Le système digestif du cheval est volumineux, complexe et sensible au changement. Les chevaux ont évolué au fil des millénaires pour extraire efficacement les nutriments contenus dans la matière végétale fibreuse en broutant des herbages et d’autres fourrages grossiers pendant la majeure partie de la journée.

L’anatomie gastro-intestinale, la fonction digestive et la population microbienne du cheval sont toutes optimisées pour digérer les fourrages fibreux et absorber suffisamment de calories pour répondre aux besoins de ces animaux athlétiques qui se déplacent constamment dans leur milieu naturel.

C’est l’une des principales raisons qui expliquent pourquoi lorsqu’on s’éloigne du mode d’alimentation naturel du cheval, on risque de perturber de la santé de son système digestif. De plus, on l’expose à un risque accru de colique, d’ulcération gastrique ou de dysbiose intestinale.

Les propriétaires peuvent prévenir les troubles intestinaux de leurs chevaux en choisissant des méthodes de gestion qui respectent le comportement naturel de recherche de nourriture et la physiologie du tube digestif équin. Nous vous invitons à poursuivre votre lecture pour en savoir plus sur le fonctionnement du système digestif du cheval et sur les mesures à prendre pour qu’il continue de fonctionner de manière optimale.

L’anatomie du système digestif équin

Le système digestif du cheval se divise en deux parties : l’intestin antérieur et l’intestin postérieur.

L’intestin antérieur comprend la bouche, l’œsophage, l’estomac et l’intestin grêle. La digestion des protéines, des matières grasses et des glucides hydrolysables, par exemple, ceux que contiennent les céréales, a lieu principalement dans l’intestin antérieur.

Le moteur du système digestif équin est l’intestin postérieur, qui se compose du cæcum, du côlon et du rectum. C’est à cet endroit que le cheval digère les glucides structuraux, par exemple, ceux que contiennent les graminées, et qu’il élimine les déchets de son organisme.

Horse Digestive Tract - Hindgut & Foregut

Légende:
Esophagus 4-5 ft : Œsophage de 1,2 à 1,5 m (de 4 à 5 pi)
Stomach 8-19 quarts: Estomac de 7,8 à 18 L (de 8 à 19 pintes)
Small intestine 70 ft. 68 quarts: Intestin grêle 21,3 m, 64,4 L (70 pi, 68 pintes)
Cecum (On right side of abdominal cavity) 4f. 28-36 quarts: Cæcum (sur le côté droit de la cavité abdominale)
1,2 m, de 17 à 34,1 L (4 pi, de 28 à 36 pintes)
Small Colon 10-12 ft.16 quarts: Petit colon de 3,1 à 3,7 m, 15,1 L (de 10 à 12 pieds, 16 pintes)
Rectum 1 ft.: Rectum 0,31 m (1 pi)
Large Colon 10-12 ft. 86 quarts: Gros côlon de 3,1 à 3,7 m, 81,4 L (de 10 à 12 pi, 86 pintes)

L’intestin antérieur

L’intestin antérieur comprend la bouche, l’œsophage, l’estomac et l’intestin grêle. L’estomac et l’intestin grêle sont responsables de la digestion des protéines, des matières grasses et des glucides hydrolysables, que l’on nomme parfois glucides non structuraux. [1][2]

La bouche

Les structures et les sécrétions de la bouche impliquées dans la prise alimentaire et la digestion incluent celles qui suivent : [1]

  • les lèvres;
  • les dents;
  • la langue;
  • la salive.

Toutes ces composantes de la bouche travaillent ensemble pour ingérer les aliments, les mastiquer, les humidifier et les déplacer vers les structures suivantes du système digestif. [1]

Les lèvres

Les lèvres du cheval sont souples et préhensiles. Elles sont sensibles au toucher et à la température. [1] Elles sont capables de ressentir les surfaces afin d’identifier les aliments. Les lèvres équines sont relativement agiles. Elles saisissent et tirent la nourriture dans la bouche en direction des dents, qui l’arrachent et l’acheminent plus loin pour la mastication et la digestion. [1]

Contrairement à d’autres animaux comme les chats et les chiens qui doivent clapoter pour boire, les lèvres du cheval sont capables d’agir en tandem avec la langue afin de créer une pression négative à l’intérieur de la bouche. Ils peuvent ainsi aspirer l’eau. [1]

Les dents

Alors que d’autres animaux qui paissent comme les vaches se servent de leur langue pour déchiqueter les végétaux, le cheval mastique le fourrage avec ses dents. Il peut de cette manière sectionner les matières végétales dures à leur base pour les manger. [5]

Le cheval possède deux types de dents, qui sont les incisives et les molaires. Les incisives sont pointues en forme de bêche et poussent à l’avant de la bouche. Elles saisissent et cisaillent les plantes et autres aliments, et entament le mécanisme qui consiste à découper les gros morceaux en plus petites parties. [1]

Les molaires sont larges et plates. Elles se trouvent le long des deux côtés de la bouche. Leur rôle est de broyer les aliments pour former une boule, souvent désignée bol alimentaire ou ingesta, que le cheval peut avaler une fois mélangée avec de l’eau et des sécrétions digestives. [1]

La surface des molaires qui broie les aliments comporte différents composés qui sont l’émail, la dentine et le cément. Chacun de ces matériaux a une dureté distincte et s’use à des vitesses différentes. [1]

