L’élevage d’un poulain en bonne santé exige que l’on surveille sa croissance de près. Ce suivi permet de favoriser un développement optimal en apportant les changements qui s’imposent à son régime alimentaire et à sa gestion.

Les poulains grandissent rapidement au cours des premiers mois qui suivent la naissance. Ils atteignent environ 80 % de leur taille maximale et 43 % de leur poids adulte dès l’âge de six mois. Cette croissance rapide fait en sorte qu’ils sont susceptibles de souffrir de troubles du développement et des articulations, ce qui peut avoir un impact sur leur bien-être futur et leur performance à long terme. [1]

Au cours de la première année de vie, il est crucial de combler leurs besoins en protéines, en vitamines et en minéraux sans dépasser leurs besoins en calories. La suralimentation accroît le risque d’apparition de maladies métaboliques osseuses.

Au cours des deux premiers mois, le lait de la jument suffit généralement pour répondre aux besoins en calories et en protéines du poulain. En nourrissant correctement la jument qui allaite, on lui permet de produire suffisamment de lait pour que le poulain soit en bonne santé. [2]

Bien que les poulains commencent à grignoter des aliments et du fourrage dès l’âge d’une semaine, ils n’ont généralement pas besoin de manger d’aliments solides avant l’âge de deux ou trois mois. Après six mois, le régime alimentaire du poulain consiste en grande partie de fourrage et de concentrés afin de continuer à soutenir sa croissance. [2]

Cet article détaille les stades de croissance des poulains, l’alimentation à la dérobée, les modifications apportées au régime alimentaire à mesure qu’ils passent de l’état de poulain sevré à celui de yearling, ainsi que leurs besoins nutritionnels à différents âges.

Mise en garde: l’élevage d’un poulain en bonne santé requiert une collaboration étroite avec un vétérinaire et un nutritionniste équin. La composition du foin et des pâturages mentionnés dans les exemples de régime alimentaire peut être très différente de celle dans votre situation. Transmettez-nous le régime alimentaire de votre poulain pour obtenir une consultation avec l’un de nos nutritionnistes pendant ses premiers mois de vie.

 

La croissance et le développement du poulain

Le taux de croissance est l’un des facteurs les plus importants dont il faut tenir compte pour nourrir les poulains. Ceux qui grandissent lentement peuvent avoir besoin de plus de calories. Celles-ci peuvent provenir d’un foin de meilleure qualité ou d’autres aliments à forte densité calorique. En revanche, on peut devoir restreindre l’accès à la nourriture des chevaux qui croissent trop rapidement.

La santé des articulations est une autre raison d’accorder une attention particulière à la croissance du poulain au fil du temps. Les études ont lié la croissance rapide des chevaux à l’incidence de troubles articulaires et de maladies métaboliques osseuses, y compris la dysplasie épiphysaire et l’ostéochondrose disséquante[1]

Les facteurs qui influent sur le développement

La génétique ou la race sont les principaux déterminants de la masse corporelle et de la conformation éventuelles du poulain une fois qu’il a atteint l’âge adulte. [3][4]

De nombreux facteurs ont une incidence sur la rapidité avec laquelle les poulains grandissent et la probabilité qu’ils réalisent leur potentiel héréditaire, notamment la disponibilité des nutriments, les facteurs environnementaux et les méthodes de gestion.

L’apport nutritif :

  • le régime alimentaire;
  • le mois et la saison de la naissance;
  • la qualité et la disponibilité des pâturages;
  • la nutrition et la santé de la jument durant la gestation;
  • la consommation de colostrum et de lait maternel.

Les facteurs environnementaux et de gestion :

  • la liberté de mouvement et le niveau d’exercice;
  • la température extérieure;
  • le sevrage et le niveau de stress qui y est associé;
  • les antécédents médicaux;
  • les parasites;

L’alimentation de la poulinière

L’œstrus saisonnier de l’espèce équine a évolué pour faire coïncider la fin de la gestation et le début de l’allaitement avec l’apparition de l’herbe printanière qui pousse rapidement et qui est dense en calories.

Les poulinières peuvent ainsi répondre à leurs besoins en calories et en protéines au moment où ces dernières sont à leur apogée. La jument peut ainsi produire une grande quantité de lait en paissant dans des pâturages abondants et le poulain peut brouter du fourrage de très bonne qualité. [5]

La prise de poids du poulain est la plus rapide durant les premiers mois. La nutrition de la mère a un impact considérable sur la croissance du poulain pendant la gestation. Elle affecte aussi la production de lait maternel. [5][6]

Mesurer la croissance du poulain

Pour équilibrer correctement l’alimentation du poulain, il est crucial de mesurer et de consigner régulièrement son poids. Étant donné que les balances pour grands animaux ne sont pas monnaie courante, on peut se servir d’un ruban gradué pour le poids pour mesurer la circonférence du poulain. On fait ensuite le calcul suivant : [7]

Masse corporelle (kg) = Circonférence au garrot3 x 90

On compare ensuite le résultat au poids actuel estimatif, comme l’indique le tableau ci-dessous.

