Le colostrum est le premier lait qu’une jument produit après le poulinage. Il est particulièrement riche en anticorps, qui confèrent une immunité aux poulains nouveau-nés.

Les poulains naissent sans système immunitaire complètement développé et dépendent d’un transfert passif d’anticorps de leur mère pour les aider à construire leurs défenses immunitaires. La consommation d’une quantité suffisante de colostrum de haute qualité au cours des 6 à 12 premières heures de vie est essentielle pour la santé et la survie du poulain.

Le colostrum contient des protéines anticorps appelées immunoglobulines et d’autres facteurs qui aident à combattre les maladies qui pourraient autrement être mortelles pour les poulains.

Les poulains qui ne reçoivent pas suffisamment de colostrum de haute qualité sont plus à risque d’infections, telles que la diarrhée, la septicémie articulaire et les infections ombilicales causées par des agents pathogènes. Si votre poulain ne peut pas être allaité pour une raison quelconque, du colostrum de donneur doit être administré pour soutenir l’immunité. Une autre option est de procéder à une perfusion de plasma riche en immunoglobulines directement dans la circulation sanguine pour fournir des anticorps.

Vous pouvez déterminer si votre poulain a consommé suffisamment de colostrum avec un test IgG effetué par votre vétérinaire pour mesurer la concentration d’immunoglobulines dans le sang de votre poulain.

Importance du colostrum pour les poulains

Les poulains naissent avec des défenses immunitaires naïves. Ils ne reçoivent aucune immunité de leur mère pendant leur gestation. [1]

Lorsqu’un poulain naît, il dépend du colostrum de la mère pour obtenir une protection contre les maladies courantes et commencer à développer un système immunitaire. [2]

Le colostrum est riche en plusieurs composants, y compris des hormones, des facteurs de croissance et des anticorps. Bon nombre de ces composants soutiennent l’immunité et la santé intestinale, tels que le facteur de croissance semblable à l’insuline, les lysozymes, la lactoperoxydase et la lactoferrine. [5]

Ce premier lait contient également des niveaux élevés de vitamines et de minéraux, en particulier de la vitamine A.

Le colostrum est également une source d’oligosaccharides et d’acides gras essentiels, qui, selon les études, favorisent le développement intestinal et améliorent la thermorégulation (la capacité à maintenir une température corporelle stable). [3][4]

Anticorps

Les niveaux d’anticorps dans le colostrum sont 100 fois plus élevés que dans le lait régulier. Ces anticorps fournissent aux poulains nouveau-nés une protection précoce contre les bactéries nocives et les maladies contagieuses.

Les immunoglobulines sont les principaux anticorps dans le lait. Ce sont de grandes molécules bioactives composées de chaînes polypeptidiques courtes et longues. Les trois types les plus abondants sont :

  • L’immunoglobuline G (IgG)
  • L’immunoglobuline A (IgA)
  • L’immunoglobuline M (IgM)

Les poulains nouveau-nés ont des cellules spécialisées dans leur tube digestif pour accueillir ces grandes molécules, leur permettant d’absorber les immunoglobulines du colostrum. Cependant, l’intestin n’est « ouvert » pour absorber les immunoglobulines du colostrum que pendant les 24 premières heures après la mise bas. [1]

Une fois absorbées, les immunoglobulines se déplacent vers le système circulatoire et se lient aux envahisseurs étrangers, aidant à les détruire. [2] Les poulains rencontreront de nombreux nouveaux agents pathogènes potentiellement nuisibles à mesure qu’ils grandissent et ce transfert immunitaire est essentiel à leur survie.

L’ingestion de colostrum confère un transfert passif d’anticorps protecteurs, qui durera de 4 à 6 mois. À mesure que le poulain grandit, son propre système immunitaire se développe également.

C’est pourquoi une vaccination de routine est recommandée pour les poulains à partir du moment du sevrage – vers l’âge de 6 mois – lorsque l’immunité passive commence à décliner. À ce stade, le but est de stimuler une réponse immunitaire active aux agents pathogènes.

