Les chevaux vivent-ils un deuil après avoir perdu un compagnon proche? De nombreux propriétaires remarquent des changements de comportement lorsqu’un compagnon de pâturage meurt, quitte l’écurie ou est séparé définitivement du troupeau, surtout lorsque les chevaux partageaient un lien social étroit.
Les chevaux sont des animaux très sociaux qui nouent des relations privilégiées avec des compagnons familiers. Lorsque l’une de ces relations est rompue, le cheval qui reste peut hennir, chercher son compagnon, manger moins, s’isoler du groupe, devenir agité ou présenter des changements lors des manipulations, dans son sommeil et dans sa routine quotidienne.
Comprendre comment les chevaux réagissent à une perte sociale peut aider les propriétaires à leur offrir un soutien constant, tout en sachant reconnaître quand un changement de comportement peut indiquer de la douleur, une maladie ou un autre problème médical. Poursuivez votre lecture pour apprendre à reconnaître les signes de deuil chez les chevaux, à soutenir un cheval après la perte d’un compagnon et à déterminer quand il faut consulter un vétérinaire.
Les chevaux vivent-ils un deuil après la perte d’un compagnon?
Les chevaux peuvent montrer des signes de deuil ou de détresse après avoir perdu un compagnon proche, surtout lorsque cette perte rompt un lien social.
Une étude portant sur 325 chevaux a révélé que bon nombre d’entre eux devenaient plus vigilants, plus vocaux, plus agités, plus isolés socialement ou moins intéressés par la nourriture après la mort d’un compagnon de pâturage. [1]
La question de savoir si les animaux vivent un deuil est devenue un sujet important dans la recherche sur le comportement animal et le bien-être, puisque les scientifiques ont documenté des changements de comportement après une perte sociale chez plusieurs espèces très sociales. [2] Les propriétaires remarquent souvent des changements de comportement semblables chez leurs propres chevaux après une perte.
Après la mort ou le départ définitif d’un compagnon de pâturage, certains chevaux deviennent plus calmes, hennissent à répétition, cherchent dans des endroits familiers ou se comportent différemment de leur habitude. Ces réactions amènent naturellement de nombreux propriétaires à se demander comment les chevaux vivent la perte. [3]
Les chercheurs ne peuvent pas déterminer exactement ce qu’un cheval ressent sur le plan émotionnel ni si les chevaux comprennent la mort de la même façon que les humains. Toutefois, de solides données montrent que les chevaux nouent des liens sociaux étroits et sont affectés lorsque ces relations sont rompues.
Les changements observés après la mort ou le départ d’un compagnon peuvent refléter une perte de soutien social, une modification de la dynamique du troupeau ou une détresse liée à la séparation. [1]
Pour comprendre pourquoi la perte d’un compagnon peut affecter certains chevaux aussi profondément, il faut d’abord comprendre comment les chevaux forment et entretiennent naturellement leurs relations sociales.
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Liens sociaux entre les chevaux
Les chevaux sont des animaux très sociaux qui ont évolué pour vivre en groupe. La vie avec d’autres chevaux améliorait leurs chances de survie en augmentant leur vigilance face aux prédateurs, en leur offrant des occasions d’apprentissage social et en les aidant à trouver de la nourriture, de l’eau et un abri.
Bien que les chevaux domestiques vivent souvent dans des conditions de gestion très différentes, leur motivation à établir des relations sociales demeure une composante importante du comportement équin normal. [4]
Plutôt que d’interagir de façon égale avec chaque membre du troupeau, les chevaux développent souvent des relations privilégiées avec certains individus. Ces liens se renforcent souvent au fil des mois ou des années lorsque les chevaux partagent le même environnement et la même routine quotidienne. [5][6]
Les propriétaires peuvent reconnaître ces relations grâce à des comportements comme les suivants : [5][6]
- Brouter ou se reposer près l’un de l’autre
- Se toiletter mutuellement
- Se suivre dans le pâturage
- S’approcher l’un de l’autre sans agressivité
- Hennir ou devenir agités lorsqu’ils sont séparés
- Se rechercher dans des situations inhabituelles ou stressantes
Ces interactions amicales, appelées comportements affiliatifs, contribuent au maintien des liens sociaux au sein du troupeau. Des recherches ont montré que les chevaux choisissent systématiquement des compagnons privilégiés plutôt que d’interagir au hasard avec tous les membres du groupe. [5][6]
Effet tampon social
La présence d’un compagnon familier peut également influencer la façon dont un cheval réagit au stress, un phénomène appelé « effet tampon social ». Des études indiquent que certains chevaux sont plus calmes, plus disposés à explorer des environnements inconnus ou mieux en mesure de faire face à des situations potentiellement stressantes lorsqu’un compagnon de confiance se trouve à proximité. [7][8]
Tous les chevaux ne réagissent pas de la même façon, et l’intensité de l’effet tampon social varie selon le cheval, la situation et la relation entre les deux animaux. Toutefois, ces résultats indiquent que les relations sociales étroites apportent davantage qu’une simple compagnie. [7][8]
Lorsqu’un cheval auquel un autre cheval est attaché meurt ou quitte définitivement le troupeau, le cheval survivant perd à la fois cette relation et le sentiment de familiarité ou de sécurité que son compagnon pouvait lui procurer. Cela aide à expliquer pourquoi certains chevaux présentent des changements comportementaux perceptibles après la perte d’un proche compagnon.
Compagnons privilégiés
Un compagnon privilégié n’est pas toujours le cheval le plus dominant du troupeau.
Les relations sociales chez les chevaux sont influencées par : [9]
- Le tempérament
- L’âge
- Le degré de familiarité
- Les expériences antérieures
- L’espace disponible
- La stabilité du groupe
Un cheval peut avoir plusieurs compagnons compatibles, mais passe souvent plus de temps avec un ou deux individus préférés. La proximité volontaire est l’un des indicateurs les plus fiables de ces relations, particulièrement lorsque les chevaux disposent de suffisamment d’espace pour choisir où et avec qui ils passent leur temps. [6][10]
Comme la force des relations sociales varie d’un cheval à l’autre, la perte d’un compagnon préféré peut entraîner une réaction comportementale plus marquée que le départ d’un cheval avec lequel il interagissait rarement.