Cette formation garantit que les molaires du cheval restent profondément striées tout au long de sa vie au lieu de s’user jusqu’à devenir lisses. Les crêtes sont nécessaires à la mastication pour broyer suffisamment les aliments avant qu’ils évacuent la bouche. [1]

Cependant, le broyage d’aliments fibreux durs fait en sorte que les dents du cheval sont susceptibles de développer des arêtes vives. C’est pourquoi les soins dentaires prodigués régulièrement sont une pierre angulaire de la gestion des équidés. [1]

Les chevaux possèdent des dents hypsodontes, c’est-à-dire qu’elles continuent à émerger de la gencive jusqu’à l’âge de 17 ans environ. [14]

On doit veiller à entretenir les dents du cheval pour qu’elles continuent à bien fonctionner et pour optimiser la digestion. La mastication doit désagréger suffisamment les plantes qui contiennent des glucides structuraux dont se nourrissent les chevaux. De cette manière, leur contenu devient disponible pour la fermentation qui a lieu plus loin dans le tractus gastro-intestinal. [2][15]

La langue

La langue du cheval est un muscle fort et agile qui pousse les aliments vers les molaires qui les broient, puis les achemine éventuellement vers l’arrière de la gorge où le cheval les avale. Avec les lèvres, la langue aspire aussi l’eau dans la bouche pour abreuver l’animal. [1]

Les glandes salivaires

Pendant que le cheval mastique le bol alimentaire, les glandes salivaires de la bouche ajoutent de la salive au mélange. [1]

Contrairement à d’autres mammifères, la salive du cheval ne contient pas beaucoup d’amylase, une enzyme qui décompose l’amidon pour en libérer les sucres. La salive équine sert surtout à humidifier et à lubrifier le bol alimentaire et à le rendre plus facile à avaler. [1][6]

La salive du cheval contient aussi du bicarbonate et de la solution saline qui neutralisent les acides contenus dans les aliments et l’estomac. [1][3]

Une fois que les dents et les mâchoires ont suffisamment mastiqué et humidifié le bol alimentaire, la langue l’envoie à l’arrière de la bouche où le cheval l’avale. [1]

Les gestes précédents de cueillette et de mastication de la nourriture sont sous le contrôle volontaire du cheval. À partir de la déglutition, le système nerveux parasympathique prend le relais et la fonction digestive du cheval devient un mécanisme involontaire. [1]

Le tube digestif

Une fois avalé, le bol alimentaire entre dans le tube digestif. Simplement décrit, ce dernier est un très long conduit formé de plusieurs structures, notamment l’œsophage, l’estomac, l’intestin, le cæcum, le côlon et le rectum. [1][5]

Ce tube comporte deux couches de muscles[1] Les fibres musculaires de la première couche sont enroulées autour du conduit. Leur contraction rétrécit et dilate le diamètre du tube digestif. Les fibres musculaires de la deuxième couche sont disposées parallèlement au tube. Les contractions de cette couche étirent et contractent le tube latéralement. [1]

Les actions de ces couches de muscles engendrent deux types de contractions : [1]

  • Les contractions péristaltiques qui propulsent les aliments à travers le système.
  • Les contractions localisées qui brassent la nourriture pour que les aliments, les micro-organismes, les enzymes et les substances chimiques se mélangent complètement. Cette action permet au cheval de bien digérer les aliments et d’en extraire efficacement les nutriments.

L’œsophage

Une fois que les aliments quittent la bouche, ils pénètrent dans l’œsophage. L’œsophage est un conduit musculaire qui relie la bouche à l’estomac et qui s’étend parallèlement à la colonne vertébrale du cheval. [7]

La principale fonction de l’œsophage est de transporter les aliments de la bouche à l’estomac. [1] L’œsophage se dilate lorsque la nourriture passe, puis se contracte pour pousser le bol alimentaire vers l’estomac. [1][2]

La glotte et le palais mou ferment l’extrémité de l’œsophage qui se trouve près de la bouche. Ils s’ouvrent pour laisser passer les aliments tout en empêchant les corps étrangers de pénétrer dans les poumons. [1]

De même, à l’extrémité où se trouve l’estomac, le sphincter gastro-œsophagien empêche les solides et l’acide gastrique de pénétrer dans l’œsophage. [1]

Si le cheval avale trop de nourriture fibreuse ou ne mastique pas suffisamment, elle peut se coincer dans l’œsophage. C’est ce qu’on appelle une obstruction œsophagienne[6] D’autres facteurs contribuent à l’obstruction œsophagienne, notamment le manque de consommation d’eau, les pathologies dentaires et une sécrétion de salive insuffisante. [6]

Les chevaux peuvent-ils vomir?

