Engraisser un cheval maigre peut s’avérer être une tâche ardue et frustrante. De nombreuses causes distinctes peuvent expliquer une perte de poids chez les chevaux. Les stratégies d’alimentation requièrent de s’attaquer à la cause première du mauvais état de chair de l’animal.
Le cheval perd du poids lorsque son bilan énergétique est négatif. Autrement dit, il brûle chaque jour plus de calories qu’il n’en consomme.
La perte de poids est particulièrement fréquente chez les chevaux âgés qui peuvent souffrir de problèmes multiples. Ces derniers contribuent à réduire leur apport alimentaire, et nuisent à leur digestion ainsi qu’à l’exploitation des nutriments.
Une dentition en mauvais état, les troubles gastro-intestinaux et un statut social au bas de la hiérarchie du troupeau peuvent aussi expliquer la perte de poids.
Pour nourrir un cheval qui doit gagner du poids, de nombreux propriétaires commencent par ajouter des calories à la ration. Il importe toutefois de comprendre avant tout les raisons premières de son amaigrissement, de vérifier qu’il est en bonne santé et de s’assurer que son milieu de vie lui convient.
De plus, il faut choisir de bonnes sources de calories qui favorisent une prise de poids saine sans provoquer de dysfonctionnement métabolique.
Le vétérinaire et un nutritionniste équin peuvent être des collaborateurs précieux pour aider le cheval à retrouver un état de chair idéal.
Les étapes détaillées dans cet article visent à élaborer un régime alimentaire pour aider un cheval maigre à prendre du poids. Nous vous invitons à transmettre les renseignements au sujet de votre cheval en ligne. Nos nutritionnistes sont là pour vous aider à concevoir un régime alimentaire destiné à améliorer son état de chair.
Votre cheval est-il trop maigre?
Comment savoir si un cheval est en insuffisance pondérale? Le poids et la note d’état de chair sont des mesures clés pour décider si un cheval a besoin d’engraisser. L’évaluation de l’état de chair permet de préciser le poids idéal de chaque individu en fonction de sa taille et de sa race.
L’échelle de notation d’état de chair Henneke permet d’évaluer la condition physique en examinant les dépôts adipeux à six endroits précis sur le corps de l’animal. On juge les chevaux trop maigres si leur état de chair est de 4 sur 9 ou moins. [1]
Les chevaux en insuffisance pondérale sont classés comme suit :
- note d’état de chair de 4: légère insuffisance pondérale (cheval modérément maigre);
- note d’état de chair de 3: insuffisance pondérale (cheval maigre);
- note d’état de chair de 2: insuffisance pondérale importante (cheval très maigre);
- note d’état de chair de 1: insuffisance pondérale grave (cheval émacié).
Chez les chevaux maigres, très maigres et émaciés, l’encolure, les épaules et le garrot sont nettement proéminents. Les excroissances osseuses de la colonne vertébrale sont apparentes à divers degrés.

Une bonne pratique consiste à mesurer le poids et à évaluer l’état de chair du cheval au moins une fois par mois. Ce sont en effet des indicateurs de son état nutritionnel et de son état de santé. En consignant ces données dans un registre, on peut constater son évolution au fil du temps et apporter si nécessaire des changements à son alimentation.
Les causes de la perte de poids chez les chevaux
La perte de poids n’est pas une maladie en soi, mais plutôt le symptôme d’un problème plus vaste.
Plusieurs facteurs peuvent être responsables de la perte de poids ou de l’incapacité à prendre du poids efficacement, notamment ceux qui suivent :
- les troubles dentaires;
- les problèmes sociaux et comportementaux;
- les troubles musculosquelettiques;
- la température et les facteurs environnementaux;
- les parasites gastro-intestinaux;
- les pathologies gastro-intestinales;
- d’autres maladies systémiques sous-jacentes;
- la malnutrition (un apport nutritionnel insuffisant);
- la famine due à la négligence ou à la maltraitance.
Si votre cheval a récemment perdu du poids ou a du mal à engraisser, consultez votre vétérinaire pour identifier et résoudre les problèmes médicaux qui pourraient en être la cause.
