Les lésions des commissures buccales (coins de la bouche) sont un problème courant mais souvent négligé chez les chevaux, affectant leur confort, leur santé, leurs performances et leur qualité de vie.
Les lésions buccales désignent des plaies, des coupures ou des irritations qui se développent généralement aux commissures de la bouche du cheval en raison de l’équipement ou des pratiques de maniement. Ces lésions vont d’une irritation légère à des plaies douloureuses et peuvent entraîner une résistance à l’entraînement et une sensibilité à long terme.
Les lésions des commissures buccales peuvent survenir pour diverses raisons; c’est pourquoi au cours de l’entraînement et du travail, il est important que le cavalier demeure vigilant et, au besoin, qu’il agisse rapidement.
Le présent article traite des différents types de lésions buccales que les chevaux peuvent développer, des causes potentielles et des moyens de les prévenir. En comprenant les signes et les causes des lésions buccales, les propriétaires peuvent prendre des mesures proactives pour résoudre ces problèmes rapidement, s’assurant ainsi que leurs chevaux sont confortables et heureux de travailler.
Lésions buccales chez les chevaux
Les lésions buccales chez les chevaux sont des plaies, des coupures, des excroissances anormales des ou zones d’inflammation qui apparaissent dans la bouche, notamment sur les lèvres, les joues, la langue et les gencives. [1]
Elles peuvent résulter de diverses causes, incluant :
- Une mauvaise santé dentaire
- Une utilisation inappropriée des mors et desmuserolles
- Des infections
- Des blessures
- L’ingestion de plantes ou de substances toxiques
- Des problèmes de santé sous-jacents
Les lésions des commissures buccales sont un type spécifique de lésion buccale se produisant aux coins de la bouche du cheval, souvent causées par le frottement ou la pression de l’équipement.
Les signes de lésions des commissures incluent des rougeurs, une enflure ou une peau à vif aux coins de la bouche, ainsi qu’une réticence à accepter le mors ou une tendance à secouer la tête pendant le travail.
Problèmes dentaires
Chez les chevaux domestiques, le fait de paître sur des pâturages d’herbe, combiné à une consommation élevée de concentrés et de fourrages à tiges courtes entraînent une réduction de l’usure naturelle des dents par rapport à leurs homologues sauvages. [2][3]
Les chevaux sauvages consomment des matières végétales grossières et à longues tiges nécessitant un broyage important, ce qui entraîne une usure uniforme des dents lorsque le cheval mâche. En revanche, les chevaux domestiques ont une alimentation plus molle et moins fibreuse nécessitant moins de mastication. Cela signifie que les dents des chevaux domestiques ne s’usent pas aussi efficacement que celles des chevaux sauvages, ce qui explique pourquoi ils ont besoin d’un râpage de dents régulier pour entretenir leur table dentaire. [4]
Sans soins dentaires réguliers, les chevaux peuvent développer des problèmes tels que des pics dentaires, des surdents ou des motifs d’usure irréguliers, qui peuvent contribuer à des lésions buccales. Ces lésions peuvent se former en raison des bords tranchants ou des surfaces dentaires anormales qui irritent les tissus mous de la bouche. [5]
En plus de causer un inconfort, les problèmes dentaires peuvent avoir des impacts plus larges sur la santé, notamment :
- Une perte de poids
- Des problèmes gastro-intestinaux
- Des infections
- Des abcès
- Des problèmes de performance
- Des changements de comportement
Une prise en charge proactive de la santé dentaire via des examens réguliers permet de prévenir ces problèmes et de soutenir le bien-être général d’un cheval. La plupart des chevaux bénéficient d’examens dentaires tous les 6 à 12 mois pour identifier et traiter rapidement tout problème potentiel. [6]
Lésions buccales causées par les mors
Employés depuis des temps anciens par les cavaliers pour contrôler le mouvement et la vitesse des chevaux, les mors sont des dispositifs placés dans l’espace interdentaire (appelé « barre » ) de la bouche du cheval. Il existe une grande variété de mors sur le marché fabriqués à partir de différents matériaux, de nombreux modèles visant à améliorer le contrôle du cavalier.
