Chaque année, les chercheurs en santé équine du monde entier publient des études qui approfondissent notre compréhension de la santé, de la nutrition, du comportement, de la gestion et de la performance des chevaux. Ces recherches ne se limitent pas à faire progresser les connaissances scientifiques; elles offrent également des conseils pratiques aux vétérinaires, entraîneurs, cavaliers et gestionnaires d’écurie afin de les aider à améliorer les soins quotidiens apportés aux chevaux.

Dans le cadre de son bilan annuel des recherches portant sur les chevaux, Mad Barn a sélectionné les études les plus intéressantes et influentes évaluées par les pairs et publiées en 2024. Mettant en lumière des avancées en nutrition, physiologie de l’exercice, médecine vétérinaire et bien-être équin, ce résumé révèle les orientations de la recherche actuelle et l’application directe qui peut en découler dans la gestion quotidienne des chevaux.

Que vous recherchiez des stratégies fondées sur des données probantes pour optimiser la santé de votre cheval, pour améliorer ses performances en compétition ou pour intégrer les pratiques de gestion les plus récentes, le bilan de recherche annuel de Mad Barn suit l’évolution des tendances émergentes et appuie la prise de décision éclairée par des données probantes dans l’ensemble de l’industrie équine.

Recherche en nutrition

En 2024, les recherches en nutrition équine ont mis en évidence l’influence de la composition du régime alimentaire et des méthodes d’alimentation sur la santé digestive et le comportement. Alors que notre compréhension du système digestif du cheval s’approfondit, les effets des stratégies alimentaires spécifiques sur l’utilisation des nutriments, la diversité microbienne, les fonctions métaboliques et le bien-être qui en découle suscitent un intérêt croissant.

De nouvelles données permettent de mieux adapter les pratiques alimentaires aux besoins physiologiques et aux comportements naturels du cheval, ce qui a des retombées tant sur la santé que sur les performances.

Prédiction de la consommation volontaire de fourrage chez le cheval grâce à une approche par méta-analyse [1]

What the hay: predicting equine voluntary forage intake using a meta-analysis approach

Comprendre et prédire la quantité de fourrage qu’un cheval consomme volontairement permet d’orienter les recommandations et les interventions alimentaires de manière à soutenir sa santé et son bien-être.

À l’heure actuelle, nous utilisons des estimations très générales pour prédire la consommation volontaire quotidienne de fourrage. Ces estimations sont basées sur le statut physiologique et le poids de l’animal, mais ne tiennent pas compte de plusieurs facteurs alimentaires pouvant influencer la consommation volontaire. Mad Barn est fier de collaborer avec des chercheurs de l’Université de Guelph afin d’améliorer la prédiction de la consommation de fourrage chez le cheval.

Objectif et méthodologie

Cette étude visait à analyser les connaissances actuelles sur la quantité de fourrage que les chevaux choisissent de consommer (appelée consommation volontaire de matière sèche de fourrage, ou VFDMI en anglais) et à résumer les facteurs qui influencent cette consommation. Les chercheurs ont aussi examiné pourquoi les résultats varient d’une étude à l’autre, et ont élaboré des équations permettant de prédire la VFDMI pour chaque cheval.

Pour chaque étude, les chercheurs ont recueilli des données telles que la quantité de fourrage consommée, la composition de la ration, ainsi que des informations biologiques comme le sexe, l’âge, la race, le poids et le niveau d’activité des chevaux. L’ingestion de fourrage a été évaluée de deux façons : la quantité totale ingérée chaque jour (en kilogrammes) et la quantité ingérée en fonction du poids corporel du cheval (en grammes par kilogramme de poids).

Résultats

Les modèles les plus efficaces pour prédire la consommation de fourrage tiennent compte de plusieurs facteurs, notamment :

  • La qualité et le type de fourrage (graminée, légumineuse ou mélange)
  • La catégorie de l’animal (cheval ou poney)
  • Le mode de vie et les conditions de gestion (p. ex., l’accès au pâturage)

Comme prévu, les chevaux mangent généralement davantage lorsqu’ils reçoivent un fourrage de meilleure qualité. De plus, les chevaux de plus grande taille mangent davantage au total, mais les poneys ingèrent proportionnellement plus de fourrage par rapport à leur poids corporel. Enfin, les chevaux qui broutent au pâturage ont tendance à manger moins que ceux gardés au box, possiblement parce que le broutage prend plus de temps.

Conclusions et pertinence

Les chercheurs ont élaboré des équations précises permettant de prédire la quantité de fourrage consommée par un cheval, ce qui pourrait s’avérer utile pour les propriétaires, gestionnaires et nutritionnistes équins. L’étude confirme également que la taille du cheval et la qualité du fourrage influencent fortement la quantité consommée. Ces facteurs doivent donc être pris en considération lors de l’élaboration du plan alimentaire. Ces équations s’inscrivent dans l’objectif plus vaste de Mad Barn de créer un modèle mathématique complet de la consommation, de la digestion et du métabolisme alimentaires chez le cheval.

Impact initial de différentes méthodes d’alimentation sur le temps d’ingestion chez des chevaux islandais gardés aux box [2]

Initial Impact of Different Feeding Methods on Feed Intake Time in Stabled Icelandic Horses

Les filets à foin sont des dispositifs d’alimentation conçus pour contenir le foin, en permettant au cheval de manger plus lentement en tirant sur de petites quantités de fourrage à travers le maillage. Des études démontrent que leur utilisation prolonge le temps d’ingestion. [3] Ce ralentissement du rythme d’alimentation peut être bénéfique pour les chevaux qui prennent facilement du poids, qui ont besoin d’une gestion rigoureuse de leur alimentation afin d’éviter une prise de poids indésirable. Chez les chevaux atteints de problèmes métaboliques, un rythme d’ingestion plus lent peut également contribuer à réduire les niveaux d’insuline et à favoriser la perte de poids. [4]

Les chevaux islandais, reconnus pour leur petite taille et leur métabolisme lent, sont particulièrement sujets à l’obésité. Pour eux, des interventions telles que l’utilisation de filets à foin, qui aident à réduire l’apport calorique global tout en assurant un accès constant au fourrage, constituent des stratégies précieuses pour soutenir une santé et une gestion du poids optimales.

Objectif et méthodologie

L’objectif de l’étude était de déterminer comment différentes méthodes d’alimentation influencent la vitesse à laquelle les chevaux consomment leur fourrage.

Les chercheurs ont comparé les vitesses de consommation en fonction de quatre méthodes d’alimentation différentes :

  1. Filet à foin
  2. Boule de foin
  3. Auge en métal
  4. Plancher du box

Les chevaux ont reçu de l’ensilage préfané de foin, divisé en deux repas distincts au cours d’une même journée. Le temps nécessaire pour consommer l’ensilage a été mesuré à l’aide d’une caméra vidéo.

Résultats

Les chevaux ont mis plus de temps à consommer leurs repas d’ensilage à partir d’un filet à foin (94 minutes) ou d’une boule à foin (96 minutes) qu’à partir d’une auge (81 minutes) ou du plancher du box (85 minutes).

Feeding Time Study for Icelandic Horses

Conclusions et pertinence

Cette recherche démontre que l’utilisation d’un filet à foin ou d’une boule à foin peut prolonger efficacement le temps passé par les chevaux à rechercher de la nourriture, même chez les chevaux qui prennent facilement du poids. Des périodes de recherche de nourriture plus longues favorisent la gestion du poids corporel et encouragent également les chevaux à adopter des comportements de pâturage plus naturels, ce qui est bénéfique pour le bien-être équin général.

Des interventions simples comme celles-ci offrent des moyens concrets et accessibles d’optimiser les stratégies d’alimentation pour les races qui prennent du poids facilement, comme les chevaux islandais, dans divers environnements et contextes de gestion.

Changements de la qualité nutritionnelle et hygiénique causées par l’entreposage des céréales courantes, indigènes ou transformées, destinées à l’alimentation équine [5]

Changes in nutritional and hygienic quality due to storage of common native and processed grain cereals intended for horse feeding

La qualité hygiénique des aliments pour chevaux fait référence à leur propreté et à l’absence de contaminants tels que des moisissures, des bactéries, des champignons et de la poussière. Les préoccupations liées à la qualité hygiénique des aliments sont fréquentes chez les propriétaires de chevaux, en raison des risques d’effets indésirables comme les allergies, les coliques, l’infertilité et d’autres problèmes de santé. [6]

Bien que les fabricants réputés prennent des précautions pour garantir la salubrité des aliments qu’ils produisent, des conditions d’entreposage inadéquates tout au long de la chaîne d’approvisionnement peuvent entraîner une faible contamination des aliments équins.

Objectif et méthodologie

Cette étude visait à évaluer comment les conditions d’entreposage affectent la valeur nutritionnelle et la qualité hygiénique de différentes céréales (avoine, maïs et orge) transformées en grains entiers ou en flocons.

Les chercheurs ont obtenu deux sacs de chaque type d’aliment auprès du fabricant. Un sac a été ouvert et échantillonné immédiatement pour analyse. Ce même sac a ensuite été entreposé et laissé ouvert dans une salle d’entreposage des aliments typique pendant 42 jours avant d’être analysé à nouveau. Le second sac, resté scellé, a été entreposé dans la même salle jusqu’à son ouverture au 42e jour pour échantillonnage.

Résultats

Dans l’ensemble, les échantillons d’avoine contenaient de 3 à 5 fois plus d’impuretés que le maïs ou l’orge. Les impuretés ont été décrites comme :

  • D’autres types de grains
  • Du sable
  • De la terre
  • Du crottin

Les échantillons de maïs présentaient le plus grand nombre de grains affectés, avec davantage de grains abîmés dans le maïs en flocons que dans le maïs entier. Des fumonisines, un groupe de mycotoxines, ont été détectées uniquement dans le maïs, mais à des concentrations inférieures au seuil de toxicité pour les chevaux.

L’orge contenait le plus grand nombre de composantes parasitaires, incluant des larves de mites, des acariens de la farine et des psoques (poux du livre). De plus, des pesticides ont été détectés dans l’orge, mais pas dans les autres échantillons de céréales.

Toutes ces observations ont été faites dans les sacs témoins scellés et ne se sont pas aggravées après 42 jours d’entreposage.

Conclusions et pertinence

Les trois types de céréales analysés présentaient certains signes d’impuretés ou de contaminants, tels que des corps étrangers, des résidus de mycotoxines et des traces de pesticides. Toutefois, tous les contaminants détectés étaient dans des limites considérées comme sécuritaires pour la santé équine, ce qui indique que ces céréales étaient propres à la consommation au moment de l’achat.

Il est important de noter qu’aucune augmentation de la contamination n’a été observée après 42 jours d’entreposage, que les sacs aient été ouverts ou scellés. Cela suggère que, dans des conditions d’entreposage typiques, les céréales demeurent sécuritaires pour la consommation pendant une période d’entreposage standard.

Cependant, il est possible que ces résultats ne soient pas applicables à des conditions d’entreposage inadéquates, par exemple, dans un environnement chaud ou humide. Cette recherche souligne l’importance de maintenir des conditions d’entreposage appropriées pour éviter la prolifération ou la propagation de contaminants présents dès l’achat.

Caractérisation du microbiote dans l’ensemble du tube digestif de chevaux nourris avec une alimentation riche en fibres comparativement à une alimentation riche en amidon [7]

Microbiota characterization throughout the digestive tract of horses fed a high-fiber vs. a high-starch diet

Les recherches sur les populations microbiennes dans l’intestin postérieur du cheval indiquent que les régimes riches en fibres sont bénéfiques par rapport à ceux riches en amidon. Une alimentation riche en fibres favorise des populations microbiennes stables, ce qui contribue à maintenir la santé digestive, alors qu’une alimentation riche en amidon peut perturber ces populations et potentiellement entraîner des troubles digestifs. [8][9][10]

Bien que des recherches approfondies se soient penchées sur l’impact de l’alimentation sur le microbiome de l’intestin postérieur, on en sait moins sur les effets des régimes riches en amidon sur le microbiote dans les autres parties du tube digestif du cheval.

L’étude de l’influence des aliments riches en amidon sur les populations microbiennes dans différentes régions digestives pourrait améliorer notre compréhension des liens entre l’alimentation et des problèmes de santé courants comme l’acidose de l’intestin postérieur, la dysbiose intestinale et les coliques.

Objectif et méthodologie

L’objectif de cette étude était de déterminer si le microbiote intestinal dans différents compartiments du tube digestif variait en fonction d’une l’alimentation riche en amidon ou en fibres.

Dix-neuf chevaux en bonne santé ont été répartis en deux groupes et ont reçu soit une alimentation riche en amidon, soit une alimentation riche en fibres pendant 129 jours. Ces régimes alimentaires ont été progressivement introduits et durant les 72 derniers jours, le groupe recevant l’alimentation riche en amidon consommait 5,7 grammes d’amidon par kg de poids corporel par repas, tandis que le groupe recevant une alimentation riche en fibres en consommait 0,97 gramme par kg de poids corporel par repas.

À la fin de l’étude, des échantillons ont été prélevés dans les compartiments suivants du tube digestif :

Intestin grêle :

  • Duodénum
  • Jéjunum
  • Iléon

Intestin postérieur :

  • Cæcum
  • Flexion sternale
  • Flexion pelvienne
  • Côlon dorsal droit
  • Rectum

L’ADN des échantillons a été séquencé afin de déterminer les différences dans la composition du microbiote, la diversité microbienne et la fréquence des différents types microbiens.