Une fois les problèmes médicaux écartés, nos nutritionnistes équins peuvent vous aider à concevoir un régime alimentaire adapté pour aider votre cheval maigre à gagner du poids de manière saine.
Quelle est votre priorite numero un pour la sante de votre cheval?
Comment favoriser une prise de poids saine
1) Identifier et soigner les troubles dentaires
La prise de nourriture (la préhension) et la mastication sont les premières étapes du processus digestif qui permettent au cheval d’extraire suffisamment de nutriments de son alimentation pour maintenir un poids sain.
Les chevaux ont besoin de dents saines pour écraser et décomposer la nourriture. La mastication accroît la surface de l’aliment pour que les enzymes puissent entamer sa digestion. [3]
Les troubles dentaires figurent parmi les principales raisons de la perte de poids chez les chevaux. Dans une étude récente menée par Tamzali et ses collègues, les chercheurs ont diagnostiqué des troubles dentaires chez 20 % des chevaux en insuffisance pondérale. [2]
Ce problème touche tout particulièrement les chevaux âgés de plus de 15 ans. En effet, jusqu’à 95 % d’entre eux présentent des anomalies dentaires. [4]
La gravité des troubles dentaires peut varier, des pointes d’émail saillantes qui causent de l’inconfort lors de la mastication aux anomalies ou aux maladies dentaires graves qui empêchent le cheval de mâcher suffisamment sa nourriture.
Les chevaux âgés perdent souvent des dents ou développent des diastèmes, soit des espaces interdentaires qui peuvent emprisonner la nourriture qui se décompose alors entre les dents. Cet état peut provoquer de la douleur et de l’inflammation, en plus de nuire à la mécanique de mastication normale.
Des pathologies dentaires plus graves telles que la résorption odontoclastique des dents et l’hypercétose équine peuvent également se développer avec l’âge et affecter la capacité du cheval à se nourrir correctement. [6]
Vous trouverez ci-dessous plusieurs mesures possibles à prendre pour soutenir la santé dentaire des chevaux, et les aider à mastiquer confortablement et efficacement. Il importe de surveiller régulièrement le comportement alimentaire et la santé dentaire du cheval pour détecter les difficultés de mastication.
- Surveiller la façon dont le cheval mange : cela permet de voir s’il laisse tomber de la nourriture, s’il recrache des boulettes d’aliments, s’il produit un excès de salive ou s’il est réticent à manger certains aliments.
- Programmer des examens dentaires: un professionnel agréé doit examiner la dentition du cheval au moins une fois par an. Il peut décider lors de cette visite que les dents ont besoin d’un râpage pour corriger toute anomalie identifiée à l’examen.
- Surveiller étroitement les chevaux âgés: les chevaux de plus de 15 ans peuvent avoir besoin d’un examen dentaire plus fréquent pour rester à l’affut des troubles dentaires courants qui se développent avec l’âge.
- Faire tremper le foin: dans le cas des chevaux qui éprouvent de la difficulté à mâcher le fourrage, le trempage ou le traitement à la vapeur peut être bénéfique pour ramollir les fibres.
- Remplacer le fourrage: dans le cas des chevaux qui souffrent de troubles dentaires avancés, certaines solutions de rechange peuvent devoir remplacer le fourrage. Ce peut être des cubes de foin trempés, de la pulpe de betterave, des substituts de foin, des pellicules de soja ou des aliments concentrés. Dans les cas graves, par exemple les animaux qui ont perdu toutes leurs dents, ces purées détrempées peuvent constituer 100 % de l’alimentation.
2) Promouvoir la santé gastro-intestinale
Le bon fonctionnement du système digestif est essentiel pour la santé globale du cheval et pour la transformation des aliments en formes d’énergie exploitables. Si leur système digestif est compromis, les chevaux peuvent perdre du poids rapidement.
Les affections gastro-intestinales telles que les ulcères d’estomac, la maladie inflammatoire chronique de l’intestin, la maladie intestinale infiltrante ou les ulcères de l’intestin postérieur peuvent entraîner l’amaigrissement.
Dans le cas des chevaux enclins aux troubles digestifs, un régime alimentaire axé principalement sur le fourrage avec un minimum d’aliments concentrés favorise la santé gastrique et diminue le risque d’acidose de l’intestin postérieur.
