Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou AINS, sont des médicaments que l’on donne aux chevaux pour soigner différentes affections. Les vétérinaires les prescrivent généralement pour traiter les lésions aux tissus mous et au système musculo-squelettique, ainsi que pour maîtriser l’inflammation et la douleur abdominale. [1]
Les maladies articulaires dégénératives et les coliques sont parmi les pathologies équines que l’on traite couramment à l’aide d’AINS. [2] Les AINS peuvent également aider à soulager la fièvre. [3]
Malgré la disponibilité d’autres types de médicaments antidouleurs, les AINS demeurent la méthode de gestion de la douleur la plus fréquente pour les chevaux. Leur popularité vient du fait qu’ils sont efficaces, abordables et faciles à administrer. [3]
Il existe actuellement six AINS approuvés pour les chevaux par la Food and Drug Administration américaine (FDA). Toutefois, les trois médicaments les plus largement utilisés sont la phénylbutazone (Butazone), la flunixine méglumine (BanamineMD) et le firocoxib (EquioxxMD).
Les propriétaires et les palefreniers doivent se familiariser avec les différences entre ces médicaments, ainsi qu’avec leurs posologies et leurs contre-indications. Bien que les AINS soient un outil efficace de gestion de la douleur, leur usage prolongé peut avoir des conséquences à long terme sur la santé des chevaux.
On doit toujours consulter un vétérinaire si la douleur du cheval ne diminue pas, surtout lorsque le traitement aux AINS dépasse l’espacement des doses recommandé par la posologie mentionnée sur l’étiquette de l’emballage.
Le mécanisme d’action des AINS
Les AINS sont des médicaments qui réduisent l’inflammation. Cette dernière est la réaction de l’organisme aux lésions que subissent les tissus. Les AINS y parviennent en inhibant l’activité des enzymes de la cyclo-oxygénase (COX) qui sont impliquées dans la stimulation des réactions inflammatoires. [1][4]
Les enzymes COX sont nécessaires à la synthèse des prostaglandines, des substances chimiques qui déclenchent l’inflammation, la douleur et la fièvre dans l’organisme du cheval. Lorsque les AINS bloquent l’activité des enzymes COX, la synthèse des prostaglandines ralentit et l’inflammation diminue.
À ce jour, les scientifiques ont identifié trois enzymes COX : [2]
- COX-1;
- COX-2;
- COX-3.
De ces trois enzymes, on comprend mieux l’action de la COX-1 et de la COX-2. En revanche, on en sait moins sur la COX-3. [2]
Les enzymes COX-1 et COX-2
Les chercheurs ont identifié les caractéristiques suivantes des enzymes COX-1 : [1]
- Elles sont présentes dans presque tous les types de cellules.
- Elles ont une fonction « administrative ». Elles participent au maintien homéostatique des fonctions physiologiques normales.
- Elles sont requises en petite quantité pour la fonction gastro-intestinale, la coagulation sanguine et la fonction rénale (des reins) normales.
Dans le cas des enzymes COX-2, les chercheurs ont identifié les caractéristiques suivantes : [1][2]
- Elles sont présentes dans la plupart des types de cellules.
- Leur niveau est normalement très bas dans la plupart des tissus, mais il augmente jusqu’à 20 fois en cas de réaction inflammatoire.
- Elles participent au maintien de la circulation sanguine lorsque les reins sont compromis.
Les AINS à action sélective sur les enzymes
Parce que les AINS agissent en bloquant les enzymes COX, leur surutilisation est liée à certains effets secondaires potentiellement graves. Pour cette raison, on doit toujours soupeser les avantages et les risques des AINS, en particulier en cas d’usage à long terme. [2]
La plupart des effets nocifs des AINS découlent de l’inhibition des enzymes COX-1. Cela est probablement dû au fait que les enzymes COX-1 jouent un rôle plus important dans le soutien de la physiologie basale que les enzymes COX-2. [1]
Par exemple, les enzymes COX-1 sont essentielles à la synthèse des prostaglandines qui entretiennent la muqueuse protectrice de l’estomac et préviennent les ulcères gastriques.