Résultats

Le régime riche en amidon a entraîné une augmentation des espèces microbiennes pathogènes ou potentiellement nuisibles, telles que :

  • Enterobacteriaceae dans l’intestin grêle
  • Streptococcus dans le cæcum
  • Fusobacterium dans la flexion sternale
  • Succinivibrionaceae dans la flexion pelvienne et le rectum

Le régime riche en amidon a également entraîné une réduction de la communauté microbienne de base (c’est-à-dire la population microbienne commune à tous les chevaux) ainsi qu’une diminution de la diversité au sein de la population microbienne.

Conclusions et pertinence

Dans l’ensemble, cette étude montre que les régimes riches en amidon ont un impact sur la communauté microbienne de l’intestin postérieur, mais aussi sur d’autres compartiments du tube digestif. Les changements observés dans les populations microbiennes laissent entendre qu’une alimentation riche en amidon peut entraîner des modifications microbiennes connues pour précéder des troubles comme la dysbiose, les maladies inflammatoires et l’acidose.

Les auteurs concluent qu’une alimentation à base de fibres devrait être favorisée afin de prévenir la dysbiose de la communauté microbienne dans l’ensemble du tube digestif.

Pour les propriétaires de chevaux, cela signifie qu’il faut prioriser les aliments riches en fibres tels que le fourrage de qualité ou la pulpe de betterave, plutôt que de compter en grande partie sur les céréales, afin de maintenir l’équilibre et la santé du système digestif du cheval.

Recherche sur l’exercice

L’exercice est un élément essentiel de la santé équine, influençant tout, de la fonction métabolique à la force musculosquelettique. En 2024, de nouvelles études ont mis en lumière les mécanismes physiologiques qui sous-tendent la performance, l’adaptation et la récupération chez les chevaux de sport.

Des essais de recherche explorent l’impact de l’exercice sur le développement musculaire, la production d’énergie et l’inflammation systémique, offrant ainsi des données concrètes pouvant guider les stratégies d’entraînement, de préparation physique et de nutrition chez les chevaux de sport.

Réponses hématologiques dynamiques chez les chevaux d’endurance : déchiffrer les marqueurs physiologiques sanguins du stress lié à l’exercice et de la récupération [11]

Dynamic Hematological Responses in Endurance Horses: Unraveling Blood Physiological Markers of Exercise Stress and Recovery

À l’heure actuelle, il est difficile de déterminer si les changements dans les paramètres sanguins après l’exercice représentent une réponse normale à l’entraînement physique ou traduisent une réaction problématique.

C’est pourquoi les chercheurs s’intéressent au développement de nouvelles méthodes qui combinent plusieurs mesures issues des analyses sanguines, afin d’évaluer plus précisément dans quelle mesure les chevaux de performance récupèrent après l’exercice. Une telle approche pourrait offrir aux entraîneurs un outil rapide et économique pour affiner leurs programmes d’entraînement et optimiser les performances sportives des chevaux.

Objectif et méthodologie

L’objectif de cette étude était d’identifier des biomarqueurs plus fiables du stress et de l’inflammation, afin d’aider les entraîneurs à mieux évaluer la récupération des chevaux après l’exercice. Pour y parvenir, les chercheurs ont combiné des marqueurs cellulaires de l’inflammation avec des mesures des globules rouges et des plaquettes, fournissant ainsi une évaluation plus complète qu’avec l’analyse des biomarqueurs seulement.

Vingt-six chevaux arabes participant à des épreuves d’endurance ont été étudiés afin d’analyser les marqueurs sanguins avant et après des courses de distances variables :

  • 80 km (50 mi)
  • 120 km (75 mi)
  • 160 km (100 mi)

Les chevaux ont été évalués aux moments suivants :

  • Au repos
  • Immédiatement après la course
  • 3 heures après la course
  • 3 jours après la course
  • 7 jours après la course
  • 14 jours après la course

Les analyses sanguines de cette étude ont examiné les indicateurs suivants :

  • Rapport neutrophiles/lymphocytes (RNL) : indique les niveaux de stress ou d’inflammation
  • Rapport plaquettes/lymphocytes (RPL) : autre mesure liée à l’inflammation et à la réponse au stress
  • Rapport monocytes/lymphocytes (RML) : permet d’évaluer l’activation du système immunitaire
  • Rapport éosinophiles/lymphocytes (REL) : lié aux réactions allergiques et aux réponses inflammatoires
  • Rapport de la largeur de distribution des globules rouges/plaquettes (RDW/PLT) : reflète la variabilité du volume des globules rouges et le nombre de plaquettes, indiquant un stress ou de l’inflammation
  • Rapport hémoglobine/largeur de distribution des globules rouges (Hb/RDW) : lié à la capacité de transport de l’oxygène et à la santé des globules rouges
  • Rapport hémoglobine/plaquettes (Hb/PLT) : reflète le transport de l’oxygène et l’activité de coagulation
  • Indice d’inflammation systémique (connu sous l’abréviation anglaise SII) : indicateur global de l’inflammation dans l’organisme
  • Indice de réponse inflammatoire systémique (connu sous l’abréviation anglaise SIRI) : indique la réponse inflammatoire générale de l’organisme
  • Indice de déplacement des leucocytes (LSI) : mesure les variations dans les types de globules blancs, reflétant des réponses immunitaires ou liées au stress
  • Indice d’intensité d’adaptation de L. Harkavy (AI) : indique dans quelle mesure l’organisme du cheval s’adapte au stress ou à l’exercice

Résultats

Plusieurs biomarqueurs, dont le RNL, le RPL, le SII, le SIRI, le RML, le RDW/PLT et le LSI, différaient de ceux observés au repos immédiatement après la course, ce qui indique une réponse inflammatoire aiguë à l’exercice.

D’autres marqueurs, comme le REL et l’AI, ont changé plus progressivement et sont demeurés élevés pendant des périodes plus longues, ce qui suggère qu’ils pourraient être utiles pour surveiller la récupération des chevaux après l’exercice.

Conclusions et pertinence

Dans l’ensemble, cette étude identifie plusieurs biomarqueurs sanguins qui pourraient aider les propriétaires et les entraîneurs de chevaux à surveiller la réponse inflammatoire à l’exercice et à évaluer leur récupération, en utilisant des tests diagnostiques simples et peu invasifs.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer l’utilité de ces marqueurs sur des échantillons plus vastes et dans d’autres disciplines sportives où la surveillance de l’inflammation et le soutien à la récupération sont des éléments clés de la gestion des chevaux de performance.

La leucine favorise le métabolisme énergétique et stimule l’expression des fibres musculaires à contraction lente via la voie de signalisation AMPK/mTOR dans les cellules satellites musculaires squelettiques équines [12]

Leucine promotes energy metabolism and stimulates slow-twitch muscle fibers expression through AMPK/mTOR signaling in equine skeletal muscle satellite cells
Les acides aminés à chaîne ramifiée (AACR), dont la leucine, sont fréquemment utilisés comme suppléments chez les chevaux de performance, car ils sont censés favoriser l’adaptation musculaire à l’exercice.

On suppose que les AACR contribuent à la santé musculaire via deux mécanismes principaux :

  1. En tant que source d’énergie pour les cellules musculaires
  2. Comme agent stimulant la réparation et la croissance musculaires

À ce jour, il existe peu de recherches chez le cheval pour appuyer les effets bénéfiques des AACR. Par ailleurs, le mécanisme par lequel ils pourraient exercer ces effets n’a pas encore été confirmé.

Objectif et méthodologie

Les auteurs de cette étude visaient à déterminer dans quelle mesure la leucine soutient la prolifération des cellules souches musculaires autour des fibres musculaires à contraction lente, et si elle améliore la capacité mitochondriale à produire de l’énergie cellulaire.

Pour ce faire, les chercheurs ont cultivé des cellules satellites (cellules souches) avec des concentrations croissantes de leucine, allant de 0 à 10 mM pendant trois jours. Ces cultures ont été préparées avec ou sans inhibiteurs de protéines connues pour participer à la voie mTOR de croissance musculaire.

Ils ont mesuré l’abondance de protéines impliquées dans la signalisation de la synthèse protéique et les voies mitochondriales, ainsi que la capacité mitochondriale globale des cultures.

Résultats

Les cellules incubées avec 2 mM de leucine présentaient une abondance accrue de protéines liées à la synthèse musculaire et aux voies mitochondriales, ainsi qu’une respiration mitochondriale accrue. Les résultats liés à la signalisation de la synthèse protéique étaient atténués lorsque les protéines clés de la voie mTOR étaient inhibées.

Conclusions et pertinence

Ces résultats suggèrent que la leucine pourrait avoir un effet bénéfique sur la synthèse des protéines et la respiration mitochondriale dans le muscle équin. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour examiner ces effets dans des situations où la leucine est administrée aux chevaux (in vivo), plutôt que dans des cellules cultivées en laboratoire (in vitro).

Effets de l’hyperthermie et de l’acidose sur la phosphorylation oxydative mitochondriale [13]

Effects of hyperthermia and acidosis on mitochondrial oxidative phosphorylation
Lors d’un exercice intense, les muscles du cheval produisent de la chaleur et peuvent subir une acidose, soit une accumulation de sous-produits acides qui abaissent le pH musculaire. Cette augmentation de la température et de l’acidité peut nuire à la production d’énergie et la fonction musculaire.

Cependant, un entraînement régulier peut permettre aux muscles de s’adapter, les rendant plus résistants à ces effets négatifs et plus aptes à répondre aux exigences de l’exercice.

Objectif et méthodologie

Les chercheurs ont voulu déterminer si l’hyperthermie (températures élevées) et l’acidose (pH faible) affectaient la production d’énergie dans les cellules musculaires de chevaux en bonne forme physique comparativement à des chevaux en mauvaise forme.

Pour tester cette hypothèse, ils ont prélevé des échantillons musculaires chez des Pur-sang avant et après neuf semaines d’entraînement de course. Ils ont mesuré la capacité oxydative des échantillons musculaires, ainsi que la production d’ATP (énergie) dans quatre conditions :

  1. Température corporelle normale (38 °C) et pH neutre (pH 7,1)
  2. Température corporelle normale (38 °C) et pH faible (pH 6,5 induit par ajout d’acide lactique)
  3. Température élevée (43 °C) et pH neutre (pH 7,1)
  4. Température élevée (43 °C) et pH faible (pH 6,5)

Résultats

Avant le programme d’entraînement, l’exposition des cellules musculaires à des températures élevées réduisait significativement l’efficacité de la production d’ATP (source d’énergie musculaire), tandis qu’un pH bas (acidose) n’avait qu’un effet négatif mineur.

Après l’entraînement, les cellules musculaires étaient mieux adaptées aux températures élevées, ce qui atténuait les effets négatifs de la chaleur supplémentaire sur l’efficacité de l’ATP. Toutefois, l’impact négatif de l’acidose sur la production d’ATP est devenu plus prononcé après l’entraînement.

Conclusions et pertinence

Ces résultats démontrent que les températures élevées générées dans les muscles pendant l’exercice peuvent contribuer à la fatigue et à une baisse de la production d’énergie.

Cependant, chez les chevaux en bonne forme physique, l’acidose (faible pH musculaire) a un effet négatif encore plus marqué sur l’efficacité musculaire et la production énergétique.

Puisqu’un entraînement adapté permet aux chevaux de mieux s’adapter à ces variations thermiques et métaboliques, une mise en forme progressive et bien planifiée est essentielle pour minimiser les impacts négatifs de la chaleur et de l’acidose après un exercice intense.

Santé métabolique

La santé métabolique est essentielle au bien-être général du cheval, influençant notamment le métabolisme énergétique, la sensibilité à l’insuline et les variations hormonales saisonnières. En 2024, la recherche a permis de développer les connaissances concernant la gestion de la résistance à l’insuline, l’amélioration des tests diagnostiques pour les troubles endocriniens et le développement d’outils concrets pour surveiller les réponses métaboliques.

Ces avancées permettent des interventions nutritionnelles plus efficaces, des diagnostics ciblés et des stratégies de gestion proactives pour soutenir le bon fonctionnement métabolique des chevaux.

Un supplément nutraceutique atténue la résistance à l’insuline chez des chevaux ayant des antécédents de dérèglement de l’insuline lors d’un test de provocation avec une alimentation riche en amidon [14]

Nutraceutical supplement mitigates insulin resistance in horses with a history of insulin dysregulation during a challenge with a high-starch diet

Le dérèglement de l’insuline (DI) désigne un problème métabolique chez le cheval où la réponse de l’organisme à l’insuline est anormale, ce qui entraîne des taux d’insuline circulante élevés ou une diminution de l’efficacité de l’insuline dans la régulation de la glycémie. Ce problème de santé augmente le risque de développer une laminite, qui peut devenir suffisamment grave pour justifier une intervention vétérinaire, voire une euthanasie.

Bien que la génétique joue un rôle dans la prédisposition d’un cheval à la DI, les facteurs environnementaux et alimentaires influencent fortement son apparition et sa progression. Une consommation chronique d’aliments riches en glucides hydrolysables (sucres et amidon) provenant d’aliments à base de céréales ou de fourrages riches est reconnue comme un facteur majeur contribuant au dérèglement de l’insuline.

La plupart des études antérieures menées chez les chevaux se sont concentrées sur les effets des nutraceutiques sur la réponse insulinique à la suite de tests de tolérance au glucose par voie orale. Toutefois, les recherches sur leurs effets thérapeutiques potentiels sur l’amélioration de la sensibilité à l’insuline au niveau des tissus demeurent limitées.

Objectif et méthodologie

Cette étude visait à vérifier si une supplémentation en nutraceutiques pouvait aider à réduire la résistance à l’insuline chez des chevaux ayant des antécédents de dérèglement de l’insuline (DI).

