Les fructanes sont une forme de stockage des glucides et une composante des glucides non structuraux présents dans les graminées de saison fraîche, notamment la fétuque haute, la fléole des prés (le mil), le dactyle pelotonné (l’herbe des vergers) et le ray-grass anglais (l’ivraie vivace).

Les fructanes sont indigestes pour les chevaux. Ils traversent l’intestin antérieur jusqu’à l’intestin postérieur. À cet endroit, des bactéries les fermentent rapidement pour fournir de l’énergie au cheval. [1]

Le débat fait actuellement rage sur les effets des fructanes sur la santé des chevaux. Certains chercheurs suggèrent que les régimes alimentaires riches en fructanes prédisposent les chevaux à des problèmes de santé tels que l’insulinorésistance, la laminite ou le syndrome de perméabilité de l’intestin (leaky gut en anglais).

D’autres soutiennent que les fructanes ne causent pas la laminite parce qu’ils ne déclenchent pas de sécrétion d’insuline. Les scientifiques ont réussi à provoquer la laminite expérimentalement uniquement en administrant de très fortes doses de fructanes issus de la racine de chicorée au moyen d’une sonde gastrique. Le résultat fut un syndrome semblable à celui que cause une surcharge de céréales dans l’intestin postérieur.

Les concentrations de fructanes dans le fourrage peuvent varier de 3 à 50 %, selon l’espèce de plante, la période de l’année, les conditions météorologiques et les conditions de croissance. [2] Toutefois, la recherche n’a jamais documenté de cas de laminite liée au taux de fructanes dans les pâturages ou le foin.

Que sont les fructanes contenus dans le fourrage?

Les fructanes existent naturellement dans de nombreux végétaux, y compris dans les herbages. Ils sont une forme de stockage d’énergie pour les cellules végétales. [1]

Les fructanes sont des polysaccharides constitués de courtes chaînes de molécules de fructose qui se terminent par une molécule de glucose. La longueur d’un fructosane dépend du nombre de molécules de fructose reliées entre elles. [3]

Les graminées de saison fraîche telles que la fétuque et l’ivraie ont tendance à emmagasiner le surplus d’énergie sous forme de fructanes. En revanche, les graminées de saison chaude et les légumineuses ne produisent pas de fructanes. Ces plantes stockent plutôt l’excédent d’énergie sous forme d’amidon, soit une chaîne complexe de molécules de glucose.

On classe les fructanes en trois grandes catégories : les graminanes, les inulines et les lévanes. Ces fructanes se distinguent par le nombre de molécules de fructose qu’ils contiennent et par les liaisons qui les joignent. Les graminanes et les lévanes sont les principales formes de fructanes retrouvées dans les fourrages. [4][5][6]

Tous les fructanes sont des formes de glucides non structuraux qui servent principalement à stocker l’énergie dans les plantes. Les glucides non structuraux incluent également les sucres simples (le glucose, le saccharose et le fructose) et les amidons.

Les fructanes dans l’alimentation des chevaux

Les fructanes sont des glucides complexes qui fermentent rapidement dans l’intestin postérieur du cheval. Ce mécanisme génère des acides gras volatils que l’intestin postérieur absorbe et que le cheval exploite pour produire de l’énergie. [1]

Selon les conditions environnementales et les espèces végétales, les fourrages frais peuvent contenir entre 32 et 439 g de fructanes par kilogramme de matière sèche. [2] Ils se concentrent dans les tiges au bas de la plante.

En présumant un cheval de 500 kilogrammes ou de 1 100 livres qui mange 10 kilogrammes de matière sèche par jour, un pâturage riche en fructanes pourrait mener à la consommation de plus de 4 kilogrammes ou 9 livres de fructanes par jour. Cependant, la consommation lente sur une période de 24 heures n’est pas comparable à un bol alimentaire ingéré par sonde gastrique. Les études mentionnées précédemment ont utilisé des fructanes de chicorée, ce qui est différent des lévanes qui prédominent dans les graminées.