Au cours des dernières décennies, les chercheurs se sont concentrés sur le développement d’AINS qui agissent sélectivement contre les enzymes COX-2 par opposition à celles de la COX-1. L’objectif est de préserver les fonctions d’entretien normales de la COX-1 tout en inhibant les effets pro-inflammatoires associés à la COX-2. [1]
Les AINS traditionnels ont une action non sélective. En effet, ils inhibent indifféremment les enzymes COX-1 et COX-2. L’emploi prolongé d’AINS à action non sélective peut hausser le risque de conséquences indésirables sur le tractus gastro-intestinal et les reins. [2]
Les nouveaux AINS à action sélective sur la COX-2 sont moins susceptibles d’avoir un impact négatif sur la santé globale des chevaux. [2][5] Cela étant dit, les propriétaires de chevaux et les palefreniers doivent toujours consulter un vétérinaire avant de dépasser l’espacement des doses indiqué dans la posologie de l’ordonnance, peu importe le médicament utilisé.
La phénylbutazone (la butazone)
Parmi tous les AINS donnés aux chevaux, les vétérinaires prescrivent surtout la phénylbutazone (la butazone). [1] Ce médicament est un inhibiteur de la cyclo-oxygénase (COX) dont l’action est non sélective. Il bloque donc indifféremment les enzymes COX-1 et COX-2.
Les usages courants
Les vétérinaires prescrivent souvent la butazone pour soigner la douleur et l’inflammation associées à la boiterie chronique et au syndrome naviculaire. [1] Les propriétaires de chevaux emploient aussi la butazone de leur propre chef pour traiter une gamme d’affections musculo-squelettiques inflammatoires ou douloureuses.
Bien qu’il soit rare qu’on ait recours à la butazone en cas de colique, certains la donnent parfois à titre prophylactique pour prévenir les symptômes de l’endotoxémie. Cette dernière est une complication possible des interventions chirurgicales pour traiter les coliques. [2]
Les préparations et la posologie
Il existe différentes préparations de butazone, notamment les comprimés, la poudre et la pâte donnés par voie orale. Elles sont faciles à administrer à la maison. De plus, cet AINS est offert sous forme d’injection intraveineuse destinée aux vétérinaires.
Si on administre la butazone par voie orale, il est préférable de la donner avec de la nourriture pour aider à prévenir les maux d’estomac et les ulcères de la bouche ou de l’estomac. [6] Les effets de la butazone commencent à se faire sentir d’une à deux heures après la prise et peuvent parfois durer plusieurs jours. [6]
Pour la plupart des troubles orthopédiques, la posologie recommandée est de 2,2 milligrammes de butazone par kilogramme de poids vif toutes les douze heures, ou bien de 4,4 milligrammes par kilogramme toutes les 24 heures. [7] Les vétérinaires préfèrent donner une dose toutes les douze heures pour maintenir une concentration sanguine plus stable et prévenir les hausses soudaines qui peuvent affecter les fonctions rénale et gastrique.
Les précautions et les contre-indications
Comme pour tous les médicaments, l’utilisation de la butazone comporte un certain risque d’effets secondaires. Ces derniers surviennent normalement lorsqu’on la donne aux chevaux sur une base continue ou que l’on dépasse la dose recommandée. [6]
La butazone peut en outre interagir avec d’autres médicaments et certains suppléments. Par conséquent, il est important d’informer le vétérinaire de la liste des médicaments et des suppléments que le cheval reçoit actuellement avant de lui donner cet AINS. [6]
Les effets secondaires de la butazone peuvent inclure ceux qui suivent : [1][6]
- les réactions allergiques;
- un manque d’appétit;
- une diminution de la consommation d’eau;
- la diarrhée;
- les démangeaisons;
- la chute des crins;
- les ulcères de la bouche;
- des changements en regard à la miction;
- le jaunissement des gencives, de la peau ou du blanc des yeux (la jaunisse);
- l’enflure des membres;
- une perte de poids inexpliquée;
- les coliques;
- des changements de comportement (un niveau d’activité à la baisse ou à la hausse);
- la colite dorsale de droite.
