Les parasites internes, ce qu’on appelle communément les vers, sont une préoccupation pour la plupart des propriétaires de chevaux. Ils peuvent engendrer de l’inflammation, un dysfonctionnement immunitaire et des maladies gastro-intestinales.

Dans une relation parasitaire, le parasite vit sur ou à l’intérieur d’un autre organisme. Il se sert de l’hôte pour se nourrir, s’abriter et se reproduire tout en lui causant des dommages. La relation hôte-parasite s’est développée au fil des millénaires. Le parasite et l’espèce hôte ont évolué en parallèle.

Tous les chevaux sont sujets aux infestations de parasites. Ces infections peuvent avoir un certain nombre de conséquences néfastes sur leur santé. Les symptômes d’infestation de parasites internes équins incluent la perte de poids, les coliques, un mauvais état général, un poil terne ou rêche, et le manque d’énergie.

La gravité de l’infection parasitaire varie d’un individu à l’autre en fonction de différents facteurs. Ces derniers comprennent notamment les conditions d’alimentation et de pâturage, la gestion des pâturages et les pratiques de vermifugation. [1]

Si vous soupçonnez que votre cheval a une charge parasitaire élevée, consultez votre vétérinaire pour obtenir un diagnostic et des options de traitement. En apportant des modifications au programme d’alimentation et à la gestion du cheval, il est possible de réduire le risque d’infestation par des parasites internes.

Common Equine Internal Parasites

Légende – Les parasites internes courants chez le cheval
Pinworms: Oxyures
Roundworms: Ascarides ou vers ronds
Bots: Œstres ou gastrophiles
Tapeworms: Ténias ou vers solitaires
Threadworms: Anguillules
Large strongyles: Grands strongles
Small strongyles: Petits strongles (cyathostomes ou trichonèmes)

La manière dont les chevaux contractent des parasites internes

Tous les animaux qui paissent ont une charge parasitaire intestinale. Les facteurs héréditaires et environnementaux influent sur la probabilité que certains animaux qui ont une charge parasitaire élevée développent une maladie clinique.

Les parasites intestinaux se transmettent d’un cheval à l’autre par voie fécale orale. Les parasites adultes se reproduisent dans le tractus gastro-intestinal du cheval. Les œufs passent ensuite dans les crottins et contaminent le milieu de vie. Un autre animal qui broute dans le même pâturage ou enclos ingère les œufs ou les larves. Le parasite se développe à l’intérieur de l’hôte jusqu’à atteindre le stade adulte.

Dans des conditions naturelles où les chevaux peuvent se déplacer librement, les parasites internes provoquent rarement une maladie clinique. En effet, les chevaux sauvages ont un mode de vie nomade qui les force à parcourir de grandes distances pour se nourrir. Dans cet environnement, ils ne broutent pas à proximité de leurs tas de crottins potentiellement contaminés par des œufs de parasites.

En revanche, le confinement des chevaux sur de petits pâturages a mené à une hausse de la charge parasitaire, car les populations d’œufs de parasites sont concentrées dans des aires restreintes.

À moins d’interrompre le cycle, les parasites continuent à se reproduire et à infecter tous les chevaux qui broutent dans le pré.

Les charges parasitaires élevées sont plus fréquentes chez les jeunes animaux, car leur immunité gastro-intestinale n’est pas encore complètement développée. Les chevaux adultes acquièrent une certaine immunité contre certains types de parasites. Certains adultes restent néanmoins sujets toute leur vie à l’accumulation d’une charge parasitaire importante.

Les types de parasites internes qui affectent les chevaux

Il existe plus de 150 espèces de parasites internes qui peuvent affecter le cheval. Aujourd’hui, les espèces les plus pertinentes d’un point de vue clinique comprennent les petits strongyles, les vers ronds ou ascarides, et les ténias, aussi appelés vers solitaires.

