L’arythmie cardiaque, ou rythme cardiaque irrégulier, est une pathologie qui limite les performances et que l’on rencontre fréquemment chez les chevaux de sport. Si certaines arythmies sont bénignes, d’autres peuvent être le signe d’une maladie cardiaque ou d’un autre problème de santé sous-jacent.

Le cheval est un athlète exceptionnel doté d’un cœur puissant qui peut battre jusqu’à 250 fois par minute au cours d’un exercice intense. Les chevaux de sport doivent pomper de grands volumes de sang dans tout le corps et maintenir une fréquence cardiaque élevée pendant de longues périodes au cours des compétitions et des entraînements.

Grâce à un conditionnement régulier, le système cardiovasculaire s’adapte pour améliorer les capacités athlétiques. [1][2] Les régimes d’entraînement intensifs entraînent des changements structurels au niveau du cœur, notamment une augmentation de la masse cardiaque. Cependant, les efforts répétés peuvent également accroître la susceptibilité des chevaux à développer des arythmies.

Les chevaux souffrant d’un rythme cardiaque irrégulier peuvent être moins endurants, plus fatigués et plus susceptibles de développer des troubles cardiaques graves ou de subir des accidents cardiaques soudains.

Les arythmies chez les chevaux de performance peuvent également être déclenchées par des déséquilibres électrolytiques, la déshydratation, l’agitation, ou peuvent survenir à la suite d’une autre infection ou d’un autre problème médical. Bien que de nombreuses arythmies soient inoffensives, elles doivent toujours faire l’objet d’un examen afin d’écarter la possibilité d’une maladie cardiaque.

L’arythmie chez les chevaux de sport

L’arythmie cardiaque est une pathologie courante, 25 % des chevaux présentant des arythmies qui peuvent être détectées lors d’un examen vétérinaire. [3] Si certaines arythmies limitent les performances, la majorité passe inaperçue et n’est pas détectée. [4]

De nombreuses arythmies bénignes apparaissent spontanément sans cause et n’affectent pas la qualité de vie du cheval. Ces arythmies ne nécessitent pas de traitement.

D’autres arythmies se développent à la suite d’une affection sous-jacente, par exemple : [3]

  • Maladie cardiaque
  • Anomalies congénitales
  • Troubles du métabolisme (EMS, DPIP, etc.)
  • Inflammation systémique
  • Fièvre
  • Anémie
  • Toxicose ou prise de médicaments

Signes cliniques

Les signes cliniques des arythmies chez les chevaux sont très variables d’un individu à l’autre.

La plupart des arythmies ne produisent pas de signes cliniques et demeurent non détectées tout au long de la vie du cheval. Les chevaux atteints d’arythmie asymptomatique peuvent mener une carrière sportive réussie sans être affectés par cette pathologie.

Les chevaux gravement atteints sont susceptibles de présenter des signes associés à une fonction cardiovasculaire anormale, notamment : [5]

  • Essoufflement
  • Anxiété
  • Épuisement
  • Mauvaises performances
  • Perte de conscience et effondrement
  • Mort

Si votre cheval présente des faibles performances et d’autres signes d’arythmie, contactez votre vétérinaire pour qu’il procède à des tests et établisse un diagnostic.

Types d’arythmies cardiaques

Différents types d’arythmies cardiaques peuvent affecter les chevaux, chacun ayant des caractéristiques et des implications distinctes pour le système cardiovasculaire équin.

Certaines arythmies cardiaques, comme la fibrillation auriculaire (FA), ont fait l’objet d’études approfondies chez les chevaux de sport et leur influence sur les capacités athlétiques est bien comprise. Cependant, on en sait moins sur les effets des arythmies peu courantes chez les chevaux. [6]

Tachycardie sinusale

La tachycardie chez les chevaux désigne une fréquence cardiaque rapide de plus de 50 battements par minute (bpm) au repos. Ce phénomène se produit lorsque le nœud sinusal (le stimulateur cardiaque) génère des impulsions électriques plus fréquemment que la normale.

La tachycardie sinusale nécessite rarement un traitement et ne pose généralement aucun problème. Elle peut être causée par des facteurs de gestion, tels qu’un exercice physique intense ou l’administration de médicaments.

