L’hypothyroïdie fait référence à une sécrétion insuffisante d’hormones thyroïdiennes, principalement la thyroxine et (T4) et la triiodothyronine (T3). La glande thyroïde sécrète ces hormones qui participent à la régulation du métabolisme équin.

L’hypothyroïdie se manifeste le plus souvent chez les nouveau-nés. Elle est rare chez les chevaux adultes. [1]

Chez les poulains, la maladie cause des déformations musculosquelettiques et, dans certains cas, une hypertrophie de la glande thyroïde. [2] Lorsque l’hypothyroïdie survient chez les chevaux adultes, les symptômes habituels incluent une robe terne, la léthargie et un mauvais rendement. [3]

On pense que l’hypothyroïdie néonatale se produit lorsque les poulinières ne reçoivent pas suffisamment d’iode pendant la gestation. [2] L’apport excessif de nitrates et la consommation de plantes qui interfèrent avec la fonction thyroïdienne sont également des causes possibles de la maladie. [2]

Le diagnostic de l’hypothyroïdie nécessite une analyse des niveaux d’hormones thyroïdiennes, notamment la T4 et la T3, ainsi qu’un examen attentif des signes cliniques. [3] Le vétérinaire peut poser un diagnostic plus précis en jumelant ces examens avec le test de stimulation par l’hormone de libération de la thyréostimuline (test à la TRH). [3]

Pour soigner l’hypothyroïdie chez les chevaux adultes, il faut identifier et traiter la cause première de la maladie. Il n’existe aucun traitement pour l’hypothyroïdie néonatale. L’état nutritionnel optimal des juments gestantes est essentiel pour améliorer les chances de voir naître un poulain en bonne santé.

Qu’est-ce que l’hypothyroïdie équine?

L’hypothyroïdie est un déséquilibre hormonal causé par une sécrétion insuffisante d’hormones thyroïdiennes biologiquement actives par la glande thyroïde.

Chez les chevaux, l’hypothyroïdie survient principalement chez les nouveau-nés. [4][5] Les cas naturels d’hypothyroïdie chez les chevaux qui ont dépassé le stade néonatal sont extrêmement rares.

Dans le petit nombre de rapports de cas de chevaux adultes qui ont reçu un diagnostic d’hypothyroïdie que les scientifiques n’ont pas induite artificiellement, les signes cliniques incluaient principalement la léthargie, l’intolérance à l’exercice et une robe en mauvais état. [3]

On pose parfois à tort un diagnostic d’hypothyroïdie face à certains problèmes de santé, notamment la laminite et le gain de poids. Le faible taux d’hormones thyroïdiennes peut aussi provenir d’autres maladies et des fluctuations naturelles de sécrétion hormonale.

Les types d’hypothyroïdie

On classe l’hypothyroïdie équine en trois catégories : primaire, secondaire ou tertiaire. L’hypothyroïdie primaire décrit les pathologies qui impliquent la glande thyroïde elle-même. [1]

Les chercheurs ont induit l’hypothyroïdie primaire, diagnostiquée à l’aide de tests en laboratoire, en procédant à l’ablation de la glande thyroïde (la thyroïdectomie). Les études ont aussi provoqué la maladie chez les chevaux en leur administrant par voie orale un médicament antithyroïdien nommé propylthiouracile (PTU). [1]

L’hypothyroïdie secondaire décrit une sécrétion anormale de l’hormone appelée thyréostimuline (TSH) par l’hypophyse antérieure du cerveau. [1]

Bien qu’on ne l’ait pas diagnostiquée chez les chevaux, l’hypothyroïdie tertiaire décrit une pathologie où l’hypothalamus libère une quantité insuffisante d’hormone de libération de la thyréostimuline (TRH). [1]

L’hypothyroïdie chez les chevaux nouveau-nés

On reconnaît deux syndromes thyroïdiens qui touchent les chevaux nouveau-nés : [3]

  • l’hypothyroïdie congénitale (le crétinisme);
  • l’hypothyroïdie congénitale et le syndrome de dysmaturité.