Les grands strongles ou grands strongyles (Strongylus vulgaris)

Autrefois, on considérait les grands strongles comme étant les parasites internes les plus dangereux pour les chevaux. Une partie de leur cycle de vie consiste à migrer à travers l’artère mésentérique, la principale voie d’apport sanguin à l’intestin. Cette migration cause des dommages importants et l’altération de la circulation sanguine vers l’intestin affecté, une pathologie nommée « artérite vermineuse ». Dans les cas graves, les chevaux mouraient de complications liées aux coliques.

La bonne nouvelle est que depuis les années 1970, les pratiques de vermifugation fréquente ont considérablement réduit la prévalence de ce parasite. [2] Par conséquent, les infestations de grands strongles sont désormais rares chez les chevaux domestiques.

Les petits strongles (cyathostomes ou trichonèmes) (Cyathostomin spp.)

De nos jours, les petits strongles, aussi désignés cyathostomes ou trichonèmes, sont les parasites internes les plus fréquemment retrouvés chez les chevaux. [3] Une fois ingérées, les larves de ce parasite s’enfouissent dans la muqueuse intestinale du gros côlon où elles continuent à se développer. À ce stade, on parle d’une population de « strongles enkystés ». À un certain moment, les larves adultes émergent.

Les strongles enkystés peuvent être dangereux pour le cheval si un grand nombre de larves enkystées émergent tout d’un coup. C’est ce qu’on appelle la cyathostominose larvaire. La plupart des chevaux touchés ne présentent pas de signes cliniques d’infection, mais on rapporte que la cyathostominose larvaire est fatale dans 50 % des cas[4]

Les jeunes chevaux âgés d’un à quatre ans sont les plus enclins aux infestations de strongles puisqu’ils n’ont pas encore développé leur immunité contre ce parasite. [5]

Les ascarides ou vers ronds (Parascaris equorum)

Les ascarides, également appelés vers ronds, peuvent atteindre 50 centimètres de long. Ils sont particulièrement dangereux pour les poulains et les jeunes chevaux.

Une fois ingérées, les larves de vers ronds traversent la paroi intestinale et migrent vers le foie, puis vers les poumons d’où le cheval les expulse en toussant pour ensuite les avaler. Les larves deviennent adultes dans l’intestin.

Les chevaux qui ont une charge élevée de vers ronds peuvent développer une toux ou un écoulement nasal pendant que les larves migrent vers les poumons. Si la charge d’ascarides est importante, ils peuvent également montrer des signes de perte de poids, développer un gros ventre et souffrir de diarrhée. Dans les cas graves d’infestation d’ascarides, les parasites adultes peuvent obstruer l’intestin grêle et provoquer des coliques. [6][7]

Les ténias ou vers solitaires (Anoplocephala perfoliata)

Les ténias sont une autre espèce de grand parasite interne potentiellement dangereux. Ils peuvent atteindre 20 centimètres de long.

Un hôte intermédiaire, l’acarien oribate, est responsable de leur transmission. Cet acarien se trouve dans l’herbe, le fourrage récolté et même la moulée de céréales.

Une fois que le cheval a ingéré l’acarien, les larves de ténia deviennent des vers adultes. Dans les six à dix semaines suivantes, les femelles perdent les proglottis, soit les enveloppes des œufs, que le cheval élimine dans les crottins.

Les ténias se rassemblent en grappes à la jonction iléo-cæcale qui se trouve entre le petit et le gros intestin, où ils peuvent perturber la motilité gastro-intestinale et causer des coliques. [8][9]

Les jeunes chevaux et les animaux âgés de plus de 15 ans semblent courir le plus grand risque d’infection par le ténia.

Les oxyures (Oxyuris equi)

Les oxyures pondent des œufs sur le pourtour extérieur de l’anus du cheval. Ils provoquent des démangeaisons et une irritation. Les chevaux se grattent contre les arbres, les murs de stalle ou tout ce qu’ils peuvent trouver pour soulager les démangeaisons.

Ces grattages fréquents peuvent conduire à la perte des crins et à la formation de plaies autour de l’anus qui peuvent s’infecter.