Les mors sont largement utilisés aujourd’hui, ce qui explique pourquoi les cavaliers se doivent de comprendre leur impact potentiel sur le bien-être des chevaux et leur capacité à contribuer aux lésions des commissures buccales. L’utilisation du mors varie considérablement selon les cavaliers. [6] Les effets d’un mors dépendent également de sa conception, certains types exerçant une pression plus importante ou causant un plus grand inconfort en raison de leur mécanique et de leur action sur la bouche et le visage du cheval.
Les ulcères et lésions induits par les mors sont couramment observés chez les chevaux dans le monde entier, des études identifiant ces lésions chez jusqu’à 94 % des chevaux au sein de certaines populations. [2][4][6][7]
Les emplacements fréquents des ulcères causés par le mors comprennent : [7]
- La muqueuse buccale – la paroi interne des joues
- Les commissures des lèvres – le coin de la bouche
- L’espace interdentaire – espace supérieur et inférieur entre les incisives et les molaires
- Le palais dur – paroi dorsale de la bouche
- La langue
Des recherches sur le bien-être animal se penchant sur la prévalence des lésions causées par le mors sont en cours. Une étude a observé des chevaux de compétition avant et après un évènement et a constaté que 36 % des 424 chevaux présentaient des lésions avant la compétition, principalement au niveau de la muqueuse buccale et des commissures des lèvres. Après la compétition, le taux de lésions buccales a augmenté à 60 %. [1]
Signes comportementaux d’inconfort buccal
Il est important de savoir reconnaître les comportements associés aux lésions buccales, car ils peuvent indiquer un inconfort et une douleur, permettant ainsi une intervention rapide. Les comportements à surveiller incluent : [17]
- Une résistance à la bride/au mors
- Des mouvements constants de la langue et/ou de la mâchoire
- Des mouvements brusques pour éviter la pression des rênes
- Une salivation excessive ou de la bave
- Des secouements de la tête
- Une inclinaison de la tête
- Des raideurs au cou
- Des difficultés à s’arrêter
- Des foulées raides ou courtes
- Une (allure précipitée)
Une douleur persistante et une guérison retardée dues à la pression continue du mors peuvent affecter négativement la qualité de vie, les performances et le bien-être général du cheval, ce qui fait des lésions buccales un problème de bien-être important.
La bonne nouvelle est que les propriétaires et les cavaliers peuvent prévenir les lésions buccales en effectuant quelques ajustements simples à l’équipement et à la routine de leur cheval.
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Causes des lésions buccales induites par le mors
Les matériaux du mors, sa qualité, sa fabrication, ainsi que l’ajustement de la bride sont des facteurs importants influençant le risque de lésions aux commissures des lèvres chez les chevaux.
La recherche a identifié plusieurs facteurs contribuant au développement des lésions buccales causées par le mors, notamment : [1][2][3][5][6][8]
- L’épaisseur du mors
- Le type de mors
- L’ajustement du harnachement
- Le niveau de compétition
- La discipline
Épaisseur du mors
Autant les mors fins que les mors épais impliquent un risque de lésions buccales modérées ou graves. Les mors fins exercent une pression accrue sur une plus petite surface, tandis que les mors épais peuvent provoquer un inconfort chez les chevaux ayant des cavités buccales plus petites. [5]
Un spécialiste de l’ajustement du mors peut vous aider à choisir une taille de mors adaptée à l’anatomie buccale spécifique de votre cheval.
Type de mors
Des études ont également identifié le type de mors utilisé comme un facteur de risque pour le développement de lésions buccales. Par exemple, les mors rigides (non articulés) sont associés à un risque plus élevé de lésions des barres par rapport aux mors articulés. Les mors de bride impliquent un risque plus élevé de lésions des barres et sont souvent ajustés trop grands et/ou trop bas, ce qui peut aggraver l’inconfort. [5]
Bien que ces données montrent que le type de mors peut influencer le développement de lésions, les différences de prévalence des lésions selon les disciplines suggèrent qu’en matière de facteurs de risque, il est crucial de discuter autant de l’utilisation du mors lui-même que du type de mors.