La croissance d’un poulain dont le poids prévu à maturité est de 500 kg (1 100 lb)

ÂGE TAUX DE CROISSANCE
(KG / JOUR)
POIDS ESTIMATIF % DU POIDS À L’ÂGE ADULTE
4 mois 0,84 169 kg / 373 lb 34
6 mois 0,72 216 kg / 476 lb 43
9 mois 0,57 275 kg / 604 lb 55
12 mois 0,45 321 kg / 708 lb 64
18 mois 0,29 388 kg / 855 lb 77
24 mois 0,18 429 kg / 946 lb 86
36 mois 0,07 472 kg / 1041 lb 94

Le calcul employé pour trouver le poids estimatif est le suivant, où M représente le poids du cheval prévu à maturité (kg) et A représente l’âge exprimé en mois : [3]

Poids estimatif (kg) = M x (9,7 + (90.3 x (1-e-0.0772A)))/100

En comparant le poids idéal du poulain à son poids réel tel que mesuré avec une balance ou un ruban gradué, on arrive à savoir si la croissance du poulain est en bonne voie. Idéalement, il faut prendre les mesures fréquemment pour surveiller la progression de la croissance dans son ensemble plutôt que de se fier à une seule mesure.

On peut par ailleurs calculer le gain quotidien moyen du poulain (kg) grâce à l’équation suivante, où M représente le poids du cheval prévu à maturité (kg) et A représente l’âge du poulain exprimé en mois : [3]

GQM (kg) = M x 6.97 x (e(-0.0772xA))/3040

Les différents schémas de croissance

Entre l’âge de 18 mois et de deux ans, les poulains passent naturellement par des périodes durant lesquelles ils grandissent plus lentement, suivies de poussées de croissance.

Bien qu’une croissance rapide puisse être souhaitable pour obtenir un meilleur prix de vente, l’excès peut être préjudiciable pour le cheval, notamment en ce qui a trait à la santé de ses articulations et de son métabolisme. [1][8]

La croissance lente

Si on constate que le poulain grandit lentement pendant de longues périodes, il vaut mieux consulter un vétérinaire et un nutritionniste équin. La croissance au ralenti peut être due aux facteurs suivants :

  • une anomalie héréditaire;
  • des anomalies de croissance;
  • une maladie ou une blessure;
  • des carences nutritionnelles;
  • un déséquilibre alimentaire.

Le vétérinaire établira aussi si un programme de vaccination et de contrôle des parasites adapté pour aider le poulain à éviter les maladies causées par des agents pathogènes communs.

La prise de poids

La saison et le mois de la naissance ont un impact important sur le taux de croissance du cheval. Des études menées dans l’hémisphère nord montrent que les poulains nés en janvier ont des schémas de croissance différents de ceux nés en mai. [5][9]

La prise de poids quotidienne est au plus bas au cours du premier hiver, alors que le poulain brûle plus de calories pour maintenir sa température corporelle.

Après cette période de croissance lente, la plupart des poulains enregistrent une poussée de croissance au printemps et à l’été suivants. C’est ce qu’on appelle la croissance compensatoire ou le rattrapage de croissance.

Les schémas de croissance irréguliers pourraient être liés aux maladies métaboliques osseuses. Il est préférable de chercher à constater une courbe de croissance régulière tout au long de l’hiver et du printemps. Le poulain peut avoir besoin de plus d’aliments pendant l’hiver et d’un accès restreint au pâturage au printemps pour réguler sa croissance. [5]

Le gain de taille

Le poulain grandit le plus rapidement au début de sa vie et son taux de croissance diminue avec le temps. Par exemple, les poulains Thoroughbred atteignent 80 % de leur taille adulte au bout de six mois. [1]

Les différences dues à la race

Les courbes de croissance et les calculs mentionnés précédemment sont fondés sur des études empiriques qui mesurent la croissance de milliers de poulains au fil du temps. À ce jour, cette recherche vise principalement les poulains de race Thoroughbred[5][10]

Il n’est pas exclu que les chevaux de grande taille, par exemple les Percherons, aient des schémas de croissance différents de ceux des races plus petites, comme les Arabes. Malheureusement, les recherches actuelles sur ces races sont insuffisantes pour tirer des conclusions définitives. [5]

Au lieu de se concentrer sur les schémas de croissance spécifiques à la race, il est préférable d’évaluer chaque individu et l’influence des facteurs liés à la santé, à la nutrition et à l’environnement sur sa croissance.