Les deux syndromes se manifestent à la naissance et impliquent une déficience des hormones thyroïdiennes.

Certains chercheurs pensent que l’hypothyroïdie congénitale et le syndrome de dysmaturité pourraient être liés selon le niveau, le moment et la durée de la carence en hormones thyroïdiennes. Ce ne serait donc pas des pathologies distinctes. [2]

L’hypothyroïdie congénitale ou crétinisme

L’hypothyroïdie congénitale peut se manifester avec ou sans goitre apparent. Le goitre est une hypertrophie de la glande thyroïde.

L’hypothyroïdie congénitale peut découler d’un déficit hormonal thyroïdien transitoire ou de courte durée qui se produit chez les poulinières pendant la gestation. [2]

L’hypothyroïdie congénitale et le syndrome de dysmaturité

On appelle aussi le syndrome de dysmaturité déformité musculosquelettique TH (TH-MSD). [9][10] Les scientifiques ont décrit ce syndrome en étudiant des cas observés dans l’Ouest canadien. On l’a également rapporté en Europe. [2][11]

Bien que davantage de recherches soient nécessaires, le scientifique K. Koikkalainen propose qu’un état d’hypothyroïdie chronique chez les poulinières gestantes puisse être à l’origine du syndrome de dysmaturité. [7]

Ce syndrome cause de multiples anomalies critiques du développement fœtal qui sont dues à une insuffisance d’hormones thyroïdiennes. [2]

L’hypothyroïdie et d’autres problèmes de santé

Bien que l’hypothyroïdie qui survient naturellement soit peu probable chez les chevaux autres que les nouveau-nés, on attribue souvent la maladie à la laminite, à la prise de poids, au mauvais rendement et à l’échec de l’allaitement chez les poulinières. Or, d’autres explications sont plus probables. [12]

Selon les rapports, ni l’obésité ni la laminite ne se sont manifestées chez les chevaux qui ont subi une ablation chirurgicale de la glande thyroïde ou qui ont reçu du PTU pour induire l’hypothyroïdie. [3]

La recherche suggère que la supplémentation d’hormones thyroïdiennes pourrait accélérer la perte de poids et améliorer la sensibilité à l’insuline, ce qui pourrait réduire le risque de laminite. [16]

Dans une étude menée sur des chevaux qui avaient une fonction thyroïdienne normale, les sujets ont reçu de la lévothyroxine (une hormone T4 synthétique) à un taux croissant de 24 à 96 mg par jour à des intervalles de deux semaines. Les chercheurs ont constaté une perte de poids et une amélioration de la sensibilité à l’insuline. [16]

Lorsqu’on a administré de la lévothyroxine à des chevaux résistants à l’insuline, elle a induit une perte de poids et une réduction de la circonférence de l’encolure chez les sujets atteints de SMÉ qui recevaient une diète de maintien du poids. En revanche, le médicament n’a pas modifié la dynamique du glucose ou la sensibilité à l’insuline. [17]

L’hypothyroïdie et les tumeurs thyroïdiennes

L’hypertrophie de la glande thyroïde (le goitre) est fréquemment associée à un dysfonctionnement thyroïdien chez les humains et d’autres espèces.

Le goitre est plus susceptible d’affecter les chevaux âgés que les animaux plus jeunes. Il n’est généralement pas lié à l’hypothyroïdie chez les chevaux au-delà du stade néonatal. [8]

Les chevaux âgés peuvent développer un goitre causé par un adénocarcinome qui provoque l’hyperthyroïdie.

La glande thyroïde équine

La glande thyroïde est responsable de la sécrétion des hormones thyroïdiennes. Cette glande comporte deux lobes et chevauche la trachée dans la gorge.

Elle est principalement composée de cellules folliculaires thyroïdiennes.

Bien que normalement on ne puisse pas la voir de l’extérieur du corps, on peut palper la glande thyroïde qui a approximativement la taille d’un œuf.