Ajustement du harnachement
Une muserolle est une pièce de harnachement qui entoure le nez du cheval et fait généralement partie de la bride. Elle aide à maintenir le mors en place et peut également être utilisée pour contrôler la tête et la mâchoire du cheval.
Les muserolles supérieures trop serrées sont associées à des lésions aux commissures des lèvres. [2] Cependant, les filets sans muserolle supérieure peuvent également augmenter le risque de lésions des lèvres. [2]
La recommandation actuelle pour l’ajustement de la muserolle est qu’il devrait y avoir suffisamment d’espace pour insérer au moins deux doigts superposés entre la muserolle et le chanfrein du cheval. Cela garantit que la muserolle est suffisamment serrée pour rester en place, mais pas au point de provoquer un inconfort ou de restreindre les mouvements naturels et la respiration du cheval.
Bien que les recherches sur la connexion entre le mauvais ajustement de la bride et les lésions buccales soient limitées, le positionnement des montants de la bride — qu’ils soient placés trop haut ou trop bas — peut potentiellement contribuer au développement de lésions buccales chez les chevaux.
Niveau de compétition
Les lésions et les ulcères buccaux sont plus susceptibles de se produire chez les chevaux participant à des compétitions de haut niveau de dressage, de concours complet, de saut d’obstacles, d’endurance et de compétitions islandaises. [1][2][6]
Discipline
Les chevaux de dressage courent un risque plus élevé de développer des lésions buccales par rapport à ceux qui participent au saut d’obstacles, au concours complet ou à l’endurance. [6] Cela peut être dû au fait que les cavaliers de dressage montent souvent avec un contact constant avec la bouche.
Il existe également des preuves de lésions buccales chez les poneys de polo et les chevaux de course, les chevaux de course utilisant des mors de filet subissant des blessures plus fréquentes et plus graves que les poneys de polo utilisant des mors releveurs (gag). [3] Les mors de filet utilisés en course exercent une pression accrue sur les barres et les commissures des lèvres.
Malgré la sévérité potentielle des mors releveurs utilisés en polo, les poneys de polo sont entraînés à répondre à une pression plus légère des rênes, réduisant ainsi le risque de blessure. Cependant, les poneys de polo sont plus susceptibles de subir des lacérations de la langue, probablement en raison du type de mors utilisé. [8]
Influence du cavalier
L’influence du cavalier peut également contribuer à l’apparition de lésions buccales chez les chevaux, quel que soit le type de mors utilisé. L’utilisation correcte d’un mors nécessite une précision dans la synchronisation et l’intensité de la pression et du relâchement. Le fait de ne pas relâcher la pression ou d’appliquer une pression excessive et/ou brusque avec les rênes peut faire en sorte que le mort frotte contre la bouche ou la blesse, provoquant ainsi des ecchymoses et des lésions. [8]
Les recherches indiquent que la prévalence et la gravité des lésions buccales varient selon la discipline. Cela suggère que le style et la technique du cavalier influencent la quantité de pression et d’irritation dans la bouche du cheval. Les normes des disciplines concernant l’utilisation des mors et des muserolles peuvent également jouer un rôle dans ces différences. [6][17]
Cavaliers avancés
Les cavaliers avancés présentent des compétences supérieures en matière de technique, d’équilibre et de posture, ce qui peut leur permettre de gérer leurs mouvements plus efficacement lorsqu’ils sont en selle. Une synchronisation des mouvements avec ceux du cheval permet une communication plus claire et réduit risque de tension excessive sur les rênes, pouvant causer des blessures buccales. [18]
Des études montrent que les différences dans les angles articulaires et l’activité musculaire entre les cavaliers avancés et novices influencent considérablement leur capacité à maintenir une posture et la stabilité. [19][20][21]
En fin de compte, un cavalier ayant une technique efficace a aussi de meilleures performances, ce qui réduit les risques de blessure autant pour le cheval que le cavalier. En comprenant le lien entre la condition physique du cavalier et la tension sur les rênes, les cavaliers peuvent adopter des techniques efficaces favorisant le bien-être du cheval.
