La laminite est une affection douloureuse qui touche les sabots des chevaux. La gravité des cas de laminite varie, allant d’une légère sensibilité du pied à la fourbure chronique, ce qui peut entraver la capacité du cheval à marcher et affecter négativement sa qualité de vie.
La laminite est le fléau de tout propriétaire de cheval. Les chevaux touchés par la laminite souffrent d’une douleur atroce lorsque les structures sensibles du sabot, appelées la chair feuilletée ou les lamelles épidermiques, deviennent instables.
Bien que la laminite en elle-même ne tue généralement pas les chevaux, les propriétaires peuvent prendre la décision de les euthanasier si le pronostic est mauvais ou si les traitements ne fonctionnent pas. 7 % des décès de chevaux sont associés d’une manière ou d’une autre à la laminite. [1]
Heureusement, la plupart des chevaux guérissent de la laminite jusqu’à un certain point, mais cela peut prendre du temps. Une fois le cheval rétabli, celui-ci peut avoir des foulées plus courtes qu’avant d’avoir souffert de laminite.
La laminite est toujours une urgence. Appelez immédiatement votre vétérinaire si votre cheval présente les signes de cette maladie qui peut mettre sa vie en danger. Un traitement rapide peut souvent prévenir des dommages supplémentaires lorsqu’elle est détectée à un stade précoce.
Pour tous les cas de laminite, le plus important est d’identifier et d’éliminer la cause.
Qu’est-ce que la laminite équine?
Le terme laminite signifie « inflammation des lamelles épidermiques du sabot », bien que tous les types de laminite n’impliquent pas nécessairement une inflammation comme caractéristique principale. Les lamelles du sabot maintiennent l’os de la troisième phalange attaché à la paroi du sabot.
L’os du pied, connu officiellement sous le nom de phalange distale ou troisième phalange, est totalement encapsulé dans le sabot. Il sert d’attache au tendon fléchisseur profond du doigt.
En cas de laminite, les lamelles s’allongent et s’affaiblissent, puis peuvent commencer à se séparer de la muraille. En cas de séparation, l’os du pied perd son attachement et pivote latéralement ou vers le bas. Un os du pied qui pivote exerce une pression focale sur la sole ainsi que sur son approvisionnement en sang et ses nerfs.
Dans le pire des cas, l’os du pied perd tout attachement laminaire. Il peut s’enfoncer et même aller jusqu’à perforer la sole du sabot. Il est possible pour un cheval de guérir après que l’os ait transpercé la sole, mais cela nécessite des soins intensifs prolongés.
Illustration: Dr. Ana Mesa, PhD
Bien que la laminite soit une maladie du sabot, les événements qui mènent à la dégradation des lamelles épidermiques prennent naissance dans le tractus gastro-intestinal ou le système endocrinien de l’animal.
Une fois qu’un cheval a souffert d’une crise de laminite, une récidive est possible. Une prise en charge attentive est essentielle pour prévenir les récidives et garder le cheval aussi sain que possible.
Certains chevaux se remettent complètement d’un épisode de laminite alors que d’autres auront un état de santé ne leur permettant que de faire du travail plus léger. Certains chevaux ne retrouvent jamais la santé après la laminite. Chez certains équidés, la laminite devient un problème chronique.
Signes et symptômes de la laminite aiguë
La laminite est une affection douloureuse. Si votre cheval est réticent à bouger, s’il se couche souvent, s’il « marche sur des œufs » ou s’il semble éviter de mettre du poids sur ses antérieurs, vous devriez soupçonner qu’il souffre de laminite.
Bien que les quatre sabots puissent être affectés, la laminite est beaucoup plus fréquente dans les antérieurs puisque ce sont ces membres qui portent la majorité du poids du cheval.
Les signes de la laminite incluent :
- Une chaleur dans les sabots
- Une augmentation du pouls digité
- Une sensibilité à la pince exploratrice, tout particulièrement au niveau de la pince
- Une réticence à bouger
- Un décubitus (position couchée) plus fréquent
- Une posture en « chevalet » ou des tentatives de ne pas porter de poids sur les antérieurs
- Une hésitation à marcher sur le béton ou les surfaces dures, tout particulièrement dans les virages serrés
- Un ramollissement de la couronne
- Un port de tête rigide (soit haut ou bas) et l’absence du balancement normal vers l’arrière au pas
- Une tension musculaire dans les épaules, le dos et l’arrière-main
Dans les cas les plus graves, un exsudat sanglant peut suinter de la couronne. Le pronostic pour les chevaux qui atteignent ce stade est sombre.