Échec du transfert passif (ETP)

Si un poulain ne reçoit pas suffisamment d’immunoglobulines du colostrum de sa mère, cela entraîne un échec du transfert de l’immunité passive.

Ces poulains ont des niveaux faibles d’IgG dans leur sang et sont plus susceptibles de contracter des maladies potentiellement mortelles, telles que : [2][7][8]

Composition du colostrum

Comparé au lait, le colostrum est épais, collant, et de couleur jaune clair. La consistance du colostrum de la jument change dans les 24 heures suivant la naissance, car la jument passe à la production de lait.

Au cours de cette première période de 24 heures, la teneur en protéines diminue et la teneur en lactose augmente considérablement. Trois semaines après la mise bas, la composition du lait de la jument est assez stable et reste similaire pour le reste de la lactation. [6]

Tableau 1 : Composition du colostrum équin et du lait mature. [9]

Composant Colostrum Lait
Matières grasses 1,7 % 1,2 %
Protéines 18 % 1,7 %
Lactose 1,5 % 6,6 %
Immunoglobulines* 27 % 0

*Utilisation d’un réfractomètre Brix

Ce tableau reflète la composition moyenne du colostrum et du lait. La composition du colostrum peut être affectée par les caractéristiques de la jument, y compris : [9][10]

  • Sa race
  • Sa parité
  • Son régime alimentaire
  • La saison

Assurer un transfert passif adéquat

Il existe quelques facteurs qui influencent le transfert passif adéquat des anticorps chez le poulain nouveau-né. Les deux principales parties impliquées dans le transfert passif sont la jument et le poulain – la jument doit produire du colostrum pour le poulain et le poulain doit être capable de l’ingérer. Si quelque chose ne fonctionne pas avec l’une ou l’autre des parties, un transfert passif adéquat n’aura pas lieu.

Les facteurs liés à la mère comprennent la quantité et la qualité du colostrum produit. Si la jument ne produit pas suffisamment de colostrum de haute qualité, le transfert passif au poulain sera inadéquat.

Les facteurs liés au poulain comprennent la capacité du poulain (ou son incapacité) à consommer suffisamment de colostrum pendant la plage de temps nécessaire. Puisque l’intestin n’est « ouvert » pour absorber les anticorps du colostrum que pendant les premières 24 heures après la mise bas et que la majeure partie de l’absorption se produit dans les 12 premières heures, les poulains qui n’atteignent pas ce point de référence pendant cette plage post-poulinage sont à risque d’ETP.

Facteurs liés à la jument : quantité produite

Une jument en bonne santé doit produire un volume suffisant de colostrum pour son poulain nouveau-né. Cependant, il existe des variations individuelles et certaines juments sont moins productives que d’autres pendant la lactation.

De plus, l’état de chair, l’âge et la parité de la jument (c’est-à-dire le nombre de fois où elle a pouliné auparavant) peuvent tous affecter la production de colostrum et de lait. Les juments qui présentant un mauvais état de chair au moment du poulinage, ou celles qui ne reçoivent pas une nutrition adéquate pendant la lactation, produisent généralement moins de lait. [11]

En outre, les jeunes juments primipares produisent moins de lait par rapport aux juments plus âgées ou multipares (celles qui ont eu plus d’un poulain auparavant). [11]

De plus, plusieurs pathologies peuvent affecter négativement le développement mammaire, la lactation ainsi que la disponibilité du colostrum si elles surviennent tard dans la gestation. Des exemples courants incluent la toxicose de la fétuque et la placentite.