Si on dépasse l’espacement des doses recommandé sur l’emballage ou l’ordonnance, la butazone peut provoquer la formation d’ulcères dans l’estomac ou l’intestin postérieur. Elle peut d’autre part entraîner des dommages au foie ou aux reins. [6]
On ne doit jamais injecter la butazone destinée à l’inoculation par voie intraveineuse dans un muscle, car elle peut causer une infection grave appelée myosite clostridienne. Cette dernière peut être fatale. [8]
De plus, il faut toujours être prudent lorsqu’on donne de la butazone à des poulains ou à des poneys. Ceux-ci sont plus susceptibles de développer des ulcères de la bouche ou de l’estomac, ainsi que d’autres complications. [3]
Quelle est votre priorite numero un pour la sante de votre cheval?
La fluxinine (Banamine®)
La BanamineMD est un autre AINS populaire auprès des vétérinaires et des propriétaires de chevaux. Il s’agit aussi d’un inhibiteur de la COX dont l’action est non sélective qui bloque à la fois les enzymes COX-1 et COX-2.
Bien que ce médicament agisse de la même manière que la butazone, on l’emploie fréquemment pour soigner des affections différentes. Les vétérinaires prescrivent ordinairement la flunixine pour contrôler la douleur et l’inflammation des organes internes, car son efficacité à cette fin pourrait être supérieure à celle de la butazone. [1]
Les usages courants
La fluxinine (BanamineMD) est souvent le médicament privilégié pour soulager la douleur liée aux coliques et à la colite. [1]
On utilise aussi la BanamineMD dans les cas suivants : [1][3][9]
- le soulagement de la fièvre et de l’inflammation associées à l’endotoxémie;
- le contrôle de la douleur après une arthroscopie;
- le contrôle de la douleur liée aux maladies oculaires, telles que les ulcères de la cornée ou le glaucome.
Bien qu’on ait plus souvent recours à la butazone pour traiter la douleur orthopédique, la fluxinine procure également un soulagement symptomatique pour certaines formes de boiterie. [9]
Les préparations
Les vétérinaires administrent la fluxinine principalement sous forme d’injection intraveineuse ou de pâte donnée par voie orale. Ils déconseillent aux propriétaires de tenter les injections par voie intraveineuse, car le risque de complications graves est considérable. [6]
En cas d’urgence, si un propriétaire ne dispose pas de pâte sous la main, il peut injecter la BanamineMD liquide directement dans la bouche du cheval, ou encore la mélanger à de la nourriture ou à de la mélasse. [6]
La fluxinine commence normalement à faire effet d’une à deux heures suivant la prise et ses effets peuvent durer quelques jours. On peut la donner jusqu’à cinq jours pour soulager la douleur et l’inflammation du cheval. [6]
La posologie recommandée est de 1,1 milligramme de BanamineMD par kilogramme de poids vif toutes les douze heures. [6]
Les précautions et les contre-indications
Bien que de nombreux propriétaires de chevaux puissent avoir de la fluxinine injectable sous la main, seul un vétérinaire doit l’administrer en raison des dangers que posent les erreurs possibles. Il faut en effet éviter à tout prix d’inoculer la BanamineMD injectable dans les muscles ou les artères de l’encolure.
Une injection dans les artères peut entraîner les conséquences suivantes : [4][9]
- l’hystérie;
- une augmentation de la fréquence respiratoire;
- la faiblesse;
- des convulsions.
Tout comme la butazone injectable, on ne doit jamais administrer la fluxinine injectable dans les muscles. [8] De même, on ne doit jamais combiner la BanamineMD à d’autres médicaments, car les produits peuvent avoir des interactions nocives pour la santé. [6]
Bien que l’étiquette du médicament autorise l’inoculation intramusculaire, les recherches montrent que les chevaux auxquels on injecte de la flunixine présentent un risque élevé de développer la myosite clostridienne. [7] C’est pourquoi les vétérinaires déconseillent les injections intramusculaires de ce médicament.