De plus, la base de données Dairy One, qui contient plus de 8 000 échantillons d’herbes de pâturage prélevées en Amérique du Nord, montre une teneur en fructanes maximale inférieure à 20 grammes par kilogramme de matière sèche. [36]

Les taux très élevés de fructanes dans les pâturages se trouvent principalement dans d’autres parties du monde, comme les régions subarctiques ou celles où l’on cultive beaucoup d’ivraie riche en fructanes. Ces végétaux contiennent aussi une grande quantité de sucres simples, laquelle est nettement supérieure au seuil de déclenchement de la laminite chez un cheval atteint du syndrome métabolique. [2]

Le meilleur moyen de connaître la teneur en glucides du fourrage est de soumettre un échantillon pour obtenir une analyse.

L’analyse du foin rapporte le niveau de glucides hydrosolubles, de glucides solubles à l’éthanol et d’amidon que contient le fourrage.

Il existe une corrélation entre un taux élevé de fructanes dans les herbages et un apport calorique plus grand pour le cheval. [7] Bien que les fourrages à haute teneur en énergie digestible puissent convenir aux chevaux qui font beaucoup d’exercice ou qui ont des besoins élevés en calories, ils sont déconseillés pour les chevaux qui prennent facilement du poids, en surpoids ou obèses.

De plus, les chevaux atteints d’insulinorésistance et du syndrome métabolique équin doivent éviter les fourrages riches en glucides hydrolysables, qui sont la composante des glucides non structuraux obtenue en additionnant les glucides solubles à l’éthanol (sucre) et l’amidon. Le régime alimentaire de ces animaux doit contenir au total un maximum de 10 % de glucides hydrolysables.

La digestion des fructanes chez le cheval

Les chevaux digèrent et absorbent les sucres simples dans l’intestin antérieur. Ils sont incapables de digérer les fructanes parce qu’ils ne possèdent pas les enzymes appelées fructanases. Ces enzymes sont responsables de la désagrégation des fructanes en molécules de fructose. [3]

Sans fructanases, les fructanes demeurent intacts en traversant l’intestin antérieur qui ne les digère pas. Ils pénètrent dans l’intestin postérieur où des bactéries intestinales les fermentent. [3]

Par conséquent, la digestion des fructanes ressemble à celle des glucides structuraux, par exemple la cellulose, qui sont subissent exclusivement la fermentation par les microbes dans l’intestin postérieur du cheval.

La fermentation des fructanes

L’intestin antérieur du cheval comprend l’estomac et l’intestin grêle. Ces organes sont responsables de la digestion enzymatique des protéines, des lipides et de certains glucides hydrolysables tels que l’amidon contenu dans les céréales. [5] L’intestin grêle absorbe aussi les sucres simples.

L’intestin postérieur est la partie du tractus gastro-intestinal qui suit l’intestin antérieur. Il comprend le cæcum, où a lieu la majeure partie de la fermentation, et le côlon, où la fermentation se poursuit et où l’organisme équin absorbe les nutriments.

Les microbes du cæcum fermentent rapidement les fructanes, et synthétisent des acides gras volatils et de l’acide lactique. [5][6]

Les conséquences d’une alimentation riche en fructanes

Les régimes alimentaires équins qui contiennent trop de fructanes peuvent conduire à plusieurs problèmes de santé en raison des effets de la fermentation des fructanes sur le tube digestif.

Une surdose de fructanes administrée expérimentalement a révélé que ces derniers pouvaient accroître la perméabilité intestinale (leaky gut en anglais) et contribuer à l’endotoxémie (la présence de toxines dans le sang). En revanche, cette découverte n’a pas eu lieu dans un milieu naturel. [3][8]

Les fructanes dans les fourrages peuvent d’autre part contribuer à la prise de poids, en particulier chez les poneys, les chevaux qui prennent facilement du poids et ceux enclins à l’obésité. [10]