La toxicose de la fétuque est la cause la plus fréquente d’agalactie (absence de production de lait) chez les juments en Amérique du Nord. L’agalactie peut survenir chez les juments qui paissent sur des pâturages de fétuque infectés par des endophytes en fin de gestation. Les juments affectées présentent peu ou pas de développement mammaire et ne produisent ni colostrum ni lait. [12]

Un autre problème courant est la lactation prématurée due à la placentite (c’est-à-dire l’inflammation et/ou l’infection du placenta). Non seulement cette affection est-elle nocive pour le fœtus en développement, mais elle peut aussi entraîner un développement prématuré de la mamelle et une lactation en fin de gestation. Les juments atteintes de placentite commencent souvent à perdre du lait bien avant le poulinage. Dans certains cas, tout le colostrum est perdu avant la naissance du poulain. [13]

Ces impacts médicaux sur la lactation soulignent l’importance de surveiller les juments vers la fin de la gestation pour le développement de la mamelle et les signes de lactation prématurée. Il est normal que la mamelle augmente de volume au cours des 2 dernières semaines avant le poulinage et que des sécrétions laiteuses soient exprimées lors de la palpation du trayon dans les derniers jours précédant le poulinage.

Autant l’absence de développement que le développement prématuré de la mamelle peuvent indiquer qu’il y a un problème avec la gestation.

Facteurs liés à la jument : qualité

La qualité du colostrum est déterminée par la teneur en immunoglobulines. Celle-ci peut être mesurée à l’écurie en évaluant les niveaux d’IgG, qui est l’immunoglobuline la plus abondante.

La concentration d’IgG est mesurée à l’aide d’un réfractomètre Brix – un petit instrument qui fournit des résultats immédiats. Une lecture Brix de 23 % ou plus indique un colostrum de bonne qualité. [14]

Le transfert de l’immunité passive au poulain peut être évalué en testant le sang du poulain pour les niveaux sériques d’IgG. Ce test sanguin est effectué par votre vétérinaire.

Les poulains dont les concentrations d’IgG supérieures à 800 mg par 100 mL de sang ont reçu une immunité adéquate. Des niveaux d’IgG inférieurs à 800 mg par 100 mL indiquent un échec de l’immunité passive. [2]

Vaccinations

Une jument vaccinée transférera à son poulain des immunoglobulines induites par la réponse immunitaire au vaccin par le biais du colostrum. Les maladies contre lesquelles les chevaux sont vaccinés sont généralement à forte morbidité (communes) et/ou à forte mortalité (mortelles). Il est donc important que les poulains soient également protégés contre ces agents pathogènes.

Pour maximiser le transfert des anticorps liés aux vaccins dans le colostrum, il est recommandé de vacciner la jument un mois avant la date prévue de mise bas. Cela laisse suffisamment de temps à la jument pour développer des anticorps contre l’agent pathogène ciblé et pour produire du colostrum contenant ces anticorps spécifiques en fortes concentrations. [2]

Ces vaccins sont appelés « vaccins pré-poulinage » et incluent tous les vaccins de base normaux recommandés pour les chevaux en Amérique du Nord :

Plusieurs vaccins basés sur le risque peuvent être administrés à la jument pour fournir une immunité au poulain, selon la situation. Les exemples incluent : [15][16][17]

  • Rhodococcus equi : la vaccination des juments réduit la pneumonie chez les poulains
  • Clostridium difficile : la vaccination de la jument produit des anticorps dans le colostrum qui pourraient protéger contre l’entérocolite
  • Herpèsvirus équin 1 ou rhinopneumonie : la vaccination de la jument augmente les anticorps chez le poulain qui peuvent protéger contre les maladies respiratoires
  • Botulisme
  • Streptococcus equi equi ou gourme
  • Grippe équine
  • Rotavirus

Consultez votre vétérinaire pour savoir quels vaccins administrer à votre jument gestante.

Facteurs liées au poulain : quantité consommée

Les poulains doivent consommer suffisamment de colostrum pour s’assurer qu’ils reçoivent des niveaux adéquats d’immunoglobulines.

