Les fibres sont l’une des composantes les plus importantes de l’alimentation équine. Elles procurent au cheval jusqu’à 70 % de ses besoins caloriques.
Les fibres de l’alimentation équine proviennent principalement du fourrage, notamment le foin et l’herbe du pâturage. Les chevaux peuvent d’autre part obtenir des fibres à partir de sources hautement fermentescibles comme la pulpe de betterave et les pellicules de soja.
Bien qu’on n’ait pas établi les besoins quotidiens en fibres des chevaux, les nutritionnistes recommandent de maximiser leur apport en leur donnant une alimentation axée sur le fourrage.
Un régime alimentaire riche en fibres stimule la santé du système digestif, encourage les comportements naturels de recherche de nourriture et diminue le risque d’apparition de comportements stéréotypés. Nous vous invitons à poursuivre votre lecture pour en savoir plus sur le rôle des fibres dans l’alimentation équine.
Les fibres dans l’alimentation équine
Les chevaux sont des animaux qui broutent et qui ont évolué pour prospérer grâce à un régime principalement composé de matières végétales fibreuses.
Également désignées glucides structuraux, les fibres sont formées des composants structurels des parois cellulaires qui confèrent aux plantes leur rigidité et leur forme.
Les glucides structuraux diffèrent des glucides non structuraux comme le sucre et l’amidon, que les plantes exploitent surtout pour produire de l’énergie et d’autres fonctions.
On peut retrouver plusieurs types de fibres différentes dans l’alimentation équine. Néanmoins, tous les glucides structuraux partagent une caractéristique commune : les enzymes que les chevaux produisent dans leur tractus gastro-intestinal sont incapables de les digérer. Au lieu de cela, ils dépendent des microbes dans l’intestin postérieur pour décomposer ces composants alimentaires. [1]
Les fibres subissent une fermentation microbienne dans l’intestin postérieur du cheval, en particulier dans le cæcum et le côlon, où les micro-organismes bénéfiques les transforment en acides gras volatils (AGV).
Ces AGV servent de source d’énergie pour les chevaux et leur procurent jusqu’à 70 % de leurs besoins caloriques.
Les fibres sont constituées de longues chaînes de sucres, notamment du glucose, liées entre elles par des liaisons bêta. Le cheval synthétise des enzymes digestives dans l’intestin grêle et le pancréas qui peuvent briser les liaisons alpha, comme celles de l’amidon, mais qui sont incapables de défaire les liaisons bêta des glucides structuraux.
C’est pourquoi l’intestin grêle du cheval peut digérer l’amidon, mais pas les fibres. Par conséquent, les fibres non digérées passent dans l’intestin postérieur où les microbes sécrètent des enzymes qui peuvent briser les liaisons bêta et libérer le sucre.
Les types de fibres
Afin de comprendre comment les fibres contribuent à l’alimentation du cheval, il faut distinguer les types de fibres que contiennent les fourrages et les aliments pour animaux.
La composition chimique, la structure physique, la digestibilité et le contenu calorique varient selon le type de fibres.
Certaines fibres sont hautement fermentescibles et les microbes dans l’intestin postérieur les décomposent facilement. D’autres sont indigestes et demeurent en grande partie intactes lors de leur passage dans le tube digestif.
Vous trouverez ci-dessous la description des différentes catégories de fibres habituellement rapportées dans les analyses de fourrage et d’aliments pour chevaux.

Légende
Plant Cell Wall: Paroi cellulaire des végétaux
Soluble Fibres: Fibres solubles
Hemicellulose: Hémicellulose
Cellulose: Cellulose
Lignin: Lignine
Neutral Detergent Fibre: Fibre à détergent neutre
Acid Detergent Fibre: Fibre à détergent acide
Crude Fibre: Fibre brute
High Digestibility: Digestibilité élevée
Low Digestibility: Digestibilité faible
La fibre brute
La fibre brute est l’une des plus anciennes méthodes d’estimation de la teneur en fibres des aliments pour animaux. Cette valeur représente la part des glucides végétaux dans un aliment que le cheval ne peut pas digérer, mais qui peuvent subir la fermentation dans l’intestin postérieur.
