L’analgésie diagnostique, communément appelée « bloc nerveux » ou « bloc articulaire », consiste à engourdir une zone à l’aide d’un anesthésique local, comme la lidocaïne, à des fins diagnostiques.
L’analgésie diagnostique est un élément essentiel des examens de boiterie, car l’anesthésie de certaines zones des membres du cheval peut permettre de déterminer l’origine exacte de la douleur.
Le processus d’analgésie diagnostique débute au niveau du sabot et progresse vers le haut du membre. Entre chaque bloc nerveux ou articulaire, le vétérinaire évalue la boiterie du cheval. Si la boiterie disparaît, il est probable que la source de la douleur se situe entre le plus récent bloc effectué et le précédent.
Une fois la zone douloureuse identifiée, des examens d’imagerie diagnostique, comme des radiographies ou une échographie, sont réalisés pour en déterminer la cause sous-jacente.
Les blocs les plus fréquemment utilisés en diagnostic équin sont les blocs nerveux des membres inférieurs, tels que le bloc digital palmaire ou plantaire (DP), le bloc abaxial des sésamoïdes et le bloc bas en quatre points. Toutefois, le vétérinaire peut bloquer des structures jusqu’à l’articulation de la hanche ou de l’épaule si cela s’avère nécessaire.
Utilisations de l’analgésie diagnostique
Les vétérinaires utilisent l’analgésie diagnostique surtout lors des examens de boiterie, dans le cadre d’une démarche systématique visant à localiser la source de la boiterie en appliquant des anesthésiques locaux. [1] En commençant par le sabot et en remontant le long du membre, le vétérinaire peut circonscrire la boiterie à une structure ou une région précise. [1]
Types
Il existe deux principaux types d’analgésie diagnostique : périnerveuse (autour d’un nerf) et intra-articulaire (à l’intérieur d’une articulation). [1]
L’analgésie périnerveuse (« bloc nerveux ») consiste à administrer un anesthésique local, comme la lidocaïne, autour d’un faisceau nerveux pour l’engourdir. [1] Cela empêche la perception de la douleur dans l’ensemble du membre sous le niveau du bloc nerveux. [1] Si la boiterie disparaît, cela indique que la zone douloureuse se trouve entre le bloc précédent et le bloc actuel. [1]
L’analgésie intra-articulaire (« bloc articulaire ») permet au vétérinaire de tester la présence de douleur à l’intérieur d’une articulation précise. [1] Certains chevaux ne répondent pas complètement à l’analgésie intra-articulaire, surtout si les tissus mous entourant l’articulation sont également douloureux. [1] Dans de tels cas, une combinaison d’analgésie périnerveuse et intra-articulaire peut être nécessaire pour résoudre la boiterie. [1]
Les analgésiques couramment utilisés en analgésie diagnostique comprennent : [1][2]
- La lidocaïne
- La bupivacaïne
- La mépivacaïne
- La ropivacaïne
Les analgésiques ont des durées d’action variables. [3] L’analgésique le plus fréquemment utilisé, la mépivacaïne, procure un effet anesthésiant pendant environ 60 à 90 minutes. [3]
Procédure
Le vétérinaire prépare le site d’injection en nettoyant soigneusement la zone. [1] Pour l’analgésie périnerveuse, un nettoyage à l’alcool est généralement suffisant, puisque l’aiguille ne pénètre pas dans des structures critiques. [1]
Dans le cas de l’analgésie intra-articulaire, les risques d’infection sont beaucoup plus élevés, car une infection articulaire peut avoir des conséquences catastrophiques pour le cheval. [1] Les vétérinaires procèdent généralement à une désinfection chirurgicale complète pour réduire la quantité de bactéries présentes à la surface de la peau avant toute injection articulaire. [1]
Une fois le site préparé, le vétérinaire insère une aiguille et injecte l’anesthésique local. [1] En général, les vétérinaires utilisent entre 1 et 5 ml d’anesthésique local par site d’injection. [1]
L’anesthésique met 5 à 10 minutes à agir. [1] Pour l’analgésie périnerveuse, le vétérinaire peut tester l’efficacité du bloc en piquant la peau sous le site d’injection à l’aide d’un stylo ou d’un cure-pied. [1] Si le cheval réagit, le bloc n’est pas efficace. [1] Pour l’analgésie intra-articulaire, il est difficile de vérifier l’efficacité du bloc. [1]
Une fois l’effet atteint, le vétérinaire évalue le cheval au pas ou au trot afin d’observer la boiterie, en comparant les mouvements de l’évaluation initiale réalisée avant l’administration de l’anesthésique local. [1]
