Les conflits de processus épineux (kissing spine) sont une anomalie squelettique du cheval qui fait en sorte que les projections osseuses sur les vertèbres de la colonne vertébrale se touchent ou se chevauchent. Ces projections sont appelées processus épineux dorsaux ou apophyses épineuses.
De multiples facteurs causent cette anomalie, y compris les défauts de conformation, les prédispositions génétiques, une mauvaise posture, un conditionnement physique inadéquat et l’entraînement sous la selle à un très jeune âge.
Les chevaux atteints de conflits des processus épineux (CPÉ) ne développent pas toujours de symptômes, mais de nombreux chevaux avec ce trouble souffrent de maux de dos ou dorsalgies. Les chevaux atteints peuvent avoir un dos extrêmement raide, faire des sauts de mouton, ressentir de la douleur à la palpation et être incapables de fléchir et d’élever le dos sous la selle.
La plupart des propriétaires de chevaux craignent un diagnostic de CPÉ. Pendant longtemps, on a pensé que les chevaux montrant des symptômes de CPÉ ne pouvaient plus être montés et devaient être mis à la retraite.
Néanmoins, les progrès chirurgicaux et les techniques de réadaptation modernes redonnent espoir aux propriétaires de chevaux souffrant de CPÉ. De nombreuses thérapies sont disponibles pour veiller au confort du cheval et restaurer sa mobilité.
Si un cheval semble souffrir de maux de dos, il est sage de demander au vétérinaire de l’examiner. S’ils ne sont pas soignés, les chevaux atteints de CPÉ peuvent réagir sous la selle, et même devenir un danger pour eux-mêmes et pour leurs cavaliers.
Les conflits de processus épineux : une préoccupation émergente
Les conflits de processus épineux (CPÉ) sont parfois appelés syndrome du chevauchement des apophyses épineuses dorsales ou « épines accolées ».
Les CPÉ touchent généralement de multiples vertèbres thoraciques, en particulier la T14-T18. Il s’agit de la zone autour des vertèbres anticlinales ou de la zone de la colonne vertébrale où les processus épineux dorsaux changent d’orientation. Il s’agit également de la région directement sous la selle et le cavalier. Toutefois, les CPÉ peuvent apparaître sur toute la longueur du dos du cheval. [15]
Le vétérinaire diagnostique cette pathologie lorsqu’il détecte des processus épineux dorsaux qui se chevauchent sur les radiographies. Le nombre de diagnostics de CPÉ a considérablement augmenté ces dernières années en raison de l’utilisation accrue de systèmes de radiographies portables, ce qui permet de réaliser des examens radiographiques à la ferme. [2]
Le vétérinaire prend des radiographies le long de la colonne vertébrale pour voir si les vertèbres sont trop rapprochées ou se touchent. En étudiant les radiographies du dos, le vétérinaire cherche des diminutions de l’espace entre les processus épineux dorsaux et des changements dans les parties osseuses.
Dans les cas de conflits de processus épineux, un remodelage osseux peut être observé dans les zones où les os se touchent. Le contact entre les os est douloureux, c’est pourquoi le corps essaie de se protéger en tentant de remodeler les zones affectées.

L’échographie peut également être utilisée pour aider au diagnostic. Elle peut être combinée aux informations des radiographies pour fournir des informations sur les changements au niveau de la surface du processus épineux dorsal, les lésions du ligament supra-épineux, les modifications du muscle multifidus et l’atteinte des facettes des vertèbres lombaires.
Le vétérinaire peut également suggérer une scintigraphie osseuse, une procédure qui consiste à injecter au cheval un isotope radioactif et à utiliser une caméra de scintigraphie osseuse. La caméra est placée sur le dos de votre cheval pour détecter les points chauds, c’est-à-dire les zones où les os absorbent la radiation. Ces points chauds révèlent les zones d’activité métabolique accrue dans l’os, comme pendant les périodes de remodelage osseux rapide. [1]
Les scintigraphies osseuses sont considérées comme plus précises pour différencier les cas cliniques et non cliniques de conflits de processus épineux. Ces examens ne sont effectués que dans des cliniques spécialisées, sous recommandation d’un vétérinaire.