La glande thyroïde synthétise et sécrète deux hormones qui contiennent de l’iode : la thyroxine ou tétraïodothyronine (T4) et la triiodothyronine (T3). [9]

Les hormones thyroïdiennes

La triiodothyronine (T3) est la principale forme active responsable des effets physiologiques des hormones thyroïdiennes, tandis que la thyroxine (T4) agit comme précurseur d’autres hormones. De nombreuses cellules de l’organisme la transforment en T3. [9]

Les hormones thyroïdiennes jouent différents rôles dans l’organisme. Elles sont nécessaires à la croissance cellulaire ainsi qu’au métabolisme des graisses et des glucides. [9]

Malgré cela, la glande thyroïde et les hormones qu’elle sécrète ne sont pas essentielles à la vie. [9] En revanche, le bon fonctionnement de la glande thyroïde est critique chez les juments gestantes, car elle joue un rôle clé dans le développement normal des systèmes squelettique et nerveux des poulains qui sont à naître.

Les effets de l’hypothyroïdie sur les poulains en développement sont beaucoup plus graves que ceux observés chez les chevaux adultes. [1]

La régulation thyroïdienne

L’hypophyse antérieure sécrète l’hormone thyréotrope (TSH). Celle-ci stimule la libération des hormones T4 et T3 par la glande thyroïde. [3]

L’hypothalamus surveille les niveaux d’hormone thyroïdienne dans le sang qui atteint le cerveau et régule le niveau d’hormone de libération de la thyréostimuline (TRH) qui à son tour stimule la sécrétion de TSH par l’hypophyse. [3]

L’iode et la fonction thyroïdienne

Pour synthétiser les hormones thyroïdiennes, la glande thyroïde a besoin d’iode, un oligo-élément. L’organisme du cheval transforme l’iode alimentaire en iodure dans le tractus intestinal qui l’assimile rapidement. [7]

La glande thyroïde absorbe l’iodure qui circule dans le sang et l’emmagasine sous forme de colloïde, une substance qui contient des hormones et des protéines thyroïdiennes. [7]

Lorsque la T3 et la T4 intègrent la circulation sanguine, la plus grande partie se lie à l’une des nombreuses protéines, présentes dans le plasma sanguin, par exemple l’albumine[7]

La T3 et la T4 liées fournissent une réserve d’hormones thyroïdiennes disponibles qui circulent dans le flux sanguin. Les hormones thyroïdiennes libres qui ne sont pas liées sont actives biologiquement. [7]

L’apport recommandé en iode

L’apport quotidien en iode recommandé pour les chevaux adultes est de 0,007 mg par kilogramme de poids vif. Pour un cheval normal de 500 kg (1 100 lb), cela correspond à 3,5 mg d’iode par jour.

En termes de concentration alimentaire, cela équivaut à 0,35 mg par kilogramme de matière sèche. Au cours du dernier trimestre de gestation, l’apport d’iode chez les poulinières doit augmenter à 0,4 mg par kilogramme de matière sèche. [15]

Un apport insuffisant ou excessif en iode peut provoquer un dysfonctionnement de la glande thyroïde. Il faut donc faire preuve de prudence lorsqu’on ajoute de l’iode dans l’alimentation. Nous recommandons de fournir l’iode en ajoutant un supplément complet de vitamines et de minéraux comme Omneity de Mad Barn plutôt qu’en tant qu’ingrédient distinct, par exemple en ajoutant un supplément très iodé comme la laminaire moulue.

Le sélénium et la thyroïde

En plus de l’iode, la glande thyroïde contient beaucoup de sélénium. Le sélénium est un composant essentiel de deux enzymes antioxydantes, le glutathion réductase et la thiorédoxine réductase. Il est d’autre part indispensable pour la fonction de trois enzymes désiodase qui transforment la T4 en T3 active. [18]

Les symptômes de l’hypothyroïdie

Les symptômes de l’hypothyroïdie varient selon l’âge et le stade de développement du cheval touché. Les symptômes chez les nouveau-nés sont beaucoup plus graves que chez les chevaux plus âgés.