La fibre brute est mesurée en imitant la digestion gastrique des aliments par un procédé chimique qui emploie des solutions constituées d’acides et de bases. [1]Cette digestion chimique décompose les composantes alimentaires et laisse derrière elle de la matière fibreuse que l’on peut ensuite mesurer.
Cette analyse de la fibre brute entraîne toutefois une certaine perte de substances fibreuses telles que la cellulose, l’hémicellulose et la lignine. Par conséquent, elle sous-estime la teneur en fibres de l’aliment. [1] Pour cette raison, on lui préfère des méthodes analytiques plus avancées pour estimer la teneur en fibres.
Les fibres alimentaires totales
Les fibres alimentaires totales sont la somme de tous les éléments indigestes de l’alimentation du cheval, y compris les fibres solubles et insolubles.
Bien que les fibres alimentaires totales fournissent une approximation raisonnable des fibres contenues dans l’alimentation des chevaux, on les emploie principalement pour évaluer la nutrition humaine. [1]
Les fibres alimentaires totales représentent la teneur combinée de différentes fibres, y compris les suivantes : [1]
- la cellulose;
- l’hémicellulose;
- la lignine;
- la pectine;
- les autres fibres solubles comme les gommes et les mucilages.
La cellulose
La cellulose est un polysaccharide composé de longues chaînes de glucose maintenues ensemble par des liaisons bêta-1,4. [2] La cellulose représente un pourcentage important de la masse végétale. Les herbages de graminées de saison fraîche sont constitués d’environ 50 à 60 % de matière sèche de cellulose. [3]
La cellulose est une fibre insoluble. Elle ne se dissout pas dans l’eau et le cheval ne peut pas la digérer directement. La cellulose ajoute plutôt du volume au contenu digestif et facilite le transit des aliments dans le tube digestif.
L’hémicellulose
L’hémicellulose est un polysaccharide avec des liaisons mixtes alpha et bêta. L’hémicellulose peut inclure différentes unités de sucres simples, y compris le glucose, le xylose, le mannose et l’arabinose. [2]
Comme la cellulose, l’hémicellulose forme une grande partie des plantes. Les herbages de graminées de saison fraîche sont constitués d’environ 30 à 50 % de matière sèche d’hémicellulose. [3] L’hémicellulose est aussi une fibre insoluble.
La lignine
La lignine est une partie de la paroi cellulaire des végétaux. Elle possède une structure phénolique (en forme d’anneau) qui empêche la digestion des polysaccharides. Elle est donc indigeste pour les chevaux et les microbes. [2]
La lignine peut se lier à la cellulose et à l’hémicellulose pour former la lignocellulose, qui est moins digestible pour les microbes que la cellulose et l’hémicellulose. [2][4]
La lignine est moins abondante dans les plantes que la cellulose et l’hémicellulose. Les herbages de graminées de saison fraîche contiennent environ 5 % de matière sèche de lignine. [3]
Les pectines
Les pectines sont des glucides structuraux qui aident à joindre les cellules végétales les unes aux autres. Elles sont formées d’unités de sucres simples, y compris l’acide galacturonique, l’arabinose et le galactose. [2] Les pectines sont des fibres solubles. Elles subissent donc rapidement la fermentation dans l’intestin postérieur. [2]
Les pectines sont moins abondantes dans les plantes que la cellulose et l’hémicellulose. Les pâturages contiennent normalement de 2 à 4 % de pectine environ. [3] Cependant, certains aliments comme la pulpe de betterave peuvent contenir jusqu’à 30 % de pectine. [2]
Les gommes et les mucilages
Les gommes et les mucilages sont des fibres solubles que l’on retrouve dans les parties ligneuses des plantes, ainsi que dans les enveloppes de graines. [2] Tout comme les autres fibres solubles, le cheval ne les digère pas, mais les microbes du tube digestif les fermentent rapidement.
La fibre au détergent neutre
La fibre au détergent neutre (FDN) est une mesure courante des composants de la paroi cellulaire. Il s’agit d’une bonne approximation de la teneur en fibres du régime alimentaire. [1] La plupart des analyses de fourrage la mentionnent, ce qui permet de mieux comparer les échantillons.