Les effets secondaires possibles de la BanamineMD incluent les suivants : [1][6]
- la douleur;
- une enflure et une raideur localisées au site d’injection;
- les dommages musculaires;
- la transpiration;
- les ulcères buccaux ou gastriques;
- un manque d’appétit;
- une baisse du taux de protéines sanguin (rare);
- des troubles sanguins (très rare);
- un ralentissement des mécanismes de réparation des lésions intestinales;
- une diminution de la motilité intestinale.
Le risque d’effets secondaires potentiels augmente si on donne la fluxinine à des doses plus élevées, pendant une période prolongée ou en combinaison avec d’autres AINS. [6]
On doit par ailleurs se rappeler d’éviter de donner de la BanamineMD aux chevaux qui souffrent des pathologies suivantes : [6]
- une allergie à la fluxinine ou à d’autres AINS;
- des troubles rénaux, hépatiques ou sanguins;
- des ulcères d’estomac.
De plus, on ne doit pas administrer de BanamineMD aux chevaux qui :
- ont récemment reçu d’autres AINS;
- n’ont pas ressenti de soulagement de la douleur avec une première dose;
- ont déjà dépassé l’espacement des doses maximal des AINS indiqué sur l’étiquette de l’emballage.
Le firocoxib (Equioxx®)
Le firocoxib (EquioxxMD) est l’un des AINS récemment lancés sur le marché. Ce médicament diffère de la butazone et de la BanamineMD parce qu’il agit sélectivement sur la COX-2. Il occasionne donc moins d’effets secondaires. [6]
Les usages courants
Les vétérinaires prescrivent couramment l’EquioxxMD pour traiter l’ostéoarthrite. La recherche a démontré que ce médicament améliore les notes d’évaluation de boiterie. En règle générale, l’amélioration est plus perceptible pendant les sept premiers jours d’utilisation. Le taux d’amélioration ralentit par la suite. [1][6]
La recherche a démontré qu’EquioxxMD réduit l’enflure et la circonférence des articulations et qu’il améliore l’amplitude des mouvements. [1][6]
Une étude a révélé que, comparativement à la butazone donnée par voie orale, l’EquioxxMD administré par voie orale était plus efficace pour maîtriser la douleur et améliorer la locomotion des chevaux atteints d’ostéoarthrite chronique. [9]
Un autre avantage d’EquioxxMD par rapport à la butazone et à la BanamineMD concerne les lésions de l’intestin grêle qui peuvent se produire chez les chevaux qui souffrent de coliques. La butazone et la BanamineMD peuvent ralentir la récupération de la couche muqueuse protectrice des animaux qui souffrent de lésions intestinales, alors qu’EquioxxMD ne semble pas avoir cet effet. [1]
Les préparations
L’EquioxxMD est offert sous forme de pâte donnée par voie orale, de comprimés ou de produit injectable. L’usage approuvé stipule une dose par jour pendant un maximum de 14 jours. On peut donner l’EquioxxMD avec ou sans nourriture. Cet AINS commence normalement à faire effet d’une à deux heures après la prise et les effets peuvent durer quelques jours. [6]
La posologie par voie orale recommandée est de 0,1 milligramme d’EquioxxMD par kilogramme de poids vif, une fois par jour pendant un maximum de 14 jours. [6]
Les précautions et les contre-indications
Il faut éviter de combiner l’EquioxxMD avec d’autres AINS comme la butazone ou la BanamineMD. On doit toujours informer le vétérinaire de la liste de tous les suppléments ou herbes que le cheval reçoit avant de lui donner de l’EquioxxMD. [6]
La plupart des chevaux tolèrent bien l’EquioxxMD. Son usage comporte malgré tout un risque d’effets secondaires, notamment ceux qui suivent : [6]
- la formation de plaies ou d’ulcères sur la langue ou à l’intérieur de la bouche;
- l’apparition de plaies, de croûtes, de rougeurs ou de marques de frottement sur la peau de la tête, en particulier autour de la bouche;
- des changements d’appétit ou de consommation d’eau;
- des changements de comportement de miction;
- le jaunissement des gencives, de la peau ou du blanc des yeux (la jaunisse);
- une perte de poids inexpliquée;
- des changements de comportement ou de niveau d’activité;
- les coliques;
- la diarrhée.
