Le coup de sang chez les chevaux est un terme familier pour la rhabdomyolyse d’effort (RE), une affection impliquant des crampes et des lésions musculaires liées à l’exercice. Elle est aussi parfois appelée myosite.
Certains chevaux subissent un seul épisode de coup de sang tandis que d’autres en souffrent de manière récurrente. Lors d’un épisode, le cheval affecté devient raide et est réticent à bouger. Il n’arrive à faire que des enjambées courtes et semblent traîner du pied.
Dans les cas graves, un cheval montre des signes de détresse y compris des piaffements, une transpiration excessive ainsi qu’une respiration rapide et superficielle due à la douleur associée à cette maladie.
Les épisodes de coup de sang doivent être pris au sérieux. Si votre cheval présente des signes, un vétérinaire doit être contacté immédiatement. Le vétérinaire peut aider à déterminer s’il s’agit d’un cas sporadique ou si votre cheval est génétiquement susceptible aux épisodes récurrents de RE.
Les cas sporadiques surviennent généralement en raison de déséquilibres alimentaires, d’une perte excessive d’électrolytes ou de routines d’exercice mal gérées. La correction de ces problèmes aidera à prévenir de futurs épisodes.
La gestion de la nutrition et de l’exercice est importante pour les chevaux génétiquement prédisposés au coup de sang. Par exemple, les chevaux atteints de myopathie à stockage des polysaccharides (PSSM en anglais) ont des problèmes de stockage du sucre dans leurs muscles. Ils doivent suivre un régime pauvre en sucre et en amidon et faire de l’exercice régulièrement pour réduire le risque de RE.
Les chevaux ayant de mauvaises performances physiques peuvent souffrir de rhabdomyolyse d’effort subclinique sans symptômes apparents.
Dans le présent article, nous explorerons les différents types de rhabdomyolyse d’effort, ainsi que les stratégies pour prévenir et gérer cette affection.
Types de coups de sang
Il existe deux principaux types de rhamdomyolyses observés chez les chevaux : les cas sporadiques (aigus) et les cas récurrents. [1]
1) Rhabdomyolyse d’effort sporadique
Les cas aigus ou sporadiques ne sont pas liés à une maladie génétique sous-jacente. Au lieu de cela, ces épisodes peuvent être liés à des facteurs externes, tels que la gestion, la nutrition ou l’exercice. Cela survient le plus souvent lorsqu’un cheval fait de l’exercice au-delà de son niveau de conditionnement.
Les changements alimentaires et les ajustements de la routine d’exercice de votre cheval peuvent aider à réduire le risque de coup de sang. En particulier, les trois interventions suivantes peuvent avoir un impact significatif :
- Assurer un apport adéquat en électrolytes et en eau
- S’assurer que les besoins en vitamine Ede votre cheval sont comblés
- S’assurer que les besoins en sélénium de votre cheval sont comblés
Éviter les longues périodes de repos avant un exercice intense peut également réduire le risque.
2) Rhabdomyolyse d’effort chronique
Les cas chroniques sont souvent dus à une anomalie génétique sous-jacente qui affecte le fonctionnement des cellules musculaires. Les types les plus courants sont :
- La rhabdomyolyse d’effort récurrente (RER)
- La myopathie à stockage des polysaccharides de type 1 et 2 (PSSM1 et PSSM2 en anglais)
Heureusement, ces chevaux bénéficient également de pratiques de gestion permettant réduire la fréquence des épisodes de coup de sang. Des changements au programme alimentaire et d’exercice peuvent être recommandés par votre nutritionniste ou vétérinaire.
Si votre cheval a vécu un épisode de myosite, s’il est génétiquement prédisposé à cette maladie, ou si vous soupçonnez un cas de coup de sang subclinique, soumettez le régime alimentaire de votre cheval pour une analyse nutritionnelle gratuite afin d’identifier les facteurs de risque potentiels et les stratégies de prévention.