Certains vétérinaires utilisent une anesthésie locale (gel) pour vérifier si le blocage de la douleur aide à soulager les symptômes de CFÉ.
Les maux de dos ou dorsalgies chez les chevaux
Les CPÉ ne sont pas toujours douloureux chez les chevaux. En fait, certains cas de CPÉ sont découverts accidentellement en cherchant la cause d’autres problèmes chez les chevaux asymptomatiques. Dans une étude, 39 % des chevaux ayant subi une radiographie malgré l’absence de douleurs dorsales présentaient tout de même des changements radiographiques suggérant la présence de CPÉ. [15]
Toutefois, dans la même étude, 68 % des chevaux qui présentaient des douleurs dorsales ont reçu un diagnostic de CPÉ. Cela suggère que cette pathologie est un facteur majeur contribuant aux douleurs dorsales chez les chevaux.
Lorsque les CPÉ causent de la douleur, celle-ci peut être intense. Les chevaux atteints de ce syndrome peuvent éprouver de la douleur pour les raisons suivantes :
- Les processus épineux dorsaux se heurtent entre eux.
- Les ligaments entre les processus épineux présentent des lésions ou de l’inflammation.
- L’amplitude de mouvement dans les segments vertébraux affectés diminue, ce qui mène à des raideurs musculaires.
- Les nerfs qui émergent de la moelle épinière à travers le foramen des segments vertébraux affectés sont coincés.
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Les causes de conflits des processus épineux
Bien que la recherche se poursuive, les scientifiques ont déterminé que les CPÉ sont le résultat de nombreux facteurs.
Les races prédisposées
La recherche a montré que les Warmbloods, les Pur-sang et les Quarter Horses sont plus susceptibles de développer les CPÉ que ceux d’autres races.
Ce pourrait être de la conséquence de facteurs génétiques, car les lignées de nombreux chevaux appartenant à ces races remontent aux mêmes géniteurs. C’est peut-être aussi parce que les chevaux appartenant à ces races ont tendance à être montés à un plus jeune âge, avant d’atteindre la maturité squelettique. [2][3]
La conformation
Les chevaux dont le dos est plus court que la moyenne sont plus susceptibles de développer les CPÉ. Ces chevaux possèdent le même nombre de vertèbres dans une région plus exiguë, ce qui réduit l’intervalle entre les vertèbres. [4]
La composante génétique
Les chercheurs ont identifié un lien génétique marqué avec les CPÉ. Une étude récente a identifié des chromosomes spécifiques qui augmentent le risque de CPÉ. [16]
Des données non publiées de Etalon Diagnostics révèlent que les chevaux nés de parents atteints de CPÉ sont plus susceptibles de développer cette pathologie plus tard au cours de leur vie. [5] Des recherches continues peuvent aider à la sélection des juments et des étalons pour prévenir la prédisposition génétique aux CPÉ.
Un conditionnement physique inadéquat
Les chevaux qui sont montés avec la tête haute et le dos creux ou entraînés sous la selle trop jeunes sont plus susceptibles de développer les CPÉ. [4]
Si la ligne du dessus et le dos du cheval sont faibles et incapables de porter un cavalier correctement, les apophyses épineuses dorsales ne peuvent pas fléchir pour s’élever et s’écarter, laissant amplement d’espace entre elles.
Cet état peut s’aggraver jusqu’à ce que les os se heurtent entre eux ou fusionnent, provoquant une douleur extrême et une amplitude de mouvement limitée. [6]
Un angle plantaire négatif des pieds postérieurs
On parle d’angle plantaire négatif lorsqu’il y a affaissement des talons dans les membres postérieurs ou que la phalange distale bascule vers le haut. La pince est alors légèrement plus haute que le talon, ce qui exerce une pression inégale sur la muraille et la sole du pied.
