Un dos fort est l’un des principaux indicateurs d’un cheval en bonne condition physique. En plus d’être esthétique et de soutenir les performances, un dos bien développé peut protéger le cheval qui travaille des contraintes et des blessures.
Les chevaux dont la chaîne dorsale est solide ont une arrière-main plus puissante, sont moins susceptibles de souffrir de dorsalgie et risquent moins de développer de l’arthrite dans les jarrets. [1]
Le développement et l’entretien d’une chaîne dorsale robuste dépendent d’une combinaison de facteurs qui incluent l’hérédité, une alimentation adéquate, des méthodes d’entraînement adaptées et un harnachement bien ajusté. Le cheval doit recevoir une alimentation équilibrée qui répond à ses besoins en protéines et en acides aminés.
Des exercices et des étirements simples peuvent stimuler le développement musculaire, améliorer le dos du cheval et l’aider à conserver une meilleure mobilité à mesure qu’il vieillit.
La faiblesse du dos peut être le résultat d’une boiterie, de la myopathie à stockage de polysaccharides (PSSM) ou du PPID (maladie de Cushing). Si la musculature dorsale du cheval s’atrophie ou que son dos se développe difficilement, nous vous conseillons d’en parler au vétérinaire et à un nutritionniste équin.
En quoi consiste la chaîne dorsale du cheval?
La chaîne dorsale du cheval, souvent désignée par le calque de l’anglais « ligne du dessus », est la partie du corps qui prend naissance au garrot, se poursuit le long du dos et des reins et se prolonge jusqu’à la croupe. Elle soutient la structure suspendue formée de la colonne vertébrale et de la région sacro-iliaque.
La colonne vertébrale du cheval ressemble à un pont suspendu : les membres sont fixés à chaque extrémité du pont. Les muscles et les ligaments dorsaux forment le câble qui supporte la plate-forme suspendue et l’empêche de s’affaisser.
Une colonne vertébrale qui manque de soutien est plus sujette à subir des dommages qui peuvent être douloureux et permanents. Une chaîne dorsale robuste protège et supporte la colonne vertébrale. [2]
Les muscles du dos
Les principaux muscles qui forment le dos sont :
- Longissimus dorsi: il s’agit du plus grand muscle du dos équin. Il prend naissance dans les processus épineux qui font saillie sur les vertèbres des régions sacrale, lombaire et thoracique, ainsi que dans les hanches. Le Longissimus dorsi stabilise la colonne vertébrale et permet au dos de se mouvoir correctement. Ce muscle supporte la selle et le cavalier.
- Latissimus dorsi: ce muscle s’étend du tissu conjonctif qui se trouve entre les vertèbres thoraciques et la croupe pour venir se fixer à l’humérus, soit l’os supérieur du membre antérieur. Son rôle est de ramener le membre vers l’arrière et de propulser le cheval vers l’avant.
- Le trapèze: il s’agit d’un muscle plat et mince qui se trouve dans la région du garrot et qui s’étend de l’encolure à l’omoplate, ainsi que de l’épaule aux vertèbres thoraciques. Il sert à mouvoir l’omoplate (la scapula) d’avant en arrière.
Les exercices pour renforcer la musculature dorsale équine ciblent principalement le muscle longissimus dorsi, mais ils mobilisent aussi le latissimus dorsi, le trapèze et d’autres muscles plus petits comme le spinalis dorsi.
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L’évaluation du dos équin
On peut évaluer l’état du dos du cheval en l’observant et en le palpant. La musculature doit être lisse et plate, et le corps du cheval doit paraître bien arrondi.
L’accumulation excessive de graisse peut compliquer l’évaluation du dos. Il faut donc combiner une évaluation précise de l’état de chair à l’évaluation du dos pour obtenir une image plus complète de la condition physique du cheval.
La fonte des réserves adipeuses peut faire en sorte que les muscles du dos semblent s’atrophier. On doit donc faire la distinction entre le gras et les muscles afin de prendre les bonnes décisions concernant l’entraînement et la nutrition.
On évalue l’état de chair au moyen du système de notation Henneke. Cette échelle de 1 à 9 mesure le volume des dépôts adipeux sur l’encolure, le garrot, les épaules, les côtes, la croupe et l’attache de la queue.