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Prévalence et facteurs de risque
Rhabdomyolyse d’effort aiguë
Les cas sporadiques de RE peuvent survenir chez n’importe quel cheval de tout âge, race ou discipline. Elle est le plus souvent observée chez les chevaux qui s’entraînent au-delà de leur niveau de conditionnement. D’autres facteurs de risque pouvant entraîner une RE sporadique incluent :
- Le surmenage
- L’épuisement dû à la chaleur
- Le temps chaud et humide
- Les déséquilibres électrolytiques
- Les déséquilibres en vitamines et minéraux
Rhabdomyolyse d’effort chronique
La rhabdomyolyse d’effort récurrente (RER) affecte entre 5 et 7 % des Pur-sang et Standardbreds de course. Au cours d’une saison de course typique, il est possible que jusqu’à 17 % des chevaux ne soient plus en mesure de concourir à nouveau en raison de la RER. [2][3]
On pense que les chevaux sont prédisposés au coup de sang en fonction de plusieurs facteurs de risque : [4]
- Génétique : la RER chez les Pur-sang et les Standardbreds pourrait avoir été sélectionnée par inadvertance en faisant l’élevage de chevaux dans le but d’atteindre des temps de course plus rapides [2]
- Sexe : les juments sont plus susceptibles d’être affectées que les mâles
- Âge : les jeunes chevaux sont les plus susceptibles de subir des épisodes graves
- Tempérament : les chevaux ayant une personnalité nerveuse et excitée sont plus susceptibles d’être affectés que les chevaux calmes
- Boiterie : les chevaux souffrant de toute forme de boiterie sont plus susceptibles de subir un coup de sang
- Régime alimentaire : les régimes riches en céréales peuvent augmenter le risque
- Routine d’exercice : les chevaux qui se reposent plus d’une journée avant un exercice intense
La myopathie à stockage des polysaccharides (PSSM) est une maladie héréditaire qui affecte principalement les Quarter Horses et les races apparentées telles que les Paints et les Appaloosas. Elle peut également affecter les chevaux de trait et les warmbloods.
Chez les Quarter Horses, la prévalence de la PSSM Type 1 a été estimée entre 6 et 12 % et pourrait être plus élevée dans certaines lignées familiales. [5]
Chez les Percheron et les Belges, la prévalence de la PSSM1 est respectivement d’environ 60 % et 40 %. [5]
Symptômes du coup de sang
Que votre cheval subisse un coup de sang pour la première fois ou que ce soit un problème récurrent, les épisodes peuvent sembler similaires.
Si vous avez déjà ressenti des crampes aux mollets après l’exercice, vous avez une idée de la sensation qu’éprouve un cheval vivant un épisode de myosite. Chez les chevaux, elle affecte des groupes musculaires beaucoup plus grands, généralement l’arrière-train, et parfois les muscles des épaules et du dos.
Elle peut se produire pendant ou après l’exercice et durer plusieurs heures, provoquant une douleur et une détresse importantes chez l’animal.
Les signes courants de coup de sang incluent :
- Une réticence soudaine à se déplacer
- Une démarche courte et saccadée (pouvant être confondue avec la laminite)
- Une transpiration abondante
- Des tremblements musculaires
- Des muscles durs et douloureux à la palpation
- Des symptômes de type coliques indiquant une douleur significative y compris :
- Une respiration et une fréquence cardiaque rapides
- Des piaffements
- Des tentatives pour s’étendre
- Le cheval qui se tourne pour regarder ses flancs
- Une diminution de la miction
- Une urine brun foncé
Au fur et à mesure que l’épisode progresse, le cheval peut devenir gravement déshydraté en raison de la transpiration abondante. Le cheval peut développer une hyperthermie (surchauffe) due à des spasmes musculaires et des tremblements continus si la transpiration n’est pas suffisante pour le refroidir.
Les chevaux peuvent avoir une urine foncée et des muqueuses foncées dans la bouche en raison de la déshydratation. De plus, les chevaux qui font une myosite sont à risque lésions et d’insuffisance rénales. En grandes quantités, les métabolites de la dégradation musculaire sont toxiques pour les reins. La combinaison de la déshydratation et de l’accumulation de ces métabolites toxiques peut endommager les reins de manière irréversible.