Les poulains nouveau-nés

Un poulain nouveau-né devrait commencer à boire au cours des huit premières heures suivant la naissance. Ce premier lait est un colostrum riche en nutriments qui contient des anticorps pour aider à renforcer le système immunitaire du poulain et le protéger contre les agents pathogènes communs.

Ce mécanisme de constitution de l’immunité du poulain se nomme transfert passif. Des ouvertures dans la paroi intestinale qui n’existent que pendant les 24 à 48 premières heures de la vie du cheval absorbent les anticorps contenus dans le colostrum. On peut estimer la réussite de ce transfert par un test IgG qui mesure la quantité d’anticorps présents dans le sang du poulain.

Après le colostrum, les poulains en bonne santé boivent une quantité de lait équivalant à environ 25 % de leur poids vif pendant les deux premières semaines. [11]

Les poulains peuvent d’autre part commencer à grignoter des aliments solides, des fourrages et même du fumier dès l’âge d’une semaine. [11]   Ce comportement aide à constituer leur microbiome intestinal qui est essentiel pour le mécanisme de fermentation des fourrages plus tard dans leur vie.

Les jeunes poulains sont très sensibles à la déshydratation qui peut être due à la diarrhée ou à une faible consommation de lait. On doit contacter immédiatement un vétérinaire si on constate que le poulain nouveau-né éprouve des difficultés à téter.

Certaines affections comme la diarrhée du poulain, le rotavirus et la pneumonie peuvent rapidement s’avérer fatales pour les jeunes poulains.

L’introduction des aliments solides

Les poulains âgés de deux mois en bonne santé boivent quotidiennement une quantité de lait équivalant à 20 % de leur poids vif. [11]   À ce stade, le lait seul pourrait ne plus répondre pleinement aux besoins nutritionnels du cheval qui grandit. [2]

En fonction de sa croissance, il peut être temps d’introduire l’alimentation à la dérobée vers l’âge de 2 à 3 mois. Les poulains peuvent commencer à goûter aux aliments de leur mère dès le tout jeune âge, mais l’alimentation à la dérobée consiste à leur offrir des aliments conçus spécifiquement pour eux.

On peut réaliser l’alimentation à la dérobée en donnant les aliments aux poulains dans une mangeoire séparée ou dans une aire isolée. [2]

Le choix des aliments pour l’alimentation à la dérobée

Les aliments donnés à la dérobée aux poulains avant le sevrage doivent contenir suffisamment de protéines, d’acides aminés et de minéraux pour soutenir leur croissance.

À la lecture de l’étiquette sur l’emballage, on s’assure de rechercher des aliments pour poulains qui présentent les caractéristiques minimales suivantes à la distribution : [2]

  • de 14 à 16 % de protéines brutes;
  • 0,7 % de lysine;
  • 0,8 % de calcium;
  • 0,5 % de phosphore.

Ces aliments doivent contenir des sources de protéines et de calories hautement digestibles telles que le tourteau de soja, la luzerne, l’avoine et les huiles. Autrement, on peut donner ces produits individuellement si on souhaite équilibrer minutieusement le régime alimentaire.

La directive générale consiste à donner 0,5 kg (1 lb) d’aliments à la dérobée par mois d’âge. [8]   On peut ajuster la quantité pour maintenir le poulain à un score d’état de chair de 5 sur l’échelle de Henneke qui comporte 9 points.

Une alternative à l’alimentation à la dérobée

Il n’est pas toujours possible d’aménager une aire d’alimentation à la dérobée distincte pour le poulain. De plus, même avec les quantités recommandées de moulée commerciale pour poulains, il n’y a aucune garantie que ces dernières comblent les besoins en protéines et en minéraux de ces jeunes chevaux qui grandissent rapidement.

Pour simplifier l’alimentation, on peut décider de donner les mêmes aliments à la jument et au poulain. Un professionnel doit alors élaborer le régime alimentaire de la jument pour que ce dernier réponde à ses besoins au début de l’allaitement. Ces besoins sont les mêmes que ceux du poulain sevré en ce qui concerne la quantité de protéines et de minéraux par mégacalorie (Mcal). On peut alors permettre au poulain d’accéder librement aux aliments donnés à la jument.