L’analyse de la fibre au détergent neutre comprend : [1]
- la cellulose;
- l’hémicellulose;
- la lignine.
En revanche, la FDN n’inclut pas les fibres solubles comme les pectines, les gommes, les mucilages et les bêta-glucanes.
La fibre au détergent acide
La fibre au détergent acide (FDA) mesure les composants hautement indigestes d’un aliment, à l’exclusion de l’hémicellulose.
L’analyse de la fibre au détergent acide comprend : [1]
- la cellulose;
- la lignine;
- l’azote insoluble au détergent acide;
- la cendre insoluble à l’acide;
- la silice.
Puisque la FDA n’inclut pas la teneur en hémicellulose, il ne s’agit pas d’une représentation juste de la quantité totale de fibres contenues dans l’alimentation. Elle peut néanmoins être utile pour estimer la quantité d’hémicellulose dans l’alimentation en soustrayant la FDA de la FDN.
La digestion des fibres
La digestion des fibres se produit principalement dans l’intestin postérieur du cheval où a lieu la fermentation microbienne. Le système digestif équin ne possède pas les enzymes qui permettent de décomposer les glucides complexes comme la cellulose et l’hémicellulose.
Au lieu de cela, des micro-organismes spécialisés qui se trouvent dans l’intestin postérieur sécrètent des enzymes capables de décomposer et de fermenter ces fibres en composés plus simples.
La fermentation permet aux chevaux d’extraire les nutriments de la matière végétale fibreuse qui serait autrement indigeste.
La bouche et l’intestin grêle
La digestion des fibres commence dans la bouche, où le cheval mastique et broie la nourriture en particules plus petites que les microbes peuvent digérer plus facilement.
La mastication stimule aussi la sécrétion de salive qui lubrifie les aliments pour faciliter leur transit à travers le tube digestif et qui tamponne l’acide gastrique. [5]
Comme les chevaux n’ont pas les enzymes nécessaires pour digérer les fibres, la majorité d’entre elles traverse l’intestin grêle, où ont lieu la digestion et l’assimilation des glucides simples.
Il convient toutefois de noter que certaines bactéries vivent dans l’intestin grêle, de sorte qu’une certaine digestion par fermentation peut se produire à cet endroit. [6]
L’intestin postérieur
Après avoir traversé l’intestin grêle, les glucides structuraux pénètrent dans le cæcum, où se produit la majeure partie de la digestion microbienne. Les microbes se fixent aux particules de fibres et excrètent des enzymes pour briser les liaisons bêta. [6]
La population microbienne de l’intestin postérieur est diversifiée et spécialisée. Elle contient des microbes spécifiques qui digèrent de préférence certains types de fibres.
Les champignons anaérobies sont les principaux responsables de la décomposition de la cellulose. Cependant, des bactéries cellulolytiques, c.-à-d. Ruminococcus albus, Ruminococcus flavefaciens et Fibrobacter succinogenes, peuvent aussi y participer. [2][4] Comparativement aux autres types de fibres, la cellulose est plus difficile à dégrader pour les microbes. [7]
Des bactéries, notamment F. succinogenes, digèrent principalement l’hémicellulose. [4] Les microbes fermentent l’hémicellulose assez facilement, malgré la lenteur du processus. [2]
Les bactéries et les protozoaires peuvent décomposer les pectines que les microbes dans l’intestin postérieur fermentent facilement. [7][8]
Les sous-produits de la digestion
La digestion microbienne des fibres dans l’intestin postérieur du cheval génère plusieurs sous-produits, notamment ceux qui suivent : [6]
- des gaz de fermentation comme le méthane et le dioxyde de carbone;
- des sucres que les bactéries exploitent pour la croissance et l’entretien de leurs propres cellules;
- des acides gras volatils que les chevaux peuvent exploiter pour combler leurs propres besoins caloriques.
Les acides gras volatils
Les acides gras volatils (AGV) sont des acides organiques formés de molécules d’acides gras à chaîne courte que les chevaux peuvent exploiter comme source d’énergie.
