstitielle chronique : une inflammation entre les tubules rénaux
- La glomérulonéphrite : inflammation des glomérules, de minuscules vaisseaux sanguins agissant comme des filtres dans les reins
- L’insuffisance rénale aiguë non traitée ou récurrente : également connue sous le nom de lésion rénale aiguë, qui est une perte soudaine de la fonction rénale
- La maladie rénale en phase terminale : un terme général pour décrire un cas grave d’insuffisance rénale où les signes sont trop avancés pour pouvoir déterminer la cause principale
Pronostic
La maladie rénale chronique est irréversible et progressive, ce qui signifie que les chevaux affectés par la MRC n’ont aucune chance de guérison.
Cependant, des interventions précoces peuvent ralentir le taux de progression et augmenter la longévité et la qualité de vie du cheval affecté.
Si l’insuffisance rénale chronique est diagnostiquée tôt et que le cheval reçoit des soins de soutien, il peut rester à l’aise et participer à des exercices appropriés.
Pour surveiller la progression de la MRC, votre vétérinaire recommandera de prélever régulièrement des échantillons de sang pour mesurer les marqueurs de la fonction rénale. Le marqueur le plus couramment utilisé pour évaluer l’évolution de la fonction rénale est le taux de créatinine dans le sang.
Maladie rénale précoce
Les chevaux atteints de maladie rénale au stade précoce ont généralement un niveau de créatinine sérique inférieur à 5 mg/dL. Ces chevaux présentent généralement peu de signes cliniques de la maladie et une bonne qualité de vie. [1]
Le pronostic à court terme pour ces chevaux est bon, tant qu’ils maintiennent un bon appétit et une note d’état de chair adéquate. [4]
Insuffisance rénale avancée
Malheureusement, on ne diagnostique généralement l’insuffisance rénale chronique chez les chevaux que lorsque la majeure partie du rein est déjà endommagée ou malade.
De nombreux signes de maladie rénale ne sont pas apparents avant que 65 à 75 % de la capacité de filtration rénale ne soit déjà perdue. [4] Ces chevaux auront des niveaux de créatinine sérique supérieurs à 5 – 10 mg/dL.
Même une petite augmentation de la créatinine indique une perte importante de la fonction rénale. Lorsque les valeurs de créatinine dépassent 10 mg/dL, le pronostic s’aggrave. [1]
Soutien nutritionnel pour les chevaux atteints de maladie rénale
Il y a deux principaux objectifs pour la gestion nutritionnelle des chevaux atteints de maladie rénale : (1) maintenir un état corporel adéquat et (2) éviter l’excès de protéines dans l’alimentation.
Les interventions diététiques se concentrent sur la gestion des effets secondaires de l’insuffisance rénale chronique, plutôt que sur le traitement de la maladie elle-même.
1. Maintenir un état corporel sain
Les symptômes cliniques les plus courants de la maladie rénale sont le manque d’appétit et la perte de poids.
Pour gérer ces symptômes, les chevaux affectés devraient être nourris avec un régime appétissant fournissant des calories adéquates pour le maintien du poids.
Sélection du fourrage
Idéalement, les chevaux atteints de MRC devraient être nourris avec du foin d’herbe de qualité contenant moins de 10 à 12 % de protéines brutes. Une analyse de foin est recommandée pour déterminer la teneur en protéines et en énergie du foin.
Si le cheval est réticent à consommer du foin sec, des sorties à l’extérieur sur un pâturage de qualité sont recommandées. [4]
Le foin de luzerne ou un pâturage en étant principalement composé ne sont pas la source de fourrage idéale pour les chevaux ayant des problèmes rénaux, mais ils peuvent être utilisés pour stimuler l’appétit si le cheval refuse d’autres types de foin et que le pâturage n’est pas une option.
Apport en gras
Pour augmenter la densité énergétique de l’alimentation, des sources d’énergie à faible teneur en protéines telles que les gras et les huiles peuvent être utilisées. Des sources de gras fournissant des acides gras oméga-3 DHA et EPA sont recommandées.
Les patients humains atteints de maladie rénale prenant des suppléments oraux de DHA/EPA ont vu leurs niveaux de créatinine sanguine et de protéinurie diminuer. [12][13]
La supplémentation en DHA/EPA a également favorisé les bienfaits anti-inflammatoires chez les rats ayant une fonction rénale réduite. [14][15]
Fibres et céréales
Les sources de fibres rapidement fermentescibles, telles que les coques de soja, constituent une autre source d’énergie sûre pour les chevaux atteints de maladie rénale.
Bien que la pulpe de betterave soit généralement considérée comme une source de fibres à haute teneur énergitique, elle est riche en calcium et doit être utilisée avec prudence chez les chevaux souffrant d’hypercalcémie.