Les anguillules (Strongyloides westeri)

Les infections graves d’anguillules chez les poulains peuvent entraîner un retard de croissance, un manque d’énergie, de la diarrhée et l’anémie. En revanche, la plupart des chevaux développent une immunité naturelle contre ces parasites vers l’âge de six mois.

La mère peut transmettre les anguillules dans son lait. Par conséquent, la vermifugation de la poulinière pendant la gestation peut aider à réduire la transmission des anguillules au poulain.

Les œstres ou gastrophiles (Gastrophilus intestinalis)

Les gastrophiles, aussi appelés varrons ou œstres, sont un parasite saisonnier qui dépose des œufs sur les poils du cheval pendant les mois de pâturage estivaux. Le cheval ingère ensuite un certain nombre d’œufs en se toilettant.

Une fois dans la bouche, les œufs de gastrophiles éclosent en larves qui migrent vers l’estomac pour se fixer à la muqueuse où ils continuent de se développer. Ils se détachent plus tard de la muqueuse et passent dans les crottins où ils se transforment en mouches.

En général, on ne reconnaît pas d’importance clinique aux gastrophiles. Il est toutefois concevable que la présence d’un grand nombre de larves de gastrophiles dans l’estomac puisse irriter la muqueuse ou causer une obstruction gastrique.

Les symptômes d’infection parasitaire chez les chevaux

Les chevaux infectés par une grande quantité de parasites peuvent présenter des symptômes cliniques. Ceux-ci peuvent comprendre :

  • un mauvais état de chair;
  • un ralentissement de la croissance ou un mauvais état général dans le cas des jeunes chevaux;
  • la diarrhée;
  • les coliques;
  • une baisse de performance à l’effort;
  • une baisse de rendement reproducteur;
  • le grattage de la queue (particulièrement dans le cas des oxyures).

Le cheval peut également avoir un taux d’infection élevé et ne présenter aucun symptôme clinique.

Les étapes pour établir un calendrier de lutte contre les parasites

Il importe de noter que tous les chevaux abritent normalement une certaine quantité de parasites internes en tout temps.

L’objectif du programme de contrôle des parasites n’est pas d’éradiquer tous les parasites chez un individu. Il s’agit plutôt de restreindre les infestations afin que les animaux demeurent en bonne santé et ne développent pas de maladie clinique.

Jusqu’à récemment, on recommandait de vermifuger fréquemment et régulièrement tous les chevaux. En raison de la résistance grandissante aux médicaments, les vétérinaires déconseillent désormais cette approche. Ils privilégient plutôt une approche ciblée qui vise à traiter uniquement les individus qui présentent un taux d’infection élevé.

L’American Association of Equine Practitioners a revu ses directives pour le contrôle des parasites en 2019. Leur objectif est d’aider les vétérinaires à améliorer les stratégies et les protocoles de lutte contre les parasites équins, ainsi que de combattre la hausse de la résistance aux médicaments. [9]

L’AAEP a élaboré ses recommandations en se fondant sur les éléments suivants : [9]

  1. Aujourd’hui, les petits strongles et les ténias représentent les parasites internes les plus pertinents chez les chevaux adultes d’un point de vue clinique. En revanche, les ascarides demeurent le parasite le plus important en ce qui concerne l’infection des poulains et des chevaux récemment sevrés.
  2. La résistance aux médicaments est très répandue parmi les petites espèces de strongles et de vers ronds. [10][11]
  3. Il faut personnaliser le protocole de lutte contre les parasites en fonction de chaque individu. En effet, la prédisposition aux infestations de petits strongles et le degré d’excrétion des œufs varient considérablement chez les chevaux adultes.
  4. Les chevaux âgés de moins de trois ans sont plus sensibles aux infections parasitaires et courent un plus grand risque de développer une maladie. Ils requièrent donc une attention particulière.

La coproscopie

La première étape de mise en œuvre d’un protocole de lutte contre les parasites consiste à demander au vétérinaire d’effectuer une coproscopie pour chaque cheval. Ce test dénombre le nombre d’œufs de parasites par gramme de matière fécale que le cheval excrète. Le résultat représente sa charge parasitaire totale. La coproscopie permet aussi d’identifier les parasites présents dans les excréments.