Heureusement, les fructanes ne déclenchent pas de réaction insulinique. L’hyperinsulinisme (un taux élevé d’insuline dans le sang) ainsi que les caractéristiques du syndrome métabolique sont les seuls facteurs que la science a liés au risque de laminite associée au pâturage[19][27][28]

L’acidose de l’intestin postérieur

La fermentation des fructanes sécrète de l’acide lactique, ce qui abaisse le pH dans l’intestin postérieur et rend ce dernier plus acide. [11]

Le cheval développe une acidose subclinique de l’intestin postérieur si le pH de l’intestin postérieur baisse à 6. [12]

On considère qu’on est en présence d’acidose clinique lorsque le pH de l’intestin postérieur est inférieur à 6. Cette pathologie peut s’accompagner de diarrhée et de modifications du microbiome qui stimulent la croissance des bactéries productrices d’acide lactique et réduisent le nombre de bactéries qui fermentent les fibres. [2][12]

L’étude suivante a porté sur des poneys normaux et des poneys prédisposés à développer la laminite. Les chercheurs leur ont donné 3 grammes de fructanes par kilogramme de poids vif. Cette dose a diminué le pH fécal sans induire de diarrhée. L’étude n’a trouvé aucune preuve d’augmentation de la perméabilité intestinale. [13] Pour un cheval de 500 kilogrammes (1 100 livres), cette dose équivaut à lui donner 1 500 grammes de fructanes.

Les chercheurs pensent que les fructanes à chaîne courte, comme l’oligofructose de la racine de chicorée utilisée pour déclencher expérimentalement la laminite, posent un plus grand risque d’acidose de l’intestin postérieur. En effet, ils fermentent plus rapidement et sécrètent plus d’acide lactique que les lévanes et les graminanes contenues dans les graminées. [11][14]

Bien que la surcharge expérimentale de fructanes issus de la racine de chicorée administrée en grandes quantités par tube gastrique puisse entraîner des modifications du pH intestinal, les études n’ont jamais constaté cet effet avec le foin ou le pâturage. Cela dit, comme pour toute modification de l’alimentation, on doit toujours introduire lentement le foin ou le pâturage à haute teneur en fructanes pour donner au microbiome de l’intestin postérieur le temps de s’adapter au changement.

Les fructanes et l’endotoxémie

Dans les modèles expérimentaux, les chercheurs pensent que les fructanes provoquent la laminite en accroissant la perméabilité intestinale et en déclenchant l’endotoxémie.

Il s’agit du même mécanisme que celui constaté lorsque « le cheval se gave dans les sacs de moulée » ou qu’il reçoit délibérément une surcharge expérimentale de fécule de maïs. Il est nettement différent de la laminite que déclenche un taux sanguin d’insuline élevé.

La perméabilité intestinale accrue permet aux bactéries et aux toxines de passer des intestins à la circulation sanguine et d’atteindre les pieds du cheval. [12][15]

Les produits bactériens déclenchent l’activation des enzymes métalloprotéinases matricielles. Ces dernières décomposent la membrane basale qui retient les couches lamellaires du sabot. [9]

Les toxines appelées amines vasoactives causent une vasoconstriction qui restreint le flux sanguin dans les sabots. [6][11] Cette diminution d’apport sanguin interrompt l’approvisionnement en nutriments des couches lamellaires du pied équin, lesquelles assurent l’adhérence de la troisième phalange à la muraille.

L’inflammation des lamelles qui s’ensuit entraîne la séparation de la troisième phalange et de la muraille et mène à la laminite. [6][13]

La laminite

L’administration expérimentale de fortes doses de fructanes peut induire la laminite chez les chevaux. Dans une étude, tous les chevaux qui ont reçu un bol alimentaire de 10 grammes d’oligofructose proche de l’inuline par kilogramme de poids vif ont développé une laminite clinique. [9]

D’autres études ont induit la laminite en administrant aux sujets un bol alimentaire de 7,5 grammes d’inuline par kilogramme de poids vif. [9] En revanche, une autre étude a révélé que 3 grammes d’inuline par kilogramme de poids vif abaissaient le pH de l’intestin postérieur sans accroître la perméabilité intestinale ni provoquer de laminite[13]

Les taux d’alimentation qui ont déclenché la laminite sont l’équivalent de 3,75 à 5 kilogrammes d’inuline pour un cheval moyen de 500 kilogrammes (1 100 livres). Cette quantité représente de 37,5 à 50 % de la matière sèche alimentaire, une proportion qui n’existe pas dans la nature.