On doit éviter l’EquioxxMD dans les cas suivants : [6]
- Le cheval est allergique aux AINS.
- Le cheval souffre d’ulcères d’estomac ou gastro-intestinaux.
- L’animal est déshydraté.
- Le cheval suit un traitement diurétique, par exemple s’il reçoit du furosémide.
- L’animal souffre de troubles rénaux, cardiaques ou hépatiques préexistants.
- Le patient est une jument gestante ou qui allaite, ou encore un animal reproducteur.
- Le cheval est âgé de moins d’un an.
- Le cheval reçoit d’autres AINS, de l’aspirine ou des corticostéroïdes.
- L’animal est âgé, affaibli ou fragile.
Une comparaison de la butazone, de la fluxinine et du firocoxib
Tableau 1. Sommaire des usages et des posologies de la butazone, de la fluxinine et du firocoxib
| Butazone | Fluxinine (Banamine®) | Firocoxib (Equioxx®) | |
|---|---|---|---|
| Usages courants | Douleur et inflammation liées à la boiterie chronique et au syndrome naviculaire. | Contrôle de la douleur liée aux coliques et à la colite. Aussi employé pour atténuer les effets indésirables de l’endotoxémie. | Douleur et inflammation liées à l’ostéoarthrite. |
| Préparations | Comprimés, poudre ou pâte. | Injection par voie intraveineuse ou pâte par voie orale. | Pâte ou comprimés donnés par voie orale, injection. |
| Posologie recommandée | 2,2 mg/kg de poids vif toutes les 12 heures ou 4,4 mg/kg toutes les 24 heures. | 1,1 mg/kg de poids vif toutes les 12 heures. | 0,1 mg/kg de poids vif une fois par jour. |
| Espacement des doses maximal | 7 jours | 5 jours | 14 jours |
Les effets secondaires des AINS
Les AINS sont parmi les médicaments les plus populaires auprès des propriétaires de chevaux pour soulager la douleur et améliorer la qualité de vie de leur animal. Leur usage généralisé suscite toutefois des inquiétudes quant à leurs effets à long terme.
Les conséquences les plus préoccupantes des AINS sur la santé à long terme sont les ulcères gastriques, les lésions rénales et leurs effets sur le remodelage osseux. Il existe également un risque important de complications de santé liées à l’utilisation simultanée de plusieurs AINS.
Tous les médicaments comportent un certain risque d’effets secondaires. Les propriétaires doivent conséquemment suivre de près les recommandations mentionnées sur l’étiquette et les conseils de leur vétérinaire pour veiller à respecter l’usage prévu du médicament.
Les ulcères gastriques
Les ulcères gastriques sont l’effet secondaire le plus fréquemment signalé relié aux AINS à action non sélective comme la butazone et la Banamine.
On attribue généralement l’ulcération gastrique liée à l’utilisation d’AINS aux facteurs suivants : [1]
- le surdosage;
- une administration continue au-delà de l’espacement des doses recommandé ou prescrit;
- un risque préexistant d’ulcération.
Ces ulcères se forment en raison de l’interférence avec les enzymes COX-1 qui entretiennent la couche muqueuse protectrice du tractus gastro-intestinal. [1]
L’emploi d’un AINS à action sélective sur la COX-2 tel qu’EquioxxMD peut aider à prévenir l’ulcération gastrique si on respecte les instructions du fabricant ou l’ordonnance du vétérinaire. [1]
Les lésions rénales
Les inhibiteurs à action non sélective sur la COX présentent en outre un risque de lésions rénales. Les enzymes COX-1 participent à la régulation du flux sanguin vers les reins pour assurer un apport suffisant en nutriments et en oxygène aux tissus.