Les chevaux qui ont dépassé le stade néonatal

Des études de cas induits expérimentalement en procédant à l’ablation de la glande thyroïde ont décrit les signes cliniques d’hypothyroïdie chez les chevaux qui ont dépassé le stade de nouveau-né.

Une étude menée sur des yearlings dont on a retiré la glande thyroïde a constaté les symptômes suivants : [8]

  • l’incapacité d’atteindre une taille normale;
  • l’intolérance au froid et l’hypothermie;
  • une robe rêche et terne;
  • la léthargie;
  • l’enflure des membres postérieurs;
  • un retard de la fermeture des plaques de croissance à l’extrémité des os longs;
  • l’éruption tardive des incisives.

Les chevaux nouveau-nés

L’hypothyroïdie congénitale chez les poulains

Les symptômes d’hypothyroïdie congénitale chez les poulains peuvent aller de bénins à graves. Les symptômes typiques de la maladie incluent ceux qui suivent :

  • une faiblesse à la naissance;
  • l’absence de réflexe de succion ou un réflexe de succion anormal;
  • l’hypothermie (une température corporelle basse);
  • des anomalies musculosquelettiques multiples telles que des déformations de flexion, la rupture des tendons extenseurs communs du doigt, et le développement incomplet des os du genou (carpe) et du jarret (tarse). [5]

Les poulains atteints d’hypothyroïdie congénitale peuvent présenter un goitre apparent et une accumulation de colloïde dans la glande, mais ce n’est pas toujours le cas. [5]

Lorsqu’on constate des troubles neuromusculaires du développement, le taux d’hormones thyroïdiennes peut être bas ou normal comparativement aux poulains du même âge. On pense néanmoins qu’ils ont été précédemment bas au cours d’une période de développement critique. [5]

Le syndrome de dysmaturité chez les poulains

Tout comme les poulains atteints d’hypothyroïdie congénitale, ceux atteints du syndrome de dysmaturité présentent des anomalies musculosquelettiques. [3]

Les poulains qui souffrent du syndrome de dysmaturité ont une gestation prolongée et présentent une incidence élevée de mâchoire inférieure saillante (le prognathisme mandibulaire). L’analyse au microscope du tissu thyroïdien indique que la glande est devenue hypertrophiée (hyperplasie) à un certain moment. [3]

Chez les poulains atteints du syndrome de dysmaturité, les taux d’hormones thyroïdiennes peuvent être bas ou normaux comparativement aux animaux du même âge. [3]

Les causes de l’hypothyroïdie chez les chevaux

Les causes de l’hypothyroïdie primaire

L’hypothyroïdie primaire chez les chevaux qui ont dépassé le stade néonatal peut survenir si l’apport en iode ou en sélénium est insuffisant.

Les autres causes naturelles d’hypothyroïdie primaire chez les chevaux plus âgés sont inconnues (idiopathiques). [1] On peut par ailleurs induire l’hypothyroïdie médicalement en retirant la thyroïde ou en administrant du PTU.

La maladie thyroïdienne auto-immune, comme la maladie de Hashimoto chez l’humain, est rare chez les chevaux.

Il existe un rapport publié en Europe de l’Est en 2008 qui montre chez les chevaux des résultats qui s’apparentent à la thyroïdite auto-immune[14] La cause de cette découverte inhabituelle est inconnue. Elle pourrait être liée à l’accident de Tchernobyl, car la thyroïde est très sensible aux radiations. [19]

L’hypothyroïdie congénitale et le syndrome de dysmaturité chez les poulains

Chez les chevaux naissants, l’hypothyroïdie primaire pourrait être liée à l’apport nutritionnel en iode de la jument pendant la gestation. [2]

Les facteurs de risque possibles pour le développement de l’hypothyroïdie congénitale ou du syndrome de dysmaturité chez les poulains incluent ceux qui suivent :