L’insulinorésistance

L’insulinorésistance se produit lorsque les cellules ne réagissent pas correctement à insuline. Cette hormone aide les cellules à absorber le glucose sanguin et à l’exploiter pour produire de l’énergie, ou encore à l’emmagasiner sous forme de glycogène ou de graisse.

Lorsque les cellules deviennent résistantes à l’insuline, le taux sanguin de sucre augmente et l’organisme du cheval continue de sécréter de l’insuline en réaction à cette hausse. [17]

Une étude a administré de l’inuline à des poneys prédisposés à la laminite, à raison de 3 grammes par kilogramme de poids vif. Elle a révélé que l’inuline donnait lieu à une hausse du taux d’insuline, ce qui suggère la présence d’insulinorésistance. [16]

Malheureusement, cette étude comportait de sérieuses lacunes. En effet, les chercheurs ont remplacé un tiers du fourrage à faible teneur en glucides hydrolysables et en glucides non structuraux selon les analyses, par de l’ivraie à séchage éclair qui servait de support à l’inuline. Le séchage éclair préserve les taux de sucre les plus hauts. L’ivraie ou le ray-grass, que l’on sait très riche en glucides hydrolysables et en fructanes, était probablement à l’origine du pic d’insuline.

Une autre étude a administré un gramme de glucose, de fructose ou d’inuline par kilogramme de poids vif à des poneys normaux et à des poneys prédisposés à la laminite. Les chercheurs ont constaté des réactions insuliniques plus importantes au glucose et au fructose chez les poneys avec des antécédents de laminite, mais pratiquement aucune réaction à l’inuline dans les deux groupes de sujets. [31]

Ces résultats démontrent encore une fois que la teneur en glucides solubles à l’éthanol et en amidon est plus préoccupante pour le risque de laminite que la teneur en fructanes du fourrage.

Le syndrome métabolique équin

L’hyperinsulinisme est une composante du syndrome métabolique équin (SMÉ).

Le syndrome métabolique équin se caractérise par l’obésité, des dépôts adipeux localisés, notamment sur la crête de l’encolure, l’insulinorésistance et un risque élevé de laminite. [18]

Les chevaux atteints de SMÉ doivent recevoir une alimentation qui comporte moins de 10 % de glucides hydrolysables[10] Il n’existe aucune preuve qui démontre que les taux de fructanes naturellement présents dans les fourrages sont inquiétants pour les chevaux qui souffrent du syndrome métabolique.

Les coliques

Tout comme les fibres végétales, la fermentation des fructanes a lieu dans l’intestin postérieur. Ils ne subissent pas de digestion dans l’intestin grêle. Néanmoins, contrairement à la plupart des autres fractions végétales, leur fermentation génère de grandes quantités de lactate plutôt que d’acides gras volatils.

Ce phénomène ressemble à ce qui se produit en cas de surcharge de céréales, lorsque l’excès de sucres simples et d’amidon atteint l’intestin postérieur et génère de l’acide lactique.

En raison de leur fermentation rapide et des changements de pH, l’introduction d’aliments à haute teneur en fructanes doit s’opérer graduellement pour éviter la diarrhée, les ballonnements et les coliques éventuelles.

Les fructanes contenus dans l’herbe peuvent-ils causer la laminite?

Les éclosions de laminite associée au pâturage surviennent souvent au printemps et à l’automne, alors que les fructanes et les sucres simples sont les plus abondants dans le fourrage. Toutefois, est-ce que cela signifie qu’une teneur élevée en fructanes déclenche la laminite?