Lorsque le cheval reçoit des AINS, l’inhibition de la COX-1 peut entraîner une diminution du flux sanguin et des dommages aux tissus. La déshydratation exacerbe cet effet, car elle abaisse le volume sanguin disponible pour l’acheminement vers les reins. [10]
Chez les chevaux suffisamment hydratés, il est peu probable que l’inhibition de la COX-1 des AINS entraîne des conséquences sur la fonction rénale. [1]
Le remodelage osseux
La recherche montre également que les enzymes COX-2 sont importantes pour le remodelage des os, soit le mécanisme de renouvellement et de réparation des tissus osseux. Le remodelage osseux implique la résorption de la vieille matière osseuse et la formation de tissu neuf, un cycle essentiel au maintien de la solidité et de l’intégrité du squelette.
La COX-2 est impliquée dans l’activation des prostaglandines pendant la cicatrisation des os. Ces dernières stimulent les ostéoblastes, les principales cellules responsables de la synthèse de la matière osseuse neuve.
Des études montrent que les souris sans COX-2 présentent une formation de tissu osseux réduite à la suite d’une fracture, ce qui révèle l’importance de la COX-2 dans la cicatrisation des os. Cette découverte a conduit à des interrogations sur les conséquences potentielles des AINS à action non sélective sur la résistance osseuse des chevaux. [11]
L’impact de l’utilisation des AINS sur la cicatrisation osseuse des chevaux requiert davantage de recherches approfondies. En médecine humaine, on recommande les AINS pour les patients qui ont subi des fractures, à moins que d’autres facteurs de risque ne nuisent à la cicatrisation des os. [11]
La superposition
Des effets secondaires plus préoccupants se manifestent lorsque l’on combine deux AINS ou plus dans un court laps de temps.
On nomme cette pratique « la superposition ». Elle est fréquente parmi les chevaux de concours ou de course. Les propriétaires administrent parfois plusieurs AINS à leurs chevaux pour soigner les troubles orthopédiques graves tels que la laminite. [7][9]
En cas de superposition, les chevaux peuvent recevoir de la Banamine et de la butazone à moins de 24 heures d’intervalle. Cette pratique peut s’avérer problématique. En effet, l’organisme du cheval peut ne pas avoir éliminé complètement le premier médicament avant la prise du second, ce qui accroît le risque d’effets secondaires. [7]
Des études montrent que l’emploi simultané de deux AINS ou plus expose les chevaux à un risque accru de complications, notamment celles qui suivent : [12]
- les coliques;
- la perte de protéines;
- la diarrhée;
- les ulcères gastriques;
- la colite;
- les dommages aux reins.
De plus, certains chevaux sont beaucoup plus sensibles aux complications liées à l’usage d’AINS que d’autres, ce qui accroît davantage les dangers de la superposition. [12]
Les AINS pour les chevaux qui font de la compétition
La prise d’un AINS avant la compétition peut masquer une boiterie, ce qui expose le cheval à un risque de blessure catastrophique.
En raison de ce facteur et d’autres risques, les commissions des jeux et la Fédération équestre américaine (USEF) ont limité le calendrier d’utilisation des AINS autorisés avant les courses ou les épreuves. [9] Les propriétaires et les entraîneurs doivent toujours vérifier les règlements du sport concerné avant d’administrer des médicaments aux chevaux.
Les AINS pour les poulains
On doit faire preuve d’extrême prudence si on souhaite donner n’importe quel AINS à un poulain, y compris la butazone, la BanamineMD et l’EquioxxMD. Cela est particulièrement vrai pour les animaux malades ou prématurés dont la fonction rénale peut être compromise. [3]
Les chercheurs conseillent aux propriétaires de chevaux d’éviter complètement l’usage d’AINS pour les poulains âgés de moins de 30 jours. Il vaut mieux consulter un vétérinaire pour discuter d’autres méthodes de gestion de la douleur. [3]
En résumé
Les AINS sont des médicaments qui servent à contrôler la douleur et l’inflammation liées à différentes affections chez les chevaux, des coliques à l’ostéoarthrite. Les trois AINS les plus populaires sont la phénylbutazone (Butazone), la flunixine méglumine (BanamineMD) et le firocoxib (EquioxxMD).