Comme le poulain boit moins de lait, il mangera une plus grande quantité des aliments de la mère qui en recevra moins, ce qui diminue naturellement l’apport calorique et la production de lait de cette dernière. Si la poulinière commence à perdre trop de poids, on augmente alors toutes les composantes de la ration de 10 %.

L’avantage de cette méthode est que le poulain est pleinement habitué à ce régime lorsqu’arrive le moment stressant du sevrage. Un nutritionniste peut calculer la quantité d’aliments dans la ration selon l’âge et le poids du cheval au moment du sevrage.

L’alimentation avant le sevrage

À l’âge de six mois, la production de lait de la poulinière et la consommation du poulain diminuent beaucoup. Bien que son taux de croissance soit plus lent qu’au début de sa vie, les besoins nutritionnels du poulain sont plus élevés.

Selon le moment de la naissance, cette période peut coïncider avec une variation de qualité des pâturages. Par exemple, les poulains nés en janvier sont âgés de quatre à six mois au moment d’accéder aux riches pâturages printaniers. Ils n’auront probablement pas besoin d’autant de foin ou de concentrés supplémentaires que les poulains qui atteignent cet âge en hiver.

En préparation au sevrage, il peut être bénéfique de poursuivre l’alimentation à la dérobée ou de commencer à donner aux poulains la ration qu’ils recevront une fois sevrés. Cette méthode aide le microbiome et les mécanismes digestifs à s’adapter au régime qui suit le sevrage.

L’alimentation à la dérobée peut d’autre part aider le poulain à maintenir son état de chair pendant le sevrage, à réduire le stress du sevrage, à minimiser les fluctuations de croissance et à soutenir le développement des os. [2]

Des études suggèrent que les aliments riches en matières grasses et en fibres plutôt qu’en amidon et en sucre contribuent à diminuer le stress des poulains au sevrage. [12] On doit néanmoins évaluer cette pratique en sachant qu’il existe un risque de diminution de la densité minérale osseuse chez les poulains nourris avec des aliments à haute teneur en matières grasses et en fibres. [25]

L’alimentation d’un poulain âgé de six mois avant le sevrage

Le régime alimentaire avant sevrage suivant est fondé sur un poulain de six mois dont le poids estimatif à maturité est de 500 kg (1 100 lb).

ALIMENT QUANTITÉ PAR JOUR
Lait 5 kg
Foin mixte (13% de protéines) 1 kg (~0,5 – 1 galette)
Pâturage mixte (26% de protéines) 7 kg
Cubes de luzerne 1 kg
Fèves de soja torréfiées 1 kg
Son de blé 0,3 kg
Sel 7 g (1/2 c. à soupe)
Omneity en granulés 100 g (1 mesure)
ANALYSE DE LA RATION
Pourcentage des besoins quotidiens
Énergie digestible 87%
Protéines 166%
Lysine 195%

L’alimentation du poulain sevré (de six mois à un an)

Le sevrage est une période stressante qui peut contribuer à une perte d’appétit, à l’apparition de comportements comme la mastication du bois et l’agressivité, ainsi qu’à une perte de poids.

Il est possible de minimiser le stress de sevrage chez le poulain des manières suivantes : [32][33]

  • donner une ration identique avant et après le sevrage;
  • sevrer les poulains en groupe en les hébergeant à l’extérieur en compagnie d’un cheval adulte calme qui joue le rôle de « gardienne d’enfants »;
  • permettre au poulain de toujours voir, sentir et entendre sa mère lorsqu’ils sont séparés.

Voici les facteurs clés dont il faut tenir compte dans l’alimentation du poulain après le sevrage afin de favoriser une santé optimale.

1) Choisir des fourrages de bonne qualité

Les poulains peuvent combler la plupart de leurs besoins en calories et en protéines en mangeant des fourrages de bonne qualité, y compris l’herbe du pâturage. En revanche, si le sevrage a lieu au milieu de l’été ou en hiver, la qualité des pâturages peut être médiocre.

Au moment de choisir un foin pour les poulains sevrés, on privilégie un fourrage de bonne qualité récolté à un stade de croissance précoce afin d’obtenir une teneur maximale en protéines.

On recommande souvent les foins de légumineuses comme la luzerne en raison de leur teneur élevée en protéines, en calories et en calcium. Toutefois, il faut équilibrer soigneusement la teneur élevée en calcium avec une source de phosphore élevée comme le son.

On recherche un foin souple et feuillu qui signale une faible teneur en fibres et une teneur élevée en protéines.