Le coup de sang impliquant une réticence à bouger et des douleurs significatives est une pathologie grave qui nécessite une intervention vétérinaire.
Plusieurs symptômes de la RE peuvent être confondus avec des coliques ou la laminite. Pour obtenir un diagnostic et un traitement appropriés, il est important de connaître le plan alimentaire du cheval, son programme d’exercice ainsi que ses antécédents médicaux.
Certains chevaux peuvent souffrir d’épisodes subcliniques de rhabdomyolyse à l’effort avec des signes moins évidents. Ces chevaux peuvent présenter une mauvaise performance à l’exercice, des muscles douloureux et une difficulté à maintenir le rassembler pendant la monte.
Physiologie musculaire de l’exercice
Pour comprendre cette pathologie, il est important de savoir à quoi ressemble la fonction musculaire normale lors de l’exercice chez le cheval.
Le calcium est un macrominéral important qui fonctionne comme un régulateur de la contraction musculaire et de la production d’énergie dans les cellules musculaires.
Lorsque le muscle est détendu, le calcium est stocké dans des compartiments spécifiques de la cellule appelés le réticulum sarcoplasmique. Lorsque le système nerveux ordonne aux muscles de se contracter, ce calcium est libéré pour se lier aux fibres musculaires et provoquer leur contraction.
Le calcium stimule également la production d’énergie au sein de la cellule pour soutenir la contraction musculaire. Pour que le muscle se détende, le calcium doit être ramené dans les compartiments spécialisés. Ce cycle se répète à chaque contraction et relaxation du muscle. [6]
Que se passe-t-il lorsqu’un cheval fait un coup de sang?
Bien qu’on ne connaisse pas entièrement les causes de la RE, les recherches les plus récentes suggèrent qu’elle est due à une régulation anormale du calcium dans les cellules musculaires.
Le pompage du calcium vers les compartiments de stockage nécessite de l’énergie cellulaire. Si cette énergie est épuisée pendant l’exercice intense, trop de calcium restera en dehors de ces compartiments.
Cette accumulation excessive de calcium empêche les muscles de se détendre et les maintient en état de contraction. Cet état utilise plus d’énergie cellulaire et déclenche un cercle vicieux.
Des niveaux élevés de calcium en dehors des compartiments spécialisés peuvent endommager les membranes cellulaires, entraînant la mort des cellules musculaires (apoptose). Le contenu des cellules musculaires peut pénétrer dans la circulation sanguine, ce qui met à rude épreuve les reins et les voies de détoxification. Dans les cas graves, cela peut provoquer une insuffisance rénale aiguë et être fatal.
Les chevaux présentant des anomalies génétiques qui les prédisposent à la rhabdomyolyse d’effort récurrente peuvent être moins efficaces pour réinjecter le calcium dans le réticulum sarcoplasmique. Ils peuvent également avoir une libération excessive de calcium dans les cellules.
La raison précise de cette dysrégulation du calcium diffère selon les variants génétiques. [6]
Diagnostic
Votre vétérinaire établira un diagnostic en fonction du cheval présentant une raideur musculaire et des douleurs après l’exercice.
Un test sanguin peut révéler l’étendue des dommages musculaires en mesurant les niveaux d’enzymes musculaires dans le sang, y compris : [1]
- La créatine kinase (CK)
- L’aspartate transaminase (AST)
- La lactate déshydrogénase (LDH)
Selon le moment où l’échantillon de sang est prélevé par rapport à l’épisode de myosite, les niveaux de ces enzymes varieront. Les niveaux de CK et de LDH atteignent leur maximum plus tôt que l’AST et sont éliminés plus rapidement du sang que l’AST.
Dans les cas graves, les analyses de sang peuvent également révéler des déséquilibres électrolytiques dus à une transpiration excessive. Cela peut inclure de faibles niveaux de sodium, de chlorure, de calcium, de potassium et de phosphore dans le sang.
Enfin, un échantillon d’urine peut également être prélevé pour mesurer les niveaux de myoglobine, une protéine musculaire. Si la myoglobine urinaire est élevée, cela confirme le diagnostic de lésions et de dégradation musculaires excessives.