Un score de 5 est jugé idéal. La ligne dorsale est lisse et horizontale, le garrot est arrondi et on sent facilement les côtes sous une mince couche de graisse.
Le score d’évaluation du dos
Le score d’évaluation du dos peut être utile pour évaluer l’état du dos équin et suivre ses changements au fil du temps : [11]
| Score | Description | Repères visuels |
|---|---|---|
| A | Idéal |
|
| B | Les muscles de part et d’autre du garrot et de la colonne vertébrale sont atrophiés. |
|
| C | L’atrophie des muscles du dos est visible du garrot jusqu’aux reins. |
|
| D | L’ensemble de la chaîne dorsale et de la croupe est médiocre. |
|
Les exercices pour améliorer l’état du dos du cheval
On peut effectuer les exercices pour développer le dos en main, en selle ou en longe. On peut adapter les exercices suivants à la condition physique du cheval en vue de développer son dos :
- la descente d’encolure ou l’étirement « bas et rond »;
- les transitions;
- les barres au sol;
- le reculer;
- les mouvements latéraux;
- le travail en pente.
La descente d’encolure (les étirements « bas et ronds »)
La descente d’encolure ou étirement « bas et rond » consiste à demander au cheval d’allonger son nez vers l’avant et vers le bas pendant la séance d’entraînement, tout en demeurant détendu et en engageant les postérieurs. Le cheval doit « suivre le mors » sur des rênes lâches et semble essayer de renifler quelque chose près du sol.
La descente d’encolure étire les muscles du dos, notamment le longissimus et le spinalis dorsi. Ce mouvement encourage le cheval à contracter les abdominaux, ce qui renforce la chaîne ventrale qui soutient le dessous de la colonne vertébrale.
Lorsque le cheval étire le dos de cette manière, les protubérances osseuses qui se trouvent sur le dessus des vertèbres, appelées processus épineux, s’écartent comme un éventail et l’intervalle entre elles s’élargit. Ces exercices peuvent aider à prévenir les conflits de processus épineux (kissing spine), un trouble qui se caractérise par la diminution de l’espace entre les processus épineux.
L’exercice consiste à inviter le cheval à se déplacer avec une attitude allongée et basse tout en engageant simultanément l’arrière-main pour mieux porter le cavalier.
Il ne suffit pas de simplement abaisser la tête du cheval. L’équilibre et l’assiette du cavalier sont essentiels pour permettre au cheval de se porter avec souplesse, rectitude et équilibre.
Une démonstration
Un dos tendu et inversé ne peut pas supporter efficacement le poids du cavalier et engendre inévitablement de la douleur. Vous pouvez le ressentir en faisant l’exercice suivant :
- Mettez-vous à genoux sur le sol.
- Levez la tête et regardez droit devant vous en contractant les abdominaux.
- Demandez à un assistant de s’asseoir sur votre dos. Soyez attentif à la faiblesse ressentie pour supporter la charge.
- Toujours à quatre pattes, baissez la tête et le cou, puis contractez les muscles abdominaux. Vous devriez sentir qu’il est beaucoup plus facile de porter la charge sur votre dos.
Les aides artificielles d’entraînement
On peut effectuer les exercices de descente d’encolure en selle ou en longe. Les chevaux inexpérimentés peuvent initialement éprouver des difficultés à s’étirer correctement vers le bas en arrondissant le dos. On utilise parfois des aides artificielles telles que les systèmes de longe, les martingales allemandes ou les enrênements latéraux pour leur enseigner l’exercice au sol.
Une fois que le cheval comprend ce qu’on attend de lui, on peut enlever les aides artificielles et le laisser s’étirer de lui-même.
Les erreurs fréquentes
On observe deux erreurs fréquentes lors de cet exercice :
Un enrênement mal ajusté : si l’enrênement est trop serré, le cheval se défend contre l’aide plutôt que de se détendre pour s’étirer. Les enrênements de longe sont destinés à encourager le cheval, et non pas à l’obliger.