Changements de comportement et perte chez les chevaux
Les chevaux peuvent présenter des changements de comportement à la suite de la mort ou du départ définitif d’un proche compagnon.
De nombreux propriétaires décrivent raisonnablement ces comportements comme du deuil. Toutefois, les chercheurs ne peuvent pas interroger un cheval sur ses expériences mentales ni déterminer si les chevaux comprennent la mort de la même manière que les humains. Dans les discussions scientifiques, des termes comme perte sociale, détresse liée à la séparation ou rupture d’un lien social sont plutôt utilisés. [2][3]
Cette incertitude ne diminue pas l’importance de la réaction de votre cheval à la perte. Le retrait d’un cheval peut modifier la routine quotidienne du cheval restant, son soutien social et sa place au sein du troupeau. Ainsi, la perte d’un compagnon familier peut supprimer une importante source de réconfort et de sécurité, même lorsque d’autres chevaux restent à proximité.
Plutôt que d’essayer de déterminer exactement ce que ressent le cheval, les propriétaires peuvent se concentrer sur la reconnaissance des changements, la protection de la santé physique de leur cheval et l’aide à son adaptation à une nouvelle situation sociale.
Certains chevaux réagissent immédiatement et de façon évidente à une perte sociale. D’autres semblent relativement peu affectés au début, mais changent au cours des heures ou des jours suivants. Un cheval peut également réagir différemment selon que son compagnon a disparu soudainement ou qu’il a été progressivement séparé du groupe. [11]
Les réactions courantes à la détresse liée à la séparation chez les chevaux comprennent : [1]
- Les appels
- La recherche
- Une diminution de l’appétit
- Le retrait social
- L’agitation
- Un attachement accru envers un autre cheval ou une personne familière
Appels et recherche
Un cheval peut hennir ou appeler de façon répétée après le retrait d’un compagnon. Il peut rester près d’une barrière, d’une clôture, d’une aire de chargement dans une remorque, d’un box vide ou d’un autre endroit associé au cheval absent. [1][12]
Les comportements de recherche peuvent comprendre : [12]
- Marcher dans le champ ou l’écurie
- Vérifier les aires habituelles de repos ou d’alimentation
- Surveiller les entrées et les sorties
- Rester à l’endroit où le compagnon a été vu pour la dernière fois
- Devenir très attentif à l’approche de chevaux ou de véhicules
Les appels et les comportements de recherche peuvent être les plus intenses peu après la séparation et diminuer graduellement à mesure que le cheval s’adapte. Les déplacements répétitifs persistants, la transpiration, les tentatives de fuite ou l’incapacité à se calmer nécessitent une attention accrue, car ils peuvent compromettre la sécurité et la santé physique du cheval. [12]
Changements dans le niveau d’activité
Certains chevaux deviennent agités et passent plus de temps à marcher, à faire les cent pas ou à surveiller leur environnement. D’autres deviennent plus calmes et moins engagés dans leur environnement. [13]
Un cheval qui explore habituellement le champ ou s’approche des gens peut plutôt rester au même endroit ou se tenir à l’écart des autres chevaux. Une diminution de l’activité peut parfois ressembler à de la tristesse, mais elle peut aussi indiquer de la fatigue, de la douleur, une maladie ou une diminution de la consommation de fourrage. [13]
Pour différencier les comportements apparentés au deuil des problèmes de santé, les propriétaires doivent tenir compte de la posture générale et de la réactivité de leur cheval. Rester calmement debout tout en demeurant alerte et en mangeant normalement est différent du fait de paraître abattu, faible, inconfortable ou peu réactif.
Changements dans l’alimentation et l’abreuvement
Un cheval en détresse peut manger plus lentement, ne pas terminer ses repas ou consommer moins de fourrage qu’à l’habitude. Les changements de routine ou de dynamique sociale peuvent également affecter l’accès au foin, au fourrage ou à l’eau, surtout si le cheval dépendait du compagnon absent pour se sentir en confiance en présence des autres membres du troupeau. [13]
Toute diminution de l’appétit doit être prise au sérieux. Les chevaux sont adaptés à consommer régulièrement du fourrage tout au long de la journée, et une diminution prolongée de la consommation d’aliments peut augmenter le risque de problèmes digestifs. [14]
Les propriétaires devraient surveiller :
- La quantité de foin ou de pâturage consommée par le cheval
- Si les repas de concentrés sont entièrement consommés
- La consommation d’eau
- La fréquence et la consistance du fumier
- Le poids corporel et l’état de chair
Changements dans le comportement social
Un cheval peut devenir plus attaché à un autre membre du troupeau après la perte d’un compagnon. Il peut suivre un autre cheval de près, hennir lorsqu’il en est séparé ou refuser de quitter le groupe. [7]
D’autres chevaux peuvent temporairement éviter les interactions sociales ou se tenir à l’écart du troupeau. Certains deviennent plus irritables, sur la défensive ou réactifs pendant que les relations au sein du groupe se réorganisent. [15]
Le retrait d’un individu peut affecter plus d’un cheval. Les membres restants du troupeau peuvent changer de compagnons de proximité, de partenaires de toilettage et de façon de partager les ressources. Les conflits peuvent temporairement augmenter pendant que les chevaux s’adaptent à la nouvelle structure du groupe. [16]
Changements dans le comportement envers les humains
Certains chevaux recherchent davantage l’attention de personnes familières après une perte sociale. Ils peuvent s’approcher plus souvent, rester près de la personne pendant le pansage ou sembler réticents lorsqu’elle s’éloigne. [1][7][17]
D’autres chevaux peuvent devenir distraits, difficiles à attraper, moins intéressés par les manipulations ou inhabituellement réactifs. Les propriétaires ne devraient pas automatiquement interpréter ces changements comme de la désobéissance.