Si la boiterie disparaît ou s’améliore, il est probable que la zone affectée se situe sous le dernier bloc nerveux effectué, ou à l’intérieur de l’articulation bloquée. [1] En remontant méthodiquement vers le haut du membre, les vétérinaires utilisent ce processus pour identifier la région responsable de la boiterie. [1]
Imagerie diagnostique
Après avoir identifié la zone à l’origine de la boiterie, le vétérinaire procède à des examens d’imagerie diagnostique pour visualiser la cause de la douleur du cheval. [4]
Les techniques d’imagerie peuvent inclure une ou plusieurs des options suivantes : [4]
- La radiographie
- L’échographie
- L’IRM
- La tomodensitométrie
- La scintigraphie osseuse
Interprétation
Dans la majorité des cas, un résultat positif (amélioration de la boiterie à plus de 75 %) oriente efficacement le vétérinaire vers une région à explorer par imagerie diagnostique. [3] Toutefois, des faux positifs et des faux négatifs peuvent survenir au cours du processus. [5]
Un faux positif correspond à une amélioration de la boiterie même si la cause de la douleur n’a pas été anesthésiée. [5] Le vétérinaire pourrait alors interpréter à tort ce résultat comme concluant et diriger les examens d’imagerie vers la mauvaise région. [5]
Les causes de faux positifs comprennent : [5]
- Les chevaux qui « s’échauffent » et cessent de boiter
- La diffusion de l’anesthésique vers le haut du membre, engourdissant d’autres structures
- Des formes subtiles de boiterie qui ne sont pas nécessairement visibles de façon systématique
Un faux négatif se traduit par l’absence d’amélioration de la boiterie en raison d’un bloc inefficace. [5] Cela peut amener le vétérinaire à poursuivre les blocs vers le haut du membre, faussant ainsi son interprétation de la zone touchée. [5]
Les causes de faux négatifs incluent : [5]
- L’injection de l’anesthésique dans un vaisseau sanguin
- Le mauvais positionnement ou orientation de l’aiguille, entraînant l’injection dans une zone inappropriée
- La mauvaise diffusion de l’anesthésique dans la zone ciblée
- Un délai insuffisant entre l’injection de l’anesthésique et l’évaluation de la boiterie
Effets secondaires
L’effet secondaire le plus fréquent de l’analgésie diagnostique chez le cheval est une enflure au site d’injection, probablement causée par des lésions de petits vaisseaux entraînant un hématome. [1]
D’autres effets secondaires potentiels incluent : [1]
- La cellulite
- Des infections articulaires
- Une réaction articulaire non infectieuse causée par l’irritation de la capsule articulaire par l’anesthésique
Les effets secondaires associés à l’analgésie diagnostique demeurent rares. [1]
Quelle est votre priorite numero un pour la sante de votre cheval?
Blocs des membres inférieurs
Les membres inférieurs du cheval, sous le genou et le jarret, présentent une anatomie similaire. [1] Par conséquent, les blocs nerveux et articulaires pour ces régions sont également semblables et peuvent être envisagés conjointement. [1]
Bloc digital palmaire ou plantaire
Le bloc DP engourdit la portion inférieure de la face palmaire (face postérieure du membre antérieur) ou plantaire (face postérieure du membre postérieur) du nerf digital. [1] Le bloc DP engourdit la partie de ce nerf qui innerve le sabot. [1]
Les boiteries qui se résolvent fréquemment après un bloc nerveux DP comprennent : [1]
- Le syndrome naviculaire
- L’arthrite de l’articulation du pied
- Les fractures de l’os du pied
- L’ostéite du pied
- Les abcès de pied
- L’ostéochondrose disséquante de l’articulation du paturon
Chez les chevaux qui réagissent positivement au bloc DP, le vétérinaire peut décider d’effectuer des blocs intra-articulaires afin d’identifier toute source de douleur articulaire dans cette région. [1]
Les zones ciblées comprennent : [1]
- La bourse naviculaire (espace entre l’os naviculaire et le tendon fléchisseur)
- L’articulation du pied
- L’articulation du paturon
Bloc abaxial des sésamoïdes
Si le cheval ne réagit pas au bloc DP, le vétérinaire procède à un bloc abaxial des sésamoïdes. Ce bloc engourdit les nerfs palmaires ou plantaires lorsqu’ils passent à proximité des os sésamoïdes. [1] Il engourdit la sensation du membre du boulet jusqu’au sabot inclusivement. [1]