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Laminite chronique
Les chevaux atteints de laminite chronique présentent des anneaux révélateurs sur les sabots affectés. Ces anneaux correspondent à une croissance anormale des sabots pendant des épisodes de laminite. Ils sont généralement plus larges au niveau du talon que de la pince.
Certains chevaux souffrent de cas légers de laminite qui ne sont pas détectés par les soigneurs, mais les anneaux sur les sabots finissent par apparaître si le pied pivote.
En cas de laminite chronique, les parois des sabots prennent la forme d’une cuvette et peuvent présenter une séparation de la paroi et de la ligne blanche. Si l’os du pied pivote, la sole aura un aspect convexe ou bombé.
Les chevaux atteints de laminite chronique sont sujets à des abcès fréquents sous la sole. Ces abcès se produisent souvent dans un seul sabot, mais il est toujours conseillé de demander à votre vétérinaire de confirmer qu’il s’agit bien d’un abcès et non d’un épisode récurrent de laminite ou d’une autre urgence de santé.
Les chevaux atteints du syndrome métabolique n’ayant pas été diagnostiqué ou traité présenteront des modifications internes au niveau de leurs pieds. Toutefois, on ne suspectera pas la laminite chez chez chevaux, car ils n’ont pas d’épisode douloureux aigu. [5] Chez ces cas, le premier épisode de laminite aiguë est en fait l’aboutissement de mois ou d’années de dommages.
Fourbure versus laminite
Les non-spécialistes utilisent souvent les termes « fourbure » et « laminite » de façon interchangeable bien que ces derniers ne soient pas synonymes. La fourbure se produit lorsque l’os du pied du cheval s’est effondré ou a pivoté, ce qui indique un cas plus grave ou chronique de laminite.
Causes de la laminite
Il existe trois types principaux de laminite :
La laminite endocrinopathique
La laminite endocrinopathique, qui inclut la laminite associée aux pâturages, représente au moins 90 % des cas. L’allongement et l’affaiblissement anormaux des lamelles sont dus à un taux élevé d’insuline. Il a été démontré que ce type de laminite n’est pas déclenché par une réaction inflammatoire. [6]
La laminite associée à la septicémie
La laminite associée à la septicémie, qui survient en cas d’inflammation systémique sévère, est associée à une maladie grave et à la production d’endotoxines bactériennes. Des exemples incluent la salmonellose, les coliques, la gourme bâtarde, la fièvre équine du Potomac et la rétention placentaire.
La laminite causée par une surcharge expérimentale en fructane ou le scénario du « cheval qui a trouvé le sac de moulée » est également déclenchée par une réponse inflammatoire systémique lorsque des sous-produits bactériens pénètrent dans le sang via la muqueuse intestinale endommagée.
La laminite du membre porteur
La laminite du membre porteur, la forme la moins fréquente de laminite, survient chez les chevaux souffrant d’une boiterie qui empêche de porter du poids sur le membre blessé. La laminite se développe dans le membre porteur opposé suite à une surcharge de poids excessive et prolongée. Un exemple bien connu de ce type de laminite est Barbaro, un gagnant du Kentucky Derby, qui a été euthanasié après avoir développé une laminite du membre suite à une intervention chirurgicale visant à réparer une fracture dans un membre antérieur. [2]
D’autres scénarios peuvent déclencher la laminite incluent : [3]
- « La fourbure de route » ou des forces d’impact excessives sur des surfaces dures, des scénarios qui sont plus fréquents chez les chevaux d’attelage.