Une manipulation calme et constante peut aider à maintenir un environnement prévisible pendant que le cheval s’adapte. Toutefois, les interactions avec les humains ne remplacent pas les interactions sociales avec d’autres chevaux. Les recherches suggèrent que la présence humaine peut réduire les réponses au stress chez les chevaux pendant les périodes d’isolement social, mais les chevaux préfèrent généralement la compagnie d’autres chevaux à celle des humains. [18][19][20]
Changements dans le sommeil et le repos
Un cheval peut sembler fatigué ou agité après la perte d’un compagnon. Les changements sociaux peuvent influencer l’endroit où le cheval se repose, son sentiment de sécurité lorsqu’il se couche et les membres du troupeau qui restent à proximité pendant qu’il dort. [21]
Les changements possibles comprennent :
- Passer moins de temps couché
- Rester inhabituellement vigilant
- Être agité pendant les périodes normales de sommeil
- Se tenir dans une posture retirée ou inactive
- Paraître fatigué pendant la journée
Les propriétaires ne peuvent souvent pas surveiller leurs chevaux pendant la nuit. Des signes comme le dérangement de la litière ou des taches sur le pelage peuvent donc aider à déterminer si le comportement de couchage a changé.
Tableau 1. Signes qu’un cheval vit une perte sociale
| Changement de comportement | À quoi cela peut ressembler | Pourquoi c’est important |
|---|---|---|
| Hennissements et recherche |
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| Diminution de l’appétit |
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| Agitation ou déplacements répétitifs |
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| Retrait ou diminution de l’activité |
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| Changements dans le comportement social |
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| Changements envers les personnes |
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| Changements dans le sommeil ou le repos |
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Écarter les problèmes médicaux
Les changements de comportement qui commencent après une perte peuvent être liés à une détresse sociale, mais le moment où ils surviennent ne suffit pas à lui seul à en confirmer la cause. La douleur, les coliques, les maladies gastriques, les problèmes dentaires, la boiterie, les infections, les maladies respiratoires et de nombreuses autres affections peuvent provoquer des symptômes semblables aux comportements que les chevaux présentent après une séparation sociale ou une perte.
Les changements liés au stress dans l’alimentation, l’abreuvement, les déplacements et la routine peuvent également contribuer à des problèmes physiques. Par exemple, un cheval qui passe des heures à faire les cent pas au lieu de manger peut consommer moins de fourrage et d’eau qu’à l’habitude.
Ne retardez pas les soins vétérinaires parce qu’un cheval vit une perte sociale. Un examen physique peut aider à déterminer ou à écarter des causes médicales pendant que le cheval reçoit une prise en charge de soutien.
Tableau 2. Évaluation de la nécessité d’une intervention vétérinaire chez les chevaux vivant une perte sociale
| Signe d’alerte | Préoccupation possible | Mesure recommandée |
|---|---|---|
| Refus complet de manger |
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| Réduction importante de la consommation de fourrage |
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| Production de crottin réduite ou absente |
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| Signes de coliques |
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| Fièvre ou signes de maladie |
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| Léthargie ou faiblesse marquée |
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| Transpiration, tremblements ou agitation persistants |
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| Déplacements répétitifs dangereux ou tentatives de fuite |
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| Perte de poids rapide |
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| Difficulté à se reposer ou privation de sommeil |
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| Comportement qui s’aggrave ou ne s’améliore pas |
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Quand appeler un vétérinaire
Communiquez rapidement avec un vétérinaire si votre cheval présente :
- Un refus complet de manger
- Une réduction importante ou prolongée de la consommation de fourrage
- Une production de crottins réduite ou absente
- Des signes de colique, notamment le fait de gratter le sol, de se rouler, de regarder ses flancs ou de se coucher à répétition
- De la fièvre ou d’autres signes de maladie
- Une léthargie marquée, de la faiblesse ou une absence de réaction
- Une transpiration persistante, des tremblements ou de l’agitation
- Des déplacements répétitifs dangereux, des courses le long des clôtures ou des tentatives de fuite
- Une perte de poids rapide
- De la difficulté à se reposer ou des signes de privation de sommeil
- Des changements de comportement qui s’aggravent ou ne s’améliorent pas graduellement
Les propriétaires connaissent mieux que quiconque le comportement normal de leur cheval. Communiquez avec un vétérinaire chaque fois qu’un changement semble important ou préoccupant, même s’il ne correspond pas clairement à une catégorie précise.
Causes de la perte sociale chez le cheval
La mort d’un congénère du troupeau n’est pas le seul événement pouvant perturber une relation sociale importante. Les chevaux peuvent présenter des changements de comportement chaque fois qu’un compagnon familier disparaît soudainement ou devient indisponible, quelle qu’en soit la raison.
L’intensité et la durée de la réaction varient selon le cheval, la force de la relation et les circonstances entourant l’événement.
Mort d’un compagnon
La mort d’un compagnon de pâturage, d’un voisin d’écurie, d’une mère, d’un poulain ou d’un autre cheval avec lequel un lien étroit s’était formé peut entraîner des comportements de recherche, des appels, un retrait ou des changements dans l’appétit et la routine. [1]
Les changements de comportement d’un cheval peuvent être causés non seulement par la mort d’un compagnon, mais aussi par des changements soudains dans son environnement, comme :
- L’absence de son compagnon
- Un changement dans la structure du troupeau
- Un comportement différent de la part des personnes à l’écurie
Les perturbations touchant l’alimentation, les sorties, les manipulations et les déplacements sur la propriété peuvent également avoir une incidence sur le comportement du cheval. Lorsque cela est possible, le maintien des routines familières peut réduire le nombre de changements supplémentaires auxquels le cheval doit s’adapter.
Après l’euthanasie
De nombreux chevaux sont euthanasiés en raison d’une douleur intense, d’une blessure ou d’une maladie avancée. Bien que l’euthanasie soit souvent l’option la plus compatissante pour le cheval concerné, les chevaux survivants peuvent tout de même réagir à la perte soudaine d’un compagnon familier. [22][23]
Certains propriétaires choisissent de permettre aux chevaux survivants de voir ou d’examiner le corps après l’euthanasie. Bien que cette pratique soit assez courante, peu de recherches permettent de déterminer si elle modifie les comportements de recherche ultérieurs ou aide les chevaux à s’adapter à la perte. [24][25]
Que le cheval survivant voie ou non le corps, le maintien des routines habituelles, l’accès à des contacts sociaux appropriés et la surveillance de son alimentation, de sa consommation d’eau et de son comportement sont les moyens les plus importants de favoriser son adaptation.
Les propriétaires peuvent également discuter avec leur vétérinaire de ce à quoi s’attendre avant, pendant et après l’euthanasie, notamment de la façon de soutenir les chevaux survivants et les personnes concernées.