Le supplément nutraceutique utilisé dans l’étude comprenait :

Seize chevaux adultes ont été divisés en deux groupes : l’un a reçu un placebo quotidien, l’autre a reçu le supplément nutraceutique. Tous les chevaux étaient hébergés sur des parcelles sèches, avaient un accès libre à du foin de graminées, et recevaient une moulée concentrée moyennement riche en amidon (0,6 gramme d’amidon par kilogramme de poids corporel par repas) deux fois par jour pendant quatre semaines.

Pour évaluer la sensibilité à l’insuline, les chercheurs ont effectué un test combiné de tolérance au glucose et à l’insuline au début de l’étude, puis à nouveau après quatre semaines de supplémentation.

Résultats

Les deux groupes de chevaux présentaient des taux d’insuline basale (taux d’insuline dans le sang avant le repas) similaires après quatre semaines d’alimentation. Il s’agit d’un test courant et simple utilisé par les vétérinaires pour évaluer la résistance à l’insuline dans l’ensemble de l’organisme. Toutefois, ce test n’est pas adapté pour détecter les changements de sensibilité à l’insuline au niveau des tissus et ne reflète donc pas l’ampleur des changements pouvant survenir lors de l’administration d’un nutraceutique.

Les chevaux ayant reçu le supplément nutraceutique ont montré une amélioration de 61 % de la clairance du glucose mesurée durant le test combiné de tolérance au glucose et à l’insuline, ce qui signifie qu’ils ont éliminé le glucose de leur circulation sanguine plus efficacement que ceux du groupe placebo.

Ils sont également revenus à des taux d’insuline normaux plus rapidement, tandis que les chevaux du groupe placebo présentaient toujours des taux d’insuline élevés (hyperinsulinémie).

Cependant, les chevaux étaient toujours considérés comme résistants à l’insuline d’après les concentrations mesurées 75 minutes après le début du test. Une période de supplémentation plus longue aurait possiblement entraîné une amélioration plus marquée de la sensibilité à l’insuline.

Conclusions et pertinence

L’étude a conclu qu’une alimentation riche en amidon réduisait la sensibilité à l’insuline chez les chevaux sujets à un dérèglement de l’insuline.

Cependant, une supplémentation préventive avec le mélange nutraceutique a permis de favoriser de façon significative la clairance du glucose, contrebalançant ainsi les effets négatifs de la consommation excessive d’amidon et soutenant la sensibilité à l’insuline chez ces chevaux.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour clarifier comment chacun des ingrédients nutraceutiques a contribué à ces effets bénéfiques.

Concentrations sanguines printanières et automnales de l’hormone adrénocorticotrope, de l’insuline et de la thyroxine chez des chevaux en santé en Saskatchewan [15]

Spring and fall blood concentrations of adrenocorticotropic hormone, insulin, and thyroxine in healthy horses in Saskatchewan

Le dysfonctionnement de la pars intermedia de la glande pituitaire (DPIP, aussi appelé maladie de Cushing équine) et le syndrome métabolique équin (SMÉ) sont deux pathologies endocriniennes fréquentes chez les chevaux. Les signes typiques de ces affections comprennent la léthargie, une mue, des épisodes répétés de laminite, une fonte musculaire, ainsi qu’un dérèglement de l’insuline.

À l’heure actuelle, le diagnostic du DPIP et du SMÉ repose sur la mesure de marqueurs sanguins spécifiques tels que l’hormone adrénocorticotrope (ACTH) plasmatique et l’insuline sérique. Toutefois, ces tests peuvent être influencés par des facteurs comme la saison, le climat et l’emplacement géographique, ce qui complique l’établissement d’un diagnostic précis.

L’amélioration de la fiabilité de ces tests pourrait permettre un dépistage plus précoce, une prise en charge plus précise et de meilleurs résultats thérapeutiques pour les chevaux atteints de problèmes endocriniens.

Objectif et méthodologie

Cette étude avait pour but d’examiner comment les niveaux de base d’ACTH, d’insuline et de thyroxine (T4) varient naturellement entre le printemps et l’automne chez des chevaux en santé vivant en Saskatchewan.

Les chercheurs ont mené une étude d’observation prospective (type d’étude où les chevaux sont suivis au fil du temps sans aucune intervention) portant sur 52 chevaux appartenant à des clients. Pour être inclus, les chevaux devaient être âgés entre 1 et 20 ans, être en bonne santé clinique (confirmée par un examen vétérinaire), ne pas avoir voyagé récemment hors de la Saskatchewan et ne présenter aucun antécédent de maladie systémique ni de troubles endocriniens comme le SMÉ ou le DPIP.

Des échantillons de sang ont été prélevés chez chaque cheval au printemps et à l’automne, sur une période de deux semaines. Les chercheurs ont également évalué la note d’état de chair et le niveau d’exercice de chaque cheval. Des examens physiques ont été réalisés, et les échantillons sanguins ont été analysés pour les concentrations d’ACTH, d’insuline, de glucose et de T4.

Résultats

Les taux d’ACTH et d’insuline étaient tous deux plus élevés à l’automne qu’au printemps. Les niveaux d’insuline variaient selon la race du cheval, les poneys et les croisements de poneys présentant des taux plus élevés que les autres races. Les niveaux d’ACTH n’étaient pas influencés par la race, mais bien par l’âge, les chevaux de plus de 11 ans présentant des taux d’ACTH plus élevés à l’automne qu’au printemps, une tendance qui n’était pas observée chez les chevaux âgés de 6 à 10 ans.

De plus, les niveaux de T4 (thyroxine) étaient liés à la race et à la glycémie, mais n’étaient pas influencés par la saison.

Conclusions et pertinence

Cette étude met en lumière l’impact des variations saisonnières des niveaux d’ACTH et d’insuline sur le diagnostic et la gestion des troubles endocriniens tels que le DPIP et le SMÉ, particulièrement chez les chevaux vivant dans les provinces des Prairies canadiennes.

L’augmentation constante du taux d’insuline observée à l’automne, toutes classes d’âge confondues, suggère d’importants changements métaboliques saisonniers. Ce constat souligne l’importance d’établir des plages de référence spécifiques à chaque saison pour garantir des tests précis et des diagnostics fiables dans cette région.

En somme, ces résultats démontrent que l’emplacement géographique et les variations saisonnières doivent être pris en compte lors de l’interprétation des tests hormonaux, afin que les chevaux reçoivent des diagnostics précis et des plans de traitement appropriés.

Comparaison entre un test glycémique personnalisé à base de granulés et le test de tolérance au sucre par voie orale pour mesurer les réponses glycémique et insulinémique chez le cheval [16]

Comparison of a customized glycemic pellets challenge with the oral sugar test to measure glycemic and insulinemic responses in horses

Déterminer le statut insulinique d’un cheval, c’est-à-dire l’efficacité avec laquelle l’insuline régule la glycémie, est essentiel pour identifier les chevaux atteints de dysrégulation de l’insuline (DI) et gérer leur risque de laminite.

Pour évaluer ce statut insulinique, les vétérinaires ont souvent recours à des tests dynamiques comme le test de tolérance au sucre par voie orale ou le test de tolérance au glucose par voie orale. Ces tests consistent à administrer du sucre ou du glucose par voie orale, puis à mesurer la réponse insulinique. Ils sont particulièrement utiles pour détecter une dysrégulation insulinique chez des chevaux présentant des taux d’insuline de base normaux, mais affichant tout de même des signes cliniques du syndrome métabolique équin (SMÉ).

Cependant, ces tests dynamiques peuvent s’avérer difficiles ou peu pratiques dans certaines situations (par exemple, sur le terrain ou lorsque le jeûne n’est pas possible), ce qui complique l’établissement de plages de référence ou de seuils standards applicables universellement à tous les chevaux.

Objectif et méthodologie

Pour pallier ces limites, des chercheurs ont mis au point un nouveau test appelé le test de provocation glycémique aux granulés, conçu comme une solution pratique et fiable pour évaluer la réponse insulinique chez les chevaux. Cette méthode a été comparée directement au test de tolérance au sucre par voie orale, actuellement considéré comme la méthode de référence.

Dans cette étude, 24 chevaux adultes dont le statut insulinique était inconnu ont participé à un essai croisé randomisé. Chaque cheval a complété à la fois le test de provocation glycémique aux granulés (en consommant des granulés contenant 0,5 gramme de glucides glycémiques par kilogramme de poids corporel) et le test de tolérance au sucre par voie orale (en consommant du sirop de maïs à raison de 0,15 ml par kilogramme de poids corporel), avec une pause d’une semaine entre les tests.

Les chercheurs ont évalué la palatabilité et la tolérance du test de provocation glycémique aux granulés en enregistrant la quantité de granulés consommés, le temps nécessaire à leur ingestion et tout signe d’inconfort observé pendant le test.

Avant chaque test, les chevaux étaient à jeun, et des échantillons sanguins ont été prélevés à des moments précis : au départ, puis à 60, 120 et 180 minutes après le test de provocation glycémique aux granulés, ou au départ, à 60 et 90 minutes après le test de tolérance au sucre par voie orale. La glycémie a été mesurée immédiatement à l’aide d’un glucomètre portatif, tandis que les taux d’insuline ont été analysés en laboratoire par dosage radio-immunologique.

Résultats

Les données de 18 chevaux ont été utilisées. Ces chevaux ont consommé plus de 85 % des granulés du test de provocation glycémique aux granulés en moins de 10 minutes, ce qui a été jugé comme une prise acceptable pour l’évaluation du glucose et de l’insuline, et ils ont également montré des réponses acceptables au test de tolérance au sucre par voie orale.

Le test de provocation glycémique aux granulés a produit des taux plus élevés de glycémie et d’insuline que le test de tolérance au sucre par voie orale, probablement en raison de la quantité plus importante de glucides glycémiques fournie par les granulés.

Les variations dans le moment où le pic d’insuline a été atteint ne s’expliquaient pas par des différences dans la vitesse à laquelle les chevaux avaient consommé les granulés.

Conclusions et pertinence

Le test de provocation glycémique aux granulés représente une approche prometteuse pour évaluer le statut insulinique des chevaux. Le test a été bien toléré et reproduit de près le comportement alimentaire et la digestion naturels, contrairement au test de tolérance au sucre par voie orale.

Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour affiner l’utilisation du test de provocation glycémique aux granulés dans le diagnostic de la dysrégulation insulinique chez les chevaux et pour établir des critères spécifiques permettant d’interpréter les résultats selon différentes méthodes de mesure.

Par ailleurs, la variabilité observée dans le moment du pic d’insuline (Tmax[ins]) pour le test de provocation glycémique aux granulés et le test de tolérance au sucre par voie orale souligne l’importance de choisir le moment optimal pour le prélèvement des échantillons. Le prélèvement de plusieurs échantillons à différents moments pourrait permettre de mieux capter les différences individuelles dans la réponse insulinique et ainsi améliorer la précision du diagnostic.

Santé digestive

La santé digestive est essentielle pour maintenir le bien-être général et les performances des chevaux. En 2024, de nouvelles études ont approfondi notre compréhension du métabolisme des glucides dans l’estomac équin, mis en lumière les changements microbiens associés aux coliques et exploré les modifications du microbiote intestinal liées à l’âge.

Ces résultats fournissent des renseignements clés pour optimiser les stratégies alimentaires, gérer les problèmes gastro-intestinaux et soutenir la fonction digestive tout au long de la vie du cheval.

Digestion des glucides dans l’estomac de chevaux au pâturage, nourris au foin ou avec une combinaison de foin et d’avoine [17]

Carbohydrate digestion in the stomach of horses grazed on pasture, fed hay or hay and oats

Des recherches antérieures ont mis en évidence l’importance des populations microbiennes dans la digestion équine, en particulier en ce qui concerne la transformation de l’amidon et des fructanes.

L’amidon, principalement présent dans les céréales, est composé d’amylose et d’amylopectine et est principalement dégradé (hydrolysé) dans l’estomac et l’intestin grêle. En revanche, les fructanes contenus dans les fourrages sont majoritairement fermentés par les microbes de l’intestin postérieur.

Lorsque les chevaux consomment trop d’amidon, ils deviennent plus vulnérables aux problèmes digestifs tels que le syndrome d’ulcères gastriques équins (SUGE).

De plus, une alimentation riche en amidon peut nuire à la sensibilité à l’insuline et accroître le risque de laminite. Il est donc essentiel de gérer soigneusement les apports en amidon et en fructanes pour favoriser la santé digestive et prévenir les troubles métaboliques chez les chevaux.

Objectif et méthodologie

L’objectif de cette étude était d’évaluer la manière dont différents types de glucides (amidon, sucres, fructanes et fibres) sont dégradés dans l’estomac du cheval. Les chercheurs ont utilisé de la cendre insoluble dans l’acide comme indicateur de matière non digestible, ce qui leur a permis de suivre la digestion des fibres en comparant les niveaux présents dans l’alimentation et dans le contenu gastrique.

Vingt-quatre chevaux ont été répartis en quatre groupes alimentaires :

  • Pâturage (PST)
  • Foin à volonté (HAY)
  • Foin à volonté plus avoine fournissant 1 gramme d’amidon par kg de poids corporel (OS1)
  • Foin à volonté plus avoine fournissant 2 grammes d’amidon par kg de poids corporel (OS2)

Chaque régime a été maintenu pendant au moins 34 jours. Des échantillons de contenu gastrique (digesta) ont été prélevés dans la partie supérieure non glandulaire (Pars nonglandularis, PNG) et dans la partie inférieure glandulaire (Pars glandularis, PG) de l’estomac. De plus, la composition nutritionnelle de tous les types d’aliments a été analysée.

Résultats

Les niveaux d’amidon ont davantage diminué chez les chevaux recevant moins d’amidon (OS1) par rapport à ceux recevant une quantité plus élevée (OS2), ce qui confirme que la digestion de l’amidon commence dans l’estomac et qu’il existe une limite supérieure à la quantité pouvant y être digérée.