Les résultats de la coproscopie placent le cheval dans l’une des trois catégories suivantes : faible excréteur, excréteur modéré ou fort excréteur. [10]

  • Dans le cas des faibles excréteurs, la coproscopie dénombre moins de 200 œufs par gramme de matière fécale (epg).
  • La coproscopie des excréteurs modérés compte de 200 à 500 œufs par gramme.
  • Les crottins des forts excréteurs contiennent plus de 500 œufs par gramme.

La catégorie d’excrétion détermine la fréquence annuelle de vermifugation requise par le cheval.

On estime que 50 à 75 % des chevaux adultes appartiennent à la catégorie des « faibles excréteurs » et que l’excrétion des œufs demeure relativement constante durant toute la vie de l’animal adulte. [9][10]

Les catégories d’excréteurs sont utiles pour les chevaux adultes ou ceux âgés de plus de quatre ans. Les poulains et les jeunes chevaux sont soumis à des directives spéciales décrites dans les sections suivantes.

Les coproscopies standards ont toutefois des limites. [9] Nous abordons ces limites dans les sections suivantes qui traitent des pratiques recommandées de contrôle des parasites.

  • Les coproscopies ne détectent pas les parasites aux stades immature ou larvaire, y compris les strongles enkystés.
  • Elles ne décèlent pas ou sous-estiment souvent les infections par le ténia.
  • L’examen repère rarement les œufs d’oxyures, car le cheval ne les élimine pas dans les crottins.

En ayant recours aux coproscopies, les propriétaires de chevaux peuvent contribuer à préserver l’efficacité des vermifuges et à minimiser le traitement inutile des animaux qui excrètent peu d’œufs. De plus, le traitement ciblé des forts excréteurs peut aider à réduire la contamination des pâturages et le fardeau parasitaire de l’ensemble du troupeau. [12]

Les médicaments anthelminthiques (les vermifuges)

L’étape suivante consiste à sélectionner un produit approprié pour réussir à éliminer les parasites nocifs pour le cheval.

On peut classer les anthelminthiques modernes en quatre catégories principales selon leur formule chimique et leur action chez le cheval :

  • Les benzimidazoles ciblent les vers ronds (ascarides), les strongyles (grands, petits et enkystés), les oxyures et les anguillules.
  • Le pamoate de pyrantel cible les vers ronds (ascarides), les strongyles (grands et petits) et les oxyures.
  • Les lactones macrocycliques ciblent les strongyles (grands, petits et enkystés), les oxyures, les gastrophiles (œstres) et certains parasites externes.
  • Le praziquantel cible uniquement les ténias (vers solitaires).

Il existe également des produits anthelminthiques qui combinent deux ou trois molécules. Ils sont destinés à contrôler efficacement les parasites résistants aux médicaments. [13]

Mise en garde : les vermifuges équins ne sont pas conçus pour les espèces autres que les chevaux. Ils peuvent être toxiques pour le bétail, les chats, les chiens et les humains. On doit tenir les vermifuges hors de portée des animaux et des enfants, et se débarrasser soigneusement des vermifuges usagés. Le protocole de lutte contre les parasites qui convient aux chevaux, au bétail et aux animaux de compagnie doit faire l’objet d’une discussion avec le vétérinaire. [14]

Le calendrier de vermifugation

La mise en œuvre d’un calendrier d’administration des vermifuges est essentielle pour en maximiser l’efficacité et diminuer la contamination du milieu de vie.