Les céréales sont faibles en protéines et riches en énergie. Les chevaux peuvent être nourris avec des quantités contrôlées de céréales pour stimuler l’appétit. Cependant, leurs taux d’alimentation doivent être soigneusement gérés pour éviter un excès d’amidon et de sucre dans un seul et même repas.
2. Fournir des protéines adéquates mais sans excès
Lorsque des régimes riches en protéines sont offers aux chevaux, l’excès de protéines est décomposé en déchets azotés. Les reins sont alors responsables de l’élimination de ces déchets.
Pour minimiser la charge de travail des reins, les chevaux atteints de maladie rénale chronique doivent recevoir un régime pauvre en protéines qui produit des niveaux plus faibles de ces déchets.
Cependant, le cheval a toujours besoin d’un apport protéique adéquat pour maintenir un poids normal et un système immunitaire sain.
Un foin de bonne qualité peut répondre aux besoins en protéines de la plupart des chevaux sans avoir besoin de sources de protéines supplémentaires. Les aliments tels que la luzerne, la farine de soja et les moulées complètes riches en protéines doivent être évités.
Rapport BUN à créatinine
Pour s’assurer que votre cheval reçoit la bonne quantité de protéines, votre vétérinaire peut surveiller le rapport entre l’urée et la créatinine dans son sang. Le rapport idéal entre l’azote uréique sanguin (Blood Urea Nitrogen ou BUN en anglais) et la créatinine doit être compris entre 10:1 et 15:1. [4]
Un rapport inférieur indique un apport insuffisant en protéines tandis qu’un rapport plus élevé indique que le régime fournit un excès de protéines.
Conseils supplémentaires pour nourrir les chevaux atteints de MRC
D’autres considérations concernant l’alimentation et la gestion des chevaux atteints de maladie rénale chronique incluent :
- Fournir des aliments pauvres en calcium pour prévenir l’hypercalcémie
- Éviter l’utilisation d’AINS et d’autres médicaments (aminoglycosides, oxytétracycline, bisphosphonates), qui pourraient altérer davantage le fonctionnement des organes [2]
- De l’eau fraîche et propre doit être fournie en tout temps
- Offrir des repas plus petits et plus fréquents pour stimuler l’appétit et soutenir la santé digestive
- La supplémentation en vitamine E peut potentiellement aider à réduire les dommages oxydatifs au niveau des reins [2][4][16]
- En fonction de la condition physique du cheval, un exercice léger et régulier est recommandé pour stimuler l’appétit et maintenir la forme physique [2]
Électrolytes et sel
Les reins sont responsables de filtrer et d’excréter les électrolytes tels que le sodium, le chlorure et le potassium.
La maladie rénale chronique peut perturber l’équilibre hydrique et électrolytique dans le corps du cheval. Consultez votre vétérinaire et votre nutritionniste équin pour discuter de la pertinence d’un ajout de suppléments en électrolytes.
Offrez du sel en vrac à volonté, mais n’ajoutez pas un supplément de sel directement dans l’alimentation de votre cheval, sauf avis contraire de votre vétérinaire. Le fait de donner du sel pourrait augmenter les dommages rénaux. [4]
Une supplémentation en sel peut être justifiée chez les chevaux présentant de faibles niveaux de sodium et de chlorure dans le sang. Le bicarbonate de sodium peut également être ajouté à l’alimentation chez les chevaux souffrant d’acidose métabolique et de faibles niveaux de sodium. [4]
L’insuffisance rénale empêche le cheval de produire de l’urine concentrée pour excréter l’excès de sodium et d’autres électrolytes. Une consommation accrue d’électrolytes entraîne généralement une augmentation du débit urinaire chez les chevaux affectés.
Lors de l’ajout de sources d’électrolytes à l’alimentation, il est important de s’assurer que votre cheval ait toujours accès à de l’eau fraîche.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur la maladie rénale chronique chez les chevaux :
La maladie rénale chronique chez les chevaux est une perte progressive de la fonction rénale qui se développe sur plusieurs mois ou années. À mesure que la fonction rénale diminue, l'organisme devient moins capable de filtrer les déchets, d'équilibrer les liquides et les électrolytes, et de réguler la pression artérielle. Les déchets s'accumulent alors dans la circulation sanguine et affectent d'autres tissus, ce qui peut entraîner une perte de poids, une mauvaise qualité du pelage, une consommation excessive d'eau et une détérioration de l'état corporel au fil du temps.
Les signes de maladie rénale chronique comprennent souvent une perte de poids, une diminution de l'appétit, une soif excessive et une augmentation de la miction. Certains chevaux développent également un pelage rugueux, une baisse de performance, de la déshydratation, de légères coliques ou un gonflement le long de la partie inférieure de l'abdomen. De nombreux symptômes se développent graduellement et peuvent sembler légers au départ, ce qui peut rendre les premiers stades de la maladie rénale difficiles à reconnaître pour les propriétaires de chevaux sans analyses vétérinaires.