  • l’ingestion de plantes (goitrigènes) qui inhibent le fonctionnement de la glande thyroïde; [2]
  • la consommation de goitrigènes qui inhibent la synthèse des hormones thyroïdiennes (c’est-à-dire les nitrates); [13]
  • la consommation d’une quantité excessive ou insuffisante d’iode; [2]
  • un faible apport alimentaire en sélénium; [2]
  • une prise alimentaire excessive de nitrates. [13]

Aucune race précise ou aucun sexe de poulains ne semble présenter un risque accru de syndrome de dysmaturité, de sorte qu’une cause héréditaire est peu probable. [3]

Les causes de l’hypothyroïdie secondaire

L’hypothyroïdie secondaire se produit lorsque la glande pituitaire antérieure ne parvient pas à sécréter suffisamment d’hormone thyréotrope (TSH). [1]

Dans le passé, on pensait que les chevaux au-delà du stade néonatal souffraient d’hyperthyroïdie, alors qu’en réalité ils étaient atteints du syndrome métabolique équin (SMÉ) ou du dysfonctionnement de la pars intermedia de la glande pituitaire (DPIP), anciennement connu sous le nom de syndrome de Cushing. [9]

De même, la science a démontré que les chevaux atteints de laminite, qui souffrent parfois d’hyperinsulinisme, ont un taux d’hormone thyroïdienne au repos normal et une réaction normale à la TSH une fois que leur état est stable. [9]

Les autres facteurs

Différents facteurs peuvent faire en sorte que les taux mesurés d’hormones thyroïdiennes soient bas, même lorsque la fonction thyroïdienne est normale. Parmi eux, on retrouve ceux qui suivent : [3]

  • le jeûne;
  • certains médicaments comme la phénylbutazone, les corticostéroïdes, les salicylates et l’œstrogène; ces substances influencent la quantité d’hormones thyroïdiennes qui se lient aux protéines dans l’organisme;
  • les maladies non thyroïdiennes (le syndrome de la maladie euthyroïdienne).

Le diagnostic

Le diagnostic de l’hypothyroïdie chez les chevaux peut être compliqué pour les raisons suivantes : [4][6]

  • des signes cliniques non spécifiques;
  • l’absence de méthodes de tests de diagnostic validées pour les chevaux;
  • l’indisponibilité des composés de test et leur coût élevé;
  • le nombre de facteurs qui affectent les niveaux d’hormones thyroïdiennes chez les chevaux.

Procéder par élimination

Comme mentionné précédemment, l’hypothyroïdie chez les chevaux au-delà du stade néonatal tire habituellement son origine d’une cause sous-jacente. Avant de pouvoir poser un diagnostic d’hypothyroïdie, le vétérinaire doit d’abord écarter d’autres problèmes de santé qui pourraient en être la cause première.

L’examen physique

Le vétérinaire doit procéder à un examen physique complet pour évaluer l’état de santé général du cheval et la possibilité qu’il souffre d’hypothyroïdie.

Il peut présumer que l’hypothyroïdie est à l’origine de problèmes de santé et de rendement à condition que d’autres facteurs soient présents. Par exemple :

  • La baisse de rendement peut provenir de problèmes respiratoires, cardiaques et squelettiques.
  • La robe terne et rêche, et la peau sèche peuvent découler d’un déséquilibre alimentaire, de la période de l’année, de l’âge avancé de l’animal et de la maladie de Cushing (DPIP).
  • L’excès de poids, et les dépôts adipeux sur l’encolure et d’autres parties du corps peuvent signaler le syndrome métabolique, le DPIP (la maladie de Cushing), la suralimentation et le manque d’exercice.
  • Le DPIP, un mauvais entretien des sabots et le syndrome métabolique peuvent causer la laminite chronique.

Les analyses en laboratoire

Les analyses en laboratoire sont utiles pour évaluer les cas d’hypothyroïdie présumée afin de savoir si la concentration d’une ou de plusieurs hormones thyroïdiennes est en deçà de la plage normale.