Les vétérinaires recommandent de concentrer les traitements anthelminthiques sur les périodes de l’année où la transmission est la plus active. En général, il s’agit du printemps et de l’automne, alors que les températures sont plus modérées (de 32 à 77 °F ou de 0 à 25 °C). [9]

Inversement, on recommande d’éviter ou de limiter les traitements pendant l’hiver et l’été, lorsque les conditions environnementales sont difficiles et ne favorisent pas la survie ou la transmission des larves. [9]

Pour les ténias en particulier, le protocole recommande de traiter les chevaux une fois par an à la fin de l’automne ou au début de l’hiver, après la première grande gelée, lorsque la transmission saisonnière prend fin. Les chevaux qui vivent dans les régions sèches et arides peuvent être peu exposés aux ténias ou encore pas du tout. Conséquemment, ils peuvent ne pas requérir de traitement qui cible le ténia. [9]

La résistance aux anthelminthiques

De nos jours, l’émergence de la pharmacorésistance à divers anthelminthiques est une préoccupation importante pour le bien-être des chevaux. L’utilisation inappropriée des vermifuges, à savoir une administration excessive, accélère la croissance de la résistance aux médicaments.

Les scientifiques ont documenté une résistance généralisée aux benzimidazoles dans les populations de petits strongles, ainsi qu’une résistance répandue aux pyrimidines et des indications précoces de résistance aux lactones macrocycliques. [4][10]

Dans le cas des ascarides, les chercheurs ont documenté une résistance généralisée aux lactones macrocycliques, avec des indications précoces de résistance aux benzimidazoles et aux pyrimidines. [2][11]

Le test de réduction des œufs fécaux (Fecal Egg Count Reduction Test ou FECRT en anglais) est la seule méthode disponible pour mesurer la résistance à un anthelminthique précis. [9]

  • Pour effectuer ce test, on prélève un échantillon de matière fécale avant d’administrer le vermifuge, puis 14 jours après le traitement.
  • L’interprétation des résultats du test de réduction des œufs fécaux est représentative uniquement de l’ensemble du troupeau et elle n’est pas exacte en ce qui concerne chaque individu.

Les directives actuelles pour les chevaux adultes

La lutte contre les parasites se concentre désormais sur le contrôle des petits strongles.

Tous les chevaux adultes peuvent bénéficier d’un protocole de base qui consiste à leur administrer un ou deux vermifuges par an. Les faibles excréteurs qui possèdent une forte immunité naturelle contre les petits strongles ne tirent aucun profit de traitements supplémentaires. [9]

  • Les excréteurs modérés et forts requièrent une vermifugation plus fréquente, généralement trois ou quatre fois par an.
  • Le protocole doit inclure un traitement efficace contre les larves enkystées vers la fin de la saison de pâturage, soit à l’automne dans les climats nordiques ou au printemps dans les climats tropicaux et subtropicaux.

De plus, il faut traiter les chevaux adultes contre les ténias une fois par an, habituellement à la fin de l’automne ou au début de l’hiver, soit après la première grande gelée. On peut alors employer un produit combiné qui contient du praziquantel ou une dose cestocide (une double dose) de pamoate de pyrantel. [9]

Les directives actuelles pour les chevaux âgés de moins de trois ans

Au cours de leur première année de vie, les poulains doivent recevoir au moins quatre traitements vermifuges. [9]

  • Le premier vermifuge est un benzimidazole donné à l’âge de deux à trois mois.
  • On donne le deuxième vermifuge à l’âge de quatre à six mois, juste avant le sevrage, après avoir effectué une coproscopie pour identifier les principales cibles (strongles ou ascarides).
  • Le troisième vermifuge donné à l’âge de neuf mois cible principalement les strongles et les ténias.
  • Le quatrième vermifuge donné à l’âge de douze mois cible principalement les strongles.

Il faut continuer à traiter les chevaux âgés d’un an et de deux ans comme de « forts excréteurs ». Ils doivent donc recevoir trois traitements par an. [9]

La précision du dosage est importante dans le cas des jeunes chevaux, d’autant plus que leur poids change radicalement à mesure qu’ils grandissent!

Les traitements alternatifs pour lutter contre les parasites

L’augmentation de la résistance aux anthelminthiques et le désir de certains propriétaires de chevaux d’éviter les vermifuges chimiques ont conduit à une croissance du marché des vermifuges à base de plantes et d’autres produits alternatifs. Il convient de noter qu’il existe peu de recherches concernant l’efficacité de ces produits. [9]

La terre de diatomées est un autre traitement alternatif qui peut intéresser les propriétaires de chevaux à la recherche d’une solution holistique. Nous déconseillons son emploi à long terme en raison du risque de carences nutritionnelles secondaires.