Les sucres comme le glucose, le fructose et le saccharose ont d’abord augmenté dans l’estomac, particulièrement chez les chevaux nourris à l’avoine, mais leurs concentrations ont fortement chuté dans la partie inférieure de l’estomac. En fait, le saccharose était presque entièrement digéré à ce stade dans certains régimes.

Les fructanes ont été fermentés par les microbes dans l’estomac des chevaux des groupes nourris à l’avoine (OS1, OS2) et au pâturage, bien que le degré de dégradation ait varié. Dans les groupes recevant plus d’amidon (OS1 et OS2), les fructanes étaient moins digérés dans l’estomac et ont probablement été fermentés plus loin dans le gros intestin.

Les chevaux au pâturage ont montré des signes de digestion des fibres dans l’estomac, ce qui souligne que les processus de fermentation microbienne dans l’estomac sont influencés par les composants spécifiques du régime alimentaire.

Conclusions et pertinence

Cette étude a examiné comment les glucides (amidon, sucres, fructanes et fibres) sont digérés dans l’estomac du cheval.

Les résultats ont démontré que l’estomac joue un rôle clé dans la dégradation de ces glucides avant leur passage dans l’intestin grêle. Il est important de noter que la digestion variait considérablement selon le régime alimentaire des chevaux : les chevaux nourris à l’avoine présentaient une digestion de l’amidon plus élevée dans l’estomac que ceux nourris uniquement au pâturage ou au foin.

Analyse fonctionnelle préliminaire du microbiome intestinal chez les chevaux souffrant de coliques [18]

Preliminary functional analysis of the gut microbiome in colic horses

Chez les chevaux, le microbiome de l’intestin postérieur — la communauté de microorganismes bénéfiques vivant dans le cæcum et le côlon — est essentiel à la digestion des fibres, à la production d’acides gras volatils (AGV) à chaîne courte et au soutien du système immunitaire. La composition de ce microbiome peut varier considérablement selon l’alimentation et les facteurs environnementaux.

Lorsque l’équilibre microbien est perturbé, un phénomène appelé dysbiose, les chevaux courent un risque accru de développer divers problèmes de santé comme la colite, le syndrome métabolique et les coliques.

Certaines formes de coliques pourraient résulter de l’incapacité du microbiome intestinal à s’adapter efficacement aux changements alimentaires ou environnementaux, notamment les rations riches en céréales, les fourrages de mauvaise qualité, le stress, les périodes sans accès à la nourriture (jeûne) ou l’utilisation d’antibiotiques.

Objectif et méthodologie

L’objectif de cette étude était de comparer le microbiome intestinal (bactéries intestinales) de chevaux en santé à celui de chevaux présentant des coliques. Les chercheurs ont porté une attention particulière aux différences dans les populations bactériennes et ont tenté de prédire quelles fonctions métaboliques étaient susceptibles de varier entre les deux groupes.

Un total de 28 chevaux adultes ont été inclus dans l’étude, répartis également entre deux groupes :

  • Chevaux en santé (ne présentant aucun signe de colique)
  • Chevaux présentant une colique touchant le gros intestin

Les chercheurs ont prélevé des échantillons fécaux auprès des deux groupes, puis extrait l’ADN afin de réaliser des analyses métagénomiques détaillées de l’ARNr 16S, ce qui leur a permis d’étudier et de comparer les communautés bactériennes fécales ainsi que les produits métaboliques issus de ces populations.

Résultats

Le microbiome des chevaux en santé et de ceux atteints de coliques était principalement composé de bactéries appartenant aux phylums Firmicuteota, Bacteroidota et Pseudomonadota. Toutefois, les chevaux souffrant de coliques présentaient une diversité microbienne considérablement réduite, ce qui témoigne d’une perturbation de leurs populations bactériennes normales (dysbiose intestinale).

Les coliques étaient également associées à :

  • Une diminution de l’abondance des bactéries bénéfiques impliquées dans la digestion des fibres, notamment Fibrobacter et Solibacillus
  • Une augmentation des bactéries productrices d’acide lactique, en particulier Streptococcus

Ces changements suggèrent une altération des schémas de fermentation dans l’intestin, contribuant potentiellement à des affections néfastes.

Par ailleurs, les prévisions concernant le métabolisme microbien ont révélé une diminution des fonctions aérobies (dépendantes de l’oxygène), accompagnée d’une hausse de la production d’acides gras et de la dégradation de certains métabolites, ce qui renforce l’hypothèse d’une fonction intestinale altérée chez les chevaux souffrant de coliques.

Conclusions et portée

Cette étude a mis en évidence des changements significatifs du microbiome fécal chez les chevaux présentant des coliques, de même que des modifications importantes des fonctions métaboliques prévues. Plus précisément, les chevaux souffrant de coliques ont montré une activité microbienne accrue liée à la respiration aérobie ainsi qu’à la dégradation des acides gras et des acides aminés, ce qui, chez d’autres espèces, est associé à un environnement intestinal plus inflammatoire.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre comment ces modifications microbiennes influencent le risque de coliques, et pour développer des stratégies de prévention et de prise en charge plus efficaces pour cette affection chez le cheval.

Changements des communautés bactériennes fécales et de l’activité fibrolytique microbienne chez les chevaux âgés de 6 à 30 ans [19]

Changes of faecal bacterial communities and microbial fibrolytic activity in horses aged from 6 to 30 years old

À partir de l’âge de 15 ans environ, les chevaux présentent généralement une détérioration de leur état de chair et une vulnérabilité accrue face aux maladies.

Ces problèmes pourraient être liés à des modifications du microbiome du gros intestin, affectant tout particulièrement la digestion des fibres et l’activité des microbes bénéfiques. Le microbiome du gros intestin joue un rôle essentiel dans la digestion, la santé immunitaire et la disponibilité énergétique grâce à des sous-produits microbiens comme les acides gras à chaîne courte (AGCC).

À l’heure actuelle, les études limitées sur ce sujet complique l’élaboration de recommandations précises en matière d’alimentation et de soins préventifs adaptés aux chevaux âgés. Chez l’humain, on sait que le vieillissement réduit la diversité microbienne et augmente la présence de bactéries intestinales nuisibles, mais peu d’études approfondies sur ce sujet ont été menées jusqu’à maintenant chez les chevaux.

Des recherches spécifiques aux chevaux sont nécessaires afin de mieux comprendre ces changements liés à l’âge du microbiome et leurs implications pour la gestion des chevaux âgés.

Objectif et méthodologie

Cette étude visait à comparer le microbiome fécal de chevaux âgés de 6 à 30 ans pour mieux comprendre l’évolution des bactéries intestinales et de leur capacité à digérer les fibres avec l’âge. Un objectif secondaire consistait à déterminer s’il existe un âge spécifique où ces changements microbiens deviennent plus marqués.

Cinquante chevaux en santé, âgés entre 6 et 30 ans, vivant dans le même environnement de gestion, ont été répartis en quatre groupes d’âge :

  • 6 à 10 ans (12 chevaux)
  • 11 à 15 ans (11 chevaux)
  • 16 à 20 ans (13 chevaux)
  • 21 à 30 ans (14 chevaux)

Tous les chevaux ont reçu une alimentation uniforme à base de foin à volonté et environ 860 grammes (30 oz) de moulée concentrée par jour pendant trois semaines avant la collecte des échantillons de matières fécales.

Chaque échantillon a ensuite été analysé par séquençage de l’ARN ribosomal 16S (ARNr) bactérien afin d’identifier les communautés bactériennes présentes. De plus, les niveaux de sous-produits microbiens, notamment les acides gras à chaîne courte (AGCC) et le lactate, ont aussi été mesurés afin d’évaluer l’activité microbienne.

Résultats

L’étude a révélé que le nombre total et la variété des espèces bactériennes présentes dans les échantillons fécaux diminuaient avec l’âge, surtout chez les chevaux de 21 à 30 ans. Ces chevaux plus âgés présentaient également une modification de l’équilibre entre les espèces bactériennes bénéfiques et potentiellement nuisibles.

Même si les concentrations globales d’acides gras à chaîne courte (AGCC) sont restées constantes avec l’âge, les types spécifiques produits ont changé : les chevaux plus âgés avaient des proportions plus faibles d’acétate, mais plus élevées de butyrate, de valérate et d’iso-valérate.

De plus, le pH fécal diminuait avec l’âge, la plus grande différence étant observée entre les groupes les plus jeunes (6 à 10 ans) et les plus âgés (21 à 30 ans), ce qui indique des changements liés à l’âge dans l’activité bactérienne intestinale et les processus de fermentation.

Conclusions et pertinence

Ces résultats suggèrent que, bien que la capacité globale à digérer les fibres ne semble pas diminuer avec l’âge, des changements dans le microbiote intestinal pourraient réduire l’efficacité de la fermentation des fibres. Les chevaux âgés de 16 à 20 ans montraient une plus grande variation dans les caractéristiques du microbiome, indiquant que certains individus de ce groupe présentaient déjà des changements microbiens notables.

La compréhension de ces transformations liées à l’âge peut faciliter la mise en place d’interventions précoces, telles que des ajustements alimentaires ou l’utilisation de suppléments biotiques (prébiotiques, probiotiques ou postbiotiques), afin de favoriser un microbiote intestinal sain. L’identification des caractéristiques d’un microbiote équilibré chez les chevaux âgés pourrait aussi permettre de détecter plus rapidement les déséquilibres microbiens nuisibles, réduisant ainsi le risque potentiel de problèmes de santé liés au vieillissement.

Santé des sabots

La santé des sabots est essentielle à la locomotion, au confort et aux performances du cheval. Des recherches menées en 2024 ont examiné l’influence des techniques de ferrage, de la conformation des sabots et des approches thérapeutiques novatrices sur la biomécanique du sabot et le risque de boiterie.

Ces études ont exploré l’effet des fers sur l’orientation du sabot, les liens entre la forme du sabot et la santé des membres, ainsi que le rôle potentiel de la thérapie par champ électromagnétique pulsé (CEMP, ou PEMF en anglais) dans l’amélioration de l’épaisseur de la sole. Ensemble, ces découvertes offrent des pistes concrètes pour améliorer la gestion des sabots et renforcer les stratégies de soins préventifs.

Influence de différents types de fers et de substrats sur l’orientation du sabot à mi-appui au pas [20]

The influence of different horseshoes and ground substrates on mid-stance hoof orientation at the walk

Le ferrage thérapeutique consiste à utiliser des fers spécialement conçus, souvent combinés à des surfaces de sol souples ou amortissantes, afin de modifier l’angle et le mouvement du sabot pendant la phase d’appui. Ces ajustements peuvent contribuer à soulager les contraintes mécaniques sur les structures internes du pied et favoriser la guérison.

Par exemple, augmenter l’angle de la paroi dorsale (avant) du sabot réduit la tension exercée sur le tendon fléchisseur profond du doigt, mais cela peut involontairement augmenter la charge sur les talons et accroître la tension sur le ligament suspenseur.

Une approche connexe, appelée maréchalerie kinésiothérapique, combine des fers modifiés à des substrats déformables (souples), dans le but d’amplifier les effets thérapeutiques tout en limitant les effets secondaires indésirables. Toutefois, les données scientifiques soutenant son efficacité demeurent limitées à ce jour.

Les accéléromètres triaxiaux, des capteurs couramment utilisés dans d’autres domaines pour mesurer avec précision l’orientation et le mouvement, n’ont pas encore été utilisés dans les études sur les sabots équins. L’application de cette technologie pourrait fournir des informations précieuses sur l’influence des différentes méthodes de ferrage sur l’orientation et la biomécanique du sabot.

Objectif et méthodologie

L’objectif de cette étude était de mesurer l’impact de différents types de fers et de surfaces de sol sur l’orientation du sabot par rapport au sol. Les chercheurs ont utilisé un accéléromètre triaxial, fixé à l’avant du sabot, pour quantifier les changements d’angle dans les plans sagittal (avant-arrière) et transversal (latéral) au pas.

Dans le cadre d’une étude croisée randomisée, six chevaux ont été testés avec divers modèles de fers en aluminium, notamment des fers standards, des fers ovales (en œuf), des fers élargis au niveau de la pince, des fers élargis au niveau médial, des fers élargis au niveau latéral et des fers à degrés compensés. Chaque cheval a été évalué avec chacun des types de fers appliqués aux sabots antérieurs. Des mesures statiques ont d’abord été prises sur une surface dure, puis on a demandé aux chevaux de se déplacer au pas sur trois types de surfaces :

  • Des briques caoutchoutées
  • Du sable grossier lavé
  • Du gazon naturel

La collecte de données a commencé dès que les chevaux ont adopté une allure constante au pas. Aucun changement n’a été apporté aux sabots ou aux fers postérieurs pendant toute la durée des essais.

Résultats

Les angles du sabot ont été considérablement influencés par le type de fer utilisé ainsi que par la surface de sol. Sur des surfaces plus souples et déformables, les chevaux ont présenté une augmentation de l’angle sagittal (avant-arrière), particulièrement lorsqu’ils portaient des fers ovales sur le gazon et le sable.

En ce qui concerne l’orientation latérale, les fers au niveau médial ont provoqué un enfoncement accru vers l’extérieur (latéralement) du sabot, tandis que les fers élargis au niveau latéral ont réduit cet enfoncement sur le gazon et entraîné un léger déplacement vers l’intérieur (médial) sur le sable.

Tous les types de fers ont augmenté l’angle de la paroi dorsale (avant) du sabot sur le gazon et le sable, les fers ovales produisant l’augmentation la plus marquée. De plus, un déplacement latéral général de l’orientation du sabot a été observé à mi-appui pour tous les types de fers, les fers élargis au niveau médial générant le plus grand déplacement latéral, et les fers élargis au niveau latéral produisant le plus petit déplacement latéral, accompagné d’un léger déplacement médial sur le sable.