- La résistance à l’insuline induite par la gestation
- La pénétration de toxines dans l’organisme, par exemple suite à une morsure de serpent
- Une litière contenant des copeaux de noyer noir. Une quantité aussi faible que 10 % de résidus de noyer noir dans la litière peut entraîner la laminite. [4]
- L’ingestion de bertéroa blanc dans un pâturage ou dans une botte de foin
- L’ingestion d’endophytes de fétuque élevée
- Un cas grave de maladie de la ligne blanche
- Un cas poussé de pied bot
- L’utilisation de céphalosporine, un antibiotique
- L’utilisation de corticostéroïdes très puissants, comme la bétaméthasone, peut également prédisposer les chevaux à la laminite en induisant une résistance à l’insuline.
Facteurs de risque de la laminite
Bien que tout cheval puisse développer la laminite, certains sont plus vulnérables que d’autres. Les facteurs de risque de la laminite sont les suivants :
- Le dysfonctionnement de la pars intermedia de la glande pituitaire (DPIP ou maladie de Cushing) lorsque le cheval souffre également du syndrome métabolique
- Le syndrome métabolique équin
- La résistance à l’insuline
Les chevaux qui ont reçu des doses élevées ou prolongées de corticostéroïdes ont un risque accru de développer la laminite, car ces médicaments induisent une résistance à l’insuline. Plus précisément, les chevaux au prise avec un syndrome métabolique préexistant peuvent développer une laminite lors de l’utilisation de tout corticostéroïde, y compris ceux administrés par injection articulaire.
Les animaux présentant une mauvaise conformation des membres ou des sabots présentent également un risque accru de ce problème de santé en raison d’une biomécanique anormale.
Certaines races et certains types de chevaux sont connus pour avoir un risque plus élevé de laminite. Il s’agit notamment des races suivantes :
- Les Arabes
- Les ânes et chevaux miniatures
- Les Morgans
- Les poneys
- Les mulets
- Les races espagnoles, incluant les Mustangs
- Les races de chevaux d’allures
- Les Haflingers
- Les Canadiens
- Les chevaux islandais
En règle générale, les types de chevaux qui prennent du poids facilement (appelés easy keepers en anglais) courent un plus grand risque de laminite. Cela est dû au fait qu’il s’agit des chevaux les plus à risque de souffrir du syndrome métabolique.
N’oubliez pas que tout cheval qui a un accès à volonté à un sceau de céréales et consomme une grande quantité de moulée est à risque de développer la laminite. Si vous découvrez un cheval qui s’est gavé de moulée, appelez votre vétérinaire immédiatement!
Que faire si vous croyez que votre cheval souffre de laminite
Le traitement de la laminite implique une approche holistique une fois la crise initiale passée.
Si votre cheval présente des signes de laminite, retirez-le des pâturages et cessez immédiatement de lui donner des céréales. Appelez immédiatement votre vétérinaire. Ne lui donnez rien d’autre que du foin de graminées trempé jusqu’à temps d’avoir parlé à votre vétérinaire.
Dre Liz Leahy, D.M.V., de Foundation Equine Wellness and Performance de Crosswicks au New Jersey, conseille de placer le cheval dans un box muni d’une litière profonde ou dans un petit enclos avec une surface de sol molle où les mouvements peuvent être limités en attendant le vétérinaire. Le cheval ne devrait pas être forcé de faire de l’exercice.
De plus, la Dre Leahy indique que les propriétaires de chevaux ne doivent pas administrer de médicaments avant de consulter leur vétérinaire.
Enfin, de nombreux propriétaires s’interrogent sur l’application de glace sur les pieds pendant les épisodes de laminite. À moins d’être en mesure de maintenir les pieds constamment immergés dans la glace (ce qui est difficile à accomplir même en contexte hospitalier), il est préférable de ne pas appliquer de glace.
L’application de glace après l’apparition de douleurs liées à la laminite peut atténuer la douleur, mais pourrait être contre-indiquée en cas de laminite endocrinopathique, puisque ce type de laminite implique déjà une vasoconstriction au niveau des pieds et le froid altère davantage la circulation sanguine.
Diagnostic et facteurs de traitement
Rassemblez les informations suivantes pour le vétérinaire :
- Le régime alimentaire actuel, y compris tout changement récent dans l’alimentation
- S’agit-il du premier épisode de laminite pour ce cheval ou d’un problème chronique ?