La morphologie et l’angle de la jonction entre l’œsophage et l’estomac font en sorte qu’il est presque impossible pour les équidés de vomir. [1][7]
Les chevaux possèdent un réflexe de régurgitation qui déclenche la contraction de l’estomac et des muscles abdominaux. Cette contraction peut faire en sorte que le cheval manifeste des signes de douleur due à la colique. Ils sont néanmoins incapables de pousser le digesta au-delà du sphincter gastro-œsophagien. Dans les cas graves, la pression continue sur l’estomac peut provoquer sa rupture. [1]
Un vétérinaire doit soigner les chevaux qui présentent une distension de l’estomac grave pour diminuer la pression, soulager la douleur et prévenir la rupture gastrique. [7]

L’estomac

Après avoir traversé l’œsophage, le bol alimentaire entre dans l’estomac. Ce dernier est un sac musculaire protégé par la cage thoracique qui se trouve entre l’œsophage et l’intestin grêle du cheval. [1]

Les chevaux sont des animaux monogastriques. Leur estomac possède un seul compartiment. D’autres espèces, comme les ruminants, les camélidés et les cervidés, ont des estomacs à plusieurs compartiments. [6] Contrairement aux ruminants, l’estomac du cheval ne contient pas beaucoup de micro-organismes.

Son estomac n’est donc pas conçu pour digérer les glucides structuraux que contiennent les fourrages, notamment la cellulose et l’hémicellulose. Ce sont plutôt les microbes dans l’intestin postérieur qui se chargent de la fermentation de ces glucides. [2]

En outre, l’estomac équin est relativement petit par rapport à la taille de l’animal. Sa capacité à se dilater dans la cavité abdominale est limitée. [1][2] Ces attributs font en sorte que le cheval est bien adapté à l’alimentation au goutte-à-goutte ou à la prise de petites quantités de nourriture pendant de nombreuses heures. [6]

Les chevaux qui ingèrent trop de nourriture d’un seul coup, qui consomment un excès de glucides hydrolysables en un seul repas ou qui mangent trop rapidement sont sujets aux crises de colique[6]

L’estomac à compartiment unique du cheval le distingue des autres animaux comme les chèvres, les bovins ou les moutons, qui sont tous des ruminants. Ces derniers possèdent un estomac à quatre compartiments. Ils régurgitent et mastiquent les aliments plusieurs fois, autrement dit, ils ruminent. [2]

L’estomac glandulaire versus l’estomac non glandulaire

L’estomac du cheval se compose d’une partie glandulaire et d’une partie non glandulaire, aussi appelée partie squameuse.

La partie glandulaire est constituée de cellules qui sécrètent continuellement de l’acide gastrique et des enzymes. [7] Une épaisse barrière de mucus protège bien la muqueuse de cette région de l’estomac des effets nocifs de l’acide gastrique. [7]

La partie non glandulaire de l’estomac est moins protégée de l’acide gastrique. Elle est plus sujette à la formation d’ulcères gastriques[6]

Cette région est particulièrement vulnérable lorsque l’estomac du cheval est vide. Celui-ci continue de sécréter de l’acide gastrique même en l’absence de nourriture, mais il manque de salive ou de nourriture pour tamponner l’acide et protéger le tissu gastrique. [6]

Diagram of the Horse's StomachIllustration:

Légende
Esophagus: Œsophage
Squamous Region: Région squameuse (non glandulaire)
Margo Plicatus: Margo plicatus
Glandular Region: Région glandulaire
Pylorus: Pylore
Small Intestine: Intestin grêle

La digestion dans l’estomac

La principale fonction de l’estomac est de mélanger les aliments avec de l’acide gastrique et des enzymes. Ces enzymes sont responsables de la digestion initiale des protéines et, dans une moindre mesure, des matières grasses et des glucides contenus dans l’alimentation du cheval. [1]

Malgré le pH bas des sucs gastriques, certains microbes survivent à ce milieu et contribuent à désagréger les aliments dans l’estomac. [16] Les microbes présents dans l’estomac décomposent les glucides qui fermentent facilement et produisent des acides, notamment du lactate et des acides gras volatils (AGV). [17] L’alimentation à base de concentrés est associée à un taux plus élevé de lactate dans l’estomac qui peut contribuer à un risque accru d’ulcération gastrique chez les chevaux nourris avec des régimes riches en céréales. [18]

Les acides gastriques et les enzymes dans l’estomac sont incapables de décomposer les glucides structuraux comme la cellulose et l’hémicellulose contenues dans le foin et l’herbe. Ces glucides structuraux sont la principale source de calories du cheval. Ils fermentent dans l’intestin postérieur. [1][3][4]

Une fois que le digesta est bien mélangé à l’acide gastrique et aux enzymes, il quitte l’estomac par le sphincter pylorique et pénètre dans l’intestin grêle. [1]

L’intestin grêle

L’intestin grêle est un long tube musculaire formé de trois parties contiguës : [7]

  • le duodénum;
  • le jéjunum;
  • l’iléon.

Le digesta traverse l’intestin grêle grâce à la contraction et à la détente péristaltiques par vagues des muscles. [7]

L’intestin grêle est le lieu d’absorption de la plupart des nutriments, soit les protéines, les matières grasses et les glucides hydrolysables qui font partie de l’alimentation du cheval. [5]

La muqueuse de l’intestin grêle est dotée de protubérances en forme de doigts appelées villosités qui accroissent la surface d’absorption des nutriments. [1] Les cellules qui tapissent l’intestin grêle sécrètent des enzymes qui déconstruisent ces nutriments en fragments plus petits que l’organisme du cheval peut ensuite absorber.