Si l’enrênement est trop lâche, le cheval inexpérimenté ne mobilisera pas correctement ses muscles. Si vous utilisez ces outils pour la première fois, demandez l’aide d’un entraîneur ou d’un formateur expérimenté.
L’absence de stimulation à l’arrière du cheval : les chevaux sont capables d’abaisser passivement la tête sans mobiliser les muscles dorsaux. Cela est dû au ligament nucal, une bande de tissu fibreux qui soutient la tête et l’encolure.
Pour mobiliser correctement les muscles abdominaux et dorsaux, le cheval doit engager les postérieurs. Encouragez le cheval à se déplacer avec impulsion. Pensez à faire des transitions et à lui demander de franchir des barres au sol comme nous l’expliquons plus bas. Certains entraîneurs utilisent un système de longe muni d’un enrênement de croupe qui encercle l’arrière-main du cheval pour parvenir au résultat attendu. [3]
Les transitions
Les transitions effectuées correctement, que ce soit en main, sous la selle ou en longe, incitent le cheval à porter sa masse vers l’arrière et à pousser avec les postérieurs tout en trouvant son équilibre et en renforçant son dos.
Les transitions aident le cheval à élever le garrot et l’encouragent à se détendre et à mobiliser l’intégralité de la chaîne dorsale. Les transitions descendantes incitent le cheval à ramener la croupe sous lui et à engager les muscles du dos à mesure qu’il diminue son impulsion. Les demi-arrêts effectués en selle sont également bénéfiques.
Travaillez les transitions correctement et intentionnellement. Elles doivent être précises et le cheval doit réagir immédiatement. Autrement dit, il ne doit pas négliger d’engager les postérieurs lorsqu’il change d’allure.
Soyez attentif à ce que vous ressentez lorsque le cheval déplace l’arrière-main. Tend-il l’arrière-main comme un ressort ou creuse-t-il le dos, ce qui engendre une sensation saccadée? Les transitions fluides accompagnées d’une poussée des postérieurs sont un excellent moyen de développer un bon dos. [4]
Les barres au sol
On peut aussi travailler sur des barres au sol en main, en selle ou en longe. Les barres surélevées ou posées sur le sol sont un excellent moyen d’encourager le cheval à soulever le dos, à contracter les muscles abdominaux et à arrondir la chaîne dorsale.
La proprioception est une composante majeure du travail sur les barres au sol. La proprioception implique que le cheval sait où poser ses pieds lorsqu’il se déplace. Si le cheval n’a jamais franchi de barres, il peut avoir de la difficulté à les passer correctement. Pour assurer sa sécurité et lui éviter de trébucher, introduisez l’exercice au pas sur une seule barre.
Une fois que le cheval est habitué au franchissement d’une seule barre, vous pouvez en ajouter une deuxième à une distance de 1,22 mètre (4 pieds) de la première. Encouragez le cheval à faire de longues foulées au-dessus de chaque barre. Une fois qu’il franchit les barres au pas avec assurance, vous pouvez introduire les barres au trot et en augmenter le nombre.
Au trot, le cheval doit faire une battue entre chaque barre. Les chevaux n’ont pas tous la même amplitude de foulée au trot. Il est parfois nécessaire d’ajuster la distance entre les barres.
Une fois que le cheval franchit les barres en toute confiance tout en poussant avec les postérieurs, vous pouvez soulever l’une des extrémités. La hauteur des barres peut varier de 5 à 10 centimètres (de 2 à 4 pouces).
Cet exercice motive le cheval à soulever les membres plus haut pour mieux mobiliser les muscles de l’abdomen et du dos. [4]
Le reculer
Le reculer encourage le cheval à ramener les postérieurs sous lui et à mobiliser ses muscles abdominaux et dorsaux. On peut demander le reculer en main ou en selle, mais la plupart des chevaux sont plus à l’aise avec le reculer en main.
Lorsque le cheval recule de plusieurs pas, il déplace sa masse vers l’arrière-main qui s’arrondit comme un ressort qu’on tend. Ce mouvement mobilise les muscles des hanches, de la région sacro-iliaque et du bas du dos.
Commencez par demander au cheval de reculer de plusieurs pas en main. Pendant qu’il recule, encouragez-le à garder la tête basse en exerçant une légère pression constante vers le bas sur le licol.