Le vétérinaire déterminera si les niveaux d’hormones thyroïdiennes sont anormaux et si un autre facteur tel que l’état physiologique, l’alimentation, la médication ou un problème de santé sous-jacent est en jeu.

La mesure des taux d’hormones T3 et T4

On mesure couramment les niveaux d’hormones thyroïdiennes T4 et T3. Ils fournissent des informations utiles sur l’état de santé de la glande thyroïde. [3]

La T4 est la forme dominante d’hormone thyroïdienne qui circule dans le sang. L’organisme sécrète la plus grande partie de la T3 lorsque les tissus éliminent un atome d’iode de la T4 (la désiodation). [3]

La T3 et la T4 se lient toutes les deux aux protéines sanguines. Seules les hormones libres ou non liées, comme la T3 libre, sont actives biologiquement. [3]

La mesure des taux de T3 libre, de T3 totale et de T4 peut fournir une indication plus précise de l’état de la thyroïde que les taux de T3 et de T4 seuls. C’est le cas lorsque des facteurs tels que l’administration de médicaments, les suppléments ou le régime alimentaire affectent les taux de T3 et de T4 totales. [3]

Le test de stimulation par la TRH (stimulation de libération de la thyréostimuline)

Le test de stimulation par la TRH est utile pour évaluer le fonctionnement de l’ensemble de l’axe hormonal thyroïdien, qui comprend l’hypothalamus dans le cerveau, l’hypophyse et la glande thyroïde. Ce test peut aider à confirmer un diagnostic d’hypothyroïdie. [3]

Cependant, on effectue rarement le test à la TRH en pratique ambulatoire. En effet, il est onéreux et il nécessite le prélèvement de plusieurs échantillons de sang échelonné sur plusieurs heures.

Le test à la TRH mesure les hormones thyroïdiennes avant une injection de TRH ainsi que deux et quatre heures suivant l’injection. Chez les chevaux qui ont une fonction thyroïdienne normale, les taux de T3 et de t4 doublent ou plus de deux à quatre heures après l’injection de TRH. [3]

L’absence de réaction au test à la TRH peut indiquer que l’axe hormonal thyroïdien ne fonctionne pas normalement.

Les tests non spécifiques

Les bilans lipidiques et les hémogrammes sont d’une utilité limitée pour le diagnostic de l’hypothyroïdie. [8]

Les chevaux atteints d’hypothyroïdie peuvent présenter un niveau élevé de cholestérol (l’hypercholestérolémie) et un faible nombre de globules rouges (l’anémie). [8] En revanche, ces anomalies ne surviennent pas toujours conjointement à l’hypothyroïdie. [8]

Le traitement

L’hypothyroïdie primaire chez les chevaux adultes

On soigne habituellement les chevaux adultes atteints d’hypothyroïdie en leur prescrivant des suppléments d’iode ou des hormones thyroïdiennes synthétiques pour rectifier les faibles niveaux d’hormones thyroïdiennes.

Les protéines iodées

On peut soigner les chevaux atteints d’hypothyroïdie due à une carence en iode à l’aide d’un produit protéique iodé, ordinairement de la caséine iodée, pour hausser le niveau de ce minéral dans leur organisme.

L’hormonothérapie substitutive

Dans le cas de l’hypothyroïdie induite expérimentalement par thyroïdectomie, l’hormonothérapie substitutive inverse les signes cliniques de la maladie. [1]

L’hormonothérapie substitutive consiste à donner des hormones thyroïdiennes naturelles purifiées ou de la thyroxine synthétique (lévothyroxine, L-thyroxine). [1]

Pour prescrire le dosage adéquat, le vétérinaire doit mesurer régulièrement le taux de TH sérique. Pour cesser le traitement, on doit sevrer progressivement le cheval pour permettre à son organisme de s’adapter au retrait des hormones substitutives.