Bien que certains indices visuels puissent fournir une indication de la qualité du fourrage, la seule façon d’évaluer avec précision la valeur nutritionnelle du foin est de soumettre un échantillon à une analyse. En plus de la teneur en protéines et en fibres, l’analyse du fourrage mesure les niveaux de sucre, d’amidon et de minéraux.

Les nutritionnistes équins sont habilités à interpréter les résultats de l’analyse du foin afin d’élaborer un régime alimentaire contenant suffisamment de protéines et de minéraux. Une alimentation équilibrée favorise une croissance optimale sans ajouter de calories inutiles.

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2) Éviter l’excès de calories

Selon la qualité du foin et du pâturage, le poulain peut ne pas avoir besoin de sources de calories supplémentaires. Les études ont lié la croissance rapide et le surconditionnement aux maladies métaboliques osseuses. Il vaut donc mieux éviter un apport calorique excessif. [1]

Les lésions dues à l’ostéochondrite disséquante dans les épaules, les grassets et les articulations tibio-tarsiennes sont plus fréquentes chez les chevaux qui prennent plus de poids que la moyenne. [1]

Certains chevaux peuvent être génétiquement prédisposés aux lésions dues à l’ostéochondrite disséquante. On doit les nourrir avec prudence pour éviter une croissance trop rapide. Des études génétiques suggèrent que l’hérédité explique entre 2 % et 46 % des incidences d’ostéochondrite disséquante. [13]

Les races plus grandes, notamment les Warmblood hanovriens et Holsteiner, semblent enregistrer le risque héréditaire le plus élevé de voir apparaître certaines lésions, comme l’ostéochondrite disséquante du jarret. [13]

Pour les poulains appartenant à ces races, éviter les périodes de croissance rapide en restreignant soigneusement l’apport calorique pourrait aider à réduire l’incidence d’ostéochondrite disséquante. On doit réaliser cette restriction calorique tout en fournissant suffisamment de protéines, de vitamines et de minéraux pour maintenir une croissance de qualité. [15]

3) Ajouter des calories provenant de sources à teneur modérée en sucre et en amidon

Pour les chevaux en croissance qui ont besoin de calories supplémentaires au-delà de ce que contiennent les fourrages, on choisit des sources de calories dont les fibres fermentent facilement et qui procurent des quantités plus modérées d’amidon et de sucre.

On désigne globalement les sucres et les amidons ainsi que le fructosane sous l’appellation glucides non structuraux. Les céréales comme l’avoine, le maïs, le blé, le seigle et l’orge en contiennent des niveaux élevés. Une consommation élevée de glucides non structuraux pourrait également être associée à un risque élevé d’ostéochondrite disséquante.

Le lien entre les céréales et l’ostéochondrite disséquante

Certaines études, mais pas toutes, ont trouvé un lien entre une alimentation riche en céréales et une diminution de l’exercice après le sevrage, et une prévalence plus élevée d’ostéochondrite disséquante. [14][15][29]

Une alimentation riche en amidon et en sucre hausse les taux de glucose (sucre) et d’insuline dans le sang après les repas, des effets connus sous le nom d’hyperglycémie et d’hyperinsulinisme. On a découvert que les jeunes chevaux atteints de lésions d’ostéochondrite disséquante souffraient d’hyperglycémie et d’hyperinsulinisme après les repas. [29]

Certains troubles de santé comme l’insulinorésistance et l’obésité peuvent aussi affecter les niveaux d’insuline. Une étude réalisée sur les effets de l’obésité maternelle a trouvé que les poulains de juments obèses avaient une sensibilité à l’insuline légèrement différente. Elle a aussi découvert une fréquence élevée d’ostéochondrite disséquante à l’âge de 12 mois, mais pas à l’âge de 6 ou de 18 mois. [30]

En revanche, ce ne sont pas toutes les études comportant une alimentation riche en amidon qui montrent une augmentation des lésions dues à l’ostéochondrite disséquante. Dans une étude, l’alimentation riche en amidon n’a eu aucun effet négatif sur les biomarqueurs du métabolisme du cartilage ou de l’hormone de croissance active. En fait, elle a trouvé un taux plus faible d’un certain biomarqueur anabolisant pendant les périodes d’alimentation pauvre en amidon. [14]   Une étude qui a comparé des chevaux normaux à des animaux atteints d’ostéochondrite disséquante a révélé que les sujets normaux étaient plus résistants à l’insuline que ceux atteints de la pathologie. [31]

Plutôt que la composition du régime alimentaire, le principal facteur de risque associé aux maladies métaboliques osseuses est une croissance trop rapide qui peut être induite en nourrissant les jeunes chevaux avec des repas riches en calories de toute provenance.