Il faut alors restreindre l’apport d’amidon à un maximum d’un (1) gramme par kilogramme de poids vif par repas (500 grammes d’amidon pour un cheval de 500 kg), ou à un maximum de deux (2) grammes d’amidon par kilogramme de poids vif par jour (1 000 grammes d’amidon pour un cheval de 500 kg). [19]
On surveille la consistance des crottins pour détecter tout signe d’éventuels troubles digestifs. Les affections comme le syndrome d’écoulement anal signalent l’altération de la santé du système digestif.
Les changements au contenu des matières fécales peuvent d’autre part être le symptôme de problèmes de dents qui compromettent la capacité du cheval à broyer et à mâcher les fibres. [5]
3) Combattre les parasites intestinaux
Les endoparasites ou vers intestinaux peuvent faire en sorte que les chevaux perdent du poids.
Les parasites sont accompagnés ou non de diarrhée. Ils peuvent nuire à l’assimilation des nutriments dans l’intestin. Les petits strongles (cyathostomes) sont les parasites que l’on retrouve le plus couramment chez les chevaux adultes. [14]
L’âge ne semble pas être un facteur de risque d’infestation parasitaire. Il peut néanmoins influer sur le type de parasites qui affectent l’animal. Les chevaux atteints du dysfonctionnement de la pars intermedia de la glande pituitaire (DPIP – aussi connu sous le nom de maladie de Cushing) semblent avoir une charge parasitaire plus élevée. [15]
La résistance aux vermifuges, qu’on appelle parfois des anthelminthiques, est une préoccupation croissante. Les anciens protocoles de contrôle des parasites préconisés par les vétérinaires reposaient sur un programme de vermifugation préventif en alternant les médicaments. Cette méthode s’est avérée inefficace contre les petits strongles. [14]
Désormais, on recommande fortement de procéder au décompte des œufs dans le fumier pour déterminer la charge parasitaire. [14] Si celle-ci est élevée, le vétérinaire peut ainsi identifier l’espèce de parasite prédominante et prescrire le traitement approprié.
De nos jours, la bonne méthode consiste à mettre en œuvre un protocole de contrôle des parasites propre à chaque individu en se fondant sur des preuves tangibles!
4) Traiter les troubles musculosquelettiques
Les troubles musculosquelettiques comme l’arthrite peuvent par ailleurs mener à une perte de poids chez les chevaux.
L’arthrite peut empêcher le cheval d’accéder suffisamment à la nourriture ou de la mastiquer. L’arthrite touche jusqu’à 94 % des chevaux de plus de 20 ans. [11]
Le fait de brouter ou de devoir baisser la tête pour manger peut exercer une pression supplémentaire sur les membres antérieurs, l’encolure et le dos. Si l’arthrite est présente, cette gêne peut dissuader le cheval de manger.
De plus, les troubles musculosquelettiques peuvent limiter les comportements naturels de recherche de nourriture du cheval. Si le pâturage est glacé ou accidenté, l’animal peut ressentir de l’inconfort lorsqu’il se déplace dans son enclos pour se nourrir.
L’ajout de suppléments pour les articulations à l’alimentation peut procurer un certain soulagement en améliorant le confort et la mobilité des articulations.
Dans le cas des chevaux qui ont de la difficulté à baisser la tête pour manger, l’alimentation dans des filets à foin ou des mangeoires surélevés peut améliorer leur confort en diminuant le poids et la pression subis par les articulations douloureuses.
Il faut vérifier que ces chevaux peuvent accéder facilement à la nourriture et à l’eau. S’ils sortent ou vivent en groupe, on doit s’assurer que les autres membres du troupeau ne les empêchent pas d’atteindre ces ressources.
La douleur peut aussi diminuer l’appétit de l’animal. Il importe conséquemment de soigner tout trouble musculosquelettique avec l’aide d’un vétérinaire.
5) Soigner les autres troubles de santé
D’autres pathologies comme les maladies du foie et des reins peuvent conduire à une perte de poids chez les chevaux.
La maladie du foie est une cause assez fréquente d’amaigrissement. Le vétérinaire peut la diagnostiquer en faisant une analyse sanguine. On a constaté qu’elle représentait jusqu’à 10 % des cas de perte de poids admis dans un certain hôpital central. [2]
Si vous pensez que les médicaments de votre cheval peuvent avoir un impact sur son état de chair, parlez-en à votre vétérinaire avant d’apporter des changements.