Un poulain devrait recevoir 2 à 3 L de colostrum dans les 6 à 8 premières heures de savvie sur une moyenne de 4 tétées. [4]

À mesure qu’ils grandissent, les poulains en bonne santé peuvent consommer jusqu’à 27 % de leur poids corporel en lait par jour, soit l’équivalent de 13 L pour un poulain de 50 kg.

Les poulains malades peuvent ne tolérer que 5 à 10 % de leur poids corporel en lait par jour (soit 2,5 à 5 L par jour). Cette quantité peut être augmentée progressivement à mesure que le poulain se rétablit. [18]

Évaluation de la consommation de colostrum

La quantité et la qualité du colostrum de la jument, la rapidité de la consommation et la quantité que le poulain consomme sont tous des facteurs qui influencent l’immunité et le développement du poulain nouveau-né.

Même les poulains en bonne santé doivent subir un examen de santé par un vétérinaire lorsqu’ils ont environ 24 heures. Lors de cette visite, le vétérinaire peut prélever du sang pour tester la concentration d’IgG et confirmer que suffisamment de colostrum a été consommé. Il est possible qu’un test effectué avant environ 20 heures ne reflète pas avec précision les niveaux d’IgG du poulain. [2]

Bien sûr, si vous êtes conscient de facteurs concernant la jument ou le poulain qui pourraient avoir un impact sur le transfert passif d’immunité, il est préférable de contacter immédiatement votre vétérinaire. Une intervention rapide peut faire la différence entre un poulain en bonne santé et un poulain qui ne survit pas.

Les causes les plus courantes d’un apport insuffisant en colostrum incluent : [19]

  • Une naissance prématurée
  • Un allaitement tardif
  • La mort de la jument
  • Une fuite prématurée de colostrum avant la mise bas
  • La malabsorption dans l’intestin grêle

Si un échec du transfert de l’immunité passive est identifié, votre vétérinaire peut recommander des moyens sûrs et efficaces pour augmenter la concentration d’IgG. Les voies orale et intraveineuse peuvent être utilisées pour fournir des suppléments d’IgG. [20]

Après le poulinage : repères 1-2-3-4

La plupart des propriétaires de chevaux ayant de l’expérience avec la mise bas des juments connaissent bien les repères normaux relatifs aux poulains nouveau-nés – ou la règle 1-2-3-4.

La règle 1-2-3-4 indique les moments où un poulain doit se lever, téter et évacuer le méconium (les premières fèces). Après la naissance, un poulain devrait se lever au cours de sa première heure de vie, téter avec succès et de manière autonome dans les 2 heures et, dans un délai d’environ 4 heures suivant la mise bas, évacuer le méconium. Le numéro 3 est réservé à la jument, qui devrait expulser son placenta dans les 3 heures.

De nombreux poulains en bonne santé atteignent rapidement tous ces objectifs, même dans la première heure. Si un ou plusieurs de ces repères ne sont pas atteints dans le délai prévu, vous devez contacter votre vétérinaire pour une évaluation rapide.

L’intestin du poulain est « ouvert » pour absorber les immunoglobulines du colostrum pendant environ 24 heures, bien que la majorité de cette absorption ait lieu dans les 12 premières heures après la naissance. Après 12 heures, le taux d’absorption diminue d’environ 80 %. [2]

Par conséquent, un poulain qui tarde à se lever et à téter est à risque d’un échec du transfert passif. C’est pourquoi il est si important de surveiller la jument en fin de gestation: les propriétaires ou les soigneurs de chevaux doivent être présents pour la mise bas et surveiller de près le nouveau-né après la naissance.