Les affections qui peuvent se résoudre après un bloc abaxial des sésamoïdes comprennent : [1]
- Les fractures de l’os du pied
- La forme phalangienne (exostoses)
- L’ostéochondrose disséquante de l’articulation du paturon
- Les lésions des ligaments sésamoïdiens de part et d’autre du boulet
- Les lésions ou l’inflammation des tendons fléchisseurs du doigt sous le boulet
Les blocs intra-articulaires dans la zone ciblée par un bloc abaxial comprennent : [1]
- L’articulation du pied
- L’articulation du paturon
Les vétérinaires peuvent aussi bloquer les tendons fléchisseurs du doigt en injectant l’analgésique dans la gaine qui les entoure. [1]
Bloc bas en quatre points
Le bloc bas en quatre points est l’étape suivante après un bloc abaxial. Il bloque les nerfs palmaires ou plantaires à l’endroit où ceux-ci passent près des extrémités des os métatarsiens latéraux. [1] Comme l’aiguille est insérée très près de la capsule articulaire du boulet, la plupart des vétérinaires effectuent une préparation chirurgicale complète à titre préventif avant ce type de bloc. [1]
Les affections qui peuvent être identifiées par un bloc bas en quatre points comprennent : [1]
- L’arthrite
- L’ostéochondrose disséquante
- Les fractures
- Les lésions ou l’inflammation des tendons fléchisseurs
Les vétérinaires peuvent également bloquer l’articulation du boulet ou la gaine des tendons fléchisseurs du doigt au niveau du boulet. [1]
Au niveau des postérieurs, de nombreux vétérinaires réalisent un bloc à six points pour s’assurer que toute la partie inférieure du canon est bien anesthésiée. [1]
Bloc haut en quatre points
Le bloc haut en quatre points anesthésie les nerfs plantaires ou palmaires situés plus haut sur le membre, près de la tête des os métatarsiens. [1] Comme pour le bloc bas, cette procédure nécessite généralement une préparation chirurgicale afin de minimiser les risques si la capsule articulaire du genou ou du jarret est touchée. [1]
Les pathologies qui peuvent répondre à un bloc haut en quatre points comprennent : [1]
- L’inflammation ou les lésions du ligament suspenseur
- Les fractures de l’os du canon
- Les lésions du périoste (tissu conjonctif recouvrant l’os) du canon
- L’inflammation ou les lésions des tendons fléchisseurs
Après le bloc haut en quatre points, la majorité des blocs remontant vers le haut du membre sont des blocs intra-articulaires, car les nerfs principaux deviennent plus difficiles d’accès en raison de la densité musculaire accrue. [1]
Blocs des membres antérieurs supérieurs
Les blocs des membres antérieurs supérieurs commencent au niveau du genou (carpe) et se poursuivent jusqu’à l’articulation de l’épaule, là où l’omoplate rejoint l’humérus. [1]
Blocs articulaires du genou
L’articulation médiocarpienne se situe entre les deux rangées d’os cuboïdes, les petits os formant l’articulation du genou. [1] L’injection dans cet espace articulaire permet généralement de bloquer toute l’articulation du genou, puisque l’articulation médiocarpienne communique avec l’articulation carpométacarpienne située entre le genou et le canon. [1]
Les affections qui répondent à un bloc de l’articulation médiocarpienne incluent l’arthrite et les fractures osseuses. [1]
Certains vétérinaires réalisent un bloc de la gaine carpienne, qui anesthésie les tendons passant derrière le genou. [1] Les chevaux qui réagissent à ce bloc présentent généralement une inflammation ou une lésion de ces tendons. [1]
L’articulation antébrachiocarpienne est située entre le genou et les os cubitus et radius. [1] Le bloc de cette articulation peut indiquer une arthrite ou une fracture des os qui la composent. [1]
Blocs des nerfs médian et ulnaire
Les nerfs médian et ulnaire sont accessibles à l’arrière du genou, ce qui permet d’engourdir l’ensemble du membre inférieur ainsi que le genou. [1] Ce bloc peut également anesthésier la partie inférieure du cubitus et du radius. [1]
L’emplacement des lésions ou des fractures qui répondent à un bloc des nerfs médian et ulnaire comprend : [1]
- Les tissus mous autour du genou
- L’extrémité du radius
- Les ligaments accessoires (check ligaments) : petits ligaments entre le tendon fléchisseur profond du doigt et la base du genou
Blocs articulaires du coude et de l’épaule