Parmi les autres pathologies qui causent l’insuffisance pondérale, on retrouve :
- le cancer;
- les infections chroniques;
- la diarrhée chronique;
- les affections neurologiques comme la myéloencéphalite équine à protozoaire;
- l’anémie infectieuse des équidés.
Lorsqu’on soupçonne qu’un cheval souffre de l’une de ces maladies, il importe de partager ses préoccupations concernant sa perte de poids avec un vétérinaire et un nutritionniste équin.
6) Donner l’occasion au cheval d’avoir des contacts sociaux positifs
Certains animaux dominants au sein du groupe peuvent intimider un individu plus soumis et ainsi contribuer à sa perte de poids.
Les équidés sont des animaux très sociaux qui établissent des hiérarchies claires lorsqu’ils vivent en troupeau. Les contacts sociaux avec leurs congénères offrent de nombreux avantages. En revanche, les individus qui sont au bas de la hiérarchie peuvent avoir du mal à maintenir un état de chair sain. [8]
Les chevaux dominants dans le troupeau accèdent en priorité aux ressources comme la nourriture et l’eau. Ils peuvent empêcher les individus plus timides de s’en approcher. Ceux qui se trouvent plus bas dans l’organisation sociale peuvent conséquemment manger et boire moins souvent. [9]
La recherche montre que les chevaux au haut de la hiérarchie tendent à avoir des notes d’état de chair plus élevés que ceux qui sont plus bas dans l’organisation sociale. [8]
On peut promouvoir les comportements sociaux des chevaux tout en minimisant les interactions négatives des manières suivantes :
- S’assurer que tous les chevaux jouissent de suffisamment d’espace, de nourriture et de points d’eau : on distribue la nourriture et on prévoit des points d’eau à plusieurs endroits dans le paddock pour éviter les comportements d’intimidation à l’approche d’une source unique.
- Éviter les changements fréquents au sein des groupes sociaux: l’introduction d’un nouveau cheval, la perte d’un ami proche ou les réorganisations fréquentes peuvent causer du stress et de l’agressivité, ce qui peut mener à une baisse d’appétit ou encore limiter l’accès de certains individus à la nourriture et à l’eau. [10]
- Séparer les chevaux qui se trouvent plus bas dans la hiérarchie: on sort ces individus du groupe pour leur permettre de manger tranquillement ou on les nourrit dans une musette. Les chevaux plus âgés ou ceux qui souffrent des troubles dentaires peuvent avoir besoin de temps supplémentaire pour terminer leur repas. Il est alors prudent de les séparer du troupeau.
De plus, certains troubles du comportement, comme le tic déambulatoire, le tic à l’appui, le grattage avec les sabots, l’hyperactivité ou le tic de l’ours, peuvent hausser les besoins caloriques du cheval ou diminuer son appétit. Ces animaux peuvent éprouver de la difficulté à maintenir un poids sain en raison du stress.
En favorisant l’expression des comportements naturels et en procurant des exutoires appropriés à l’ennui et à la frustration, on peut atténuer les effets négatifs du stress sur l’appétit et l’apport alimentaire.
7) Maintenir une température interne confortable
Le cheval possède une zone thermale neutre (ZTN) qui représente la plage de température au sein de laquelle son organisme brûle peu ou pas de calories pour maintenir une température corporelle confortable. [12]
Si la température baisse en dessous ou s’élève au-dessus de la ZTN, le cheval doit brûler des calories pour se réchauffer en frissonnant, ou pour se rafraîchir en transpirant ou en augmentant sa fréquence respiratoire. Ces réactions physiologiques accroissent ses besoins caloriques.
La consommation et la digestion des aliments génèrent aussi beaucoup de chaleur grâce aux calories que ces mécanismes engendrent. Lorsqu’un cheval a trop chaud, il peut cesser de manger.
Il faut donc s’assurer que chaque équidé est outillé pour résister aux conditions météorologiques extrêmes, en particulier si son poids fluctue régulièrement en raison de la chaleur ou du froid.