La recherche montre que la thyroxine synthétique administrée à une dose de 20 µg/kg (10 mg pour un cheval de 500 kg) maintient une concentration normale de T3 et de T4 pendant 24 heures. [1]

L’hypothyroïdie congénitale et le syndrome de dysmaturité chez les poulains

Les suppléments d’hormones thyroïdiennes n’inversent pas les modifications musculosquelettiques chez les nouveau-nés atteints d’hypothyroïdie congénitale ou du syndrome de dysmaturité, de sorte qu’on n’y a habituellement pas recours. [3]

Les vétérinaires peuvent toutefois recommander de donner à certains poulains atteints d’hypothyroïdie à la naissance une supplémentation d’hormones thyroïdiennes, en plus de leur prodiguer des soins de soutien, comme la pose d’attelles et un programme d’exercice restreint. [3]

Il est essentiel de rectifier les déséquilibres alimentaires chez les juments qui ont accouché de poulains atteints d’hypothyroïdie congénitale ou du syndrome de dysmaturité. [3]

L’hypothyroïdie secondaire

Les chevaux atteints du syndrome de la maladie euthyroïdienne causé par des maladies endocriniennes, y compris le DPIP et le SMÉ, ont de faibles concentrations d’hormones thyroïdiennes qui peuvent mener à tort à un diagnostic d’hypothyroïdie primaire. [3][12]

Dans ce cas, on doit soigner la pathologie endocrinienne sous-jacente plutôt que d’administrer des hormones thyroïdiennes au cheval.

Les équidés atteints de DPIP doivent recevoir du pergolide. Ceux atteints de SMÉ requièrent normalement des modifications de régime alimentaire. Dans certains cas, le vétérinaire peut prescrire des médicaments comme la metformine et la lévothyroxine pour faciliter la perte de poids.

Le pronostic

Le pronostic pour les chevaux adultes et les poulains atteints d’hypothyroïdie est réservé. Chez les chevaux adultes, le pronostic dépend des facteurs sous-jacents qui contribuent aux bas taux d’hormones thyroïdiennes.

Chez les poulains, le résultat dépend de la gravité et de la réversibilité des troubles musculosquelettiques ou de développement.

Dans le cas des poulains atteints du syndrome de dysmaturité, le pronostic est généralement sombre. La plupart meurent ou sont euthanasiés peu de jours après la naissance. Les nouveau-nés qui survivent peuvent souffrir d’un éventail de troubles musculosquelettiques qui affectent leur démarche et leurs allures[2]

Les poulains dont le squelette n’est pas complètement développé courent un risque accru de subir un effondrement des os du tarse. [2]

La prévention

Il est essentiel de fournir aux poulinières un apport optimal en iode et une nutrition équilibrée pendant la gestation pour prévenir l’hypothyroïdie néonatale.

Les chevaux adultes doivent avoir un apport suffisant en iode pour aider à prévenir le développement de l’hypothyroïdie due à une carence.

Ceux atteints de troubles endocriniens, y compris le SMÉ et le DPIP (la maladie de Cushing), ont besoin d’un traitement pour prévenir la maladie.

Questions fréquemment posées

Voici quelques questions fréquemment posées sur l’hypothyroïdie chez les chevaux :

Résumé

L’hypothyroïdie est un trouble hormonal causé par une production insuffisante d’hormones thyroïdiennes, touchant le plus souvent les poulains nouveau-nés et rarement les chevaux adultes. Les poulains peuvent présenter des malformations ou une faiblesse, tandis que les adultes développent généralement un poil terne, de la léthargie et de mauvaises performances.

  • Causée par une carence en iode, des plantes goitrogènes ou un excès de nitrates durant la gestation
  • Diagnostiquée au moyen de dosages des hormones thyroïdiennes et de tests de stimulation à la TRH
  • Le traitement chez les adultes vise les causes sous-jacentes avec une hormonothérapie ou une thérapie à l’iode
  • Il n’existe aucun remède contre l’hypothyroïdie du poulain; la prévention mise sur la nutrition de la jument
  • Un apport équilibré en iode et en sélénium soutient la santé de la thyroïde et la fonction hormonale
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Références

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