Lorsque la phalange distale bascule vers le haut dans les pieds postérieurs, le cheval doit déplacer ses membres postérieurs en raidissant le dos et il adopte une posture avec le dos creux. [7] Les déplacements continuels dans cette posture font en sorte que les processus épineux dorsaux se rapprochent et que les CPÉ se développent. [8]
Les troubles connexes
Les chevaux atteints de CPÉ souffrent souvent d’arthrite dans les jarrets et la région sacro-iliaque. [8] Lorsque les chevaux se déplacent en utilisant mal leur dos, ce défaut de locomotion se transmet souvent aussi à l’arrière-main. À l’inverse, les maux de dos peuvent également provoquer des douleurs au niveau du jarret, du grasset, ainsi que des douleurs sacro-iliaques.
Les chevaux ayant reçu un diagnostic de CPÉ peuvent avoir besoin de soins de soutien supplémentaires pour l’arthrite associée à ces parties du corps. Les thérapies alternatives, telles que la chiropractie et les traitements d’acupuncture, peuvent aider à soulager la douleur compensatoire et améliorer la mobilité.
Les signes et symptômes
Bien que les CPÉ ne soient pas toujours accompagnés de symptômes, les chevaux qui éprouvent de la douleur peuvent montrer une grande variété de signes tels que :
- des sauts de mouton sous la selle;
- une réticence à étirer l’encolure et à arrondir le dos;
- une boiterie aux membres postérieurs;
- de l’inconfort lors du harnachement ou du sanglage;
- la perte de poids;
- le galop à faux ou de la difficulté à rester au galop;
- de la douleur lorsqu’on palpe ou panse le dos;
- une irritabilité générale lors des déplacements.
Parce que ces symptômes sont aussi associés à d’autres troubles, il est important de discuter du diagnostic avec le vétérinaire pour écarter d’autres problèmes de santé, en particulier les ulcères gastriques.
Le traitement
Anciennement, un diagnostic de CPÉ mettait fin à la carrière des chevaux de performance.
Heureusement, les interventions chirurgicales, les produits pharmaceutiques et les méthodes de réadaptation se sont améliorés considérablement, ce qui permet à de nombreux propriétaires de chevaux atteints de CPÉ d’espérer pouvoir continuer à les monter.
Le pronostic pour les chevaux atteints de ce syndrome est bien meilleur aujourd’hui. La majorité des chevaux atteints de CPÉ peuvent reprendre l’entraînement après avoir suivi un plan de traitement recommandé par un vétérinaire. [12]
Les traitements employés aujourd’hui incluent les interventions chirurgicales, les injections articulaires et la réadaptation non invasive.
La desmotomie du ligament interépineux
D’abord inventée par le Dr Richard Coomer en 2009, la desmotomie du ligament interépineux est communément appelée l’incision des ligaments.
Cette procédure consiste à couper le ligament situé entre les processus épineux des vertèbres touchées, en vue d’éliminer l’origine de la douleur et de rétablir la mobilité du rachis. [9]
Pendant que le cheval est debout sous anesthésie locale, le chirurgien fait de petites incisions au-dessus des régions où se trouvent les processus épineux qui se chevauchent. Le chirurgien utilise un très petit ciseau pour couper le ligament interépineux en deux.
Après l’intervention, le cheval est mis au repos en stalle et le vétérinaire prescrit un protocole de réadaptation.
Cette opération engendre peu de complications et le taux de réussite à long terme est élevé (90 %). Elle a néanmoins certaines limites. [9] Les chevaux présentant plus de cinq lésions ou dont les processus épineux sont extrêmement rapprochés ne sont pas de bons candidats pour la desmotomie du ligament interépineux.
Cette intervention chirurgicale ne guérit pas les CPÉ, mais elle en minimise les symptômes et permet au dos de bouger confortablement pendant la rééducation.