Conclusions et pertinence

Le changement de type de fers et de surface au sol a influencé l’orientation du sabot du cheval tant dans l’axe avant-arrière (dorso-palmaire) que latéral (médio-latéral).

Lorsque les chevaux marchaient sur des surfaces souples, leurs sabots avaient tendance à basculer vers l’avant. Les différences d’orientation du sabot entre l’arrêt et le pas étaient minimes, mais les différents fers ont modifié la position du sabot pendant le déplacement au pas.

Certains fers, comme les fers élargis au niveau de la pince, n’ont pas produit les effets escomptés, tels que l’enfoncement du talon ou la réduction de l’angle du sabot.

Bien que les fers modifiés aient changé la position du sabot, on ignore encore si ces changements ont un impact considérable sur la santé générale des membres. Davantage de recherches sont nécessaires pour déterminer si ces légers changements d’orientation du sabot ont des répercussions cliniques importantes, surtout chez les chevaux ne présentant pas de problèmes de santé locomotrice.

Étude sur l’association entre la conformation du sabot et la présence de boiterie chez le cheval [21]

Investigating associations between horse hoof conformation and presence of lameness

Le sabot du cheval joue un rôle clé dans la locomotion en soutenant le poids corporel, en absorbant les chocs et en protégeant les structures internes sensibles. La forme et l’équilibre du sabot reflètent les forces qui s’exercent sur lui ; un déséquilibre peut signaler un problème potentiel comme une boiterie.

La conformation du sabot est influencée par des facteurs tels que la vitesse de croissance, les schémas d’usure, le type de surface et l’alimentation, qui affectent tous directement la biomécanique des membres. Certains aspects de la forme du sabot, tels que l’angle de la paroi dorsale et l’alignement entre le sabot et le paturon (axe sabot-paturon), peuvent influencer le risque de blessure.

Des soins appropriés des pieds et un parage régulier sont essentiels pour maintenir une conformation équilibrée, réduire le risque de blessure et favoriser la santé locomotrice à long terme.

Objectif et méthodologie

Cette étude visait à déterminer si deux mesures spécifiques du sabot, la circonférence de la couronne et l’angle de la paroi dorsale du sabot, étaient associées à une boiterie des membres chez les chevaux. L’objectif était de développer une méthode fiable et étayée par des données scientifiques pour évaluer le risque de boiterie à partir de la forme et de la conformation du sabot.

Un échantillon aléatoire de 73 chevaux adultes, comprenant des chevaux de saut d’obstacles, de dressage et de centres équestres, a été évalué. Les chercheurs ont mesuré la circonférence de la couronne et l’angle de la paroi dorsale sur les quatre membres de chaque cheval, alors qu’il se tenait debout sur une surface plane recouverte de caoutchouc.

La circonférence de la couronne a été mesurée à l’aide d’un ruban à mesurer souple placé autour de la couronne, tandis que l’angle de la paroi dorsale a été mesuré en plaçant un iPhone 13 Pro contre la paroi dorsale du sabot, avec une vue de profil, à l’aide de l’application « Mesure », et en soustrayant l’angle obtenu de 90°.

La boiterie a été évaluée alors que chaque était monté ou non monté au pas, au trot et au grand galop, sur du sable compacté, après un échauffement d’au moins 15 minutes. Les observations comprenaient la marche en ligne droite vers et à l’écart de l’observateur, ainsi que des virages à gauche et à droite. Selon l’échelle de boiterie de l’American Association of Equine Practitioners, un cheval était considéré comme souffrant d’une boiterie uniquement si cette dernière était clairement visible au trot. La boiterie était enregistrée comme présente ou absente pour chaque membre.

Résultats

L’étude a identifié un lien clair entre la forme du sabot et la boiterie des membres, avec 54,1 % des chevaux présentant des signes de boiterie.

Chez les chevaux de saut d’obstacles et de dressage, certaines mesures du sabot ont considérablement augmenté le risque de boiterie : membres avec une circonférence de la couronne plus petite combinée à un angle de la paroi dorsale plus grand, ou membres avec une circonférence de la couronne plus grande et un angle de paroi plus faible.

Une plus petite circonférence et un angle de paroi plus prononcé reflètent un sabot plus droit, exposant le membre à des forces d’impact plus importantes. À l’inverse, une plus grande circonférence combinée à un angle de paroi plus faible traduit un alignement sabot-paturon cassé vers l’arrière, ce qui augmente la tension sur des structures comme le ligament suspenseur.

Conclusions et pertinence

Cette étude a mis en évidence une forte corrélation entre les caractéristiques morphométriques du sabot (l’angle de la paroi dorsale et la circonférence de la couronne) et la présence de boiterie. Ces résultats soulignent l’importance de surveiller la forme du sabot et d’intervenir rapidement, par exemple par le biais d’un parage ou d’un ferrage correctif, pour prévenir ou limiter l’apparition ou l’aggravation de la boiterie.

Évaluation de l’effet de la thérapie par champ électromagnétique pulsé (PEMF) sur l’épaisseur de la sole du sabot équin : étude pilote [22]

Evaluating the effect of pulsed electromagnetic field (PEMF) therapy on sole depth of the equine hoof: A pilot study

La structure du sabot, y compris l’épaisseur de la sole et l’angle de l’os du pied (P3), est cruciale pour maintenir la santé locomotrice. La race, la conformation et les blessures antérieures peuvent toutes influencer la structure du sabot. Des anomalies dans l’épaisseur de la sole ou l’angle de l’os du pied peuvent entraîner des problèmes de sabot comme des contusions, des fractures ou une laminite.

Les méthodes courantes pour atténuer les effets d’une sole mince ou d’angles de sabot inadéquats incluent les médicaments anti-inflammatoires (AINS), les infiltrations thérapeutiques ou le ferrage correctif. Cependant, ces approches peuvent être coûteuses et leur efficacité est souvent limitée lorsqu’il s’agit de corriger les anomalies structurelles sous-jacentes.

La thérapie par champ électromagnétique pulsé (PEMF) est une approche thérapeutique alternative en médecine équine, souvent utilisée pour favoriser la guérison osseuse, réduire l’inflammation et soutenir la réparation des tissus. Malgré sa popularité croissante, à l’heure actuelle, peu de recherches scientifiques évaluent son efficacité pour améliorer la structure et la santé du sabot.

Objectif et méthodologie

Cette étude visait à déterminer si la thérapie PEMF pouvait améliorer l’épaisseur de la sole chez les chevaux.

Dix chevaux adultes cliniquement sains ont été répartis aléatoirement en deux groupes :

  • Groupe PEMF : les chevaux ont reçu un traitement PEMF de 10 minutes appliqué sur les deux sabots antérieurs, trois fois par semaine pendant 30 jours.
  • Groupe témoin : les chevaux n’ont reçu aucun traitement PEMF.

Des radiographies ont été prises avant le début des traitements, puis après les 30 jours. Les chercheurs ont mesuré l’épaisseur de la sole et l’angle palmaire (angle de l’os du pied par rapport au sol) pour évaluer d’éventuels changements induits par la thérapie.

Résultats

L’étude n’a trouvé aucune différence significative dans l’épaisseur de la sole ou du coussinet plantaire entre les chevaux témoins et ceux ayant reçu un traitement PEMF au début de l’étude.

Cependant, une légère tendance à l’augmentation de l’épaisseur de la sole a été observée dans le sabot droit des chevaux traités par PEMF, avec une hausse moyenne de 2,2 ± 1,4 mm sur 30 jours. En comparaison, les chevaux du groupe témoin ont montré une légère diminution de l’épaisseur de la sole pendant la même période.

Aucun changement notable n’a été observé près de l’extrémité de l’os du pied ni dans le sabot gauche. De plus, le traitement PEMF n’a pas considérablement amélioré l’angle palmaire de l’os du pied (P3) par rapport au groupe témoin.

Conclusions et pertinence

Cette étude pilote suggère que la thérapie par champ électromagnétique pulsé (PEMF) pourrait légèrement améliorer l’épaisseur de la sole chez les chevaux, avec une légère tendance vers une augmentation de l’épaisseur de la sole observée sur un antérieur. Les résultats indiquent que les traitements PEMF pourraient potentiellement constituer une option de traitement non invasive pour les chevaux ayant une sole mince, bien que les bénéfices observés aient varié selon les chevaux et aient été limités à un seul sabot.

Bien que le traitement n’ait pas amélioré de façon significative l’angle palmaire ni la structure générale du pied, ces résultats préliminaires soulignent l’importance de mener d’autres études avec un plus grand nombre de chevaux et sur des périodes de traitement plus longues. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer clairement l’efficacité des traitements PEMF dans l’amélioration de la santé des sabots et des performances chez le cheval.

Santé articulaire

La santé articulaire est essentielle à la performance, au confort et à la longévité des chevaux, particulièrement dans les disciplines compétitives et sportives. En 2024, les chercheurs ont fait progresser nos connaissances sur le diagnostic et le traitement des troubles articulaires, de l’identification de biomarqueurs moléculaires pour détecter les infections articulaires à l’évaluation des thérapies intra-articulaires couramment utilisées dans la gestion de l’arthrose.

De plus, de nouvelles études ont précisé l’interprétation des résultats d’imagerie par IRM et tomodensitométrie chez les chevaux de performance, favorisant ainsi des diagnostics précis et des stratégies de traitement éclairées. Ensemble, ces résultats permettent d’affiner les approches cliniques visant à préserver l’intégrité articulaire et à optimiser les résultats en matière de santé équine.

Biomarqueurs d’ARNm putatifs pour l’éradication de l’infection dans un modèle expérimental équin d’arthrite septique [23]

Putative mRNA Biomarkers for the Eradication of Infection in an Equine Experimental Model of Septic Arthritis

Les infections articulaires constituent un problème de santé grave pouvant rapidement entraîner des lésions cartilagineuses, de l’arthrite et une perte permanente de performance chez le cheval. Ces infections bactériennes nécessitent un traitement agressif à base d’antibiotiques afin d’éliminer complètement l’infection et de prévenir tout dommage articulaire supplémentaire.

À l’heure actuelle, il n’existe aucun test fiable permettant de confirmer la guérison complète d’une infection articulaire bactérienne chez le cheval, ce qui entraîne souvent une prolongation inutile des traitements antibiotiques. L’utilisation prolongée d’antibiotiques peut engendrer des effets secondaires graves, tandis qu’un traitement insuffisant peut favoriser le développement d’une résistance aux antibiotiques.

Le développement d’une méthode fiable permettant de détecter avec précision la guérison d’une infection articulaire est donc essentiel pour améliorer les soins vétérinaires et protéger la santé équine.

Objectif et méthodologie

Cette étude a examiné si certains biomarqueurs d’ARNm (de petits fragments de matériel génétique) présents dans le liquide synovial pouvaient indiquer de façon fiable la présence d’une infection bactérienne articulaire chez le cheval.

Dix chevaux ont été divisés en deux groupes : l’un a reçu une injection d’E. coli pour induire une infection articulaire septique, tandis que l’autre groupe a reçu une injection de LPS, une molécule induisant une synovite non septique (inflammation articulaire sans infection). Des échantillons de liquide articulaire ont été prélevés dans une articulation atteinte et une articulation non atteinte chez chaque cheval.

Tous les chevaux ont ensuite reçu un traitement approprié, et de nouveaux échantillons de liquide articulaire ont par la suite été prélevés.

Les chercheurs ont comparé les biomarqueurs d’ARNm présents dans le liquide articulaire des chevaux souffrant d’infections bactériennes actives à ceux provenant de chevaux ayant une inflammation non infectieuse, ainsi qu’aux échantillons prélevés après traitement.

Résultats

L’étude a identifié huit biomarqueurs d’ARNm dont les concentrations étaient au moins trois fois plus élevées chez les chevaux souffrant d’une infection articulaire active, comparativement à ceux souffrant d’inflammation non infectieuse ou évalués après traitement.

Conclusions et pertinence

L’identification de biomarqueurs clairs d’infections articulaires actives pourrait mener à de meilleurs résultats thérapeutiques et permettre d’éviter l’utilisation inutile ou prolongée d’antibiotiques chez le cheval.

Bien que des recherches supplémentaires sur l’application de la transcriptomique (analyse des biomarqueurs d’ARNm) soient nécessaires en médecine équine, cette étude fournit des données préliminaires prometteuses pour améliorer le diagnostic et le traitement des infections articulaires dans le futur.

Preuves des effets cliniques des traitements intra-articulaires couramment utilisés contre l’arthrose équine [24]

Evidence of the clinical effect of commonly used intra-articular treatments of equine osteoarthritis

L’arthrose est une affection articulaire chronique et dégénérative caractérisée par une inflammation, une dégradation du cartilage et des modifications de la structure osseuse, entraînant des douleurs et une réduction de la mobilité. Il s’agit d’une pathologie très fréquente chez les chevaux, représentant jusqu’à 60 % des cas de boiterie. [25]

En raison de sa prévalence, de nombreuses recherches sont consacrées à l’identification de traitements et de stratégies de gestion efficaces, particulièrement chez les chevaux de performance. Bien que plusieurs options thérapeutiques soient déjà disponibles, leur efficacité globale demeure incertaine en raison d’un manque de données cliniques approfondies.