Le fait de garder la tête basse empêche le cheval de résister en bloquant son dos pendant le mouvement. N’oubliez pas que la souplesse est primordiale!
Un muscle tendu signale de la douleur. Vous devez donc vous assurer que le cheval apprend à reculer en douceur avec rythme et assurance. Le cheval doit alterner les paires diagonales. L’antérieur droit et le postérieur gauche doivent reculer en même temps, et vice versa.
Une fois que le cheval recule sur terrain plat avec assurance, vous pouvez lui demander de reculer sur un plan incliné ou de franchir une barre à reculons. Ces exercices incitent le cheval à soulever son dos et améliorent sa proprioception. [5]
Le travail latéral
On peut exécuter les mouvements latéraux en main ou en selle. Pour favoriser la souplesse, commencez par les mouvements en main.
Les exercices latéraux les plus fréquemment recommandés pour développer le dos sont les suivants :
- le tour sur l’avant-main;
- le tour sur les hanches;
- la cession à la jambe.
Le tour sur l’avant-main
Pour exécuter le tour sur l’avant-main, commencez par obtenir un arrêt complet tout en veillant à ce que le cheval reste décontracté. Demandez au cheval de faire un pas en éloignant les postérieurs.
Pour y parvenir, maintenez la tête d’une main et poussez doucement la pointe de la hanche de l’autre main. Une fois que les hanches se sont déplacées, récompensez le cheval avec des caresses ou une petite friandise.
Vous pouvez aussi vous servir d’une cravache de dressage pour mieux atteindre les hanches. La cravache doit agir un prolongement de la main, et les mouvements doivent demeurer contrôlés et calmes.
Au début, on s’attend à ce que le cheval éloigne l’arrière-main d’un seul pas et on répète l’exercice des deux côtés. Les antérieurs doivent bouger le moins possible, juste assez pour que le corps pivote sans devoir tordre les épaules.
L’exercice doit se faire en douceur et de manière décontractée. Vous inviterez ensuite le cheval à faire des pas de plus en plus grands. Au fur et à mesure qu’il commence à comprendre l’exercice, vous pouvez demander un plus grand nombre de pas en éloignant les hanches.
Le tour sur les hanches
On introduit le tour sur les hanches de la même manière que le tour sur l’avant-main. Commencez en immobilisant le cheval et en veillant à ce qu’il soit détendu. En posant une main sur le licol et l’autre sur l’épaule, demandez-lui d’éloigner uniquement l’épaule. Vous devrez parfois guider la tête pour l’éloigner avec la main posée sur le licol.
La plupart des chevaux ont plus de difficultés avec cet exercice qu’avec le tour sur l’avant-main. Vous devez donc commencer en récompensant la moindre tentative de déplacement de l’épaule. Une fois que le cheval fait régulièrement un pas dans chaque direction, vous pouvez augmenter progressivement le nombre de pas.
Si le cheval recule au moment de demander le tour sur les hanches, vous pouvez bloquer le mouvement vers l’arrière en plaçant l’arrière-main contre le mur du manège.
La cession à la jambe
On peut faire les cessions à la jambe en main ou en selle. Pendant que le cheval avance, demandez-lui de déplacer ses côtes de côté en direction du déplacement, sans toutefois tourner tout le corps.
Commencez par demander au cheval de céder à la jambe en se déplaçant vers le mur, car la plupart des chevaux tendent à vouloir rester sur la piste du manège.
Pour la cession à la jambe en direction du mur, la jambe intérieure exerce une pression pour demander au cheval de céder latéralement et la rêne intérieure maintient une légère flexion. La jambe et la rêne extérieures aident à maintenir le mouvement vers l’avant, le tempo et la rectitude.
Les mouvements latéraux renforcent les adducteurs et les abducteurs, qui sont les muscles qui rapprochent et éloignent les membres du corps. De plus, ils encouragent le cheval à mobiliser sa chaîne dorsale et ses abdominaux tout en restant détendu et en gardant ses muscles décontractés. [6]
Le travail en pente
L’ascension et la descente de plans inclinés améliorent la proprioception. Elles renforcent l’arrière-main en invitant le cheval à contracter ses muscles abdominaux et à soulever son dos. On peut effectuer cet exercice en selle ou en main.