Tests d’exercice contrôlés
Si vous suspectez que votre cheval pourrait avoir des épisodes subcliniques de coup de sang qui affectent ses performances, votre vétérinaire peut choisir de faire un test d’exercice contrôlé. Cela implique généralement 15 minutes d’exercice léger suivi d’un test sanguin 4 à 6 heures plus tard.
Les chevaux atteint de rhabdomyolyse subclinique qui ne présentent pas de symptômes évidents ou graves peuvent toujours présenter des niveaux élevés de CK dans les analyses sanguines. Cela indique que des dommages musculaires sont en cours.
Diagnostic de la PSSM
Des tests génétiques peuvent être effectués pour identifier et classifier correctement la PSSM1/2 ou d’autres maladies génétiques qui prédisposent les chevaux au coup de sang. Des biopsies musculaires peuvent également être effectuées pour évaluer l’étendue des anomalies dans la structure et la composition des cellules musculaires.
Les chevaux atteints de PSSM présentent une accumulation excessive et anormale de glycogène (sucre) dans leurs muscles squelettiques, ce qui affecte le fonctionnement musculaire. Cela est souvent diagnostiqué par des biopsies musculaires qui révèlent des accumulations anormales de polysaccharides qui sont moins facilement décomposées par les enzymes. [7]
Traitement et gestion du rétablissement
Au stade aigu, le vétérinaire se concentrera sur le confort de votre cheval en le refroidissant, en réduisant l’anxiété et en soulageant la douleur musculaire. Cela implique généralement un traitement avec des tranquillisants ou des sédatifs, des relaxants musculaires et des analgésiques pour la gestion de la douleur.
Il est également crucial de remplacer les fluides et les électrolytes perdus par une transpiration excessive et de minimiser le risque de lésions rénales.
Pour les chevaux présentant des cas légers à modérés, de l’eau et des électrolytes peuvent être fournis à volonté ou administrés par sonde nasogastrique. Dans les cas graves, le remplacement des électrolytes et des fluides par voie intraveineuse est souvent nécessaire.
Après un épisode de myosite, votre cheval doit être méticuleusement pris en charge pendant sa récupération. Certaines stratégies de gestion durant les premiers jours incluent : [1]
- Garder le cheval au repos au box pendant les premières 24 heures
- Limiter le temps de sortie à l’extérieur dans des petits enclos avec une stimulation minimale
- La marche en main peut être effectuée si le cheval y est disposé, mais ne doit pas dépasser 5 à 10 minutes à la fois
Votre vétérinaire peut décider de répéter les analyses de sang après quelques jours pour évaluer si les niveaux d’enzymes sont revenus à la normale, après quoi l’entraînement peut reprendre progressivement avec un programme d’exercice cohérent.
Stratégies de prévention
L’adoption de stratégies de prévention appropriées dépendra de la cause sous-jacente de la RE. Tous les chevaux sont susceptibles de présenter des cas sporadiques de RE qui ne sont pas liés à des anomalies génétiques.
Cependant, les pouliches de race Pur-sang et Standardbred ayant une disposition nerveuse ainsi que les chevaux avec des antécédents familiaux connus de RE doivent être gérés avec soin.
Suivre quelques principes de base peut aider à diminuer le risque de coup de sang et prévenir de futurs épisodes. [1]
1) Offrir un régime pauvre en amidon et riche en matières grasses
Le fourrage doit constituer la majorité du régime alimentaire de tout cheval. Pour les chevaux à l’exercice, du foin de bonne qualité doit être fourni à raison d’au moins 1,5 à 2 % de leur poids corporel.
Dans la mesure du possible, les besoins caloriques supplémentaires doivent être comblés par des aliments pauvres en glucides non structuraux (GNS). Idéalement, moins de 20 % des calories quotidiennes devraient provenir des GNS (amidon + sucres solubles dans l’éthanol).
Les chevaux à l’exercice peuvent s’adapter à des régimes riches en matières grasses en fournissant des huiles comme source d’énergie substantielle. En ce qui a trait aux chevaux qui font beaucoup d’exercice, jusqu’à 25 % de leurs besoins caloriques quotidiens peuvent être comblés par les matières grasses.