La recherche montre que les sucres simples sont une cause directe de laminite. Il n’existe toutefois aucune étude qui prouve que les fructanes contenus dans le fourrage peuvent déclencher directement la laminite.

Les chevaux mangent habituellement une quantité quotidienne de matière sèche qui représente entre 2 de 2,5 % de leur poids vif.

Les recherches montrent que le fourrage peut contenir entre 32 et 439 grammes de fructanes par kilogramme, selon les espèces végétales et les conditions climatiques. [2]

Un cheval adulte normal qui pèse 500 kilogrammes (1 100 livres) et qui mange uniquement de l’herbe fraîche de pâturage pourrait par conséquent ingérer jusqu’à 5,5 kilogrammes de fructanes par jour. L’inuline représente une fraction de cette quantité, mais les graminanes et les lévanes forment la plus grande proportion des fructanes contenus dans les fourrages.

Certaines différences clés distinguent les études qui induisent la laminite en administrant des fructanes purs qui proviennent de la racine de chicorée et la façon dont les chevaux ingèrent les fructanes contenus dans les fourrages :

  1. La dose: les études mentionnées précédemment ont administré une dose élevée d’inuline sous forme de bol alimentaire dans un temps très court. Il faudrait une journée complète aux chevaux qui mangent un foin à haute teneur en fructanes pour ingérer une quantité totale comparable de fructanes. [2]
  2. Le type: ces études ont utilisé de l’inuline à chaîne courte purifiée dérivée de la racine de chicorée. Les fructanes des fourrages sont constitués d’inuline, de graminanes et de lévanes. Les fourrages contiennent majoritairement des graminanes et des lévanes. Des études in vitro montrent que les fructanes dérivés de l’herbe peuvent modifier le pH et la teneur en acide lactique, mais les implications in vivo sont inconnues. [6]

La Dre Eleanor Kellon (D.M.V.) soutient qu’il est peu probable que les fructanes contribuent à déclencher la laminite comme le font les sucres simples. Selon elle, les fructanes n’influent pas directement sur les taux d’insuline, le principal médiateur de la laminite endocrinopathique. [2][20]

Des doses uniques et excessives d’inuline seule peuvent provoquer la laminite. Néanmoins, les chevaux qui mangent de l’herbe ou du foin n’ingèrent jamais naturellement une aussi grande quantité d’inuline dans un court laps de temps.

Les chevaux broutent lentement tout au long de la journée. De plus, l’apport en fructanes s’accompagne d’autres nutriments, notamment des glucides structuraux. Le rythme plus lent de consommation de fructanes fait en sorte qu’il soit peu probable que les résultats observés dans le cadre des expériences se matérialisent dans le monde réel.

On ne sait pas vraiment si les types et les concentrations de fructanes naturellement présents dans le fourrage peuvent déclencher la laminite lorsqu’on les compare aux taux d’alimentation quotidiens moyens.

Limiter l’accumulation d’amidon et de sucre dans les herbages

Maintenant que nous avons établi que les glucides hydrolysables (glucides solubles à l’éthanol + amidon) sont les principaux responsables de la laminite associée au pâturage, les propriétaires peuvent en tenir compte au moment de choisir le fourrage qui convient à leur cheval.

Le fourrage choisi doit procurer suffisamment de calories pour répondre aux besoins du cheval sans contenir trop de glucides hydrolysables qui peuvent mener à des problèmes de santé.

La teneur en sucres simples des herbages varie selon le moment de la journée, la période de l’année, les espèces végétales que contient le pâturage, les conditions environnementales et plus encore. Il ne faut pas oublier de tenir compte de ces facteurs pour choisir le meilleur moment de laisser les chevaux brouter au pâturage et de récolter le foin.

Les facteurs qui influent sur les taux de sucre et d’amidon dans le fourrage incluent les suivants : [2]

  • la hauteur de l’herbe;
  • la saison;
  • la température extérieure;
  • la luminosité;
  • la disponibilité des nutriments;
  • la génétique des végétaux.