Si les chevaux ne sont pas remis en forme correctement, une récidive des CPÉ ou l’apparition des CPÉ dans d’autres régions du dos est possible.
L’ostéotomie cunéiforme craniale
L’ostéotomie cunéiforme en station debout est une procédure beaucoup plus invasive, mais elle retire complètement les processus épineux qui se chevauchent ou qui se touchent.
On peut effectuer cette intervention chirurgicale lorsque le cheval sous sédation en position debout ou sous anesthésie générale. Le chirurgien pratique une longue incision le long du dos du cheval au-dessus des régions touchées par les CPÉ.
Le chirurgien coupe ensuite à travers le ligament supraépineux, une grande bande de tissu fibreux qui court le long de la crête des processus épineux.
À l’aide d’une scie à os, le chirurgien retire ensuite de petites sections des processus vertébraux qui se chevauchent, éliminant ainsi les CPÉ. Une fois le ligament supraépineux rattaché, le cheval est prêt à entreprendre la période de repos et la rééducation. [10]
Cette opération comporte un risque accru d’infection et de complications. Après l’intervention, les parties restantes des processus épineux peuvent devenir acérées et irritées.
Sans protocole de réadaptation approprié, les CPÉ peuvent réapparaître dans d’autres régions du dos du cheval. [10]
Les chirurgiens peuvent choisir de faire une combinaison de desmotomie du ligament interépineux et d’ostectomie craniale en fonction de leur analyse de la situation.
Les injections de stéroïdes
Semblables aux injections articulaires employées pour traiter l’athrite et l’inflammation dans d’autres articulations, les injections entre les processus épineux peuvent améliorer temporairement le confort et la mobilité du cheval.
Le cheval est mis sous sédation et, en utilisant des techniques aseptiques, le vétérinaire insère une aiguille dans les espaces entre les processus épineux pour y injecter des corticostéroïdes.
Ces médicaments ont un effet anti-inflammatoire qui diminue la douleur et la raideur entre les processus épineux dorsaux, permettant d’entraîner le cheval pour l’aider à gagner en masse musculaire au niveau du dos. [3]
Il est possible que votre cheval ne soit pas un bon candidat pour les injections de stéroïdes si les apophyses épineuses sont trop rapprochées ou fusionnées. Les injections ont un effet temporaire; votre cheval pourrait avoir besoin d’injections à répétition pour rester confortable.
Les injections de stéroïdes sont plus efficaces lorsqu’un bon programme d’exercice est initié pour développer la force abdominale et les muscles du dos.
La mésothérapie
Le vétérinaire combine souvent les injections de stéroïdes à la mésothérapie. Lors de la mésothérapie, le vétérinaire utilise de très petites aiguilles pour injecter des médicaments à plusieurs endroits dans le mésoderme, soit les couches profondes de la peau.
Une combinaison de médicaments utilisés ensemble permet de réduire l’inflammation et de bloquer les capteurs de douleur dans le dos afin de tenter de soulager certains symptômes de CPÉ.
La mésothérapie associée à la thérapie par ondes de choc a donné des résultats positifs chez 86 % des chevaux. [15]
Les techniques non invasives
Si le cheval n’est pas un candidat pour les thérapies invasives énumérées ci-dessus, il existe des traitements non invasifs qui peuvent s’avérer très efficaces. Les techniques non invasives peut également être incorporées afin d’aider à augmenter les taux de succès.
Les approches non invasives de réadaptation incluent : [14]
- les exercices de conditionnement qui tonifient les muscles abdominaux et renforcent la ligne supérieure du dos;
- les médicaments contre la douleur tels que les AINS, l’acétaminophène ou la gabapentine;
- le Robaxin (méthocarbamol), un relaxant musculaire administré pour soulager les tensions dans les muscles du dos;
- le ferrage correctif;
- la thérapie par ondes de choc;
- les soins chiropratiques;
- l’acupuncture;
- une alimentation faible en sucre et en amidon pour limiter l’inflammation;
- des suppléments qui favorisent la santé des articulations (par exemple, le MSM, le jiaogulan);
- un ajustement de selle adéquat.