Par temps extrêmement froid, certains peuvent avoir besoin d’une couverture. C’est notamment le cas de chevaux maigres, car ils ont plus de mal à conserver leur chaleur corporelle.
Ils peuvent avoir besoin d’une couverture lorsque la température baisse en dessous de -15 à 5 °C (de 5 à 41 °F), selon qu’ils sont tondus ou acclimatés aux intempéries. La pluie, le vent ou la neige peuvent aussi affecter le seuil de température critique inférieur d’un individu. [12]
La déshydratation peut causer une perte d’appétit. Elle se produit habituellement par temps chaud alors que le cheval transpire. Cependant, elle peut également survenir l’hiver lorsque l’eau est trop froide ou gelée. [13]
Pour éviter le manque d’appétit lié à la déshydratation, il faut veiller à ce que les chevaux aient toujours accès à de l’eau propre et fraîche. Elle ne doit être ni trop chaude ni trop froide pour les encourager à boire suffisamment.
La recherche montre que les chevaux préfèrent l’eau tiède à l’eau presque gelée. [13] Ils préfèrent une eau tempérée à 20 °C après l’exercice. [18]
Si le cheval sue abondamment, des électrolytes permettent de remplacer ceux éliminés par la transpiration. Les chevaux doivent recevoir une à deux onces de sel par jour, en plus d’avoir accès en tout temps à du sel en vrac à volonté.
8) Donner du fourrage de bonne qualité
Une fois qu’on a éliminé les troubles de santé et les problèmes environnementaux, des changements alimentaires peuvent être nécessaires pour favoriser le gain de poids du cheval trop maigre.
Le fourrage de bonne qualité, soit du foin ou le pâturage, doit constituer la principale source de calories et de nutriments pour tous les chevaux. Ceux-ci doivent avoir accès au fourrage ad libitum (à volonté) en tout temps pour minimiser le temps passé à jeun.
Un cheval doit manger quotidiennement une quantité de fourrage qui correspond à un minimum de 1 à 2 % de son poids vif, soit sous forme de foin ou d’herbe au pâturage. Pour un cheval de 500 kilogrammes, cela représente de 5 à 10 kilogrammes de matière sèche de fourrage par jour.
Le fourrage de piètre qualité est une cause commune de perte de poids chez les équidés. Nous vous recommandons de faire analyser le foin de votre cheval pour connaître exactement la quantité d’énergie calorique qu’il contient.
Les chevaux qui ont besoin de prendre du poids peuvent bénéficier de l’ajout d’un foin de légumineuses, comme la luzerne ou le trèfle. Ces foins fournissent plus de calories que les graminées. Ils ont également tendance à être plus appétents lorsqu’on les récolte à un stade de croissance précoce.
9) Combler les besoins en vitamines et en minéraux
Mad Barn a analysé des milliers de régimes alimentaires équins, y compris ceux à base de fourrage uniquement, ainsi que des diètes composées d’aliments concentrés. Dans 90 % des cas, les niveaux d’un ou de plusieurs vitamines ou minéraux clés étaient en deçà de l’apport recommandé pour éviter les carences.
Les carences en vitamines et en minéraux peuvent causer des problèmes de poids en affectant l’appétit, la fonction digestive et la santé métabolique.
Plus précisément, une faible consommation de zinc, de cuivre et d’iode peut mener à une baisse d’appétit.
L’ajout d’un équilibreur de ration ou d’un supplément de vitamines et de minéraux au taux recommandé permet de rectifier les carences en nutriments, en plus de favoriser un équilibre calorique homéostatique.
10) Compléter l’alimentation avec des calories supplémentaires
Si on a traité les troubles de santé sous-jacents du cheval, qu’il mange du fourrage de bonne qualité et qu’il continue malgré tout de souffrir d’insuffisance pondérale, on peut ajouter des calories supplémentaires au besoin.
On se tourne alors vers des sources de calories composées principalement de matières grasses et de fibres digestibles saines pour augmenter la densité énergétique de l’alimentation. Celles-ci peuvent prendre la forme de pulpe de betterave, de pellicules de soja, de cubes de foin, de graines de lin moulues ou d’huiles ajoutées.