Tension sur les rênes
Des comportements tels que l’ouverture de la bouche et les variations de vitesse au trot ont été associés à une tension élevée sur les rênes. Si ces comportements sont observés, ils peuvent indiquer que le cheval ressent un inconfort ou réagit à une pression excessive du mors. L’identification de ces signes peut aider les cavaliers à ajuster leurs techniques et à prévenir de nouvelles blessures ou un inconfort. [8]
Une tension continue et élevée sur les rênes peut exacerber l’intensité de la douleur causée par le contact du mors, en particulier après un traumatisme, et peut également entraver le processus de guérison. [17]
De plus, certains cavaliers peuvent avoir tendance à mettre une tension excessive sur les rênes en réponse à un cheval qui ne réagit pas suffisamment au contact du mors. L’augmentation de la tension sur les rênes de ces chevaux peut avoir l’effet inverse de celui souhaité, entraînant une résistance accrue et un manque de réactivité aux signaux du cavalier.
Au lieu d’augmenter la tension, il peut être plus efficace d’évaluer la technique du cavalier et le type de mors lorsqu’un cheval ne réagit pas suffisamment au contact. Au fil du temps, une pression excessive ou un mauvais ajustement du mors peuvent conditionner ces chevaux à ignorer les signaux subtils des rênes, créant un cercle vicieux de tension accrue et d’accoutumance supplémentaire aux signaux des rênes.
Causes médicales des lésions buccales
En plus de facteurs tels que les soins dentaires, l’utilisation du mors et l’influence du cavalier, diverses maladies, infections et problèmes systémiques peuvent également contribuer au développement de lésions buccales chez les chevaux.
Plusieurs affections médicales peuvent avoir un impact considérable sur la santé buccale d’un cheval, provoquant des douleurs, de l’inconfort et, potentiellement, des problèmes de santé plus graves. Les causes médicales des lésions buccales incluent : [9][10][11][12][13][14][15][16]
- Des infections et des maladies : des pathologies telles que la stomatite vésiculeuse (SV), l’habronémose (plaies d’été) et l’herpèsvirus équin (HVE)
- Des plantes et des substances toxiques : exposition à des plantes toxiques, des rodenticides, des herbicides ou des pesticides
- Un cancer : par exemple, un carcinome épidermoïde et des mélanomes
- Des corps étrangers : éclats de bois ou d’autres matières végétales
- Des réactions aux médicaments : effets indésirables de médicaments tels qu’une intoxication aux AINS, les effets secondaires des antibiotiques ou les surdoses
- Des maladies auto-immunes : affections rares comme le pemphigus vulgaire ou la pemphigoïde bulleuse, qui peuvent causer des lésions buccales
Si votre cheval développe des lésions buccales accompagnées d’autres signes de maladie, consultez un vétérinaire pour un diagnostic précis et un traitement approprié.
Facteurs de risque pour les lésions aux commissures des lèvres
Les lésions buccales chez les chevaux se trouvent le plus fréquemment sur les commissures internes des lèvres. Les mors de filet sont le style le plus couramment utilisé en Europe et ont été associés à des lésions dans et autour de cette zone, car c’est là qu’ils exercent une pression directe. [22][23]
Il a été démontré que les poneys présentent un risque plus faible de lésions buccales que les chevaux de type warmblood et les chevaux à sang froid. Cependant, les poneys se remettent généralement plus rapidement des plaies buccales que les chevaux, ce qui peut biaiser ces observations puisque les lésions transitoires pourraient ne pas avoir été observées durant les études. [5]
Les juments présentent un risque plus élevé de lésions modérées à graves comparativement aux hongres. [5] Cette observation pourrait être due à des différences dans la tension sur les rênes résultant du maniement, de l’éducation et de facteurs liés au cavalier. Les stéréotypes liés au sexe peuvent également influencer la façon dont les juments sont gérées par rapport aux hongres, ce qui pourrait contribuer à ce résultat. [8]
De bonnes performances sont souvent perçues comme un signe de bien-être optimal, suggérant que les chevaux qui se classent bien en compétition ne souffrent pas d’inconfort important, qui pourrait entre autres être causé par des lésions. Cependant, aucun lien n’a été établi entre la présence ou l’absence de lésions et le classement en compétition. [5] Ainsi, les chevaux offrant de bonnes performances pourraient tout de même ressentir de la douleur ou avoir des problèmes de santé sous-jacents.