Les meilleures sources de calories

Les calories supplémentaires fournies sous forme de matières grasses et de fibres permettent d’éviter une hausse importante de la glycémie ou de l’insuline. [16]   En plus du fourrage, les sources de calories les plus sûres pour les chevaux en croissance incluent celles qui suivent :

Lorsqu’on souhaite donner de la luzerne ou des sous-produits comme la pulpe de betterave ou le son de riz, une étroite collaboration avec un nutritionniste permet d’équilibrer rigoureusement l’alimentation. Cela permet d’éviter les déséquilibres de minéraux qui peuvent nuire à la croissance.

4) Fournir des sources de protéines de bonne qualité

Un apport suffisant en protéines est essentiel pour soutenir la croissance et le développement du poulain. Les poulains qui ne consomment pas suffisamment de protéines peuvent présenter un retard de croissance, même si le régime alimentaire leur procure suffisamment de calories. [17]

Toutes les sources de protéines ne sont pas bénéfiques à parts égales. Les protéines de bonne qualité sont facilement digérées dans l’intestin antérieur. Elles fournissent un profil équilibré d’acides aminés essentiels, que l’organisme ne peut pas synthétiser.

Plus précisément, la lysine est l’acide aminé le plus limitant dans l’alimentation des équidés. Celle-ci est la plus susceptible d’être déficitaire au point de diminuer la synthèse de l’ensemble des protéines dans l’organisme.

Le régime alimentaire des poulains en croissance doit contenir suffisamment de protéines et de lysine pour optimiser leur croissance. Les sources de protéines et d’acides aminés de grande qualité incluent les suivantes :

  • le tourteau de soja;
  • les fèves de soja torréfiées;
  • le lactosérum;
  • les suppléments d’acides aminés purs, par exemple Three Amigos.

Le taux d’inclusion des sources de protéines supplémentaires dépend de la teneur en protéines du fourrage, des autres aliments qui composent la ration et du taux de croissance du poulain. Un nutritionniste peut vous aider à déterminer les sources de protéines à ajouter et la quantité qui convient.

5) Combler les besoins en vitamines et en minéraux

Pour optimiser la croissance, il faut de plus veiller à combler les besoins en vitamines et en minéraux du poulain et équilibrer ces nutriments de manière optimale. [18]

Les besoins en minéraux et en vitamines des poulains en croissance

Les besoins minimaux en minéraux et en vitamines suivants sont fondés sur un poulain en croissance dont le poids estimatif à maturité est de 500 kg (1 100 lb).

6 MOIS 9 MOIS 12 MOIS
Calcium 39 g 38 g 38 g
Phosphore 21 g 21 g 21 g
Zinc 216 mg 275 mg 321 mg
Cuivre 54 mg 69 mg 80 mg
Sélénium 0,5 mg 0,7 mg 0,8 mg
Vitamine E 432 UI 549 UI 642 UI

Les besoins en minéraux et en vitamines sont habituellement fondés sur la prévention des symptômes de carence. Ils ne reflètent pas nécessairement le soutien d’une santé optimale. Certaines preuves démontrent qu’une augmentation de l’apport en cuivre au-delà des besoins minimaux améliore la cicatrisation des lésions dues à l’ostéochondrite disséquante. [26][27]   On enrichit couramment les aliments pour poulinières et poulains en y ajoutant plus de cuivre et de zinc.

Outre l’ostéochondrite disséquante, les carences importantes en vitamines et minéraux peuvent contribuer à l’apparition des maladies suivantes chez les chevaux en croissance :

  • La maladie des muscles blancs est liée à une carence en sélénium et, dans une moindre mesure, à une carence en vitamine E.
  • Les troubles neurologiques pourraient être associés à une carence en vitamine E, notamment la maladie du neurone moteur équine et la dystrophie neuro-axonale équine.
  • Le rachitisme est dû à une carence en calcium ou en phosphore.
  • Le goitre provient d’une carence ou d’une toxicité en iode.

L’analyse du foin est le meilleur moyen d’évaluer les quantités de minéraux et d’équilibrer le régime alimentaire du poulain en conséquence.

On sait par ailleurs que le foin ne contient pas de vitamine E, car celle-ci se dégrade rapidement lorsqu’on coupe l’herbe pour mettre le fourrage en balles. [19] La vitamine A peut aussi être insuffisante, en particulier dans les foins entreposés pendant plus de douze mois. Les poulains qui ne reçoivent que du fourrage auront probablement besoin qu’on ajoute ces vitamines à leur alimentation.