Séparation d’un compagnon
Un cheval peut réagir à une perte sociale même lorsque le compagnon absent est toujours vivant. La vente, le déménagement, l’hospitalisation, la retraite ou le transfert dans une autre écurie peuvent séparer de façon permanente des chevaux qui passaient auparavant la majeure partie de leur temps ensemble. [12][16]
Du point de vue du cheval qui reste, la disparition soudaine d’un compagnon peut être vécue de façon semblable à la perte d’un compagnon décédé. Si les propriétaires prévoient déplacer un cheval, ils peuvent augmenter graduellement le temps que les chevaux passent séparés tout en veillant à ce que le cheval qui reste ait accès à d’autres compagnons compatibles. Cela peut faciliter la transition, mais une séparation graduelle n’est pas toujours possible, et certains chevaux peuvent tout de même présenter des changements comportementaux temporaires.
Sevrage
Le sevrage consiste à séparer un poulain de sa mère et représente une importante transition sociale et alimentaire. Les vocalisations, les déplacements répétitifs et la diminution de la consommation alimentaire sont couramment associés au stress du sevrage. [26]
L’intensité de la réaction peut être influencée par la méthode de sevrage, l’environnement social antérieur du poulain et la présence ou non de chevaux familiers. Les recherches continuent d’examiner les méthodes de séparation graduelle et le recours à des chevaux adultes familiers pour offrir un soutien social après le sevrage. [27]
Perte d’un soignant humain
Les chevaux peuvent reconnaître les personnes qui leur sont familières et apprendre à les associer à l’alimentation, aux sorties, aux manipulations, à l’exercice et à d’autres activités quotidiennes. Un changement de propriétaire, de cavalier, de palefrenier ou de soignant peut affecter la routine et le comportement d’un cheval. [28]
On ne sait pas si les chevaux comprennent la mort d’une personne. Cependant, ils peuvent remarquer qu’une personne familière est absente et que d’autres aspects de leur routine quotidienne ont changé. Une routine constante, une manipulation calme et l’établissement progressif d’un lien de confiance avec de nouveaux soigneurs peuvent aider le cheval à s’adapter.
Changements au sein du troupeau
Le départ d’un cheval peut modifier les relations dans l’ensemble du groupe. Les chevaux qui dépendaient auparavant de l’individu absent peuvent chercher de nouveaux compagnons. D’autres membres du groupe peuvent rivaliser pour accéder au fourrage, à l’abri, à l’eau ou aux lieux de repos privilégiés. [12][16]
Il est important que les propriétaires et les soigneurs surveillent l’ensemble du troupeau plutôt que de se concentrer uniquement sur le cheval qui semblait le plus proche du compagnon absent.
Les signes de perturbation sociale peuvent comprendre :
- Une augmentation des poursuites ou des morsures
- La protection du foin ou de l’eau
- Un cheval exclu du groupe
- Le fait de suivre constamment un autre cheval ou une anxiété de séparation
- Une réduction du repos ou de l’alimentation
Offrir suffisamment d’espace et plusieurs points d’alimentation ou d’abreuvement peut réduire la compétition pendant que le groupe s’adapte.
Combien de temps les chevaux vivent-ils un deuil?
Il n’existe aucun délai établi quant au temps nécessaire aux chevaux pour s’adapter à une perte sociale. Certains semblent se calmer en quelques heures ou quelques jours, tandis que d’autres présentent des changements de comportement pendant plusieurs semaines ou plus longtemps.
La durée et l’intensité de la réaction peuvent dépendre :
- De la force et de la durée de la relation
- Du caractère soudain ou non de la séparation
- De la personnalité du cheval
- Des expériences antérieures de séparation
- De la stabilité du troupeau restant
- De la présence d’autres compagnons compatibles
- Des changements apportés à la sortie, à l’hébergement, à l’alimentation ou à l’exercice
- De l’âge et de l’état de santé du cheval
Un cheval n’a pas besoin de revenir à la normale dans un nombre précis de jours. La question la plus utile consiste plutôt à déterminer si une amélioration progressive se produit. Les propriétaires peuvent surveiller leur cheval afin de s’assurer que les appels, les recherches et l’agitation diminuent avec le temps. L’appétit, le repos, l’intérêt pour l’environnement et les comportements sociaux normaux devraient également finir par s’améliorer. [1]
Les propriétaires devraient faire examiner par un vétérinaire tout cheval dont l’état se détériore, qui présente une perte de poids persistante ou des niveaux de stress élevés. Un professionnel qualifié en comportement équin peut également aider lorsque les causes médicales ont été écartées, mais que les changements de comportement persistent.
Permettre à un cheval de voir un compagnon décédé
Certains propriétaires choisissent de permettre à leur cheval de voir, de sentir ou d’examiner le corps d’un compagnon décédé après sa mort ou son euthanasie. On suggère parfois que cela aide le cheval survivant à comprendre que son compagnon n’a pas simplement disparu.
Cependant, il existe actuellement peu de recherches chez les chevaux évaluant si le fait de voir le corps influence le comportement ultérieur ou réduit la détresse. De même, les données provenant d’études menées chez les chiens n’ont révélé aucune différence claire dans le comportement subséquent entre les animaux qui avaient vu un compagnon décédé et ceux qui ne l’avaient pas vu. [24] Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si cette pratique procure un quelconque avantage aux chevaux.
Les chercheurs ont avancé que les chevaux pourraient réagir à des changements d’odeur, au comportement du cheval mourant ou à des changements dans leur environnement social. Toutefois, les données sont actuellement insuffisantes pour déterminer lesquels de ces facteurs, le cas échéant, influencent la façon dont les chevaux réagissent à la mort d’un compagnon. [11]
Comment votre cheval peut réagir
Si un cheval a la possibilité de s’approcher d’un compagnon décédé, il peut renifler le corps, rester à proximité, l’examiner brièvement ou simplement s’éloigner. Les chercheurs rapportent des comportements exploratoires semblables chez plusieurs espèces sociales, mais ces observations ne permettent pas de déterminer ce que l’animal comprend ou ressent sur le plan émotionnel. [24][25]
Les propriétaires ne devraient pas présumer que la réaction de leur cheval à un compagnon décédé reflète la force de leur relation. Les chevaux peuvent réagir différemment selon l’individu, les circonstances et leurs expériences antérieures, et leur comportement observable ne fournit pas un portrait complet de leur état intérieur.