Les chevaux fiévreux, anxieux ou surexcités peuvent présenter un rythme cardiaque élevé pendant une durée brève ou prolongée. Le rythme cardiaque d’un cheval devrait revenir progressivement à la normale dans les 10 à 15 minutes qui suivent l’exercice. [7]

Fibrillation auriculaire

La fibrillation auriculaire (FA) est le type d’arythmie le plus courant chez les chevaux de sport. Elle peut diminuer la capacité athlétique du cheval et le temps de récupération après l’exercice de manière importante, bien qu’elle puisse ne pas être perceptible au repos ou lors d’un exercice modéré.

La fibrillation auriculaire se caractérise par un battement irrégulier des oreillettes (chambres supérieures) du cœur, entraînant un remplissage incomplet. Cela perturbe le flux sanguin vers les ventricules (chambres inférieures) et affecte la circulation dans tout le corps. [8]

Ce rythme cardiaque irrégulier et rapide est causé par un courant électrique non coordonné qui stimule le nœud auriculo-ventriculaire (AV) à des intervalles imprévisibles. Dans certains cas, les chevaux peuvent présenter une fibrillation auriculaire (FA) sans maladie cardiaque sous-jacente, ce qui est connu sous le nom de FA idopathique. [3]

Cette affection passe souvent inaperçue chez de nombreux chevaux, car elle n’induit pas de symptômes notables. Elle est plus fréquente chez les races plus massives et peut résulter d’une maladie cardiaque sous-jacente ou d’un déséquilibre électrolytique. Les chevaux atteints de fibrillation auriculaire (FA) qui présentent des symptômes peuvent présenter les caractéristiques suivantes :

  • Mauvaises performances
  • Épuisement
  • Essoufflement et toux
  • Écoulement nasal

Si la fibrillation auriculaire se produit pendant l’exercice, le cheval peut ralentir brusquement ou s’arrêter. Il peut s’exprimer vocalement et présenter des signes de détresse. Dans certains cas, le cheval peut saigner du nez (épistaxis) ou cracher du sang. [8]

Bradycardie sinusale

La bradycardie sinusale est une arythmie rare chez les chevaux, médiée par le nerf vague. Elle ne présente généralement pas de symptômes et passe inaperçue, mais se traduit par une fréquence cardiaque lente (inférieure à 24 bpm). La bradycardie peut être un effet secondaire d’autres pathologies, telles que le bloc sino-auriculaire, l’arrêt sinusal ou l’arythmie sinusale avancée. [9]

Une autre cause potentielle de bradycardie sinusale est une hyperactivité du nerf vague, responsable de la régulation des processus involontaires du cheval, y compris le rythme cardiaque.

Lorsque le tonus vagal (activité du nerf vagal) augmente, il déclenche l’activation du système nerveux parasympathique, ce qui réduit la tension artérielle et la fréquence cardiaque du cheval. [9] Ce mécanisme permet au corps du cheval de se détendre rapidement après une période de stress.

Cependant, tous les cas de ralentissement du rythme cardiaque ne sont pas synonymes de bradycardie. Les chevaux en excellente forme physique peuvent naturellement présenter un rythme cardiaque constamment lent.

Causes de l’arythmie chez les chevaux de sport

Lorsque le cheval de sport est soumis à un entraînement intense pendant une période prolongée, le système cardiovasculaire s’adapte pour répondre aux exigences d’un niveau d’activité élevé.

Au cours de ce processus d’adaptation, le cœur subit des modifications structurelles caractérisées par une augmentation de la taille des cavités et un épaississement des parois cardiaques. Ce phénomène, connu sous le nom d’hypertrophie cardiaque ou de “syndrome du cœur d’athlète” (SCA), désigne l’augmentation de la masse cardiaque due à un volume d’entraînement élevé. [1]

Les chevaux qui s’adonnent à des exercices répétitifs et intenses soumettent essentiellement leur cœur à des micro-dommages et à des réparations ultérieures. Ce stress répétitif peut les rendre plus susceptibles de développer des arythmies, des souffles, voire une mort cardiaque subite.

La grippe équine est une infection particulièrement susceptible d’affecter le cœur. Bien que peu fréquente, une myocardite et des arythmies peuvent se développer si le cheval reprend l’entraînement trop tôt. [10]

Deux semaines de repos après la convalescence sont généralement recommandées.