La maladie rénale chronique cause fréquemment une perte de poids parce que les chevaux atteints perdent souvent l'appétit et ont de la difficulté à maintenir un état corporel normal. Une fonction rénale réduite permet également aux déchets de s'accumuler dans le sang, ce qui peut nuire au métabolisme et à la santé globale. La perte de poids est l'un des signes les plus fréquemment signalés de maladie rénale équine et devient souvent plus évidente à mesure que les dommages rénaux progressent.
La maladie rénale chronique se développe à partir d'anomalies congénitales présentes à la naissance ou de dommages rénaux acquis plus tard dans la vie. Certains chevaux naissent avec des reins malformés ou sous-développés, tandis que d'autres développent la maladie après une inflammation, une infection ou une lésion rénale aiguë non traitée. Le vieillissement augmente également le risque parce que les tissus rénaux changent naturellement avec le temps, réduisant graduellement la capacité de filtration et rendant les chevaux âgés plus vulnérables aux dommages rénaux à long terme.
Les chevaux âgés sont plus susceptibles de développer une maladie rénale parce que la structure des reins et l'efficacité de la filtration diminuent graduellement avec l'âge. Les dommages peuvent s'accumuler pendant de nombreuses années, réduisant la capacité des reins à traiter les déchets et à réguler efficacement l'équilibre des liquides. Bien que la maladie rénale chronique puisse toucher des chevaux de tout âge, les vétérinaires diagnostiquent cette affection plus souvent chez les chevaux vieillissants que chez les animaux plus jeunes.
Les vétérinaires diagnostiquent la maladie rénale chronique à l'aide d'analyses sanguines, d'analyses d'urine et de procédures d'imagerie comme l'échographie ou l'examen rectal. Les analyses sanguines évaluent couramment la créatinine, les niveaux d'électrolytes et d'autres marqueurs liés à la fonction rénale. L'analyse d'urine peut identifier une perte de protéines et des problèmes de concentration de l'urine. Les résultats de ces tests aident à déterminer à quel point la fonction rénale a diminué et si des dommages permanents sont probablement présents.
La maladie rénale chronique est irréversible, donc les chevaux ne peuvent pas retrouver complètement une fonction rénale normale une fois que des dommages importants sont survenus. Un diagnostic précoce et des soins de soutien peuvent tout de même ralentir la progression de la maladie et améliorer le confort de nombreux chevaux atteints. Certains chevaux maintiennent une qualité de vie raisonnable pendant de longues périodes lorsque l'appétit, l'hydratation et l'état corporel demeurent stables et que la fonction rénale est surveillée régulièrement par des soins vétérinaires.
Les chevaux atteints d'une maladie rénale réussissent généralement mieux avec une alimentation appétente contenant une quantité modérée de protéines et suffisamment de calories pour maintenir leur poids. Un foin de graminées de bonne qualité contenant moins de 10 à 12 % de protéines brutes est souvent recommandé, tandis que les aliments riches en protéines comme la luzerne ou le tourteau de soya sont souvent limités. Les sources de gras et les ingrédients riches en fibres hautement digestibles peuvent augmenter l'apport calorique sans produire un excès de déchets azotés que les reins doivent traiter.
L'apport en protéines affecte la maladie rénale parce qu'un excès de protéines alimentaires produit des déchets azotés supplémentaires que les reins doivent éliminer de la circulation sanguine. Les chevaux atteints de maladie rénale chronique ont tout de même besoin de suffisamment de protéines pour maintenir leur masse musculaire et leur fonction immunitaire, mais un apport excessif peut augmenter la charge métabolique. Les vétérinaires peuvent surveiller les niveaux d'azote uréique sanguin et de créatinine afin d'évaluer si l'apport alimentaire en protéines demeure dans une plage appropriée.
La luzerne est généralement limitée chez les chevaux atteints d'une maladie rénale parce qu'elle contient des niveaux de protéines et de calcium plus élevés que plusieurs foins de graminées. Certains chevaux ayant peu d'appétit peuvent tout de même en consommer de petites quantités si d'autres fourrages sont refusés, surtout lorsque le maintien de l'apport calorique devient difficile. Les vétérinaires et les nutritionnistes équins orientent souvent soigneusement le choix des fourrages afin d'éviter une charge inutile sur les reins endommagés tout en maintenant l'état corporel.