Tout plan de traitement des CPÉ doit inclure un programme d’exercices pour renforcer la ligne supérieure du dos et les muscles abdominaux afin de mener à des résultats positifs à long terme. [11] Si la musculature supérieure du dos du cheval est faible, la colonne vertébrale s’affaisse sur elle-même, ce qui rapproche les processus épineux.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur le kissing spine chez les chevaux :
Le kissing spine chez les chevaux est une affection squelettique dans laquelle les projections osseuses le long de la colonne vertébrale, appelées processus épineux dorsaux, sont trop rapprochées ou se touchent. Ce contact peut causer de la douleur, de l’inflammation, une diminution de la mobilité de la colonne vertébrale et des tensions musculaires. Le kissing spine touche le plus souvent la colonne thoracique sous la selle et le cavalier, particulièrement autour de la quatorzième à la dix-huitième vertèbre thoracique, mais il peut survenir n’importe où le long du dos. [14] Certains chevaux présentent des changements radiographiques sans douleur évidente, tandis que d’autres développent d’importants changements de performance et de comportement.
Le kissing spine affecte les chevaux en limitant les mouvements confortables du dos et en rendant plus difficile pour le cheval de soulever, d’étirer et d’arrondir sa ligne du dessus. Lorsque les processus épineux dorsaux frottent les uns contre les autres, le contact os contre os qui en résulte peut être douloureux et peut entraîner un remodelage osseux. La douleur peut également provenir d’une inflammation des ligaments, d’une diminution de l’amplitude des mouvements, de tensions musculaires ou d’une irritation nerveuse. Les chevaux atteints peuvent résister au travail, devenir difficiles sous la selle ou montrer de l’inconfort lors du pansage, de la palpation, de la mise en selle ou du sanglage.
Le kissing spine chez les chevaux est causé par plusieurs facteurs interagissant entre eux plutôt que par un seul déclencheur. La conformation, la prédisposition génétique, une mauvaise posture, une musculature insuffisante de la ligne du dessus, un conditionnement inadéquat, un angle plantaire négatif des pieds postérieurs et un débourrage trop précoce peuvent tous y contribuer. Les chevaux montés avec la tête haute et le dos creux sont plus susceptibles de développer un kissing spine parce que leur dos ne se soulève pas suffisamment pour créer de l’espace entre les processus épineux dorsaux. [4] Avec le temps, les os peuvent frotter les uns contre les autres ou fusionner, causant de la douleur et une diminution de la mobilité. [6]
Les chevaux les plus à risque de développer un kissing spine comprennent les Warmbloods, les Thoroughbreds et les Quarter Horses, selon les recherches disponibles. Ces races peuvent présenter un risque accru en raison de facteurs génétiques, de lignées communes ou d’un débourrage effectué avant la maturité squelettique. [2][3] Les chevaux ayant un dos plus court sont également plus susceptibles de développer un kissing spine parce que le même nombre de vertèbres est situé dans un espace plus restreint. [4] Les chevaux ayant une ligne du dessus faible, une posture creuse, des douleurs à l’arrière-main ou un mauvais équilibre des pieds peuvent également être plus vulnérables.
Les signes du kissing spine chez les chevaux peuvent inclure des coups de cul sous la selle, une réticence à étirer l’encolure, de la difficulté à arrondir le dos, une boiterie de l’arrière-main, de la sensibilité au sanglage, des douleurs dorsales et de l’irritabilité pendant le mouvement. Certains chevaux galopent à faux, ont de la difficulté à maintenir le galop, perdent du poids ou réagissent lorsque le dos est brossé ou palpé. Ces signes peuvent également être associés à d’autres problèmes, notamment les ulcères gastriques, la boiterie, les problèmes d’ajustement de la selle et l’arthrite de l’arrière-main. Un vétérinaire devrait évaluer toute douleur dorsale persistante ou tout comportement dangereux sous la selle.