Ne forcez pas un cheval à s’approcher du corps ou à rester à proximité. La décision doit tenir compte des éléments suivants :
- La sécurité du cheval survivant et des personnes qui le manipulent
- La cause du décès
- Les risques de maladie infectieuse ou les préoccupations liées à la biosécurité
- Les recommandations du vétérinaire
- L’état et l’emplacement du corps
- La réglementation locale et les dispositions prises pour l’enlèvement du corps
Lorsqu’il n’est pas sécuritaire ou possible de voir le corps, les propriétaires peuvent tout de même soutenir le cheval survivant en lui prodiguant des soins constants, en lui offrant des contacts sociaux et en le surveillant étroitement.
Comment soutenir un cheval après la perte d’un compagnon
Soutenir un cheval après la perte d’un compagnon ne signifie pas le forcer à cesser de montrer des signes de détresse. Une gestion adaptée lui donne le temps de s’ajuster tout en protégeant sa santé physique et en lui offrant des occasions de créer ou de renforcer d’autres relations.
1) Maintenir une routine prévisible
Maintenez les horaires d’alimentation, de sortie, de pansage et d’exercice aussi constants que possible. Les routines familières peuvent apporter une certaine prévisibilité pendant une période de changement social.
Évitez les changements inutiles à l’alimentation, au logement et à la gestion du cheval pendant cette période. Un changement soudain d’alimentation ou un déplacement vers un enclos inconnu peut ajouter du stress et rendre plus difficile la détermination de la cause des changements de comportement du cheval. [29]
Les attentes en matière de performance peuvent également devoir être ajustées temporairement. Un cheval distrait, qui hennit ou qui hésite à quitter l’écurie peut ne pas être prêt à reprendre immédiatement son programme d’entraînement complet.
Cela ne signifie pas nécessairement que tout exercice doit cesser. Une activité familière et peu exigeante, comme le travail au sol ou la marche en main, peut lui permettre de bouger et de rester stimulé lorsqu’il est par ailleurs en bonne santé et capable de se calmer.
2) Fournir des contacts sociaux sécuritaires
Dans la mesure du possible, permettez au cheval de rester près de chevaux familiers et compatibles. Selon les chevaux concernés et les installations, cela peut comprendre une sortie en groupe, une sortie avec un seul compagnon ou des contacts de part et d’autre d’une clôture sécuritaire.
Évitez l’isolement prolongé, à moins qu’une séparation temporaire soit nécessaire pour des raisons médicales ou de sécurité. Les chevaux sont des animaux sociaux, et la séparation de tout contact avec d’autres chevaux peut ajouter une autre source de détresse. [8][16]
Un cheval qui n’a vécu qu’avec le compagnon décédé peut devoir être présenté progressivement à un nouveau groupe. Un premier contact à travers une barrière peut permettre aux chevaux de se voir, de se sentir et d’interagir avec un risque moindre de blessure.
3) Surveillez la consommation de nourriture et d’eau
Surveillez étroitement la consommation de fourrage et d’eau, ainsi que la production de crottins, particulièrement pendant les premiers jours suivant la perte.
Lorsque plusieurs chevaux partagent du foin, il peut être difficile de savoir quelle quantité un cheval mange. Nourrir temporairement le cheval touché à un endroit où une personne responsable peut observer sa consommation peut être utile, à condition qu’il demeure à portée de vue de ses compagnons et que cela n’augmente pas sa détresse.
Peser le foin peut fournir une image plus claire de la consommation quotidienne. Les propriétaires devraient également surveiller le poids corporel ou utiliser régulièrement un ruban barymétrique si la baisse d’appétit persiste.
Évitez d’ajouter brusquement de grandes quantités de grains, de gâteries ou d’aliments inhabituels pour l’encourager à manger. Les changements alimentaires soudains peuvent augmenter les risques digestifs. [30]
4) Encouragez les mouvements doux et l’engagement
La sortie au pâturage, la marche en main, le pansage et le travail à pied familier peuvent aider à maintenir le mouvement et la routine. Un exercice léger peut également favoriser une motilité intestinale normale et offrir l’occasion d’évaluer le confort et la réactivité du cheval. [31]
L’activité devrait correspondre à l’état physique et émotionnel du cheval. Ne forcez pas un cheval à continuer malgré une peur ou une détresse croissante simplement parce que son comportement est considéré comme émotionnel.
Les propriétaires ne devraient pas punir un cheval parce qu’il appelle, se laisse distraire ou hésite temporairement à travailler après la perte d’un compagnon. Il faut plutôt gérer calmement les préoccupations liées à la sécurité, réduire la difficulté des tâches lorsque cela est approprié et donner au cheval des occasions de se calmer.
5) Observez sans surinterpréter
Les propriétaires peuvent tenir un simple registre quotidien du comportement de leur cheval. Celui-ci peut comprendre :
- La consommation de foin et d’eau
- La production de crottins
- La température corporelle lorsqu’une maladie est soupçonnée
- Les hennissements ou les va-et-vient
- Le repos et le comportement en position couchée
- Les interactions avec les autres chevaux
- La réaction à la manipulation et à l’exercice
Ce registre peut aider à repérer une amélioration graduelle et fournir des renseignements utiles si un soutien vétérinaire ou comportemental est nécessaire. [32]
Évitez d’attribuer une signification humaine à chaque comportement. Un cheval qui se tient calmement peut se reposer, observer un changement dans son environnement, ressentir de la douleur ou réagir à une perturbation sociale. Les propriétaires doivent interpréter son comportement en tenant compte des signes physiques, de ses habitudes normales et des circonstances environnantes. [32]
Présenter un nouveau compagnon
Un nouveau cheval ne remplace pas immédiatement le compagnon qui a été perdu. Les relations se développent entre les individus, et la compatibilité n’est pas garantie simplement parce que les deux chevaux ont besoin de compagnie. [33]
Dans la mesure du possible, choisissez un compagnon dont le tempérament, les besoins en matière de gestion et le niveau d’activité conviennent au cheval survivant.
La présentation d’un nouveau cheval après la perte d’un compagnon peut commencer par :
- Un contact visuel depuis des enclos séparés
- Des interactions à travers une clôture sécuritaire
- De courtes périodes ensemble sous surveillance
- Une sortie dans un espace neutre suffisamment grand
Retirez les dangers et assurez-vous que l’espace permet à chaque cheval de s’éloigner. Fournissez plusieurs tas de foin et plus d’un point d’accès à l’eau lorsque les ressources risquent de devenir une source de compétition.