- La butazone et la Banamine sont des AINS à action non sélective. En effet, ils inhibent à la fois les enzymes COX-1 et COX-2. Ils présentent un risque plus élevé d’effets secondaires chez les chevaux.
- L’ulcération gastrique est l’effet secondaire le plus fréquemment lié à l’utilisation de la butazone et de la Banamine.
- L’EquioxxMD agit sélectivement sur la COX-2, ce qui en fait un choix plus sûr pour certains chevaux. Cependant, cet AINS présente tout de même un risque d’effets secondaires.
- La plupart des effets secondaires associés aux AINS découlent d’un usage inapproprié. Par conséquent, on doit toujours suivre les recommandations du vétérinaire lorsqu’on donne des AINS aux chevaux.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur les AINS chez les chevaux :
Les AINS agissent chez les chevaux en bloquant les enzymes cyclo-oxygénases (COX) qui produisent les prostaglandines, des substances chimiques responsables de la douleur, de l'inflammation et de la fièvre. Une diminution de la production de prostaglandines aide à réduire l'enflure et l'inconfort associés aux coliques, à l'arthrite et aux blessures. Certaines prostaglandines protègent également l'estomac et les reins, c'est pourquoi les AINS doivent être utilisés avec prudence et conformément aux directives de votre vétérinaire.
Les AINS sont utilisés chez les chevaux pour soulager la douleur, réduire l'inflammation et faire baisser la fièvre. Les vétérinaires les prescrivent couramment pour l'arthrite, la boiterie, les blessures des tissus mous, les coliques et la récupération après une chirurgie. La phénylbutazone (Bute), la flunixine méglumine (Banamine®) et le firocoxib (Equioxx®) sont les AINS équins les plus utilisés.
L'utilisation des AINS chez les chevaux peut provoquer des effets secondaires touchant l'estomac, les intestins, les reins et le foie. Les problèmes sont plus probables lorsque la dose est trop élevée, que plusieurs AINS sont utilisés en même temps ou que le traitement se poursuit plus longtemps que recommandé. Les signes à surveiller comprennent la diarrhée, les coliques, une diminution de l'appétit, des ulcères buccaux, des changements dans la consommation d'eau ou la miction, ainsi qu'un comportement inhabituel.
Certains AINS sont plus sûrs pour les chevaux que d'autres parce qu'ils agissent différemment sur les enzymes COX. Le Bute et le Banamine sont des AINS non sélectifs qui bloquent à la fois la COX-1 et la COX-2, tandis que l'Equioxx est plus sélectif pour la COX-2. Le firocoxib (Equioxx®) est généralement associé à un risque plus faible d'effets secondaires au niveau de l'estomac et des reins lorsqu'il est utilisé selon les directives.
Le Bute, le Banamine et l'Equioxx se distinguent principalement par les affections qu'ils servent à traiter et par leur degré de sélectivité pour cibler l'inflammation. Le Bute est souvent utilisé pour la boiterie et les douleurs articulaires, le Banamine est couramment utilisé pour les coliques et l'endotoxémie, et l'Equioxx est approuvé pour l'arthrose. L'Equioxx est également plus sélectif pour la COX-2, ce qui peut réduire le risque de certains effets secondaires.
L'administration de deux AINS à un cheval en même temps, souvent appelée superposition, augmente considérablement le risque d'ulcères, de colite, de lésions rénales et de perte de protéines. Même si les médicaments sont administrés à 24 heures d'intervalle, le premier médicament peut encore être actif dans l'organisme du cheval. Les chevaux ne devraient recevoir qu'un seul AINS à la fois, sauf indication contraire précise de votre vétérinaire.
Les poulains peuvent recevoir des AINS, mais ils sont beaucoup plus sensibles aux effets secondaires que les chevaux adultes. Des reins immatures et un risque accru de déshydratation rendent ces médicaments plus dangereux, en particulier chez les poulains malades ou prématurés. De nombreux vétérinaires évitent d'utiliser des AINS chez les poulains de moins de 30 jours à moins qu'aucune solution de rechange plus sûre ne soit disponible.