Un cheval peut avoir un kissing spine sans présenter de symptômes évidents. Certains cas sont découverts par hasard lorsque des radiographies sont prises pour une autre raison, et tous les chevaux dont les processus épineux dorsaux sont rapprochés ou en contact ne souffrent pas nécessairement de douleurs dorsales. Dans une étude, 39 % des chevaux sans douleur dorsale présentaient tout de même des changements radiographiques suggérant un kissing spine. [15] Cependant, la même étude a trouvé un kissing spine chez 68 % des chevaux présentés pour des douleurs dorsales, ce qui signifie que les résultats radiographiques doivent être interprétés en fonction des signes cliniques.
Le kissing spine est diagnostiqué par un vétérinaire à l’aide des résultats de l’examen physique, des signes cliniques et de l’imagerie du dos du cheval. Les radiographies sont couramment utilisées pour rechercher un rétrécissement entre les processus épineux dorsaux et des signes de remodelage osseux. [2] L’échographie peut aider à évaluer l’atteinte des ligaments, des muscles et des articulations, tandis que la scintigraphie osseuse peut aider à distinguer les lésions douloureuses actives des changements non cliniques. [1] Certains vétérinaires peuvent également utiliser une anesthésie locale pour déterminer si le blocage de la région douloureuse améliore les symptômes du cheval.
Les affections qui peuvent ressembler au kissing spine comprennent les ulcères gastriques, les problèmes d’ajustement de la selle, les boiteries de l’arrière-main, l’arthrite du jarret, la douleur au grasset, la douleur sacro-iliaque et les douleurs musculaires. Les chevaux atteints de kissing spine présentent souvent aussi de l’arthrite du jarret ou de l’articulation sacro-iliaque, et la douleur peut se déplacer entre le dos et l’arrière-main. [8] Comme les signes ne sont pas spécifiques, le diagnostic ne devrait pas être basé uniquement sur le comportement. Une évaluation vétérinaire complète aide à déterminer si le dos est la principale source de douleur ou fait partie d’un problème locomoteur plus large.
Le traitement du kissing spine chez les chevaux est adapté à la gravité des lésions, au niveau de douleur du cheval et aux objectifs du propriétaire. Les options de traitement peuvent inclure la chirurgie, les injections de corticostéroïdes, la mésothérapie, les analgésiques, la thérapie par ondes de choc, la ferrure corrective, les soins chiropratiques, l’acupuncture, l’ajustement de la selle et un programme structuré de réadaptation. Les injections de stéroïdes peuvent réduire la douleur et la raideur entre les processus épineux dorsaux, permettant ainsi au cheval de faire de l’exercice et de reconstruire sa musculature de la ligne du dessus. [3] Tout plan de traitement devrait être supervisé par un vétérinaire et inclure un programme de conditionnement pour assurer le succès à long terme.
Le kissing spine ne nécessite pas toujours une chirurgie. Certains chevaux s’améliorent grâce à une gestion non invasive comprenant des exercices de conditionnement, le contrôle de la douleur, la correction de l’ajustement de la selle, le soutien de l’équilibre des pieds et des thérapies complémentaires. La chirurgie peut être envisagée lorsque la douleur est importante, que les résultats d’imagerie sont sévères ou que la gestion conservatrice ne procure pas une amélioration suffisante. Le meilleur choix dépend du nombre et de la gravité des lésions, du fait que les processus épineux soient extrêmement rapprochés ou fusionnés, ainsi que de la réponse du cheval au traitement initial.