Réflexe de succion faible

Certains poulains naissent avec un réflexe de succion-déglutition faible, ce qui nuit à leur consommation de colostrum. Un faible réflexe de succion peut être causé par une fente palatine, une faiblesse musculaire, des troubles neurologiques ou un traumatisme/une blessure. [18]

Les signes d’un réflexe de succion faible incluent :

  • Du lait dans une ou les deux narines
  • De la toux pendant ou après l’ingestion de lait
  • Un filet de bave de lait qui s’écoule de la bouche

De plus, un mauvais réflexe de succion peut résulter du syndrome d’inadaptation néonatale (SIN) ou « syndrome du poulain factice ». Ces poulains prennent souvent du temps à se lever et n’ont pas l’instinct de rechercher la mamelle et de téter. Si on les aide à trouver la mamelle, ils peuvent être incapables de s’y accrocher ou de rester accrochés en raison de leur réflexe de succion-déglutition non coordonné. Par conséquent, il est très courant que ces poulains souffrent d’un échec du transfert passif. [21]

Surveillez votre poulain de près durant les premières heures. S’il ne consomme pas de colostrum, une intervention rapide et des soins vétérinaires sont nécessaires.

Votre vétérinaire évaluera votre poulain pour déterminer la cause du faible réflexe de succion, l’état d’hydratation, les niveaux de glucose sanguin, l’équilibre électrolytique, le niveau de douleur et la capacité à réguler la température corporelle. [18]

En fonction de cette évaluation, votre vétérinaire décidera de fournir un apport en nutriments dans l’intestin via une sonde d’alimentation nasogastrique ou directement dans le sang par perfusion intraveineuse.

Nourrir les poulains orphelins

Il est possible que la mère d’un poulain soit incapable de fournir du colostrum en cas de maladie, de décès ou de rejet du poulain.

Dans ces cas, un substitut de colostrum adéquat doit être utilisé pour garantir un apport suffisant.

Colostrum frais ou congelé

Si vous vous occupez d’un poulain orphelin, il peut être possible d’acquérir du colostrum d’une jument donneuse ou d’une banque de colostrum. Au moins 1 litre de colostrum doit être administré dans les 8 heures suivant la naissance. [21]

Jusqu’à 250 mL de colostrum peuvent être prélevés d’une jument donneuse en une seule fois sans réduire l’approvisionnement en lait pour son propre poulain.

Placer le poulain avec une autre jument en espérant qu’elle l’adopte peut également être une option appropriée. Plusieurs organisations font le jumelage de poulains avec des juments qui ont récemment perdu un poulain afin que cette dernière agisse à titre de jument nourrice. [22]

De plus, le colostrum peut être collecté et congelé pour une utilisation ultérieure. Pour collecter et utiliser du colostrum congelé et stocké, suivez ces étapes :

  1. Testez la qualité du colostrum avant la collecte. Une lecture de 23 % ou plus sur un réfractomètre Brix est appropriée.
  2. Assurez-vous que la collecte de colostrum est hygiénique. Nettoyez vos mains, les trayons de la jument et le seau de collecte avant de traire.
  3. Décongelez le colostrum congelé dans un bain d’eau tiède ou chaude. Ne faites pas chauffer le colostrum au micro-ondes, car cela détruirait les immunoglobulines.
  4. Offrez le colostrum au poulain à l’aide d’un biberon à une température de 38oC / 100oF, qui correspond à la température du colostrum dans la mammelle de la jument. Alternativement, le vétérinaire peut administrer le colostrum par sonde nasogastrique, ce qui peut être nécessaire si le réflexe de succion du poulain est faible ou absent.

Assurez-vous de tester les concentrations sériques d’IgG du poulain après le premier jour de vie pour évaluer le transfert d’immunité passive. Rappelez-vous que le transfert passif du colostrum n’est efficace que chez les poulains de moins de 12 heures. Après 24 heures, l’intestin est complètement « fermé ».

Plasma enrichi en anticorps

Si le colostrum d’une jument donneuse n’est pas disponible, la meilleure alternative est une transfusion de plasma sanguin équin riche en IgG. [27]

Une transfusion sanguine d’un cheval donneur introduira directement des IgG dans le système circulatoire du poulain, contournant ainsi le besoin d’absorption intestinale. C’est la seule option viable pour les poulains de plus de 12 heures en raison de la « fermeture » de l’intestin.