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Fonctionnement du cœur équin

Le cœur est un organe musculaire à cavités creuses chargé de pomper le sang dans tout le corps du cheval. Il se compose de quatre cavités : les oreillettes gauche et droite situées dans la partie supérieure du cœur, et les ventricules gauche et droit situés dans la partie inférieure. [2]

Le côté droit du cœur reçoit le sang pauvre en oxygène et en nutriments et le pompe vers les poumons. Dans les poumons, les déchets tels que le dioxyde de carbone (CO2) sont expulsés et le sang est réapprovisionné en oxygène avant d’être ramené vers le côté gauche du cœur.

Le côté gauche du cœur pompe le sang oxygéné et riche en nutriments des poumons vers les tissus de l’organisme. En circulant, le sang apporte de l’oxygène aux tissus et accumule des déchets pour poursuivre ce cycle perpétuel.

Le rythme cardiaque

Le cœur d’un cheval en bonne santé bat à un rythme d’environ 28 à 44 fois par minute au repos. Les poulains en bonne santé ont un rythme cardiaque plus élevé, allant de 60 à 110 bpm. Cette fréquence varie en fonction de la taille du cheval et de son niveau de forme physique. [11]

Le rythme cardiaque se compose de deux phases. Pendant la diastole, les muscles cardiaques se relâchent et les cavités se remplissent de sang. Pendant la phase de systole, les muscles se contractent, poussant le sang hors du cœur et dans la circulation. [2]

Le nœud sinusal (SA), souvent appelé stimulateur cardiaque, est situé dans l’oreillette droite. Il est chargé de générer les signaux électriques qui déclenchent les contractions du cœur. Ces signaux se produisent de manière rythmique, à un rythme d’environ 30 signaux par minute, entraînant la contraction des oreillettes.

Le signal électrique passe ensuite par le nœud auriculo-ventriculaire (AV), qui déclenche la contraction des ventricules. Tout écart par rapport à ce rythme cardiaque normal peut être considéré comme une arythmie.

Bloc atrio-ventriculaire du second degré

Le bloc atrio-ventriculaire du deuxième degré (BAV2) est extrêmement courant et peu préoccupant pour les chevaux. Jusqu’à 40 % des chevaux peuvent présenter un bloc atrio-ventriculaire du deuxième degré, cette pathologie étant particulièrement fréquente chez les chevaux de sport. [12]

La BAV2 se produit lorsqu’il y a un retard dans la transmission des signaux électriques à travers le nœud auriculo-ventriculaire (AV), ce qui entraîne un ralentissement constant de la fréquence cardiaque. On pense que cette arythmie pourrait être une adaptation plutôt qu’un inconvénient pour les chevaux de sport. Ce type d’arythmie disparaît avec l’exercice.

Tachycardie ventriculaire

Les complexes ventriculaires prématurés (CVP) sont des battements cardiaques anormaux provenant des ventricules, qui sont les cavités inférieures du cœur. Ces battements surviennent plus tôt que prévu dans le rythme cardiaque régulier, perturbant la séquence normale des signaux électriques. [3]

Lors d’un CVP, une impulsion électrique est générée dans les ventricules avant le prochain battement cardiaque normal attendu. Cela provoque une contraction prématurée des ventricules, entraînant une pause momentanée dans le rythme cardiaque régulier. Après le CVP, le cœur reprend son rythme normal.

Lorsque trois CVP répétitifs ou plus se produisent, cela conduit à un rythme anormal connu sous le nom de tachycardie ventriculaire (TV). [3] La tachycardie ventriculaire nuit à l’efficacité du pompage du sang oxygéné vers les tissus de l’organisme, les privant ainsi de nutriments vitaux. [13]

Bien que rare par rapport à la fibrillation auriculaire (FA), la tachycardie ventriculaire peut être une affection grave, voire mortelle. Elle est souvent associée à des facteurs tels que l’administration de médicaments ou une affection sous-jacente comme une maladie cardiaque, des coliques, une maladie infectieuse ou des anomalies électrolytiques (par exemple, l’hypokaliémie). [14][15]