Des poursuites, des couinements, des reniflements ou des démonstrations de posture peuvent survenir pendant la présentation. Intervenez en cas d’agressivité persistante, de blocage, de poursuites répétées à grande vitesse, de défense des ressources ou de risque important de blessure.
Tous les chevaux n’ont pas besoin d’être mis au paddock avec un autre cheval pour bénéficier de contacts sociaux. Les interactions à travers une clôture peuvent constituer une étape intermédiaire pratique ou une solution à plus long terme pour les chevaux qui ne peuvent pas partager un paddock en toute sécurité.
Les animaux autres que les chevaux peuvent offrir une certaine compagnie, mais une chèvre, un âne ou un lama ne répond pas nécessairement à toute la gamme des besoins sociaux normalement comblés par un autre cheval compatible. Les propriétaires doivent fonder leurs décisions de gestion sur le cheval lui-même, les installations disponibles et la sécurité. [34]
Prendre soin de soi après la perte d’un cheval
La mort d’un cheval peut être profondément éprouvante pour les propriétaires, les cavaliers, le personnel de l’écurie et les autres personnes qui en prennent soin. La perte peut avoir une incidence sur les routines quotidiennes, les relations, les projets futurs et le sentiment d’identité d’une personne, particulièrement lorsque le cheval était un compagnon de longue date. [35]
Les recherches montrent que le deuil suivant la perte d’un animal peut être profond et qu’il n’est pas toujours reconnu ou compris par les autres. Certains propriétaires se sentent obligés de « passer à autre chose » rapidement ou constatent que leur perte est minimisée parce qu’elle concerne un animal plutôt qu’une personne. Ces réactions peuvent rendre le processus de deuil encore plus difficile. [17][36]
Si votre cheval a été euthanasié, rappelez-vous que choisir l’euthanasie pour éviter des souffrances inutiles constitue un dernier geste de soins empreint de compassion. Bien que cette décision puisse être difficile sur le plan émotionnel, une collaboration étroite avec votre vétérinaire peut vous aider à comprendre l’état de votre cheval, à discuter de sa qualité de vie et à recevoir du soutien tout au long du processus décisionnel. [22][23][37]
Prendre soin d’un cheval survivant peut également être difficile lorsque son comportement rappelle la perte. Les propriétaires peuvent se demander si le cheval comprend ce qui s’est passé ou se sentir coupables de leurs décisions concernant sa gestion ou sa fin de vie. Ces sentiments sont courants, et il existe rarement une réponse parfaite aux situations difficiles.
Le soutien peut provenir d’amis de confiance, de membres de la famille, de professionnels vétérinaires, de communautés équestres, de conseillers ou de services de soutien en cas de perte d’un animal. Il n’existe aucun délai obligatoire pour faire son deuil, retourner à l’écurie, monter un autre cheval ou décider d’accueillir un autre cheval dans sa vie.
Les chevaux n’ont pas besoin que les humains cachent toutes leurs réactions émotionnelles. Toutefois, le maintien de soins calmes, sécuritaires et prévisibles peut aider le propriétaire et les chevaux restants à s’adapter à une nouvelle routine.
Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées sur le deuil et la perte sociale chez les chevaux :
Les chevaux peuvent manifester des comportements qui ressemblent au deuil lorsqu'un autre cheval meurt, surtout si les deux chevaux partageaient un lien social étroit. Ces changements peuvent comprendre des appels, des recherches, des déplacements répétitifs, une diminution de l'appétit, un retrait du troupeau ou des changements dans les comportements de repos et les interactions sociales. Les chercheurs ne peuvent pas déterminer exactement ce qu'un cheval ressent ni si les chevaux comprennent la mort de la même façon que les humains. Toutefois, les changements de comportement suivant la perte d'un proche compagnon doivent être pris au sérieux et surveillés attentivement.
Les propriétaires décrivent souvent un cheval comme étant en deuil lorsqu'ils remarquent des changements de comportement après la mort ou le départ définitif d'un compagnon. Les signes possibles comprennent des appels répétés, la recherche dans des endroits familiers, des déplacements répétitifs, une diminution de l'appétit, le fait de se tenir à l'écart du troupeau, un attachement accru à un autre cheval ou des changements dans le sommeil et le repos. Ces signes ne confirment pas à eux seuls un deuil, car la douleur, la maladie, le stress, une perturbation de la routine ou des conflits au sein du troupeau peuvent produire des comportements semblables. Les changements importants, graves, persistants ou qui s'aggravent devraient être discutés avec un vétérinaire.
Il n'existe pas de durée standard pendant laquelle un cheval peut manifester des changements de comportement après une perte sociale. Certains chevaux retrouvent leur calme en quelques heures ou quelques jours, tandis que d'autres présentent des changements pendant plusieurs semaines ou plus longtemps. La réaction peut dépendre de la force de la relation, du caractère soudain de la perte, du tempérament du cheval, de la stabilité du troupeau restant et de l'accès à d'autres compagnons compatibles. Les propriétaires devraient rechercher une amélioration graduelle de l'appétit, du repos, des interactions sociales et des activités normales plutôt que de s'attendre à un rétablissement dans un nombre fixe de jours.
Un cheval peut être autorisé à voir, sentir ou examiner un compagnon décédé lorsque cela est sécuritaire et approprié, mais il ne devrait jamais y être forcé. Certains propriétaires croient que cela peut aider le cheval survivant à comprendre que son compagnon n'a pas simplement disparu, mais les recherches sur les chevaux sont limitées. La sécurité, la cause du décès, le risque de maladie infectieuse, les conseils vétérinaires, l'état et l'emplacement du corps ainsi que la réglementation locale devraient guider la décision. Si cette possibilité n'est pas envisageable, des soins constants, des contacts sociaux et une surveillance étroite demeurent les mesures de soutien les plus importantes.