Les transfusions doivent être administrées rapidement, sinon le poulain restera sensible aux maladies.

Colostrum bovin

Le colostrum bovin (provenant de vaches) peut être utilisé comme alternative au colostrum équin, bien que ce ne soit pas le substitut idéal. Il est disponible en abondance et peu coûteux.

Le colostrum de vache est bien toléré par les poulains et les taux de croissance des poulains consommant du colostrum bovin et équin sont similaires. [28]

Les anticorps du colostrum de vache sont bien absorbés par les poulains, mais ces anticorps semblent avoir une demi-vie plus courte par rapport aux anticorps trouvés dans le colostrum équin.

La demi-vie est un moyen de mesurer la durée pendant laquelle une substance reste dans le corps avant que son niveau ne soit réduit de moitié. Les immunoglobulines du colostrum équin ont une demi-vie d’environ 26 jours, tandis que les immunoglobulines du colostrum bovin ont une demi-vie d’environ 7 jours.

Cela signifie qu’il est possible que les poulains ayant reçu du colostrum bovin ne soient pas protégés aussi longtemps que les poulains ayant reçu du colostrum équin, augmentant potentiellement la susceptibilité aux maladies. La production d’immunoglobulines par le poulain lui-même ne commence pas avant 40 à 50 jours. [28]

De plus, il est possible que les vaches ne soient pas exposées aux mêmes agents pathogènes que les juments, de sorte que leur colostrum peut manquer d’anticorps spécifiques dont le poulain a besoin.

Les poulains recevant du colostrum bovin présentent un risque plus élevé de maladies qui sont plus courantes chez les chevaux que chez les vaches. Par exemple, ils ont un risque plus élevé de septicémie causée par Actinobacillus equuii, qui est un agent pathogène courant rencontré par les chevaux mais pas par les vaches. [28]

Consultez votre vétérinaire concernant l’utilisation du colostrum bovin pour votre poulain. La qualité peut varier considérablement d’un lot à l’autre. Assurez-vous de le conserver congelé et de l’utiliser dans les 18 mois. [28]

Laits de remplacement

Après le premier jour de vie, un poulain orphelin peut recevoir des laits de remplacement équins, spécifiquement formulés pour répondre aux besoins nutritionnels des poulains.

Il n’est pas recommandé d’utiliser d’autres substituts sans consulter votre vétérinaire.

Les laits de remplacement équins doivent être donnés en petits repas toutes les 2 heures pendant les deux premières semaines de vie. Après deux semaines, augmentez progressivement la taille des repas et diminuez la fréquence des repas.

Les poulains prennent environ 1 kg de poids corporel par jour, et la consommation de lait doit augmenter pour soutenir cette croissance. [4] À l’âge d’un mois, un poulain devrait boire une fois toutes les 6 heures. [4]

Une fois qu’un poulain orphelin est sevré du lait, l’alimentation sera moins laborieuse. Consultez votre nutritionniste équin pour élaborer un programme d’alimentation répondant aux besoins nutritionnels de votre poulain.

Nourrir la jument pour favoriser la qualité du colostrum

La jument a besoin d’une alimentation équilibrée pendant la gestation et la lactation pour fournir un colostrum de haute qualité à son poulain et pour soutenir une production de lait soutenue.

Assurez-vous que le poids et l’état de chair de votre jument sont soigneusement gérés pendant la gestation. Une perte de poids ou une prise de poids excessive peuvent affecter le transfert d’immunité passive et la santé du poulain. [29]

Le programme alimentaire de votre jument doit fournir suffisamment d’énergie et de protéines sans inclure une surcharge de ces macronutriments.