Objectif et méthodologie

Cet article de recherche présente une revue systématique des traitements intra-articulaires (dans l’articulation) les plus couramment utilisés contre l’arthrose chez le cheval. L’analyse porte sur les traitements suivants :

  • Acide hyaluronique (AH) : substance naturelle présente dans le liquide synovial, qui aide à lubrifier et à protéger les articulations.
  • Glucocorticoïdes (stéroïdes) : médicaments anti-inflammatoires couramment injectés dans les articulations pour réduire l’inflammation, l’enflure et la douleur.
  • Plasma riche en plaquettes (PRP) : solution concentrée de plaquettes extraites du sang du cheval, contenant des facteurs de croissance visant à accélérer la guérison et à réduire l’inflammation.
  • Protéine antagoniste du récepteur de l’interleukine-1 (IRAP) : thérapie biologique qui bloque les signaux inflammatoires, avec pour objectif de réduire l’inflammation articulaire et de ralentir la dégradation du cartilage.
  • Cellules souches mésenchymateuses (CSM) : cellules souches spécialisées prélevées dans des tissus comme la moelle osseuse ou le tissu adipeux, injectées dans les articulations pour aider à régénérer le cartilage endommagé et à maîtriser l’inflammation.

Les chercheurs ont identifié 22 études scientifiques évaluant ces traitements et ont analysé les données combinées de ces recherches pour en évaluer l’efficacité.

Résultats

À partir de leur analyse de la littérature, les chercheurs ont conclu que les glucocorticoïdes intra-articulaires (stéroïdes) entraînent des améliorations bénéfiques à court terme chez les chevaux atteints d’arthrose.

En revanche, les données concernant l’injection d’acide hyaluronique dans l’articulation sont irrégulières, ce qui complique la confirmation de son efficacité clinique.

Le plasma riche en plaquettes (PRP), la protéine antagoniste de l’interleukine-1 (IRAP) et les cellules souches mésenchymateuses (CSM) ont tous montré des résultats prometteurs dans l’amélioration de la boiterie, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour confirmer leur efficacité à long terme.

Conclusions et pertinence

Parmi les cinq traitements évalués, le PRP, l’IRAP et les CSM semblent actuellement les plus prometteurs pour traiter ou gérer l’arthrose chez les chevaux. Ces traitements sont de plus en plus accessibles dans les cliniques équines et pourraient avoir des retombées importantes sur la gestion des cas de boiterie équine à l’avenir.

Cependant, les chercheurs ont souligné qu’il est nécessaire d’effectuer davantage d’études à l’aveugle, randomisées et contrôlées par placebo pour mieux comprendre l’efficacité réelle de ces traitements.

Résultats d’imagerie par résonance magnétique, tomodensitométrie et radiographie des articulations métacarpophalangiennes chez 31 chevaux warmblood de saut d’obstacles au travail et en compétition régulière [26]

Magnetic Resonance Imaging, Computed Tomographic and Radiographic Findings in the Metacarpophalangeal Joints of 31 Warmblood Showjumpers in Full Work and Competing Regularly

L’imagerie par résonance magnétique (IRM) et la tomodensitométrie sont de plus en plus utilisées en médecine vétérinaire équine, particulièrement pour l’évaluation des chevaux de performance. Ces examens permettent une évaluation détaillée des structures des tissus mous que les vétérinaires ne pouvaient pas réaliser auparavant.

Toutefois, l’interprétation de certaines anomalies observées à l’IRM ou à la tomodensitométrie demeure complexe, car toutes les anomalies des tissus mous ne sont pas nécessairement responsables d’une boiterie. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour clarifier quelles anomalies ont un impact direct sur les performances et la santé du cheval.

Objectif et méthodologie

Comme on connaît encore peu les changements normaux et non problématiques visibles à l’IRM et à la tomodensitométrie, les chercheurs ont mené une étude afin d’examiner les articulations du boulet chez des chevaux de saut d’obstacles sains qui participent activement à des compétitions.

Trente et un chevaux ne présentant aucun signe de boiterie ont subi un examen de boiterie complet, ainsi qu’une IRM et une tomodensitométrie de leurs boulets afin de documenter les observations recueillies par imagerie.

Résultats

Les observations courantes à l’IRM et à la tomodensitométrie chez ces chevaux comprenaient :

  • Un épaississement de la crête sagittale, située sur la partie inférieure de l’os du canon qui interagit avec le os long du paturon
  • Un épaississement des condyles de l’os du canon, les grandes surfaces lisses de l’os du canon qui contribuent à la formation de l’articulation du boulet
  • Un épaississement de l’os dans la phalange proximale (os long du paturon)

Conclusions et pertinence

Les trois anomalies identifiées par imagerie dans cette étude ont déjà été considérées comme des causes potentielles de boiterie. Cependant, les résultats actuels indiquent que ces anomalies particulières peuvent également se manifester chez des chevaux sains, sans boiterie, ce qui suggère qu’elles doivent être interprétées avec prudence lorsqu’on évalue une IRM ou une tomodensitométrie chez un cheval souffrant de boiterie.

Ces données permettent aux vétérinaires de mieux interpréter ces modalités diagnostiques encore relativement nouvelles, afin d’assurer un diagnostic précis ainsi que le traitement approprié du cheval.

Santé musculaire

Une fonction musculaire saine est essentielle à la performance, à la force et au bien-être général du cheval. Des recherches récentes menées en 2024 ont permis de mieux comprendre comment le métabolisme musculaire, la nutrition protéique et certaines techniques de recherche influencent la santé musculaire équine.

Ces études ont examiné les différences de physiologie musculaire entre les races, évalué comment une alimentation équilibrée en protéines favorise le développement musculaire, et analysé les effets physiologiques de biopsies musculaires répétées. Ces résultats permettent d’orienter les pratiques ciblées en matière de nutrition, d’entraînement et de gestion pour optimiser la santé musculaire et les performances sportives des chevaux.

Paramètres physiologiques de base dans trois muscles chez trois races équines. Que peut-on apprendre du cheval ? [27]

Baselining physiological parameters in three muscles across three equine breeds. What can we learn from the horse?

Chaque muscle possède des caractéristiques métaboliques et fonctionnelles uniques selon les tâches qu’il accomplit. Un même muscle peut varier considérablement d’une race de chevaux à l’autre en raison de différences génétiques et de l’élevage sélectif.

Puisque chaque race a été sélectionnée au fil du temps pour exceller dans des tâches précises, telles que la course, l’endurance ou le travail de trait, on peut s’attendre à ce que la physiologie musculaire de chaque cheval reflète les exigences propres à ces activités.

Toutefois, les différences exactes de métabolisme et de caractéristiques musculaires entre les races et les groupes musculaires spécifiques ne sont pas encore entièrement caractérisées chez le cheval.

Objectif et méthodologie

L’objectif de cette étude était de comparer le type de fibres musculaires, leur taille et le profil métabolique dans trois muscles différents au sein de trois races équines distinctes : les Frisons, les Standardbreds et les Warmbloods.

Les muscles analysés étaient :

  • Le muscle pectoral (MP) – muscle de la région pectorale
  • Muscle vaste externe (VE) – muscle de la cuisse
  • Muscle semi-tendineux (ST) – muscle de l’arrière-main

Les chercheurs ont prélevé des échantillons dans chacun des muscles chez les trois races afin d’analyser les différences de composition et de taille des fibres ainsi que l’activité métabolique.

Résultats

Comme prévu, des différences ont été observées entre les races et les muscles, autant en ce qui concerne le type de fibres que le profil métabolique. Parmi les groupes musculaires, le muscle semi-tendineux (ST) présentait le moins de variation entre les races, tandis que le vaste externe (VE) montrait les différences les plus marquées.

Les constatations précises comprenaient :

  • Type de fibres : les Standardbreds, reconnus pour leurs accélérations rapides, avaient une proportion plus élevée de fibres oxydatives à contraction rapide (type IIa) dans les muscles de la région pectorale (MP) et de la cuisse (VE). Les Frisons, connus pour leur puissance et leur force, présentaient une proportion plus élevée de fibres rapides moins oxydatives dans leurs muscles pectoraux (MP).
  • Profil métabolique : les Frisons affichaient une activité accrue des processus métaboliques liés aux lipides et à l’ADN, avec des concentrations plus élevées de certains lipides et de molécules transportant l’énergie. Ils montraient également une activité accrue du métabolisme des acides aminés à chaîne ramifiée et aromatiques. Les Standardbreds présentaient une plus grande activité dans les voies métaboliques des xénobiotiques (substances étrangères) et un métabolisme plus efficace des acides gras à longue chaîne. Les Warmbloods, quant à eux, ont montré une activité accrue dans les processus liés à l’énergie, aux protéines et à l’ADN, ainsi qu’une utilisation plus importante de la carnitine comparativement aux Standardbreds.

Conclusions et pertinence

Les différences de physiologie musculaire entre les races de chevaux mettent en lumière l’évolution de caractéristiques musculaires spécialisées en fonction des tâches pour lesquelles chaque race a fait l’objet d’un élevage sélectif.

Avec davantage de recherches sur les caractéristiques propres à chaque race, ces différences métaboliques pourraient éventuellement mener à des applications intéressantes, comme des programmes personnalisés de nutrition et d’entraînement, des stratégies de gestion, ainsi que d’autres interventions visant à assurer la santé et les performances optimales de chaque race.

Effet d’une alimentation équilibrée en protéines comparée à une alimentation standard sur le développement de la masse musculaire chez les chevaux à l’entraînement [28]

Effect of balanced vs. standard protein on muscle mass development in exercising horses

Une masse musculaire adéquate est essentielle pour des performances optimales chez les chevaux, et le type ainsi que la qualité des protéines alimentaires peuvent avoir un impact significatif sur le développement musculaire.

Le soya est couramment utilisé comme source de protéines dans les aliments pour chevaux. Cependant, les protéines de soya ne correspondent pas parfaitement au profil d’acides aminés « idéal », qui reflète davantage la composition naturelle du muscle équin, ce qui pourrait limiter la croissance et le maintien de la masse musculaire.

Objectif et méthodologie

Cette étude visait à évaluer si une alimentation formulée selon le profil protéique idéal pour des chevaux à l’entraînement améliorait les marqueurs et les mesures de la masse musculaire.

Douze hongres adultes ont été divisés en deux groupes. Un groupe recevait une alimentation standard à base de protéines de soya, tandis que l’autre recevait une alimentation contenant un profil protéique idéal (supplémentée en lysine pour mieux correspondre au profil d’acides aminés du muscle équin) pendant 12 semaines.

Pendant toute la durée de l’étude, les chevaux ont suivi le régime alimentaire attribué et ont effectué un programme d’exercice léger à modéré cinq jours par semaine.

Les chercheurs ont recueilli des échantillons d’urine et de matières fécales afin de mesurer la rétention d’azote, un indicateur de l’efficacité de l’utilisation des protéines alimentaires par l’organisme.

Une rétention d’azote plus élevée indique qu’une plus grande quantité de protéines est absorbée et intégrée aux tissus corporels, favorisant ainsi la croissance et la réparation musculaires. Une rétention plus faible suggère qu’un excès d’azote est excrété, ce qui reflète une utilisation moins efficace des protéines.

Des échantillons de tissu musculaire ont été analysés pour détecter des changements microscopiques dans la taille des fibres musculaires et les concentrations en acides aminés. De plus, des évaluations visuelles de la musculature ainsi que des mesures corporelles ont été effectuées afin de détecter d’éventuels changements de masse musculaire à plus grande échelle.

Résultats

Après 12 semaines, les chevaux nourris avec le régime standard ont retenu plus d’azote dans l’ensemble. Toutefois, les chevaux ayant reçu l’alimentation équilibrée en protéines présentaient des concentrations musculaires plus élevées d’acides aminés clés (arginine, leucine, méthionine, phénylalanine et valine).

De plus, le groupe ayant reçu un profil protéique idéal a montré un développement accru des muscles de l’encolure dès le début du programme d’entraînement, ainsi que des fibres musculaires de type II plus volumineuses dans les muscles fessiers à la fin de l’étude.

Conclusions et pertinence

Les auteurs ont conclu que les changements microscopiques dans la taille des fibres musculaires et l’augmentation des concentrations en acides aminés dans les muscles témoignent d’un meilleur développement musculaire. Bien que ces améliorations n’aient pas encore été visibles dans les mesures corporelles globales pendant la période d’étude, le maintien de ce régime alimentaire et de ce programme d’entraînement sur une plus longue durée pourrait potentiellement entraîner des gains musculaires visibles dans l’ensemble du corps.

Réponses locales et systémiques à des micro-biopsies répétées du muscle fessier chez des chevaux adultes sédentaires [29]

Local and systemic responses to repeated gluteal muscle microbiopsies in mature sedentary horses

Le prélèvement d’une biopsie musculaire consiste à effectuer une ponction de la peau et du muscle afin d’obtenir un échantillon de tissu. Dans plusieurs études équines, des biopsies sont effectuées à intervalles réguliers pour suivre l’évolution de biomarqueurs musculaires.

Toutefois, on ignore si des biopsies répétées influencent les biomarqueurs mesurés. Si les biopsies elles-mêmes modifient ces marqueurs, il devient difficile de déterminer si les changements observés sont causés par l’intervention étudiée ou simplement par l’échantillonnage répété.

Objectif et méthodologie

L’objectif de cette étude était de déterminer si des biopsies musculaires répétées influençaient la fonction mitochondriale, le statut antioxydant, l’inflammation et les marqueurs de lésions musculaires.

Afin d’y parvenir, les chercheurs ont prélevé des échantillons musculaires chez 26 chevaux répartis en quatre groupes selon la fréquence des prélèvements :

  • Sept chevaux ont subi une biopsie initiale, suivie d’une seconde après 24 heures.
  • Six chevaux ont subi une biopsie initiale, suivie d’une seconde après six heures.
  • Sept chevaux ont subi une biopsie initiale, suivie d’une seconde après six heures et d’une troisième après 12 heures.
  • Six chevaux ont subi une biopsie initiale, suivie d’une seconde après six heures, une troisième après 12 heures, et une quatrième après 24 heures.