Prévention
Il existe plusieurs moyens pour les propriétaires de chevaux de prévenir les lésions buccales chez leurs compagnons équins. Les cavaliers peuvent utiliser une combinaison de méthodes, incluant :
- Monter sans mors
- Changer le type ou la taille du mors
- Améliorer l’entretien de l’équipement et la technique du cavalier
Monter sans mors
L’équitation sans mors a récemment gagné en popularité, soutenue par un nombre croissant d’études comparant les pratiques avec mors et sans mors. De nouvelles modèles de brides sans mors émergent dans le but d’éliminer la douleur et de prévenir complètement les lésions buccales.
Bien que certains cavaliers hésitent à adopter les brides sans mors, car ils ont certaines inquiétudes reliées au contrôle et à la sécurité, les recherches indiquent que les cavaliers utilisant des brides sans mors garde un contrôle comparable à ceux utilisant des mors traditionnels. [24]
Cependant, de nombreux règlements de compétition restreignent encore l’utilisation des brides sans mors. Par exemple, les règlements de la FEI interdisent les brides sans mors dans des disciplines telles que le dressage, le concours complet (phases de dressage et de cross-country), l’attelage et la voltige. Les brides sans mors sont autorisées en saut d’obstacles, en endurance et dans la phase de saut du concours complet.
De même, la plupart des compétitions de course de chevaux interdisent les brides sans mors, malgré les preuves soutenant leurs bienfaits dans d’autres disciplines. Les avantages observés de la monte sans mors incluent : [22][23][24]
- Une réduction des comportements hyperactifs
- Une augmentation de la satisfaction du cavalier
- Une amélioration de la relation cavalier-cheval
- Une volonté accrue du cheval à collaborer
- Une réduction des comportements liés à la douleur
Bien que les brides sans mors ne soient pas autorisées dans certains contextes compétitifs, leur utilisation lors de la monte de tous les jours peut améliorer considérablement le bien-être équin en réduisant les risques de douleur et en prévenant les lésions buccales. Cela dit, il est important de noter que, tout comme le choix d’équipement, le fait de monter de manière consciencieuse et attentive aux signaux du cheval est essentiel pour garantir une expérience sans douleur.
Choix du mors
L’utilisation d’un mors adapté à votre cheval peut également prévenir les lésions buccales. Les facteurs à considérer incluent :
- L’épaisseur du mors
- Le type de mors
- L’ajustement du matériel
Conception du mors
Sélectionnez une épaisseur de mors adaptée en fonction de la taille de la cavité buccale du cheval afin de garantir un ajustement confortable et de minimiser le risque de lésions. Les études classent les mors fins comme étant de 10 à 13 mm, les mors moyens de 14 à 17 mm et les mors épais de 18 à 22 mm. [5]
La conception, l’action et l’ajustement du mors doivent être adaptés à l’anatomie faciale, aux mouvements/façon de se déplacer et au confort du cheval. Bien que les mors de filet soient souvent considérés comme l’option la plus simple, les recherches sur leurs effets sont mitigées. [1]
La sensibilité d’un cheval au mors ainsi que sa façon de se déplacer influencent sa réponse aux signaux des rênes. Bien que des mors plus simples soient souvent plus efficaces lorsqu’ils sont utilisés correctement, il est essentiel de se concentrer sur l’ajustement et le confort. Il n’est pas nécessaire de trop compliquer les choses : un mors simple et bien ajusté est généralement le meilleur choix, quel que soit le niveau d’expérience du cheval.