La saison

La photosynthèse génère des sucres simples qui sont une forme d’énergie exploitée immédiatement ou emmagasinée par les plantes. [21]

Lorsque la plante produit plus de sucres qu’elle ne peut en utiliser, elle emmagasine le surplus sous forme de fructanes (des polymères de fructose) ou d’amidon en prévision de sa croissance et de sa survie futures. [3][22]

Les taux de fructanes et d’amidon dans l’herbe varient d’une saison à l’autre selon les changements de température et les besoins énergétiques des plantes au fur et à mesure qu’elles poussent. [23][24]

Les concentrations d’amidon et de fructanes sont généralement à leur sommet au printemps. Elles culminent entre la fin d’avril et le mois de juin. [11][25][26] Les niveaux diminuent à la fin du printemps et en été à mesure que la photosynthèse et la croissance des plantes ralentissent.

Les taux de fructanes et d’amidon remontent à l’automne lorsque la température baisse, mais ils culminent à un niveau inférieur à celui du printemps. Pendant l’hiver, les taux de fructanes et d’amidon diminuent à mesure que les plantes les exploitent pour obtenir de l’énergie. [26]

Ces modèles varient considérablement en fonction des espèces d’herbe, de la température extérieure et de la disponibilité des nutriments. Il est donc difficile de prédire exactement la teneur en fructanes et en amidon du fourrage sans demander son analyse. [25]

La température extérieure

La température extérieure affecte le taux de croissance des plantes et la rapidité avec laquelle elles épuisent leurs réserves de glucides.

Les températures chaudes qui se situent entre 10 et 20 degrés Celsius stimulent la croissance de l’herbe ainsi que l’exploitation des fructanes et de l’amidon. [11][25]

En revanche, la croissance des plantes ralentit lorsque la température baisse entre -4 et 10 degrés Celsius, ce qui engendre l’accumulation de fructanes et d’amidon. Les plantes utilisent alors une plus petite quantité des sucres produits par photosynthèse et les emmagasinent. [11][25]

La luminosité

Les niveaux de glucides emmagasinés dans le fourrage augmentent en présence de la lumière du soleil. [2]

Les concentrations sont normalement au plus bas le matin. Elles s’élèvent le jour, culminent l’après-midi et redescendent la nuit. [2]

La génétique des végétaux

La génétique explique une partie des variations de taux de fructanes et d’amidon entre les différentes espèces de fourrage. On classe ordinairement les plantes fourragères en deux catégories : les plantes de saison fraîche et les plantes de saison chaude.

Les fourrages de saison fraîche, à l’exception des légumineuses, emmagasinent les sucres sous forme de fructanes. En comparaison, les plantes de saison chaude et les légumineuses stockent normalement les sucres sous forme d’amidon. Elles contiennent peu de fructanes. [2][22]

Les plantes de saison chaude emmagasinent l’amidon principalement dans leurs feuilles tandis que les plantes fourragères de saison fraîche accumulent les fructanes dans leurs tiges. [2] Les chevaux broutent normalement la partie supérieure de l’herbe. Ils la coupent à deux pouces du sol et laissent ainsi derrière eux la base de la plante, là où se concentrent les fructanes.

Les plantes qui accumulent des fructanes incluent les suivantes : [29]

  • l’ivraie à épi serré (le ray-grass);
  • l’ivraie vivace (le ray-grass anglais);
  • la fléole des prés (le mil);
  • le pâturin;
  • le dactyle aggloméré;
  • le pâturin des prés (l’herbe bleue du Kentucky);
  • l’avoine;
  • l’orge;
  • le dactyle pelotonné;
  • le brome.

Les plantes qui accumulent de l’amidon incluent les suivantes : [29]

  • la luzerne et les autres légumineuses;
  • le maïs;
  • l’herbe de Pangola;
  • le tef;
  • l’herbe de Bahia;
  • le chiendent pied-de-poule ou cynodon.