La durée pendant laquelle un cheval peut rester sous AINS dépend du médicament utilisé et de l'affection traitée. Le Banamine est généralement utilisé pendant un maximum de 5 jours, le Bute pendant environ 7 jours et l'Equioxx pendant un maximum de 14 jours conformément aux indications de l'étiquette. Les chevaux nécessitant un traitement plus long devraient être suivis de près par un vétérinaire.
Les AINS comme la phénylbutazone sont souvent administrés avec de la nourriture afin de réduire l'irritation de la bouche et de l'estomac. Donner le médicament avec un repas peut diminuer le risque d'ulcères et améliorer la tolérance. Votre vétérinaire peut fournir des instructions particulières selon l'AINS que reçoit votre cheval.
Les chevaux peuvent participer à des compétitions pendant qu'ils prennent des AINS seulement si le médicament est utilisé conformément aux règles de l'organisme de réglementation. Les autorités compétitives, comme la Fédération Équestre Internationale (FEI), limitent les AINS autorisés et le délai avant une compétition pendant lequel ils peuvent être administrés. Consultez toujours la réglementation en vigueur avant de donner un médicament à un cheval de performance.
Résumé
Les AINS sont des médicaments utilisés pour contrôler la douleur et l’inflammation liées à diverses affections chez les chevaux, des coliques à l’arthrose. Les trois AINS les plus couramment utilisés comprennent Bute, Banamine et Equioxx®.
- Bute et Banamine sont des AINS non sélectifs, ce qui signifie qu’ils inhibent à la fois les enzymes COX-1 et COX-2 et présentent le risque le plus élevé d’effets secondaires chez les chevaux.
- L’effet secondaire le plus courant lié à Bute et à Banamine est l’ulcération gastrique.
- Equioxx® est sélectif de la COX-2, ce qui en fait un choix plus sûr pour certains chevaux. Toutefois, cet AINS comporte toujours un risque d’effets secondaires.
- La plupart des effets secondaires associés aux AINS sont liés à une utilisation inappropriée. Par conséquent, suivez toujours les recommandations de votre vétérinaire lorsque vous utilisez un AINS avec votre cheval.
Références
- Knych, H.K. Nonsteroidal Anti-inflammatory Drug Use in Horses. Vet Clin Equine. 2017. View Summary
- Ziegler, A. and Blikslager, A.T. Sparing the gut: COX-2 inhibitors herald a new era for treatment of horses with surgical colic. Equine Vet Education. 2020.
- Banse, H.E. and Cribb, A.E. Review of Nonsteroidal Anti-Inflammatory Drug Selection in Horses. Respiratory Medicine. 2015.
- Mercer, M.A. et al. The Clinical Pharmacology and Therapeutic Evaluation of Non-Steroidal Anti-Inflammatory Drugs in Adult Horses. Animals. 2023.
- Ziegler, A. et al. Update on the use of cyclooxygenase 2–selective nonsteroidal anti-inflammatory drugs in horses. J Am Vet Med Assoc. 2017.
- Plumb, D. C. Plumb's Veterinary Drug Handbook. 7th Edition. PharmaVet Inc. 2011.
- Knych, H.K. et al. Pharmacokinetics and anti-inflammatory effects of flunixin meglumine as a sole agent and in combination with phenylbutazone in exercised Thoroughbred horses. Equine Vet Journal. 2019. View Summary
- Teixera, R. and Valberg, S. Risks of giving intramuscular banamine to horses. University of Minnesota Extension. 2023.
- Jacobs, C.C. et al. Non-steroidal anti-inflammatory drugs in equine orthopaedics. Equine Vet Journal. 2022. View Summary
- Hörl, W.H., Nonsteroidal Anti-Inflammatory Drugs and the Kidney. Pharmaceuticals (Basel). 2010.
- Pountos. I. et al., Do Nonsteroidal Anti-Inflammatory Drugs Affect Bone Healing? A Critical Analysis. The Scientific World Journal. 2012.
- Palmer, S.E. Equine Medical Director Advisory—NSAID Anti-Stacking Rule. New York State Gaming Commission.