Le bloc des articulations du coude et de l’épaule peut indiquer une lésion ou une arthrose au sein de ces articulations. [1] Un bloc positif au niveau de l’épaule peut également révéler une ostéochondrose dans cette articulation. [1]
Les vétérinaires peuvent également bloquer la bourse bicipitale, l’espace situé entre le tendon du biceps et l’articulation de l’épaule. [1] Ce bloc permet de mettre en évidence une bursite (inflammation de la bourse), une lésion tendineuse ou une atteinte de l’extrémité supérieure de l’humérus. [1]
Blocs des membres postérieurs supérieurs
Les blocs des membres postérieurs supérieurs commencent au niveau du jarret, en débutant par l’articulation tarsométatarsienne. [1]
Blocs articulaires du jarret
L’articulation du jarret comporte trois espaces articulaires distincts que les vétérinaires peuvent bloquer. [1] Ces articulations sont les suivantes : [1]
- L’articulation tarsométatarsienne (TMT), entre les os inférieurs du jarret et l’os du canon
- L’articulation centrodistale, entre les deux couches d’os cuboïdes à l’intérieur du jarret
- L’articulation tarso-crurale, entre la partie supérieure du jarret et le tibia
Un bloc positif de ces articulations peut indiquer de l’arthrite ou une fracture des os formant chaque espace articulaire. [1] Un bloc positif de l’articulation tarso-crurale peut également indiquer une ostéochondrose du jarret. [1]
Blocs des nerfs fibulaire et tibial
Le nerf fibulaire profond et le nerf tibial longent le tibia, et ils sont accessibles juste au-dessus du jarret. [1] Les vétérinaires utilisent ces blocs nerveux principalement chez les chevaux chez qui l’on soupçonne une douleur au niveau des articulations inférieures du jarret, puisqu’il peut être difficile de bloquer directement cette articulation. [1]
Une réponse positive à ces blocs peut indiquer : [1]
- De l’arthrite
- Une ostéochondrose
- Des fractures
Ces blocs peuvent également révéler une blessure ou une inflammation du tendon fléchisseur profond du doigt, du talus (le grand os qui compose la majeure partie du jarret), du calcanéum (l’os formant la pointe du jarret), ou du tendon gastrocnémien (le principal tendon à l’arrière de la jambe).
Blocs articulaires du grasset
Le grasset est une articulation complexe composée du fémur, du tibia et de la patella (rotule). [1] Le grasset comporte trois espaces articulaires que le vétérinaire peut bloquer séparément afin de mieux localiser la douleur dans l’articulation. [1]
Les trois espaces articulaires sont : [1]
- L’espace fémorotibial médial : entre le fémur et le tibia, à l’intérieur de la jambe
- L’espace fémorotibial latéral : entre le fémur et le tibia, à l’extérieur de la jambe
- L’espace fémoropatellaire : entre le fémur et la rotule
Les chevaux qui répondent à un bloc articulaire du grasset peuvent présenter : [1]
- Une inflammation de la capsule articulaire
- De l’arthrite
- Une ostéochondrose disséquante
- Des fractures
- Une blessure aux gros ligaments à l’intérieur du grasset
- Une blessure à un ménisque, c’est-à-dire les plaques cartilagineuses qui soutiennent le genou
Blocs articulaires de la hanche
L’articulation coxofémorale, ou articulation de la hanche, relie le membre postérieur et le bassin du cheval. [1] Les vétérinaires peuvent bloquer cette articulation à l’aide d’une aiguille pouvant mesurer jusqu’à 15 cm (6 pouces) de long. [1] Ce type de bloc peut indiquer une inflammation de la capsule articulaire, une arthrite ou une fracture de l’articulation de la hanche. [1]
Les vétérinaires peuvent également bloquer la bourse trochantérienne, c’est-à-dire l’espace entre le fémur et le tendon du muscle fessier moyen. [1] Un bloc efficace de la bourse trochantérienne peut indiquer une inflammation de la bourse, du tendon ou du fémur. [1]
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur l’analgésie diagnostique chez les chevaux :
Les médicaments utilisés pour l’analgésie diagnostique chez les chevaux sont des anesthésiques locaux tels que la lidocaïne et la mépivacaïne qui engourdissent temporairement des nerfs ou des articulations spécifiques. Les vétérinaires utilisent ces médicaments pendant un examen de boiterie pour bloquer la douleur dans des zones ciblées du membre. Cet engourdissement temporaire ne traite pas le problème sous-jacent, mais il aide à déterminer d’où provient la douleur afin que les examens complémentaires puissent se concentrer sur la bonne région.