Les chevaux présentant des arythmies ventriculaires complexes et des CVP ne doivent pas être montés, car ils sont exposés à un risque de mort cardiaque subite et peuvent potentiellement s’effondrer. Cela représente un danger important pour le cavalier et les autres chevaux à proximité. Les types d’arythmies ventriculaires complexes comprennent la TV, la fibrillation ventriculaire (FV) et les rythmes idioventriculaires (RIV). [3][16]

Fibrillation ventriculaire

Dans des cas extrêmement rares, une arythmie dangereuse connue sous le nom de fibrillation ventriculaire (FV) peut se produire. La FV est souvent précédée d’une TV et constitue généralement un danger de mort. Elle est associée à une irritabilité cardiaque, une maladie cardiaque grave, un déséquilibre électrolytique grave, une hypoxie ou une toxicose médicamenteuse. [17]

La FV peut être facilement diagnostiquée à l’aide d’un électrocardiogramme (ECG). Cependant, une fois que la FV se développe et que le collapsus cardiaque s’ensuit, la mort est généralement imminente. La FV étant très rare, les recherches sur ses effets chez les équidés sont limitées. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre cette pathologie. [17]

Diagnostic des arythmies cardiaques

Le diagnostic des arythmies cardiaques fait généralement appel à une combinaison de méthodes, notamment les diagnostics différentiels, l’auscultation, l’électrocardiographie (ECG) et les tests d’effort.

Si vous pensez que votre cheval souffre d’arythmie cardiaque, demandez à votre vétérinaire de procéder à une évaluation afin de diagnostiquer et d’évaluer précisément l’affection. [3]

Diagnostic différentiel

Les symptômes de l’arythmie cardiaque peuvent ressembler à ceux d’autres affections, ce qui complique le diagnostic. Des symptômes vagues tels que de faibles performances et l’épuisement peuvent avoir des causes diverses, notamment des maladies respiratoires et métaboliques, ainsi que des douleurs orthopédiques. [8]

Des tests approfondis sont essentiels pour identifier la cause sous-jacente de la baisse de performance. Outre l’arythmie cardiaque, d’autres affections peuvent contribuer à l’intolérance à l’effort :

L’auscultation

Lorsque le sang entre et sort rapidement du cœur, il crée des vibrations que l’on peut entendre à l’aide d’un stéthoscope. Ces sons audibles, détectés lors de l’auscultation, sont communément appelés les battements du cœur.

Lors de l’auscultation, le vétérinaire écoute ces sons à l’aide d’un stéthoscope afin d’identifier toute déviation ou anomalie. Cela lui permet de diagnostiquer des arythmies cardiaques, des souffles ou d’autres affections connexes. [18]

La capacité du vétérinaire à déterminer l’emplacement et les caractéristiques de l’anomalie est cruciale pour le diagnostic des arythmies cardiaques. Des fréquences cardiaques rapides, lentes ou irrégulières peuvent indiquer la présence d’une arythmie secondaire ou isolée.

Veterinarian examining the horse

Électrocardiogramme (ECG)

L’électrocardiogramme (ECG ou EKG) est un test diagnostique qui enregistre les signaux électriques produits par le cœur afin d’identifier toute anomalie. Bien que l’ECG soit couramment utilisé dans l’industrie équine, il ne permet souvent pas d’établir un pronostic définitif et présente certaines limites. [4]

En raison de la taille du cœur du cheval et de son importante réserve cardiaque, les anomalies de l’activité électrique du cœur peuvent n’apparaître qu’au cours de périodes d’exercice intense. De nombreux ECG sont généralement réalisés au repos, ce qui ne permet pas toujours de détecter avec précision les arythmies qui se manifestent exclusivement lors d’une activité intense.

Si un cheval est suspecté d’avoir une anomalie ou une maladie cardiaque sous-jacente, un ECG est recommandé dans le cadre du processus de diagnostic. Il peut fournir des informations précieuses pour aider à l’identification et à l’évaluation des affections cardiaques. [3]

Test à l’effort

Étant donné que de nombreuses anomalies cardiaques ne sont apparentes qu’au cours d’un exercice physique intense, un test sur tapis roulant peut être effectué. Ce test est facile à standardiser et permet d’obtenir des résultats très précis. Cependant, il faut parfois plusieurs séances pour que le cheval s’habitue à courir sur un tapis roulant. [19]

Les chevaux sont équipés d’un dispositif de sécurité avant de courir sur un tapis roulant, dont la vitesse et l’inclinaison peuvent être augmentées pour accroître l’intensité.