La longueur, la flexibilité et la mobilité de l’intestin grêle sont des facteurs de risque qui haussent la probabilité de troubles intestinaux chez les chevaux. En voici quelques exemples : [7]

  • Le volvulus est une torsion de l’intestin grêle qui peut causer une obstruction.
  • L’incarcération survient lorsque certaines parties de l’intestin se retrouvent piégées dans leurs propres plis ou dans les plis d’une autre structure.
  • L’invagination ou l’intussusception survient lorsqu’une section de l’intestin se télescope en se repliant à l’intérieur d’elle-même.

Le mésentère, un tissu mince en forme d’éventail, rattache l’intestin grêle aux autres parties du corps. Il maintient les structures en place tout en permettant un léger mouvement à l’intérieur de la cavité abdominale. Le mésentère contient aussi des vaisseaux sanguins et des nerfs qui alimentent différents organes responsables de la digestion. [7]

On considère que le foie et le pancréas sont des organes auxiliaires de la digestion. Ils facilitent le mécanisme en sécrétant dans la lumière intestinale des enzymes et d’autres substances, notamment la bile, afin de décomposer les aliments.

La digestion des nutriments dans l’intestin grêle

Tableau 1: une description des nutriments digérés et absorbés dans l’intestin grêle.

NUTRIMENTS ENZYMES DIGESTIVES PRODUITS FINAUX POUR L’ABSORPTION
Protéines
  • Protéases
  • Acides aminés simples
  • Dipeptides
  • Tripeptides
Lipides
  • Lipase
  • Bile
  • Acides gras
Glucides hydrolysables
(c.-à-d. les amidons et les sucres)
  • Amylase
  • Bordure en brosse de disaccharides
  • Monosaccharides

L’intestin postérieur

Une fois que la nourriture quitte l’intestin grêle, elle poursuit son chemin à travers la dernière partie de l’iléon en direction de l’intestin postérieur du cheval. [7] L’intestin postérieur est formé de trois structures : [7]

  • le cæcum;
  • le côlon (gros et petit);
  • le rectum.

Les chevaux fermentent les aliments dans l’intestin postérieur. La plus grande partie de l’énergie alimentaire du cheval, jusqu’à 70 %, provient de la fermentation des glucides structuraux, c.-à-d. les fibres, qui a lieu dans le cæcum et le côlon. [1][5]

La fermentation dans l’intestin postérieur

Les chevaux ne possèdent pas les enzymes requises pour digérer la partie fibreuse des plantes dans l’estomac et l’intestin grêle. Ils entretiennent plutôt une relation symbiotique avec les micro-organismes de l’intestin postérieur qui s’écrêtent ces enzymes indispensables. [5]

Divers micro-organismes dans l’intestin postérieur, tels que les bactéries, les protozoaires et les champignons, fermentent les glucides structuraux contenus dans les fourrages et les transforment en acides gras volatils (AGV) et en acide lactique. Le tissu intestinal du cheval absorbe ces acides, puis la circulation sanguine les recueille et les transporte en tant que source d’énergie. [5]

Les microbes présents dans l’intestin postérieur synthétisent également de la vitamine K et des vitamines B hydrosolubles comme la biotine. En revanche, on ne connaît pas vraiment la quantité d’acides que l’intestin postérieur équin est capable d’absorber. [7]

L’équilibre du pH

Le taux de pH dans l’intestin postérieur doit demeurer au-dessus de 6 pour assurer la viabilité du microbiome et la fermentation efficace des fibres. Le pH des chevaux dont le système digestif est sain se situe entre 6,4 et 6,7. [2]

On dit des chevaux dont le pH est inférieur à 6 qu’ils sont acidosiques (trop acides). Cet état peut donner lieu à la prolifération de micro-organismes indésirables et diminuer les populations de micro-organismes souhaitables. [2]

Le microbiome

Les déséquilibres du microbiome intestinal haussent le risque de diarrhée osmotique et d’endotoxémie, une affection grave caractérisée par la présence d’endotoxines bactériennes dans la circulation sanguine. [2]

Une alimentation inadaptée ou déséquilibrée peut contribuer à altérer le microbiome intestinal équin, ce qui peut perturber le mécanisme de fermentation normal de l’intestin postérieur.

Le manque de fibres ainsi que l’excès d’amidon et de sucre sont tous des facteurs qui contribuent au dysfonctionnement de la fermentation dans l’intestin postérieur équin. [5]

Le cæcum

La première partie de l’intestin postérieur est le cæcum, un grand organe en forme de virgule qui peut contenir environ 30 litres (7,9 gallons) de nourriture et d’eau. Il mesure un mètre (3,3 pieds) ou plus. [7]

Le cæcum agit comme une cuve de fermentation où les micro-organismes traitent les glucides et libèrent des sous-produits que le cheval peut ensuite absorber. [1]

Les micro-organismes peuvent aussi décomposer les protéines qui ont traversé l’intestin grêle et exploiter les acides aminés à leurs propres fins.