Un bloc nerveux chez les chevaux engourdit la sensibilité dans la région située sous un nerf précis, tandis qu’un bloc articulaire engourdit la douleur à l’intérieur d’une seule articulation. Les blocs nerveux aident les vétérinaires à déterminer quelle région du membre cause la boiterie. Les blocs articulaires fournissent des renseignements plus précis en montrant si une inflammation, de l’arthrite ou une blessure dans une articulation particulière est responsable de la douleur.
L’analgésie diagnostique aide à trouver la cause de la boiterie chez les chevaux en engourdissant le membre selon une approche progressive, généralement en commençant par le sabot et en remontant vers le haut. Après chaque bloc, le cheval est trotté pour voir si son déplacement s’améliore. Lorsque le cheval devient nettement plus confortable, le vétérinaire peut identifier la région générale responsable de la douleur et décider quels examens d’imagerie seront les plus utiles.
Les blocs nerveux et articulaires sont généralement sécuritaires pour les chevaux lorsqu’ils sont effectués par un vétérinaire en utilisant une technique stérile. La plupart des chevaux ne présentent aucun problème autre qu’une légère sensibilité ou un gonflement temporaire au site d’injection. Les complications rares comprennent la cellulite, l’irritation articulaire ou une infection, ce qui explique pourquoi une préparation minutieuse et des soins appropriés après la procédure sont importants chaque fois que l’analgésie diagnostique est utilisée.
Les blocs nerveux et articulaires chez les chevaux durent habituellement quelques heures, selon l’anesthésique local utilisé et la région évaluée. Cette courte période donne au vétérinaire suffisamment de temps pour évaluer la démarche du cheval avant que la sensibilité normale ne revienne. Une fois que le médicament cesse d’agir, le cheval retrouve ses sensations et le bloc n’a plus d’effet sur ses mouvements.
Les blocs nerveux et articulaires ne traitent pas la boiterie chez les chevaux, car leur objectif est diagnostique plutôt que thérapeutique. En supprimant temporairement la douleur dans une région précise, ces blocs aident les vétérinaires à déterminer quelles structures sont touchées. Les renseignements recueillis pendant l’analgésie diagnostique orientent les décisions de traitement, comme les médicaments, la réadaptation ou des examens d’imagerie supplémentaires.
Après que l’analgésie diagnostique a identifié la région douloureuse, les vétérinaires effectuent habituellement des examens d’imagerie comme des radiographies, des échographies ou des scans avancés pour rechercher la blessure sous-jacente. Le fait de savoir quelle région est douloureuse permet à ces examens d’être plus ciblés et plus informatifs. Cette combinaison de blocs nerveux ou articulaires et d’imagerie mène à un diagnostic plus précis et à un plan de traitement plus adapté.
Résumé
L’analgésie diagnostique consiste à engourdir une région à l’aide d’un anesthésique local afin d’identifier la source de la douleur. Cette procédure est généralement utilisée dans le cadre des examens de boiterie chez les chevaux.
- Les vétérinaires combinent des blocs nerveux et des blocs articulaires lors de l’évaluation
- L’évaluation commence au niveau du sabot et remonte progressivement, avec des examens de boiterie à chaque étape
- Une fois la région douloureuse identifiée, des techniques d’imagerie diagnostique comme la radiographie ou l’échographie sont utilisées pour tenter de confirmer la cause de la douleur
- Les blocs les plus fréquemment utilisés chez les chevaux sont le bloc digital palmaire ou plantaire (DP), le bloc abaxial des sesamoïdes et le bloc bas en quatre points
- Les vétérinaires peuvent effectuer des blocs jusqu’à l’articulation de la hanche ou de l’épaule, si nécessaire
Références
- Ross, M.W. and Dyson, S.J., Diagnosis and Management of Lameness in the Horse. Elsevier, St. Louis, UNITED STATES. 2010.
- Silva, G.B. et al. Duration and Efficacy of Different Local Anesthetics on the Palmar Digital Nerve Block in Horses. Journal of Equine Veterinary Science. 2015.
- Barker, W. Equine Distal Limb Diagnostic Anaesthesia: (1) Basic Principles and Perineural Techniques. In Practice. 2016.
- Barker, W. Equine Distal Limb Diagnostic Anaesthesia: (2) Intrasynovial Anaesthesia. In Practice.
- Schumacher, J. et al. Diagnostic Analgesia of the Equine Digit. Equine Veterinary Education. 2013.