La teneur en fructanes varie en outre selon les espèces de graminées ou de légumineuses. Par exemple, plusieurs études ont montré que la fléole des prés accumule une plus grande quantité de fructanes et qu’ils sont plus gros comparativement à d’autres graminées comme l’ivraie vivace et la fétuque des prés. [21][30]

Les conseils pour prévenir l’excès d’amidon et de sucre

Les chevaux broutent normalement de 12 à 17 heures par jour, ce qui multiplie les possibilités d’ingérer de l’amidon et des sucres. Le pâturage sans restriction peut permettre aux chevaux prédisposés de développer des pathologies associées à une stimulation excessive de l’insuline. [2]

Il existe plusieurs manières de restreindre l’apport de glucides hydrolysables des chevaux. Voici quelques-unes de ces stratégies de gestion : [2][32][33][34]

  • restreindre la fréquentation des pâturages tôt le matin;
  • tenir les chevaux sensibles à l’écart des pâturages jusqu’à ce que l’herbe atteigne sa pleine hauteur et laisse tomber ses graines;
  • employer une muselière de pâturage;
  • soumettre un échantillon de foin à une analyse avant de le distribuer aux chevaux afin de vérifier que sa teneur en glucides hydrolysables est suffisamment basse;
  • fertiliser les pâturages avec de l’azote pour encourager l’herbe à exploiter ses réserves de glucides pour sa croissance;
  • faire tremper le foin dans l’eau pendant 30 minutes pour éliminer une partie du sucre. [35]

Si vous soupçonnez que votre cheval souffre d’un dysfonctionnement de l’intestin postérieur lié à un apport élevé en sucre et en amidon, envisagez de lui donner Optimum Digestive Health de Mad Barn pour favoriser la santé du microbiome de son intestin postérieur.

Gardez à l’esprit que les fourrages seuls ne fournissent pas toutes les vitamines et tous les minéraux dont le cheval a besoin. Nous vous invitons à consulter un nutritionniste équin pour vous assurer que l’alimentation de votre cheval est bien équilibrée.

Questions fréquemment posées

Voici quelques questions fréquemment posées sur les fructanes dans les fourrages pour chevaux :

Résumé

Les fructanes sont un type de glucides non structuraux présents dans les herbages qui peuvent engendrer des troubles digestifs chez les chevaux lorsqu’ils sont consommés en grande quantité.

  • Un débat scientifique se poursuit concernant le >rôle des fructanes dans le déclenchement de la laminite> chez les chevaux en dehors d’un cadre expérimental, mais aucune preuve concluante ne soutient actuellement cette hypothèse.
  • Les graminées de saison fraîche couramment consommées par les chevaux peuvent contenir entre 3 et 50 % de fructanes, selon les conditions de culture, l’espèce végétale, la météo, la saison et d’autres facteurs environnementaux.
  • Les chevaux atteints du syndrome métabolique bénéficient généralement d’un régime contenant moins de 10 % de glucides hydrolysables (amidon + glucides solubles à l’éthanol).
  • La gestion des herbages, la régulation des périodes de pâturage, l’utilisation d’une muselière et le trempage du foin sont des stratégies efficaces pour limiter la consommation de glucides hydrolysables.
  • Si vous soupçonnez que votre cheval est sensible aux fructanes, consultez un nutritionniste équin afin d’obtenir >des stratégies pour restreindre sa consommation> ou des recommandations de fourrages de remplacement mieux adaptés.
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Références

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  2. Longland, A.C. et al. Pasture nonstructural carbohydrates and equine laminitis. J Nutr. 2006. View Summary
  3. Johnson, R. Fructokinase, Fructans, Intestinal Permeability, and Metabolic Syndrome: An Equine Connection? J Equine Vet Sci. 2013. View Summary
  4. Longland, A.C. et al. Comparison of a colorimetric and a high-performance liquid chromatography method for the determination of fructan in pasture grasses for horses. J Sci Food Agric. 2012. View Summary
  5. Strauch, S. et al. Evaluation of an in vitro system to simulate equine foregut digestion and the influence of acidity on protein and fructan degradation in the horse's stomach. J Anim Physiol Anim Nutr. 2017. View Summary
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