La gravité tire le bol alimentaire de l’intestin grêle jusqu’au cæcum. Les contractions qui ont lieu dans le cæcum brassent les aliments et le fluide du tractus digestif pour bien les mélanger avec les micro-organismes afin de promouvoir la fermentation. [1]

Une fois que l’ingesta est bien mélangé aux micro-organismes et que la digestion et la fermentation sont entamées, les contractions péristaltiques le poussent vers l’orifice cæcocolique qui joint le cæcum au côlon[1]

Étant donné que cette ouverture est relativement petite, les aliments qui ne sont pas suffisamment désagrégés risquent d’y rester coincés. [1] C’est ce qu’on appelle une obstruction intestinale. Elle peut se produire à plusieurs endroits dans le tractus gastro-intestinal du cheval. [6]

Le côlon

Le côlon équin, qu’on appelle aussi le gros intestin, est un long conduit de muscles qui peut contenir 80 litres (21 gallons) et plus de nourriture et d’eau. [7]

Une fois que les aliments et l’eau atteignent le côlon, la digestion se poursuit. Ceux-ci sont encore une fois mélangés à des micro-organismes. De fortes contractions musculaires brassent la matière ingérée pour bien la mélanger aux micro-organismes. [1]

Le côlon absorbe les acides gras volatils libérés par les micro-organismes dans l’organisme du cheval qui les exploite immédiatement comme source d’énergie ou qui les emmagasine en vue d’une utilisation future. [2]

Le cheval absorbe aussi l’eau et les électrolytes dans le côlon. L’organisme équin sécrète en outre une partie de ces substances dans la lumière intestinale à partir du sang. Ce mécanisme permet d’améliorer la motilité intestinale et aide à prévenir les obstructions. [7]

De plus, l’azote non protéique tel que l’urée pénètre dans la lumière du gros intestin à partir du sang en vue de l’excrétion dans les matières fécales. [7]

Le cheminement dans le côlon

Le côlon comporte deux formes en fer à cheval superposées. Les « éponges » des fers à cheval à gauche et à droite du corps pointent vers l’arrière du cheval, tandis que les courbes qui correspondent aux « pinces » sont orientées vers la tête. [7]

Le fer à cheval du bas se nomme le côlon ventral, et le fer du haut s’appelle le côlon dorsal[1][3]

Le côté droit du fer à cheval ventral est relié au cæcum par l’orifice cæcocolique. Il est orienté vers l’arrière du cheval. [7]

Horse's Cecum and Colon - Digestive Anatomy

Le côlon ventral droit et gauche

Après l’orifice cæcocolique, le côlon ventral droit se tourne vers la tête du côté droit du corps avant de s’incurver doucement pour former un angle appelé flexion sternale. De là, le côlon ventral gauche s’incurve vers l’arrière-main. [7]

Après le côlon ventral gauche, le côlon effectue un virage en épingle à cheveux pour former la flexion pelvienne.

Lorsqu’il atteint la flexion pelvienne, le diamètre du côlon diminue radicalement et passe de 25 centimètres (10 pouces) à 8 centimètres (3 pouces)[7] Le rétrécissement du diamètre ainsi que la courbe très serrée à cet endroit du tractus font en sorte qu’il est fréquemment le site d’obstructions. [6]

Le côlon dorsal gauche et droit

Une fois passée la flexion pelvienne, le côlon revient vers la tête tout en étant superposé sur la forme en fer à cheval précédente. La première partie du côlon qui suit la flexion pelvienne se nomme le côlon dorsal gauche[7]

La courbe qui correspond à la pince de ce fer à cheval supérieur s’appelle la flexion diaphragmatique[7]

Après la flexion diaphragmatique se trouve le côlon dorsal droit, soit la partie du côlon qui revient vers l’arrière. [7] Encore une fois, le diamètre du tube se rétrécit à mesure qu’il s’approche du côlon transverse. Il s’agit donc d’un autre site potentiel d’obstruction intestinale. [1]

Les dernières étapes de la digestion

Une fois qu’il a traversé le côlon dorsal droit, le digesta se dirige vers la structure suivante : le côlon transverse[1] La principale fonction du côlon transverse est de transporter le digesta vers le côlon descendant. [7]

Le côlon descendant du cheval est un tube musculaire flottant en boucle qui transforme le bol alimentaire, alors dépouillé de tous les nutriments assimilables, en boulettes de fumier. [7]

Cet organe est segmenté de manière à ralentir le passage de la nourriture pour extraire un maximum d’humidité des matières fécales avant leur élimination. [1]

L’organisme du cheval travaille très efficacement pour retenir une grande partie de l’eau qu’il boit. [1] Lorsque les boulettes de matières fécales sont formées et que le côlon en a extrait l’eau, il pousse la matière digérée vers le rectum. [7]

Le rectum

Le rectum est un conduit musculaire relativement court et droit. [1] Il s’élargit à son extrémité pour former une structure appelée l’ampoule rectale ou le canal anal[7]

Les boulettes de matière fécale traversent la première partie du rectum et s’accumulent dans le canal anal. Une fois que ce dernier contient suffisamment de crottins, la pression sur les parois du rectum signale au cerveau du cheval de détendre le sphincter anal.

C’est à ce moment que l’anus libère les boulettes de fèces et que la digestion aboutit. [7]

Comment promouvoir la santé du système digestif équin

Le système digestif équin est parfaitement adapté au traitement d’un régime riche en matières végétales fibreuses. Dans la nature, les chevaux broutent du fourrage grossier jusqu’à 16 heures par jour.

Lorsqu’on les nourrit d’une manière qui s’éloigne de ce comportement naturel de pâturage, on compromet la santé de leur système digestif. Cela peut mener à des pathologies telles que des coliques d’obstruction, les ulcères gastriques ou les déséquilibres du microbiome de l’intestin postérieur.