Les huiles riches en acides gras oméga-3 ont des bienfaits anti-inflammatoires supplémentaires qui favorisent la récupération après l’exercice.
Pour les chevaux nerveux et anxieux, remplacer l’amidon par des graisses dans l’alimentation peut avoir un effet calmant et diminuer leur risque de coup de sang.
2) Fournir suffisamment de vitamine E et de sélénium
La vitamine E et le sélénium travaillent en étroite collaboration pour soutenir l’activité antioxydante dans toutes les cellules du corps.
Il est particulièrement important de s’assurer que les besoins des chevaux à l’exercice sont comblés. L’exercice et le catabolisme des nutriments pour produire de l’énergie créent un excès de radicaux libres (oxydants) qui peuvent causer des dommages aux cellules s’ils ne sont pas neutralisés par les antioxydants.
Dans son document Nutrient Requirements for Horses, le National Research Council (NRC) indique que le besoin quotidien en vitamine E du cheval se situe entre 500 et 1000 UI. Pour le sélénium, la recommandation quotidienne est de 1 mg pour un cheval de 500 kg.
Cependant, des niveaux plus élevés sont souvent recommandés pour les chevaux soumis à un exercice intense ou ayant des antécédents de RE. Vous pouvez envisager d’augmenter les niveaux de vitamine E jusqu’à 4000 UI par jour et les niveaux de sélénium jusqu’à 3 mg par jour pour les chevaux qui font de l’exercice intense.
La vitamine E naturelle est supérieure aux formes synthétiques car elle a une biodisponibilité accrue.
De même, la supplémentation en sélénium organique est préférable et présente un risque de toxicité inférieur à celui de la supplémentation provenant de sources inorganiques.
3) Soutenir l’équilibre électrolytique
Les chevaux ont naturellement des besoins élevés en sodium qui ne sont généralement pas comblés par leur fourrage et des aliments additionnels.
Les chevaux doivent recevoir au moins 30 grammes (2 cuillères à soupe) de sel en vrac directement dans leur nourriture chaque jour, en plus d’avoir accès à du sel en vrac à volonté.
Cela garantira qu’ils répondent à leurs besoins en sodium et en chlorure pour maintenir l’équilibre électrolytique. Un apport adéquat en sel stimule également la soif pour garantir une bonne hydratation en plus de contribuer au soutien de la santé intestinale.
Lors des journées chaudes et humides ainsi que les jours d’entraînement et de compétition intenses, une supplémentation en électrolytes est bénéfique pour remplacer les électrolytes perdus dans la sueur. Cela inclut le remplacement du sodium et du chlorure, ainsi que du potassium, du magnésium et du calcium, qui sont également perdus dans la sueur.
Le dextrose est un ajout important aux suppléments d’électrolytes car il peut améliorer l’absorption des électrolytes.
Le produit Performance XL:Electrolyte de Mad Barn contient tous les électrolytes importants et du dextrose tout en fournissant des antioxydants (vitamine E et acide ascorbique) pour aider à la récupération après l’exercice. Il est généralement recommandé de nourrir 30 grammes pour chaque heure d’exercice ou par jour pour les journées chaudes.
4) Minimiser le stress et l’anxiété
Il a été constaté que les Pur-sang ayant une disposition nerveuse sont 5 fois plus susceptibles de souffrir d’un coup de sang que les chevaux calmes. [4]
Développer une routine quotidienne constante et maintenir un environnement calme peut aider ces chevaux. Vous pouvez envisager les conseils suivants pour réduire le stress et l’anxiété :
- Nourrir et entraîner les chevaux anxieux en premier pour diminuer l’impatience
- Les héberger dans des box éloignés des zones très fréquentées de l’écurie
- Offrir des sorties en liberté à l’extérieur quotidiennement avec des chevaux compatibles
- Familiariser ces chevaux avec le transport en remorque avant les compétitions
5) Éviter les jours sans exercice
Dans le passé, le coup de sang était parfois appelé la «maladie du lundi matin». En effet, les chevaux de travail qui avaient la fin de semaine pour se reposer étaient plus susceptibles de souffrir de rhabdomyolyse d’effort le lundi matin.