De plus, il existe peu d’études qui étayent l’efficacité de la terre de diatomée. Selon nos recherches, aucune étude n’a encore porté sur les chevaux. La recherche menée sur les bovins et les ovins n’a montré aucun effet sur les coproscopies ni sur les mesures de croissance et de rendement. [15][16] Une étude menée sur des poules a rapporté que les sujets qui ont reçu de la terre de diatomée ont obtenu des résultats de coproscopie inférieurs à ceux du groupe témoin. [17]

Les stratégies de gestion pour le contrôle des parasites internes

En plus des médicaments anthelminthiques, il existe plusieurs stratégies de gestion efficaces pour diminuer la charge parasitaire des chevaux. Elles incluent celles qui suivent :

Éviter la surpopulation

Il importe avant tout d’éviter de surcharger les pâturages en y hébergeant trop d’animaux. L’élevage d’un trop grand nombre de chevaux dans un petit pâturage augmente la quantité de crottins et surexploite le pré. Ces deux facteurs peuvent accroître la transmission des parasites.

Les recommandations de nombre d’individus par pâturage varient en fonction du terrain et des espèces de graminées qui y poussent. En règle générale, on estime qu’il faut compter un à deux acres de pâturage par cheval.

Le pâturage en rotation ou en bandes

La rotation des pâturages ou le pâturage en bandes constitue une autre stratégie de lutte contre les parasites internes. On déplace alors les chevaux d’un pré ou d’une bande de pâturage à l’autre au cours de l’année.

Cette pratique diminue la probabilité que les chevaux broutent l’herbe trop près du sol où les larves de strongles ont tendance à se regrouper. Cette stratégie permet de diminuer la transmission des parasites.

Le co-pâturage

Le co-pâturage avec d’autres animaux d’élevage peut d’autre part diminuer la charge parasitaire des chevaux. Une étude a révélé que les jeunes chevaux qui paissent dans le même pâturage que des bovins obtiennent de meilleurs résultats à la coproscopie[5]

Le co-pâturage aide à réduire les parasites chez les chevaux, car les autres animaux d’élevage ingèrent un certain nombre de larves spécifiques aux équidés. Ces parasites ne sont pas nocifs pour les animaux autres que les chevaux, car ils ne peuvent pas poursuivre leur cycle de vie chez d’autres espèces.

Le pâturage et la culture du foin en alternance

Une autre façon d’interrompre le cycle de vie des parasites est de permettre aux chevaux de brouter dans un champ au printemps, puis de couper le foin dans ce même champ pendant l’été.

Les larves de parasites meurent pendant le séchage. On peut ensuite réintroduire les chevaux dans le pré à la fin de l’été ou à l’automne.

Le hersage

Selon le climat de la région, le hersage des pâturages peut s’avérer être une stratégie de lutte contre les parasites utile ou nocive. Le hersage consiste à tracter un outil derrière un tracteur pour désagréger et épandre les tas de crottins dans un pré.

  • Sous les climats chauds et secs, le hersage d’un pâturage, à condition d’en retirer les chevaux pendant plusieurs semaines, peut entraîner la mort des larves existantes. Cette pratique peut donc s’avérer utile.
  • Sous les climats modérés et humides, cette tactique ne tue probablement pas les larves de parasites et tend plutôt à accroître la transmission.

Cela dit, le hersage est surtout efficace pour tuer les strongles. Les ascarides peuvent survivre au hersage.

La gestion du fumier

Le cheval moyen produit entre 27 et 32 kilogrammes (entre 60 et 70 livres) de matières fécales par jour. Le ramassage assidu des crottins dans les pâturages est un volet crucial de la lutte contre les parasites. On peut transporter le fumier ramassé hors site ou le composter.

La notion qui sous-tend la gestion du fumier est simple : moins de crottins dans le pâturage signifie moins de larves de parasites que le cheval peut éventuellement ingérer.