Pour se prémunir contre de tels problèmes, les propriétaires doivent privilégier les pratiques de gestion qui sont en accord avec le comportement naturel de recherche de nourriture et la physiologie digestive des équidés. [8]

Les stratégies d’alimentation qui tiennent compte de la taille et de la structure du tractus gastro-intestinal équin, de l’équilibre idéal du pH, de la population microbienne et de l’importance d’une hydratation adéquate peuvent optimiser la santé et le bien-être à long terme du cheval.

Les stratégies de gestion efficaces qui soutiennent le système digestif équin incluent les suivantes : [4][5][8][12]

  1. privilégier une alimentation axée principalement sur le fourrage qui contient suffisamment de fourrage à longues tiges;
  2. distribuer fréquemment de petits repas et éviter les longues périodes de privation de nourriture;
  3. restreindre la consommation de céréales pour éviter de perturber l’intestin postérieur;
  4. assurer un approvisionnement en eau suffisant et donner du sel pour encourager l’hydratation;
  5. permettre au cheval suffisamment de sorties en liberté à l’extérieur pour favoriser la motilité intestinale;
  6. introduire les changements alimentaires graduellement pour donner le temps au microbiome de s’adapter;
  7. prodiguer régulièrement des soins dentaires pour optimiser la mastication;
  8. effectuer régulièrement des coproscopies (des analyses fécales) pour connaître le nombre d’œufs dans les crottins et vérifier la présence de parasites;
  9. ajouter des suppléments pour la santé digestive à la ration afin d’entretenir la santé des intestins du cheval.

1) Privilégier une alimentation axée principalement sur le fourrage

Les fourrages réfèrent généralement aux parties comestibles des plantes autres que les grains séparés. Ils comprennent les graminées et les légumineuses qui font couramment partie de l’alimentation des équidés. [9]

Les chevaux doivent manger quotidiennement une quantité de matière sèche qui équivaut à environ 2 à 2,5 % de leur poids vif[10] Pour favoriser la santé du système digestif, la majeure partie de cette matière sèche doit provenir du fourrage. [8]

Selon ce calcul, un cheval moyen de 500 kilogrammes (1 100 livres) doit manger environ 10 kilogrammes (22 livres) de foin par jour. [8]

Le fourrage aide en premier lieu à maintenir la santé du système digestif en procurant des fibres aux microbes de l’intestin postérieur. Le fourrage doit être disponible en tout temps pour imiter le comportement alimentaire naturel du cheval, qui consiste à manger de petits repas tout au long de la journée.

Les chevaux domestiques, en particulier les athlètes, reçoivent souvent des céréales riches en glucides non structuraux pour répondre à leurs besoins caloriques élevés. [8] Néanmoins, un régime riche en fourrage peut diminuer le risque de troubles digestifs comme les coliques et les ulcères gastriques, même lorsque l’on juge nécessaire de distribuer des céréales. [8]

Les fourrages à longues tiges

Les fourrages à longues tiges sont des graminées et des légumineuses qui n’ont pas subi la transformation en granulés ou en cubes. Ils conservent leur forme naturelle et mesurent au moins 6 centimètres (2 pouces) de long. [4]

Les fourrages à longues tiges contiennent le type de glucides structuraux qui conviennent le mieux au mécanisme de fermentation du système digestif équin. Ils garantissent que le cheval peut synthétiser efficacement les acides gras volatils, sa principale source d’énergie. [8] Les fourrages à longues tiges contiennent d’autre part des fibres qui permettent à l’intestin de fonctionner correctement et qui aident à prévenir les coliques et d’autres troubles. [4]

Les chevaux sont friands de fourrage à longues tiges. Une ration qui contient de grandes quantités d’aliments en granulés peut modifier leur comportement. Ils passent alors beaucoup moins de temps à manger et plus de temps à demeurer inactifs ou à chercher d’autres matières fibreuses à mastiquer. [19]

Cela dit, les aliments ou les fourrages en granulés peuvent être nécessaires dans certains cas. Par exemple, les chevaux âgés, en particulier ceux dont la dentition est en mauvais état, peuvent avoir besoin d’un foin plus souple et plus facile à mastiquer. Il importe toutefois de veiller à ce qu’ils reçoivent en tout temps suffisamment de fibres pour optimiser leur état de santé. [10]

2) Distribuer fréquemment de petits repas

Dans la nature, les chevaux broutent continuellement, ce qui introduit un flux constant de salive et de nourriture dans leur système digestif. [8] Cette forme d’alimentation aide à prévenir les ulcères gastriques et convient mieux à leurs petits estomacs. Ils courent ainsi moins de risque de souffrir de coliques que lorsqu’ils ingèrent de grosses rations à base de céréales.

Malheureusement, les chevaux domestiques qui travaillent ne reçoivent souvent que deux gros repas par jour. Bien qu’inévitable dans certaines exploitations, cette pratique peut avoir un impact négatif sur la santé de leur système digestif. [8]

Les ulcères

Les chevaux qui ne mangent que deux repas par jour courent un risque accru d’ulcération gastrique. L’alimentation intermittente laisse l’estomac vide et l’expose à la sécrétion continue d’acide gastrique. [8]

La distribution fréquente de petits repas de fourrage crée un effet tampon pour que le pH moyen de l’estomac reste supérieur à 4. Cette pratique réduit le risque de formation d’ulcères dus à un excès d’acidité gastrique. [8]

Prolonger la durée de l’accès au foin rationné

Le meilleur moyen d’imiter le comportement alimentaire naturel du cheval est de lui donner accès au fourrage à volonté. Cela dit, tous les chevaux ne peuvent pas manger une quantité illimitée de fourrage.