Les microbes de l’intestin postérieur synthétisent trois AGV que les chevaux utilisent pour répondre à leurs besoins caloriques :
- L’acétate représente la plus grande part des AGV synthétisés dans l’intestin postérieur, soit environ 75 %. [6] L’organisme équin peut exploiter l’acétate directement pour fournir de l’énergie aux muscles et à d’autres tissus. En outre, il peut le transformer en acides gras pour le stockage de l’énergie. [9]
- Le propionate représente une plus petite quantité que l’acétate, soit environ 18 % des AGV produits dans l’intestin postérieur. [6] Le propionate peut servir à la synthèse du glucose dans le foie, ce qui est important pour maintenir la glycémie des chevaux qui reçoivent une alimentation à base de fourrage. [9]
- Le butyrate constitue la plus petite quantité, soit environ 6 % des AGV synthétisés dans l’intestin postérieur. [6] Les cellules intestinales exploitent la plus grande partie du butyrate, mais le cheval peut également le transformer en B-hydroxybutyrate et l’exploiter comme source d’énergie. [10]
Étant donné l’efficacité des microbes dans le cæcum et le gros intestin qui synthétisent les acides gras volatils à partir de fibres, la plupart des chevaux peuvent répondre à leurs besoins caloriques en mangeant seulement du fourrage.
Les AGV synthétisés par le cæcum à lui seul comblent probablement plus de 30 % des besoins caloriques d’un cheval à l’entretien. [9] De plus, la recherche a démontré que le métabolisme du propionate comble de 50 à 60 % des besoins du cheval en glucose. [11]
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Les sources de fibres pour les chevaux
Il existe de nombreuses sources différentes de fibres qui conviennent aux chevaux. Le profil nutritionnel et le degré de digestibilité varient selon l’aliment.
La teneur en fibres solubles et insolubles, en protéines et en calories diffère en fonction de la source choisie. Cette variabilité offre de nombreuses options adaptées qui permettent de répondre aux besoins nutritionnels des chevaux à différents stades de vie et à divers niveaux d’activité.
Le foin et l’herbe du pâturage sont les principales sources de fibres dans l’alimentation des chevaux. Cela dit, les propriétaires peuvent compléter la ration avec des produits fourragers transformés, de la pulpe de betterave et des pellicules de soja afin de hausser l’apport en fibres de leur cheval.
Le fourrage à longues tiges
Les fourrages à longues tiges comme le foin et le pâturage forment normalement la majeure partie des glucides structuraux dans l’alimentation du cheval.
La teneur en fibres des fourrages dépend d’un certain nombre de facteurs, notamment le type de graminées et des facteurs environnementaux tels que la température au moment de la récolte ou de la consommation des herbages.
La maturité des plants influe aussi sur leur teneur en fibres. Les plants plus jeunes ont tendance à avoir une teneur en fibres plus basse et à contenir relativement plus d’hémicellulose. À mesure que les plants mûrissent, ils déposent plus de fibres et développent des tiges plus longues, ce qui mène à une hausse de la teneur en cellulose et en lignine des herbages matures. [7][12]
Les graminées de saison fraîche
Les graminées de saison fraîche sont des espèces de graminées qui prospèrent sous les climats plus frais. Elles connaissent ordinairement une croissance maximale au printemps et à l’automne. Parmi celles qui servent à nourrir les chevaux, on trouve la fléole des prés ou mil, le dactyle pelotonné, la fétuque et l’ivraie ou ray-grass.
Les graminées de saison fraîche ont généralement une teneur en fibres qui varie de modérée à élevée. Elles contiennent : [3]
- entre 50 et 60 % de cellulose;
- entre 30 et 50 % d’hémicellulose;
- entre 2 et 4 % de pectine;
- 5 % de lignine.
Les légumineuses
Les légumineuses sont un autre fourrage fréquemment donné aux chevaux. Elles comprennent la luzerne et le trèfle. Les légumineuses contiennent aussi des quantités importantes de fibres. On les considère comme des aliments de qualité supérieure pour les chevaux.