Les chevaux qui voient un compagnon mort peuvent renifler le corps, rester à proximité, l'examiner brièvement, montrer peu de réaction visible ou s'éloigner. Une réaction calme ou brève ne prouve pas que le cheval n'a pas été affecté, et une réaction intense ne prouve pas qu'il comprend la mort de la même façon qu'un humain. Les chevaux diffèrent par leur tempérament, leurs expériences antérieures et leur sensibilité aux changements dans leur environnement. Si un cheval survivant est autorisé à s'approcher, la situation devrait être calme, sécuritaire et volontaire.
On ne sait pas si les chevaux comprennent la mort comme un événement permanent. Les chevaux peuvent détecter des changements dans les mouvements, les odeurs et les comportements ainsi que la présence ou l'absence d'un compagnon familier. Ils peuvent également réagir à des changements dans la routine, l'activité de l'écurie, la structure du troupeau ou au retrait soudain d'un cheval dont ils dépendaient. Les propriétaires devraient éviter de tirer des conclusions définitives sur ce qu'un cheval comprend en se fondant uniquement sur son comportement extérieur.
Un cheval peut sembler replié sur lui-même, inactif, moins intéressé par les humains ou les autres chevaux, ou réticent à manger après avoir perdu un compagnon. Ces comportements peuvent ressembler à une dépression, mais ils ne suffisent pas pour diagnostiquer un état émotionnel précis. Le cheval peut réagir à une perte sociale, à une détresse liée à la séparation, à une perturbation de sa routine, à une diminution du soutien social ou à des changements au sein du troupeau. Des causes médicales devraient également être envisagées, surtout si l'appétit, la production de crottins, le niveau d'énergie, l'hydratation ou l'état corporel changent.
Un cheval qui vit une détresse sociale peut cesser de manger ou manger moins après la perte d'un proche compagnon. Toute diminution importante de la consommation de fourrage est préoccupante, car les chevaux doivent manger régulièrement pour soutenir leur santé digestive. Les propriétaires devraient surveiller attentivement la consommation de foin ou d'herbe, la consommation d'eau, la production de crottins, le poids corporel et les signes d'inconfort. Communiquez rapidement avec un vétérinaire si le cheval refuse de manger, produit moins de crottins, présente des signes de colique, perd du poids ou continue de mal s'alimenter.
Le deuil lui-même n'est généralement pas décrit comme une cause directe de coliques chez les chevaux, mais les changements liés au stress après une perte sociale peuvent augmenter les risques pour la santé. Un cheval qui se déplace sans arrêt pendant de longues périodes, boit moins, mange moins de fourrage ou n'arrive pas à se calmer peut être plus vulnérable aux problèmes digestifs. Les signes comme le fait de gratter le sol, de se rouler, de regarder ses flancs, de se coucher à répétition, de produire moins de crottins ou de refuser complètement de manger ne devraient pas être considérés comme de simples comportements émotionnels. Un vétérinaire devrait évaluer tout cheval présentant des signes possibles de colique.
Le deuil lui-même n'est généralement pas considéré comme une cause directe de décès chez les chevaux. Toutefois, une détresse grave, une diminution de la consommation de nourriture ou d'eau, des déplacements répétitifs persistants, une incapacité à se reposer ou l'aggravation de problèmes médicaux peuvent devenir dangereux. Un cheval qui cesse de manger, s'affaiblit, présente des signes de colique, perd rapidement du poids, semble épuisé ou demeure en détresse grave nécessite rapidement des soins vétérinaires. Les mesures de soutien devraient viser à la fois l'adaptation sociale et la santé physique.
Les propriétaires peuvent soutenir un cheval après la perte d'un compagnon en maintenant une routine prévisible, en lui offrant des contacts sociaux sécuritaires et en surveillant étroitement sa santé physique. Le maintien d'horaires familiers pour l'alimentation, la sortie, le toilettage et l'exercice peut aider à réduire le stress supplémentaire pendant une période de changement social. Un toilettage calme, des promenades en main, des sorties ou des activités légères et familières peuvent être utiles si le cheval y est réceptif et qu'il est autrement en bonne santé. L'attention humaine peut apporter du soutien, mais elle ne remplace pas complètement les contacts appropriés avec des chevaux compatibles.
Un cheval qui manifeste de la détresse après la perte d'un compagnon ne devrait pas être gardé seul pendant de longues périodes, sauf si une séparation temporaire est nécessaire pour des raisons médicales ou de sécurité. Les chevaux sont des animaux sociaux, et la perte de tout contact avec d'autres chevaux peut ajouter une autre source de stress après la disparition d'un compagnon. Si une sortie complète avec un autre cheval n'est pas immédiatement sécuritaire, un contact visuel, un contact à travers une clôture ou une sortie près de chevaux familiers peut être utile. La gestion devrait concilier le soutien social, la sécurité des présentations et la prévention des blessures.
Un cheval qui a perdu un compagnon a besoin de contacts sociaux appropriés, mais un nouveau cheval ne devrait pas être considéré comme un remplacement immédiat du compagnon perdu. La compatibilité, le tempérament, les installations, l'espace, les modalités d'alimentation et la sécurité sont tous importants lors de la présentation d'un nouveau compagnon. Un premier contact à travers une barrière sécuritaire peut permettre aux chevaux de se voir, de se sentir et d'interagir avec moins de risques avant une sortie supervisée. Certains chevaux s'adaptent bien aux présentations graduelles, tandis que d'autres peuvent avoir besoin d'un contact prolongé à travers une clôture ou d'une intégration soigneusement gérée dans un groupe.
Un nouveau compagnon devrait être présenté graduellement après qu'un cheval a perdu un membre de son troupeau. Un contact visuel à partir d'enclos séparés, des interactions à travers une clôture sécuritaire, de courtes séances supervisées et une sortie dans un grand espace neutre peuvent réduire le risque de blessures. Retirez les dangers, prévoyez suffisamment d'espace pour que les chevaux puissent s'éloigner et offrez plusieurs emplacements pour le foin et l'eau afin de réduire la compétition. Intervenez en cas d'agressivité persistante, de coincement, de poursuites répétées à grande vitesse, de protection des ressources ou de risque important de blessure.
Une chèvre, un âne, un lama ou un autre animal peut offrir une certaine compagnie à un cheval, mais ne remplace pas nécessairement les bienfaits sociaux d'un autre cheval compatible. Les chevaux ont des comportements propres à leur espèce, notamment le toilettage mutuel, la vigilance partagée et les déplacements coordonnés du troupeau. Certains chevaux peuvent tolérer ou apprécier la compagnie d'animaux d'autres espèces, tandis que d'autres ont tout de même besoin de contacts avec des chevaux pour retrouver leur calme. Le meilleur arrangement dépend du cheval, des installations disponibles, de la sécurité et de l'accessibilité de chevaux compatibles.