Lorsqu’il gravit la pente, le cheval doit pousser avec les postérieurs et les avancer plus loin sous lui. On constate les avantages du travail sur plan incliné surtout au pas et au trot, car le cheval doit se servir de ses muscles plutôt que de son élan pour gravir la pente. [7]
Les meilleurs étirements pour la chaîne dorsale
Le maintien d’un dos lisse et souple est également important pour renforcer ces muscles. Si le dos du cheval est contracté et inversé, il aura du mal à mobiliser ses muscles et à se détendre pendant les exercices.
Si c’est le cas, commencez par des étirements visant à détendre les muscles afin qu’ils soient souples et fluides pendant les exercices.
Le soulèvement du ventre, la contraction des muscles fessiers, les étirements avec des carottes et les étirements par la queue aident à étirer et à renforcer la chaîne dorsale du cheval.
Le soulèvement du ventre et la contraction des muscles fessiers
Les exercices pour soulever le ventre et contracter les muscles fessiers permettent d’engager les muscles abdominaux, l’arrière-main et la chaîne dorsale du cheval tout en ouvrant l’intervalle entre les processus épineux des vertèbres.
Pour demander au cheval de soulever son ventre, placez les deux mains sur le point le plus bas de l’abdomen et exercez une pression avec les doigts. La pression doit suffire à ce que le cheval soulève son dos tout en abaissant la tête, sans lui causer d’inconfort.
Pour demander au cheval de contracter ses muscles fessiers, placez deux doigts sur la pointe des fesses, de chaque côté de la queue. Descendez ensuite les mains le long des fesses en exerçant une pression constante.
Vous exercez ainsi la pression directement sur le muscle semi-membraneux. Le cheval doit contracter les muscles abdominaux et dorsaux tout en ramenant son arrière-main sous lui.
Surveillez les signes d’inconfort suivants et diminuez la pression au besoin : [8]
- les fouaillements de queue;
- les oreilles dans le crin;
- un membre soulevé comme pour donner une ruade;
- la tête tournée vers l’arrière pour mordre.
Les étirements avec des carottes
Ces étirements utilisent des carottes ou d’autres friandises pour motiver le cheval à s’étirer et à se mouvoir sans dépasser une amplitude de mouvement confortable.
Le cheval doit être détaché et en laisse. Placez-vous à l’épaule du cheval sans lui faire face. D’une main, placez la friandise sous le nez du cheval et guidez-le lentement vers le passage de sangle d’un mouvement régulier.
Laissez-le cheval grignoter la friandise en maintenant l’étirement pendant 10 à 15 secondes. Répétez l’exercice trois fois.
Placez-vous ensuite au niveau des côtes et guidez le nez du cheval vers la croupe de la même manière, en lui demandant de l’amener en direction du grasset. Laissez le cheval grignoter la friandise pendant 10 à 15 secondes. Répétez l’exercice trois fois.
En dernier lieu, placez-vous juste derrière les côtes du cheval et offrez-lui une gâterie pour l’encourager à amener son nez en direction du jarret. Demandez-lui de tenir l’étirement pendant 10 à 15 secondes et répétez l’exercice trois fois.
Faites ces étirements des deux côtés, en veillant à ce que le cheval s’étire en douceur.
Demandez ensuite au cheval de s’étirer vers le bas. Il doit être détaché et en laisse. Utilisez une gâterie au choix pour guider le nez du cheval jusqu’au poitrail. Laissez-le grignoter la friandise pendant 10 à 15 secondes.
Demandez ensuite au cheval de mettre son nez sur ses genoux, puis sur son boulet antérieur. Faites en sorte qu’il tienne chaque position pendant 10 à 15 secondes. Exécutez chaque étirement trois fois de chaque côté pour équilibrer l’exercice.
Vous ne devez jamais forcer le cheval à adopter une position d’étirement pour éviter les déchirures musculaires et les tensions. Commencez lentement et n’encouragez le cheval à s’étirer que dans la mesure où il demeure à l’aise.