En général, les légumineuses contiennent une plus grande teneur en fibres solubles. Elles contiennent : [7]
- entre 30 et 50 % de cellulose;
- entre 25 et 30 % d’hémicellulose;
- jusqu’à 30 % de pectine;
- entre 4 et 15 % de lignine.
Les graminées de saison chaude
Les graminées de saison chaude prospèrent sous les climats plus chauds. Elles poussent vigoureusement pendant les mois d’été. Parmi les espèces qui servent de fourrage pour les chevaux, on retrouve le chiendent pied-de-poule ou cynodon dactyle, l’herbe de Bahia et le panic raide ou millet dressé.
Les graminées de saison chaude mûrissent habituellement plus rapidement que les graminées et les légumineuses de saison fraîche. Par conséquent, elles contiennent normalement une proportion plus grande de constituants de paroi cellulaire et leur teneur en fibres moyenne est plus élevée. [7]
Les cubes et les granulés de foin
La plupart des chevaux peuvent obtenir toutes les fibres dont ils ont besoin en mangeant du fourrage à longues tiges. En revanche, il peut parfois être nécessaire de leur donner des cubes et des granulés de fourrage pour hausser leur apport en fibres.
Les cubes et les granulés de foin sont faits de fourrages broyés en particules plus petites et pressés pour former des cubes ou des granulés. Ces aliments transformés ont un profil nutritionnel comparable à celui du fourrage à longues tiges, mais leurs particules sont plus petites.
Grâce à ce format, ces fourrages requièrent moins de mastication que les fourrages à longues tiges, de sorte que les chevaux ont tendance à les manger plus rapidement. [13] Par conséquent, les chevaux nourris principalement avec du foin haché ou en granulés peuvent passer plus de temps entre les repas sans avoir accès au fourrage.
Pour éviter cette intermittence, on conseille de distribuer la plus grande partie du fourrage du cheval sous forme de foin ou d’herbe à longues tiges, et ce, dans la mesure du possible.
Les sources de fibres hautement digestibles
Les sources de fibres hautement digestibles sont celles qui contiennent une plus grande proportion de fibres solubles et de matière plus digeste, comme la cellulose et l’hémicellulose.
Les sources de fibres digestibles contiennent plus de polysaccharides non amylacés, de pectines et de gommes, des composés que les microbes peuvent facilement fermenter. Les exemples communément ajoutés à l’alimentation des chevaux incluent la pulpe de betterave et les pellicules de soja.
- La pulpe de betterave: la pulpe de betterave est un sous-produit de la transformation de la betterave à sucre. On y a souvent recours pour ajouter un aliment riche en fibres à la ration du cheval. Elle est très digeste et on peut la faire tremper dans l’eau pour former une purée agréable au goût.
- Les pellicules de soja: les pellicules de soja sont un autre dérivé riche en fibres que l’on donne couramment aux chevaux. Elles sont une bonne source de fibres digestibles. On peut les inclure dans les moulées concentrées ou les donner séparément comme source de fibres supplémentaires.
Les carences
La science n’a pas établi les besoins quotidiens en fibres des chevaux. Cela signifie que, contrairement aux nutriments essentiels tels que les protéines, les vitamines et les minéraux, il n’y a pas de seuil strict qui dicte l’apport en fibres à atteindre pour prévenir les carences nutritionnelles.
Cela dit, les chevaux sont des herbivores qui paissent. On reconnaît largement que les fibres doivent constituer une partie importante de leur alimentation pour favoriser leur santé et leur bien-être en général.
En règle générale, les chevaux doivent recevoir quotidiennement une quantité de matière sèche de fourrage qui correspond au moins à 1,5 % de leur poids vif pour garantir un apport suffisant. [14]
Le non-respect de cette exigence peut conduire à de graves problèmes de santé, notamment l’acidose de l’intestin postérieur, les ulcères gastriques et les comportements stéréotypés. [14]
L’acidose de l’intestin postérieur
Lorsque les chevaux ne reçoivent pas suffisamment de fibres dans leur alimentation, on comble souvent leurs besoins caloriques avec des céréales riches en amidon. L’ingestion d’une grande quantité d’amidon en un seul repas peut surcharger le système digestif et faire en sorte que l’amidon déborde dans l’intestin postérieur.