Les chevaux peuvent manifester des comportements qui ressemblent au deuil ou qui sont liés à la séparation lorsqu'un compagnon est vendu, déménagé, hospitalisé, mis à la retraite ou transféré dans une autre écurie. Du point de vue du cheval, le compagnon familier a disparu et la routine sociale quotidienne a changé. Des appels, des recherches, de l'agitation, une diminution de l'appétit ou une dépendance accrue envers un autre cheval peuvent survenir. Lorsqu'un déménagement est prévu, une séparation graduelle et l'accès à d'autres compagnons compatibles peuvent faciliter la transition.
Vous pouvez préparer un cheval à une séparation planifiée d'avec un compagnon en augmentant graduellement le temps qu'ils passent séparés avant le changement définitif. De courtes séparations, des sorties près d'autres chevaux compatibles et le maintien de routines familières pour l'alimentation et la manipulation peuvent aider à réduire le choc causé par une disparition soudaine. Le cheval qui reste devrait avoir des contacts sociaux sécuritaires et une routine quotidienne prévisible avant et après le départ. Une séparation graduelle n'est pas toujours possible, mais elle peut être utile lorsque l'échéancier est connu à l'avance.
Les juments peuvent manifester de la détresse après la perte d'un poulain, notamment des appels, des recherches, de l'agitation, des changements d'appétit ou des changements dans leur réaction aux humains et aux autres chevaux. La réaction peut varier selon la jument, l'âge du poulain, la force du lien et les circonstances de la perte. Une jument qui a récemment pouliné peut également avoir besoin de soins physiques liés à la gestation, à la mise bas ou à la lactation. Une surveillance vétérinaire étroite est importante en présence de problèmes de santé ou de changements de comportement importants.
Les poulains peuvent manifester de la détresse après le sevrage ou la séparation d'avec leur mère, car le sevrage constitue une transition sociale et alimentaire importante. Les appels, les déplacements répétitifs, une diminution de l'alimentation et des changements dans le niveau d'activité sont des signes courants de stress lié au sevrage. L'intensité de la réaction peut dépendre de la méthode de sevrage, de l'environnement social antérieur du poulain et de la présence de chevaux familiers à proximité. Un sevrage planifié devrait être géré différemment de la perte soudaine d'une jument causée par une maladie, une blessure ou la mort.
Les chevaux peuvent remarquer la perte ou l'absence d'un soignant, d'un cavalier, d'un palefrenier ou d'un propriétaire familier. Ils peuvent reconnaître les personnes familières et apprendre les routines associées à l'alimentation, aux sorties, à la manipulation, à l'exercice et aux soins quotidiens. On ne sait pas si les chevaux comprennent la mort humaine, mais ils peuvent réagir à l'absence de la personne ainsi qu'aux changements dans la routine ou la manipulation. Des soins constants, une manipulation calme et l'établissement graduel d'un lien de confiance avec de nouveaux soignants peuvent faciliter l'adaptation.
Un cheval qui présente des changements de comportement après la perte d'un compagnon peut poursuivre des exercices légers et familiers s'il est physiquement en bonne santé, sécuritaire à manipuler et capable de se calmer. Les attentes peuvent devoir être temporairement réduites si le cheval est distrait, appelle, hésite à quitter l'écurie ou est perturbé par la perte. Ne punissez pas les appels, la distraction ou une réticence temporaire à travailler, et ne forcez pas un cheval à poursuivre une activité lorsque sa détresse s'intensifie. Ne montez pas le cheval s'il semble malade, faible, anormalement réactif, dangereux ou s'il présente des signes nécessitant des soins vétérinaires.
La tenue d'un simple registre du comportement de votre cheval après la mort d'un compagnon peut vous aider à repérer des tendances et une amélioration graduelle. Les renseignements utiles comprennent la consommation de foin et d'eau, la production de crottins, les appels, les déplacements répétitifs, le repos, le comportement lorsqu'il se couche, les interactions avec les autres chevaux et la réaction à la manipulation ou à l'exercice. Ces renseignements peuvent également aider un vétérinaire ou un professionnel du comportement équin à comprendre ce qui a changé. Les registres sont particulièrement utiles lorsque les signes sont subtils, varient d'une journée à l'autre ou persistent plus longtemps que prévu.
Appelez un vétérinaire si un cheval cesse de manger, présente une diminution importante de sa consommation de fourrage, produit moins de crottins, développe des signes de colique, fait de la fièvre, devient léthargique ou perd du poids après la perte d'un compagnon. Une aide vétérinaire est également nécessaire en cas de transpiration persistante, de tremblements, de déplacements répétitifs dangereux, de tentatives de fuite, de difficulté à se reposer ou de signes de privation de sommeil. Les changements de comportement qui s'aggravent ou ne s'améliorent pas graduellement ne devraient pas être attribués uniquement au deuil. Un examen vétérinaire peut aider à exclure la douleur, la maladie, les problèmes digestifs ou d'autres causes médicales.
Résumé
Les chevaux peuvent présenter des changements de comportement s’apparentant au deuil après la perte d’un compagnon proche, bien que les chercheurs ne puissent pas savoir exactement ce qu’ils ressentent. Les propriétaires peuvent soutenir les chevaux touchés en surveillant leur santé, en maintenant leurs routines et en leur offrant des contacts sociaux sécuritaires.
- Les chevaux établissent des liens sociaux privilégiés qui peuvent influencer leur sentiment de sécurité
- La perte d’un compagnon peut entraîner des appels, des recherches, un retrait social, de l’agitation ou une diminution de l’appétit
- Il n’existe aucune durée établie quant à la persistance des comportements s’apparentant au deuil chez les chevaux
- Le fait de voir un compagnon décédé est peu appuyé par la recherche et ne devrait jamais être imposé
- Des soins vétérinaires sont importants lorsque l’appétit, le crottin, le poids, le repos ou le comportement deviennent préoccupants
- Des soins prévisibles et des présentations graduelles peuvent aider les chevaux à s’adapter aux changements sociaux
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