Les chercheurs ont également recueilli des échantillons sanguins chez chaque cheval, en commençant 24 heures avant la première biopsie, puis toutes les six heures pendant un total de 72 heures.

Résultats

Certains marqueurs de la capacité mitochondriale (respiration de fuite (LEAK) et capacité de transfert d’électrons du complexe II) ainsi que de la densité volumique mitochondriale (mesurée par l’activité de la citrate synthase) ont été temporairement affectés par les prélèvements musculaires répétés. Toutefois, ces marqueurs sont revenus à la normale dans un délai de 12 heures.

L’activité de la créatine kinase sérique, un marqueur courant de dommages musculaires, a augmenté six heures après la première biopsie et est demeurée élevée pendant au moins 48 heures. Les autres marqueurs associés à la capacité oxydative, au statut antioxydant et à l’inflammation n’ont présenté aucun changement en lien avec les prélèvements musculaires répétés.

Conclusions et pertinence

Les biopsies musculaires répétées ont eu des effets mineurs et de courte durée sur certains des marqueurs étudiés, tandis que plusieurs n’ont montré aucun changement. L’exception notable est la créatine kinase sérique, dont les concentrations ont augmenté après les prélèvements et sont demeurées élevées durant toute la période d’étude.

Dans l’ensemble, chez les chevaux en bonne santé et non stressés, les biopsies répétées ne semblent pas affecter la majorité des marqueurs de manière considérable. Cependant, la prudence est de mise lors de l’interprétation des données sur la créatine kinase sérique issues d’études impliquant des biopsies successives, car les élévations pourraient refléter des dommages musculaires causés par le prélèvement plutôt que les effets réels du traitement.

Santé respiratoire

La santé respiratoire est essentielle à la performance, au confort et à la longévité du cheval, particulièrement chez les chevaux de sport ou de travail. De nouvelles recherches publiées en 2024 fournissent des pistes intéressantes sur le diagnostic et la prise en charge des pathologies respiratoires équines, en particulier l’asthme équin. Ces études ont exploré les profils moléculaires associés aux différentes formes d’asthme, soulignant le potentiel des traitements ciblés.

Les chercheurs ont également démontré que les variations saisonnières et environnementales influencent les résultats des tests respiratoires, ce qui met en lumière l’importance de ces facteurs lors du diagnostic. Ensemble, ces découvertes améliorent la capacité des vétérinaires à identifier plus précisément et à prendre en charge efficacement les maladies respiratoires chez les chevaux.

Des profils moléculaires distincts sous-tendent les profils cytologiques de l’asthme équin léger à modéré [30]

Distinct Molecular Profiles Underpin Mild-To-Moderate Equine Asthma Cytological Profiles

L’asthme équin léger à modéré est une cause fréquente de mauvaises performances chez les chevaux, en particulier chez les chevaux de course. Les vétérinaires diagnostiquent ce problème de santé à l’aide d’un lavage bronchoalvéolaire (LBA), une procédure qui permet de recueillir un échantillon de liquide des voies respiratoires afin d’identifier les types de cellules présentes.

Le LBA pourrait soutenir une approche de « médecine de précision » en permettant aux vétérinaires de choisir des traitements ciblés selon le type d’inflammation détecté chez un cheval donné. Toutefois, les tentatives antérieures de classification de l’asthme selon le type cellulaire prédominant dans les échantillons de LBA se sont avérées infructueuses.

Objectif et méthodologie

Les chercheurs voulaient déterminer si les chevaux atteints d’asthme équin léger à modéré pouvaient être regroupés en sous-types en fonction des protéines inflammatoires spécifiques présentes dans leurs voies respiratoires, plutôt que de se fier uniquement aux types cellulaires.

Ils ont analysé les échantillons de lavage bronchoalvéolaire et comparé des chevaux non asthmatiques à ceux correspondant à quatre types d’asthme préalablement identifiés selon le type cellulaire.

Résultats

Les chevaux présentant une inflammation principalement neutrophilique avaient des concentrations élevées de protéines associées aux voies inflammatoires classiques. En revanche, ceux ayant un plus grand nombre de mastocytes et d’éosinophiles présentaient des profils protéiques révélant une inflammation de type allergique.

Conclusions et pertinence

L’identification de sous-types spécifiques d’asthme en fonction des protéines inflammatoires pourrait aider les vétérinaires à choisir des traitements plus ciblés. Cette approche de précision pourrait améliorer l’efficacité des traitements, favoriser une meilleure gestion à long terme de l’asthme équin et soutenir les performances chez les chevaux qui font de l’exercice.

Influence des changements climatiques sur la santé respiratoire d’un troupeau de chevaux d’école d’équitation vivant à l’extérieur [31]

Influence of climatic changes on respiratory health in a teaching herd of outdoor-housed horses
Le lavage bronchoalvéolaire (LBA) est la principale méthode utilisée pour diagnostiquer l’asthme équin. Lors de cette procédure, un vétérinaire injecte une solution saline stérile dans les poumons du cheval, puis la récupère afin d’examiner les types de cellules présentes dans le liquide.

Comme certains cas d’asthme équin semblent liés à des variations saisonnières, climatiques et de température, des chercheurs se sont interrogés sur l’influence des conditions environnementales sur les résultats du LBA.

Objectif et méthodologie

Les chercheurs voulaient déterminer si les résultats du LBA étaient influencés par la saison et la température, même chez des chevaux ne présentant pas de maladie respiratoire sous-jacente.

Pour ce faire, ils ont réalisé des LBA et prélevé des biopsies de tissu pulmonaire sur 17 chevaux au printemps, en été et en hiver. Ils ont comparé les résultats entre les saisons afin d’identifier d’éventuelles variations associées à la température et à la période de l’année.

Résultats

Les résultats du lavage bronchoalvéolaire ont montré que le pourcentage de neutrophiles était plus élevé au printemps qu’en été, tandis que les niveaux d’éosinophiles étaient plus élevés en hiver qu’au printemps et en été.

Cependant, ces variations saisonnières observées dans les échantillons de LBA ne se reflétaient pas dans les résultats des biopsies de tissu.

Conclusions et pertinence

Cette étude suggère que, même chez des chevaux en santé, les résultats cellulaires d’un lavage bronchoalvéolaire peuvent varier selon le climat dans lequel le cheval vit. Par conséquent, l’interprétation d’un LBA nécessite une attention particulière au moment où le test est réalisé afin de garantir un diagnostic précis. Cette information pourrait permettre aux vétérinaires de diagnostiquer plus exactement les cas d’asthme équin à l’avenir.

Sciences vétérinaires

Les progrès en sciences vétérinaires améliorent constamment la qualité des soins offerts aux chevaux, en bonifiant les diagnostics, les traitements et la prise de décision clinique. Des recherches menées en 2024 mettent en lumière des innovations dans l’évaluation des risques liés à l’anesthésie, l’utilisation de l’intelligence artificielle pour le diagnostic ophtalmologique, et l’application de l’échographie dans la gestion des coliques sur le terrain.

Ces avancées offrent aux vétérinaires des outils puissants et des données probantes qui contribuent à affiner les protocoles de traitement, à améliorer les résultats cliniques et à soutenir une prise de décision éclairée dans la pratique équine quotidienne.

Évaluation des risques liés à l’anesthésie équine : première analyse de l’utilité, de la facilité d’utilisation et de la valeur prédictive de l’outil CHARIOT en deux volets [32]

Risk assessment in equine anesthesia: a first evaluation of the usability, utility and predictivity of the two-part CHARIOT

L’anesthésie générale est une procédure médicale au cours de laquelle le cheval est entièrement sous sédation, inconscient et incapable de ressentir la douleur. Elle est généralement utilisée lors de chirurgies majeures, d’examens diagnostiques complexes ou de traitements nécessitant une immobilisation complète, comme la chirurgie orthopédique, la chirurgie pour les coliques ou certains examens d’imagerie (l’IRM ou la tomodensitométrie, par exemple).

Chez les chevaux, l’anesthésie générale représente une procédure à haut risque, avec un taux de mortalité estimé à environ 1 % des événements anesthésiques. [33]

Chez d’autres espèces, des outils d’évaluation du risque permettent d’identifier les patients à risque élevé de complications anesthésiques, ce qui aide à limiter les risques avant et pendant l’intervention. À l’heure actuelle, il n’existe aucun outil d’évaluation du risque validé en médecine équine.

Objectif et méthodologie

Les chercheurs ont voulu analyser l’efficacité d’un outil d’évaluation du risque chez les chevaux devant subir une anesthésie, appelé CHARIOT, soit l’acronyme pour Combined Horse Anesthetic Risk Identification and Optimization Tool (outil combiné d’identification et d’optimisation du risque anesthésique équin).

Cet outil combine un outil d’évaluation du risque anesthésique développé en médecine humaine avec une échelle de risque supplémentaire proposée dans la littérature équine, mais qui n’est pas encore validée.

Les chercheurs ont évalué 300 chevaux à l’aide des deux échelles précédemment développées, de façon individuelle et combinée (CHARIOT), et ont comparé les résultats aux complications pré- et post-anesthésie de chaque cheval.

Résultats

Les trois notes d’évaluation ont démontré une association avec le taux de mortalité. Toutefois, l’analyse finale a déterminé que la note d’évaluation CHARIOT n’était pas un meilleur prédicteur des complications ou de la mortalité que chacun de ses composants pris séparément.

Conclusions et pertinence

Les trois systèmes de notation évalués se sont révélés efficaces pour prédire le risque de décès chez les chevaux sous anesthésie générale. Les vétérinaires peuvent s’appuyer sur ces outils pour repérer les cas à risque élevé qui requièrent une surveillance et un soutien accrus pendant l’anesthésie.

D’autres recherches sont nécessaires afin de développer un outil pratique et fiable permettant de prédire avec précision les complications anesthésiques chez les chevaux.

Comparaison entre des vétérinaires et un outil d’apprentissage profond pour le diagnostic des maladies ophtalmiques équines [34]

Comparison of veterinarians and a deep learning tool in the diagnosis of equine ophthalmic diseases

L’uvéite équine est une inflammation de l’uvée, la couche intermédiaire de l’œil, comprenant notamment l’iris et le corps ciliaire. Il s’agit de la principale cause de cécité chez les chevaux, menant souvent à l’ablation chirurgicale de l’œil atteint. Un diagnostic rapide permet de réduire considérablement les risques de perte de vision et d’intervention chirurgicale.

La capacité à diagnostiquer rapidement l’uvéite pourrait contribuer à préserver la vision et éviter la chirurgie chez les chevaux atteints. Un diagnostic précis permet également aux vétérinaires de référer les cas à des spécialistes en ophtalmologie, qui sont mieux outillés pour gérer des cas complexes.

Objectif et méthodologie

Les chercheurs ont évalué si un outil d’apprentissage profond (intelligence artificielle) pouvait aider les vétérinaires à diagnostiquer l’uvéite équine. Pour développer cet outil, ils l’ont entraîné à partir de 2 346 images ophtalmologiques de chevaux atteints de diverses pathologies oculaires.

Une fois entraîné, l’outil a été testé sur 40 nouvelles images ophtalmologiques équines. Pour évaluer son efficacité, les mêmes images ont également été soumises à l’examen de 148 vétérinaires, permettant ainsi de comparer la justesse des diagnostics de l’IA avec ceux des vétérinaires.

Résultats

Le programme d’intelligence artificielle a correctement identifié la réponse dans 93 % des cas, contre 76 % pour les vétérinaires équins. Les vétérinaires ne se spécialisant pas en médecine équine ont identifié la bonne réponse dans 67 % des cas.

Conclusions et pertinence

Le programme d’IA s’est montré au moins aussi performant que les vétérinaires équins pour diagnostiquer des maladies oculaires à partir de photos. Il pourrait donc constituer un outil utile sur le terrain, en particulier pour les vétérinaires ayant moins d’expérience en ce qui a trait aux pathologies oculaires équines.

Étude préliminaire sur l’utilisation de l’échographie abdominale rapide chez des chevaux souffrant de coliques en pratique ambulatoire de première ligne [35]

Preliminary study to evaluate the use of fast abdominal ultrasonography of horses with colic in first opinion ambulatory practice
Les coliques constituent l’urgence la plus fréquente en médecine équine générale. Il est essentiel de déterminer rapidement si un cheval souffrant de colique a besoin d’une chirurgie, car une intervention rapide est associée à de meilleurs taux de survie.

L’échographie abdominale est un outil fréquemment utilisé dans les hôpitaux de référence lors de l’évaluation d’un cheval souffrant de coliques, car elle permet aux vétérinaires d’examiner la position et l’intégrité du tractus intestinal.

Cependant, l’échographie abdominale n’est généralement pas utilisée en pratique vétérinaire générale lors de l’évaluation initiale d’un cas de colique. Contrairement aux hôpitaux de référence, qui sont des établissements spécialisés dotés d’équipements de diagnostic avancés et de capacités chirurgicales de point, les cliniques vétérinaires générales gèrent généralement les problèmes de santé courants et les urgences directement sur place, et déterminent si un cas nécessite un transfert vers un hôpital de référence pour un traitement spécialisé.

Objectif et méthodologie

Cette étude visait à déterminer si l’échographie abdominale constitue un complément pertinent à l’évaluation des coliques chez les chevaux en pratique générale.

De 2018 à 2021, des vétérinaires ont utilisé un appareil échographique portatif sans fil pour effectuer des échographies abdominales sur des chevaux présentant des signes de coliques. Les chercheurs ont enregistré les résultats des échographies et suivi l’évolution des cas afin d’évaluer si l’échographie permettait d’identifier les pathologies graves dès leurs premiers stades de développement.