Ajustement de la bride
Évitez les muserolles trop serrées. Une muserolle correctement ajustée doit laisser assez d’espace pour pouvoir glisser deux doigts superposés entre la muserolle et le chanfrein. Assurez-vous que l’ensemble de la bride est bien ajustée pour éviter toute pression ou tout mouvement inutiles. Vérifiez l’ajustement lors du contact avec les rênes, car certains mors bougent davantage que d’autres, ce qui peut causer de l’inconfort.
Entretien
Un entretien régulier du matériel de votre cheval ainsi que l’optimisation de votre technique de cavalier peuvent également aider à prévenir les lésions buccales. Les facteurs à prendre en compte incluent :
- Le niveau de compétition : surveillez et ajustez régulièrement le matériel en vous concentrant sur la prévention de l’inconfort, plutôt que sur l’utilisation de mors plus sévères pour répondre à des exigences plus élevées. Un ajustement adéquat et une bonne technique doivent être priorisés à mesure que le cheval progresse dans son niveau de performance pour maintenir son bien-être à tous les niveaux.
- Le nettoyage après utilisation : après chaque utilisation, nettoyez le mors pour éliminer la salive et les débris susceptibles de provoquer des frottements.
- Entretien : inspectez fréquemment le mors, le bride et la bouche pour détecter les signes d’inconfort ou de dommages. Traitez rapidement tout problème pour éviter l’apparition de nouvelles lésions.
- Tension des rênes : veillez à alterner pression et relâchement tout au long des séances de monte afin d’éviter une application incorrecte ou une pression excessive lors du travail dans le manège.
Il est important de consulter un vétérinaire pour évaluer et résoudre tout problème lié aux lésions buccales causées par les mors. Un spécialiste de l’ajustement du mors peut également vous aider à choisir un mors qui assure le confort et le bien-être de votre cheval tout en répondant à vos besoins en tant que cavalier.
Foire aux questions
Les lésions buccales chez les chevaux peuvent être causées par des facteurs tels qu’une mauvaise santé dentaire, une utilisation incorrecte des mors et des muserolles, des infections, des blessures, des plantes ou substances toxiques, ainsi que des affections sous-jacentes comme le cancer ou des maladies auto-immunes. [5][6][10][11]
Les lésions buccales chez les chevaux sont traitées en s'attaquant à la cause sous-jacente, par exemple en améliorant les soins dentaires, en ajustant ou en remplaçant les mors ou l'équipement mal ajustés, ainsi qu'en traitant les infections ou blessures sous la supervision d'un vétérinaire. Des examens dentaires réguliers et une gestion adéquate du mors sont essentiels pour prévenir des dommages supplémentaires et favoriser la guérison. [1][5][6][20]
Les lésions buccales peuvent indiquer que votre cheval a besoin d’un mors différent, car un ajustement incorrect ou une conception de mors trop sévère peuvent causer des dommages buccaux. L'évaluation de la taille et du type de mors, la façon dont il s'ajuste à la bouche du cheval, ainsi que la consultation d'un spécialiste de l'ajustement des mors, peuvent aider à prévenir de nouvelles lésions et à améliorer le niveau de confort du cheval. [19]
Résumé
Les lésions buccales chez les chevaux sont un indicateur du bien-être général, soulignant des problèmes potentiels allant des traumatismes causés par les mors et l’influence du cavalier à la santé dentaire et à d'autres causes sous-jacentes.
- La présence de lésions buccales reflète souvent un inconfort ou une douleur sous-jacente, ce qui peut avoir un impact considérable sur la capacité d’un cheval à manger, boire et performer efficacement.
- Une mauvaise utilisation des mors, un maniement inadéquat par le cavalier, des problèmes dentaires et des maladies ou affections systémiques sont toutes des causes possibles de lésions des commissures buccales chez les chevaux.
- Vous pouvez contribuer à prévenir les lésions des commissures buccales chez les chevaux en apportant des ajustements au matériel, à la technique du cavalier et en vous assurant que votre cheval est à jour au niveau de ses soins dentaires et vétérinaires de routine.
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