- Tout problème médical actuel, comme le syndrome métabolique équin (SME) ou le dysfonctionnement de la pars intermedia de la glande pituitaire (DPIP)
- L’état de santé actuel, y compris les traitements pour des affections comme la diarrhée, une infection ou une blessure musculosquelettique
- Tous les médicaments actuels
Il est important de noter que certains signes de laminite peuvent être confondus avec d’autres maladies. Par exemple, un diagnostic erroné de douleur au jarret peut parfois être établi si un cheval adopte une posture en « chevalet ». Une bonne connaissance de l’historique médical de votre cheval peut permettre un diagnostic plus rapide et plus précis.
Le traitement dépendra de la cause de la laminite. Par exemple, une jument souffrant de rétention placentaire doit subir une ablation de la portion restante du placenta ainsi qu’un lavage utérin.
Utilisation des AINS
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont universellement prescrits en cas de laminite, mais leur efficacité thérapeutique est limitée aux cas de laminite liés à une réaction inflammatoire systémique.
Les AINS sont peu efficaces pour contrôler la douleur liée à la laminite endocrinopathique, car la cause n’est pas liée à l’inflammation. Chez les chevaux atteints de fourbure endocrinopathique, une réaction inflammatoire de nettoyage se produira en cas de lésion des tissus du sabot. L’utilisation d’AINS pendant les premiers jours est raisonnable, mais doit ensuite être interrompue.
Effets secondaires des AINS
Les chevaux qui reçoivent des AINS risquent de développer des complications digestives, notamment des ulcères gastriques. Votre vétérinaire recommandera peut-être des probiotiques ou d’autres médicaments gastroprotecteurs pour atténuer ces effets secondaires.
Cependant, la combinaison d’AINS avec de l’oméprazole, l’ingrédient actif de Gastrogard®, est connue pour augmenter le risque de lésions du côlon. [7]
Si des analgésiques ont été prescrits à votre cheval, les vétérinaires recommanderont un repos au box strict pendant une période déterminée afin d’éviter tout mouvement excessif et d’aggraver les lésions.
Les soins du sabot
De bons soins de maréchalerie sont essentiels pour tout cheval. Dans le cas d’un animal atteint de laminite, ces soins peuvent faire la différence entre la vie et la décision du propriétaire de faire euthanasier le cheval.
Un travail adéquat de maréchalerie, effectué parallèlement avec les recommandations du vétérinaire, peut permettre à de nombreux chevaux de retrouver une vie utile.
Après que le vétérinaire ait traité un épisode de laminite en cours, l’étape suivante est une consultation entre le vétérinaire et le maréchal-ferrant.
Des radiographies sont nécessaires pour évaluer l’étendue des dégâts et révéler le degré de rotation de l’os du pied, fournissant ainsi une base de référence pour la maréchalerie thérapeutique. L’absence de rotation de l’os du pied signifie que le cheval n’a pas fourbé.
L’objectif est un parage avec une pince courte et un angle entre l’os du pied et le sol ne dépassant pas 5 degrés. En cas de rotation, la pince peut être biseautée afin de ramener le point de basculement du sabot où il devrait être et éviter tout stress sur les lamelles.
Le parage pieds nus avec des bottes et des plaques est plus efficace, car des intervalles de parage de 2 à 3 semaines sont recommandés pendant la convalescence.
Il est préférable d’effectuer une série régulière de radiographies à mesure que le cheval se rétablit pour observer le remodelage ou la rotation de l’os. Des changements peuvent se poursuivre pendant des mois. Ces radiographies permettent au maréchal-ferrant de déterminer le meilleur traitement pour chaque cheval spécifique.
De nombreux types de fers correctifs ainsi que d’autres outils sont disponibles, mais leur efficacité dépend de l’obtention et du maintien d’un parage de réalignement adéquat.
Chaque animal est différent et le maréchal-ferrant devra peut-être essayer plusieurs méthodes avant de trouver celle qui convient le mieux au cheval en question.
Médicaments
La phénylbutazone et d’autres AINS sont souvent prescrits pour réduire l’inflammation en cas de laminite. Cependant, ils sont peu efficaces dans 90 % ou plus des cas de laminite (laminite endocrinopathique) où l’inflammation n’est pas la cause principale.
Pour ces animaux, le contrôle de l’insuline est le « traitement » le plus important, en plus de faire appel à un professionnel expérimenté du soin des sabots pour effectuer un parage de réalignement.