Les chirurgies utilisées pour traiter le kissing spine chez les chevaux comprennent la desmotomie du ligament interépineux et l’ostectomie cunéiforme crâniale. La desmotomie du ligament interépineux, parfois appelée « ligament snip », consiste à sectionner le ligament situé entre les processus épineux affectés afin de réduire la douleur et d’améliorer la mobilité. [9] Cette procédure affiche un taux de réussite à long terme rapporté de 90 %, mais les chevaux présentant plus de cinq lésions ou des processus épineux extrêmement rapprochés peuvent ne pas être de bons candidats. [9] L’ostectomie cunéiforme crâniale est plus invasive et consiste à retirer de petites sections d’os qui se chevauchent, mais elle comporte un risque plus élevé de complications et exige tout de même une réadaptation rigoureuse. [10]
De nombreux chevaux atteints de kissing spine peuvent retourner au travail grâce à un traitement et à une réadaptation appropriés. Le pronostic est meilleur aujourd’hui en raison des avancées en chirurgie, en injections, en gestion de la douleur et en programmes de conditionnement. La majorité des chevaux atteints peuvent reprendre le travail après avoir suivi un plan de traitement recommandé par un vétérinaire. [12] Le succès à long terme dépend fortement du renforcement de la ligne du dessus et des muscles abdominaux, de la correction des facteurs contributifs et de l’évitement d’un retour aux schémas de mouvement avec le dos creux.
La réadaptation est importante dans les cas de kissing spine parce qu’une faiblesse des muscles abdominaux et de la ligne du dessus permet à la colonne vertébrale de s’affaisser vers le bas, rapprochant ainsi les processus épineux dorsaux. Le conditionnement aide le cheval à soulever son dos, à renforcer les muscles de soutien et à se déplacer plus confortablement. Tout plan de traitement du kissing spine doit inclure un programme de conditionnement visant à renforcer la ligne du dessus et les muscles abdominaux afin d’obtenir un résultat positif à long terme. [11] Sans une réadaptation adéquate, les symptômes peuvent réapparaître ou le kissing spine peut se développer dans d’autres régions.
Vous pouvez aider un cheval atteint de kissing spine à demeurer confortable en travaillant avec un vétérinaire, un maréchal-ferrant, un ajusteur de selles et un professionnel de la réadaptation afin de traiter la douleur, le mouvement, la posture, l’équilibre des pieds et le conditionnement. Un ajustement adéquat de la selle, un programme de renforcement à faible impact, un contrôle approprié de la douleur et le traitement des douleurs associées au jarret, au grasset ou à l’articulation sacro-iliaque peuvent tous favoriser la récupération. Des options non invasives comme les soins chiropratiques, l’acupuncture, la thérapie par ondes de choc et le massage peuvent aider certains chevaux lorsqu’elles sont utilisées dans le cadre d’un plan global. Une alimentation faible en sucres et en amidon peut également favoriser le contrôle général de l’inflammation. [14]
Résumé
La douleur dorsale et le syndrome des processus épineux chevauchants (CPÉ) peuvent avoir un impact important sur le confort, la performance et la santé à long terme du cheval.
- Si vous soupçonnez que votre cheval a mal au dos ou souffre de CPÉ, consultez votre vétérinaire afin d’établir un diagnostic précis.
- Votre vétérinaire pourra déterminer le degré d’avancement du syndrome et vous présenter les options de traitement disponibles, selon la gravité de la condition.
- Il peut également être pertinent de consulter un spécialiste en réadaptation ayant de l’expérience avec les chevaux atteints de CPÉ afin d’explorer des thérapies non invasives pour soutenir le rétablissement.
- En complément des soins vétérinaires et de la réadaptation, une gestion adaptée et un programme de travail approprié jouent un rôle clé dans l’évolution de la condition.
- Vous pouvez aussi nous transmettre le régime alimentaire de votre cheval en ligne, et nos nutritionnistes pourront vous aider à concevoir un programme alimentaire visant à réduire l’inflammation et à favoriser le développement des muscles de la ligne du dessus du dos.
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