Le soutien nutritionnel

Une charge parasitaire élevée dans l’intestin peut compromettre l’absorption des nutriments et l’état de santé global du cheval. Elle devient évidente lorsqu’on constate des symptômes tels que la perte de poids et la diarrhée.

Certains types de parasites, notamment les vers ronds, peuvent affecter certains organes au-delà de l’intestin, y compris le foie et les poumons. Si le cheval reçoit un résultat positif qui signale la présence de vers ronds, il aura possiblement besoin d’un soutien supplémentaire pour le foie et la fonction respiratoire.

Pour soutenir la fonction hépatique, on peut envisager l’ajout d’un supplément de chardon-Marie au moment de la vermifugation et après l’administration du médicament. De plus, on peut soutenir la santé respiratoire en distribuant du foin peu poussiéreux, en le faisant tremper ou en le mettant dans des filets à foin suspendus au-dessus du sol.

Après l’administration d’un vermifuge, il faut veiller à rétablir une fonction intestinale saine pour permettre au cheval de se remettre des effets néfastes des parasites. Les sources de fibres hautement digestibles telles que la pulpe de betterave ou les pellicules de soja peuvent nourrir les microbes bénéfiques de l’intestin postérieur et stimuler la fermentation dans cette partie du tube digestif.

On peut donner au cheval qui vient de recevoir un anthelminthique un supplément de probiotiques qui contient des microbes bénéfiques vivants. Ceux-ci aident à favoriser la digestion des fibres dans l’intestin postérieur. On doit rechercher les suppléments qui contiennent un grand nombre d’unités formant colonie (UFC). On garantit ainsi qu’un nombre suffisant de microbes puisse atteindre l’intestin postérieur et exercer un effet appréciable sur la digestion.

Les parasites internes sont là pour de bon. Toutefois, en comprenant comment ils affectent les chevaux et en mettant en œuvre des stratégies de traitement et de gestion appropriées, il est possible de mieux contrôler leur nombre et de réduire leurs effets néfastes sur la santé du cheval.

Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées sur les parasites internes chez les chevaux :

Résumé

Les parasites internes sont courants chez les chevaux et peuvent entraîner une perte de poids, des coliques, un mauvais état du pelage, de la léthargie, ainsi que des problèmes immunitaires et intestinaux plus généralisés.

  • Les parasites se propagent par la voie oro-fécale au pâturage, et le risque est plus élevé lorsque le pâturage est surpeuplé ou mal géré.
  • Les parasites les plus répandus aujourd’hui sont les petits strongles (y compris les stades enkystés), les ascarides chez les poulains et les ténias, bien que les oxyures, les strongyloïdes et les gastérophiles soient également présents chez les chevaux.
  • Le diagnostic et le contrôle devraient être ciblés : utiliser des numérations d’œufs dans les fèces pour classer les excréteurs, vermifuger selon les résultats et planifier les traitements principalement au printemps et à l’automne tout en traitant les ténias une fois par année.
  • La résistance aux médicaments est répandue; il faut donc alterner les produits de façon réfléchie (y compris le praziquantel pour les ténias) et vérifier l’efficacité au niveau du troupeau au moyen de tests de réduction du nombre d’œufs dans les fèces.
  • Réduire l’exposition grâce à la gestion en évitant le surpâturage, en ramassant le fumier, en faisant une rotation des pâturages ou en pratiquant le pâturage mixte, en envisageant la récolte de foin des champs, et en n’utilisant la herse que par temps chaud et sec.
  • Soutenir la récupération après la vermifugation avec un bon fourrage, du sel/de l’eau et des probiotiques au besoin.
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Références

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  2. Tydén, E. et al. Prevalence of Strongylus vulgaris in horses after ten years of prescription usage of anthelmintics in Sweden. Vet Paratisol. 2019. View Summary
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  4. Scare, J. A. et al. Dealing with double trouble: Combination deworming against double-drug resistant cyathostomins. Int J Parasitol Drug Res. 2020. View Summary
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