Ce cheval peut sortir à l’extérieur dans une parcelle sèche, seul ou avec un compagnon calme, afin de se déplacer librement. Cela améliore la circulation vers les pieds, qui est altérée par des niveaux élevés d’endothéline-1, un vasoconstricteur. [8]
En réalité, de l’exercice physique vigoureux s’avère le meilleur remède pour contrôler l’insuline, mais de nombreux chevaux souffrant de laminite ne peuvent pas faire de l’exercice.
Si un cheval ayant un taux d’insuline élevé souffre également du DPIP, le contrôle de l’alimentation ne sera pas suffisant. Ces chevaux doivent être traités avec du pergolide. La dose correcte est celle qui permet de bien contrôler les niveaux d’ACTH.
Chez certains chevaux gravement atteints du syndrome métabolique, le contrôle de l’alimentation seul ne suffit pas à rétablir des taux d’insuline sécuritaires et ces animaux sont à risque de souffrir de laminite persistante. Ils peuvent être traités avec de la metformine ou des médicaments de la classe des inhibiteurs de SGLT2.
La metformine est un médicament antidiabétique développé pour les humains qui est utilisé chez les chevaux et agit en améliorant la sensibilité à l’insuline. Une dose de 30 mg par kg de poids corporel, administrée deux fois par jour, peut provoquer une forte baisse de l’insuline dès la première semaine d’utilisation. [12] Malheureusement, chez certains animaux, elle ne fonctionne pas du tout, tandis que chez d’autres, son efficacité diminue avec le temps.
Invokana® (canagliflozine) ou Steglatro® (ertugliflozine), des inhibiteurs du SGLT2, constituent une alternative. Ces médicaments agissent en bloquant la réabsorption du glucose au niveau des reins, permettant ainsi une élimination accrue du glucose dans l’urine et réduisant efficacement le travail que l’insuline doit accomplir. Ils sont très efficaces chez les chevaux. [13][14]
Cependant, les inhibiteurs du SGLT2 impliquent un risque de triglycérides sanguins élevés et de stéatose hépatique en raison de la mobilisation des graisses. [13] Cela doit être géré en permettant un accès au foin à volonté combiné avec de la pulpe de betterave et, dans certains cas, l’ajout de certains acides aminés pour favoriser la combustion des graisses et des niveaux de glucose sains.
Gestion alimentaire de la laminite
Les chevaux atteints du syndrome métabolique doivent faire l’objet d’uneprise en charge alimentaire attentive tout au long de leur vie.
La laminite endocrinopathique est causée par une consommation excessive d’amidon ou de sucres simples (glucides solubles dans l’éthanol ou GSEt), qui entraîne des taux d’insuline élevés chez les chevaux atteints du syndrome métabolique. Ensemble, les GSEt et l’amidon sont appelées glucides hydrolysables (GH), c’est-à-dire des glucides digestibles dans l’intestin grêle. Les chevaux atteints du syndrome métabolique ont besoin que les GH soient limités à 10 % ou moins de leur alimentation.
Les détails relatifs à un régime faible en sucre (GSEt) et en amidon, avec un profil minéral équilibré, ont été établis en 2004 et restent pertinents encore aujourd’hui. [9] Bien que l’industrie de l’alimentation animale commence à reconnaître le besoin d’aliments à teneur extrêmement faible en sucre et en amidon (moins de 10 %), la plupart des moulées en sac et des équilibreurs de ration sont encore trop riches.
Les glucides non structuraux (GNS) constituent une méthode obsolète et inexacte pour évaluer l’innocuité des foins pour les animaux atteints du syndrome métabolique. Les GNS contiennent des fructanes, une forme de réserve de glucides, qui ne provoquent pas de réponse insulinique. Ce sont les glucides hydrolysables (GH), c’est-à-dire les GSEt et l’amidon, digérés dans l’intestin grêle, qui déterminent la réponse insulinique.
Si le propriétaire d’un cheval sait que son foin est riche en sucres simples (GSEt), il peut le faire tremper dans de l’eau chaude pendant une heure avant de l’offrir aux chevaux. Cela devrait permettre de réduire la teneur en sucre de 15 à 25 %.