L’huile w-3 de Mad Barn ajoutée à la ration favorise un gain de poids sain. La quantité quotidienne recommandée se situe entre 100 et 200 ml selon l’individu. L’huile w-3 contient de l’huile de lin et de l’huile de soja enrichies d’acide gras oméga-3 DHA pour promouvoir une réaction inflammatoire saine.
Si ces suppléments ne suffisent pas, on peut autrement ajouter à la ration des aliments concentrés pauvres en amidon. Il vaut mieux éviter les aliments qui contiennent beaucoup de sucre, comme la mélasse, ou d’amidon, par exemple les produits à base de maïs. Ces sources de calories peuvent avoir un impact négatif sur la santé du système digestif et du métabolisme équins.
Chaque individu doit profiter d’un régime alimentaire personnalisé selon ses besoins et sa charge de travail. Certains équidés sont prédisposés à la perte de poids en raison de l’hérédité ou de leur tempérament.
Ces animaux ont tendance à avoir besoin de plus de calories pour maintenir un poids sain. Un cheval thoroughbred de 500 kilogrammes peut requérir plus de nourriture par jour qu’un warmblood du même poids.
Une fois qu’on a identifié les besoins individuels du cheval, on veille à ce que le gain de poids s’opère progressivement en ajoutant lentement des calories supplémentaires à l’alimentation.
Exemple de régime alimentaire pour favoriser le gain de poids
Nous recommandons toujours de faire appel à un nutritionniste équin pour élaborer un régime alimentaire fondé sur les antécédents de santé et l’état de chair actuel du cheval en question.
Nous vous invitons à transmettre les renseignements au sujet de votre cheval en ligne. Nos nutritionnistes sont à votre disposition pour vous aider gratuitement.
Vous trouverez ci-dessous un exemple de régime alimentaire pour un cheval adulte de 500 kg (1 100 lb) à l’entretien qui stimule un gain de poids progressif sans avoir recours à des aliments riches en céréales.
| Aliment | Diète de prise de poids |
|---|---|
| (Quantité / Jour) | |
| Foin | 10,5 kg |
| Pulpe de betterave | 0,5 kg (1 lb) |
| Huile w-3 | 100 ml (3 oz) |
| Omneity | 120 grammes (4 mesures) |
| Sel | 30 grammes (2 c. à soupe) |
| Analyse de la ration | |
| Énergie digestible (% des besoins) | 123 % |
| Protéines brutes (% des besoins) | 154 % |
| Glucides non structuraux (% de la ration) | 8,9 % |
On recommande d’opter pour la pulpe de betterave sans mélasse afin d’éviter l’excès de sucre dans l’alimentation. Le trempage de la pulpe de betterave dans l’eau pendant 10 à 15 minutes permet d’éliminer le surplus de fer. On rince ensuite rapidement la pulpe trempée.
Les huiles supplémentaires sont une source de calories flexible qui permet d’augmenter l’énergie calorique de la ration sans avoir recours aux céréales ou aux concentrés. On peut ajouter de l’huile de lin, de canola, de soja, de caméline ou de maïs pour fournir plus de calories. Dans l’exemple de diète précédent, nous avons utilisé l’huile w-3 de Mad Barn qui est riche en acide gras oméga-3 DHA. Elle procure des bienfaits supplémentaires en soutenant la santé des articulations, la fonction cardiovasculaire et la santé respiratoire.
Conclusion
Il existe de nombreuses causes possibles de perte de poids chez les chevaux. Certains animaux maigrissent facilement et semblent avoir besoin de plus de calories pour maintenir un bon état de chair, alors que d’autres souffrent d’un trouble de santé sous-jacent qui influe sur leur capacité à maintenir leur poids.
Si la note d’état de chair du cheval est trop bas, il importe d’identifier en premier lieu la raison première de sa perte de poids au lieu de simplement ajouter plus de calories à son alimentation.