Les animaux en surpoids qui reçoivent du fourrage riche en calories, comme le foin de graminées précoces, peuvent avoir besoin que l’on rationne leur consommation de fourrage pour favoriser une perte de poids saine.

Pour leur éviter de passer de longues périodes sans accès au fourrage, on peut servir le foin dans un filet à petits trous qui ralentit leur consommation. [11]

3) Restreindre la consommation de céréales

Les chevaux nourris avec un régime à haute teneur en céréales qui ne contient pas assez de fourrage à longues tiges risquent d’ingérer une trop grande quantité de glucides hydrolysables. [5] Cette pratique peut abaisser le pH de l’intestin postérieur, provoquer un déséquilibre des micro-organismes et accroître le risque d’acidose, de colique et d’ulcération gastrique.

En outre, l’alimentation riche en céréales est un facteur qui contribue à l’apparition de problèmes de comportement. Elle peut hausser le risque de laminite, en particulier chez les chevaux résistants à l’insuline. [8][9]

Si le fourrage ne suffit pas à combler les besoins énergétiques du cheval, les sources de calories à base de matières grasses et de fibres peuvent remplacer avantageusement les céréales. [8] Les pellicules de soja et la pulpe de betterave sont pauvres en amidon et en sucre. En revanche, elles sont riches en fibres facilement fermentescibles qui fournissent des calories grâce à la fermentation dans l’intestin postérieur.

Pour les chevaux qui ont des besoins caloriques élevés, notamment ceux qui font beaucoup d’exercice ou les juments qui allaitent, on peut ajouter de l’huile à la ration. Cette dernière est une solution à haute teneur en calories pour remplacer les céréales.

La fermentation rapide de l’amidon dans l’intestin postérieur

Les chevaux qui reçoivent de grandes quantités de céréales en un seul repas souffrent souvent d’un dysfonctionnement de l’intestin postérieur parce que l’estomac et l’intestin grêle sont incapables de digérer tout l’amidon contenu dans leur alimentation. L’excès d’amidon atteint l’intestin postérieur où les microbes le décomposent rapidement. [8]

Cette fermentation rapide de l’amidon modifie le pH de l’intestin postérieur, et par conséquent, l’équilibre des micro-organismes. Pour cette raison, le cheval ne doit pas recevoir plus d’un à deux grammes d’amidon par kilogramme de poids vif par repas. [8]

Pour un cheval de 500 kilogrammes (1 100 livres), cela représente de 1 à 2 kilogrammes (de 2 à 4 livres) d’amidon par jour. L’avoine contient environ 40 % d’amidon. Le seuil se situe donc entre 2,5 et 5 kilogrammes (entre 5,5 et 11 livres) d’avoine par jour.

4) Assurer une hydratation suffisante

L’eau est l’un des volets les plus importants de l’alimentation équine, mais il n’est pas rare qu’on néglige cet aspect. [3][4] L’accès à de l’eau propre et fraîche est essentiel pour stimuler la digestion et réguler la température corporelle. [4]

Les chevaux qui ne boivent pas suffisamment risquent de souffrir de déshydratation, de coliques d’obstruction et d’ulcères gastriques. [4][20]

De plus, l’ajout de sel dans la ration est important pour encourager la consommation d’eau et veiller à répondre aux besoins en sodium du cheval. Nous recommandons de donner aux chevaux d’une à deux onces de sel par jour et de leur fournir du sel en cristaux à volonté.

5) Permettre au cheval suffisamment de sorties en liberté à l’extérieur

Les sorties en liberté à l’extérieur, que ce soit dans un enclos dénué d’herbe ou au pâturage, aident à reproduire les comportements naturels et favorisent la santé du système digestif équin. Les sorties en liberté peuvent également permettre au cheval d’avoir des contacts sociaux et diminuer son stress. [21]

Certaines études, mais pas toutes, montrent une réduction de la prévalence des ulcères gastriques chez les chevaux qui ont accès au pâturage. [22][23][24] Cette variabilité peut être due aux différences de teneur en fibres et en glucides hydrolysables des pâturages étudiés.

Une enquête a révélé que les chevaux qui passent une partie de leur temps au pâturage présentent un risque moindre de formation d’ulcères. Ce risque diminuait encore plus lorsqu’ils sortaient en compagnie d’autres chevaux. [25]

On a en outre démontré que l’accès au pâturage modifie le microbiome intestinal des chevaux, ce qui peut avoir un impact sur leur métabolisme. [26][27][28]

Les chevaux atteints du syndrome métabolique ont autant besoin de sortir en liberté, mais la consommation d’herbe peut hausser leur risque de contracter la laminite. Dans ce cas, les sorties en liberté dans un enclos dénué d’herbe où l’on met du foin qui leur convient peuvent être bénéfiques sans risquer d’impact négatif sur leur métabolisme. Consultez toujours un vétérinaire et un nutritionniste équin pour discuter du meilleur moyen de gérer les sorties en liberté des chevaux atteints du syndrome métabolique qui ont des antécédents de laminite.