La seule façon de connaître la teneur en GH de votre foin est de soumettre un échantillon pour une analyse. Cela permettra d’obtenir le taux d’amidon et de GSEt, la teneur en protéines et en énergie ainsi que le profil minéral.
Prévention de la laminite
De bonnes pratiques de gestion peuvent prévenir de nombreux cas de laminite. Tous les chevaux doivent recevoir des soins de maréchalerie réguliers.
De nombreux cas de laminite surviennent au printemps lorsque les chevaux atteints du syndrome métabolique ont accès à des nouvelles pousses d’herbe riches en sucre et/ou du trèfle riche en amidon. Des recherches ont démontré que le risque de laminite associée aux pâturages est seulement lié aux niveaux d’insuline. [10]
Les concentrations de GH les plus faibles dans les pâturages se trouvent dans les graminées qui ont atteint leur pleine hauteur et perdu leurs graines. Certains chevaux souffrant du syndrome métabolique peuvent tolérer un accès restreint à ces pâturages, tandis que d’autres ne peuvent pas y paître du tout.
Si vous faites l’élevage de chevaux, surveillez attentivement le placenta après le poulinage. Contactez immédiatement le vétérinaire si vous pensez que la jument souffre de rétention placentaire ou si le placenta n’a pas été expulsé dans les 6 heure suivant la mise bas.
Enfin, placez les contenants de moulée dans un endroit inaccessible aux chevaux. Si un cheval s’échappe du box en plein milieu de la nuit, il y a de fortes chances qu’il se dirige vers l’endroit où vous entreposez la moulée.
Il en va de même si les chevaux vivent à l’extérieur. S’ils s’échappent, la moulée est très attirante. Ce simple geste de prévention peut vous épargner de graves problèmes.
Répondre aux besoins en vitamines et minéraux du cheval souffrant de laminite
Il est essentiel de répondre aux besoins en vitamines et minéraux de votre cheval pour favoriser la guérison de la laminite. Des carences dans l’alimentation peuvent entraver la croissance du sabot et exacerber les dysfonctionnements métaboliques.
Pensez au supplément de vitamines et minéraux AminoTrace+, formulé pour répondre aux besoins des chevaux atteints de laminite. Il a été conçu spécifiquement pour soutenir les chevaux présentant une résistance à l’insuline, le DPIP et le SMÉ, des maladies qui exposent toutes votre cheval à un risque accru de laminite.
AminoTrace+ contient des niveaux plus élevés d’antioxydants, d’oligo-éléments organiques et d’autres nutriments nécessaires à la santé des sabots et à la sensibilité à l’insuline.
Plus particulièrement, les niveaux élevés de cuivre et zinc chelatés contenus dans AminoTrace+ aident à la formation du tissu structurel qui constitue le sabot. Ces oligo-éléments essentiels agissent au sein des enzymes qui réticulent le collagène et l’élastine.
Des niveaux plus élevés de cuivre et de zinc sont également nécessaires pour contrer les effets d’un excès de fer dans le foin. Une surcharge en fer est fréquente chez les chevaux atteints du syndrome métabolique. [11]
Les acides aminés sont les éléments constitutifs des protéines nécessaires à la construction de sabots solides. AminoTrace+ contient les trois acides aminés les plus limitants dans l’alimentation du cheval : la lysine, la méthionine et la thréonine. Ceci permet de garantir que la synthèse des protéines répond aux besoins de votre cheval.
Chaque portion moyenne de AminoTrace+ fournit également 20 milligrammes de biotine, une vitamine B. Les études démontrent qu’une telle quantité de biotine améliore la qualité des sabots des chevaux.
Formulé sous forme de granulés à faible teneur en GH sans sucre ajouté, AminoTrace+ fournit les nutriments nécessaires à votre cheval pour combattre l’inflammation et améliorer la santé digestive. AminoTrace+ est un équilibreur de ration complet, ce qui signifie qu’il n’est pas nécessaire de donner des suppléments additionnels avec ce produit.
Vous vous demandez si ce supplément est approprié pour votre cheval? Soumettez les informations relatives au régime alimentaire de votre cheval en ligne pour une analyse et les nutritionnistes de Mad Barn pourront vous fournir des recommandations personnalisées.