Pour enregistrer l’activité cardiaque, les électrodes de l’ECG sont généralement fixées sur le côté gauche du thorax, sous la selle et sous la sangle. Les données relatives à la fréquence cardiaque sont généralement transmises à une montre fixée au cheval pendant qu’il court. [1]

Un test d’exercice sur le terrain peut convenir à un cheval qui ne peut pas se rendre dans un centre pour un test sur tapis roulant. Ce test peut s’avérer plus précis, car il est réalisé dans le cadre d’une compétition ou d’une course où le cheval est susceptible de présenter des symptômes d’arythmie.

Traitement

Le traitement des arythmies cardiaques chez les chevaux est déterminé en fonction du type spécifique d’arythmie, des symptômes subis par le cheval et de toute maladie sous-jacente pouvant contribuer à l’irrégularité du rythme cardiaque.

Consultez votre vétérinaire pour diagnostiquer précisément l’arythmie et élaborer un plan de traitement approprié pour votre cheval. Le vétérinaire prendra en compte différents facteurs, notamment la gravité de l’arythmie, l’impact sur l’état de santé général et les performances du cheval, ainsi que le travail auquel il est destiné.

Les options de traitement peuvent inclure des médicaments pour réguler le rythme cardiaque ou des interventions telles que la cardioversion électrique ou l’implantation d’un stimulateur cardiaque (pacemaker). Une surveillance régulière et des évaluations de suivi sont importantes pour évaluer la réponse au traitement et procéder aux ajustements nécessaires.

Médicaments

Le sulfate de quinidine est un médicament antiarythmique de la classe 1A. Il agit en ralentissant les impulsions électriques dans le cœur, ce qui aide à réguler le rythme cardiaque et à le ramener à un rythme sinusal normal. Le sulfate de quinidine est couramment utilisé pour traiter la fibrillation auriculaire (FA) et son taux de réussite est d’environ 88 %. [5]

Le traitement standard de la FA consiste à administrer 10 g de sulfate de quinidine par sonde nasogastrique toutes les deux heures jusqu’à ce que le rythme cardiaque du cheval redevienne un rythme sinusal normal.

Si le rythme cardiaque du cheval ne revient pas à un rythme sinusal normal avec une dose quotidienne totale de 40 à 60 g ou si le cheval présente des signes de toxicité, le traitement doit être interrompu et repris le lendemain. [20]

Après un traitement à la quinidine, certains chevaux peuvent présenter des effets secondaires tels qu’une ataxie (perte de coordination), des coliques, une laminite ou de l’urticaire. Les propriétaires de chevaux doivent être conscients des risques associés à ce médicament.

En cas de fibrillation auriculaire chronique, la digoxine peut être utilisée comme mesure préventive avant un épisode de fibrillation auriculaire. Il a été démontré que la digoxine permet de ramener un rythme cardiaque rapide et irrégulier à un rythme sinusal normal. Elle y parvient en diminuant la conduction à travers le nœud AV et en augmentant le tonus vagal, réduisant ainsi efficacement la fréquence cardiaque.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si la digoxine peut être utilisée pour atténuer les effets négatifs associés au traitement à la quinidine. Il est important de noter que la quinidine ne doit pas être administrée aux chevaux souffrant d’une maladie cardiaque grave, ce qui fait de la digoxine une option alternative dans de tels cas. [21]

Électrocardioversion

Certaines cliniques vétérinaires équines proposent l’électrocardioversion, également connue sous le nom de cardioversion électrique transveineuse (CETV), comme option de traitement de la FA chez les chevaux qui ne répondent pas bien aux médicaments. Cette procédure consiste à placer le cheval sous anesthésie générale et à insérer un cathéter dans la veine jugulaire. [3]

Des sondes électriques sont ensuite introduites dans le cathéter et positionnées dans les oreillettes du cœur. Un choc électrique contrôlé est transmis afin de rétablir le rythme cardiaque du cheval à un rythme sinusal normal. Après l’intervention, le cheval se rétablit généralement complètement et peut reprendre ses activités sportives. [22]

Il est important de noter qu’après un traitement par CETV, certains médicaments et suppléments doivent être évités, notamment le furosémide (Lasix), les médicaments pour la thyroïde et les suppléments contenant du bicarbonate de sodium. La consultation d’un vétérinaire est nécessaire pour déterminer la prise en charge post-traitement appropriée à chaque cas.