Une bonne communication avec le vétérinaire et le nutritionniste permet de concevoir un régime alimentaire qui lui convient parfaitement, ainsi que de promouvoir sa santé générale et son bien-être.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur l’alimentation des chevaux ayant un poids insuffisant :
Un cheval est généralement considéré comme ayant un poids insuffisant s’il obtient une cote d’état corporel de 4 sur 9 ou moins selon l’échelle d’évaluation de l’état corporel de Henneke. [1] Les chevaux ayant un poids insuffisant présentent habituellement davantage de zones osseuses visibles, particulièrement au niveau de l’encolure, du garrot, des épaules et de la colonne vertébrale. L’évaluation mensuelle de l’état corporel et le suivi du poids sont utiles pour repérer rapidement les changements et ajuster le programme alimentaire au fil du temps. [1]
La perte de poids chez les chevaux n’est pas une maladie en soi, mais un signe qu’un autre problème est présent. Les causes fréquentes comprennent les problèmes dentaires, les maladies gastro-intestinales, les parasites internes, la douleur causée par des troubles musculosquelettiques, le stress social, les défis environnementaux, un fourrage de mauvaise qualité et d’autres maladies systémiques. Comme les causes de la perte de poids peuvent varier considérablement, il est important d’identifier la cause avant de simplement ajouter davantage de calories.
La santé dentaire influence la capacité d’un cheval à prendre du poids parce que la mastication est la première étape de la décomposition des aliments pour la digestion. Les chevaux ayant des dents douloureuses ou anormales peuvent laisser tomber leur nourriture, mâcher inadéquatement, éviter certains fourrages ou ne pas broyer suffisamment les fibres pour en extraire les nutriments nécessaires. Les problèmes dentaires sont particulièrement fréquents chez les chevaux âgés, et des examens dentaires réguliers constituent une partie importante de la gestion d’une faible condition corporelle. [2][4]
Les problèmes gastro-intestinaux peuvent tout à fait provoquer une perte de poids chez les chevaux parce qu’ils nuisent à la digestion, à l’absorption des nutriments ou aux deux. Des affections comme les ulcères gastriques, les maladies inflammatoires de l’intestin, les ulcères du gros intestin et d’autres troubles digestifs peuvent réduire l’efficacité alimentaire et rendre difficile le maintien d’une bonne condition corporelle. Pour les chevaux sujets aux problèmes digestifs, une alimentation axée sur le fourrage avec une quantité limitée d’amidon est souvent recommandée pour favoriser la santé digestive. [19]
Les parasites peuvent faire maigrir un cheval en endommageant le tube digestif et en réduisant l’absorption des nutriments, même en l’absence de diarrhée. Les petits strongles représentent une préoccupation courante chez les chevaux adultes, et certains chevaux atteints de dysfonction de la pars intermedia de l’hypophyse peuvent porter une charge parasitaire plus importante. [14][15] Les analyses coprologiques quantitatives sont fortement recommandées afin que le traitement soit basé sur la charge parasitaire réelle du cheval plutôt que sur des suppositions. [14]
Le stress social ou l’intimidation peuvent entraîner une perte de poids chez les chevaux lorsque les individus de rang inférieur ont un accès limité à la nourriture ou à l’eau. Les chevaux situés au bas de la hiérarchie sociale peuvent manger moins, prendre plus de temps pour terminer leurs repas ou être repoussés loin de ressources importantes par des chevaux plus dominants. [8][9] Fournir plusieurs stations d’alimentation ou séparer les chevaux vulnérables pendant les repas peut aider à prévenir ce problème.
L’alimentation d’un cheval ayant un poids insuffisant devrait être basée sur un fourrage de bonne qualité offert généreusement et de façon constante. La plupart des chevaux devraient consommer au moins 1,5 à 2 % de leur poids corporel en fourrage chaque jour, et les chevaux qui ont besoin de prendre du poids obtiennent généralement les meilleurs résultats à l’extrémité supérieure de cette plage ou au-delà. Un bon fourrage constitue non seulement la principale source de calories, mais favorise également une digestion normale et aide à réduire les risques associés à une alimentation trop riche en concentrés.
Les meilleurs aliments pour aider un cheval ayant un poids insuffisant à prendre du poids sont généralement des sources d’énergie basées sur les fibres digestibles et les matières grasses plutôt que sur de grandes quantités de grains. Les options courantes comprennent la pulpe de betterave, les écales de soya, les produits à base de luzerne, la graine de lin et les huiles ajoutées à la ration. Ces aliments augmentent l’apport calorique tout en étant plus doux pour la santé digestive et métabolique que les concentrés à base de grains riches en amidon.