Le rapport calcium/phosphore

L’équilibre juste du calcium et du phosphore dans l’alimentation est particulièrement important pour les chevaux en croissance. Ces macrominéraux sont des composants essentiels du squelette. Ils jouent également un rôle primordial dans la signalisation nerveuse, la fonction musculaire, l’équilibre électrolytique et d’autres mécanismes métaboliques.

Un rapport calcium/phosphore de 1,5 à 2 est idéal pour favoriser la croissance des poulains, en supposant qu’ils reçoivent ces deux minéraux en quantité suffisante pour répondre à leurs besoins. Les poulains peuvent tolérer un rapport calcium/phosphore qui peut aller jusqu’à 3:1 à condition de répondre à leurs besoins en phosphore. [28]

Selon la proportion contenue dans le fourrage, un nutritionniste peut suggérer d’ajouter une source supplémentaire de ces deux minéraux.

Les oxalates

Il faut éviter de donner des fourrages qui contiennent des oxalates ou de l’acide oxalique. Les oxalates sont des acides organiques qui réduisent l’absorption du calcium dans l’intestin et la rétention du phosphore dans l’organisme.

Les espèces de graminées qui peuvent avoir une teneur élevée en oxalates incluent le cenchrus cilié (Cenchrus ciliaris), le pennisète clandestin (Cenchrus clandestinus) ou la sétaire verte (Setaria viridis). [18]

Les sources de calcium

Les aliments riches en calcium incluent les suivants :

  • La pulpe de betterave contient 1 % de calcium.
  • Les granulés ou les cubes de luzerne contiennent 1,5 % de calcium.
  • Les aliments d’allaitement contiennent entre 1 et 1,5 % de calcium.

Les sources de phosphore

Les aliments riches en phosphore incluent les suivants :

  • Le son de blé contient 1,38 % de phosphore.
  • Le remoulage de blé contient 1,24 % de phosphore.
  • Le son de riz contient 2,22 % de phosphore.

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Les oligo-éléments

Les oligo-éléments, parfois appelés minéraux traces, sont des minéraux requis en petites quantités, généralement mesurées en milligrammes (mg) par jour. Ils incluent notamment :

La plupart des équilibreurs de ration et des moulées complètes contiennent des oligo-éléments essentiels. Mais selon la quantité distribuée, ils peuvent ne pas en procurer suffisamment au poulain pour satisfaire ses besoins.

Les minéraux sous forme organique

De nombreuses moulées contiennent un mélange d’oligo-éléments sous forme organique et inorganique. En règle générale, l’organisme assimile et exploite mieux les minéraux sous forme organique ou chélatée que les minéraux sous forme inorganique. [20]

Il importe de vérifier la liste des ingrédients des moulées pour savoir si les minéraux qu’elles contiennent sont sous forme organique ou inorganique.

Les formes organiques comprennent les protéinates, les minéraux d’acides aminés complexés, les polysaccharides, les minéraux Bioplex et les propionates. Les formes inorganiques incluent les oxydes, les chlorures, les carbonates et les sulfates.

Omneity de Mad Barn contient des oligo-éléments entièrement organiques dans des proportions adaptées à une absorption et à une exploitation optimales par le cheval en croissance.

6) Envisager l’ajout d’autres suppléments

Certains propriétaires peuvent souhaiter fournir un apport nutritionnel supplémentaire en fonction des antécédents de santé, des schémas de croissance et du niveau d’exercice de leur poulain. Nous vous encourageons à consulter un nutritionniste pour discuter de l’ajout de suppléments à la ration des jeunes chevaux.

La santé des articulations

Réguler l’apport calorique tout en comblant les besoins en protéines, en vitamines et en minéraux est le meilleur moyen de favoriser un développement articulaire sain et de réduire le risque d’apparition de maladies métaboliques osseuses chez les poulains en croissance.

De plus, en donnant au poulain suffisamment de périodes de mises en liberté à l’extérieur et d’exercice adéquat, on stimule le développement d’os et d’articulations en bonne santé.

À l’âge de cinq mois, les chevaux qui vivent au pâturage en tout temps affichent un développement osseux optimal. En revanche, l’excès d’exercice et le confinement en stalle mènent à un développement osseux anormal. [21]

De plus, les suppléments d’acides gras oméga-3 favorisent la santé et les mécanismes articulaires. La recherche menée sur des chevaux âgés de deux ans a démontré que l’ajout d’huile de poisson comme source d’acide docosahexaénoïque (DHA) et d’acide eicosapentaénoïque (EPA) augmentait l’amplitude de la foulée au trot. [22]