Autres suppléments
Le jiaogulan est une herbe chinoise dotée d’une puissante capacité à stimuler la production d’oxyde nitrique dans les vaisseaux sanguins. [15] Cela neutralise la production élevée d’endothéline-1 pour favoriser une circulation sanguine normale dans les sabots. Le jiaogulan contribue également à la régulation homéostatique normale de l’inflammation. [16]
L’acétyl-L-carnitine est un métabolite naturel de la L-carnitine. Elle a des effets neuroprotecteurs, notamment dans divers modèles de douleur neuropathique. [17] Des changements neuropathiques ont été observés en cas de laminite chronique. [18]
Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées sur la fourbure chez les chevaux :
La fourbure est une affection douloureuse qui implique des dommages aux lamelles, les tissus mous qui ancrent la troisième phalange à la paroi du sabot. Lorsque ces tissus s’affaiblissent ou se séparent, la troisième phalange peut pivoter ou s’enfoncer, pouvant potentiellement percer la sole dans les cas graves. Bien qu’elle ne soit généralement pas mortelle, 7 % des décès chez les chevaux sont associés à la fourbure, souvent en raison de la décision d’euthanasier lorsque la qualité de vie diminue. [1]
La fourbure peut résulter de multiples causes, mais la plupart des cas — plus de 90 % — sont dus à des troubles endocriniens comme l’Equine Metabolic Syndrome ou le PPID, qui font augmenter l’insuline à des niveaux nocifs. [6] D’autres causes comprennent l’inflammation associée à la septicémie (due à des coliques, à une rétention placentaire, etc.) et le stress mécanique lié à l’appui sur un seul membre en raison d’une blessure à un autre, appelé fourbure du membre porteur. [2] Des déclencheurs environnementaux comme la litière de noyer noir, les régimes riches en amidon ou l’utilisation de corticostéroïdes peuvent également entraîner la fourbure. [3][4]
Le traitement dépend de la cause, mais comprend généralement le contrôle de l’alimentation, le réalignement du sabot par un maréchal-ferrant qualifié et des médicaments pour gérer la douleur ou le dysfonctionnement métabolique. Les AINS peuvent aider dans les cas inflammatoires, mais sont moins efficaces dans la fourbure métabolique, où le contrôle de l’insuline est plus important. Pour la prise en charge chronique, des outils comme les radiographies, le parage du sabot, des médicaments comme la metformine ou les inhibiteurs du SGLT2, ainsi que des suppléments tels qu’AminoTrace+ peuvent aider à gérer les facteurs métaboliques et à soutenir la santé des sabots. [12][13][14]
Résumé
La fourbure est une maladie douloureuse du sabot qui peut évoluer en encastelure (founder) et nécessite toujours l’intervention immédiate d’un vétérinaire.
- Lorsque les lamelles s’affaiblissent, la troisième phalange peut pivoter ou s’enfoncer, et les déclencheurs proviennent souvent du système immunitaire, de l’intestin ou des hormones.
- Les signes courants incluent des sabots chauds, des pouls digitaux forts, une réticence à se déplacer et une posture campée vers l’arrière, tandis que les cas chroniques présentent des anneaux du sabot, une séparation de la ligne blanche et des abcès fréquents.
- Les principaux types sont la fourbure liée à l’insuline, la fourbure liée au sepsis et la fourbure d’appui, avec un risque plus élevé chez les chevaux atteints d’EMS/PPID, certaines races, ainsi que des régimes ou des environnements stressants.
- Si vous soupçonnez une fourbure, retirez les céréales et l’accès au pâturage, confinez sur un sol souple, appelez votre vétérinaire et utilisez un traitement basé sur la cause avec une maréchalerie guidée par l’imagerie; les AINS aident surtout les cas inflammatoires.
- Le contrôle à long terme repose sur un parage régulier, un poids santé, un fourrage pauvre en sucre et en amidon vérifié par une analyse du foin, un accès limité au pâturage et aux céréales, ainsi que la gestion des maladies métaboliques.
Références
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- Drape, Joe. Barbaro Is Euthanized After Struggle With Injury. The New York Times. January 20, 2007.
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