Les besoins énergétiques augmentent de 16,7 mcal par jour au début de la gestation jusqu’à 20 mcal par jour en fin de gestation. Les besoins en protéines augmentent de 630 grammes par jour au début de la gestation à 840 grammes par jour en fin de gestation. [30]

Consultez un nutritionniste équin pour élaborer un programme d’alimentation qui favorise une prise de poids appropriée tout en répondant aux besoins nutritionnels de la jument.

Vitamines et minéraux

En plus de fournir les calories appropriées pour soutenir la prise de poids et la croissance du fœtus, l’alimentation de la jument doit également fournir des vitamines et des minéraux pour répondre à ses besoins et à ceux du poulain en croissance.

Les juments gestantes ont des besoins accrus en phosphore, calcium, cuivre, iode et vitamine E.

La vitamine E est un antioxydant important pour la jument et le poulain. Des juments supplémentées avec 160 UI de vitamine E par kg de nourriture ont produit un colostrum avec des niveaux plus élevés d’IgG que celles supplémentées avec 80 UI de vitamine E par kg de nourriture.

Nourrir des juments avec 160 UI de vitamine E par kg de nourriture a également permis d’obtenir des poulains ayant un statut en vitamine E plus élevé et des taux d’IgG circulants plus élevés. [27][34]

Lorsque vous supplémentez l’alimentation de votre jument en minéraux, choisissez des oligo-éléments organiques, qui sont chélatés et mieux absorbés et utilisés par le corps.

Les poulains nés de juments supplémentées avec des oligo-éléments organiques présentaient un statut plus élevé en zinc et en cuivre par rapport aux poulains nés de juments ayant reçu des oligo-éléments inorganiques. [32]

La supplémentation des juments avec du sélénium organique a amélioré la fonction immunitaire chez les poulains à l’âge d’un mois, par rapport à la supplémentation avec du sélénium inorganique. [33]

Le produit Omneity® de Mad Barn contient des oligo-éléments organiques à 100% avec des niveaux adéquats de zinc, de cuivre, de sélénium et de vitamine E pour répondre aux besoins des juments reproductrices.

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Probiotiques

Il a été démontré que d’autres suppléments, tels que les probiotiques, améliorent la qualité du colostrum et le transfert de l’immunité passive.

La supplémentation avec des cultures vivantes de levure et des bactéries soutient le tube digestif de la jument et peut influencer la qualité du colostrum. Dans plusieurs études, il a été constaté que les poulains nés de juments supplémentées avec de la levure pendant la gestation et la lactation : [31][32]

  • Avaient des niveaux plus élevés de certains types d’IgG à l’âge de 60 jours
  • Présentaient une meilleure absorption et rétention des nutriments du lait
  • Bénéficiaiet d’une plus grande production de lait par leur mère

Le supplément Optimum Digestive Health de Mad Barn contient des niveaux élevés de levure, de prébiotiques et de probiotiques pour soutenir la fonction de l’intestin postérieur. L’ajout de ce supplément à l’alimentation des juments favorisera la digestion des fibres dans l’intestin postérieur et pourra soutenir une production accrue de lait ainsi que l’apport d’immunoglobulines au poulain.

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  • Stimulation du développement des entraves
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L’acide docosahexaénoïque (DHA) est un acide gras oméga-3 que l’on retrouve uniquement dans les sources marines, telles que l’huile de poisson ou les algues. Il a des effets anti-inflammatoires plus importants que les acides gras oméga-3 d’origine végétale, tels que l’acide arachidonique (ALA) issu du lin ou de l’huile de caméline.

Il a été démontré que la supplémentation en DHA en fin de gestation et au début de la lactation améliore du comportement social avant le sevrage ainsi que la mémoire et l’apprentissage à l’âge de deux ans. La santé reproductive est également améliorée chez les juments ayant reçu du DHA, comme le prouve l’involution utérine plus rapide après la parturition (naissance). [34]

Des études montrent que la supplémentation de la jument gestante avec des microalgues augmente le DHA plasmatique du poulain. La supplémentation en oméga-3 d’origine végétale provenant de l’huile de lin n’affecte pas les taux circulants de DHA de la jument ou du poulain et ne fournira pas les mêmes avantages. [33]

L’huile w-3 de Mad Barn contient du DHA provenant de microalgues pour offrir des bienfaits anti-inflammatoires à la jument et au poulain. Elle contient également des niveaux élevés de vitamine E naturelle pour un support antioxydant.