Le surplus d’amidon qui passe dans l’intestin postérieur peut altérer la population microbienne, augmenter de la production d’acide lactique et, finalement, causer l’acidose de l’intestin postérieur. [15]
Les ulcères
Les chevaux mastiquent plus longtemps et sécrètent deux fois plus de salive lorsqu’ils mangent du fourrage à longues tiges plutôt que des concentrés. [16][17] La salive agit comme un tampon dans l’estomac et empêche la formation d’ulcères gastriques. [18]
Une alimentation pauvre en fibres et riche en concentrés de céréales peut provoquer une baisse du pH dans l’estomac et hausser le risque d’apparition d’ulcères. [7]
Les comportements stéréotypés
Les régimes pauvres en fibres peuvent contribuer au développement de comportements stéréotypés chez les chevaux, notamment le décapage d’écorce, la mastication du bois et le tic à l’appui ou en l’air. [7] Les stéréotypies peuvent se manifester parce que le cheval s’ennuie et passe moins de temps à manger. Elles peuvent en outre être le résultat de complications découlant d’une diminution de la sécrétion de salive.
L’augmentation de la consommation de fibres grâce à une plus grande quantité de fourrage peut prévenir ces problèmes en prolongeant l’heure des repas et en imitant le comportement naturel du cheval au pâturage. [19]
Les considérations alimentaires
Le fourrage riche en fibres est la pierre angulaire de l’alimentation des chevaux. Il faut néanmoins tenir compte de certaines considérations lorsqu’on souhaite ajouter des fibres à l’alimentation du cheval.
- La qualité du fourrage: les fourrages de piètre qualité qui contiennent beaucoup de fibres indigestes peuvent contribuer à des troubles gastro-intestinaux chez les chevaux, notamment la bedaine de foin. On doit choisir un fourrage dont la qualité et la maturité permettent de répondre aux besoins nutritionnels de chaque cheval.
- Les problèmes dentaires: les problèmes dentaires, y compris les pointes acérées ou les dents manquantes, peuvent entraver la capacité du cheval à broyer et à mâcher efficacement les fourrages riches en fibres. Il est essentiel que les chevaux bénéficient régulièrement des soins dentaires prodigués par un professionnel qualifié. Certains fourrages de remplacement peuvent atténuer les problèmes de mastication.
- Les régimes riches en matières grasses: une quantité modérée de matières grasses n’a pas d’effet négatif sur la digestion des fibres. Mais les chevaux qui passent à un régime riche en matières grasses sans d’abord y être habitués correctement peuvent souffrir d’une diminution de la digestibilité des fibres. [20] Il faut restreindre la teneur totale en matières grasses du régime alimentaire et ajouter les sources de matières grasses graduellement pour permettre au système digestif du cheval de s’adapter et éviter de nuire à la digestion des fibres.
- Les régimes riches en amidon: l’alimentation qui contient trop d’amidon peut réduire la population de bactéries cellulolytiques et accroître le nombre de lactobacilles et de streptocoques dans l’intestin postérieur. [9] Ce changement dans le microbiome de l’intestin postérieur peut avoir un impact néfaste sur la digestion des fibres.
- L’augmentation du remplissage de l’intestin: les régimes riches en fibres augmentent le poids du contenu intestinal, ce qui peut ne pas être idéal pour les chevaux de course et les athlètes de performance. [7] En revanche, les fibres alimentaires aident aussi à diminuer le risque d’ulcération gastrique, une pathologie fréquente chez les animaux astreints à une charge de travail très intense. [7] Un nutritionniste équin peut vous aider à trouver le bon équilibre entre l’optimisation des performances et le soutien de la santé du système digestif.
En résumé
- Les fibres sont une composante essentielle de l’alimentation équine. Elles fournissent jusqu’à 70 % des besoins caloriques du cheval. De plus, elles favorisent la santé du tube digestif et encouragent les comportements naturels de pâturage.