La maladie rénale chronique augmente fréquemment la soif et la miction parce que les reins endommagés perdent la capacité de concentrer l'urine normalement. Les chevaux atteints produisent souvent de grands volumes d'urine diluée et boivent davantage d'eau pour compenser la perte de liquides. Les propriétaires peuvent remarquer des stalles plus mouillées, des mictions plus fréquentes ou des chevaux passant plus de temps aux sources d'eau à mesure que la fonction rénale continue de diminuer.
Certains médicaments peuvent aggraver la maladie rénale en exerçant une pression supplémentaire sur des tissus rénaux déjà endommagés. Les médicaments couramment associés à une atteinte rénale comprennent les AINS, les antibiotiques aminoglycosides, l'oxytétracycline et les bisphosphonates. Les chevaux atteints d'une maladie rénale chronique nécessitent souvent une gestion prudente des médicaments et une surveillance vétérinaire régulière afin de réduire le risque de dommages rénaux supplémentaires ou d'une aggravation des anomalies observées aux analyses sanguines.
Résumé
La maladie rénale chronique peut toucher les chevaux de tout âge et de toute race, mais avec un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée, de nombreux chevaux peuvent conserver une bonne qualité de vie.
- Bien que tout cheval puisse développer une maladie rénale, l’insuffisance rénale demeure relativement rare chez les chevaux.
- Votre vétérinaire suivra l’évolution de la maladie au moyen d’analyses sanguines régulières afin d’évaluer la capacité de filtration des reins.
- Tant que l’appétit et la condition corporelle du cheval restent adéquats, le pronostic à court terme est généralement favorable, surtout aux stades précoces de la maladie.
- Un cheval bien pris en charge et diagnostiqué tôt peut conserver une bonne qualité de vie pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.
- La gestion nutritionnelle est essentielle et repose sur une alimentation appétente, apportant suffisamment de calories tout en limitant les apports en protéines et en calcium.
- Travailler avec un nutritionniste équin permet de s’assurer que la ration est bien équilibrée et optimisée pour soutenir la fonction rénale. Vous pouvez soumettre les informations de votre cheval en ligne pour une évaluation gratuite par nos nutritionnistes qualifiés.
Références
- Schott, H. C. Chronic Renal Failure in Horses. Vet Clin Equine. 2007. View Summary
- Olsen, E. and van Galen, G. Chronic Renal Failure-Causes, Clinical Findings, Treatments and Prognosis. Vet Clin North Am Equine Pract. 2022. View Summary
- Schott, H.C, et al. Chronic Renal Failure in 99 Horses. Proc Am Ass equine Practnrs. 1997.
- Schott, H.C, et al. Chapter 14 - Disorders of the Urinary System. Equine Internal Medicine (Fourth Edition). 2018.
- O’Neill, D.G, et al. Longevity and mortality of cats attending primary care veterinary practices in England. J Feline Med Surg. 2015.
- O'Neill, D.G, et al. Chronic kidney disease in dogs in UK veterinary practices: prevalence, risk factors, and survival. J Vet Intern Med. 2013.
- Weinstein. J.R. and Anderson, S. The aging kidney: physiological changes. Adv Chronic Kidney Dis. 2010.
- Andrews, F.M. et al. Bilateral renal hypoplasia in four young horses. J Am Vet Med Assoc. 1986. View Summary
- Wooldridge, A.A. et al. Chronic renal failure associated with nephrolithiasis, ureterolithiasis, and renal dysplasia in a 2-year-old quarter horse gelding. Vet Radiol Ultrasound. 1999. View Summary
- Jocelynn, N. Kidney disease in the horse. Equine Health. 2020.
- Ronen, N., e al. Renal dysplasia in two adult horses: clinical and pathological aspects. Vet Rec. 1993. View Summary
- Donadio, J.V. Jr et al. The long-term outcome of patients with IgA nephropathy treated with fish oil in a controlled trial. J Am Soc Nephrol. 1999 .
- Ferraro, P.T et al. Combined treatment with renin–angiotensin system blockers and polyunsaturated fatty acids in proteinuric IgA nephropathy: a randomized controlled trial. Nephrol Dial Transplant. 2009
- Lee, H.W. et al. Effect of Omega-3 Fatty Acid on STAMP2 Expression in the Heart and Kidney of 5/6 Nephrectomy Rat Model. Mar Drugs. 2018.
- Zanetti, M. et al. Omega 3 Polyunsaturated Fatty Acids Improve Endothelial Dysfunction in Chronic Renal Failure: Role of eNOS Activation and of Oxidative Stress. Nutrients. 2017
- Signorini, L. et al. Naturally Occurring Compounds: New Potential Weapons against Oxidative Stress in Chronic Kidney Disease. Int J Mol Sci. 2017.
- Seanor, JW. et al. Renal disease associated with colic in horses. Mod Vet Pract. 1984. View Summary