Il est maintenant recommandé d’éviter les jours de repos (repos complet au box) lorsque des chevaux reprennent l’entraînement après un épisode de coup de sang. Les niveaux de l’enzyme CK sont plus élevés chez les chevaux après l’exercice suivant un jour de repos, ce qui suggère des dommages musculaires plus importants après avoir été au repos.
De même, restreindre l’exercice peut également augmenter le risque de coup de sang. Les Pur-sang de course sont plus susceptibles de développer des lésions musculaires lorsque les cavaliers les limitent à une vitesse plus basse.
Les Standardbred qui ont connu des épisodes précédents de coup de sang ont montré des signes de rhabdomyolyse dans les 15 à 30 minutes suivant un trot sous-maximal. Par conséquent, il est recommandé de limiter l’entraînement par intervalles à un maximum de 15 minutes par séance. [8]
6) Médicaments
Des recherches ont démontré que certains médicaments peuvent réduire les lésions musculaires et les signes cliniques de rhabdomyolyse chez les chevaux entraînés. [1]
Les tranquillisants à faible dose avant les voyages et l’exercice peuvent rendre les chevaux nerveux plus facile à gérer. Cependant, leur utilisation est limitée car les chevaux ne peuvent pas concourir sous tranquillisants.
Le dantrolène (dantrolène sodique) inhibe la libération de calcium dans les cellules musculaires et il a été démontré qu’il diminue considérablement les signes de rhabdomyolyse chez les chevaux atteints de RE récurrente.
Les Pur-sang auxquels on a administré 800 mg de Dantrium 1 heure avant l’exercice ont des niveaux de CK dans le sang après l’exercice significativement inférieurs à ceux ayant reçu un placebo. Cela indique que la réduction de la libération de calcium dans les cellules musculaires peut aider à réduire les dommages musculaires et les signes de RE.
Une autre option est la phénytoïne, qui agit sur plusieurs canaux ioniques, y compris les canaux sodiques et calciques dans les muscles et les nerfs. L’administration de 1,4 à 2,7 mg par kg de poids corporel, deux fois par jour, est efficace pour prévenir la rhabdomyolyse chez les chevaux souffrant de coups de sang récurrents.
La dose doit être ajustée en surveillant la réponse du cheval, car certains chevaux peuvent devenir somnolents avec des doses élevées.
Le dantrolène sodique et la phénytoïne sont tous deux coûteux pour une utilisation à long terme et doivent être retirés avant la compétition.
Gestion du cheval atteint de PSSM
Les chevaux atteints de PSSM ont une accumulation anormale de glycogène dans les cellules musculaires, ce qui affecte la fonction musculaire. La gestion de ces chevaux nécessite de favoriser la dégradation du glycogène et de fournir un régime alimentaire riche en graisses.
Le glycogène est la forme de sucre stockée dans les tissus musculaires. Pour réduire la synthèse de glycogène dans les muscles, les chevaux atteints de PSSM nécessitent des régimes très faibles en GNS, qu’ils soient à l’exercice ou non.
Les régimes contenant moins de 10 % de GNS sont recommandés pour minimiser l’accumulation de glycogène dans les muscles.
Si vous donnez un foin de haute qualité, il est souvent recommandé de tremper le foin pour réduire la teneur en sucre et maintenir un régime faible en GNS. Les régimes riches en graisses (13 % de matières grasses) sont également bénéfiques puisque cette source d’énergie ne sera pas convertie en glycogène dans le muscle. [9]
L’exercice est également très important pour les chevaux atteints de PSSM afin de promouvoir la dégradation du glycogène dans leurs muscles et d’augmenter leur capacité oxydative. Les chevaux souffrant de PSSM doivent faire de l’exercice quotidiennement et ne pas être mis au repos au box plus de 12 heures à la fois.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur la myopathie d’effort chez les chevaux :
La myopathie d’effort chez les chevaux est le terme couramment utilisé pour désigner la rhabdomyolyse d’effort, une affection caractérisée par des crampes musculaires et des lésions musculaires liées à l’exercice. Pendant un épisode, le cheval devient généralement raide, douloureux et réticent à se déplacer, faisant souvent de petits pas traînants. [1] Comme cette affection peut rapidement devenir grave, toute suspicion de myopathie d’effort doit toujours être considérée comme un problème nécessitant des soins vétérinaires.