L’huile w-3 de Mad Barn contient 1 500 mg de DHA provenant d’algues microscopiques par portion. Les chevaux la préfèrent à l’huile de poisson. Un taux d’alimentation de 60 ml (2 oz) pour un cheval en croissance suffit à fournir une quantité suffisante de DHA sans trop hausser l’apport calorique.

w-3 Oil
Magasiner
  • Favorise le confort des joints
  • Aide à combattre l'inflammation
  • état de la peau et du pelage
  • Source appétente d'oméga-3

Le développement cognitif

Le DHA et l’EPA pourraient par ailleurs promouvoir le développement sain du cerveau. Chez les nourrissons humains et dans les modèles animaux, la supplémentation de ces lipides pendant la grossesse favorise le développement du cerveau in utero et aide à diminuer le risque de troubles de santé mentale. [23]

Une étude a révélé que les poulains nés de juments qui ont reçu un supplément de DHA pendant la gestation possédaient de meilleures facultés de mémoire et d’apprentissage à un et deux ans. [24]

Exemples de régime alimentaire pour les poulains sevrés

Ces exemples de diète sont fondés sur les besoins d’un poulain en croissance astreint à un programme d’exercice léger et dont le poids estimatif à maturité est de 500 kg (1 100 lb).

Il est essentiel de continuer à surveiller et à consigner la croissance du poulain sevré et d’apporter les modifications nécessaires à son alimentation. Un nutritionniste peut vous aider à équilibrer le régime alimentaire du cheval pour garantir qu’il comble tous ses besoins tout en favorisant une croissance saine.

Les diètes pour les poulains en croissance

Le régime alimentaire pour poulain suivant est fondé sur un cheval dont le poids estimatif à maturité est de 500 kg (1 100 lb).

ALIMENTS 6 MOIS 9 MOIS 12 MOIS
QUANTITÉ PAR JOUR
Foin mixte (13 % de protéines*) 2 kg
~1-2 galettes
3 kg
~2 galettes
4 kg
~2-3 galettes
Pâturage mixte (26 % de protéines*) 13 kg
28,5 lb
13 kg
28,5 lb
13 kg
28,5 lb
Cubes de luzerne 0,5 kg
1,1 lb
0,5 kg
1,1 lb
1 kg
2,2 lb
Fèves de soja torréfiées 0,75 kg
1,54 lb
0,75 kg
1,54 lb
0,75 kg
1,54 lb
Sel 7 g
1/2 c. à soupe
7 g
1/2 c. à soupe
15 g
1 c. à soupe
Omneity en granulés 150 g
1,5 meusre
150 g
1,5 mesure
200 g
2 mesures
Huile w-3 0 60 ml
2 oz
60 ml
2 oz
ANALYSE DE LA RATION
Pourcentage des besoins quotidiens
Énergie digestible 91% 92% 100%
Protéines 140% 157% 185%
Lysine 151% 169% 200%

*La teneur en protéines des fourrages dans cet exemple de régime alimentaire est indiquée pour le contenu de matière sèche.

En résumé

Une nutrition et des soins appropriés sont essentiels pour favoriser une croissance saine durant la première année de vie des poulains. Les principaux objectifs à ce stade de développement sont les suivants :

  • éviter les schémas de croissance irréguliers en ajustant fréquemment le régime alimentaire pour répondre aux besoins;
  • introduire les aliments solides environ deux à trois mois après la naissance et poursuivre le régime alimentaire après le sevrage;
  • combler les besoins en protéines grâce à des fourrages de grande qualité;
  • éviter l’excès de calories pour favoriser le développement d’articulations saines;
  • veiller à répondre aux besoins en vitamines et en minéraux en ajoutant un supplément nutritionnel équilibré et du sel;
  • envisager l’ajout de DHA à partir de l’huile w-3 pour promouvoir le développement des articulations et la santé cognitive.

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Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées sur la croissance et la nutrition des poulains :

Résumé

Une alimentation et des soins appropriés sont essentiels pour soutenir la croissance saine de votre poulain tout au long de sa première année de vie. Les principaux objectifs durant cette phase de développement comprennent :

  • Éviter des schémas de croissance irréguliers en ajustant fréquemment la ration afin qu’elle corresponde aux besoins
  • Introduire des aliments vers 2-3 mois après la naissance et poursuivre la ration après le sevrage
  • Répondre aux besoins en protéines grâce à des fourrages de haute qualité
  • Éviter un apport calorique excessif afin de soutenir la santé articulaire
  • S’assurer que les besoins en vitamines et en minéraux sont comblés en donnant un supplément nutritionnel équilibré et du sel
  • Envisager d’ajouter du DHA provenant d’une huile w-3 pour soutenir les articulations et la santé cognitive

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Références

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