Si vous faites ces étirements régulièrement, le cheval pourra graduellement aller plus loin dans le mouvement. [9]
Les étirements par la queue
Les tractions sur la queue aident à étirer toute la chaîne dorsale tout en motivant le cheval à contracter ses muscles abdominaux pour vous résister.
Placez votre cheval dans une position confortable sur une surface uniforme et sèche. Tenez-vous derrière le cheval, saisissez la queue avec les deux mains à environ 15 centimètres (6 pouces) en dessous du coccyx.
Tirez progressivement la queue du cheval jusqu’à ce que vous sentiez qu’il vous résiste. Ne tirez pas assez fort pour déplacer le cheval vers l’arrière. Maintenez cette position pendant 10 à 15 secondes.
Ensuite, tout en tirant la queue, déplacez-vous lentement d’un côté à un angle d’environ 45 degrés, en appliquant une tension jusqu’à ce que les muscles abdominaux du cheval se contractent.
Assurez-vous de ne pas faire en sorte que le cheval perde l’équilibre. Maintenez cette position pendant 10 à 15 secondes. Enfin, passez de l’autre côté et tout en exerçant la même tension, tenez la position pendant 10 à 15 secondes. [10]
Faites toujours preuve de prudence. N’effectuez les étirements par la queue que si le cheval est à l’aise lorsque vous êtes derrière lui. N’oubliez pas que les chevaux sont des proies qui peuvent donner des coups de pied puissants de manière imprévisible.
Des moyens supplémentaires pour favoriser un dos en santé
Ces exercices et ces étirements sont un excellent moyen de garder le dos du cheval fort et souple. Cependant, si ces exercices sont ardus et que son dos ne s’améliore pas, vous devrez peut-être consulter un vétérinaire.
Les chevaux qui ressentent de la douleur dans l’encolure, le dos ou les jarrets peuvent avoir du mal à se tenir correctement et à développer leur musculature dorsale.
Les troubles métaboliques tels que la maladie de Cushing (PPID) peuvent par ailleurs entraîner l’atrophie de la chaîne dorsale. L’exercice seul peut alors ne pas suffire à la restaurer.
Lorsque vous entraînez votre cheval, veillez à lui donner une alimentation équilibrée qui répond à ses besoins en acides aminés, en vitamines et en minéraux. Les nutriments les plus importants à considérer pour le développement du dos sont les suivants :
- Les acides aminés: ce sont les éléments constitutifs des protéines dans l’organisme. Il y a dix acides aminés essentiels qui doivent provenir de l’alimentation du cheval. Parmi ceux-ci, la lysine, la méthionine et la thréonine sont les plus susceptibles d’être en quantité insuffisante dans l’alimentation équine. Ils peuvent limiter le développement des muscles du dos.
- Les vitamines B: les vitamines du complexe B sont un groupe de vitamines hydrosolubles qui soutiennent un large éventail de mécanismes métaboliques en agissant comme cofacteurs d’enzymes. Des microbes qui vivent dans l’intestin les synthétisent et elles doivent également provenir de l’alimentation.
- Les antioxydants: parmi les exemples d’antioxydants, on compte la vitamine C, la vitamine E, le sélénium, le zinc et le cuivre. Ces nutriments aident à neutraliser les radicaux libres qui peuvent autrement endommager les cellules et nuire à la récupération après l’exercice.
Un nutritionniste équin peut vous aider à concevoir un régime alimentaire personnalisé qui comble les besoins de votre cheval à l’entraînement. Nous vous invitons à transmettre les renseignements de votre cheval en ligne pour obtenir une évaluation de son alimentation qui vous offre gratuitement notre équipe de nutritionnistes.
Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées sur le développement et le maintien d’une ligne du dessus solide chez les chevaux :
La ligne du dessus est la zone le long du dos d’un cheval qui s’étend du garrot, le long de la colonne vertébrale et des reins, jusqu’à la croupe. Elle soutient la colonne vertébrale et la région sacro-iliaque, agissant comme une structure stabilisatrice qui prévient les dommages à la colonne. Une ligne du dessus forte améliore non seulement l’apparence d’un cheval, mais elle rehausse aussi les performances, protège contre les blessures et réduit le risque de douleur au dos et de problèmes articulaires, particulièrement aux jarrets.