La myopathie d’effort chez les chevaux peut être causée par des facteurs externes liés à la gestion ou par un problème musculaire héréditaire sous-jacent. Les cas sporadiques sont souvent associés au surmenage, à un exercice dépassant le niveau de condition physique du cheval, à une perte d’électrolytes, à un temps chaud et humide ou à des déséquilibres en vitamines et minéraux. Les cas récurrents sont plus souvent liés à des affections génétiques comme la rhabdomyolyse d’effort récurrente et la myopathie par stockage des polysaccharides. [1]
Les deux principaux types de myopathie d’effort sont la rhabdomyolyse d’effort sporadique et la rhabdomyolyse d’effort récurrente. Les cas sporadiques sont généralement déclenchés par des facteurs liés à la gestion, à l’exercice ou à l’alimentation et ne sont pas causés par un trouble génétique. Les cas récurrents sont plus susceptibles d’impliquer des anomalies musculaires héréditaires, la rhabdomyolyse d’effort récurrente et la myopathie par stockage des polysaccharides étant les exemples les plus connus. [1]
Les signes indiquant qu’un cheval fait une myopathie d’effort comprennent une raideur soudaine, une réticence à se déplacer, une démarche courte et saccadée, une transpiration abondante, des tremblements musculaires et des muscles durs et douloureux. Les chevaux peuvent également présenter des signes ressemblant à ceux des coliques, comme gratter le sol, regarder leurs flancs, tenter de se coucher, respirer rapidement ou développer une fréquence cardiaque élevée. Dans les cas plus graves, une urine foncée, une déshydratation et une surchauffe peuvent apparaître à mesure que la dégradation musculaire progresse.
La myopathie d’effort peut ressembler à une colique ou à une fourbure parce que les chevaux atteints peuvent être douloureux, réticents à se déplacer, gratter le sol et faire de petits pas anormaux. Cette similitude peut rendre le problème difficile à reconnaître sans tenir compte du moment où l’exercice a eu lieu, du programme alimentaire du cheval et de ses antécédents médicaux. Comme une mauvaise interprétation peut retarder le traitement approprié, une évaluation vétérinaire est importante lorsque ces signes apparaissent.
Un cheval peut avoir une myopathie d’effort sans présenter de symptômes graves évidents, ce qui est souvent décrit comme une rhabdomyolyse d’effort subclinique. Ces chevaux peuvent surtout présenter une baisse de performance, des muscles endoloris ou une difficulté à maintenir le rassembler plutôt qu’une douleur importante ou une transpiration excessive. Les épisodes subcliniques demeurent importants, car ils suggèrent des lésions musculaires persistantes pouvant nuire à l’entraînement et aux performances à long terme.
La myopathie d’effort chez les chevaux est diagnostiquée en combinant les signes observés après l’exercice avec des analyses de laboratoire. Les vétérinaires mesurent couramment les enzymes musculaires dans le sang, notamment la créatine kinase, l’aspartate aminotransférase et la lactate déshydrogénase, afin d’évaluer l’ampleur des lésions musculaires. [1] Dans les cas graves, l’urine peut également être analysée pour détecter la présence de myoglobine, ce qui appuie un diagnostic de dégradation musculaire importante.
Les tests génétiques peuvent aider à diagnostiquer une myopathie d’effort récurrente lorsqu’une affection héréditaire comme la myopathie par stockage des polysaccharides est soupçonnée. Une biopsie musculaire peut également être utilisée pour rechercher une accumulation anormale de polysaccharides et d’autres modifications structurelles du muscle. [7] Ces tests sont particulièrement utiles chez les chevaux ayant subi des épisodes répétés ou appartenant à des races connues pour présenter un risque plus élevé.