Traitement de la tachycardie ventriculaire

Le traitement des chevaux atteints de tachycardie ventriculaire (TV) est justifié si la fréquence cardiaque dépasse 120 bpm ou en cas de perte soudaine d’une circulation efficace et d’un rythme irrégulier. [13]

Les options thérapeutiques suivantes sont disponibles pour la tachycardie ventriculaire sous la supervision d’un vétérinaire :

  • Lidocaïne : Un médicament antiarythmique et un bloqueur du canal sodique qui peut aider à réduire les arythmies ventriculaires et à soulager les symptômes. Elle est généralement administrée par voie intraveineuse (IV) ou en bolus à raison de 0,5 mg/kg. La lidocaïne est souvent le traitement de première intention pour les chevaux atteints de TV en raison de sa tolérabilité et des faibles risques y étant reliés.
  • Sulfate de magnésium : Anticonvulsivant et antiarythmique, le sulfate de magnésium est une autre option thérapeutique pour la TV, avec des effets cardiovasculaires négatifs minimes sur les chevaux. Il est généralement administré par voie intraveineuse à raison de 0,5 à 1 g/heure et peut être utilisé en association avec la lidocaïne.

Les traitements suivants ont été utilisés avec succès pour la TV mais comportent un risque plus élevé de réactions indésirables graves chez les chevaux. Par conséquent, ils ne doivent être administrés qu’en milieu hospitalier, sous surveillance constante et avec accès à l’électrocardiogramme :

  • Procaïnamide : antiarythmique de classe 1A utilisé pour traiter la TV chez les chevaux, mais une mauvaise administration peut entraîner des effets toxiques.
  • Gluconate de quinidine : Médicament rentable de classe 1A efficace pour traiter divers types d’arythmies. Cependant, il peut provoquer plusieurs effets secondaires cardiovasculaires, notamment une dilatation des vaisseaux sanguins, et nécessite une surveillance étroite.
  • Amiodarone, Esmolol, Propafenone et Bretylium Tosylate : Ces médicaments ont tous été administrés avec succès pour traiter des chevaux présentant différentes formes et divers niveaux de gravité de TV.
  • Furosémide : L’œdème pulmonaire, ou la présence de liquide dans les poumons, accompagne souvent l’insuffisance cardiaque. Le furosémide, un diurétique, est utilisé pour traiter cette affection en réduisant l’excès de liquide dans le corps.

Après un traitement réussi, le cheval doit être mis au repos pendant un à deux mois. Un retour progressif à l’activité et à l’entraînement peut être entrepris sous la supervision d’un vétérinaire, à condition que les résultats de l’ECG montrent une amélioration significative.

Questions fréquemment posées

Voici quelques questions fréquemment posées sur les arythmies cardiaques chez les chevaux :

Résumé

  • L'arythmie cardiaque, ou rythme cardiaque irrégulier, est une affection fréquente chez les chevaux de sport. Elle peut se manifester sans symptômes ou avoir des effets handicapants sur les chevaux.
  • Les arythmies peuvent être secondaires à des affections préexistantes telles qu'une maladie cardiaque ou un déséquilibre électrolytique, ou se produire indépendamment.
  • Le diagnostic des arythmies cardiaques est généralement simple et fait appel à une combinaison de méthodes, notamment le diagnostic différentiel, l'électrocardiogramme (ECG) et l'épreuve d'effort.
  • Alors que les traitements des arythmies courantes chez les chevaux sont très efficaces, il y a un manque important de recherche scientifique et d'informations concernant d'autres types d'arythmies chez les équidés.
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Références

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  4. Young, L. E. Recent Advances in Diagnosing Cardiac Abnormalitlies With an EKG During Exercise: A Review. American Association of Equine Practitioners (AAEP). 2007.
  5. McGurrin, M. K. J. The diagnosis and management of atrial fibrillation in the horse. Vet Med (Auckl). 2015.
  6. Alberti, E. et al. Evaluation of Cardiac Arrhythmias before, during, and after Treadmill Exercise Testing in Poorly Performing Standardbred Racehorses. Animals (Basel).2021.
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