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  • Favorise le confort des joints
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Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées au sujet du colostrum pour les poulains :

Résumé

Il est essentiel pour la santé et la survie d'un poulain nouveau-né de s'assurer qu'il reçoit suffisamment de colostrum dans les premières heures de sa vie. Le colostrum est riche en immunoglobulines qui protègent le système immunitaire naïf du poulain contre les agents pathogènes dangereux.

  • Le transfert passif de l'immunité ne peut se produire que si le poulain ingère avec succès des quantités adéquates de colostrum de bonne qualité dans les 12 premières heures de vie
  • De nombreux facteurs peuvent affecter négativement la qualité, la quantité et l'apport de colostrum par le poulain
  • L'échec du transfert passif souligne l'importance de surveiller les poulinières en fin de gestation
  • Les signes à surveiller comprennent un développement anormal de la mamelle ou une lactation prématurée
  • L'évaluation des repères suivant la naissance offre les meilleures chances de détecter les problèmes de lactation ou d'allaitement à temps pour une intervention vétérinaire
  • Si un poulain nouveau-né est incapable d'ingérer du colostrum avec succès, une évaluation vétérinaire rapide est nécessaire
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References

  1. Aoki, T. et al. Colostral and foal serum immunoglobulin G levels and associations with perinatal abnormalities in heavy draft horses in Japan. J Equine Sci. 2020. View Summary
  2. Watt, B. and Wright, B. The importance of Colostrum to Foals. Equine Guelph. 2008.
  3. Blum, J. and Hammon, H. Colostrum effects on the gastrointestinal tract, and on nutritional, endocine and metabolic parameters in neonatal calves. Livest Prod Sci. 2000.
  4. Fischer-Tlustos, A.J. et al. Oligosaccharide concentration in colostrum, transition milk, and mature milk of primi- and multiparous Holstein cows during the first week of lactation. J Dairy Sci. 2020.
  5. Pakkanen, R. and Alto, J. Growth factors and antimicrobial factors of bovine colostrum. Intern Dairy J. 1997.
  6. Rouse, B.T. and Ingram, D.G. The total protein and immunoglobulin profile of equine colostrum and milk. Immunology. 1970. View Summary
  7. Nervo, T. et al. Analysis of factors influencing the transfer of passive immunity in the donkey foal. Ital J Anim Sci. 2021.
  8. Chong, Y.C. et al. The raising of equine colostrum-deprived foals: maintenance and assessment of specific pathogen (EHV-1/4) free status Equine Vet J. 1991. View Summary
  9. Barreto, I.M.L.G. et al. Chemical composition and lipid profile of mare colostrum and milk of the quarter horse breed. PLoS One. 2020. View Summary
  10. Markiewicz-Kexzycka, M. et al. Influence of stage of lactation and year season on composition of mares' colostrum and milk and method and time of storage on vitamin C content in mares' milk. J Sci Food Agric. 2015. View Summary
  11. Auclair-Ronzaud, F. et al. Estimation of milk production in suckling mares and factors influencing their milk yield. Animal. 2022. View Summary
  12. Reiter, A. S. and Reed, S. A. Lactation in horses. Animal Frontiers. 2023. View Summary
  13. Cummins, C. et al. Ascending placentitis in the mare: A review. Irish Veterinary Journal. 2008.
  14. Schneider, F. and Wehrend, A. Quality Assessment of Bovine and Equine Colostrum - An Overview. Schweizer Archiv fur Tierheilkunde. 2019. View Summary
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