Si votre cheval fait une myopathie d’effort, vous devriez communiquer immédiatement avec un vétérinaire, car cette affection peut entraîner une déshydratation, des lésions rénales et une douleur importante. Le traitement vise à assurer le confort du cheval, à soulager la douleur musculaire, à le refroidir au besoin et à remplacer les liquides et électrolytes perdus. Dans les cas plus graves, l’administration intraveineuse de liquides et d’électrolytes peut être nécessaire pour réduire le risque de lésions rénales.
La prévention de la myopathie d’effort chez les chevaux dépend de la cause sous-jacente, mais les stratégies courantes comprennent une alimentation à base de fourrage faible en amidon, le maintien de l’équilibre électrolytique, un apport adéquat en vitamine E et en sélénium, la réduction du stress et le maintien d’un programme d’exercice régulier. [1] Éviter de longues périodes de repos avant un travail exigeant est particulièrement important chez les chevaux sujets aux épisodes. Les chevaux atteints de myopathie par stockage des polysaccharides ont généralement besoin d’une alimentation très faible en glucides non structuraux et d’exercice quotidien pour réduire le risque. [9]
Résumé
La myopathie d’effort (tying-up ou rhabdomyolyse) est un trouble musculaire sérieux qui peut toucher tous les chevaux, en particulier lorsque l’alimentation, l’exercice et la gestion ne sont pas bien équilibrés.
- Tous les chevaux sont susceptibles de présenter des épisodes sporadiques de myopathie d’effort si leur programme alimentaire et d’entraînement n’est pas soigneusement géré.
- Les chevaux atteints de troubles génétiques sous-jacents, tels que la rhabdomyolyse d’effort récurrente (RER) ou la myopathie de stockage des polysaccharides (PSSM), présentent un risque accru d’épisodes répétés et plus sévères.
- La rhabdomyolyse doit toujours être prise au sérieux et évaluée par un vétérinaire afin de traiter l’épisode aigu et d’établir un diagnostic approprié.
- Des stratégies alimentaires comme des rations faibles en amidon et riches en matières grasses, combinées à des programmes d’entraînement constants visant à réduire le stress et l’anxiété, peuvent aider à diminuer le risque de récidive.
- Pour optimiser l’alimentation de votre cheval, soutenir sa performance à l’exercice ou gérer des conditions génétiques sous-jacentes, vous pouvez soumettre son régime alimentaire pour une évaluation par nos nutritionnistes équins.
Références
- Valberg, S.J. Exertional Rhabdomyolysis. AAEP. 2006.
- Isgren, C.M. Epidemiology of exertional rhabdomyolysis susceptibility in standardbred horses reveals associated risk factors and underlying enhanced performance. PLoS One. 2010. View Summary
- McGowan, C.M. Incidence and risk factors for exertional rhabdomyolysis in thoroughbred racehorses in the United Kingdom. Vet Rec. 2002. View Summary
- MacLeay, J.M. Epidemiologic analysis of factors influencing exertional rhabdomyolysis in Thoroughbreds. Am J Vet Res. 1999. View Summary
- McCue, M.E. and Valberg, S.J. Estimated prevalence of polysaccharide storage myopathy among overtly healthy Quarter Horses in the United States. J Am Vet Med Assoc. 2007. View Summary
- Valberg, S.J. et al. Coding sequences of sarcoplasmic reticulum calcium ATPase regulatory peptides and expression of calcium regulatory genes in recurrent exertional rhabdomyolysis. J Vet Intern Med. 2019. View Summary
- Aleman, M. A review of equine muscle disorders. Neuromuscular Disorders. 2008. View Summary
- Valberg, S. et al. Muscle histopathology and plasma aspartate aminotransferase, creatine kinase and myoglobin changes with exercise in horses with recurrent exertional rhabdomyolysis. Equine Vet J. 1993.
- Firshman, A.M. et al. Epidemiologic characteristics and management of polysaccharide storage myopathy in Quarter Horses. Am J Vet Res. 2003. View Summary