6) Introduire les changements alimentaires graduellement

Lorsqu’on modifie le régime alimentaire du cheval trop rapidement, en particulier lors de l’introduction de céréales ou de concentrés, on risque de perturber le microbiome de l’intestin postérieur. Cela peut causer des troubles digestifs et accroître le risque de colique. [8]

Nous recommandons de modifier progressivement le régime alimentaire sur une période de deux à trois semaines, en mélangeant des quantités croissantes de nouveaux aliments avec les ceux auxquels le cheval est habitué.

De même, on doit introduire les chevaux aux pâturages printaniers progressivement, en commençant par une heure par jour et en augmentant graduellement de 15 minutes pour faire la transition entre un régime à base de foin à celui composé d’herbe fraîche.

7) Prodiguer régulièrement des soins dentaires

Une bonne digestion commence par des dents saines. Ces dernières sont essentielles pour broyer suffisamment les aliments. La mastication réduit la grosseur et augmente la surface de la matière végétale pour permettre aux enzymes de décomposer efficacement les nutriments. [5]

Les chevaux dont la dentition est en mauvais état sont plus susceptibles de souffrir de coliques d’obstruction et d’autres troubles intestinaux. [10]

Les soins dentaires réguliers sont essentiels, et pour la plupart des chevaux, on recommande un râpage de dents annuel. Les chevaux âgés ou ceux qui souffrent de problèmes dentaires spécifiques peuvent avoir besoin d’examens plus fréquents. [29]

8) Effectuer régulièrement des coproscopies pour détecter les parasites internes

Les parasites peuvent aussi avoir un impact sur le système digestif équin. Ils peuvent mener à la malabsorption des nutriments, aux crises de colique, aux obstructions intestinales et, dans les cas graves, à la mort. [12]

Bien qu’il soit impossible de faire en sorte qu’un cheval soit entièrement exempt de parasites, les coproscopies périodiques et les protocoles de contrôle des parasites appropriés sont importants pour maintenir la santé de son système digestif. [12]

9) Les suppléments alimentaires pour promouvoir la santé du système digestif

Une fois que toutes les autres stratégies de gestion et d’alimentation pour soutenir la santé du système digestif sont en place, on peut envisager l’ajout d’un supplément pour la santé digestive au régime alimentaire. Selon les besoins uniques du cheval, on peut choisir des suppléments qui ciblent l’intestin antérieur, l’intestin postérieur ou les deux.

Les antiacides qui neutralisent l’acide gastrique sont populaires pour atténuer le risque d’ulcération. Cependant, le maintien artificiel d’un pH élevé dans l’estomac peut entraver le mécanisme digestif et réduire l’appétit du cheval. [30]

Il est préférable de soutenir la santé intestinale du cheval en lui fournissant des nutriments qui stimulent les mécanismes de défense naturels de l’estomac contre les ulcères. Ceux-ci comprennent la glutamine, un acide aminé qui est une source d’énergie clé pour les cellules du tube digestif, et les nucléotides immunitaires, qui aident les cellules intestinales à se renouveler rapidement. [31][32][33][34]

Pour favoriser la santé de l’intestin postérieur, on peut avoir recours aux probiotiques, soit des microbes bénéfiques que l’on ajoute directement à l’alimentation. Ils soutiennent la fermentation des fibres de manière continue. On peut aussi ajouter des prébiotiques, des nutriments qui stimulent la croissance de microbes bénéfiques dans l’intestin postérieur.

Visceral+ de Mad Barn est un supplément pour la santé du système digestif équin conçu pour soutenir l’estomac, l’intestin postérieur et le système immunitaire. Il suffit d’ajouter 80 grammes de ce supplément en granulés à la ration. Il ne contient aucun agent de remplissage à base de céréales.

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Questions fréquemment posées

Voici quelques questions fréquemment posées sur la santé digestive des chevaux et les pratiques d’alimentation :

Résumé

Le cheval fermente la nourriture dans l’intestin postérieur. Son système digestif est adapté à une alimentation à base de fourrage. En reproduisant ses habitudes alimentaires propres et la composition de son alimentation naturelle, on peut réduire le risque d’apparition de maladie gastro-intestinale tout en optimisant la digestion et la santé globale de l’intestin.

  • L’intestin antérieur comprend la bouche, l’œsophage, l’estomac et l’intestin grêle. L’estomac et l’intestin grêle sont responsables de la digestion des protéines, des matières grasses et des glucides non structuraux contenus dans l’alimentation du cheval.
  • L’intestin postérieur est la centrale digestive où les microbes fermentent les glucides structuraux. L’intestin postérieur comprend le cæcum, le côlon et le rectum.
  • Les micro-organismes et les enzymes digestives sont responsables de la décomposition des aliments pour l’absorption.
  • Une alimentation axée principalement sur le fourrage à longues tiges avec beaucoup d’eau, de bons soins de santé dentaire et un programme vigilant de lutte contre les parasites sont des stratégies efficaces pour garder le système digestif du cheval en bonne santé.
  • Le foin et le pâturage seuls ne comblent pas tous les besoins nutritionnels du cheval. On doit ajouter un supplément concentré de vitamines et de minéraux pour équilibrer complètement l’alimentation équine.
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Références

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