La prise de poids chez un cheval ayant un poids insuffisant devrait se faire graduellement plutôt qu’aussi rapidement que possible. Un objectif courant est un gain d’environ 15 à 30 livres par mois, ce qui correspond souvent à peu près à une augmentation d’un point de cote d’état corporel sur une période d’un à deux mois. Une amélioration lente et constante est généralement plus sécuritaire et plus durable qu’une prise de poids rapide obtenue avec de gros repas de concentrés.
Résumé
Il existe de nombreuses causes potentielles de perte de poids chez les chevaux.
- Certains chevaux sont « hard keepers » et semblent avoir besoin de plus de calories pour maintenir un état corporel sain
- D'autres ont un problème de santé sous-jacent qui nuit à leur capacité à maintenir leur état corporel.
- Si votre cheval a une faible note d’état corporel, il est important de d’abord identifier la raison sous-jacente pour laquelle votre cheval perd du poids plutôt que de simplement ajouter plus de calories à son alimentation.
- Une bonne communication avec votre vétérinaire et votre nutritionniste vous aidera à concevoir le bon programme d’alimentation et à soutenir la santé et le bien-être général de votre cheval.
Références
- Henneke, D.R. et al. Relationship between condition score, physical measurements and body fat percentage in mares. Equine Vet J. 1983. View Summary
- Tamzali Y. Chronic weight loss syndrome in the horse: a 60 case retrospective study. Equine Vet Educ. 2006.
- Zwirglmaier, S. et al. Effect of dental correction on voluntary hay intake, apparent digestibility of feed and faecal particle size in horse. J Anim Physiol An N. 2011.View Summary
- Ireland, J. et al. Disease prevalence in geriatric horses in the United Kingdom: veterinary clinical assessment of 200 cases. Equine Vet J. 2012. View Summary
- Di Fillipo P.A. et al. Effect of Dental Correction on Fecal Fiber Length in Horses. J Equine Vet Sci. 2018. View Summary
- Rehrl, S. et al. Radiological prevalence of equine odontoclastic tooth resorption and hypercementosis. Equine Vet J. 2018. View Summary
- Hole, S.L. and Staszyk, C. Equine odontoclastic tooth resorption and hypercementosis. Equine Vet Educ. 2018.
- Giles, S. et al. Dominance rank is associated with body condition in outdoor-living domestic horses (Equus caballus). Appl Anim Behav Sci. 2015.View Summary
- Furiex, C. et al. Exploring aggression regulation in managed groups of horses Equus caballus. Appl Anim Behav Sci. 2012.
- Christensen, J.W. et al. Effects of repeated regrouping on horse behaviour and injuries. Appl Anim Behav Sci. 2011.
- Brosnahan, M.M. and Paradis, M.R. Demographic and clinical characteristics of geriatric horses: 467 cases (1989-1999). J Am Vet Med Assoc. 2003. View Summary
- Morgan, K. Thermoneutral zone and critical temperatures of horses. J Therm Biol. 1998.
- Kristula, M.A. and McDonnell, S.M. Drinking water temperature affects consumption of water during cold weather in ponies. Appl Anim Behav Sci. 1994.
- Kaplan, R.M. Drug resistance in nematodes of veterinary importance: A status report. Trends Parasitol. 2004. View Summary
- McFarlane, D. et al. Fecal egg counts after anthelmintic administration to aged horses and horses with pituitary pars intermedia dysfunction. J Am Vet Med Assoc. 2010. View Summary
- Jorgenson, G.M. et al. Effects of enrichment items on activity and social interactions in domestic horses (Equus caballus). Appl Anim Behav Sci. 2011.
- vanDeirendonk, H. et al. An analysis of dominance, its behavioural parameters and possible determinants in a herd of Icelandic horses in captivity. Neth J Zoo. 1995.
- Butudom, P. et al. Rehydration fluid temperature affects voluntary drinking in horses dehydrated by furosemide administration and endurance exercise. Vet J. 2004. View Summary
- Nadeau, J.A. et al. Evaluation of diet as a cause of gastric ulcers in horses. Am J Vet Res. 2000. View Summary