Pour évaluer la ligne du dessus de votre cheval, inspectez visuellement la zone du garrot jusqu’à la croupe. Les muscles devraient paraître lisses et bien arrondis. Vérifiez au toucher toute irrégularité, fonte musculaire ou excès de gras, ce qui pourrait indiquer des problèmes. Une bonne évaluation de la ligne du dessus devrait aussi inclure la note d’état corporel (BCS) afin de distinguer entre le gras et la perte musculaire. Un score BCS de 5 est idéal, lorsque les muscles le long du dos semblent pleins sans côtes visibles ni excès de gras.
Des exercices comme le travail « long et bas », les transitions, le travail sur des barres au sol, le reculer et les mouvements latéraux peuvent tous aider à développer la ligne du dessus. Ces exercices ciblent des muscles clés, notamment le longissimus dorsi, le latissimus dorsi et le trapèze. Le travail en côte est aussi bénéfique, car il encourage votre cheval à utiliser son arrière-main et à engager les muscles le long de son dos. Des exercices adaptés peuvent être réalisés à pied, monté ou à la longe selon le niveau de forme physique de votre cheval.
Si votre cheval perd de la masse musculaire, la première étape consiste à identifier tout problème sous-jacent, comme une boiterie, des troubles métaboliques ou des carences nutritionnelles, en consultant votre vétérinaire. Améliorer l’alimentation avec des apports appropriés en protéines, acides aminés et antioxydants peut soutenir la régénération musculaire. Des programmes d’exercice axés sur le développement de la force, comme le travail en côte, les transitions et le travail long et bas, peuvent aussi aider à reconstruire la ligne du dessus. Le suivi régulier des progrès et l’ajustement de la routine de conditionnement permettront d’assurer une récupération graduelle de la masse musculaire.
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Résumé
Une ligne du dessus solide est essentielle à la santé et aux performances globales d’un cheval. Elle soutient la colonne vertébrale, améliore la mobilité et joue un rôle important dans la production de puissance. Le maintien d’une ligne du dessus bien développée nécessite une alimentation adéquate, des exercices ciblés et un entraînement constant. Les chevaux atteints de problèmes comme la boiterie, le PPID ou le PSSM peuvent avoir de la difficulté à développer la musculature de la ligne du dessus et devraient être suivis de près par un vétérinaire.
- Une ligne du dessus bien développée protège la colonne vertébrale et réduit la tension sur le corps.
- Des exercices comme les transitions et le travail en côte aident à développer la musculature de la ligne du dessus.
- Une alimentation équilibrée contenant des acides aminés essentiels, des vitamines du complexe B et des antioxydants favorise le développement musculaire.
- Les chevaux ayant des problèmes de santé qui affectent leur ligne du dessus peuvent nécessiter une intervention vétérinaire.
Références
- Moore, J. General Biomechanics: The Horse As a Biological Machine. J Equine Vet Sci. 2010.
- Kristjansson, T. et al. Association of conformation and riding ability in Icelandic horses. Livestock Sci. 2016.
- Clayton, H. HORSE SPECIES SYMPOSIUM: Biomechanics of the exercising horse . J Anim Sci. 2016.
- Hawson, L. Riders' application of rein tension for walk-to-halt transitions on a model horse. J Vet Behav. 2014.
- Hodgson, D. et al. Practical Exercise Physiology. The Athletic Horse: Principles and Practice of Equine Sports Medicine. 2014.
- Castejon-Riber, C. et al. Objectives, Principles, and Methods of Strength Training for Horses. J Equine Vet Sci. 2017.
- Chateau, H. et al. Kinetics of the Forelimb in Horses Trotting an Uphill and Downhill Slope. Equine Vet J. 2014.
- Clayton, H. Conditioning Sport Horses. Sport Horse Sci. 1993.
- Paul, J. Not Just a Carrot Stretch . Equine Health. 2013.
- Bromilley, M. Kissing Spine Rehabilitation . Equine Injury, Therapy and Rehabilitation. 2013.
- Smith, T.E. Protein And Exercise Effects On The Musculature of the Back in Horses. Missouri State University. 2016.