Résultats

Parmi les 135 chevaux examinés, 36 % présentaient une anomalie significative à l’échographie abdominale, et 38 % montraient une motilité réduite de l’intestin grêle. La distension de l’intestin grêle était le facteur associé au plus faible taux de survie selon les observations échographiques.

Conclusions et pertinence

Cette étude suggère que l’échographie abdominale peut être utilisée efficacement en médecine vétérinaire équine générale, et que les résultats obtenus permettent d’orienter les vétérinaires dans leurs prédictions quant au pronostic, ce qui aide les propriétaires à prendre des décisions concernant l’euthanasie ou le transfert vers un établissement de chirurgie spécialisé.

Bien-être et comportement

Le bien-être et le comportement équin sont étroitement liés, influençant tant la santé physique que l’état émotionnel des chevaux. En 2024, de nouvelles recherches ont offert de nouvelles perspectives sur des approches éducatives efficaces, la juste interprétation des émotions équines, l’évaluation de méthodes de maniement traditionnelles, ainsi que les effets des systèmes de gestion et des méthodes d’entraînement.

Ces études contribuent à combler le fossé entre la science et les pratiques quotidiennes, permettant aux propriétaires et aux soigneurs de chevaux de prendre des décisions éclairées, fondées sur des données probantes, en vue d’améliorer le bien-être et de renforcer la relation humain-cheval.

Données préliminaires soutenant l’utilisation des balados sur les sciences équines pour combler le fossé entre les spécialistes des sciences équines et les passionnés de chevaux afin d’améliorer le bien-être [36]

Preliminary evidence supporting the use of equine science podcasts to bridge the gap between scientists and horse enthusiasts to improve welfare

Malgré l’existence de nombreuses études sur les chevaux, les scientifiques et vétérinaires ont souvent de la difficulté à partager efficacement leurs découvertes aux propriétaires de chevaux et à la communauté équestre en général. Un manque d’accès à l’éducation peut engendrer des problèmes fréquents, tels que de la confusion concernant l’utilisation de couverture, les stratégies alimentaires ou les soins généraux.

Récemment, les balados éducatifs ont gagné en popularité et pourraient offrir une nouvelle manière de transmettre efficacement les connaissances scientifiques équines aux propriétaires de chevaux.

Objectif et méthodologie

Des chercheurs ont mené un sondage auprès de 54 auditeurs d’un balado scientifique équin bien connu afin de comprendre comment ces personnes interagissent avec l’information scientifique diffusée dans les épisodes.

Le sondage demandait à ces auditeurs de décrire le rapport qu’ils entretenaient avec le contenu scientifique et si les épisodes les avaient amenés à faire des changements dans leur approche des soins ou de l’entraînement de leurs chevaux. Les répondants étaient également invités à expliquer les changements qu’ils avaient effectués et les raisons justifiant ces ajustements.

Résultats

74 % des répondants ont modifié leurs principes de gestion ou d’entraînement à la suite des informations apprises via le balado. Parmi eux, 55 % avaient effectué des changements à la fois en réponse au sujet principal traité dans l’épisode et à des recherches complémentaires que le balado leur avait inspirées. 98 % des répondants étaient satisfaits des changements effectués.

Conclusions et pertinence

Les répondants estimaient que le balado les aidait à comprendre des sujets de recherche complexes dans un cadre positif et bienveillant. En fournissant aux auditeurs davantage d’informations, le balado les encourageait à poursuivre leurs propres recherches et à prendre des décisions fondées sur des données probantes pour améliorer le bien-être de leurs chevaux grâce à des décisions en matière de gestion et de soins.

Les balados pourraient représenter un moyen accessible et bénéfique de rapprocher les propriétaires de chevaux des avancées en sciences équines.

Arrivez-vous à voir clairement ? Évaluation de la capacité humaine à catégoriser les réponses comportementales équines dans les médias [37]

Success of human categorisation of horse behavioural responses depicted in media

Savoir interpréter les émotions de votre cheval est essentiel pour assurer son bien-être et la sécurité des humains. Toutefois, les humains éprouvent souvent des difficultés à interpréter correctement le comportement des chevaux, s’appuyant fréquemment sur des explications anthropomorphiques, c’est-à-dire en attribuant des émotions ou intentions humaines aux chevaux, plutôt que sur une évaluation objective des comportements.

Objectif et méthodologie

Les auteurs de cette étude ont évalué la capacité des participants à interpréter correctement les expériences vécues par un cheval lors de ses interactions avec des humains, en les comparant aux interprétations d’experts en comportement équin.

534 participants ont visionné 22 vidéos et 9 photos d’interactions cheval-humain, puis les ont classées comme positives, probablement positives, neutres, probablement négatives ou négatives. Leurs réponses ont été comparées à celles des experts.

Résultats

Les réponses des participants correspondaient aux évaluations des experts dans seulement 52,5 % des cas. Les interactions manifestement positives ou négatives étaient mieux reconnues, tandis que les interactions plus subtiles étaient plus difficiles à interpréter avec exactitude.

Lorsque les interactions étaient simplement classées comme « positives » ou « négatives », l’accord avec les experts montait à 78,5 %. Les répondants ayant plus d’expérience avec les chevaux étaient plus aptes à reconnaître les interactions clairement positives ou négatives, mais leur performance dans les cas plus subtils ou neutres ne surpassait pas celle des participants moins expérimentés.

Conclusions et pertinence

Dans l’ensemble, les participants parvenaient généralement à identifier les interactions manifestement positives ou négatives entre les chevaux et les humains, mais avaient de la difficulté à percevoir les signaux comportementaux plus subtils liés aux émotions équines. Même les personnes ayant une vaste expérience des chevaux éprouvaient des difficultés à classer correctement ces interactions.

Lorsque l’état émotionnel d’un cheval n’est pas reconnu correctement, cela peut engendrer des problèmes de bien-être ou une maltraitance involontaire. L’apprentissage du comportement équin est un processus continu, et les cavaliers devraient constamment chercher à affiner leur compréhension de leurs partenaires équins.

Obéissance ou confusion ? L’utilité d’un bandeau sur les yeux des chevaux comme technique de maniement [38]

Compliance or confusion? The usefulness of blindfolding horses as a handling technique

On croit souvent que bander les yeux des chevaux les rend plus faciles à manier dans des situations d’urgence, comme lors de l’évacuation d’une écurie en cas d’incendie. Toutefois, cette croyance largement répandue dans le milieu équestre n’avait jamais été vérifiée scientifiquement.

Une bonne compréhension des pratiques optimales de sauvetage d’animaux de grande taille peut améliorer les chances de réussite d’une évacuation tout en assurant la sécurité des chevaux et des humains.

Objectif et méthodologie

Les chercheurs ont étudié l’effet de l’utilisation d’un bandeau sur les yeux sur le maniement des chevaux en contexte d’urgence. Chaque cheval a été soumis à deux tests, soit être mené hors d’un box et traverser un parcours d’obstacles et ce, avec et sans bandeau sur les yeux.

Le parcours d’obstacles les amenait à zigzaguer entre des cônes, à reculer dans un couloir étroit, à marcher sur une bâche, ainsi qu’à franchir une « porte » constituée de nouilles de piscine qui frôlaient les épaules et les flancs des chevaux.

Résultats

De manière générale, il a fallu plus de temps aux chevaux portant un bandeau sur les yeux pour être menés à travers le parcours. De plus, avec ces chevaux, une pression accrue sur la longe a été nécessaire par rapport à ceux qui ne portaient pas de bandeau. Les chevaux aux yeux bandés présentaient également plus de comportements d’évitement ou de refus actif, comme reculer ou lever la tête.

L’obstacle visuellement effrayant de la « porte » était plus facile à franchir pour les chevaux portant un bandeau que pour ceux qui voyaient.

Conclusions et pertinence

Le port du bandeau oculaire ralentissait le maniement et le rendait plus difficile dans la majorité des situations, ce qui signifie qu’il ne constitue pas une méthode efficace en cas d’évacuation d’urgence.

Le bandeau peut aider les chevaux à affronter certaines situations visuellement effrayantes, mais il ne devrait être utilisé que dans des contextes non urgents, lorsque le temps n’est pas un enjeu.

L’impact des systèmes de pâturage restreint sur le comportement et le bien-être des poneys [39]

The impact of restricted grazing systems on the behaviour and welfare of ponies

L’obésité équine soulève de nombreuses préoccupations en matière de santé et de bien-être, et elle est très répandue dans le monde des chevaux. Les programmes de perte de poids pour les chevaux et les poneys incluent souvent la restriction du pâturage. Toutefois, empêcher les chevaux d’adopter ce comportement alimentaire naturel pourrait nuire à leur bien-être mental et limiter l’expression d’autres comportements.

Les systèmes de pâturage en bandes et les systèmes de pistes (track systems) sont fréquemment utilisés pour réduire l’accès à l’herbe tout en permettant aux chevaux d’exprimer des comportements naturels. Ces deux méthodes consistent à déplacer graduellement la clôture dans le pâturage afin d’élargir l’accès à une zone de pâturage, tout en limitant l’exposition à l’herbe luxuriante.

Objectif et méthodologie

Des chercheurs ont comparé les effets d’un système de pâturage en bandes et d’un système de pistes sur le comportement et les habitudes alimentaires d’un groupe de poneys, afin de déterminer quel système de gestion du poids favoriserait une expression accrue de comportements naturels.

Trente-cinq poneys vivant à l’extérieur au sein de quatre troupeaux préexistants ont été observés. Chaque groupe a passé quatre semaines sur un système de pâturage en bandes, puis quatre semaines sur un système de pistes, selon un ordre aléatoire. Le comportement a été évalué pendant 24 heures, une fois par semaine, et les déplacements ont été suivis à l’aide de capteurs GPS fixés au licou.

Résultats

Les poneys bougeaient plus fréquemment et parcouraient de plus grandes distances sur le système de pistes, bien que le comportement général de pâturage ait été similaire pour les deux systèmes.

Les poneys ont montré davantage d’interactions agonistiques (agressives) sur le système de pâturage en bandes que sur le système de pistes. Toutefois, le niveau d’agressivité était plus élevé pour les deux systèmes durant la première semaine, lorsque l’espace était le plus restreint.

Aucune des deux méthodes de pâturage n’a eu d’effet significatif sur la perte de poids pendant la courte durée de l’étude.

Conclusions et pertinence

Cette étude confirme les résultats antérieurs selon lesquels offrir aux chevaux une aire de sortie plus grande réduit les interactions agonistiques (agressives).

Bien qu’aucun des systèmes n’ait été évalué suffisamment longtemps pour entraîner une perte de poids notable, les données comportementales suggèrent que le système de pistes favorise davantage les comportements naturels et le mouvement que le système de pâturage en bandes. Ainsi, le système de pistes pourrait représenter une méthode de gestion du poids plus respectueuse du bien-être équin.

Hyperflexion de l’encolure du cheval : revue systématique et méta-analyse [40]

Hyperflexing the horse’s neck: a systematic review and meta-analysis

L’hyperflexion, ou « rollkur », est une technique d’équitation controversée dans laquelle le nez du cheval est ramené vers le poitrail sous l’effet de la force exercée par les aides du cavalier ou de l’équipement restrictif.

De nombreux cavaliers reconnaissent les impacts négatifs de cette position sur le bien-être du cheval, mais certaines personnes continuent de prétendre qu’elle présente des avantages pour le cheval.

Objectif et méthodologie

Les auteurs ont mené une revue systématique de 58 études évaluées par des pairs portant sur l’hyperflexion afin de tirer des conclusions générales sur cette technique à partir de l’ensemble des données disponibles.

Parmi les sous-thèmes examinés, les thèmes les plus fréquemment abordés dans la littérature concernaient les impacts de l’hyperflexion sur le bien-être et les performances.

Résultats

75 % des études ont conclu que le bien-être équin était compromis par l’hyperflexion, tandis que 22 % n’ont trouvé aucun effet, et seulement 3 % (une seule étude) ont observé un effet positif. Le niveau d’entraînement en dressage, l’expérience antérieure du cheval avec cette position, le degré d’hyperflexion ou la durée pendant laquelle elle était maintenue n’avaient aucune influence sur les résultats liés au bien-être.

65 % des études n’ont relevé aucun avantage sur les performances.

Conclusions et pertinence

Le regroupement de résultats issus de plusieurs études sur un même sujet fournit des preuves plus solides pour étayer une conclusion qu’une seule étude individuelle. Cette revue a démontré que l’hyperflexion a des effets néfastes sur le bien-être, indépendamment des facteurs liés au cheval, que certains pourraient invoquer comme ayant un effet potentiel sur les résultats.

Les impacts sur le bien-être équin dépassent largement les avantages potentiels, qui ne sont pas étayés par des données solides.

Résumé

  • Les recherches menées en 2024 ont considérablement enrichi notre compréhension de la santé, des soins et de la gestion des chevaux, en abordant des questions clés et en ouvrant la voie à de futures études.
  • Bien que ce résumé ne présente qu’un aperçu du travail remarquable accompli par les chercheurs du monde entier, il illustre leur engagement constant en faveur du bien-être équin.
  • C’est grâce à des études comme celles-ci que l’on peut formuler des recommandations fondées sur des données probantes, offrant aux propriétaires de chevaux des outils et des connaissances novateurs pour soutenir la santé, les performances et la qualité de vie de leurs chevaux.
  • Vous pouvez contribuer à diffuser ces connaissances précieuses dans la communauté équestre en partageant ce résumé de recherche avec d’autres propriétaires de chevaux et professionnels de l’industrie.
  • À la recherche d’autres découvertes ? Cliquez ici pour consulter notre résumé des études les plus marquantes de 2023.
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Références

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