- Principalement obtenues à partir de fourrages comme le foin et l’herbe du pâturage, les fibres peuvent d’autre part provenir de sources hautement fermentescibles comme la pulpe de betterave et les pellicules de soja.
- Les différents types de fibres dans l’alimentation équine incluent la cellulose, l’hémicellulose, la lignine, les pectines et les gommes, qui subissent divers degrés de fermentation microbienne dans l’intestin postérieur.
- Les microbes décomposent les fibres dans l’intestin postérieur et synthétisent des acides gras volatils (AGV) que le cheval absorbe pour obtenir une source de calories.
- Un apport insuffisant en fibres peut conduire à l’acidose de l’intestin postérieur, à la formation d’ulcères gastriques et à l’apparition de comportements stéréotypés, ce qui souligne l’importance d’une alimentation axée principalement sur le fourrage.
Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées sur les fibres dans l’alimentation équine :
Les fibres sont un élément important de l’alimentation d’un cheval, car elles soutiennent à la fois les besoins énergétiques et la santé digestive globale. Les chevaux ont évolué comme animaux brouteurs, conçus pour manger des plantes fibreuses pendant la majeure partie de la journée. Les microbes du gros intestin fermentent les fibres en acides gras volatils, qui fournissent jusqu’à 70 % de l’énergie quotidienne du cheval. Une alimentation riche en fibres permet au tube digestif de fonctionner correctement et aide à réduire le risque de coliques et d’ulcères.
La différence entre les fibres solubles et les fibres insolubles dans les aliments pour chevaux réside dans leur comportement dans le système digestif. Les fibres solubles, comme les pectines et les gommes, se dissolvent dans l’eau et sont rapidement fermentées par les microbes du gros intestin, fournissant une source d’énergie rapide. Les fibres insolubles, comme la cellulose et l’hémicellulose, ne se dissolvent pas dans l’eau et se déplacent plus lentement dans le tube digestif, ajoutant du volume et soutenant la motilité intestinale. Les deux types sont importants pour un système digestif en santé.
Les problèmes de santé qui peuvent se développer si mon cheval ne reçoit pas assez de fibres comprennent l’acidose du gros intestin, les ulcères gastriques et des comportements stéréotypés tels que l’appui au râtelier ou le mâchonnement de bois. Les régimes pauvres en fibres mènent souvent à une plus grande dépendance aux céréales, ce qui peut surcharger le système digestif et perturber le microbiome intestinal. Un manque de fourrage réduit aussi la mastication et la production de salive, ce qui augmente l’acidité de l’estomac et le risque d’ulcères.
La qualité des fibres change selon la maturité du foin ou des plantes de pâturage, parce que les plantes déposent davantage de glucides structuraux à mesure qu’elles grandissent. Les plantes plus jeunes contiennent moins de fibres au total et davantage de composants digestibles comme l’hémicellulose et les pectines. À mesure que les graminées et les légumineuses mûrissent, les tiges s’allongent, la cellulose et la lignine augmentent, et le fourrage devient moins digestible.
Résumé
- Les fibres sont une composante essentielle de l’alimentation équine, fournissant jusqu’à 70 % des besoins énergétiques d’un cheval et soutenant la santé intestinale ainsi que les comportements naturels de pâturage.
- Principalement obtenues à partir de fourrages comme le foin et l’herbe de pâturage, les fibres peuvent aussi provenir de sources hautement fermentescibles comme la pulpe de betterave et les enveloppes de soja.
- Les différents types de fibres dans l’alimentation équine comprennent la cellulose, l’hémicellulose, la lignine, les pectines et les gommes, qui subissent des degrés variables de fermentation microbienne dans l’intestin postérieur.
- Les fibres sont décomposées par des microbes dans l’intestin postérieur, produisant des acides gras volatils (AGV) qui sont absorbés par le cheval comme sources d’énergie.
- Un apport insuffisant en fibres peut entraîner une acidose de l’intestin postérieur, des ulcères gastriques et des comportements stéréotypés, ce qui souligne l’importance de nourrir avec une alimentation à base de fourrages.
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